[Musique] Madame, mademoiselle, monsieur, bonjour et bienvenue dans cette web série où nous poursuivons notre rencontre avec Thomas Dansbourg et nous allons prendre le temps maintenant d'analyser quelques émotions. Thomas Lbba. Bonjour.
Alors peut-être commencer par cette émotion qui est la peur. C'est précieux de commencer par elle parce que c'est une des émotions les plus récurrentes et qui indique bien sûr un besoin de sécurité. Lorsque nous avons peur, c'est que nous nous sentons pas en sécurité.
Le besoin de sécurité est fondamental pour tout être vivant bien sûr et particulièrement pour nous être humain qui sommes assez fragiles. Et donc nous avons besoin de savoir comment prendre soin du besoin de sécurité qui peut se vivre sur différents plans. Ça peut être la sécurité physique évidemment par rapport à une agression, ça peut être une sécurité matérielle par rapport à des enjeux financieux ou d'abri ou de nourriture.
Ça peut être également de la sécurité affective ou relationnelle par rapport au fait de se situer dans un couple, dans une famille ou dans un groupe. Donc ce sera précieux de relier le clignotant qui est la peur. Nos sentiments sont des clignotants sur un tableau de bord ou des signaux sur un tableau de bord.
Le clignotant qui est la peur et qui renseigne dans notre mécanique intérieure comme les clignotantes sur un tableau de bord de voiture qui a des besoins qui ne sont pas satisfaits et donc d'aller à l'écoute tiens qu'est-ce qui est pas satisfait ? Et donc pour pouvoir dépasser la peur, ça nous demande de pouvoir l'écouter et donc de pouvoir s'asseoir à côté d'elle et lui dire "Viens là ma peur. Viens me raconter ce que tu as à me dire.
Tu es pas la partie la plus joyeuse de mon être. Mais si tu es vivante, j'ai besoin de te connaître et j'ai besoin de savoir ce que tu as à me dire. C'est quoi ton message ?
Et la plupart du temps, si j'écoute, je vais entendre des messages comme j'aurais besoin de faire confiance. J'aurais besoin de faire confiance dans la vie, j'ai besoin de faire confiance dans les gens, j'ai besoin de faire confiance dans mon enfant, j'ai besoin de me faire confiance à moi. Et nous allons apprendre à élargir notre champ du décernement.
Assez souvent, la peur renseigne effectivement un besoin d'estime de soi, de confiance en soi. C'est pas un petit enjeu l'estime de soi. 90 % 90 % de la population manquent d'une juste estime de soi.
Et personnellement, c'est un enjeu que j'ai eu à travailler pas mal en entrant en thérapie. Trouver une juste estime de soi pour cesser d'avoir peur du regard de l'autre, de la pression sociale, des attentes, des jugements, des critiques et arriver à trouver sa force et son autonomie. Nous avons besoin d'apprendre ça.
Et donc ce type de dialogue régulier quand la peur est là permet petit à petit d'apprivoiser la peur. Si la peur arrive, la plupart du temps, elle fonctionne un peu comme un chien de garde dans une maison. Elle vient nous dire "Il y a un danger.
Est-ce que tu as vu ? Peut-être tu vas trop vite, peut-être tu vas trop lentement, peut-être tu as loupé ceci ou tu as pas fait attention à ça. Donc on va écouter le message du chien de garde et c'est ça le petit dialogue intérieur.
Mais à un moment, c'est précieux de pouvoir dire "Bon, merci, j'ai compris ton message, j'ajuste maintenant ccou panier et je renvoie la peur parce que c'est pas elle qui décide. La l'extrême, voyez-vous, le risque c'est que le chien le garde prenne toute la place et moi je suis terrassé dans mon coin et il y a mon gros chien chien là qui est supposé me garder mais qui me fait peur. Et beaucoup de gens sont comme ça terrassés devant la peur.
Donc c'est précieux de pouvoir écouter le message, ajuster le comportement, mettre en place un changement et remercier la peur pour sa fonction sans être submergé par elle. Ça ne tombe pas du ciel, vous le voyez, ça ne tombe pas du ciel. Ce sont des apprentissages que nous avons besoin d'apprendre à faire petit à petit parce que c'est clair que nous ne serons pas heureux si nous sommes dans la peur régulièrement.
Ce qui est précieux, c'est de réaliser que nous développons de plus en plus la capacité non pas de ne plus avoir peur, mais de ne plus avoir peur d'avoir peur. Espérer une vie d'homme ou de femme sans rencontrer la peur régulièrement à différents moments, c'est utopique. Euh nous avons besoin d'accepter notre sensibilité, notre fragilibilité, le fait que nous traversions des circonstances qui sont pas toujours loin sans faux, commodes à vivre.
Donc nous allons rencontrer la peur. Toutefois, nous pouvons développer une beaucoup plus grande capacité à cohabiter avec cette émotion, à la dépasser et à sentir l'inspiration qu'il y a derrière. Dans mon expérience d'accompagnement des personnes et d'accompagnement de moi-même à travers les peurs, je réalise que l'enjeu est de taille.
Nous avons besoin d'apprendre à faire confiance dans la beauté et la bonté de la vie. C'est pas un petit message. La maman qui contrôle tout, qui a peur que tout arrive, qui interdit aux enfants ne sors pas, ne monte pas sur l'arbre, tu vas glisser, fais attention, il y a des graviers.
Elle est tellement terrorisée qu'elle a pas confiance dans la vie. Elle est bien intentionnée, elle voudrait protéger ses enfants, mais elle pourrait sans s'en rendre compte les étouffer complètement, les inhiber et casser la confiance en soi. Elle a donc besoin pour encourager la confiance en soi, ce qui est à mon sens le sens de l'éducation, de retrouver la confiance en elle, de redémarrer par elle-même en disant "J'ai besoin d'apprendre à faire confiance dans la vie.
La vie veut du bien aux êtres humains. La vie ne veut pas du mal, la vie veut du bien. Et donc, il y a une dimension spirituelle à cette approche de la peur.
Plus nous entrerons dans la connaissance profonde de nous-même. La dimension de de de souffle qui nous habite, la dimension d'appartenance à ce projet magnifique qui va bien au-delà de nous, qu'on appelle la vie. Plus nous fréquenterons ce que dans les religions on appelle Dieu, mais qu'on peut appeler l'infini ou ou le tout.
plus nous sentirons que tout ça est soutenant, aimant et nous veut du bien. Inversément, ce que je peux voir dans ma pratique, c'est que si nous avons pas conscience de ça, que nous sentons tout seul coupés sans appartenance, alors nous commençons à avoir peur de tout. Et il y a donc une dimension d'ouverture psychospirituelle qui nous permet de réaliser qu'il y a peut-être des dangers, d'être avisé par rapport à ça, d'adopter les comportements qui sont justes, mais en même temps de tabler profondément de tout son être sur le fait que la vie nous veut bien.
Elle est une voie d'expansion de nous-même. Mais on suppose qu'on n pas tous égaux devant la peur que certains d'entre nous ont plus peur que d'autres et et comment on peut expliquer ça ? C'est c'est notre histoire personnelle ?
Ce sont nos blessures, nos nos fragilités. Il y a tout un cocktail bien sûr d'éléments dans ce genre de choses. L'histoire personnelle, la façon dont on a grandi, les modèles qu'on donné les parents.
Était-il le même confiant ou était-il plutôt inquiet et préoccupé ? Ça c'est très impressionnant dans la mesure où ça fait impression. Donc c'est précieux comme parent, soit-même de vérifier quel est le modèle du monde que je donne à mes enfants.
Un modèle de de de frilosité, de de peur ou est-ce que c'est un modèle de confiance, de d'expansion, d'ouverture ? Il y a cet enjeu et je de plus en plus j'ai pas été éduqué là-dedans parce que dans la tradition chrétienne dans lequelle j'ai grandi, on ne pense pas qu'il y a des réincarnations. De plus en plus, j'en ai des signes que quel n pas complètement indem.
Il y a comme une sorte de de téléchargement en nous, de certains logiciels qui fonctionnent comme si effectivement nous avions vécu d'autres vies. Je ne peux pas en dire plus parce que c'est juste une intuition dans mon processus. Mais effectivement, pas mal de traditions nous disent que nous n'arrivons pas vierge de tout passé, qu'il y a effectivement certains encodages.
Et je trouve intéressant de d'ouvrir cette possibilité en se disant peut-être que je peux observer ça pour le démanteler petit à petit. Nous gardons un libre examen, nous gardons un discernement, une liberté. Si nous prenons conscience de nos peurs, nous pouvons les démanteler.
La psychologie transgénérationnelle quelque part, elle elle favorise aussi ce que vous dites là. Absolument. Absolument.
Euh nous pouvons reproduire, on le sait maintenant, des scénarios qui ont été vécus par des arrières arrière- grands-parents ou même des grands oncles. Et donc, c'est intéressant de ne pas subir la la vie en se disant "Je suis comme ça, je changerai pas. " Non, nous avons un pouvoir de transformation qui est considérable si nous portons les choses à la conscience.
Et c'est ça l'enjeu, c'est de d'oser faire ce côtoiement avec la peur, cette fréquentation qui va permettre d'élever la conscience pour se débarrasser de certains piège. L'idée que je porte chèrement dans mon cœur, c'est que nous avons en nous toute la capacité à traverser les défis qui nous viennent. J'en suis convaincu.
Je peux convaincre personne, mais moi, j'en suis convaincu. Et au fond, l'idée c'est de plus l'image de l'oiseau sur la branche peut nous aider. L'oiseau sur la branche n'a pas tellement confiance dans la branche parce qu'elle pourrait casser à tout moment s'il y a un petit coup de vent ou qu'elle est un peu pourri.
L'oiseau a surtout confiance dans sa capacité à reprendre son envolit. C'est à ça que j'invite les personnes prendre conscience, confiance et conscience dans notre capacité à reprendre notre envol, à ouvrir nos ailes et à dépasser le risque qui jamais risque qu'il y avait. Là, il y a vraiment une capacité à déployer un citoyen plus euh inspiré et donc inspirant, un citoyen beaucoup plus pacifié et donc plus pacifiant parce qu'il acquis ses confiance en soi.
Il n'est plus donc dans le stress, l'agitation qui génère tellement de confusion aujourd'hui. Quand je vous entends, est-ce que le racisme quelque part ne serait pas une forme de peur ? La peur de l'altérité, la peur de la différence ?
Oui, bien sûr, c'est une forme de peur. Euh, racisme, intégrisme, radicalisme, retour à la lettre du texte, retour aux traditions qui ont sur qui ont prévalu autrefois tout ça c'est de la peur de de l'ouverture de du cheminement de de l'éveil de de la transformation. C'est de la peur certainement.
Peur de l'homophobie par exemple, euh de il y a la plupart du temps une peur derrière ça qui est une difficulté à accepter la nouveauté, le changement, la vie telle qu'elle est et non pas telle qu'on voudrait qu'elle soit. Accepter le cours des choses, beaucoup de peur de vieillir par exemple, de peur d'être malade, de peur d'être seul qui sont une difficulté à être dans l'instant, à être joyeux de ce qui est plutôt qu'unquet de ce qui n'est pas. Donc, on voit bien qu'il y a de nouveau un travail psychospirituel de connaissance de soi, d'élargissement du discernement, d'ancrage dans nos valeur et d'ouverture à la vie spirituelle qui peut nous aider à dépasser la peur sans la nier, hein, mais à la dépasser pour pour mieux vivre au fond et vivre une vie plus joyeuse et plus généreuse comme l'oiseau.
Thomas Nbourg, merci beaucoup. Nous arrivons déjà au terme de cette rencontre. Nous nous trouverons donc très bientôt.