[Musique] bonjour Jean‑Marc jean‑Clauvissey, merci pour votre intervention. J’aurais quelques questions à vous poser, en commençant par savoir ce qui vous a amené à vous intéresser aux problématiques écologiques. Alors ce qui va amener à m’intéresser au thème plus particulier que je traite dans le domaine environnemental, c’est‑à‑dire le changement climatique et l’énergie, s’appellent le hasard.
Quand on regarde le hasard, en fait on se rend compte qu’il intervient pour enfin, en tout cas, c’est ma théorie pour 99 % de ce que nous sommes. Vous ne choisissez pas et moi non plus la famille dans laquelle vous naissez, le pays dans lequel vous naissez, la catégorie socioprofessionnelle de vos parents, votre bagage génétique, la langue que vous allez parler, la ville dans laquelle, etc. Tout cela, ça vous est donné par le hasard.
Donc, en fait, le hasard, c’est le principal déterminant de la vie que nous vivons. Et en ce qui concerne ma relation avec le sujet environnemental, c’est également le hasard qui s’en est chargé. Il y a une grosse vingtaine d’années, maintenant depuis le temps que je dis ça, une petite trentaine, je travaillais essentiellement dans le secteur des télécommunications.
Et puis un jour, au moment où on faisait les études sur les prémices du télétravail, j’ai vu passer économie de déplacement et derrière économie de gaz à effet de serre. Qu’est‑ce que c’est que ce truc là? Et j’ai commencé à tirer le fil de la pelote.
Et puis voilà, la pelote, c’est dévidée de façon importante, et c’est totalement réorienté mon parcours. Voilà donc ce qui m’a amené à m’intéresser à ce genre de choses : ça s’appelle le hasard. Fais ça, l’ampleur des enjeux, qu’est‑ce qui vous permet de garder la motivation?
Moi, j’ai une chance dans cette affaire, c’est que je suis entouré de gens qui ont plutôt envie d’aller de l’avant. En fait, ce que me disent naissance tous les matins quand je franchis la porte du bureau, c’est que j’ai plutôt une équipe qui a envie que les choses bougent. Donc, je ne suis pas entouré ni de gens qui sont abattus ni de gens qui sont défaitistes, et chaque jour amène son lot de petites victoires à notre très modeste échelle.
C’est une nouvelle personne qui va avoir envie de travailler sur le sujet, une nouvelle décision qui aura été prise chez un de nos clients, chez un de nos partenaires, un nouveau projet du shift qui aura été bien accueilli. Voilà donc un succès d’estime pour quelque chose. Alors c’est tout ça, c’est des toutes petites victoires, mais elles sont suffisamment fréquentes pour que ça entretienne le moral, étant donné l’ampleur des difficultés.
Est‑ce que vous avez un message à nous faire passer à nous les futurs soignants, pour votre plus grand bonheur, votre plus grand malheur ? Le monde dans lequel vous vous apprêtez à vivre, l’essentiel de votre existence restante, est un monde qui va connaître un nombre croissant de soubresauts. Alors c’est à la fois une très bonne nouvelle et une très mauvaise nouvelle.
C’est évidemment une très mauvaise nouvelle, sur les déstabilisations auxquelles nous avons à faire face, c’est une très bonne nouvelle, au sens où les gens qui ont des compétences et les gens qui ont des connaissances, il va falloir faire en sorte qu’ils soient les plus utiles possibles à la collectivité, dans ce genre d’environnement. Ce qui est très important, c’est donc de ne pas penser l’avenir comme on a pensé le passé. Vous avez grandi jusqu’à maintenant dans un monde d’abondance.
Ce monde d’abondance va progressivement s’éroder. Cette érosion va nous obliger à être inventifs, à utiliser au mieux les moyens qui nous restent. Le Covid nous a donné un petit avant‑goût.
En gros, le Covid, c’est la disruption des chaînes d’approvisionnement mondiales. Et tout d’un coup, on se retrouve avec pas assez de masques, pas assez de soucis, pas assez de cela, pas assez de tests. Et bien dites‑vous malheureusement que il faut avoir un appareil qui soit capable de résister à ce genre de soubresaut.
D’où l’importance de faire plus de préventif et moins de curatif. D’où l’importance de ne pas se rendre totalement dépendant de dispositifs techniques extrêmement sophistiqués. Donc, la maintenance et le bon état de fonctionnement dépendent de chaînes d’approvisionnement extrêmement complexes qui vont être de plus en plus difficiles à maintenir à l’avenir.
Donc, vous avez un défi à relever, qui va être encore une fois de trouver une place et de trouver une utilité, et d’être capable de faire votre métier dans un monde dans lequel les conditions seront plus chahutées que celui dont nous sortons. Et je le redis, c’est à la fois un grand malheur et, en même temps, c’est quelque chose qui est une opportunité, pour une part, parce que c’est dans ces moments de revirement qu’on est capable de réinventer la façon dont les choses sont faites. Et donc il va falloir que vous contribuiez à cette réinvention de la façon de faire de la médecine.
Est‑ce que vous pouvez nous expliquer comment passer d’un système de santé curatif à un système de santé préventif, et contribuerait à décarboner le secteur de la santé aujourd’hui? L’empreinte carbone du système de soins en France est entre 6 et 8 % de l’empreinte carbone du pays. Alors, c’est pas complètement ridicule.
Et pour faire baisser cette empreinte carbone, en fait il y a deux manières de s’y prendre. La première, c’est d’essaier de faire des gains d’efficacité sur ce qui engendre des émissions de gaz à effet de serre, par exemple, on peut imaginer fabriquer moins de médicaments, parce qu’on en gaspille moins, notamment quand on va nous les particuliers acheter des médicaments chez le pharmacien et qu’on enlève la moitié de la boîte chez nous, par exemple. On pourrait imaginer réutiliser des choses qu’aujourd’hui on jette et qui sont à usage unique.
Et puis il y a quelque chose d’encore plus fort qu’on peut imaginer faire : c’est tout simplement diminuer la taille de l’appareil curatif. Donc, très explicitement, avoir moins de mètres carrés d’hôpital, moins de scanner, moins d’IRM, etc. , moins de blocs opératoires, parce que nous arrivions près de la fin de notre vie, un meilleur état de santé, en meilleure état, on aurait moins besoin de nous rafistoler avant qu’on meurt.
Et à ce moment, ça passe par quelque chose qui est de l’ordre de la prévention. Alors, comment est‑ce qu’on passe à une politique de prévention? On va dire que c’est une vieille lune.
Il y a des domaines dans lesquels ça fait longtemps qu’on essaie d’avoir une politique de prévention, par exemple, une politique anti‑tabac. Ça passe par plein un certain nombre de choses. D’abord, ça passe par une absence d’incitation à avoir des comportements qui sont contre‑productifs si on veut rester en bonne santé.
Alors là, ça va peut‑être vous paraître bizarre, ce que je veux dire. Mais on peut par exemple imaginer arrêter la publicité pour voiture, parce que là, sédentarité tue, et notamment le fait d’être assis dans sa voiture, bah ça tue un peu, parce que c’est un site à la sédentarité. Tous ceux qui peuvent, et toutes celles qui peuvent, préservent leur santé un peu mieux en essayant de se déplacer en marchant, en prenant les transports en commun, parce que ça fait marcher les transports en commun, en prenant un vélo, voire même en covoiturant, parce qu’il faut marcher un peu jusqu’à la voiture du voisin.
Voilà, donc il y a des il y a un certain nombre de choses que on peut faire qui sont de l’ordre de la prévention. Et les pouvoirs, après tout, dépend à qui on pose la question. Donc, les pouvoirs publics peuvent éviter d’inciter, ils peuvent augmenter les moyens pour que les gens comprennent en quoi un certain nombre de comportements vont leur amener des enduits sanitaires et comprendre où sont les comportements qui évitent les ennuis sanitaires.
Il y a des exemples, en réussant, par exemple, de municipalités qui essayent de mettre les gens qui ont des problèmes de surpoids au vélo. Il y a des programmes dans lesquels on essaye de mettre les gens au sport, voilà, etc. Il y a également une police, quelque part à faire sur la qualité des aliments qui sont mis à notre disposition, et à nouveau éviter d’inciter à ce que on les consomme.
Donc, toutes les publicités pour sucrerie, pour dire les choses clairement, on pourrait imaginer les supprimer, ceux qui iraient derrière du fait d’une du reste avec une baisse de l’industrie de la fabrication de confiseries de sucreries diverses et variées. Tout ça devrait idéalement être accompagné par le corps médical. Alors, ça veut dire qu’une partie des médecins, il devrait venir un peu des médecins à chinoises, enfin je sais pas si le proverbe ici, la légende est vrai, mais enfin, donc des gens qu’on paie pour rester en bonne santé, plutôt que les gens qu’on paie une fois qu’on est malade, et donc il nous aiderait tout simplement à avoir une bonne hygiène de vie, de bonnes habitudes.
Il y a des choses aussi bêtes que de pas abuser des écrans pour avoir des nuits un peu plus d’une longueur à peu près normal. Enfin, voilà, donc il y a tout un tas de mesure qui relèvent de l’hygiène de vie, et à chaque fois qu’il y a une mesure qui est pertinente, bien la bonne question à se poser, c’est comment est‑ce que les pouvoirs publics peuvent organiser la chose de telle sorte que cette mesure soit plutôt encouragée. Aujourd’hui, clairement, ce n’est pas le cas.
Donc, pas très étonnant finalement que les efforts relèvent essentiellement de la volonté des individus. Ils sont globalement plutôt pas très encouragés par les pouvoirs publics. L’industrie pharmaceutique n’a pas d’intérêt de passer d’un système de santé curatif à un système de santé préventif, ou ils ont une grande influence dans le système de santé.
Comment est‑ce qu’on peut surmonter cette difficulté, si on veut essayer de passer d’une politique de santé curatif telle que celle qu’on a aujourd’hui à une politique de santé préventive? Est‑ce qu’on peut imaginer quels sont les gens qui vont plutôt avoir envie d’aider et ceux qui vont plutôt avoir envie de s’y opposer? Alors, dans les gens qui vont avoir envie de s’y opposer, c’est très simple : il y a tous les gens qui profitent du fait qu’on ait besoin de beaucoup de médicaments, de beaucoup d’appareils d’imagerie, de beaucoup, etc.
Donc, on voit bien que les tous les gens qui fabriquent quelque chose que ce soit des seringues, des cathéters, des médicaments ou des scanners, ils vont plutôt pas avoir envie, et c’est normal, à leur place, de préparer que on est une politique de soins plus préventive. Ceux qui vont avoir probablement franchement envie, c’est ce qui paie, parce que, moi, si je suis à la place de la sécurité sociale, je me dis que si je peux avoir des gens qui sont en aussi bonne santé, en France, simplement enhaving une politique de prévention mieux faite, et du coup moins besoin d’un appareil technique de soins, je suis plutôt content. Ça améliore mes finances, et ça allège les charges que je prélève sur les salaires et tout ça est plutôt bon pour l’état du pays.
La population, où ça se sera probablement mitigé, c’est‑à‑dire qu’il y aura des gens pour et des gens contre. Ce sera probablement la population médicale, parce que dans une partie de la population médicale, il va y avoir le réflexe de se dire bah on aura moins besoin de nous, parce que si les gens sont moins malades, si on est meilleurs en prévention, si on a moins besoin que on vienne réparer, ça va pas faire notre affaire. Et une autre partie qui se dira non, non, notre mandat c’est en fait de maintenir les gens en bonne santé, et que ce soit avec de la technique ou que ce soit avec des conseils, et donc c’est tout aussi noble comme métier de faire en sorte que les gens soient en bonne santé simplement en leur donnant des conseils.
Aujourd’hui, on trouve des gens qui sont des nutritionnistes, des diététiciens, des médecins du sport, etc. Alors, voilà, donc dans cette population, on va probablement trouver des gens pas très chaud et des gens qui sont plutôt allant, et l’avenir dira exactement où se trouve la ligne de partage des eaux. On sait que les médicaments et les dispositifs médicaux sont leurs principales source des missions de gaz à effet de serre dans le domaine de la santé.
Comment faire pour imposer ou faire fabriquer être transparent sur ces émissions? Aujourd’hui, les industriels des médicaments et les industriels de la production des dispositifs médicaux sont rares à publier leurs émissions de gaz à effet de serre, et quand ils les publient, ils sont encore plus rares à les publier de manière analytique, c’est‑à‑dire en disant si je fabrique 25 médicaments différents, voici le contenu carbone de tels médicaments et voici le contenu carbone de tels médicaments. Alors, les industriels, il faut savoir qu’ils ont une caractéristique : ils n’innovent que sous la contrainte, et ils ne communiquent que si on les oblige à le faire.
Donc, toutes les entreprises carbone, 4 y compris, obéissent à cette règle, c’est que si il y a pas d’obligation, il y a zéro contrainte, on va dire ni la contrainte du client, ni la contrainte de la puissance publique, ni la contrainte des salariés, ni la contrainte de l’actionnaire, en gros on fait pas. Alors, pour que les laboratoires pharmaceutiques et les fabricants de dispositifs médicaux, comme unique, cette information, qui serait évidemment très utile pour améliorer l’empreinte carbone, c’est‑à‑dire baisser l’empreinte carbone de la santé, il n’y a qu’une seule solution : c’est qu’il faut les obliger. Alors, comment est‑ce qu’on peut les obliger par voie réglementaire, et il y a une très bonne manière de les obliger dans notre pays, qui est que il y a en face un cochon de payant qui est la puissance publique.
Donc, la puissance publique pourrait très bien conditionner le remboursement des médicaments et conditionner la prise en charge de tout ce qui est payé par la puissance publique au fait que l’information soit communiquée sur l’empreinte carbone de ce qui est acheté. Le secteur de la santé occupe une place centrale dans nos sociétés. Certains pourraient vous objecter que c’est le dernier secteur qu’il faudrait décarboner, qu’est‑ce que vous pourrez leur répondre, à l’argument qui est que le secteur de la santé serait prioritaire, et donc que ça serait le dernier qu’il faudrait priver de moyens.
Il y a un certain nombre de choses à répondre. La première, c’est que le petit consultant que je suis, en tant que ça, à peu près dans n’importe quel secteur économique. Donc, je ne connais pas un secteur qui n’explique pas que son secteur est prioritaire, et que l’aérien est prioritaire, parce que quand même il faut que les pays communiquent la voiture, c’est prioritaire, parce que quand même il faut que les gens aillent au boulot, l’agroalimentaire est prioritaire, parce que quand même il faut nourrir le monde, etc.
Donc, en fait, citez‑moi un secteur non prioritaire, c’est‑à‑dire citez‑moi un secteur où le représentant du secteur va venir vous dire, moi je sers à rien, j’en connais pas beaucoup. Ce qui est sûr, c’est que nous avons vécu jusqu’à maintenant dans un accroissement de moyens et que la planète est infinie, pour notre plus grand malheur, et bien la santé comme le reste ou plus exactement l’appareil de soins comme le reste va devoir composer avec de moins en moins de moyens. J’ai expliqué que l’énergie abondante avait fait le système de soins modernes, puisque l’hôpital est une énorme machine, riz, et la production des médicaments, c’est une énorme machine, riz, etc.
Cette machinerie a besoin d’énergie, et si il y a moins d’énergie, et bien la machinerie qui alimente la santé aura moins d’énergie, comme les autres, et c’est pas un drame. Parce que ce qu’il faut, c’est arriver à vivre, j’ai envie de dire, à l’économie, mais on peut très bien vivre à l’économie, dans un certain nombre de domaines, en particulier dans le monde moderne, on ne rate pas une occasion de se rendre malade pour ensuite avoir besoin de cet appareil de soins qui tente de nous remettre sur pied. Mais si on prend le problème à la racine, c’est‑à‑dire qu’on essaye d’avoir une alimentation plus équilibrée, avec moins de sucrerie, moins de graisse, moins d’aliments transformés, un mode de vie moins sédentaire, une pollution urbaine qui baisse, etc.
Il est parfaitement possible qu’on puisse continuer à avoir une vie sympathique, tout en ayant une taille d’appareil de soins qui soit moins grosse. Et maintenant, si on renverse le point de vue, quels sont les impacts du changement climatique sur la santé, avant que nous ne commencions à déstabiliser le système climatique avec des émissions de gaz à effet de serre sans cesse croissantes? Ce système avait été raisonnablement stable sur les 10 000 années qui viennent de s’écouler.
C’est assez occasion que nous sommes sortis du paléolithique et rentré dans le néolithique, c’est‑à‑dire que les humains, plus exactement, ce sont sédentarisés que nous avons développé l’agriculture et les villes, et en gros, la civilisation dont, dans laquelle nous vivons aujourd’hui, est une lointaine descendante de cette stabilité climatique qui a eu lieu pendant 10 ans. La dérive climatique que nous avons mise en route va avoir de très nombreuses conséquences, et à peu près toutes vont avoir un impact direct ou indirect sur notre état de santé. Alors, la première chose à laquelle on pense, évidemment, en matière d’élévation de température, c’est les canicules, bien évidemment, celles‑ci vont devenir de plus en plus fréquentes.
Il faut savoir que, dans un monde qui se sera réchauffé de 1,5 degré par rapport à la température préindustrielle, et ça, on y sera avant 2050, quoi qu’on fasse, quoi qu’on fasse, et bien les canicules deviendront 8 à 9 fois plus fréquentes que ce qu’elles étaient sur la deuxième moitié du XIXᵉ siècle, avec une température maximale atteinte qui sera supérieure, en gros, de 3 degrés à ce qu’elle était au moment où ça survenait pendant la deuxième moitié du XIXᵉ siècle. On a vu en 2003, on a vu en 2022, ce que donnait une vague de chaleur. On va avoir pire, et on va avoir plus fréquent la deuxième agression que nous allons avoir.
C’est pas tellement en France, mais ailleurs dans le monde, toute la bande équatoriale va être transformée, entre la moitié du temps et en permanence, on a hammam permanent, c’est‑à‑dire que, à l’extérieur, la température sera très souvent supérieure à 35 degrés, c’est‑à‑dire la température de la peau et l’air sera saturé d’humidité à cause du réchauffement climatique, qui aura augmenté l’évaporation en provenant des océans et saturé cette région d’humidité, et à ce moment on ne pourra pas transpirer pour refroidir le corps. Donc, si vous êtes dans un hammam, tous ceux d’entre vous qui sont allés savent que on peut pas y rester des heures dans un hammam, parce que sinon on finit par mourir comme dans un mauvais film, notre James Bond là, et donc il faut absolument en sortir, à partir du moment où c’est les conditions extérieures qui seront devenues ce hammam permanent. Évidemment, on pourra pas en sortir, et donc il y a un milliard à 2 milliards d’individus, dans un monde qui se serait réchauffé de 2 degrés, qui vivront dans des régions dans lesquelles plus de la moitié de l’année il ne sera pas possible de sortir dehors sans directe sur la santé.
Ensuite, il va y avoir énormément d’agressions indirectes. La première agression indirecte, c’est sur la baisse des rendements agricoles. Le changement climatique va assécher les sols sur une très large partie des terres émergées.
La quasi‑totalité du continent américain, tout le pourtour du bassin méditerranéen, et jusqu’au milieu nord de l’Europe, la partie sud de l’Afrique, l’Australie, la Chine et une partie de l’Asie du Sud‑Est, dans toutes ces régions, qui du reste ont déjà commencé à vivre des épisodes de sécheresse avancées, on va avoir une décrue des rendements agricoles. Et quand la baisse de l’approvisionnement énergétique va se mettre de la partie, on risque d’avoir une diminution très forte de l’approvisionnement agricole, et ça ça a évidemment un impact direct sur la santé, puisqu quand on mange moins, enfin en plus exactement quand on passe en dessous des niveaux minimum requis, ce qui va être le cas pour une fraction croissante de la population planétaire, et bien on se porte pas très bien, ensuite. Tout ce que je viens d’évoquer, plus d’autres conséquences, vont engendrer des migrations.
Alors, les migrations, c’est des mouvements de population qui créent des déstabilisations politiques partout dans le monde, dès lors que les systèmes politiques stables de se déstabilisent, il y a un impact direct sur la santé, parce que la cheminement de la nourriture devient moins facile, parce que les gens éventuellement s’entretiennent, s’agressent, etc, parce qu’il y a du stress, parce que tout ce qui permet aux gens en gros de maintenir leurs conditions de vie, on a moins facilement accès à l’énergie pour chauffer, etc. En fin de compte, partir du moment où les systèmes politiques commencent à se déstabiliser de manière forte, il peut y avoir des guerres, tout ça est évidemment mauvais pour la santé. Il va y avoir des conséquences sur la biodiversité, donc la biodiversité va être encore plus atteinte qu’elle ne l’est déjà.
Alors, il y a pas que le changement climatique, elle est également atteinte par la pollution, la prédation excessive des espèces et de la disparition d’habitat, mais le changement climatique rajoute une couche. Et la perte de biodiversité peut en retour baisser des productions agricoles augmenter le stress, etc, et tout ça peut ou bien diminuer une ressource dont on a besoin pour se nourrir, typiquement la pêche dans les récifs coralliens, sachant que tous les récifs coralliens tropicaux seront morts à 2 degrés de réchauffement. Donc, on voit bien que là, on va également avoir des conséquences qui en bout de chaîne seront pas extrêmement sympathiques pour la santé.
Le niveau de l’océan va monter, alors le niveau de l’océan va monter pendant des milliers d’années à partir de maintenant, parce que, à partir du moment où on a déclenché l’expansion thermique des mers et à partir du moment où on a déclenché, parce qu’elle est déclenchée, la fonte du Groenland qui est maintenant irréversible à l’échelle de quelques siècles et quelques milliers d’années, et bien les maires vont monter pendant très longtemps, et ça ça va attaquer les infrastructures de bord de mer, notamment les ports, une partie éventuellement des centrales électriques, et ces infrastructures de bord de mer, elles sont utiles pour les échanges de marchandises. Les échanges de marchandises permettent parfois tout simplement de rester en bonne santé, parce que on importe de la nourriture, donc là aussi, on va avoir une disruption des chaînes logistiques mondiales. Alors, pas tout de suite, mais ça va finir par arriver un jour, et ça, ce n’est pas non plus extrêmement bon pour la santé.
Toujours dans les conséquences, on va avoir un impact sur les germes, parce que quand on chauffe le bouillon de culture, en général, les agents, enfin les microbes de toute nature, apprécient et font des choses différentes de ce qu’il faisait avant. Donc, on va avoir une modification des zones endémiques d’un certain nombre de maladies, la fièvre jaune, la dengue, etc, sans parler du paludisme. On a déjà documenté, par exemple, que dans le Pacifique, à partir du moment où on avait un réchauffement, c’est‑à‑dire qu’on était en période El Niño, qu’on avait un réchauffement du Pacifique ouest, on avait des cas de choléra qui augmentaient, parce que le vibrillon du choléra se développait plus facilement dans les eaux somatres qui se trouvait augmenter.
Voilà, donc on va avoir un certain nombre de conséquences également sur les germes et sur les agents pathogènes que nous allons avoir à affronter, toujours dans les conséquences du changement climatique, il va y avoir des agressions sur les infrastructures. Alors, je vais donner deux exemples assez, le gonflement‑rétractation des argiles en France commence à fissurer un certain nombre d’infrastructures. Voilà, si il se trouve que c’est le bâtiment, pardon, si le bâtiment qui menace de s’écrouler, c’est un hôpital, bah ça a des conséquences pour la santé, parce que on peut plus s’en servir.
Si c’est une usine de vaccin, c’est pareil, si c’est un pont, parce que on peut avoir des infrastructures qui s’écroulent. Il y a déjà eu un pont qui s’est écroulé à cause du réchauffement climatique en France, tout simplement, parce que les piles de pont sont posées sur des poutres en bois qui sont qui servent à stabiliser à la pile de pont qui sont normalement immergées en permanence dans le lit de la rivière, et si la rivière est trop souvent à sec, et bien les poutre en bois se retrouvent à sec également se mettre à pourrir, et à un moment vladabaum, pile de pont s’écroule, il y a eu un exemple comme ça en France, voilà. Si ça commence à agresser les voies de communication, cette affaire là, et bien même motif même punition, aujourd’hui, notre société est l’état sanitaire des populations et notamment dépendant des échanges.
Donc, si on diminue les échanges, on risque d’avoir des agressions direct en direct sur la santé, on risque un ralentissement voir un arrêt de la dérive Nord‑Atlantique, ce qu’on a coutume d’appeler le gulf stream en France, mais en fait c’est pas exactement ça là, c’est pareil, si on a des modifications climatiques brutales en Europe de l’Ouest, ça aura des conséquences sanitaires. Donc, on voit bien en fait que, quel que soit la conséquence que on regarde sur le changement climatique, en bout de course, il y a les sociétés humaines, et si les sociétés humaines sont déstabilisées de manière significative, ça fatalement des conséquences sur la santé. Limiter les émissions de gaz à effet de serre, c’est évidemment quelque chose qui a un bénéfice sanitaire majeur.
Alors, si on les limite trop, ce que j’expliquais dans la capsule, on va se retrouver avec un appareil de soins qui n’a plus l’énergie qui lui permet de fonctionner, et donc éventuellement ça peut poser des problèmes. Mais si on les limite pas assez, à ce moment on aura un réchauffement climatique qui lui va poser d’énormes problèmes, parce que pour finir cette longue, est désagréable, liste des conséquences, et en plus il y en a quelques autres que j’ai pas mentionné, du réchauffement climatique, c’est évidemment une nuisance qui a le potentiel à la taille de la population et à l’espérance de vie de l’ensemble de la population. Donc, on n’est pas en train de parler d’une bricole, merci beaucoup Jean‑Marc Lancôme.