2e épisode de la journée, Exode, chapitre [Musique] 3. Moïse était berger du troupeau de son beau-père Jethro, près de Madiane. Il mena le troupeau au-delà du désert et parvint à la montagne de Dieu, à l'Horeb.
L'ange du Seigneur lui apparut dans la flamme d'un buisson en feu. Moïse regarda le buisson brûlé sans être consumé. Moïse se dit alors : « Je vais faire un détour pour voir cette chose extraordinaire.
Pourquoi le buisson ne se consume-t-il pas ? » Le Seigneur vit qu'il avait fait un détour pour voir, et Dieu l'appela du milieu du buisson : « Moïse ! Moïse !
» Il dit : « Me voici. » Dieu dit alors : « N'approche pas d'ici ; retire les sandales de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte. » Il déclara : « Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob.
» Moïse se voilait le visage, car il craignait de porter son regard sur Dieu. Le Seigneur dit : « J'ai vu, oui, j'ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j'ai entendu ses cris sous les coups des surveillants. Oui, je connais ces souffrances.
Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens et le faire monter de ce pays vers un beau et vaste pays, vers un pays ruisselant de lait et de miel, vers le lieu où vivent le Cananéen, le Hittite, l'Amorite, le Périzite, l'Hévien et le Gébousien. Maintenant, le cri des fils d'Israël est parvenu jusqu'à moi, et j'ai vu l'oppression que leur font subir les Égyptiens. Maintenant donc, va, je t'envoie vers Pharaon ; tu feras sortir d'Égypte mon peuple, les fils d'Israël.
» Moïse dit à Dieu : « Qui suis-je pour aller trouver Pharaon et pour faire sortir d'Égypte les fils d'Israël ? » Dieu lui répondit : « Je suis avec toi. » Et tel le signe que c'est moi qui t'ai envoyé : quand tu auras fait sortir d'Égypte mon peuple, vous rendrez un culte à Dieu sur cette montagne.
Moïse répondit à Dieu : « J'irai donc trouver les fils d'Israël, et je leur dirai : Le Dieu de vos pères m'a envoyé vers vous. Ils vont me demander : Quel est son nom ? Que leur répondrai-je ?
» Dieu dit à Moïse : « Je suis qui je suis. » Dieu dit encore à Moïse : « Tu parleras ainsi aux fils d'Israël : Celui qui m'a envoyé vers vous, c'est le Seigneur, le Dieu de vos pères, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob. C'est là mon nom pour toujours.
C'est par lui que vous ferez mémoire de moi d'âge en âge. Va, rassemble les anciens d'Israël ; tu leur diras : Le Seigneur, le Dieu de vos pères, le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, m'est apparu. Il m'a dit : Je vous ai visités, et ainsi j'ai vu comment on vous traite en Égypte.
J'ai dit : Je vous ferai monter de la misère qui vous accable en Égypte vers le pays du Cananéen, du Hittite, de l'Amorite, du Périzite, de l'Hévien et du Gébousien, le pays ruisselant de lait et de miel. Ils écouteront ta voix. Alors, tu iras avec les anciens d'Israël auprès du roi d'Égypte, et vous lui direz : Le Seigneur, le Dieu des Hébreux, est venu nous trouver, et maintenant, laisse-nous aller dans le désert à trois jours de marche pour y offrir un sacrifice au Seigneur notre Dieu.
Or, je sais, moi, que le roi d'Égypte ne vous laissera pas partir s'il n'y est pas forcé. Aussi, j'étendrai la main ; je frapperai l'Égypte par toutes sortes de prodiges que j'accomplirai au milieu d'elle, et après cela, il vous permettra de partir. Je ferai que ce peuple trouve grâce aux yeux des Égyptiens.
Aussi, quand vous partirez, vous n'aurez pas les mains vides. Chaque femme demandera à sa voisine et à l'étrangère qui réside à sa maison des objets d'argent, des objets d'or et des manteaux. Vous les ferez porter par vos fils et vos filles, et ainsi vous dépouillerez les [Musique] Égyptiens.
Bon ben, écoutez, pour une fois, on a un peu de temps pour commenter. Alors, on va se faire plaisir, et ça tombe bien, parce que c'est quand même un des chapitres qui compte triple dans la Bible. C'est quand même là où vous avez le buisson ardent, la vocation de Moïse et le nom sacré de Dieu.
Alors, par où commencer ? Ben, peut-être par ce buisson ardent avec le feu qui jaillit du buisson ardent. Alors, l'archéologie a retrouvé des vagues plantes dans le désert qui, effectivement, fleurissent de forme rouge et qui peuvent faire penser à un buisson ardent.
Ici, l'essentiel, c'est cette flamme qui jaillit du buisson ardent et qui vous montre la vie de Dieu. C'est là où c'est une révélation particulière ; c'est parce que c'est Dieu qui révèle ses entrailles, la vie qu'il possède. Cette flamme vivante, vous la retrouverez plus tard dans l'Exode avec la colonne de feu qui va guider le peuple juif à travers le désert.
Vous la retrouverez encore plus tard, le jour de la Pentecôte. Vous avez ici une préfiguration de l'Esprit Saint, les flammes de feu. Vous avez ensuite Dieu qui se souvient de son peuple : « J'ai vu, j'ai vu la misère de mon peuple.
» Il le redit deux fois pour insister sur ce qu'il a vu. Il aurait pu dire qu'il a entendu les gémissements, mais l'audition est plus lointaine que la vision. Vous êtes englouti par ce que vous voyez.
C'est une présence active de Dieu qui se souvient de son alliance. Vous voyez que, pour une fois, ce ne sont pas les hommes qui se souviennent de l'alliance pour pleurer envers Dieu parce qu'ils l'ont même oubliée, réduits à cet état de misère. C'est Dieu qui se souvient de son alliance pour se faire connaître à nouveau d'eux.
Donc, à travers tout cela, c'est Dieu qui prend l'initiative, jusqu'à ce qu'on arrive au verset 12, qui peut-être est le plus important, parce que c'est la clé de lecture de tout le livre de l'Exode. Ouvrez bien les oreilles, s'il vous plaît. Ceux qui sont en train de décrocher, on raccroche les wagons.
Dieu dit : « Je serai avec toi, et ceci sera le signe que c'est moi qui t'ai envoyé. Ouvrez les oreilles. Quand tu auras fait sortir le peuple d'Égypte, vous servirez Dieu sur cette montagne.
Vous servirez Dieu sur cette montagne. Vous lui rendrez un culte, mais vous servirez ici au sens de serviteur. Alors, je dis que c'est une clé de lecture, parce que ce livre qu'on appelle l'Exode, c'est nous dans notre tête.
C'est les 10 commandements, c'est les 10 plaies d'Égypte, c'est le peuple qui sort de l'esclavage, et en fait, quand vous regardez bien, il y a un but à tout ça : c'est de servir Dieu. Ce qui explique que pendant toute une énorme partie du livre de l'Exode, on sera au mont Sinaï à parler du tabernacle, des sacrifices, de comment orner la tente de la rencontre. Donc, ne vous dites pas, ce jour-là, que vous avez été pris en traite, que vous attendiez à la petite histoire des plaies d'Égypte, et que maintenant vous avez des longues descriptions sur comment devrait être la tente de la rencontre.
On vous a prévenu d'une certaine manière dès le début, il s'agit de servir Dieu. Ce qui vous montre aussi, j'insiste, parce qu'encore une fois, l'Exode, c'est la sortie d'Égypte, Moïse qui fait ses tours de passe-passe avec le Pharaon, et tout le monde rigole bien en voyant comment est-ce que le Pharaon est la dupe de lui-même. Petite méprise, parce que le but n'est pas de sortir d'Égypte, le but est de servir Dieu.
Je ne sais pas si tout le monde voit la différence, mais pour le peuple hébreu, ça va faire une grosse différence. Quand ils vont s'en apercevoir, ça va leur faire tout drôle. C'est parce qu'eux vont partir d'Égypte, la fleur au fusil, en se disant « Merci, Seigneur !
» et tout de suite, Dieu va leur dire : « Ben, maintenant on y va. Voilà le culte que vous allez me rendre, voilà votre manière de me servir : les 10 commandements, les sacrifices, etc. » Et vous allez voir que tout de suite, le peuple va se mettre à râler, et ça, vous n'avez pas fini de l'entendre comme refrain.
Donc, j'insiste, cette phrase qui n'a l'air de rien vous indique la manière dont Dieu va sauver le peuple juif. Ils étaient esclaves du Pharaon, Dieu va les sauver en les faisant ses propres esclaves, et c'est comme ça qu'il va les racheter, qu'il va les libérer. Évidemment, la loi qui va leur donner les commandements, cette fois-ci, ça ne va pas être de construire des villes entrepôts en bitume, ça va être le Décalogue, ce qui est peut-être à la fois beaucoup plus libérateur, mais peut-être aussi beaucoup plus exigeant, parce que ça demande une obéissance de l'intérieur.
Et le chemin de la vraie liberté, ce n'est pas simplement quitter l'Égypte, c'est obéir à Dieu. Alors maintenant, c'est là que Dieu donne son nom sacré, YHWH, le tétragramme que l'on traduit dans les Bibles modernes par « le Seigneur ». Le mieux que je puisse faire, parce que sinon, on en a pour 2 heures, c'est de vous citer ma petite note de bas de page dans ma Bible d'osti : la formule « Je suis qui je suis » laisse planer le mystère sur l'être de Dieu et évite de le définir tout en exprimant sa réalité et son action.
Sous-entendu, Dieu révèle son nom, mais son mystère reste entier. On traduit encore par « Je suis ce que je suis », sous-entendu : « C'est mon problème, ce n'est pas le vôtre. » Ou bien encore, « Je suis parce que je suis », ou « Je serai qui je serai », sous-entendu : « Là, c'est la Providence, je vous révélerai par mes actions.
Je serai qui je serai », la manière dont je veille sur vous, mon être profond. On peut encore traduire par « Je suis celui qui suit » ou, avec le grec, « Je suis celui qui est » définition métaphysique. Et vous avez même Dieu qui ensuite fait l'exégèse de son propre nom : « Tu diras : ‘Je suis m'a envoyé vers vous’ », définition au présent par la mission des hommes.
Il est. . .
il y avait le Dieu de vos pères, d'Abraham, de Jacob et de Joseph, au passé, 3è personne de l'indicatif, l'éternité et l'action de grâce des. . .
au fait passé. Bon, donc qu'est-ce qu'il faut retenir de tout ça ? Ce qu'il faut retenir de tout ça, c'est que Dieu donne son nom, son nom sacré, son nom le plus profond.
Et que Dieu donne son nom, ça veut dire qu'il donne pouvoir aux hommes de l'invoquer. Donc vous avez à la fois le mystère et la transcendance d'un Dieu, mais d'un Dieu qui nous aime et qui accepte qu'on puisse l'invoquer. Sous-entendu, là, vous avez Dieu qui promet à demi-mot qu'il nous obéira : « Si vous sortez d'Égypte et que vous rendez un culte à Dieu, je serai votre Dieu.
» Voilà la vie, flamme du Buisson ardent, qui d'un coup devient en nous notre vie même et qui est la nôtre. C'est ça que ça veut dire. Ah bah, c'est sûr que ça, ça met en perspective cette question d'esclavage, c'est réciproque.
Bon, en attendant, on revient à la mission de Moïse, qui est un peu paniqué, un peu perdu au milieu de tout ça. Ce que Dieu promet à Moïse, c'est qu'il va recréer le peuple, il va lui donner une structure, va réunir les anciens d'Israël, il va leur redonner un pays, un pays ruisselant de lait et de miel, il va leur donner de l'argent, la gloire, les Égyptiens vous donneront tous leurs bijoux, il va leur donner une puissance. Et voici que c'est moi qui vous délivrerai à mains fortes et à bras étendus.
Donc le salut que Dieu propose n'est pas seulement un salut individuel, mais aussi. . .
bah lâchons le mot. Un salut politique, celui d'un peuple, donc ce n'est pas rien. C'est plutôt bien parti, cette affaire.
Alors, c'est plutôt bien parti, sauf que peut-être le ver est dans le fruit. L'or des Égyptiens, ça vous donnera quand même le veau d'or, et les anciens du peuple, ce sont ceux qui vont récriminer contre Dieu, etc. , etc.
Donc, on est juste en train de planter le décor, mais c'est que le début de cette affaire.