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-Feu ! Coup de feu -Feu ! Coup de feu -Les avancées techniques de l'intelligence artificielle l'ont propulsée au rang des technologies les plus stratégiques du 21e siècle.
Dans le domaine militaire, elle est vue comme le prochain "game changer" du champ de bataille. Son utilisation de plus en plus massive, comme en Ukraine ou dans le conflit israélo-palestinien, confirme le sentiment d'urgence. Pour y répondre, le ministère des Armées muscle son arsenal avec une nouvelle agence et des moyens plus importants.
Au total, près de 2 milliards d'euros seront consacrés pour l'IA en matière de défense d'ici 2030. L'intelligence artificielle est déjà une réalité au ministère des Armées depuis des décennies. Ses progrès exponentiels permettent de nouveaux usages.
Il donne des consignes dans un jargon militaire. Le centre d'interprétation et de reconnaissance acoustique de la marine nationale étudie aujourd'hui sa capacité à épauler ses oreilles d'or dans l'écoute et l'analyse des bruits marins. -Aujourd'hui, le CIRA se retrouve confronté à une donnée qui est générale à toutes les armées, qui est le flux massif de données acoustiques.
En 2020, le CIRA a collecté environ 1 TO de data. En 2024-2025, on est sur une échelle de 10 TO de data et on imagine, sur une perspective 2030-2040, des années à plus de 100 TO de data. Parce que le nombre de sonars passifs a augmenté, parce que leur performance a été améliorée, il faut que l'on trouve des outils qui permettent de concentrer la valeur ajoutée de l'opérateur sur le signal utile.
Et pour cela, on a imaginé l'application de l'intelligence artificielle selon le format suivant : utiliser ce process pour éliminer d'un signal tout ce qui est inutile, les bruits d'environnement marin, les bruits de côtes, de mer, de commerces ou de trafic commercial et permettre à l'oreille d'or d'aller chercher uniquement le signal qui l'intéresse, c'est-à-dire les bateaux de guerre, les sous-marins, les bateaux à intérêt particulier. Ca va lui permettre de gagner du temps, d'être beaucoup plus réactif, beaucoup plus précis, et de permettre au sous-marin ensuite d'adopter le meilleur comportement avec un préavis sur l'adversaire. -Depuis la création du CIRA en 1983, moins de 245 marins ont été certifiés oreille d'or et envoyés en mission.
C'est moins que le nombre d'astronautes envoyés dans l'espace. Il faut dire que la formation est exigeante, entre autres près de 10 000 sons à reconnaître et à mémoriser, et que leur rôle est indispensable dans les sous-marins et frégates. -Aujourd'hui, je suis convaincu que l'IA va pouvoir nous faire gagner du temps, à nous, aux sous-marins, à la mer.
J'en suis convaincu, on va pouvoir gagner 30 secondes, 1 minute sur une détection sonore. C'est énorme à la mer, en combat. On va pouvoir gagner du temps et nous aider à la décision.
On ne va pas lui apprendre notre métier mais on va lui apprendre des masses de données qu'on arrive à collecter sur différents capteurs en disant : "Un phénomène se passe de telle minute à telle minute, "y a ça qui est mesurable, moi, je le classifie comme ça. " Et que l'IA l'apprenne comme ça et on voit ce que ça donne en retour. -Elle est dans un rôle d'imitation de l'analyste humain et donc, c'est très important de s'assurer que finalement, on aura annoté, labellisé un nombre de données suffisant qui corresponde au domaine d'emploi qu'on veut et pour s'assurer qu'il puisse bien généraliser sur tout ce domaine d'emploi et que quand on va confronter notre IA à un nouvel échantillon, il ait bien été vu au moment de la conception de l'IA et que l'analyste puisse vraiment récupérer l'information pertinente et qu'il ait une IA de confiance entre ses mains.
-L'outil devrait être opérationnel d'ici 2025. Des fonds marins jusque dans l'espace, l'intelligence artificielle doit rendre les systèmes d'armes plus rapides, plus précis et plus efficaces. -L'intelligence artificielle, c'est véritablement le fait que la machine puisse à la fois analyser des situations, prendre des décisions et soulager, finalement, l'humain de tâches qu'il ne pourrait pas faire ou de tâches qui sont à faible valeur ajoutée.
C'est une définition assez restrictive de l'IA, mais elle porte également la manière dont on l'analyse et dont on souhaite l'employer au sein du ministère des Armées. Par exemple, pour le renseignement, l'analyse d'images satellite, c'est des dizaines de centaines de milliers d'images par jour que l'on doit analyser et il faudrait embaucher 20 000, 30 000 analystes pour être capables de réaliser ces tâches. L'IA est très précieuse dans ce cas-là.
-Si je reprends le cycle de John Boyd, ce colonel américain qui a théorisé la boucle OODA, donc la boucle du targeting, qui consiste à dire que pour accomplir une mission militaire, il faut d'abord observer, orienter, décider et agir. Sur cette boucle OODA, on peut retrouver une IA par domaine. Sur l'observation, aujourd'hui, on doit traiter des masses de données considérables.
Ensuite, vous avez le "orient", comment est-ce qu'on bâtit une décision militaire, comment est-ce qu'on bâtit un plan d'action. Là, on est beaucoup plus sur les "large language models", comme avec ChatGPT. Vous avez une base de données considérable et vous lui posez des questions.
Ensuite, on a le "decide". C'est décider de quelque chose de militaire. Là, les IA sont plus dans le domaine de la prédiction et de la simulation.
Et le dernier volet, le "act". C'est ce qu'on appelle l'IA embarquée. -Par IA embarquée, on entend IA intégrée dans des systèmes d'armes pour décupler leur efficacité.
C'est l'un des enjeux du concept de combat collaboratif au coeur des programmes Scorpion de l'Armée de terre ou SCAF de l'Armée de l'air et de l'espace. -Avec la délégation générale de l'armement, l'Armée de l'air et de l'espace conçoit son système de combat aérien futur, le SCAF, pour les années 2040. Ce SCAF sera constitué d'un ensemble de plateformes, certaines pilotées par l'homme et d'autres autonomes.
L'IA y aura un rôle fondamental. Elle sera partout, dans tous les capteurs, les effecteurs et les centres de décision. La guerre en réseau conceptualisée au début des années 80 devient une réalité car les technologies, désormais, le permettent et nos ennemis investissent.
L'usage de l'intelligence artificielle dans le SCAF est pour une partie confidentiel et je ne peux pas l'évoquer. Néanmoins, l'IA sera utilisée par exemple pour les drones, notamment les essaims de drones, pour coordonner leurs actions, pour déterminer quel drone ira sur telle ou telle cible en fonction de ses capacités d'armement. Tout ceci sera réalisé par l'IA et pourra être repris dès qu'il s'agit d'engagement par l'homme, derrière, dans son cockpit.
-Avec d'autres entreprises, comme Airbus, l'Armée de l'air et de l'espace cherche à optimiser la maintenance de ses matériels et équipements. Avec Dassault Aviation, elle imagine déjà le cockpit du futur. Le champ d'action de l'IA est vaste.
-Pour nos missions de reconnaissance réalisées à partir d'un drone Reaper, nous travaillons avec une société qui est spécialisée dans la construction d'algorithmes d'IA qui permettent de détecter et d'identifier des cibles sur des flux vidéo diffusés en temps réel, ce qui nous permet de diminuer le temps d'engagement de nos armements. Pour réaliser nos opérations aériennes, il faut nous entraîner quotidiennement, et l'IA joue un rôle fondamental dans ces entraînements. Nous travaillons avec la société française Synapse Défense pour développer notre centre d'entraînement au combat collaboratif.
Lors de missions d'entraînement et sur des scénarios constitués, en plus des participants réels, l'IA viendra enrichir ces missions en simulant des ennemis ou des amis avec des comportements tactiques évolués. Nos entraînements seront ainsi plus réalistes et de meilleure qualité. -La recherche s'oriente aussi vers la conduite autonome.
Thales et le Laboratoire Bordelais de Recherche en informatique y travaillent avec comme objectif final un essaim de drones capable d'imiter la signature radar d'un avion ou d'un hélicoptère pour tromper l'ennemi. -Pour faire croire à un adversaire que ce qu'il a en face de lui est un grand aéronef, plus grand que ce type de drone, on travaille sur le positionnement très précis des drones entre eux. En fonction des distances entre les drones, de la puissance des réflecteurs qu'ils vont embarquer, on va pouvoir simuler la surface équivalente radar de l'aéronef de notre choix.
Dans le projet ASSYDUS, on a choisi d'utiliser uniquement des réflecteurs passifs et non pas des systèmes actifs qui vont envoyer des ondes vers le radar. Là, ce sont typiquement des jeux de miroirs ou des catadioptres, comme on a sur nos vélos, qui vont réussir à renvoyer l'ensemble des ondes radar reçues mais en fonction des caractéristiques de ces catadioptres, on peut avoir des performances plus ou moins intéressantes. -On est capables aujourd'hui d'aller positionner les engins aux bons endroits, mais quand ils sont positionnés, ils vont un peu dériver et du coup, la représentation au niveau du radar va être fluctuante.
Elle peut être pertinente dans certains cas, mais elle peut être embêtante parce qu'on va obtenir une forme différente de ce qu'on cherche. Donc, on va faire un ensemble d'expérimentations, on va collecter des données sur le positionnement de l'essaim, sur ce qu'on voit au radar, et on va apprendre la différence. On ne peut pas le faire par des algorithmes classiques car il y a des paramètres qu'on ne maîtrise pas, vibrations, météo, comportements influençant les drones entre eux, donc on fait ça avec du "deep learning", avec des réseaux de neurones profonds, ou du "federated learning", qui consiste à faire de l'apprentissage de manière distribuée.
-Concernant les capacités de calcul embarqué, consommation énergétique. . .
-Le projet est soutenu par l'Agence de l'innovation de défense du ministère. -Ce type de projet participe de l'exploration scientifique et technique, qui est absolument essentielle pour à la fois déceler des innovations et identifier des technologies disruptives. A l'Agence de l'innovation de défense, tous les projets qui sont soutenus ont été identifiés pour leur intérêt défense, entre autres critères.
Le projet ASSYDUS ne fait pas exception. Nous avons anticipé des besoins futurs. Il s'agit d'anticiper les développements technologiques de nos adversaires potentiels, notamment en matière d'IA, ainsi que nos capacités de réaction face à ces manoeuvres offensives.
-La défense recense déjà plus de 400 projets d'IA, de l'idée au développement en cours. Il s'agit désormais de passer à l'âge adulte. C'est le sens des propos du ministre des Armées, Sébastien Lecornu, le 8 mars 2024 devant l'école Polytechnique.
-Le saut technologique que représente l'IA est sans doute celui qui révolutionnera la manière de faire la guerre ou même, plus important encore, de l'éviter, comme l'atome en son temps. -Réussir ce saut technologique, c'est la mission confiée à la toute nouvelle Agence ministérielle pour l'IA de défense, l'Amiad, créée cette année. -Ce qui se passe en 2024, c'est essentiellement un changement de méthode et une accélération.
Quand à une certaine époque, on était sur l'IA comme un objet d'innovation, un objet prospectif, aujourd'hui, on est sur l'IA qui est un objet opérationnel. Donc, la mission de cette agence, c'est, en deux mots, de faire en sorte que l'IA atterrisse en production au profit des opérationnels, autant de l'organique, les agences, le ministère, que les forces en opération. -En ligne de mire de l'Amiad, les meilleurs talents du numérique.
-L'IA est une guerre de talents. Malgré son nom, c'est le résultat d'un jeu de cerveaux. Il est clair que pour arriver à produire de l'IA, les gens que l'on va recruter vont évidemment être clé dans le dispositif.
On ne part évidemment pas de zéro, bien au contraire. On a un certain nombre d'avantages dans ce pays, des écoles de formation en mathématiques, en informatique, de premier ordre mondial. Il n'y a qu'à voir la présence des Français dans les boîtes de la tech pour se rendre compte qu'on a des cartes à jouer.
-Vous avez à la fois des grands champions de l'IA, qu'on peut nommer : les IBM, les Google, les Apple, mais également des start-up, qui se disputent les talents qui sont capables de participer à cette révolution de l'IA. Ca veut dire qu'on a à la fois une compétition sur la rémunération des gens qui sont aujourd'hui les nouvelles stars de l'IA, mais également sur l'intérêt, les missions. Et là-dessus, je pense que notamment la difficulté des défis techniques que nous devons résoudre et le sens de la mission nous permettent de retenir des talents.
-D'ici 2026, 800 personnes travailleront sur l'IA au ministère des Armées, dont 300 à l'Amiad. Les experts sont indispensables, tout comme les données. Elles sont à l'IA ce que le carburant est au moteur, la matière première essentielle.
-Vous pouvez avoir le système le plus rapide au monde avec les meilleurs algorithmes IA, si vous ne pouvez pas l'entraîner, ça ne sert à rien. Et il faut également l'adapter au cours du temps. Par exemple, les données de maintenance, qui sont aujourd'hui une préoccupation pour garantir la disponibilité opérationnelle de nos matériels, ces données doivent être sans arrêt adaptées à la manière dont on utilise les équipements, elles doivent être fournies en temps réel pour que la machine puisse réaliser cette anticipation et dire quand on aura besoin d'intervenir sur le matériel.
-Plus vous avez de données de qualité, plus vous aurez des IA qui sont capables de comprendre, de généraliser ces données et plus vous allez permettre à des cas d'usage des opérateurs d'interroger ces données. C'est le nerf de la guerre. Si on veut que sur nos théâtres d'opérations, nos IA soient efficaces, elles doivent être confrontées aux données qui viennent de là.
-Parmi ces données, certaines sont classifiées, donc secrètes. Il faut pouvoir les traiter sans risque. C'est pourquoi le ministère se dotera d'ici 2025 du plus puissant supercalculateur classifié secret défense dédié à l'IA en Europe.
-On veut disposer de modèles qui correspondent à l'utilisation maîtrisée de nos données et avoir une vision de la mécanique du moteur qui soit suffisamment robuste pour qu'on puisse garantir au décideur, politique notamment, que quand il va, sur la base d'un traitement IA de nos données, prendre une décision, cette décision soit maîtrisée. -Maîtrisée et fiable. En matière de tromperie, il y a bien un domaine où l'IA fait aujourd'hui ses preuves, surtout sur les réseaux sociaux : l'information.
-Il y a quelques années, lorsqu'on parlait d'IA et de militaire, ce qui faisait peur, c'est que tout le monde voyait Terminator, e robot tueur. Aujourd'hui, c'est beaucoup plus insidieux et nous prenons l'arrivée de l'IA générative très au sérieux. C'est un danger pour les démocraties, avec la manipulation de l'information.
Regardez les images qui peuvent être générées du président Macron ou Trump, qui sont extrêmement difficiles à discriminer de véritables images. -Nous retrouvons notre expert IA de la DGA à Bruz, près de Rennes. Avec d'autres, il conçoit un logiciel pour détecter de faux contenus générés par l'IA.
Un outil qui intéresse notamment la cyberdéfense et le renseignement en vue de détecter les attaques informationnelles contre les armées françaises. -L'objectif, c'est de détecter ces "deep fake" qui pourraient nuire à l'image de la France. On va opposer une intelligence artificielle qui va générer des fake news à une autre intelligence artificielle qui va les détecter.
On va lui apprendre à détecter ces fausses informations en lui donnant beaucoup d'exemples. C'est en construisant toute une base d'exemples qui sont des fake news et des deep fake que notre IA va réussir à apprendre les points les plus saillants de ces générations d'images et réussir à les détecter ensuite sur un nouveau jeu de vidéos, images ou sons qu'on lui proposerait. On a pris cet exemple du président Macron.
*-Françaises et Français, mes chers compatriotes, qui sème l'illusion récolte la souffrance. -C'est une vidéo qu'on retrouve sur les réseaux sociaux et qui a été truquée. Grâce à notre logiciel, on peut voir image par image si le logiciel considère que c'est un deep fake.
A partir du moment où il dépasse un certain seuil, on considère que l'image a été manipulée. C'est ce qu'on voit ici avec cette vidéo disponible sur les réseaux. Aujourd'hui, on voit que beaucoup de deep fake peuvent être détectés de façon humaine.
On va voir des altérations dans des pixels, des problèmes de synchronisation des bouches, des problèmes dans la génération des mains, mais on voit que ces processus s'améliorent de jour en jour et il est très certainement possible que dans le futur, on n'arrive plus à détecter humainement que des images, des sons, des vidéos aient été générés via de l'IA. C'est pour ça qu'on y oppose d'autres IA pour venir détecter automatiquement et ajouter de l'information à un humain que cette information a potentiellement été manipulée ou générée automatiquement. -Les fonctions d'IA générative.
. . -Une première expérimentation d'IA générative est menée sur le réseau interne du ministère par le centre expert IA du secrétariat général pour l'administration.
Un équivalent sécurisé de ChatGPT pour assister les agents de la défense. -On a eu pas mal de retours utilisateurs qui ont montré la pertinence de disposer d'une telle technologie en propre. Et suite à ces retours, on a décidé de créer une plateforme, qui s'appelle GenIAL, avec une volonté de toucher une population assez élargie au sein du ministère et Vauban, qui se concentre sur les métiers qu'on retrouve en état-majoral.
Aujourd'hui, de ce que l'on a comme recul, on voit que ces technologies peuvent être utiles pour rédiger du contenu, donc une aide pour rédiger des mails, des comptes-rendus de réunions, pour produire également des synthèses de documents. Certaines personnes les utilisent également pour faire par exemple de la traduction. Donc, il y a, j'ai envie de dire, beaucoup de possibilités et on n'en est qu'au début donc on va découvrir d'autres fonctions utiles.
-Chaque semaine, des officiers en état-major testent l'outil Vauban. -On reste responsables de ses productions, donc il est capital de relire les produits de sortie de l'outil. -Ce sont des petites équipes qui nous font des retours assez régulièrement de ce qui marche mais aussi de ce qui ne marche pas en vue de les corriger et de les améliorer.
On estime une première utilisation un peu plus large aux alentours de juin 2024 sur nos propres réseaux pour une première capacité, une première évaluation. -Son analyse peut varier d'un moment à l'autre. -L'opérateur qui va utiliser l'IA va se démultiplier.
C'est un peu comme un exosquelette avec lequel vous allez pouvoir déménager votre appartement en deux jours au lieu d'avoir une bande de déménageurs. L'IA, c'est comme si vous aviez une batterie de gens qui travaillent pour vous et qui va faire du travail qui était dévolu à l'opérateur et qui mettra l'opérateur en position de supervision. -L'intelligence artificielle pourrait aussi aider le commandement à planifier les opérations militaires.
C'est le projet de la start-up française Comand AI. -Ce que notre plateforme logicielle fait, c'est accélérer la phase de planification et augmenter nos utilisateurs officiers qui ont à planifier les missions, que ce soit en amont de l'opération, et permettre de planifier une opération, au lieu de le faire en 12 heures, de le faire en 3 heures, donc gagner jusqu'à un ordre de grandeur en termes de délai de planification, ou pendant l'opération, en cas d'aléa, si on doit changer les plans initialement prévus, on va pouvoir replanifier très rapidement une mission. Et ce qu'il faut comprendre, c'est que souvent, ces phases de replanification en opération, pendant l'opération, se font dans des situations de temps assez contraintes, et c'est là que l'apport de l'IA est très significatif car il permet, en 10 minutes, une demi-heure, de réaliser des opérations de planification qui peuvent prendre plusieurs heures.
-On mobilise au moins trois sortes de technologies différentes, une partie compréhension du langage naturel, une partie qu'on appelle IA symbolique algorithmique, pour manipuler des données, et une partie simulation et apprentissage par renforcement, comme pour les IA qui jouent aux échecs. Ensuite, c'est vraiment une compréhension assez fine de la logique qui est derrière, des concepts qu'on est en train de manipuler, qu'est-ce que c'est, une tâche, tactiquement parlant, à quel moment j'arrive à repérer que c'est une tâche, d'avoir ce niveau de compréhension assez fin, pour expliquer à l'IA, lui faire un manuel assez précis qu'elle peut comprendre, elle, et faire cette traduction entre langage tactique militaire et quelque chose qu'une IA peut comprendre. -Cette plateforme logicielle et son data center sont déployables en opérations en conditions réelles et opèrent hors du réseau Internet.
-Vous avez cette image dans "Matrix" de Neo qui bouge plus vite que les balles qu'on lui tire dessus. C'est ça, en fait, ce qui est recherché. Avec un système de commandement qui est fondé sur des processus très rapides, qui sont fiables et qui vous permettent de décider plus vite, vous surclassez votre ennemi avant qu'il ait pu bouger, se rétablir, prendre en compte votre action et trouver une parade.
-L'Armée de terre explore les pistes ouvertes par l'IA pour prendre cet avantage. -Demain, on peut même imaginer aller un peu plus loin encore. Dans les sortes de Graal que recherchent les armées, il y a celui du rapport de forces, le fameux RAPFOR qui permet de dire si localement, à un instant T, je suis plus fort ou moins fort que l'ennemi, et ça oriente la décision.
Ce RAPFOR, on peut imaginer l'étudier un peu plus loin, un peu plus précisément, en intégrant des éléments locaux, liés à la manoeuvre, des éléments de doctrine, des capacités connues des plateformes de combat ennemies et les nôtres, et faire une comparaison un peu plus objective à chaque instant de la manoeuvre. Une autre piste qui doit intéresser l'Armée de terre, c'est que si j'arrive à accélérer un processus, à le rendre plus fluide et moins consommateur de ressources, je peux imaginer diminuer le volume : j'ai moins de véhicules, j'ai une capacité à bouger supérieure, j'émets moins d'informations parce que mon information est plus précise et on entre dans une logique de survivabilité intéressante sur un théâtre d'opérations. Sans que ce soit le driver de ce type de projet, c'est un effet secondaire de ce qu'on peut attendre de l'IA qui serait de rendre nos PC plus mobiles et plus sûrs.
-Le domaine qui restera souverain jusqu'au bout, c'est la décision. La décision d'envoyer des gens faire quelque chose d'extrêmement dangereux, d'ouvrir le feu, de mettre en péril leur vie. Ca restera quelque chose qui sera décidé par des hommes et des femmes autour d'une table, qui pèseront les risques au mieux.
-En France, le tournant de l'IA est bel et bien amorcé, avec une ambition : devenir la première puissance militaire de l'IA en Europe et dans le top 3 mondial. SOUS-TITRAGE : RED BEE MEDIA Générique . .
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