nouveau numéro de reporter sur France 24 direction les États-Unis pour parler des migrants venus d'Afrique les Africains représentent 5% des immigrés aux États-Unis mais leur population est celles qui croient le plus chaque année pour beaucoup l'Amérique et la terre de tous les possibles mais la réalité s'avère parfois plus difficile Fanny Allard correspondante de France 24 aux États-Unis est avec nous c'est ce qu'on va découvrir dans votre reportage et parmi les difficultés auxquelles se heurtent les Africains il y a une forme de racisme à leur égard de la communauté afro-américaine qu'on a du mal à imaginer
pourtant de prime abord je ne sais pas si on peut vraiment parler de racisme mais ce qui est certain c'est que la relation entre Africains et afro-américain est complexe et souvent faite de stéréotypes en fait dans une certaine mesure les Afro-Américains en vie les Africains de savoir qui ils sont édou ils viennent parce que que ce soit du Cameroun du Niger du Bénin ou de Côte d'Ivoire ces africains viennent tous d'un pays avec une culture propre or les Afro-Américains sont des Américains et non d'Africains que l'ascendance lointaine hérité de l'esclavage et c'est bien là tout
le problème ils sont issus d'une immigration forcée ont subi des discriminations depuis 400 ans en subissent encore aujourd'hui et ils portent la nationalité d'un pays qui peine encore parfois à assumer son histoire il y a donc je dirais comme un complexe d'identité mais l'erreur je crois est de penser qu'Africains et afro-américains auraient plus en commun tout simplement parce qu'il partage la même couleur de peau alors on va découvrir votre reportage Fanny on vous retrouve juste après reportage signé Fanny à l'art pour France 24 [Musique] [Musique] [Musique] puisque c'est tellement différent de mon pays je me
suis dit bon pourquoi pas essayons voir s'il y a une meilleure vie de l'autre côté un avenir meilleur c'est ce qui est venu chercher Aurore aux États-Unis cette béninoise de 47 ans est chauffeur de Hubert à Washington un métier qu'elle n'aurait jamais imaginé exercée je crois que mon père de Satan doit être en train de se remuer pourquoi j'ai payé toute cette scolarité si c'est pour finir chauffeur de taxis je n'avais rien je n'avais aucune connaissance de l'anglais avant d'immigrer au Bénin Aurore était cadre dans une entreprise de communication ici elle roule 12 à 14h
par jour et prend en moyenne 25 passagers entre la Virginie le Maryland et Washington ce jour là elle dépose des clientes près du Capitole des États-Unis à l'évé selon les mois et les heures travaillées Aurore gagne mis la 1500 dollars par semaine un salaire conséquent mais qui aux États-Unis suffit péniblement à couvrir ses charges elle n'arrive pas à épargner et doit parfois demander à sa mère de lui envoyer de l'argent depuis le Bénin c'est beaucoup d'argent mais compte tenu du coup de la vie ici c'est ça c'est rien il faut déjà payer le loyer à
2000 dollars vous imaginez 2000 dollars c'est un million de francs Cfa c'est un palace chez moi au Bénin quand on est en Afrique on pense que les États-Unis c'est l'Eldorado et ce n'est pas tout à fait ça un désenchantements que ne partage pas tous les immigrés africains aux États-Unis chaque année des milliers de subsahariens et de nord africains tentent leur chance de l'autre côté de l'Atlantique [Musique] il est né à Bizerte sur les rives de la Méditerranée mais avant de quatre ans il a décidé que l'avenir serait en Amérique aujourd'hui il y a 48 ans
il est le manager du prestigieux George Town club c'est comme un bateau là c'est comme le Titanic un endroit privé réservé aux membres où il s'occupe aussi de choisir les vins c'est auprès d'une marocaine qu'il fait sa sélection vous êtes au rabat non non pour avoir mon tajine le pôle j'ai commencé comme un serveur à elle le sens et après j'ai venu ici j'ai commencé Washington pour sa proximité avec le nord de l'Afrique mais aussi pour sa diversité car dans la capitale américaine et ses environs on trouve plus de 170 nationalités c'est mon choix de
d'être vraiment un Américain parce que l'Amérique elle m'a donné tout pourquoi pas je donne aussi c'est vrai c'est ça c'est mentalité et comment elle l'a dit le président Kennedy donne ask a merry what you can do for américain un choix de vie qu'il n'a jamais regretté en Tunisie après la Révolution plusieurs de ses amis d'enfance sont partis faire le jihad deux copains ou un voisin de Bizerte qu'il est parti en Syrie il est mort là-bas il y en a notre de Marseille en tunisien sa mère française il a laissé sa femme enceinte elle est partie
en série bye bye il est mort j'ai rien à faire en Tunisie ma vie c'est ici c'est comme on dit le dernier transit de ma vie parmi les immigrants africains environ 20 000 arrivent chaque année grâce à la loterie de la carte verte un système instauré par Ronald Reagan dans les années 80 et qui permet au gagnant de venir vivre et travailler aux états-unis Edwin et camerounais anglophone il est arrivé il y a 5 ans grâce à cette loterie quand je suis arrivé ici je me suis dit c'est le début d'une nouvelle aventure pour être
éligible à la loterie il faut avoir le bac et être né dans un pays avec un faible taux d'immigration aux États-Unis Edwin a été sélectionné après quatre tentatives j'ai préparé tous les documents nécessaires et parmi les conditions requises il fallait faire des tests médicaux ensuite j'ai eu un entretien à Yaoundé à l'ambassade américaine que j'ai réussi ils m'ont félicité et ils m'ont dit bienvenue aux États-Unis le jeune homme vient d'obtenir son diplôme d'ingénieur informatique à l'Université du Maryland le début de tous les possibles je suis très fier de ce que j'ai accompli jusqu'à présent et
ce sont les États-Unis qui ont rendu cela possible ils m'ont donné une chance je l'ai saisi et je suis infiniment reconnaissant [Musique] nous retrouvons Aurore la béninoise dans une zone commerciale de Silver Spring elle s'offre exceptionnellement quelques heures de bien-être en allant se faire tresser les cheveux dans le salon d'une amie comment tu vas comment va la famille ce matin ça va les deux femmes se sont connues il y a 7 ans à l'arrivée d'Aurore aux États-Unis elle travaillait alors ensemble dans le même salon de coiffure une amitié facilitée par un langage et des racines
communes Liliane vient-elle aussi d'Afrique de l'Ouest c'est vrai que c'est un continent mais c'est un pays surtout l'Afrique francophone on a pratiquement les mêmes cultures on se comprend on mange pratiquement les mêmes repas on réfléchit de la même manière on a les mêmes réalités ce qui n'est pas pareil avec une afro-américaine par exemple les relations entre Africains et afro-américains sont souvent compliqués en 7 ans aux États-Unis Aurore nié aucune amitié avec l'un d'entre eux parfois elles pensent que le aïeux ont été vendus par les nôtres donc il y a cette jalousie il y a cette
jalousie du fait que nous quand on vient ici on sait pourquoi on est venu on se cherche on se bat et ce qui n'est pas toujours le cas de leur côté pendant longtemps il faut seulement essayer de connaître ta place et saisir les choses le jugement d'Aurore est plus sévère fouille de ces rencontres et expériences passées c'est des gens qui vont peut-être t'approcher et puis bon ben le lendemain tu reconnais plus la même personne pour eux l'amitié c'est quelque chose de de superficiel c'est et par contre pour l'africaine que je suis l'amitié sacrée [Musique] s'intégrer
dans une société et en épouser ses codes demande de la résilience c'est ce cadenas le Tunisien a réussi à faire il est marié depuis 22 ans à Rachel une Américaine de Virginie qui la rencontrée ici sa famille fait partie de l'accomplissement de son rêve américain elle m'a donné la liberté la joie et tout c'est ça m'a donné une famille j'ai pas imaginé que je veux voir un blanc avec moi pour le moment c'était mon rêve aussi avoir une blonde le français d'Anna n'est parfois hésitant après 24 ans aux États-Unis le Tunisien serait-il devenu complètement américain
oui mais pas seulement je crois qu'il a gardé un peu ces valeurs tunisiennes surtout comment il me guide un peu j'ai pas complément reçu il est un peu plus droite les États-Unis ont été fondés par des immigrants la famille de Rachel par exemple est venue d'Allemagne au début du 20e siècle pour poursuivre une vie meilleure éternelle promesse de l'Amérique nous avons construit une vie prospère dans ce pays c'est le résultat d'un melting pot d'un mélange des gens donc oui je continue à vivre le rêve américain ce rêve Edwin le Camerounais veut aussi le faire sien
ce soir là il fait route vers la Virginie je ne peux pas dire que le système soit parfait ici mais dans une certaine mesure le système est plus favorable qu'au Cameroun plus égalitaire en attendant de trouver un emploi qui correspond à son niveau d'études le jeune homme est DJ dans des événements une activité qu'il affectionne particulièrement je vais jouer ma que ça love c'est de la musique camerounaise des rythmafros et aussi de la musique sud-africaine aux États-Unis Edwin a pu s'offrir la platine de ses rêves c'est mon nouveau bébé je l'appelle mon bébé parce que
j'adore ce truc [Musique] le jeune homme n'est pas retourné au Cameroun depuis son arrivée il y a 5 ans un exil parfois difficile mais qui l'assume tout ce que je veux accomplir je peux le faire ici alors oui ça vaut largement la peine même si ma famille mes amis est la nourriture [Musique] mais le mal du pays ne touche pas tous les Africains de la même manière si Aurore tient bon c'est uniquement pour sa fille Sacha scolarisée aux États-Unis depuis ses 5 ans mis aurore est d'abord arrivée avec un visa touriste elle pensait ne restait
aux États-Unis que quelques mois il essaie sa fille mais sa situation personnelle a changé c'est quoi les bonnes nouvelles de l'autre côté je m'accroche comme d'habitude à la maison elle prépare la cuisine avec des épices du pays ma nourriture africaine je ne m'en sépare pas un amour profond du Bénin Correur transmettent à sa fille à cheval entre deux cultures moi je sens africaine quand je suis avec mes familles mais quand je suis à l'école et avec mes amis je sens Amérique Sacha espère intégrer l'université de Yelle après le lycée et parachever le rêve américain que
lui offre sa mère non sans sacrifice le vrai américain est possible quand on y vient jeune mais pour 90% de ceux qui ont immigré vers les États-Unis le rêve américain c'est juste illusoire illusion ou réalité une chose est certaine pour aimer l'Amérique il ne faut pas seulement l'avoir rêvée il faut être prêt à s'y fondre sans compter [Musique] et on retrouve Fanny Allard notre correspondant aux États-Unis qui a réalisé ce reportage Fanny beaucoup d'immigrés arrivent dans le pays grâce un système de loterie pouvez-vous nous expliquer ce fonctionnement qui nous paraît un peu étrange ici vu
de France alors la loterie de la carte verte cette balle en réalité le diversité visa loterie c'est un visa diversité il est distribué chaque année à 55000 personnes issues des pays éligibles parmi ces pays ont trouvé évidemment des pays africains mais aussi des pays d'Asie des pays du Moyen-Orient et des pays d'Europe il y a moins de pays d'Amérique du Sud parce qu'il faut être citoyen d'un pays dont le taux d'immigration aux États-Unis est faible il y a de nombreux participants pour peu d'élus l'année dernière par exemple il y avait 7 millions de candidats la
participation est gratuite elle se fait en ligne il faut avoir au moins deux ans d'expérience professionnelle ou le bac et un passeport valide mais une fois sélectionné ça ne veut pas dire que vous obtenez cette carte verte il faut ensuite remplir plusieurs documents administratifs et se rendre à un entretien c'est complètement aléatoire mais si l'on gagne comme Edwin qu'on a vu dans le reportage et bien ce visa donne accès à la carte qui est un véritable passeport pour les États-Unis il permet d'étudier de vivre et de travailler aux états-unis il permet également de faire venir
sa famille son conjoint ou ses enfants au nom du regroupement familial et puis au bout de 5 ans vous pouvez demander la nationalité américaine pour les États-Unis c'est un moyen efficace de choisir et de contrôler son immigration finalement oui cette fameuse Green Card alors pourquoi est-ce que les Africains francophones que vous avez rencontrés n'ont pas choisi la France plutôt que les États-Unis bien tout simplement parce qu'il n'y a pas en France d'équivalent à cette loterie de la carte verte nous n'avons pas de programme qui offre autant d'avantages et puis il y a aussi deux réalités
d'une part la relation post-coloniale parfois ambigu avec la France qu'on les Africains et puis d'autre part le fait que les États-Unis exerce encore à travers le monde une vraie fascination cela reste dans l'imaginaire collectif le pays de tous les possibles et dans une certaine mesure c'est vrai et ça l'est d'autant plus pour les enfants d'immigrés on parlait tout à l'heure de la relation compliquée entre Africains et afro-américain mais c'est différent c'estompe en une génération Aurore la béninoise que vous avez vu dans le reportage me disait assez justement que l'on est du pays où l'on est
et où on grandit elle est bien que ce ne soit pas vrai évidemment dans tous les cas je pense que c'est peut-être ça la conclusion Fanny Allard correspondante de France 24 aux États-Unis merci Fanny c'est la fin de ce magazine merci de l'avoir suivi on se retrouve la semaine prochaine pour un nouveau numéro de reporter [Musique]