Chapitre 1 bicère condamné à mort voilà 5 semaines que j'habite avec cette pensée toujours seule avec elle toujours glacé de sa présence toujours courbé sous son poids autrefois car il me semble qu'il y a plutôt des années que des semaines j'étais un homme comme un autre homme chaque jour chaque heure chaque minute avait son idée mon esprit jeune et riche était plein de fantaisie il s'amusaiit à Me les dérouler les unes après les autres sans ordre et sans fin brodant d'inépuisables arabesques cette rude et minces étoffees de la vie c'était des jeunes filles de splendides
chapes d'évêqu des batailles gagnées des théâtres pleins de bruit et de lumière et puis encore des jeunes filles et de sombres promenades la nuit sous les larges bras des Maronniers c'était toujours faite dans mon imagination je pouvais penser à ce que je voulais J'étais libre maintenant je suis captif mon corps est offert dans un cachot mon esprit est en prison dans une idée une horrible une sanglante une implacable idée je n'ai plus qu'une pensée qu'une conviction qu'une certitude condamné à mort quoi que je fasse elle est toujours là cette pensée infernale comme un spectre de
plomb à mes côtés seule et jalouse chassant toute distraction face- àface avec moi misérable et me secouant De ses deux mains de glace quand je veux détourner la tête ou fermer les yeux elle se glisse sous toutes les formes où mon esprit voudrait la fuir se mêle comme un refrain horrible à toutes les paroles qu'on m'adresse se colle avec moi aux grillesideuses de mon cachot m'obsède éveillé épis mon sommeil convulsif et reparait dans mes rêves sous la forme un couteau je viens de m'éveiller en sursaut poursuivi par elle et me disant Ah ce n'est qu'un
rêve et bien avant même que mes yeux lourds ai eu le temps de s'entrouvrir assez pour voir cette fatale pensée écrite dans l'horrible réalité qui m'entoure sur la dalle mouillée suiante de ma cellule dans les rayons pâles de ma lampe de nuit dans la tramme grossière de la toile de mes vêtements sur la sombre figure du soldat de garde dont la giberne rel à travers la grille du cachot il me semble que déjà une voix a murmuré à mon oreille Condamné à mort chapitre 2 c'était par une belle matinée d'oût il y avait 3 jours
que mon procès était entamé 3 jours que mon nom et mon crime ralliait chaque matin une nuée de spectateurs qui venaient s'abattre sur les bancs de la salle salle d'audience comme des corbeaux autour d'un cadavre tro jours que toute cette fantasmagorie des juges des témoins des avocats des procureurs du roi passaient et Repassaient devant moi tantôt grotesque tantôt sanglante toujours sombre et fatal les deux premières nuits d'inquiétude et de terreur je n'en avais pu dormir la troisè j'en avais dormi d'ennui et de fatigue à minuit j'avais laissé les jurés délibérant on m'avait ramené sur la
paille de mon cachot et j'étais tombée sur le champ dans un sommeil profond dans un sommeil d'oubli c'était les premières heures de repos depuis bien des Jours j'étais encore au plus profond de ce profond sommeil lorsqu'on vint me réveiller cette fois il ne suffit point du pas lourd et des souliers ferrés du guichetier du cliqueti de son nœud de clé du grincement rau des verrouses il fallut pour me tirer de Malé sa rude voix à mon oreille et sa main rude sur mon bras levez-vous donc j'ouvris les yeux je me dressais et faré sur mon
séant en ce moment par l'étroite et haute fenêtre de ma cellule je vis au Plafond du corridor voisin seul ciel qu'il me fut donné d'entrevoir ce reflet jaune ou des yeux habitués aux ténèbres d'une prison savent si bien reconnaître le soleil j'aime le soleil il fait dis-je au guichetier il resta un moment sans me répondre comme ne sachant si cela valait la peine de dépenser une parole puis avec quelqu effort il murmura brusquement c'est possible je demeurais immobile l'esprit À demi endormi la bouche souriante l'œil fixé sur cette douce réverbération dorée qui diaprit le plafond
voilà une belle journée répétais-je oui me répondit l'homme on vous ATT ce peu de mots comme le fil qui rom le vol de l'insecte me rejeta violemment dans la réalité je revis soudain comme dans la lumière d'un éclair la sombre salle des assises le fer à cheval des juges chargés de haillons ensanglanté Les trois rangs de témoins aux face stupides les deux gendarmes aux de bouts de mon banc et les robes noires s'agité et les têtes de la foule fourmillé au fond dans l'ombre et s'arrêta sur moi le regard fixe de ces 12 jurés qui
avaient veillé pendant que je dormais je me levais mais dans claqué mes mains tremblaient et ne savaent où trouver mes vêtements mes jambes étaient faibles au premier pas que je fis je trébuchais comme un portefait trop Chargé cependant je suivis le jaôer les deux gendarmes m'attendaient au seuil de la cellule on me remit les menotes cela avait une petite serrure compliquée qu'il fermèrent avec soin je laissais faire c'était une machine sur une machine nous traversâmes une cour intérieure l'air vif du matin me ranima je levais la tête le ciel était bleu et les rayons chauds
du soleil découpés par les longues cheminée tracé de grands Angles de lumière au fites des murs haut et sombres de la prison il faisait beau en effet nous montâmes un escalier tournant en visce nous passâmes un corridor puis un autre puis puis un troisième puis une porte basse s'ouvrit un air chaud mêlé de bruit vint me frapper au visage c'était le souffle de la foule dans la salle des assises j'entrai il y eut à mon apparition une rumeur d'armes et de voix les banquettes Se déplacèrent bruillamment les cloisons craquèrent et pendant que je traversais la
longue salle entre deux masses de peuples murés de soldats il me semblait que j'étais le centre auquel ser les fils qui faisaient mouvoir toutes ces faces béantes et penchées en cet instant je m'aperçus que j'étais sans faire mais je ne pu me rappeler où ni quand on me les avait ôté alors il se fit un grand silence j'étais parvenu à ma place au moment où Le tumulte cessa dans la foule il cessa aussi dans mes idées je compris tout à coup clairement ce que je n'avais fait qu'entrevoir confusé jusqu'alors que le moment décisif était venu
et que j'étais là pour entendre ma sentence l'explique qui pourra de la manière dont cette idée me vint elle ne me causa pas de terreur les fenêtres étaient ouvertes l'air et le bruit de la ville arrivaient librement du dehors la Salle était claire comme pour une noce les guerayons du soleil traçai ça et là la figure lumineuse des croisées tantôt allongé sur le plancher tantôt développé sur les tables tantôt brisé à l'angle des murs et de ces losanges éclatants aux fenêtres chaque rayon découpé dans l'air un grand prisme de poussière d'or les juges au fond
de la salle avaient l'air satisfait probablement de la joie d'avoir bientôt fini le visage du président doucement éclairé par le Reflet d'une vitre avait quelque chose de calme et de bon et un jeune assesseur causé presque gimment en chionnant son rabat avec une jolie dame en chapeau rose placée par faveur derrière lui les jurés seuls paraissaient blêmes et abattu mais c'était apparemment de fatigue d'avoir veillé toute la nuit quelques-uns baillaient rien dans leur contenance n'annonçait des hommes qui viennent de porter une sentence de mort et sur les figures de ces bons bourgeois Je ne devinais
qu'une grande envie de dormir en face de moi une fenêtre était toute grande ouverte j'entendais rire sur le quai des marchandes de fleurs et au bord de la croisée une jolie petite plante jaune toute pénétrée d'un rayon de soleil jouait avec le vent dans une fente de la pierre comment une idée sinistre aurait-elle pu poindre parmi tant de gracieuses sensations inondé d'air et de soleil il me fut impossible de penser à Autre chose qu'à la liberté l'espérance vint rayonner en moi comme le jour autour de moi et confiant j'attendis ma sentence comme on attend la
délivrance et la vie cependant mon avocat arriva on l'attendait il venait de déjeuner copieusement et de bon appétit parvenu à sa place il se pencha vers moi avec un sourire j'espère me dit-il n'est-ce pas répondis-je léger et souriant aussi oui reprit-il je ne sais rien encore de leur Déclaration mais ils auront sans doute écarté la préméditation et alors ce ne sera les travaux forcés et à perpétuité que dites-vous là Monsieur répliqua-je indigné plutôt 100 fois la mort oui la mort et d'ailleurs me répétait je ne sais quelle voix intérieure qu'est-ce que je risque à dire
cela a-t-on jamais prononcé sentence de mort autrement qu'à minuit au flambeau dans une salle sombre et noire et par une froide nuit de pluie Et d'hiver mais au mois d'août à 8h du matin un si beau jour c'est bon juré c'est impossible et mes yeux revenaient se fixer sur la jolie fleur jaune au soleil tout à coup le président qui n'attendait que l'avocat m'invita à me lever la troupe porta les armes comme par un mouvement électrique toute l'assemblée fut debout au même instant une figure insignifiante et nulle placée à une table au-dessous du tribunal c'était
je pense le greffier pris la Parole et luut le verdict que les jurés avaient anoncé en mon absence une sueur froide sortit de tous mes membres je m'appuyais au mur pour ne pas tomber avocat avez-vous quelque chose à dire sur l'application de la peine demanda le président j'aurais eu moi tout à dire mais rien ne me vint ma langue resta collée à mon palais le défenseur se leva je compris qu'il cherchait à atténuer la Déclaration du jury et à mettre dessous au lieu de la peine qu'elle provoquait l'autre peine celle que j'avais été si blessée
de lui voir espérer il fallut que l'indignation fut bien forte pour se faire jour à travers les miles émotions qui se disputaient ma pensée je voulus répéter à haute voix ce que je lui avais déjà dit plutôt 100 fois la mort mais l'aleine me manqua et je ne pu que l'arrêter rudement par le bras en criant avec une force convulsive Non le procureur général combattit l'avocat et je l'écoutis avec une satisfaction stupide puis les juges sortirent puis ils rentrèrent et le président Me lut mon arrê condamné à mort dit la foule et tandis qu'on m'emmenit
tout ce peuple se rua sur mes pas avec le fracas d'un édifice qui se démolit moi je marchais ivre et stupé fait une révolution venait de se faire en moi jusqu'à l'arrêt de mort je m'étais senti irer palpiter et Vivre dans le même milieu que les autres hommes maintenant je distinguais clairement comme une clôture entre le monde et moi rien ne m'apparaissait plus sous le même aspect qu'auparavant ces larges fenêtres lumineuses ce beau soleil ce ciel pur cette jolie fleur tout cela était blanc et pâle de la couleur d'un un seul ces hommes ces femmes
ces enfants qui se pressaient sur mon passage je leur trouvais des aires de fantômes Au bas de l'escalier une noire et sale voiture grillée m'attendait au moment d'y monter je regarda au hasard dans la place un condamné à mort criaient les passants en courant vers la voiture à travers le nuage qui me semblait s être interposé entre les choses et moi je distinguaiis deux jeunes filles qui me suivaient avec des yeux avides bon dit la plus jeune en battant des mains ce sera dans six semaines Chapitre 3 condamné à mort et bien pourquoi non les
hommes je me rappelle l'avoir lu dans je ne sais quel livre où il n'y avait que cela de bon les hommes sont tous condamnés à mort avec des surc indéfinis qui a-t-il donc de s'y échanger à ma situation depuis l'heure où mon arrêt m'a été prononcé combien sont morts qui s'arrangeaient pour une longue vie combien m'ont devancé qui jeunent libre Et sain compteit bien aller voir tel jour tomber ma tête en place de Grève combien d'icilà peut-être qui marche et respire au grand terir entent et sortent à leur gré et qui me devanceront encore et
puis qu'est-ce que la vie a donc de s'y regrettable pour moi en vérité le jour sombre et le pain noir du cachot la portion de bouillon maigre puisé au baâquet des galérien être rudoyer moi qui suis raffiné par l'éducation être brutaliser des Guichetiers et des gardeschourm ne pas voir un être humain qui me croit digne d'une parole et à qui je le rende sans cesse tressaillir de ce que j'ai fait et de ce qu'on me fera voilà à peu près les seuls biens que puisse m'enlever le bourreau ah n'importe c'est horrible chapitre 4 la voiture
noire me transporta ici dans ce hideux Bicètre vu de loin cet édifice a quelque Majesté il se déroule Ou à l'horizon au front d'une colline et à distance garde quelque chose de son ancienne splendeur un air de Château de roi mais à mesure que vous approchez le palais devient masure les pignons dégradés blessent l'œil je ne sais quoi de honteux et d'appauvri salit ces royales façad on dirait que les murs ont une lèpre plus de vitres plus de glace aux fenêtres mais de massifes barreaux de fer entrecroisés auquels se colle sa là quelques ave figure
d'un galérien ou D'un fou c'est la vie vue de près chapitre 5 à peine arrivé des mains de fer s'emparèrent de moi on multiplia les précautions point de couteau point de fourchette pour mes repas la camisole de force une espèce de sac de toit à la voilure emprisonna mes bras on répondait de ma vie je m'étais pourvue en cassation on pouvait avoir pour six ou SEP semaines cette affaire onéreuse et Il importait de me conserver saint et sauf à la place de Grève les premiers jours on me traita avec une douceur qui m'était horrible les
égards d'un guichetier sentent l'échafa par bonheur au bout de peu de jours l'habitude reprit le dessus ils me confondirent avec les autres prisonniers dans une commune brutalité et n'urent plus de ces distinctions inaccoutumées de politesse qui me remettaient sans cesse le bourreau sous les yeux ce ne Fut pas la seule amélioration ma jeunesse ma docilité les soins de l'omonier de la prison et surtout quelques mots en latin que j'adressais au concierge qui ne les comprit pas m'ouvrirent la promenade une fois par semaine avec les autres détenus et firent disparaître la camisole où j'étais paralysée après
bien des hésitations on m'a aussi donné de l'encre du papier des plumes et une lampe de nuit Tous les dimanches après la messe on me lâche dans le préhaut à l'heure de la récréation là je cause avec les détenus il le faut bien ils sont Bones gens les misérables ils me comptent leur tour ce serait à faire horreur mais je sais qu'ils se ventent ils m'apprennent à parler argot à rousciller Bigorne comme ils disent c'est toute une langue hantée sur la langue générale comme une espèce d'excroissance hideuse comme une verrue quelquefois une énergie Singulière un
pittoresque effrayant il y a du résiné sur le trimard du sang sur le chemin épouser la veuve être pendu comme si la corde du gibet était veuve de tous les pendus la tête d'un voleur a deux noms la Sorbonne quand elle médite raisonne et conseille le crime la tronche quand le bourreau la coupe quelquefois de l'esprit de vaudeville un cachemir d'osier une hôte de chiffonie la menteuse la langue et Puis partout à chaque instant des mots bizarres mystérieux lait et sordides venu on ne sait doux le tôle le bourreau la cône la mort la placarde
la place des exécutions on dirait des crapaux et des araignées quand on entend parler cette langue cela fait l'effet de quelque chose de sale et de poudreux d'une liace de haillon que l'on secourait devant vous du moins ces hommes-là me plaignent ils sont les seuls les jaôiers les Guichetiers les porte-clés je ne leur en veux pas cause et rie et parle de moi devant moi comme d'une chose chapitre 6 je me suis dit puisque j'ai le moyen d'écrire pourquoi ne le ferais-je pas mais quoi écrire pris entre quatre murailles de pierre nues et froide sans
liberté pour mes pas sans horizons pour mes yeux pour unique distraction machinalement occupé tout le jour à suivre la marche lente de ce carré blanchâtre que le Juda de ma porte Découpe vis-à-vis sur le mur sombre et comme je le disais tout à l'heure seul à seul avec une idée une idée de crime et de châtiment de meurtre et de mort est-ce que je puis avoir quelque chose à dire moi qui n'ai plus rien à faire dans ce monde et que trouverai-je dans ce cerveau flétri et VI qui vaille la peine d'être écrit pourquoi non
si tout autour de moi est monotone et décoloré n'y a-t-il pas en moi une tempête une lutte une Tragédie cette idée fixe qui me possède ne se présente-elle pas à moi à chaque heure à chaque instant sous une nouvelle forme toujours plus hideuse et plus ensanglanté à mesure que le termeapoche Pourquoi n'essayeraiis-je Pas de me dire à moi-même tout ce que éprouve de violent et d'inconnu dans la situation abandonnée où me voilà certes la matière est riche et si abrégée que soit ma vie il y aura bien encore dans les angoisses dans les terreurs dans
les Tortures qui la replieront de cette heure à la dernière de quoi user cette plume et tarir cet ancrier d'ailleurs ces angoisses le seul moyen d'en moins souffrir c'est de les observer et les peindre m'en distraira et puis ce que j'écrirai ainsi ne sera peut-être pas inutile ce journal de mes souffrances heure par heure minute par minute supplice par supplice si j'ai la force de le mener jusqu'au moment où il me sera physiquement impossible de Continuer cette histoire nécessairement inachevée mais aussi complète que possible de mes sensations ne portera-t-elle point avec elle un grand et
profond enseignement n'y aura-t-il pas dans dans ce procès verbal de la pensée agonisante dans cette progression toujours croissante de douleur dans cette espèce d'autopsie intellectuelle d'un condamné plus d'une leçon pour ceux qui condamnent peut-être cette lecture leur rendra-t-elle la main moins légère Quand il s'agira quelqueautre fois de jeter une tête qui pense une tête d'homme dans ce qu'ils appellent la balance de la justice peut-être n'ont-ils jamais réfléchi les malheureux à cette lente succession de torture que renferme la formule expéditive d'un arrêt de mort se sont-ils jamais seulement arrêtés à cette idée poignante que dans l'homme
qu'il retranche il y a une intelligence une intelligence qui avait Compté sur la vie une âme qui ne s'est point disposer pour la mort non il ne voit dans tout cela que la chute verticale d'un couteau triangulaire et pense sans doute que pour le condamner il n'y a rien avant rien après ces feuilles les détromperont publi peut-être un jour elles arrêteront quelques moment leur esprit sur les souffrances de l'esprit car ce sont celles-là qu'ils ne soupçonnent pas ils sont triomphants de pouvoir tuer sans Presque faire souffrir le corps et c'est bien de cela qu'il s'agit
qu'est-ce que la douleur physique près de la douleur morale horreur et pitié des lois faites ainsi un jour viendra et peut-être ses mémoires derniers confident d'un misérable y auront-ils contribué à moins qu'après ma mort le vent ne joue dans le préUt avec ses morceaux de papier souillés debout ou qu'il n'aille pourrir à la pluie collés en étoiles à la vitre cassée d'un Guichetier chapitre 7 que ce que j'écrit ici puisse être un jour utile à d'autres que cela arrête le juge prêt à juger que cela sauve des malheureux innocent ou coupable de l'agonie à laquelle
je suis condamné pourquoi à quoi bon qu'importe quand ma tête aura été coupée qu'est-ce que cela me fait qu'on en coupe d'autres est-ce que vraiment j'ai pu penser ces folies je t'é bat leschafou après que j'y auraai monté je vous demande un peu ce Qui m'en reviendra quoi le soleil le printemps les champs pleins de fleurs les oiseaux qui s'éveillent le matin les nuages les arbres la nature la liberté la vie tout cela n'est plus à moi ah c'est moi qu'il faudrait sauver est-il bien vrai que cela ne se peut qu'il faudra mourir demain aujourd'hui
peut-être que cela est ainsi Dieu l'horrible idée à se briser la tête au mur de son cachot chapitre 8 comptons ce qui me reste 3 jours de délai après l'arrêt prononcé pour le pourvoi en cassation 8 jours d'oublie au parquet de la Cour d'Assise après quoi les pièces comme ils disent sont envoyées au ministre 15 jours d'attente chez le ministre qui ne sait seulement pas qu'elles existent et qui cependant est supposé les transmettre après examen à la Cour de cassation là classement numérotage enregistrement car la guillotine est Encombré et chacun ne doit passer qu'à son
tour 15 jours pour veiller à ce qu'il ne vous soit pas fait de passe droit enfin la cour s'assemble d'ordinaire un jeudi rejette 20 pourvois en masse et envoie le tout au ministre qui renvoie au procureur général qui renvoie au bourreau 3 jours le matin du 4è jour le substitut du procureur général se dit en mettant sa cravate il faut pourtant que cette Affaire finisse alors si le substitut du greffier n'a pas quelqu déjeuner d'amis qui l'en empêche l'ordre d'exécution est minuté rédigé misise honnê expédié et le lendemain des lobes on entend dans la place
de Grève clouer une charpente et dans les carrefours hurler à pleine voix des crieurs enroués en tout 6 semaines la petite fille avait raison or voilà 5 semaines au moins six peut-être je n'ose compter que je suis dans ce cabanon de Bicètre et il me semble qu'il y a 3 Jours c'était jeudi chapitre 9 je viens de faire mon testament à quoi bon je suis condamné au frais et tout ce que j'ai y suffira à peine la guillotine c'est fort cher je laisse une MRE je laisse une femme je laisse un enfant une petite fille
de 3 ans douce rose frê avec de grands yeux noirs et de longs cheveux châtins elle avait 2 ans et un mois quand je l'ai vu pour la dernière fois Ainsi après ma mort trois femmes sans fils sans mari sans père trois orphelines de différentes espèces trois veuves du fait de la loi j'admets que je sois justement puni ces innocentes qu'ont-elles fait n'importe on les déshonore on les ruine c'est la justice ce n'est pas que ma pauvre vieille mère m'inquiète elle a 64 ans elle mourra du coup ou si elle va quelques jours encore pourvu
que Jusqu'au dernier moment elle est un peu de cendre chaude dans sa chaufferette elle ne dira rien ma femme ne m'inquiète pas non plus elle est déjà d'une mauvaise santé et d'un esprit faible elle mourra aussi à moins qu'elle ne devienne folle on dit que cela fait vivre mais du moins l'intelligence ne souffre pas elle dort elle est comme morte mais ma fille mon enfant ma pauvre petite Marie qui rit qui joue qui chante À cette heure et ne pense à rien c'est celle-là qui me fait mal chapitre 10 voilà ce que c'est que mon
cachot h pieds carrés quatre murailles de pierres de taille qui s'appuient à angle droit sur un pavé de dalle exusé d'un degré au-dessus du corridor extérieur à droite de la porte en entrant une espèce d'enfoncement qui fait la dérision d'une alcauve on y jette une botte de paille où le Prisonnier est censé reposer et dormir d'un pantalon de toile et d'une veste de COUTILLE hiver comme été au-dessus de ma tête en guise de ciel une noire voûte en ogive c'est ainsi que cela s'appelle à laquelle d'épaisses toiles d'araignées pendent comme des haillons du reste pas
de fenêtre pas même de soupirail une porte où le fer cache le bois je me trompe au centre de la porte vers le haut une ouverture de 9U pouces carrés coupé d'une grille en Croix et que le guichetier peut fermer la nuit au dehors un assez long corridor éclairé aéré au moyen de soupiros étroit en haut du mur et divisé en compartiments de maçonnerie qui communiquent entre eux par une série de portes centrées et basses chacun de ces compartiments sert en quelque sorte d'antichambre un cachot pareil au mien c'est dansents et cachot que l'on met
les forçat condamnés par le directeur de La prison à des peines de discipline les trois Pr premers cabanons sont réservés au condamnés à mort parce qu'étant plus voisin de la jaoule ils sont plus commodes pour le jolier ces cachots sont tout ce qui reste de l'ancien château de bicère tel qu'il fut bâti dans le 15e siècle par le cardinal de Winchester le même qui fit brûler Jeane d'Arc j'ai entendu dire cela à des curieux qui sont venus me voir l'autre soir dans ma loge et qui me Regardait à distance comme une bête de la ménagerie
le guichetier a eu s sous j'oubliais de dire qu'il y a nuit et jour un factionnaire de garde à la porte de mon cachot et que mes yeux ne peuvent se lever vers la lucarne carrée sans rencontrer ses deux yeux fixes toujours ouverts du reste on suppose qu'il y a de l'air et du jour dans cette boîte de Pierre chapitre 11 puisque le jour ne paraît pas encore que faire de la nuit il m'est venu une Idée je me suis levé j'ai promené ma lampe sur les quatre murs de ma cellule ils sont couverts d'écritures
de dessins de figures bizarres de noms qui se mêlent et s'effacent les uns les autres il semble que chaque condamné ait voulu laisser trac ici du mois c'est du crayon de la créie du charbon des lettres noires blanches grises souvent de profondes entailles dans la pierre ça et là des caractères rouillés qu'on dirait écrit avec du Sang certes si j'avais l'esprit plus libre je prendrais intérêt à ce livre étrange qui se développe page à page à mes yeux sur chaque pierre de ce cachot j'aimerais à recomposer un tout de ces fragments de pensée et par
sur la dalle à retrouver chaque homme sous chaque nom à rendre le sens et la vie à ses inscriptions mutilées à ces phrases démembrées à ces mots tronqués cors sans tête comme ceux qui les ont écrits à la hauteur de mon chevet il y a Deux cœurs enflammés percés d'une flèche et au-dessus amour pour la vie le malheureux ne prenait pas un long engagement à côté une espèce de chapeau à trois cornes avec une petite figure grossièrement dessinée au-dessous et ses mot vive l'Empereur 1824 encore des cœurs enflammés avec cette inscription caractéristique dans une prison
j'aime et j'adore Matthieu d'envin Jacques sur le mur opposé on lit ce nom Papavoine le P majuscule est brodé d'arabesque et Ange Olivé avec soin un couplet d'une chanson obscène un bonnet de libéré sculpté à ses profondément dans la pierre avec ceci et dessous Borie la République c'était un des quatre sous-officiers de La Rochelle pauvre jeune homme que leurs prétendues nécessités politiques sont hideuse pour une idée pour une rêverie pour une abstraction cette horrible réalité qu'on Appelle la guillotine et moi qui me plaignais moi misérable qui ai commis un véritable crime qui a versé du
sang je n'irai pas plus loin dans ma recherche je viens de voir crayonné en blanc au coin du mur une image épouvantable la figure de cet échafeau qui à l'heure qu'il est se dresse peut-être pour moi la lampe a failli me tomber les mains chapitre 12 je suis revenu m'asseoir Précipitamment sur ma paille la tête dans les genoux puis mon effroi d'enfant s'est dissipé et une étrange curiosité m'a repris de continuer la lecture de mon mur à côté du nom de papavouan j'ai arraché une énorme toile d'araignée toute épaissie par la poussière et tendue à
l'angle de la muraille sous cette toile il y avait quatre ou cinq noms parfaitement lisibles parmi d'autres dont il ne reste rien qu'une tachche sur Le mur datin 1815 Poulin 1818 Jean-Martin 1821 Castin 1823 j'ai lu ses noms et de lu souvenirs me sont venus d'utin celui qui a coupé son frère en quartier et qui allait la nuit dans Paris jetant la tête dans une fontaine et le Tron dans un égout Poulin celui qui a assassiné sa femme Jean-Martin celui qui a tiré un coup de pistolet à son père au moment où le vieillard ouvrait
une fenêtre Castin ce médecin qui a empoisonné son amie et qui le soignant dans cette dernière maladie qu'il lui avait faite au lieu de remède lui redonna du poison et auprès de cela Papavoine l'horrible fou qui tuait les enfants à coup de couteau sur la tête voilà me disais-je et un frisson de fièvre me montait dans les reins voilà qu'elles ont été avant moi les hôtes de cette cellule c'est ici sur la même dalle où je suis qu'ils ont pensé leur Dernières pensées ces hommes de meurtrre et de sang c'est autour de ce mur dans
ce carré étroit que leurs derniers pas ont tourné comme ceux d'une bête fauve ils se sont succédés à de courts intervalles il paraît que ce cachot ne désemplit pas ils ont laissé la place chaude et c'est à moi qu'il l'ont laissé j'iraai à mon tour les rejoindre au cimetière de clamard où l'herbe pousse si bien je ne suis ni visionnaire ni Superstitieux il est probable que ces idées me donnaient un accès de fièvre mais pendant que je rêvais ainsi il m'a semblait tout à coup que ces noms fatales étaient écrit avec du feu sur le
mur noir un tinement de plus en plus précipité a éclaté dans mes oreilles une lueur rousse a rempli mes yeux et puis il m'a paru que le cachot était plein d'hommes d'hommes étranges qui portaient leur têtees dans leurs mains gauche et la portter par la bouche parce qu'il n'y Avait pas de chevelure tous me montraient le point excepé le paricide j'ai fermé les yeux avec horreur alors j'ai tout vu plus distinctement rêve vision ou réalité je serais devenu fou si une impression brusque ne m' réveiller à temp j'étais près de tomber à la renverse lorsque
j'ai senti se traîner sur mon pied nu un ventre froid et des pattes velu c'était l'araignée que j'avais dérangé et qui s'enfuyait cela m'a dépossédé les Épouvantable spectre non c'était une fumée une imagination de mon cerveau vide et compuls chimè à la magbef les morts sont morts ceuxa surtout ils sont bien cadenassés dans le sépulcre ce n'est pas là une prison dont on s'évade comment se fait-il donc que j'ai eu peur ainsi la porte du tombeau ne s'ouvre pas en dedans chapitre 13 j'ai vu ces jours passés une chose Hideuse il était à peine jour
et la prison était pleine de bruit on entendait ouvrir et fermer les lourdes portes grincer les verrous et les cadenas de fer carillonner les trousseaux de clef entre choqué à la ceinture des jaôiers tremblai les escaliers du haut en bas sous des pas précipités et des voies s'appelaient et se répondre des debouts des longs corridors mes voisins de cachot les forçats en punition étaient plus gais Qu'à l'ordinaire tout Bicètre semblait rire chanter courir danser moi seul mué dans ce vacarme seul immobile dans ce tumulte étonné et attentif j'écouté un jaôier passa je me hasardais à
l'appeler et à lui demander si c'était fête dans la prison ah fête si l'on veut me répondit-il c'est aujourd'hui qu'on faère les forçats qui doivent partir demain pour Toulon voulez-vous voir cela vous amusera c'était en effet pour un reclus Solitaire une bonne fortune qu'un spectacle si od dieux fut-il j'acceptais l'amusement le guichetier prit les précautions d'usage pour s'assurer de moi puis me conduisit dans une petite cellule vide et absolument démeublée qui avait une fenêtre grillée mais une véritable fenêtre à hauteur d'appui et à travers laquelle on apercevait réellement le ciel tenez me dit-il d'ici vous
verrez et vous entendrez vous serez seul dans votre loge comme le roi puis Il sortit et referma sur moi serrure cadenas et verrou la fenêtre donnée sur une cour carrée assez vaste et autour de laquelle s'élevaient des quatre côtés comme une muraille un grand bâtiment de pierre de taille à six étages rien de plus dégradé de plus nu de plus misérable à l'œil que cette quadruple façade percé d'une multitude de fenêtres grillées auxquelles se tenait collé du bas en haut une foule de Visages maigres et blêes pressés les uns au-dessus des autres comme les pierres
d'un mur et tous pour ainsi dire encadrés dans les entrecroisements des barreaux de fer c'était les prisonniers spectateurs de la cérémonie en attendant leur jour d'tre acteur on e dit des âes en peine au soupirau du purgatoire qui donne sur l'enfer tous regardaient en silence la cour vide encore ils attendaient parmi ses figures éteintes et morne ça et là Briller quelques yeux perçants et vifs comme des points de feu le carré de prison qui enveloppe la Cour ne se referme pas sur lui-même un des quatre pans de l'édifice celui qui regarde le Levant est coupé
vers son milieu et ne se rattache au pan voisin que par une grille de fer cette grille s'ouvre sur une seconde cour plus petite que la première et comme elle bloquée de murs et de pignons noirâtre tout autour de la cour Principale des bans de Pierr s'adossent à la muraille au milieu se dresse une tige de fer courbée destinée à porter une lanterne midi sonna une grande porte gauchère cachée sous un enfoncement s'ouvrit brusquement une charrette escortée d'espèce de soldat S et honteux en uniforme bleu à épolette rougege et à bandoulière jaune entra lourdement dans
la cour avec un bruit de ferraille c'était la chourme et les Chaînes au même instant comme si ce bruit réveillait tout le bruit de la prison les spectateurs des fenêtres jusqu'àors silencieux et immobiles éclatèrent en cris de joie en chanson en menac en impréation mêlé d'éclats de rire poignants à entendre on eut cru voir des masques de démons sur chaque visage parut une grimace tous les points sortirent des barreaux toutes les voix hurlèrent tous les yeux flamboyèrent et je fus épouvanté de voir tant D'étincelles reparaître dans cette cendre cependant les argousins parmi lesquels ont distinguait
à leurs vêtements propres et à leur effroid quelques curieux venus de Paris les argousins se mirent tranquillement à leur besoignne l'un d'eux monta sur la charrette et jeta à ses camarades les chaînes les colliers de voyage et les liass de pantalons de toile alors ils se dépessèrent le travail les uns allèrent étendre dans un coin de la cour les Longues chaînes qu'ils nommaaient dans leur argot les ficelles les autres déployèrent sur le pavé les taftas les chemises et les pantalons tandis que les plus sagaces examinaient un à un sous l'œil de leur capitaine petit vieillard
trapu les carcans de fer qu'ils éprouvaient ensuite en les faisant étinceler sur le pavé le tout aux acclamations railleuses des prisonniers dont la voix n'était dominée que par les rire bruyant des forçat pour qui cela se Préparait et qu'on voyait relégué au croisés de la vieille prison qui donne sur la petite cour quand ces apprêts furent terminés un monsieur brodé en argent qu'on appelaitsieur monieur l'inspecteur donna un ordre au directeur de la prison et un moment après voilà que deux ou trois portesbasses vomirent presque en même temps et comme par bouffé dans la cour des
nué d'hommes hideux hurlant et déguenillés c'était les forçat à leur Entrée redoublement de joie aux fenêtres quelques-uns d'entre eux les grands noms du bagne furent salués d'acclamation et d'applaudissement qu'il recevait avec une sorte de modestife fière la plupart avait des espèces de chapeau tressé de leur propres mains avec la paille du cachot et toujours d'une forme étrange afin que dans les villes où l'on passerait le chapeau fit remarquait la tête Cuxa était plus applaudi encore un surtout excita des transports D'enthousiasme un jeune homme de 17 ans qui avait un visage de jeune fille il sortait
du cachot où il était au secret depuis 8 jours de sa botte de paille il s'était fait un vêtement qui l'enveloppait de la tête au pied et il entra dans la cour en fais faisant la roue sur lui-même avec l'agilité d'un serpent c'était un baladin condamné pour vol il y eut une rage de battement de main et de cris de joie les galériens y répondaient et c'était une chose Effrayante que cet échange de gaié entre les forçats en titre et les forçat aspirant la société avait beau être là représentée par les jaoliers et les curieux
épouvanté le crime l' narguit en face et de ce châtiment horrible faisait une fête de famille à mesure qu'ils arrivaient on les poussait entre deux ha de gardes chum dans la petite cour grillée où la visite des médecins les attendait c'est là que tous tentaient un dernier effort pour éviter le voyage Allégant quelque excuse de santé les yeux malades la jambe boiteuse la main mutilée mais presque toujours on les trouvé bon pour le bagne et alors chacun se résignait avec insouciance oubliant en peu de minutes sa prétendue infirmité de toute la vie la grille de
la petite cour se rouvrit un gardien fit l'appel par ordre alphabétique et alors ils sortirent un à un et chaque força s la ranger debout dans un coin de la grande cour près d'un Compagnon donné par le hasard de sa lettre initiale ainsi chacun se voit réduit à lui-même chacun porte sa chaîne pour soi côte à côte avec un inconnu et si par hasard un forçat à un ami la chaîne lancait part dernière des misères quand il y en eut à peu près une trentaine de sorties on referma la grille un Argousin les aligna avec
son bâton jeta devant chacun d'eux une chemise une veste et un pantalon de Grosse toile puis fit un signe et tous commencèrent à se déshabiller un incident inattendu vint comme à point nommé changer cette humiliation en torture jusqulà le temps avait été assez beau et si la bise d'octobre refroidissait l'air de temps en temps aussi elle ouvrait ça et là dans les brumes grises du ciel une crevasse par où tomb un rayon de soleil mais à peine les forçats se furent-ils dépouillés de Leur raayon de prison au moment où ils s'offraent nu et debout à
la visite soupçonneuse des gardiens et au regard curieux des étrangers qui tournaient autour d'eux pour examiner leurs épaules le ciel devint noir une froide averse d'automne éclata brusquement et se déchargea à torrent dans la carré sur les têtes découvertes sur les membres nus des galériens sur leur misérabl Saillon étalés sur le pavé en un clin d'œil le préhaut se vida De tout ce qui n'était pas orgousin ou galérien les curieux de Paris allèent s'abriter sous les haant des portes cependant la pluie tombait à flot on ne voyait plus dans la cour que les forces à
nues et ruisselant sur le pavé noyé un silence mort n'avait succédé à leur bruyante bravade ils grelotai leurs dents claqué leurs jambes maigries leurs genoux noueux s'entrechoquaient et c'était pitié de les voir appliquer sur leurs membres bleu ses chemises trempées Ses vestes ses pantalons dégoûtants de pluie la nudité eû été meilleure un seul un vieux avait conservé quelqu gaaieté il s'écria en s'essuyant avec sa chemise mouillée que cela n'était pas dans le programme puis se prit à rire en montrant le point au ciel quand ils eurent revêtu les habits de route on les mena par
bande de vingt ou 30 à l'autre coin du préUt où les cordons allongés à terre les attendaient ces cordons sont de longues Et fortes chaînes coupées transversalement de deux en deux pieds par d'autres chaînes plus courtes à l'extrémité desquelles se rattache un carcan carré qui s'ouvre au moyen d'une charnière pratiquée à l'un des angles et se referme à l'angle opposé par un boulon de fer rivé pour tout le voyage sur le cou du galérien quand ces cordons sont développés à terre ils figurent assez bien la grande arête d'un Poisson on fit asseoir les galériens dans
la boue sur les pavés inondés on leur essaya les colliers puis deux forgerons de la chourme armés d'enclume portative les leur rivè à froid un grand coup de masse de fer c'est un moment affreux où les plus hardis Palisse chaque coup de marteau assiné sur l'enclume appuyé à leur dos fait rebondir le menton du patient le moindre mouvement d'avant en arrière lui ferait sauter le crâne comme une Coquille de noix après cette opération ils devinent sombre on entendait plus que le grelottement des chaînes et par intervalle un cri et le bruit sourd du bâton des
Gard dechourm sur les membres des récal citrans il y en eu qui pleurèrent les vieux frissonnaient et se mordaient les lèvres je regardais avec terreur tous ses profils sinistres dans leur cadre de fer ainsi après la visite des médecins La visite des jaoliers après la visite des jauliers le ferrage trois actes à ce spectacle un rayon de soleil reparut on e dit qu'il mettait le feu à tous ses cerveaux les forçat se levèrent à la fois comme par un mouvement convulsif les cinq cordons se rattachèrent par les mains et tout à coup se formèrent en
ronde immense autour de la branche de la lanterne il tournait à fatiguer les yeux il chantait une chanson du bagne une romance d'argot sur un air tantôt Plaintif tantôt furieux et gai on entendait par intervalle des cris grêles des éclats de rire déchirés et altant se mêlent aux mystérieuses paroles puis des acclamations furibondes et les chaînes qui s'entrechoquaient en cadence servaient d'orchestre à ce champ plus rouque que leur bruit si je cherchais une image du sabbat je ne la voudrais ni meilleur ni pire on apporta dans le préUt un large baquet les Gard de chum
rompirent la Danse des forçats à coup de bâton et les conduisirent à ce baquet dans lequel on voyait nager je ne sais quelles herbes dans je ne sais quel liquide fumant et sale ils mangèrent puis ayant mangé ils jetèrent sur le pavé ce qui restait de leur soupe et de leur pinbis et se remirent à danser et à chanter il paraît qu'on leur laisse cette liberté le jour du ferrage et la nuit qui le suit j'observais ce spectacle étrange avec une curiosité si Avide si palpitante si attentive que je m'étais oublié moi-même un profond sentiment
de pitié me remuait jusqu'aux entrailles et leur rire me faisait pleurer tout à coup à travers la rêverie profonde où j'étais tombée je vis la rondur lante s'arrêter et se taire puis tous les yeux se tournèrent vers la fenêtre que j'occupais le condamné le condamné crièrent-ils tous en me montrant du doigt et les explosions de joie Redoublèrent je resta pétrifié j'ignore d'où il me connaissait et comment il m'avait reconnu bonjour bonsoir me crièrent-il avec leur ricanement atroce un des plus jeunes condamné aux galères perpétuelles face luisante et plombé me regarda d'un air d'envie en disant
ah il est heureux il sera rogné ah adieu camarade je ne puis dire ce qui se passait en moi j'étais leur camarade en effet la grève est sœur de Toulon J'étais même placé plus bas quee il me faisait honneur je frissonnais oui leurs camarades et quelques jours plus tard j'aurais pu aussi moi être un spectacle pour eux j'étais demeurer à la fenêtre immobile perclu paralysé mais quand je vis les cinq cord s'avancer se ruer vers moi avec des paroles d'une infernale cordialité quand j'entendis le tumultueux fracas de leurs chaînne de leur clameurs de leurs pas
au pied du mur il me sembla que cette nuée De démons escaladait ma misérable cellule je poussais un cri je me jetais sur la porte d'une violence à la brisée mais pas moyen de fuir les verrous étaient tirés en dehors je heurtaai j'appelaai avec rage puis il me sembla entendre de plus près encore les effrayantes voix des forçat je crus voir leurs têtes zdeuses paraître déjà au bord de ma fenêtre je poussais un second cri d'angoisse et je tombais évanoui chapitre 14 quand je revins à moi il était nuit j'étais couché dans un grabat une
lanterne qui vacillait au plafond me fit voir d'autres grabat aligné des deux côtés du mien je compris qu'on m'avait transporté à l'infirmerie je resta quelques instants éveillé mais sans penser et sans souvenir tout entier au bonheur d'être dans un lit certes en d'autres temps ce lit d'hôpital et de prison m'ut fait reculer de dégoût et de pitié mais je n'étais plus le même homme Les draps étaient gris et rudes touchés la couverture maigre et trouée on sentait la paillasse à travers le matelas qu'importe mes membres pouvaient se déroidir à l'aise entre ses draps Gross sous
cette couverture si mince qu'elle fut je sentais se dissiper peu à peu cet horrible froid de la moelle des eau dont j'avais pris l'habitude je me rendormis un grand bruit me réveilla il faisait petit jour ce bruit venait du Dehors mon lit était à côté de la fenêtre je me levais sur mon séant pour voir ce que c'était la fenêtre donnée sur la grande cour de bicetre cette cour était pleine de monde de haie de vétéran avaient peine à maintenir libre au milieu de cette foule un étroit chemin qui traversait la cour entre ce double
rang de soldat cheminait lentement cahouté à chaque pavé cinq longues charrettes chargées d'hommees c'était les forçats qui Partaient ces charrettes étaient découvertes chaque cordon en occupait une les forçats étaient assis de côté sur chacun des bords adossés les uns aux autres séparés par la chaîne commune qui se développait dans la longueur du chariot et sur l'extrémité de laquelle un Argousin debout futil chargé tenait le pied on entendait bruire leur fer et à chaque secousse de la voiture on voyait sauter leurs têtees et balloter leurs jambes Pendantes une pluie fine et pénétrante glacçait l'air et collaient
sur leurs genoux leurs pantalons de toile de gris devenu noir leur longues Barb leurs cheveux courts ruisselaient leur visage étaient violet on les voyait greloter et le grincé de rage et de froid du reste pas de mouvement possible une fois arrivé à cette chaîne on est plus qu'une fraction de ce tout hideux qu'on appelle le cordon et qui se meut comme un seul homme l'intelligence doit abdiquer le Carquin du bagne la condamne à mort et quant à l'animal lui-même il ne doit plus avoir de besogne et d'appétit qu'à heure fixes ainsi immobile la plupart demiu
tête découverte et pieds ils commençaient leur voyage de 25 jours chargés sur les mêmes charrettes vêtus des mêmes vêtements pour le soleil à plomb de juillet et pour les froides pluies de novembre on dirait que les hommes veulent mettre le ciel de moitié dans leur office de Bourreau il s'était établi entre la foule et les charrettes je ne sais quel horrible dialogue injure d'un côté bravade de l'autre imprécation des deux parts mais à un signe du capitaine je vis les coups de bâton pleuvoir au hasard dans les charrettes sur les épaules ou sur les têtes
et tout rentra dans cette espèce de calme extérieur qu'on appelle l'ordre mais les yeux étaient pleins de vengeance et les points des Misérables Se crispaient sur leurs genoux les cinq charrettes escorté de gendarmes à cheval et d'argousins à pied disparurent successivement sous la haute porte Saint trée de bicère un 6iè les suivit dans laquelle ballotter pellmê les chaudières les gamelles de cuivre les chaînes de rechange quelques gardes chourm qui s'étaient attardés à la cantine sortirent en courant pour rejoindre leur escad la foule s'écoula tout ce spectacle s'évanouit comme une Fantasmagorie on entendit s'affaiblir par degrés
dans l'air le bruit lourd des roues et des pieds de chevaux sur la route pavé de Fontainebleau le claquement des fouets le cliqueti des chaînes et les hurlements du peuple qui souhaitait malheur au voyage des galériens et c'est là pour eux le commencement que me disait-il donc l'avocat les galères ah oui plutôt 1000 fois la mort plutôt l'échafaud que le bagne plutôt le néant que l'enfer plutôt Livrer mon coup au couteau du Guillotin qu'au carcan de la chourme les galères juste ciel chapitre 15 malheureusement je n'étais pas malade le lendemain il fallut sortir de l'infirmerie
le cachot me reprit pas malade en effet je suis jeune sain et fort le sang coule librement dans mes veines tous mes membres obéissent à tous mes caprices je suis robuste de corps et d'esprit constitué pour une longue vie oui tout Cela est vrai et cependant j'ai une maladie une maladie mortelle une maladie faite de la main des hommes depuis que je suis sorti de l'infirmerie il m'est venu une idée poignante une idée à me rendre fou c'est que j'aurais peut-être pu m'évader si l'on m'y avait laissé ces médecins ces sœurs de charité semblait prendre
intérêt à moi mourir si jeune et d'une telle mort on e dit qu'il me plaignait tant ils étaient empressés autour de mon Chevet bah curiosité et puis ces gens qui guérissent vous guérissent bien d'une fièvre mais non d'une sentence de mort et pourtant cela leur serait si fait une porte ouverte qu'est-ce que cela leur ferait plus de chance maintenant mon pourvoir sera rejeté parce que tout est en règle les témoins ont bien témoigné les plaideurs ont bien plaidé les juges ont bien jugé je n'y compte pas à moins Que non folie plus d'espérance le pourvoie
c'est une corde qui vous tient suspendu au-dessus de l'abîme et qu'on entend craquer à chaque instant jusqu'à ce qu'elle se casse c'est comme si le couteau de la guillotine mettait 6 semaines à tomber si j'avais ma grâce ah avoir ma grâce et par qui et pourquoi et comment il est impossible qu'on me fasse grâce l'exemple comme il disent je n'ai plus que trois pas à faire Bicère la Conciergerie la grève chapitre 16 pendant le peu d'heure que j'avais passé à l'infirmerie je m'étais assis près d'une fenêtre au soleil il avait reparu ou du moins recevant
du soleil tout ce que les grilles de la croisée m'en laissaient j'étais là ma tête pesante et embrasée dans mes deux mains qui en avaiit plus qu'elle n'en pouvait porter mes coutes sur mes genoux les pieds sur les barreaux de ma chaise car L'abattement fait que je me cours mais me replie sur moi-même comme si je n'avais plus ni eau dans les membres ni muscles dans la chair l'odeur étouffé de la prison me suffoquait plus que jamais j'avais encore dans l'oreille tout ce bruit de chaînne des galériens j'éprouvais une grande lacitude de bicère il me
semblait que le bon Dieu devait bien avoir pitié de moi et m'envoyer au moins un petit oiseau pour chanter là en face au bord Du toit je ne sais si ce fut le bon Dieu ou le démon qui m'exauça mais presque au même moment j'entendis s'élever sous ma fenêtre une voix non celle d'un oiseau mais bien mieux la voix pure fraîche veloutée d'une jeune fille de 15 ans je levais la tête comme en sursaut j'écoutais avidement la chanson qu'elle chantait c'était un air lent et langoureux une espèce de roucoulement triste et lamentable voici les Paroles
c'est dans la rue du maille où j'ai été coltigé maluré par trois coquins de rail l'irlonpha malurette sur mess s que ont foncé les rlonfa maluré je ne saurais dire combien fut mon désappointement la voix continua sur mes SIIC enfoncé maluré ils m'ont mis la tartouve l'irlonfa malurette grandmon est toulé l'irlonfem àuré dans mon triain rencontre l'irlonfem àurette un pèigre du quartier l'irlonpa maluré un pèigre du quartier maluré va-ten dire à Malargue l'irlonpa malurette que je suis enfiraillé l'irlonfa maluré malargue tout en colère l'irlonpa malurette dit qu'as-tu donc morphillé l'irlonfa maluré il me dit qu'as-tu
donc morphillé maluré j'ai fait suer un chêne ilirlonfemme àurette son Auberger enganté l'hirlonfemme àurée son Auberger satocante l'hirlonfemme àurette et ses attaches de C l'hirlonfa maluré et ses attaches de C maluré malarg part pour versaill l'hirlonfa malurette aux pied De Sa Majesté l'irlon femme àurée elle lui fonce une babillard l'IRL F malurette pour me faire défourrailler l'irlonfem maluré pour me faire défouriller maluré ah si j'en défourille l'irlonf malurette ma largue gentil frais l'irlonfem maluré je lu feris porter Fontange l'irlonfem malurette et soulier galuché l'irlonfa maluré et soulier galuché maluré mais grand d' qui se fâche
l'irlonfa malurette dit par mon caloqué l'irlfemme àurée je lu ferai Danser une danse l'irlfem où il n'y a pas de plancher llonfemme àuré je n'en ai pas entendu et n'aurais pu en entendre davantage le sens à demi compris et à demi caché de cette horrible complainte cette lutte du brigand avec le gay ce voleur qu'il rencontre et qu'il dépêche à sa femme cet épouvantable message j'ai assassiné un homme et je suis arrêté j'ai fait suer un chêne et je suis enfouraillé cette femme qui court à Versaill avec un placé et cette majesté qui s'indigne et
menace le coupable de lui faire danser la danse où il n'y a pas de plancher et tout cela chanté sur l'air le plus doux et par la plus douce voix qui ait jamais endormi l'oreille humaine j'en suis resté navré glacé anéanti c'était une chose repoussante que toutes ces monstrueuses paroles sortant de cette bouche vermeille fraîche on eût dit la bave d'une limasse sur une rose Je ne saurais rendre ce que j'éprouvais j'étais à la fois blessé et caressé le patoi de la caverne et du bagne cette langue ensanglantée et grotesque ce hideux argot marié à
une voix de jeune fille gracieuse transition de la voix d'enfant à la voix de femme tous ces mots diffores et malfaits chantés cadencés perlés ah qu'une prison est quelque chose d'infâme il y a un venin qui salit tout tout fléri même la chanson d'une fille de 15 ans vous y Trouvez un oiseau il a de la boue sur son aile vous y cueillez une jolie fleur vous la respirez elle pue chapitre 17 oh si je m'évadais comme je courrais à travers champ non il ne faudrait pas courir cela fait regarder et soupçonner au contraire marcher
lentement tête levée enchantant tâchez d'avoir quelques vieux sarau bleu à dessin rouge cela déguise bien tous les maréchés des environs Emportent je sais auprès d'Arcueil un Fouré d'arbre à côté d'un marais où étant au collège je venais avec mes camarades pêcher des grenouilles tous les jeudis c'est là que je me cacherai jusqu'au soir la nuit tombée je reprendrai ma course j'irai à Vincen non la rivière m'empêcherait j'irai à harpageon il aurait mieux valu prendre du côté de saintg et aller au Havre et m'embarquer pour l'Angleterre n'importe j'arrive à Longjumeau un gendarme passe il me demande
mon passeport ah je suis perdue ah malheureux rêveur brise donc d'abord le mur épis de trois pieds qui t'emprisonne la mort la mort quand je pense que je suis venu tout enfant ici à bissêre voir le grand puits et les fous chapitre 18 pendant que j'écrivais tout ceci ma lampe a pâ le jour est venu l'horloge de la chapelle a sonné six heures qu'est-ce Que ça veut dire le guichetier de garde vient d'entrer dans mon cachot il a ôté sa casquette m'a salué s'est excusé de me déranger et m'a demander en adoucissant de son mieux
sa Rud de voix ce que je désirais à déjeuner il m'a pris un frisson est-ce que ce serait pour aujourd'hui chapitre 19 c'est pour aujourd'hui le directeur de la prison lui-même vient de me rendre visite il m'a demandé en quoi il pourrait m'être agréable ou utile a Exprimer le désir que je n'eusse pas à me plaindre de lui ou de ses subordonnés s'est informé avec intérêt de ma santé et de la façon dont j'avais passé la nuit en me quittant il m'a appelé monsieur c'est pour aujourd'hui chapitre 20 il ne croit pas ce jolier que
j'ai à me plaindre de lui et de ses s-joliers il a raison ce serait mal à moi de me plaindre ils ont fait leur métier ils m'ont bien gardé et puis ils ont été polis à l'arrivée et au départ Ne dois-je pas être content ce bon jolier avec son sourire Bénin ses paroles carissantes son œil qui flatte et qui espionne c'estes gros et larges mains c'est la prison incarnée c'est bicet qui s'est fait homme tout est prison autour de moi je retrouve la prison sous toutes les formes sous la forme humaine comme sous la forme
de gris ou de verrou ce mur c'est de la prison en pierre cette porte c'est de la prison en bois ces guigetiers c'est de La prison en chair et en os la prison est une espèce d'être horrible complet indivisible moitié maison moitié homme je suis sa proie elle me couve elle m'enlasse de tous ses replis elle m'enferme dans ses murailles de granit me Caden sous ses serrures de fer et me surveille avec ses yeux de jolie ah misérable que vais-je devenir qu'est-ce qu'ils vont faire de moi chapitre 21 je suis calme maintenant tout est Fini
bien fini je suis sortie de l'horrible anxiété où m'avait jeté la visite du directeur car je l'avoue j'espérais encore maintenant dieu merci merci je n'espère plus voici ce qui vient de se passer au moment où 6h et demi sonnait non c'était l'avancart la porte de mon cachot s'est ouverte un vieillard telle blanche vêtu d'une redingote brune est entré il a entouvert sa redingote j'ai vu une soutane un rabat c'était un Prêtre ce prêtre n'était pas l'omonier de la prison cela était sinistre il s'est assis en face de moi avec un sourire bienveillant puis il a
secoué la tête et lever les yeux au ciel c'est-à-dire à la voûte du cachot je l'ai compris mon fils m'a-t-il dit êtes-vous préparé je lui ai répondu d' unee voix faible je ne suis pas préparé mais je suis prêt cependant ma vue s'est troublée une sueur glacée est sorti à la Fois de tous mes membres j'ai senti mes tempes se gonfler et j'avais les oreilles pleines de bourdonnement pendant que je vassillais sur ma chaise commeand dormi le bon vieillard parlait c'est du moins ce qu'il m'a sembléit et je crois me souvenir que j'ai vu ses
lèvres remuer ses mains s'agitées ses yeux reluir la porte s'est ouverte une seconde fois le bruit de verrou nous a arraché moi à ma stupeur lui à son Discours une espèce de Monsieur en habit noir accompagné du directeur de la prison s'est présenté et m'a salué profondément cet homme avait sur le visage quelque chose de la tristesse officielle des employés des pomes funèbres il tenait un rouleau de papier à la main monsieur m'a-t-il dit avec un sourire de courtoisie je suis hussier près de la cour royale de Paris j'ai l'honneur de vous apporter un message
de La part de Monsieur le Procureur général la première secouse était passée toute ma présence d'esprit m'était revenue c'est Monsieur le Procureur général lui ai-je répondu qui a demandé si instamment ma tête bien de l'honneur pour moi qu'il m'écrive père que ma mort lui va faire grand plaisir car il me serait dur de penser qu'il l'a sollicité avec tant d'ardeur et qu'elle lui était indifférente j'ai dit tout cela et j'ai repris d'une voix ferme lisez monsieur Il s'est mis à me lire un long texte en chantant à la fin de chaque ligne et en hésitant
au milieu de chaque mot c'était le rejet de mon pourvoie l'arrêt sera exécuté aujourd'hui en place de Grève a-t-il ajouté quand il a eu terminé sans lever les yeux de dessus son papier timbré nous partons à 7h30 précise pour la Conciergerie mon cher Monsieur aurez-vous l'extrême bonté de me suivre depuis quelques instants je ne L'écoutais plus le directeur causait avec le prêtre lui avait l'œil fixé sur son papier je regardais la porte qui était restée entrouverte ah misérable quatre fusiliers dans le corridor l'huissier a répéteré sa question en me regardant cette fois quand vous voudrez
lui ai-je répondu à votre aise il m'a salué en disant j'aurai l'honneur de venir vous chercher dans une demi-heure alors ils m'ont laissé seul un moyen de fuir mon Dieu un Moyen quelconque il faut que je m'évade il le faut sur le champ par les portes par les fenêtres par la charpente du toit quand même je devrais laisser de ma chè après les poutres oh rage démons malédiction il faudrait des mois pour percer ce mur avec de bons outils et je n'ai ni un clou ni une heure chapitre 22 de la Conciergerie me voici transféré
comme dit le procès verbal mais le voyage vaut la peine d'être compté 7h et demi Sonnait lorsque l'hissier s'est présenté de nouveau au seuil de mon cachot monsieur m'a-t-il dit je vous attends hélas lui et d'autres je me suis levé j'ai fait un pas il m'a semblé que je n'en pourrais faire un second tant ma tête était lourde et mes jambes faibles cependant je me suis remis et j'ai continué d'une allure assez ferme avant de sortir du cabanon j'y ai promené un dernier coup d'œil je l'aimais mon cachot puis je L'ai laissé vide et ouvert
ce qui donne à un cachot un air singulier au reste il ne le sera pas longtemps ce soir on y attend quelqu'un disaient les porte-clés un condamné c la cour d'ASS est en train de faire à l'heure qu'il est au détour du corridor l'omonier nous a rejoint il venait de déjeuner au sortir de la jaule le directeur m'a pris affectueusement la main et a renforcé mon escorte de quatre vétérans devant la porte de l'infirmerie un vieillard moribond m'a crié au Revoir nous sommes arrivés dans la cour j'ai respiré cela m'a fait du bien nous n'avons
pas marché longtemps à l'air une voiture attelée de chevaux de poste stationné dans la première cour c'est la même voiture qui m'avait amené une espèce de cabriolet au blond divisé en deux sections par une grille transversale de fil de fer si épaisse qu'on la dirait tricôée les deux sections ont chacune une porte l'une devant l'une derrière la cariole le tout Si sale si noir si poudreux que le corbillard des pauvres est un carrosse du sacre en comparaison avant de m'ensevelir dans cette tombe à deux roues j'ai jeté un regard dans la cour un de ces
regards désespérés devant lesquels il semble que les murs devraient couler la cour espèce de petite place plantée d'arbres était plus encombrée encore de spectateurs que pour les galériens déjà la foule comme le jour du Départ de la chaîne il tombait une pluie de la saison une pluie fine et glacée qui tombe encore à l'heure où j'écis qui tombera sans doute toute la journée qui durera plus que moi les chemins étaient effondrés la cour pleine de fange et d'eau j'ai eu plaisir à voir cette foule dans cette boue nous sommes montés l'huissier et un gendarme dans
le compartiment de devant le prêtre moi et un gendarme dans l'autre quatre gendarmes à cheval autour de la voiture Ainsi sans le postillon huit hommes pour un homme pendant que je montais il y avait une vieille aux yeux gris qui disait j'aime encore mieux cela que la chaîne je conçois c'est un spectacle qu'on embrasse plus aisément d'un coup d'œil c'est plutôt vu c'est tout aussi beau et plus commode rien ne vous distrait il n'y a qu'un homme et sur cet homme seul autant de misère que sur tous les forçats à la fois seulement cela est
moins éparpillé c'est une liqueur Concentrée bien plus savoureuse la voiture s'est ébranlée elle a fait un bruit sourd en passant sous la voûte de la grande porte puis à déboucher dans l'avenue et les lourds battants de bicère se sont refermés derrière elle je me sentais emporté avec stupeur comme un homme tombé en léthargie qui ne peut ni remuer ni crier et qui entend qu'on l'enterre j'écoutais vaguement les paquets de sonnettes pendu au cou des chevaux de poste sonné en Cadence et comme par quy les roues ferrées bruirent sur le pavé où cognait la caisse en
changeant d'ornière le Galot sonore des gendarmes autour de la cariole le fouet claquant du postillon tout cela me semblait comme un tourbillon qui m'emportait à travers le grillage d'un Judas percé en face de moi mes yeux s'étaient fixé machinalement sur l'inscription gravée en groses lettres au-dessus de la grande porte de Bicètre Hospice de la vieillesse tiens me disais-je il paraît qu'il y a des gens qui vieillissent là et comme on fait entre la veille et le sommeil je retournais cette idée en tout sens dans mon esprit engourdi de douleur tout à coup la cariole en
passant de l'avenue dans la grande route a changé le point de vue de la lucarne les tours de Notre-Dame sont venu s encadré bleu et à demi effacé dans la brume de Paris sur le champ le point de Vue de mon esprit a changé aussi j'étais devenu machine comme la voiture à l'idée de bicère a succédé l'idée des tours de Notre-Dame ceux qui seront sur la tour où est le drapeau verront bien me suis-je dit en souriant stupidement je crois que c'est à ce moment-là que le prêtre s'est remis à me parler je l'ai laissé
dire patiemment j'avais déjà dans l'oreille le bruit des roues le Galot des chevaux le fouet du postillon c'était un bruit de plus J'écouta en silence cette chute de paroles monotones qui assoupissait ma pensée comme le murmure d'une fontaine et qui passait devant moi toujours diverses et toujours les mêmes comme les ormaux tordus de la grande route lorsque la voix brève et saccadée de l'huissier placée sur le devant est venue subitement me secouer eh bien monsieur l'abbé disait-il avec un accent presque gai qu'est-ce que vous savez de nouveau C'est vers le prêtre qu'il se retournait en
parlant ainsi l'omonier qui me parlait sans relâche et que la voiture assourdissait n'a pas répondu eh eh a repris luhuissier en haussant la voix pour avoir le dessus sur le bruit des roues infale voiture infernale en effet il a continué sans doute c'est le chao on ne s'entend pas qu'est-ce que je voulais donc dire euh faites-moi le plaisir de m'apprendre ce que je voulais dire monsieur l'abbé ah Savez-vous la grande nouvelle de Paris aujourd'hui j'ai tressaill comme s'il parlait de moi non a dit le prêtre qui avait enfin entendu je n'ai pas eu le temps
de lire les journaux ce matin je verrai cela ce soir quand je suis occupée comme ça toute la journée je recommande aux portiers de me garder mes journaux et je les lis en rentrant bah reprit Luissier il est impossible que vous ne sachiez pas ça la nouvelle de Paris la nouvelle de ce Matin j'ai pris la parole je crois la savoir luisser m'a regardé vous vraiment en ce cas qu'en dites-vous vous êtes curieux lui ai-je dit pourquoi Monsieur a répliqué Lucier chacun a son opinion politique J trop pour croire que vous n'avez pas la vôtre
quant à moi je suis tout à fait d'avis du rétablissement de la garde nationale j'étais sergent de ma compagnie et ma fois c'était fort agréable je l'ai interrompu je ne croyais pas que ce fut De cela qu'il s'agissait et de quoi donc vous disiez savoir la nouvelle je parlais d'une autre dont Paris s'occupe aussi aujourd'hui l'imbécile n'a pas compris sa curiosité s'est éveillée une autre nouvelle où diable avez-vous pu apprendre des nouvelles laquelle de grâce mon cher Monsieur savez-vous ce que c'est Monsieur l'abbé êtes-vous plus au courant que moi ah mettez-moi au Faé je vous
pris de quoi s'agit-il voyez-vous j'aime les Nouvelles je les compte à monsieur le Président et cela m'amuse et mil biveusé il se tournait tour à tour vers le prêtre et vers moi et je ne répondais qu'en haussant les épaules e bien m'a-t-il dit à quoi pensez-vous donc je pense aije répondu que je ne penserai plus ce soir ah c'est cela a-t-il répliqué allons vous êtes trop triste monsieur Castin causé puis après un silence j'ai conduit monsieur Papavoine il avait sa casquette de L'outre et fumé son cigar quant aux jeunes gens de La Rochelle il ne
parlait qu'entre eux mais il parlait il a fait encore une pause et a poursuivi des fous des enthousiastes ils avaient l'air de mépriser tout le monde pour ce qui vous je vous trouve vraiment bien pensif jeune homme jeune homme lui ai-je dit je suis plus vieux que vous chaque quart d'heure qui s'écoule me vieillit d'une année il s'est retourné m'a regardé quelques minutes avec un étonnement Inepte puis s'est mis à ricaner lourdement allez vous voulez rire plus vieux que moi je serai votre grand-père je ne veux pas rire lui ai-je répondu gravement il a ouvert
sa tabatière tenez cher monsieur ne vous fâchez pas une prise de bas et ne me gardez pas rencune n'ayez pas peur je n'auraai pas longtemps à vous la garder en ce moment sa tatière qu'il me tendait a rencontré le grillage qui nous séparait un chao a Fait qu'elle l'a heurté assez violemment et est tombée tout ouverte sous les pieds du gendarme maudit grillage s'est écrié l'huissier il s'est tournit vers moi e bien ne suis-je pas malheureux tout mon tabac est perdu je perds plus que vous aije répondu en souriant il a essayé de ramasser son
tabac en gromelant entre ses dents plus que moi ah c'est facile à dire pas de tabac jusqu'à Paris c'est Terrible l'omonier alors lui a adressé quelques paroles de consolation et je ne sais si j'étais préoccupé mais il m'a semblait que c'était la suite de l'exhortation dont j'avais vu le commencement peu à peu la conversation s'est engagée entre le prêtre et l'huissier je les ai laissé parler de leur côté et je me suis mis à penser du mien en abordant la barrière j'étais toujours préoccupé sans doute mais Paris m'a paru Faire un plus grand bruit qu'à
l'ordinaire la voiture s'est arrêtée à un moment devant l'OC TR les douaniers de ville l'ont inspecté si c été un mouton ou un bœuf qu'on eû mené à la boucherie il aurait fallu leur jeter une bourse d'argent mais une tête humaine ne P pas de droit nous avons passé le boulevard franchi la cariole s'est enfoncée au grand trot dans ses vieilles rues tueuse du faubourg Saint-Marceau et de la cité qui serpente et s'entrecoupe Comme les mille chemins d'une fourmilière sur le pavé de ces rue étroite le roulement de la voiture est devenu si bruyant et
si rapide que je n'entendais plus rien du bruit extérieur quand je jetais les yeux par la petite lucarne carrée il me semblait que le flot des passants s'arrêtait pour regarder la voiture et que des bande d'enfants couraient sur sa trace il m'a semblait aussi voir de temps en temps dans les carfours ça et là un homme ou Une vieille en haillon quelquefois les deux ensemble tenant en main une liass de feuilles imprimées que les passants se disputaient en ouvrant la bouche comme pour un grand cri 8h et demi sonnit à l'horloge du palais au moment
où nous sommes arrivé dans la cour de la Conciergerie la vue de ce grand escalier de cette noire chapelle de ces guichets sinistres m'a glacé quand la voiture s'est arrêtée j'ai cru que les battements de mon cœur Allaiit s'arrêter aussi j'ai recueilli mes forces la porte s'est ouverte avec la rapidité de l'éclair j'ai sauté au bas du cachot roulant et je me suis enfoncée à grand pas sous la voûte entre de et de soldats il s'était déjà formé une foule sur mon passage chapitre 23 tant que j'ai marché dans les galeries publiques du Palais de
Justice je me suis sentie presque libre et à l'aise Mais toute ma résolution m'a abandonné quand on a ouvert devant moi des portes basses des escaliers secrets des couloirs intérieurs de longs corridors étouffés et sourds où il n'entrre que ceux qui condamnent ou ceux qui sont condamné l'huissier m'accompagnait toujours le prêtre m'avait quitté pour revenir dans 2hures il avait ses affairirees on m'a conduit au cabinet du directeur entre les mains duquel Lhuissier m'a remis c'est éit un échange Le directeur l'a priaé d'attendre un instant lui annonçant qu'il allait avoir du gibier à lui remettre afin
qu'il le conduisit sur le champ à bicettre par le retour de la cariole sans doute le condamné d'aujourd'hui celui qui doit coucher ce soir sur la botte de paille que je n'ai pas eu le temps d'user c'est bon a dit louissier au directeur je vais attendre un moment nous ferons les deux procès verbaux à la Fois ça s'arrangera bien en en attendant on m'a déposé dans un petit cabinet attenant à celui du directeur là on m'a laissé seul bien verrouillé je ne sais à quoi je pensais ni depuis combien de temps j'étais là quand un
brusque et violent éclat de rire à mon oreille m'a réveillé de ma rêverie j'ai levé les yeux en tressaillant je n'étais plus seul dans ma cellule un homme s'est trouvé avec moi un homme d'environ 55 ans de moyenne Taille ridé é grisonnant à membres trapu avec un regard louche dans des yeux gris un rire amer sur le visage sale enenille demiu repoussant à voir il paraît que la porte s'était ouverte l'avait vomi puis s'était refermé sans que je m'en fusse aperçu si la mort pouvait venir ainsi nous nous sommes regarder quelques secondes fixement l'homme et
moi lui plongeant son rire qui ressemblait à un Râ moi demi étonné demi Effrayé qui êtes-vous lui ai-je dit enfin drôle de demande a-t-il répondu un frioche un frioche qu'est-ce que ça veut dire cette question a redoublé sa gaeteté eh ça veut dire s'est-il écrié au milieu d'un éclat de rire que le tô jouera au Panis avec ma Sorbonne dans 6 semaines comme il va faire avec ta tronche dans 6h il paraît que tu comprends maintenant un effet j'étais pâle et mes cheveux se dressaient c'était l'autre condamné le condamné du Jour celui qu'on attendait à
bisêre mon héritier il a continué que veux-tu voilà mon histoire à moi je suis fils d'un bon pègre c'est dommage que Charlot ait pris la peine un jour de lui attacher sa cravate c'était quand régnait la potence par la grâce de Dieu à 6 ans je n'avais plus ni père ni mère l'été je faisais la roue dans la au bord des routes pour qu'on me jetâ un sou par la portière des chaises de poste l'hiver j'allais pieds nus dans la boue En soufflant dans mes doigts tout rouges on voyait mes cuisses à travers mon pantalon
à ans j'ai commencé à me servir de mes louches de temps en temps je vidais une fouillous je filai une pelure à 10 ans j'étais un marlou puis j'ai fait des connaissances à 17 ans j'étais un grinche je forçais une boutanche je faisais une tournante on m'a pris j'avais la on m'envoyait ramer dans la petite Marine le bagne c'est dur coucher sur une planche boire de l'eau claire Manger du pain noir traîner un imbécile de boulet qui ne sert à rien des coups de bâton et des coups de soleil avec cela on est tondu et
moi qui avais de beaux cheveux châtins n'importe j'ai fait mon temps 15 ans cela s'arrache j'avais 32 ans un beau matin on me donna une feuille de route et 66 francs que je métais amassé dans mes 15 ans de galère en travaillant 16 heures par jour 30 jours par mois et 12 mois par année c'est égal je voulais être honnête homme Avec mes 66 francs et j'avais de plus beaux sentiments sous mes guenilles qu'il n'y en a sous une serpière de ratichon mais que les diables soient avec leur passeport il était jaune et on avait
écrit dessus forçat libéré il fallait montrer cela partout où je passais et le présenter tous les h jours aux m du village où l'on me forçait de tapiquer la belle recommandation un galérien je faisais peur et les petits enfants se sauvaient et il l'ont fermé Les portes personne ne voulait me donner d'ouvrage je mangeais mes 66 francs et puis il fallut vivre je montrai mes bras bons au travail on ferma les portes j'offris ma journée pour 15 sous pour 10 sous pour 5 sous point que faire un jour j'avais faim je donnais un coup de
coude dans le carreau d'un boulanger j'empoignais un pain et le boulanger m'empoigna je ne mangeais pas le pain et j'us les galères à perpétuité avec trois lettres de feu sur l'épaule je te Montrerai si tu veux on appelle cette justice là la récidive me voilà donc cheval de retour on me mit à Toulon cette fois avec les bonnets verts il fallait m'évader pour cela je n'avais que trois murs à percer deux chaînes à coup et j'avais un clou je m'évadais on tira le canon d'alerte car nous autres nous sommes comme les cardinaux de Rome habillés
de rouge et on tire le canon quand nous partons leur poudre alla au moineau cette fois pas de passeport Jaune mais pas d'argent non plus je rencontrai des camarades qui avaient aussi fait leur temps ou cassé leur ficelles leur coir me proposa d'être des l'heur on faisait la grande soulacee sur le trimard j'acceptais et je me mis à tuer pour vivre c'était tantôt une diligence tantôt une chaise de poste tantôt un marchand de bœf à cheval on prenait l'argent on laissait aller au hasard la bête ou la voiture et l'on enterrait l'homme sous un arbre
en ayant Soin que les pieds ne sortissent pas et puis on dansait sur la fosse pour que la terre ne parut pas fraîchement remuée j'ai vieilli comme cela gitant dans les boussailles dormant au belles étoiles traqué de bois en bois mais du moins libre et à moi et tout à une fin et autant celle-là qu'une autre les marchands de laassée une belle nuit nous ont pris au collet mais fanandel se sont sauvé mais moi le plus vieux je suis resté sous la grive de ces chats à Chapeau galonné on m'a amené ici j'avais déjà passé
par tous les échelons de l'échelle excepté un avoir volé un mouchoir ou tué un homme c'était tout un pour moi désormais il y avait encore une récidive à m'appliquer je n'avais plus qu'à passer par le faucheur mon affaire a été courte ma fois je commençais à vieillir et à n'être plus bon à rien mon père a épousé la veuve et moi je me retire à l'abaye de mon t regret VO voilà Camarade j'étais resté stupide en l'écoutant il s'est remis à rire plus haut encore en commençant et a voulu me prendre la main j'ai reculé
avec horreur l'amie m'a-t-il dit tu n'as pas l'air brave ne va pas faire le singe devant la Carline vois-tu il y a un mauvais moment à passer sur la placarde mais cela est côt fait je voudrais être là pour te montrer la culbute mille Dieu j'ai envie de ne pas me pourvoir si l'on veut me Fauch aujourd'hui avec toi le même Prêtre nous servira à tous deux ça m'est égal d'avoir tes restes tu vois que je suis un bon garçon hein dis veux-tu d'amitié il a encore fait un pas pour s'approcher de moi monsieur lui
ai-je répondu en le repoussant je vous remercie nousveau écladrir à ma réponse ah Monsieur vousêtes un marquis c'est un marquis je l'ai interrompu mon ami j'ai besoin de me recueillir c'est moi la gravité de ma parole l'a rendu pensif tout à coup il a remué sa tête grise et Presque chauve puis creusant avec ses ongles sa poitrine velue qui soffrait sous sa chemise ouverte je comprends a-t-il murmuré entre ses dents au fait le sanglier puis après quelques minutes de silence tenez m'a-t-il dit presque timidement vous êtes un marquis c'est fort bien mais vous avez là
une belle redingote qui ne vous servira plus à Grand- chose le tô la prendra donnez-la moi je la vendrai pour avoir du tabac J'ai ôté ma redingote et je la lui ai donné il s'est mis à battre des mains avec une joie d'enfant puis voyant que j'étais en chemise et que je grelotais vous avez froid monsieur mettez ceci il pleut et vous seriez mouillé et puis il faut être décemment sur la charrette en parlant d's il ottait sa grosse veste de laine grise et la passer dans mes bras je le laissais faire alors j'ai été
m'appuyer contre le mur et je ne saurais dire quel effet me Faisait cet homme il s'était mis à examiner la redingote que je lui avait donné et poussé à chaque instant des cris de joie les poches sont toutes neuves le collet n'est pas usé j'en aurai au moins 15 francs quel bonheur du tabac pour mes 6 semaines la porte s'est rouverte on venait nous chercher tous deux moi pour me conduire à la chambre où les condamnés attendent l'heure lui pour le mener à Bicêtre il s'est placé en riant Au milieu du piquet qui devait l'emmener
et il disait au gendarme ah ça ne vous trompez pas nous avons changé de pelure monsieur et moi mais ne me prenez pas à sa place diable cela ne m'arrangerait pas maintenant que j'ai de quoi avoir du tabac chapitre 24 ce vieux séléra il m'a pris ma redingote car je ne la lui ai pas donné et puis il m'a laissé cette guenille sa veste infâme de qui vais-je avoir l'air je ne lui ai pas laissé prendre ma Redinguante par insoucience ou par charité non mais parce qu'il était plus fort que moi si j'avais refusé il
m'aurait battu avec ses gros points ah bien oui charité j'étais plein de mauvais sentiments j'aurais voulu pouvoir l'étrangler de mes mains le vieux voleur pouvoir le piler sous mes pieds je me sens le cœur plein de rage et d'amertume je crois que la poche au fiel a crevé la mort rend méchant chapitre 25 ils m'ont amené dans une cellule où il n'y a que les quatre murs avec beaucoup de barreaux à la fenêtre et beaucoup de verrous à la porte cela va sans dire j'ai demandé une table une chaise et ce qu'il faut pour écrire
on m'a apporté tout cela puis j'ai demandé un lit le guichetier m'a regardé de ce regard étonné qui semble dire à quoi bon cependant ils ont dressé un de sangle dans le coin mais en même temps un gendarme est venu s'installer dans ce Qu'ils appellent ma chambre est-ce qu'ils ont peur que je ne m'étrangle avec le matelas chapitre 26 il est 10h oh ma pauvre fille encore 6 he et je serai mort je serai quelque chose d'immonde qui traînera sur la table froide des amphithéâtre une tête qu'on moulera d'un côté un Tron qu'on dissèquera de
l'autre puis de ce qui restera on en mettra plein une bière et le tout ira à clamard voilà ce qu'ils vont faire de ton père Ces hommes dont aucun ne me ha qui tous me plaignent et tous pourrai me sauver ils vont me tuer comprends-tu cela Marie me tuer de sang frroid en cérémonie pour le bien de la chose ah grand dieu pauvre petite ton père qui t'aimait tant ton père qui baisait ton petit coup blanc et parfumé qui passait la main sans cesse dans les boucle de tes cheveux comme sur de la soie qui
prenait ton joli visage rond dans sa main qui te faisait sauter sur ses genoux et le soir Joignait tes deux petites mains pour prier Dieu qui est-ce qui te fera tout cela maintenant qui est-ce qui t'aimera tous les enfants de ton â auront des pères excepté toi comment te déshabitueras-tu mon enfant du jour de l'an des étraines des beaux joujou des bonbons et des baisés comment te déshabitueras-tu malheureuse orpheline de boire et de manger ah si ces jurés l'avaient vu au moins ma jolie petite Marie ils auraient Compris qu'il ne faut pas tuer le père
d'un enfant de 3 ans et quand elle sera grande si elle va jusque là que deviendra-t-elle son père sera un de ses souvenirs du peuple de Paris elle rougira de moi et de mon nom elle sera méprisée repoussée ville à cause de moi de moi qui l'aime de toutes les trendresses de mon cœur oh ma petite Marie bien-aimée est-il bien vrai que tu auras honte et horreur de moi misérable quel crime j'ai commis et quel crime je Fais commettre à la société ah est-il bien vrai que je vais mourir avant la fin du jour est-il
bien vrai que c'est moi ce bruit sourd de cris que j'entends au dehors ce flot de peuple joyeux qui déjà se hâte sur les quais ces gendarmes qui s'apprêtent dans leur caserne se prête en robe noire cet autre homme aux mains rouges c'est pour moi c'est moi qui vais mourir moi le même qui est ici qui vit qui se meut qui respire qui est assis à cette table Laquelle ressemble à une autre table et pourrait aussi bien être ailleurs moi enfin ce moi que je touche et que je sens et dont le vêtement fait les
plis que voilà chapitre 27 encore si je savais comment cela est fait et de quelle çon on meurt là-dessus mais c'est horrible je ne le sais pas le nom de la chose est effroyable et je ne comprends point comment j'ai pu jusqu'à présent l'écrire et le prononcer la Combinaison de ces 10 lettres leur aspect leur physionomie est bien faite pour réveiller une idée épouvantable et le mdecin de malheur qui a inventé la chose avait un nom prédestiné l'image que j'y attache à ce mot hideux et vague indéterminé et d'autant plus sinistre chaque syllabe et comme
une pièce de la machine j'en construis et j'en démolis sans cesse dans mon esprit la monstrueuse charpente je n'ose faire une question Là-dessus mais il est affreux de ne savoir ce que c'est ni comment s'y prendre il paraît qu'il y a une bascule et qu'on vous couche sur le ventre ah mes cheveux blanchiront avant que ma tête ne tombe chapitre 28 je l'ai cependant entrevu une fois je passais sur la place de Grève en voiture un jour vers 11h du matin tout à coup la voiture s'arrêta il y avait foule sur la place je mis
la tête à la portière une Populace encombrait la grève et le quai et des femmes des hommes des enfants étaient debout sur le parapet au-dessus des têtes on voyait une espèce d''estrade en bois rouge que trois hommes échaaudaient un condamné devait être exécuté le jour même et l'on bâtissait la machine je détournais la tête avant d'avoir vu à côté de la voiture il y avait une femme qui disait à un enfant tiens regarde le couteau coule mal ils vont graisser la rénure Avec un bout de chandelle c'est probablement là qu'ils en sont aujourd'hui 11h viennent
de sonner ils graissent sans doute la reinure ah cette fois malheureux je ne détournerai pas la tête chapitre 29 oh ma grâce Ma Grâce on me fera peut-être grâce le roi m'en veux pas qu'on aille chercher mon avocat vite l'avocat je veux bien des galères 50 galères et que tout soit dit ou 20 ans ou à perpétuité avec le fer rouge mais Grâce de la vie un forçat cela marche encore cela va et vient cela voit le soleil chapitre 30 le prêtre est revenu il a des cheveux blancs l'air très doux une bonne et respectable
fille figure c'est en effet un homme excellent et charitable ce matin je l'ai vu vider sa bourse dans les mains des prisonniers d'où vient que sa voix n'a rien qui émeuve et qui soit immu d'où vient qu'il ne m'a rien dit encore qui m'é prie par l'intelligence ou par le Cœur ce matin j'étais égaré j'ai à peine entendu ce qu'il m'a dit cependant ces paroles m'ont semblé inutiles et je suis resté indifférent elles ont glissé comme cette pluie froide sur cette vitre glacée cependant quand il est rentré tout à l'heure près de moi sa vue
m'a fait du bien c'est parmi tous ces hommes le seul qui soit encore homme pour moi me suis-je dit et il m'a pris une ardente soif de bonnes et consolantes Paroles nous nous sommes assis lui sur la chaise moi sur le lit il m'a dit mon fils ce mot m'a ouvert le cœur il a continuer mon fils croyez-vous en Dieu oui mon père lui aije répondu croyez-vous en la sainte Église catholique apostolique et romaine volontiers lui ai-je dit mon fils a-t-il repris vous avez l'air de douter alors il s'est mis à parler il a parlé
longtemps il a dit beaucoup de paroles puis quand il a cru avoir fini Il se levait et m'a regardé pour la première fois depuis le commencement de son discours en m'interrogeant et bien je proteste que je l'avais écouté avec avidité d'abord puis avec attention puis avec dévouement je me suis levé aussi monsieur lui ai-je répondu laissez-moi seul je vous prie il m'a demandé quand reviendrai-je je vous le ferai savoir alors il est sorti sans colère mais en haochant la tête comme se disant lui-même un Impit non si bas que je sois tombé je ne suis
pas un P et Dieu m témoin que je croise en lui mais que m'a-t-il dit ce vieillard rien de senti rien d'attendri rien de pleurer rien d'arraché de l'âme rien qui vint de son cœur pour aller au mien rien qui Fû de lui à moi au contraire je ne sais quoi de vague d'inaccentué d'applicable à tout et à tous emphatique où il eû été besoin de profondeur plat où il eû fallu être Simple une espèce de sermon sentimental et d'élégie théologique c'est là une citation latine en latin saintaugustin saint grrégoire que sais-je et puis il
avait l'air de réciter une leçon déjà 20 fois récitée de repasser un thème oblitéré dans sa mémoire à force d'être su pas un regard dans l'œil pas un accent dans la voix pas un geste dans les mains et comment en serait-il autrement ce prêtre est l'omonier en titre de la prison son état est de Consoler et d'exhorter et il vit de cela les forçat les patients sont du sort de son éloquence il les confesse et les assiste parce qu'il a sa place à faire il a vieilli à mener des hommes mourir depuis longtemps il est
habitué à ce qui fait frissonner les autres ses cheveux bien poudrés à blanc ne se dressent plus le bagne et l'échafaud sont de tous les jours pour lui il est blasé probablement il a son cahier telle page les galériens telle page les Condamnés à mort on l'avertit la veille qu'il y aura quelqu a consolé le lendemain à telle heure il demande ce que c'est galérien ou supplicier et relit la page et puis il vient de cette façon il advient que ceux qui vont à Toulon et ceux qui vont à la grève sont un lieu commun
pour lui et qu'il est un lieu commun pour eux oh qu'on m'aille donc au lieu de cela chercher quelques jeune vicaire quelqu vieux curé au hasard dans la première paroisse venue Qu'on le prenne au coin de son feu lisant son livre et ne s'attendant à rien et qu'on lui lui disent il y a un homme qui va mourir et il faut que ce soit vous qui le consoliez il faut que vous soyez là quand on lui lira les mains là quand on lui coupera les cheveux que vous montiez dans sa charrette avec votre crucifis pour
lui cacher le bourreau que vous soyez cahoté avec lui par le pavé jusqu'à la grève que vous traversiez avec lui l'horrible Foule buveuse de sang que vous l'embrassiez au pieds de l'échafaud et que vous restiez jusqu'à ce que la tête soit ici et le corps là alors qu'on me l'amène tout palpitant tout frissonnant de la tête au pied qu'on me jette entre ses bras à ses genoux et il pleurera et nous pleurerons et il sera éloquent et je serai consolé et mon cœur se dégonflera dans le sien et il prendra mon âme et je prendrai
son Dieu mais ce bon vieillard qu'est-il Pour moi que suis-je pour lui un individu de l'espèce malheureuse une ombre comme il en a déjà tant vu une unité à au chiffre des exécutions j'ai peut-être tort de le repousser ainsi c'est lui qui est bon et moi qui suis mauvais hélas ce n'est pas ma faute c'est mon souffle de condamné qui gâte et flétrit tout on vient de m'apporter de la nourriture ils ont cru que je devais avoir besoin une table délicate et Recherchée un poulet il me semble et autrees chose encore et bien j'ai essayé
de manger mais à la première bouchée tout est retombé de ma bouche tant cela m'a parut amer et fétide chapitre 31 il vient d'entrer un monsieur le chapeau sur la tête qui m'a à peine regardé puis a ouvert un pied de roi et s'est mis à mesurer de bas en haut les pierres du mur parlant d'une voix très haute pour dire tantôt c'est cela tantôt ce n'est pas cela j'ai Demandé au gendarmes qui c'était il paraît que c'est une espèce de sous-architecte employé à la prison de son côté sa curiosité s'est éveillée sur mon compte
il échangé quelques demi-mots avec le porte-clé qui l'accompagnait puis il a fixé un instant les yeux sur moi a secouer la tête d'un air insouciant et s'est remis à parler à haute voix et à prendre des mesures sa besogne fini il s'est approché de moi en me disant avec sa voix éclatante mon bon Ami dans 6 mois cette prison sera beaucoup mieux et son geste S ajouter vous n'en jouirez pas c'est dommage il souriait presque j'ai cru voir le moment où il allait me railler doucement comme on plaisante une jeune mariée le soir de ses
noces mon gendarme vieux soldat à chevron s'est chargé de la réponse monsieur lui a-t-il dit on ne parle pas si haut dans la chambre d'un mort l'architecte s'en est allé moi J'étais là comme une des pierres qu'il mesurait chapitre et puis il m'est arrivé une chose ridicule on est venu relever mon bon vieux gendarme auquel ingrat égoïste que je suis je n'ai seulement pas serré la main un autre la remplacé homme à front déprimé des yeux de bœuf une figure inepte au reste je n'y avais fait aucune attention je tournai le dos à la porte
assis devant la table je tâchai de rafraîchir mon front avec ma main et mes Pensées troublaient mon esprit un léger coup frappé sur mon épaule m'a fait tourner la tête c'était le nouveau gendarme avec qui j'étais seul voici à peu près de quelle façon il m'aadressé la parole criminel avez-vous bon cœur non lui ai-je dit la brusquerie de ma réponse apparu le déconcerté cependant il a repris en hésitant on n'est pas méchant pour le plaisir de l'être pourquoi non ai-je Répliqué si vous n'avez que a me dire laissez-moi où voulez-vous en venir pardon mon criminel
a-t-il répondu deux mots seulement voici si vous pouviez faire le bonheur d'un pauvre homme et que cela ne vous coûte à rien est-ce que vous ne le feriez pas j'ai houssé les épaules est-ce que vous arrivez de Charenton choisissez un singulier vase pour ypuiser du bonheur moi faire le bonheur de quelqu'un il a baissé la voix et pris Un air mystérieux ce qui n'allait pas à sa figurine idiote oui criminel oui bonheur oui fortune tout cela me sera venu de vous voici je suis un pauvre gendarme le service est lourd la paye est légère mon
cheval est à moi et me ruine or je mets à la loterie pour contrebalancer il faut bien avoir une industrie jusqu'ici il ne m'a manqué pour gagner que d'avoir de bons numéros j'en cherche partout de sûr je tombe toujours à côté je mets le 76 Il sort le 77 j'ai beau les nourrir ils ne viennent pas un peu de patience s'il vous plaît je suis à la fin or voici une belle occasion pour moi il paraît pardon criminel que vous passez aujourd'hui il est certain que les morts qu'on fait périr comme cela voit la loterie
d'avance promettez-moi de venir demain soir qu'est-ce que ça vous fait hein me donne trois numéros trois bon hein je n'ai pas peur des revenants soyez tranquilles voici mon adresse caserne Paupe un coup escalier a numéro 26 au fond du corridor vous me reconnaîtrez bien n'est-ce pas venez même ce soir si cela vous est plus commode j'aurais dédaigné de lui répondre à cet imbécile si une espérance folle ne m'avait traversé l'esprit dans la position désespérée où je suis on croit par moment qu'on briserait une chaîne avec un cheveux écoute lui ai-je dit en faisant le comédien
autant que le peut faire Celui qui va mourir je puis en effet te R vendre plus riche que le roi de faire gagner des millions à une condition il ouvrait des yeux stupides laquelle laquelle tout pour vous plaire mon criminel au lieu de trois numéros je t'en promets quatre change d'habit avec moi si ce n'est que cela sil écrié en défaisant les premières agrafes de son uniforme je m'étais levé de ma chaise j'observais tous ces mouvements mon cœur Palpité je voyais déjà les portes s'ouvrirent devant l'uniforme de gendarme et la place et la rue et
le palais de justice derrière moi mais il s'est retourné d'un air indécis ah ça c'est pas pour sortir d'ici hein j'ai compris que tout était perdu cependant j'ai tenté un dernier effort bien inutile et bien insensé si fait lui ai-je dit mais ta fortune est faite il m'a interrompu ah bien non tiens et mes numéros pour qu'il soit bon il faut que Vous soyez mort je me suis rassis mué et plus désespéré de toute l'espérance que j'avais eu chapitre 33 j'ai fermé les yeux et j'ai mis les mains dessus et j'ai tâché d'oublier d'oublier le
présent dans le passé tandis que je rêve les souvenirs de mon enfance et de ma jeunesse me reviennent un à un doux calme riant comme des îles de fleurs sur ce gouffre de pensée noir et confuse qui tourbillonne dans mon Cerveau je me revois enfant écolier rieur et frrais jouant courant criant avec mes frères dans la Grande Allée verte de ce jardin sauvage où ont coulé mes premières années ancien enclos de religieuse que domine de sa tête de plomb le sombre dôme du Val de Grâce et puis 4 ans plus tard m'y voilà encore toujours
enfant mais déjà rêveur et passionné il y a une jeune fille dans le solitaires jardin la petite espagnol avec ses grands yeux et ses grands Cheveux sa peau brune et dorée ses lèvres rouges et ses joues roses l'andalouse de 14 ans Peppa nos mères nous ont dit d'aller courir ensemble nous sommes venus nous promener on nous a dit de jouer et nous causons enfant du même âge non du même sexe pourtant il n'y a encore qu'un an nous courons nous luttions ensemble je disputais à Pépita la plus belle pomme du pommier je la frappa pour
un nid d'oiseau elle pleurait je disais c'est bien fait et Nous allions tous deux nous plaindre ensemble à nos mères qui nous donnaient tort tout haut et raison tout bas maintenant elle s'appuie sur mon bras et je suis tout fier et tout ému nous marchons lentement nous parlons bas elle laisse tomber son mouchoir je le lui ramasse nos mains tremblent en se touchant elle me parle des petits oiseaux de l'étoile qu'on voit là-bas du couchant vermeil derrière les arbres ou bien de ses amis de pension de sa robe Et de ses rubans nous disons des
choses innocentes et nous rougissons tous deux la petite fille est devenue jeune fille ce soir-là c'était un soir d'été nous étions sous les Maronniers au fond du jardin après un de ces longs silences qui remplissaient nos promenades elle quitta tout à coup mon bras et me dit courons je la vois encore elle était tout en noir en deuil de sa grand-mère il lui passa par la tête une idée d'enfant Peppa redevint Pépita elle me Dit courons et elle se mit à courir devant moi avec sa taille fine comme le corsé d'une abeille et ses petits
pieds qui relevaient sa robe jusqu'à mi-jambe je la poursuivis elle fuyait le vent de sa course soulevait par moment sa pèlerine noire et me laissait voir son dos brun et frais j'étais hors de moi je l'atteignis près du vieux puisard en ruine je la pris par la ceinture du droit de victoire et je la fis assoir sur un ban de gazon elle ne résista pas Elle était essoufflée et riait moi j'étais sérieux et je regardais ses prunelles noir à travers ces ciles noir asseyez-vous là me dit-elle il fait encore grand jour lisons quelque chose avez-vous
un livre j'avais sur moi le tome I des voyages de Spalanzani j'ouvris au hasard je me rapprochai d'elle elle appuya son épaule à mon épaule et nous nous mimmes à lire chacun de notre côté tout bas la même page avant de tourner le feuiller elle était Toujours obligé de m'attendre mon esprit allait moins vite que le sien avez-vous fini me disait-elle que j'avais à peine commencé cependant nos têtes se touchaient nos cheveux se mêlaient nos haleines peu à peu se rapprochèrent et nous bouche tout à coup quand nous voulûmes continuer notre lecture le ciel était
étoilé oh maman maman dit-elle en rentrant si tu savais comme nous avons couru moi je gardais le silence tu ne dis rien me dit ma mère tu as l'air Triste j'avais le paradis dans le cœur c'est une soirée que je me rappellerai toute ma vie toute ma vie chapitre 34 une heure vient de sonner je ne sais laquelle j'entends mal le marteau de l'horloge il me semble que j'ai un bruit d'orgue dans les oreilles ce sont mes dernière pensée qui bourdonne à ce moment suprême où je me recueille dans mes souvenirs j retrouve mon crime
avec horreur mais je voudrais Me repentir davantage encore j'avais plus de remords avant ma condamnation depuis il semble qu'il n'y ait plus de place que pour les pensées de mort pourtant je voudrais bien me repentir beaucoup quand j'ai rêvé une minute à ce qu'il y a de passé dans ma vie et que j'en reviens au coup de hache qui doit la terminer tout à l'heure je frissonne comme d'une chose nouvelle ma belle enfance ma belle jeunesse étof dorée dont l'extrémité est sanglante entre Alors et à présent il y a une rivière de sang le sang
de l'autre et le le mien si on lit un jour mon histoire après tant d'années d'innocence et de bonheur on ne voudra pas croire à cette année exécrable qui s'ouvre par un crime et se clot par un supplice elle aura l'air dépareillée et pourtant misérable loi et misérables hommes je n'étais pas un méchant oh mourir dans quelques heures et penser qu'il y a un an à pareil jour j'étais Libre et pur que je faisais mes promenades d'automne que j'éis sous les arbres et que je marchais dans les feuilles chapitre 35 en ce moment même il
y a tout autour de moi dans ces maisons qui font cercle autour du palais et de la grève et partout dans Paris des hommes qui vont et qui viennent causent et ri lisent le journal pensent à leurs affaires des marchands qui vendent des jeunes filles qui préparent leur robe de bal pour ce Soir des mères qui jouent avec leurs enfants chapitre 36 je me souviens qu'un jour étant enfant j'allais voir le bourdon de Notre Dame j'étais déjà engourdi d'avoir monté le sombre escalier en colimaçon d'avoir parcouru la fraise galerie qui liit les deux tours d'avoir
eu Paris sous les pieds quand j'entrai dans la cage de pierre et de charpent où pend le bourdon avec son Battan qui pèse un millier J'avançai en tremblant sur les planches maljointes regardant à distance cette cloche si fameuse parmi les enfants et le peuple de Paris et ne remarquant pas sans effroi que les ha vents couverts d'ardoise qui entourent le clocher de leurs plans inclinés étaient au niveau de mes pieds dans les intervalles je voyait en quelque sorte à vol d'oiseau la place du parvis Notre-Dame et les passant comme Des fourmis tout à coup l'énorme
cloche teintta une vibration profonde remue à l'air fit ossiller la lourde tour le plancher sautait sur les poutres le bruit faillit me renverser je chancelais prêt à tomber prêt à glisser sur les haut vents d'ardois en pente de terreur je me couchais sur les planches les serrant étroitement de mes deux bras sans paroles sans haleine avec ce formidable teintement dans les oreilles Et sous les yeux ce précipice cette place profonde où se croisaient tant de passants paisibles et envies et bien il me semble que je suis encore dans la tour du bourdon c'est tout ensemble
un étour et un éblouissement il y a comme un bruit de cloche qui ébranle les cavités de mon cerveau et autour de moi je n'aperçois plus cette vie plane et tranquille que j'ai quitté et où les autres hommes cheminent encore que de Loin et à travers les crevasses d'un abîme chapitre 37 l'Hôtel de Ville est un édifice sinistre avec son toit aigu et roide son clocheton bizarre son grand CADR en blanc ses étages à petites colonne ses miles croisés ses escaliers usés par les pas ses deux arches à droite et à gauche il est là
de plein pied avec la grève sombre lugubre la face toute rongée de vieillesse et si noir qu'il est noir au soleil les jours d'exécution il vomille Des gendarmes de toutes ses portes et regarde le condamné avec toutes ses fenêtres et le soir son cadran qui a marqué l'heure reste lumineux sur sa façade ténébreuse chapitre 38 il est 1h et15 voici ce que j'éprouve maintenant une violente douleur de tête les reins froids le front brûlant chaque fois que je me lève ou que je me penche il me semble qu'il y a un liquide qui flotte dans
mon cerveau et qui fait Battre ma cervelle contre les parois du crâne j'ai des trit convulsif et de temps en temps la plume tombe de mes mains comme par une secousse galvanique les yeux me cuisent comme si j'étais dans la fumée j'ai mal dans les coudes encore 2h et 45 minutes et je serai guéri chapitre 39 ils disent que ce n'est rien qu'on ne souffre pas que c'est une FA douce que La mort de cette façon est bien simplifiée et qu'est-ce donc que cette agonie de 6 semaines et ce râle de tout un jour qu'est-ce
que les angoisses de cette journée irréparabl qui s'écoulent si lentement et si vite qu'est-ce que cette échelle de torture qui aboutit à l'échafaud apparemment ce n'est pas là à souffrir ne sontce pas les mêmes convulsions que le sens s'épuise goutte à goutte ou que l'intelligence s'éteigne Pensée à pensée et puis on ne souff pas en son-ils sûr qui le leur a dit compte-on que jamais une tête coupée se soit dressée sanglante au bord du panier et qu'elle é criit au peuple cela ne fait pas de mal y a-t-il des morts de leur façon qui soit
venu les remercier et leur dire c'est bien inventé tenez-vous en là la mécanique est bonne est-ce reespierre est-ce Louis XV non à rien moins qu'une minute moins qu'une seconde et la chose Est faite se sont-ils jamais mis seulement en pensée à la place de celui qui est là au moment où le lourd tranchant qui tombe mort la chair rond les nerfs brise les vertèbres mais quoi une demi-seconde la douleur est escamoté horreur chapitre 40 il est singulier que je pense sans cesse au roi j'ai beau faire beau secouer la tête j'ai une voix dans l'oreille
qui me dit toujours il y a dans cette même ville à cette même heure Et pas bien loin d'ici dans un autre palais un homme qui a aussi des gardes à toutes ses portes un homme unique comme toi dans le peuple avec cette différence qu'il est aussi haut que tu es bas sa vie entière minute par minute n'est que gloire grandeur délice enivrement tout est autour de lui amour respect vénération les voix les plus hautes deviennent basses en lui parlant et les fronts les plus fiers ploi il n'a que de La soie et de l'or
sous les yeux à cette heure il tient quelques conseils de ministre ou tous sont de son avis ou bien songe à la chasse de demain au bal de ce soir sûr que la fête viendra à l'heure et laissant à d'autres le travail de ses plaisirs et bien cet homme est de cher dose comme toi et pour qu'à l'instant même l'horrible échafud s'écroula pour que tout te fut rendu vie liberté fortune famille il suffirait qu'il écrivit avec cette plume les sept Lettres de son nom au bas d'un morceau de papier ou même que son carrosse rencontra
ta Charette et il est bon et il ne demanderait pas mieux peut-être et il n'en sera rien chapitre 41 et bien donc ayons courage avec la mort prenons cette horrible idée à demain et considéronsla en face demandonsli compte de ce qu'elle est sachons ce qu'elle nous veut retournons là en toutous sens épelons l'énigme et regardons d'avance dans le Tombeau il me semble que dès que mes yeux seront fermés je verrai une grande clarté et des abîmes de lumière où mon esprit roulera sans fin il me semble que le CEL sera lumineux de sa propre essence
que les astres y feront des taches obscures et qu'au lieu d'être comme pour les yeux vivants des paillettes d'or sur du velours noir ils sembleront des points noirs sur du drap d'or ou bien misérable que je suis ce sera Peut-être un gouffre hideux profond dont les parois seront tapissées de ténèbres et où je tomberai sans cess en voyant des formes remuées dans l'ombre ou bien en m'éveillant après le cou je me trouverai peut-être sur quelque surface pleaine et humide rampant dans l'obscurité et tournant sur moi-même comme une tête qui roule il me semble qu'il y
aura un grand vent qui me poussera et que je serai heurté ça et là par d'autres têtes roulantes il y aura Par place des mares et des ruisseaux d'un équide inconnu et tiède tout sera noir quand mes yeux dans leur rotation seront tourner en haut ils ne verront qu'un ciel d'ombre dont les couches épaisses pèseront sur eux et et au loin dans le fond de grandes arches de fumée plus noires que les ténèbres ils verront aussi voltiger dans la nuit de petites étincelles rouges qui en s'approchant deviendront des oiseaux de feu et ce sera ainsi
toute L'éternité il se peut bien aussi qu'à certaines dates les morts de la grève se rassemblent par de noire nuit d'hiver sur la place qui est à eux ce sera une foule pâle et sanglante et je n'y manquerai pas il n'y aura pas de lune et l'on parlera à voix basse l'Hôtel de Ville sera là avec sa façade ver moulu son soit déchiqueté et son cadran qui aura été sans pitié pour tous il y aura sur la place une guillotine de l'enfer où un démon Exécutera un bourreau ce sera à 4h du matin à notre
tour nous ferons foule autour il est probable que cela est ainsi mais si ces morts-là reviennent sous quelle forme reviennent-ils que gardent-ils de leur corps incomplet et mutilé que choisissent-ils est-ce la tête ou le tronc qui est spectre hélas qu'est-ce que la mort fait avec notre âme quelle nature lui laisse-t-elle qu'a-t-elle à lui prendre ou à lui donner où la met-elle lui Prête-t-elle quelquefois des yeux de chair pour regarder sur la terre et pleurer ah un prêtre un prêtre qui sache cela je veux un prêtre et un crucifis à baiser mon Dieu toujours le même
chapitre 42 je l'ai prié de me laisser dormir et je me suis jetée sur le lit en effet j'avais un flot de sang dans la tête qui m'a fait dormir c'est mon dernier sommeil de cette Espèce j'ai fait un rêve j'ai rêvé que c'était la nuit il me semblait que j'étais dans mon cabinet avec deux ou trois de mes amis je ne sais plus lesquels ma femme était couchée dans la chambre à coucher à côté et dormait avec son enfant nous parlions à voix basse mes amis et moi et ce que nous disions nous effrayait
tout à coup il me sembla entendre un bruit quelque part dans les autres pièces de l'appartement un bruit Faible étrange indéterminé mes amis avaient entendu comme moi nous écoutâmes c'était comme une serrure qu'on ouvre sourdement comme un verrou qu'on cille à petit bruit il y avait quelque chose qui nous glaçait nous avions peur nous pensâmes que peut-être c'était des voleurs qui s'étaient introduit chez moi à cette heure si avancée de la nuit nous résolummes d'aller voir je me levais je pris la bougie mes amis me Suivaient un nous traversâmes la chambre à coucher à côté
ma femme dormait avec son enfant puis nous arrivâmes dans le salon rien les portraits étaient immobiles dans leur cadre d'or sur la teinture rouge il me sembla que la porte du salon à la salle à manger n'était point à sa place ordinaire nous entrâmes dans la salle à manger nous en fimmes le tour je marchais le premier la porte sur L'escalier était bien fermée les fenêtresi arrivé près du poil je vis que l'armoire au linge était ouverte et que la porte de cette armoire était tirée sur l'angle du mur comme pour le cacher cela me
surprit nous pensâmes qu'il y avait quelqu'un derrière la porte je portais la main à cette porte pour refermer l'armoire elle résista étonné je tirai plus fort elle céda brusquement et nous découvrimes une Petite vieille les mains pendantes les yeux fermés immobiles debout et comme collés dans l'angle du mur cela avait quelque chose de hideux et mes cheveux se dressent d'y penser je demandais à la vieille que faites-vous là elle ne répondit pas je lui demandais qui êtes-vous elle ne répondit pas ne bougea pas et resta les yeux fermés mes amis dirent c'est sans doute la
complice de ceux qui sont entrés avec de mauvaises pensées ils se sont Échappés en nous entendant venir elle n'aura pu fuir et s cacher là je l'ai interrogé de nouveau elle est demeurée sans voix sans mouvement sans regard un de nous l'a poussé à terre elle est tombée elle est tombée tout d'une pièce comme un morceau de bois comme une chose morte nous l'avons remué du pied puis deux de nous l'ont relevé et de nouveau appuyé au mur elle n'a donné aucun signe de vie on lui a crié dans l'oreille elle Est restée muette comme
si elle était sourde cependant nous perdions patience et il y avait de la colère dans notre terreur un de nous m'a dit mettez-lui la bougie sous le menton je lui ai mis la mèche enflammée sous le menton alors elle a ouvert un œil à demi un œil vide terne affreux et qui ne regardait pas j'ai ôté la flamme et j'ai dit ah enfin répondras-tu vieille sorcière qui es-tu l'œil s'est refermé comme de lui-même pour le coup c'est trop fort on Dit les autres encore la bougie encore il faudra bien qu'elle parle j'ai replacé la lumière
sous le menton de la vieille alors elle a ouvert ses deux yeux lentement nous a regardé tous les uns après les autres puis se baissant brusquement a souffler la bougie avec un souffle glacé au même moment j'ai senti trop trois dents aigues s'imprimaient sur ma main dans les ténèbres je me suis réveillé frissonnant et baigné d'une Sueur froide le bonomonier était assis au pied de mon lit et lisait des prières ai-je dormi longtemps lui ai-je demandé mon fils m'a-t-il dit vous avez dormi une heure on vous a amené votre enfant elle est là dans la
pièce voisine qui vous attend je n'ai pas voulu qu'on vous éveillât oh ai-je crié ma fille qu'on m'amène ma fille chapitre 43 elle est fraîche elle est rose elle a de Grands yeux elle est belle on lui a mis une petite robe qui lui va bien je l'ai prise je l'ai enlevé dans mes bras je l'ai assise sur mes genoux je l'ai baisé sur ses cheveux pourquoi pas avec sa mère sa mère est malade sa grand-mère aussi c'est bien elle me regardait d'un air étonné caressé embrassée dévorée de baiser et se laissant faire mais jeetend
de temps à autre un coup d'œil inquiet sur sa Bonne qui pleurait dans le coin enfin j'ai pu parler Marie et je dit ma petite Marie je la serrai violemment contre ma poitrine enflée de sanglot elle a poussé un petit cri oh vous me faites mal monsieur m'a-t-elle dit Monsieur il y a bientôt un an qu'elle ne m'a vu la pauvre enfant elle m'a oublié visage parolle accents et puis qui me reconnaîtrait avec cette barbe ses habits et cette pâaleur quoi déjà effacé de cette mémoire la seule où J'us voulu vivre quoi déjà plus de
père être condamné à ne plus entendre ce mot ce mot de la langue des enfants si doux qu'il ne peut rester dans celle des hommes papa et pourtant l'entendre de cette bouche encore une fois une seule fois voilà tout ce que j'us demandé pour les 40 ans de vie qu'on me prend écoute Marie lui ai-je dit en joignant ses deux petites mains dans les miennes est-ce que tu ne me connais Point elle m'a regardé avec ses beaux yeux et a répondu ah bien non regarde bien ai-je répété comment tu ne sais pas qui je suis
si a-t-elle dit un monsieur hélas n'aimer ardemment qu'un seul être au monde l'aimer avec tout son amour et l'avir devant soi qui vous voit et vous regarde vous parle et vous répond et ne vous connaît pas ne vouloir de Consolation que de lui et qu'il soit le seul qui ne sache pas qu'il vous en faut parce que vous allez mourir Marie ai-je repris as-tu un papa oui monsieur a dit l'enfant et bien où est-il elle a levé ses grands yeux étonnés ah vous ne savez donc pas il est mort puis elle a crié j'avais failli
la laisser tomber mort disais-je Marie sais-tu ce que c'est que d'être mort oui monsieur a-t-elle répondu il Est dans la terre et dans le ciel elle a continué d'elle-même je prie le bon Dieu pour lui le matin et le soir sur les genoux de maman je baisé au front Marie dis-moi ta prière je ne peux pas monsieur une prière cela ne se dit pas dans le jour venez ce soir dans ma maison je la dirai c'était assez de cela je l'ai interrompu Marie c'est moi qui suis ton papa ah m'a-t-elle dit j'ai ajouté veux-tu Que
je sois ton papa l'enfant s'est détourné non mon papa était bien plus beau je l'ai couverte de baiser et de larmes elle a cherché à se dégager de mes bras en criant vous me faites mal avec votre barbe alors je l'ai replacé sur mes genoux en la couvrant des yeux et puis je l'ai questionné Marie sais-tu lire oui a-t-elle répondu je sais bien lire maman me fait lire mes lettres voyons lis un Peu lui ai-je dit en lui montrant un papier qu'elle tenait chiffonné dans une de ses petites mains elle a hoché sa jolie tête
eh bien je ne sais lire que des fables et c'est toujours voyons lit elle a déployé le papier et s'est mise a épelé avec son doigt a r r r e t r arr je lui a arraché cela des mains c'est ma sentence de mort qu'elle me lisait sa bonne avait eu le papier pour un sou il me coûtait plus cher à moi il n'y a pas de parole pour ce que J'éprouvais ma violence l'avait effrayée elle pleurait presque tout à coup elle m'a dit rendez-moi donc mon papier tiens c'est pour jouer rendez-moi donc mon
papier tiens c'est pour jouer je l'ai remise à sa bonne emportezla et je suis retombée sur ma chaise sombre désert désespéré à présent il devrait venir je ne tiens plus à rien la dernière fibre de mon cœur est brisée je suis bon pour ce qu'ils vont faire chapitre 44 le prêtre est bon le gendarme aussi je crois qu'ils ont versi une larme quand j'ai dit qu'on m'emporta mon enfant c'est fait maintenant il faut que je me roidisse en moi-même et que je pense fermement au bourreau à la charrette aux gendarmes à la foule sur le
pont à la foule sur le quai à la foule fenêtre à ce qu'il y aura après pour moi sur cette lugubre place de Grève qui pourrait être pavé des têtes qu'elle a vu Tomber je crois que j'ai encore une heure pour m'habituer à tout cela chapitre 45 tout ce peuple rira battra des mains applaudira et parmi tous ces hommes librees et inconnus des joliers qui courent plein de joie une dans cette foule de têtes qui couvrira la place il y aura plus d'une tête prédestinée qui suivra la mienne tôt ou tard dans le panier rouge
plus d'un qui y vient pour moi y viendra pour Soi pour ces êtres fatales il y a sûr un certain point de la place de Grève un lieu fatal un centre d'attraction un piège il tournent autour jusqu'à ce qu'ils y soit chapitre 46 ma petite Marie on laa ramené jouer elle regarde la foule par la portière du fiacre et ne pense déjà plus à ce monsieur peut-être aurais-je encore le temps d'écrire quelques page pour elle afin qu'elle les lise un jour et qu'elle Pleure dans 15 ans pour aujourd'hui oui il faut qu'elle sache par moi
mon histoire et pourquoi le nom que je lui laisse est sanglant chapitre 47 mon histoire note de l'éditeur on a pu encore retrouver les feuillets qui se rattachaient à celui-ci peut-être comme ceux qui suivent sembleent l'indiquer le condamné n'a-t-il pas eu le temps de les écrire il était tard quand cette pensée Lui est venue chapitre 48 d'une chambre de l'Hôtel de Ville de l'hôtel de Ville ainsi j'y suis le trajet exécrable est fait la place est là et au-dessous de la fenêtre l'horrible peuple qui aboie et m'attend et rit j'ai eu beau me roidir beau
me crisper le cœur m'a failli quand j'ai vu au-dessus des têtes ces deux bras rouges avec leur triangles noir au bout dressés entre les deux lanternes du quai le cœur M'a failli j'ai demandé à faire une dernière déclaration on m'a déposé ici et l'on est allé chercher quelques procureur du Roi je l'attends c'est toujours cela de gagner voici 3h sonné on est venu m'avertir qu'il était temps j'ai tremblé comme si j'eusse pensé à autre chose depuis 6h depuis 6 semaines depuis 6 mois cela m'a fait l'effet de quelque chose d'inattendu il m'ont fait traverser Leurs
corridor et descendre leurs escaliers ils m'ont poussé entre deux guichets du rez-de-chaussée salle sombre étroite voûtée à peine éclairée d'un jour de pluie et de brouillard une chaise était au milieu ils m'ont dit de m'asseoir je me suis assis il y avait près de la porte et le long des murs quelques personnes debout outre le prêtre et les gendarmes il y avait aussi trois hommes le premier le plus grand le plus vieux était gras et Avait la face rouge il portait une redingote et un chapeau à tr corne déformé c'était lui c'était le bourreau le
valet de la guillotine les deux autres étaient s'évalés à lui à peine assis les deux autres se sont approchés de moi par derrière comme des chat puis tout à coup j'ai senti un froid d'acier dans mes cheveux et les ciseaux ont grincé à mes oreilles mes cheveux coupé au hasard tombaient par Mèche sur mes épaules et l'homme au chapeau à trois cornes les époussté doucement avec sa grosse main autour on parlait à voix basse il y avait un grand bruit au dehors comme un frimmissement qui ondulait dans l'air j'ai cru d'abord que c'était la rivière
mais à des rires qui éclatait j'ai reconnu que c'était la foule un jeune homme près de la fenêtre qui écrivait avec un crayon sur un portefeuille a demandé à un dégichetier Comment s'appelait ce qu'on faisait là la toilette du condamné a répondu l'autre j'ai compris que cela serait demain dans le journal tout à coup l'un des valiss m'a enlevé ma veste et l'autre a pris mes deux mains qui pendaient les a ramené derrière mon dos et j'ai senti les nœuds d'une corde se rouler lentement autour de mes poignées rapproché en même temps l'autre détachait ma
cravate ma chemise de Baptiste seul lambau qui me resta du mois d'autrefois l' fait en quelque sorte hésiter à un moment puis il s'est mis à en couper le col à cette précaution horrible au saisissement de l'acier qui touchait mon cou mes coudes ont tressailli et j'ai laissé échapper un rougissement étouffé la main de l'exécuteur a tremblé monsieur m'a-t-il dit pardon est-ce que je vous ai fait mal ces bourreaux sont des hommes très Doux la foule hurler plus haut ou dehors le gros homme au visage bourgeonné m'a offert à respirer un mouchoir imbibé de vinaire
merci lui ai-je dit de la voix la plus forte que j'ai pu c'est inutile je me trouve bien alors l'un d'eux s'est baissé et m'a lié les deux pieds au moyen d'une corde fine et lâche qui ne me laissait à faire que de petit pas cette corde est venue se rattacher à celle de mes Mains puis le le gros homme a jeté la veste sur mon dos et a noué les manches ensemble sous mon menton ce qu'il y avait à faire là était fait alors le prêtre s'est approché avec son crucifis allons mon fils m'a-t-il
dit les vallées m'ont pris sous les vaisselles je me suis levé j'ai marché mes pas étaient mou et fléchissaient comme si j'avais eu deux genoux à chaque jambe en ce moment la porte extérieure s'est ouverte à deux battants une cl Meur furieuse et l'air froid et la lumière blanche ont fait éruption jusqu'à moi dans l'ombre du fond du sombre guichet j'ai vu brusquement tout à la fois à travers la pluie les mille têtes hurlantes du peuple entassé pêmê sur la rampe du grand escalier du palais à droite de plein pied avec le seuil un rang
de chevaux de gendarmes dont la porte basse ne me découvrait que les pieds de devant et les poittrailles en face un détachement de Soldats en bataille à gauche l'arrière d'une charrette auquelle s'appuyait une roi d'échelle tableau hideux bien encadré dans une porte de prison c'est pour ce moment redouté que j'avais gardé mon courage j'ai fait trois pas et j'ai paru sur le seuil du guichet le voilà le voilà a crié la foule il sort enfin et et les plus près de moi batent Des mains si fort qu'on aime un roi ce serait moins de fête
c'était une charrette ordinaire avec un cheval éthique et un charretier en sarreau bleu à dessins rouges comme ceux des maréchés des environs de bicet le gros homme en chapeau à trois cornes est monté le premier bonjour monsieur senson criaiit des enfants pendus à des grilles un vet la suivit bravo mardi on criait de nouveau les Enfants ils se sont assis tous deux sur la banquette de devant c'était mon tour j'ai monté d'une allure assez ferme il va bien a dit une femme à côté des gendarmes cet atroce éloge m'a donné du courage le prêtre est
venu se placer auprès de moi on m'avait assis sur la banquette de derrière le dos tourné au cheval j'ai frémi de cette dernière attention il mettait de l'humanité Là-dedans j'ai voulu regarder autour de moi gendarme devant gendarme derrière puis de la foule de la foule et de la foule une mer de tête sur la place un piquet de gendarmerie à cheval m'attendait à la porte de la grille du palais l'officier a donné l'ordre la charrette et son cortège se sont mis en mouvement comme poussés en avant par un hurlement de la populace on a franchi
la grille au moment où la charrette a tourné vers le pont de change la place a Éclaté en bruit du pavé au toit et les ponts et les quaaiis ont répondu à faire un tremblement de terre c'est là que le piquet qui attendaiit ses rallés à l'escorte chapeau bas chapeau bas criaient mil000 bouches ensemble comme pour le roi alors j'ai ris horriblement aussi moi et j'ai dit au prêtes eux les chapeaux moi la tête on allait au pas le quai au fleur emboué sé jour de marché Les marchandes ont quitté leur bouquet pour moi vis-à-vis
un peu avant la tour carrée qui fait le coin du palais il y a des cabarets dont les entresols étaient pleins de spectateurs heureux de leur bellees place surtout des femmes la journée doit être bonne pour les cabarettiers on louait des tables des chaises des échafaudages des charrettes tout plié de spectateurs des marchands de sang humain criaient à tutête qui veut des places une rage m'a pris contre Ce peuple j'ai eu envie de leur crier qui veut la mienne cependant la charette avançait à chaque pas qu'elle faisait la foule se démolissait derrière elle et je
la voyais de mes yeux égaré qui s'allait reformer plus loin sur d'autres points de mon passage en entrant sur le pont au Change j'ai par hasard jeté les yeux à ma droite en arrière mon regard s'est arrêté sur l'autre quai au-dessus des Maisons à une Tour Noire isolée hérissée de sculpture au sommet de laquelle je voyais deux monstres de Pierr assis de profil je ne sais pourquoi j'ai demandé au prêtre ce que c'était que cette tour Saint-Jacques la boucherie a répondu le bourreau j'ignore comment cela se faisait dans la brume et malgré la pluie fine
et blanche qui rayait l'air comme un réseau de fil d'araignée rien de ce qui se passait autour de moi ne m'a échappé chacun de ces détails M'apportait sa torture les mots manqu aux émotions vers le milieu de ce pon change si large et si encombré que nous cheminions à grand peine l'horreur m'a pris violemment j'ai craint de défaillir dernière vanité alors je me suis étourd moi-même pour pour être aveugle et pour être sourd à tout excepté au prêtre dont j'entendais à peine les paroles entrecoupées de Rumeurs j'ai pris le crucifi et je l'ai baisé ayez
pitié de moi et je dis ah mon Dieu et j'ai tâcher de m'abîmer dans cette pensée mais chaque Chao de la dure charrette me secouait puis tout à coup je me suis sentie un grand froid la pluie avait traversé mes vêtements et mouillé la peau de ma tête à travers mes cheveux p et court vous tremblez de froid mon fils m'a demandé le prêtre oui ai-je répondu hélas pas seulement de Froid au détour du pont des femmes m'ont plain d'être si jeunes nous avons pris le fatal quai je commençais à ne plus voir à ne
plus entendre toutes ces voix toutes ses têtes aux fenêtres aux portes aux grilles des boutiques aux branches des lanternes C spectateur avides et cruels cette foule où tous me connaissent et où je ne connais personne cette route pavée et murée de visages humains j'étais ivre stupide insensé c'est une chose Insupportable que le poids de tant de regards appuyé sur vous je vacillais donc sur le banc ne prêtant même plus d'attention au prêtres et au crucifis dans le tumulte qui m'enveloppait je ne distinguais plus les cris de pitié des cris de joie les rires des plains
les voix du bruit tout cela était une rumeur qui risonnait dans ma tête comme un écho de cuivre mes yeux lisaient machinalement Les enseignes des boutiques une fois l'étrange curiosité me prie de tourner la tête et de regarder vers quoi j'avançais c'était une dernière bravade de l'intelligence mais le corps ne voulut pas ma nuque resta paralysée et d'avance comme morte j'entrevis seulement de côté à ma gauche au-delà de la rivière La Tour de Notre Dame qui vu de là cache l'autre c'est celle où est le drapeau il y avait beaucoup de monde Et qui devait
bien voir et la charrette allait allit et les boutiques passaient et les enseignes se succédaient écrites peintes doré et la populace riait et trépignit dans la boue et je me laissais aller comme à leur rêve ceux qui sont endormis tout à coup la série des boutiques qui occupaient mes yeux s'est coupai à l'angle d'une place la voix de la foule est devenue plus vaste plus glapissante plus joyeuse encore la charrette s'est arrêtée subitement et J'ai failli tomber la face sur les planches le prêtre m'a soutenu courage a-t-il murmuré alors on a apporté une échelle à
l'arrière de la charrette il m'a donné le bras je suis descendu puis j'ai fait un pas puis je me suis retourné pour en faire un autre et je n'ai pu entre les deux lanternes du quai j'avais vu une chose sinistre c'était la réalité je me suis arrêté comme chancelant déjà du Coup j'ai une dernière déclaration à faire et je crié faiblement on m'a monté ici j'ai demandé qu'on me laissa écrire mes dernières volontés ils m'ont délié les mains mais la est ici toute prête et le reste est en bas chapitre 49 un juge un commissaire
un magistrat je ne sais de quelle espèce vient de venir je lui ai demandé ma grâce en joignant les deux mains et en me traînant sur les deux genoux il m'a Répondu en souriant fatalement si c'est là tout ce que j'avais à lui dire ma grâce Ma Grâce ai-je répété ou par pitié 5 minutes encore qui sait elle viendra peut-être cela est si horrible à mon âge de mourir ainsi des grâces qui arrivent au dernier moment on l'a vu souvent et à qui fera ton grâce monsieur si ce n'est à moi cet exécrable bourreau il
s'est approché du juge pour lui dire que l'exécution devait être faite à une certaine heure Que cette heure approchait qu'il était responsable que d'ailleurs il pleut et que cela risque de se rouiller e par pitié une minute pour attendre ma grâce où je me défends je mors le juge et le bourreau sont sortis je suis seul seul avec deux gendarmes oh l'horrible peuple avec ses cris diennes qui sait si je ne lui échapperai pas si je ne serais pas sauvé si ma grâce il est impossible qu'on ne me fasse pas grâce ah les misérables il
me semble qu'on monte L'escalier 4h