et on vient tout de suite sur l'ouverture ce matin du 17e sommet de la la francophonie on en parle avec notre invité du jour Françoise verges bonjour bonjour merci d'avoir accepté notre invitation vous êtes historienne politologue par ailleurs ancienne président du Comité pour la mémoire de l'esclavage vous avez publié récemment dans la la revue du du criur un texte concernant la francophonie intitulé décoloniser la langue française pour une politisation de la la francophonie on va y revenir ensemble un mot tout d'abord des des enjeux du rendez-vous qui qui s'est ouvert aujourd'hui on a entendu Emmanuel
Macron tout à l'heure quel quelles sont vos attentes à vous oh mais mes attentes ces sommets sont un peu toujours des choses formel un peu officiel qui ne sont bon alors éidment on regarde ça avec un peu d' inérêt qui est sur la photo qui n'y est pas la disposition les discours mais ce qu'on attend en général c'est qu'est-ce qui va être mis en pratique réellement qu'est-ce qui va être donné quel va être le budget quell vont être les les ressources qui vont être données à l'Agence de la Francophonie alors le chef de l'État a
parlé quarantaine de de minutes Emmanuel Macron qui a je le cite déclaré que la francophonie ce n'était pas un club convenu un espace fatigué mais un lieu de de reconquête des valeurs comme les les droits de l'homme ça c'est pour le beau discours effectivement en terme de de budget et d'avancer on sait qu'Emmanuel Macron s'était engagé il y a pas si longtemps que ça à œuvrer à aider la francophonie où est-ce qu'on en est aujourd'hui bah écoutez on sait aussi que quand même les les lycées français qui sont un des premiers vecteurs dans dans les
pays d'Afrique et d'Asie ont vu leur budget baisser le leurs frais de scolarité augmenter ce qui rend plus difficile évidemment pour des famille d'y mettre leurs enfants on sait qu'il y a des instituts français qui ferment on sait que il est beaucoup plus difficile que les livres en français sont beaucoup plus chers dans ce pays donc d'y accéder la question des bibliothèques je veux dire c'est des questions concrètes si on veut apprendre une langue il faut qu'elle vive tous les jours elle n'est pas simplement le moment de discours et ça quelles sont les ressources comment
aider les universités des départements de lettres des départements euh d'études en francophone dirions-nous euh est-ce queon est vraiment c'est vraiment soutenu est-ce qu'il y a réellement un soutien financier de tel département cette volonté affichée dans les discours si je vous suis bien aujourd'hui elle est pas très concrète dans les faits sur le terrain sur le terrain en Afrique en asieelle n'est pas encore concrète et pour ce qui est de la France quelle est la réelle politique des visas qui sont donnés aux étudiants venant de de ces continents eu quel est le soutien qui leur est
apporté euh est-ce qu'il y a encore dans les universités françaises réellement une ouverture à cette à ces à ces sujets francophones est-ce que les sujets francophones sont que la littérature ou c'est aussi une manière de voir le monde qu'est-ce que ça signifierait unesion des valeurs des valeurs ben justement est-ce qu'il y a de la philosophie qui est transmise est-ce que dans la philosophie ça veut dire que enseigner condoré mIRABO mais aussi enseigner des philosophes africains qui ont écrit en français est-ce que ça veut dire aussi à enseigner fabousien olaga léoport saintaringgor et m dans la
dans les dans ces cours et ça veut dire c'est ça aussi l'ouverture dans dans dans l'éducation si on parle simplement de l'enseignement le chef de l'État a dit ce matin puisqu'on parle d'Afrique et de valeur la francophonie doit être féministe l'avenir de l'Afrique sera féministe à qui parlait là bah écoutez tant mieux peut-être oui qu'est-ce que ça signifie encore une fois et est-ce que c'est le français est-ce que c'est une langue qui apporte ses valeurs je veux dire pourquoi finalement le ROF si on parle d'Afrique sur pourquoi il n'y a pas des langues lingala ne
porterait pas aussi ses V pourquoi ce le serait le français la question de de de des combats de femmes ils ont été menés en Afrique ils sont menés en Afrique donc en quelle langue ces femmes expriment enfin je dire comment quels sont les mots qu'elles utilisent je pense que c'est beaucoup plus important et donc dans ce cas est-ce que le français est à l'écoute de la manière dont ces femmes parlent de leur lutte Emmanuel Macron qui a aussi appelé à la la reconquête des valeurs de la la francophonie en passant par la jeunesse on parlait
d'éducation à l'instant de cours de philosophie c'est un a qui a remis entre les mains des jeunes uniquement au je pense je je oui évidemment aujourd'hui c'est les jeunes les jeunes c'est il y a il y a c'est à la mode de parler de la jeunesse et de remettre aussi entre leurs mains les les dossiers les plus sensibles les plus sensibles alors que il y a une question de transmission comme vous le disiez et puis je pense aussi à tous ces jeunes aujourd'hui africains qui meurent sur les côtes d'Europe dans la mer et est-ce que
c'est là aussi donc est-ce que les valeurs c'est des valeurs d'hospitalité les valeurs d'AC c'est quoi pour eux la notion de la Francophonie ça serait une question évidemment qu'on pourrait qu'on pourrait leur poser oui alors moi ce que j'ai frappé quand on entend des migrants c'est en fait qu'ils ont une plus grande maîtrise de langues que la plupart des Européens ils parlent très souvent trois ou quatre langues très facilement parce qu'ils ont besoin de surviver besoin de se débrouiller et le français est une langue parmi d'autres le français est une langue dont les dont les
personnes qui je dire c'est une langue dont on peut s'emparer et puis parler écrire dans cette langue c'est pas une langue qui ne doit parler qui doit être simplement un vecteur de quelque chose c'est une langue de création je veux dire si je parle en français c'est pas pour dire les grandes valeurs de la modernité c'est c'est parce que je parle en français que je peux donner des idées qui sont pas nécessairement les idées de la déclaration française c'est peut-être les idées de la déclaration du mandday qui est une déclaration des droits humains en Afrique
au 11e siècle donc c'est une langue de communication c'est une langue dans laquelle je on peut exprimer aussi l'amour la joie la peur le bonheur et aussi effectivement le désespoir c'est-à-dire que quel est le français en en quel français les migrants expriment-ils leur trajet et leur et leur leur vie h vous dites dans la la tribune que je je citais tout à l'heure il faut décoloniser la la francophonie pourquoi parce que la Francophonie a été un vecteur de colonisation le Français a été un vecteur de la langue enfin la imposée était une langue imposée il
y avait dans les écoles on' apprenait pas du tout les langues les langues local enfin les langues nationales on les apprenait pas du tout il fallait elles étaient même interdites donc il y a eu la la le Français a été la langue de la loi coloniale c'est en français que la le code de l'indigéna s'est écrit ça a été une langue de la hiérarchie raciale donc il faut voir comment ça a pénétrer dans la langue ce que quand mé céser parle d'un effet retour sur les sur la manière dont dont le dont l'Europe se pense
il y a un effit retour du colonialisme donc il y a quelque chose qui a été transmis ça ne se passe pas seulement dans la colonie ça se passe aussi ici et donc la décolonisation ça veut dire de penser à toutes les manières dont ça a pénétré dans la langue française pas n dans le vocabulaire mais dans la manière de penser et d'utiliser la langue française merci beaucoup Françoise verges d'avoir été notre invité du jour à l'occasion de ce 17e sommet de la Francophonie