- Quant aux appels à sa démission, E. Macron les a rejetés en bloc. - E.
Macron est dans le désert. - Le contraste est saisissant. D'un côté, le calme de ce paysage, de l'autre, la journée historique que l'on pourrait vivre très vite en France.
- A. -E. Lemoine: Bonsoir, B.
Jeudy. Est-ce que vous aussi, vous trouvez ce contraste saisissant entre M. Barnier qui, hier, faisait tout pour sauver sa place et cette image d'E.
Macron? - B. Jeudy: Oui.
C'est même assez symbolique. Il a cherché, depuis des semaines, presque des mois, depuis la dissolution manquée. .
. Il a cherché à se mettre à l'écart. .
. Le hasard diplomatique a fait qu'il se trouvait hier et aujourd'hui en Arabie saoudite. Ce soir, aux dernières nouvelles, il aurait eu envie de rentrer très vite à Paris pour arriver avant la chute potentielle du gouvernement Barnier.
Au départ, il avait envie de s'éloigner, mais il va rentrer. - A. -E.
Lemoine: Il revient au centre du jeu. C'est lui et lui seul qui va choisir un nouveau Premier ministre. Il va devoir faire vite, cette fois?
- B. Jeudy: Oui. Toujours dans ce voyage, il a confié qu'il voulait faire vite.
Il voulait même essayer de nommer en 24 heures. - A. -E.
Lemoine: Comme D. Trump qui va régler la guerre en Ukraine en 24 heures? - B.
Jeudy: Il sait qu'il ne peut pas recommencer ce qu'il a fait cet été: prendre 65 jours pour nommer un Premier ministre. Il sait qu'il a intérêt à nommer rapidement. Sinon, l'idée de la démission portée par M.
Bompard et ses amis. . .
- A. -E. Lemoine: Va prendre de l'ampleur.
- B. Jeudy: Mais aussi par M. Le Pen qui ne le dit pas mais qui le pense.
. . Ca va s'installer.
Il a intérêt à nommer très vite. Samedi, il y a l'inauguration de Notre-Dame. Il ne veut pas apparaître, lors de cette inauguration, avec un gouvernement démissionnaire.
- A. -E. Lemoine: S'il peut décider en 24 heures, c'est qu'il a déjà une idée?
- B. Jeudy: Oui. Il a consulté déjà, depuis au moins le début de la semaine, tous ses proches, les politiques avec qui il est en confiance.
Il en a perdu quelques-uns. Il a consulté aussi ses alliés, les chefs de parti, G. Attal.
. . - A.
-E. Lemoine: Il a un nom en tête? Une short list?
- B. Jeudy: Il y a 2 noms qui se dégagent. Le 1er nom, c'est S.
Lecornu, le ministre dont il est le plus proche, son plus ancien ministre, le ministre des Armées. Ca fait 3 fois qu'il est dans la short list. - A.
-E. Lemoine: Ca fait 3 fois qu'il fait des gouvernements. - B.
Jeudy: Il était dans la short list au mois de septembre, au mois de janvier. Peut-être qu'il le sera à la fin de l'année. 4e peut-être Premier ministre en une seule année.
C'est la 1re fois dans l'histoire de la Ve République. - A. -E.
Lemoine: E. Borne, G. Attal, M.
Barnier. . .
- B. Jeudy: Lecornu, c'est la stratégie qui lui permet de garder le pouvoir, de mettre un proche, mais quelqu'un issu des LR, historiquement. Il est macroniste.
Il peut bénéficier ou avoir la neutralité d'une M. Le Pen. Il a dîné avec elle il y a quelques mois.
- M. Bouhafsi: Il est respecté par les insoumis. - B.
Jeudy: C'est ce qu'ils disent. Ce serait une stratégie assez semblable à M. Barnier.
F. Bayrou a dit: "C'est le moment MoDem. " - A.
-E. Lemoine: On n'y avait pas pensé. - B.
Jeudy: Il parle à tout le monde, F. Bayrou. Il peut parler à gauche.
Il n'a qu'un souci. . .
Il parle avec des gens du PS. Il a aussi une certaine neutralité de la part de madame Le Pen. Il lui a offert sa signature pour la dernière campagne présidentielle.
- P. Cohen: Il a expliqué que l'inéligibilité était allée trop loin. - B.
Jeudy: Les sarkozystes lui en veulent d'avoir fait battre N. Sarkozy en 2012. Une équation peut permettre à E.
Macron de mettre en place une équipe avec peut-être un Cazeneuve, un Bertrand. . .
- P. Cohen: Il a le même âge que M. Barnier, en plus.
- B. Jeudy: Accessoirement. C'est une carte possible qui serait différente de celle que vient de jouer le président avec M.
Barnier dont on a vu qu'il avait touché ses limites. - A. -E.
Lemoine: Votre choix? - M. Bompard: On se met à discuter de noms.
. . Ce sont des hypothèses.
Il y a quand même quelque chose d'assez extraordinaire. On est tous en train de réfléchir à 2 noms qui sont 2 macronistes, en tout cas membres de la coalition macroniste. On est en train de dire que le camp politique qui a perdu les élections européennes l'année dernière, les élections législatives.
. . - P.
Cohen: Tout à l'heure, vous disiez que Barnier était issu de la petite formation. - M. Bompard: Si une fois qu'on a nommé le 4e de l'élection ça vous convient qu'on nomme le 3e, moi, ça ne me convient pas.
Dans ce pays, on est dans une démocratie. Il faut respecter le résultat de l'élection. - B.
Jeudy: Dans l'hypothèse d'un F. Bayrou, il se fait fort de convaincre quelques socialistes de venir avec lui. Il y a une orientation politique.
Est-ce que l'orientation politique de F. Bayrou serait différente de celle de monsieur Barnier? Est-ce que monsieur Bayrou serait d'accord pour dire qu'il faut abroger la réforme des retraites?
Est-ce qu'il serait d'accord pour augmenter les salaires? Il dit qu'il faut revenir sur certains points. - M.
Bompard: Aux élections législatives, les formations politiques qui défendaient l'abrogation de la réforme des retraites ont été très largement majoritaires. - E. Tran Nguyen: E.
Macron a dit qu'il resterait président jusqu'à la dernière seconde. Il reste E. Macron, mais il faut dire qu'il est de plus en plus seul, isolé depuis la dissolution de juin dernier et de moins en moins soutenu?
- B. Jeudy: Oui. Il est de plus en plus isolé.
Un certain nombre de personnes lui ont tourné le dos, le voient moins. Il s'est recroquevillé, comme souvent les présidents de la République dans leur 2e mandat. Il est recroquevillé dans le palais de l'Elysée.
Il est entouré de gens qui disent qu'il a bien fait de dissoudre. . .
Plus grand monde ne dit publiquement que c'était une bonne idée. La dernière fois qu'il a essayé de vous expliquer son idée de dissolution, avec Patrick, on a eu du mal à comprendre. Il est isolé, il est dans une situation politique compliquée.
Maintenant, est-ce qu'il est à la veille de démissionner? Ce n'est pas du tout son état d'esprit. - E.
Tran Nguyen: Certains disent qu'ils ne le reconnaissent plus, qu'il n'est plus le même, qu'il n'a plus la flamme en lui. - B. Jeudy: Il a pris quelques coups, quand même.
L'humilité. . .
La défaite de la dissolution est quand même un coup terrible. J'avais déjà vu J. Chirac après la dissolution.
. . E.
Macron, c'est la même chose. Ils sont à terre et ne s'en remettent pas vraiment. mais il pouvait se représenter.
Il y avait une vraie cohabitation. Là, il est dans quelque chose d'hybride. Ce n'est pas une cohabitation.
Il ne peut pas se représenter. . .
La personnalité d'E. Macron est un peu zappée, politiquement. On voit bien que tous les chevaux légers de son camp sont déjà en train de plus ou moins l'enterrer et de préparer leur propre agenda politique, 2027 ou avant.
- M. Bompard: Il pourrait alléger ses souffrances si c'est aussi difficile. - P.
Cohen: Vous gardez le cap. - B. Jeudy: Cela étant, sur la démission, il faut reconnaître.
. . Les insoumis le disent cash, ils veulent la démission.
M. Le Pen ne le dit pas cash. Elle dit que s'il y a 2 ou 3 motions de censure, il ne pourra pas tenir.
La réalité, c'est que c'est la même analyse: le blocage coûte que coûte des institutions. Ce sera très difficile pour lui.