J'ai eu deux pères. L'un riche et l'autre pauvre. L'un était très instruit et très intelligent.
Il était titulaire d'un doctorat et avait complété quatre années d'études postdoctorales en moins de deux ans. Il a fréquenté ensuite l'Université Stanford, l 'Université de Chicago et l'Université Northwestern pour y faire d'autres études supérieures, entièrement défrayées grâce aux bourses qu'il a méritées. L'autre père n'a jamais terminé sa huitième année.
Ayant été élevé par deux pères, on m 'a enseigné à lutter pour deux objectifs différents. Mon père instruit, mais pauvre, m'a conseillé de travailler pour une entreprise. Mon père riche m'a conseillé à son tour de posséder l'entreprise.
Ces deux cheminements de vie exigeaient de l 'instruction, mais les matières à étudier étaient totalement différentes. Mon père instruit m'a encouragé à être une personne avisée. Mon père riche m'a encouragé à apprendre comment embaucher des gens avisés.
Avoir deux pères a entraîné plusieurs problèmes. Mon vrai père était le directeur du ministère de l'Éducation de l'État de Hawaï. À l'époque où j'avais 16 ans, quand mon père me disait « si tu n'obtiens pas de bonne note, tu ne décrocheras pas un bon emploi », cela avait peu d'effet sur moi.
Je savais déjà que mon cheminement de carrière consisterait à posséder des entreprises et non pas à travailler pour elles. En fait, sans l'aide d'un conseiller pédagogique habile et persévérant à l'école secondaire, je n'aurais peut-être pas fréquenté le collège. Je l'admets, j'étais avide de commencer tout de suite à me créer des actifs, mais j'ai compris finalement que je pourrais également tirer profit de l'enseignement collégial.
Les deux hommes ont eu du succès dans leur carrière, travaillant dur toute leur vie. Tous deux ont gagné des revenus substantiels. Et pourtant, l'un d'eux a éprouvé des difficultés financières pendant toute son existence.
L'autre est devenu l'un des hommes les plus riches d'Hawaï. L'un est mort léguant des dizaines de millions de dollars à sa famille, aux organismes de charité et à son église. L'autre a laissé des dettes à rembourser.
Ces deux hommes étaient solides, charismatiques et influents. Tous deux m'ont prodigué des conseils, mais pas sur les mêmes sujets. Les deux hommes croyaient fermement dans l'enseignement, mais ils ne m'ont pas recommandé le même programme d'études.
Si j'avais eu un seul père, il m'aurait fallu accepter ou rejeter ses conseils. Ayant deux pères pour me conseiller, m'a donné l'occasion de choisir entre des points de vue opposés. Ceux d'un homme riche et ceux d 'un homme pauvre.
Au lieu de simplement accepter ou rejeter les points de vue de l'un ou de l'autre, je me suis retrouvée à réfléchir davantage, à comparer puis à choisir par moi -même. Il y avait pourtant un petit problème. L'homme riche n'était pas encore riche et l'homme pauvre ne l'était pas encore devenu.
Tous deux venaient tout juste d'entreprendre leur carrière et tous deux éprouvaient de la difficulté avec les questions familiales et monétaires. Mais ils avaient des opinions très différentes en ce qui a trait à l'argent. Par exemple, l'un de mes pères disait « l'amour de l'argent est la racine de tous les mots ».
L'autre affirmait sans l'ombre d'un doute « le manque d'argent est la racine de tous les mots ». Quand j'étais tout jeune, cela a été difficile pour moi d'être influencée par deux pères à la forte personnalité. Je voulais être un bon garçon et les écouter, mais mes deux pères ne disaient pas les mêmes choses.
Leurs avis contradictoires, surtout en ce qui a trait à l'argent, étaient tellement drastiques que je suis devenue de plus en plus intéressée et intriguée. Je me suis mise à réfléchir pendant de longues périodes à propos de ce que chacun d'eux me disait. Le fait d'avoir deux pères que j 'aimais m'a forcé à réfléchir et à choisir, en dernière analyse, ma propre façon de penser.
Le fait de choisir par moi-même s 'est avéré un procédé beaucoup plus profitable à long terme au lieu de simplement accepter ou rejeter à un unique point de vue. Une des raisons pourquoi le riche s'enrichit davantage, le pauvre s'appauvrit encore plus et la classe moyenne est aux prises avec des dettes est que la question de l'argent est inculquée à la maison, mais pas à l'école. La plupart d'entre nous apprenons de nos parents les rudiments de l'argent, mais que peut-on dire à un parent pauvre à son enfant concernant l'argent?
Il lui dit « n'abandonne pas l 'école et étudie ton mieux ». Il se peut que l'enfant obtienne un diplôme avec d'excellentes notes, mais il héritera peut-être d'une mentalité et d'un conditionnement de pauvre. Cela lui aura été appris alors qu'il était encore tout jeune.
On n'enseigne pas la baissée de l 'argent dans les écoles. Les institutions d'enseignement se concentrent sur les aptitudes scolaires et professionnelles et non pas sur les compétences financières. Cela explique pourquoi des banquiers, des médecins et des comptables intelligents ayant obtenu d'excellentes notes à l'école se débattent quand même pendant toute leur vie sur le plan financier.
Notre dette nationale astronomique est attribuable en majeure partie à des politiciens très instruits et à des fonctionnaires du gouvernement qui prennent des décisions sur le plan financier avec peu ou pas de formation dans ce domaine. Il m'arrive souvent de penser à ce qui va se produire quand des millions de personnes auront besoin d'aide financière et médicale. Ils devront dépendre de leur famille ou du gouvernement pour un soutien financier.
Qu'arrivera-t-il quand l'assurance médicale aux personnes âgées et la sécurité sociale n 'auront plus d'argent dans leur coffre? Comment la nation survivra-t-elle si on continue de laisser aux parents le soin d 'éclairer leurs enfants sur des questions d'argent? Lesquels parents deviendront ou sont déjà pauvres?
Étant donné que j'ai eu deux pères qui m'ont influencé, j'ai appris de l'un et de l'autre. Je devais réfléchir aux conseils de chaque père et, ce faisant, cela m'a permis de comprendre davantage le pouvoir et l'effet de nos propres pensées sur notre vie. Par exemple, l'un de mes pères avait l'habitude de dire « Je ne peux pas me permettre d'acheter cela.
» L'autre père refusait que j'emploie de tels mots. Il m'incitait plutôt à dire « Comment puis-je me permettre d'acheter cela? » L'une de ses phrases est une affirmation et l'autre une question.
L'une ne vous oblige à rien et l'autre vous oblige à réfléchir. Celui de mes pères qui allait bientôt devenir riche m'a expliqué que le fait de dire sans réfléchir la phrase suivante « Je ne peux pas me permettre d'acheter cela » fait en sorte que le cerveau arrête de chercher. En posant la question « Comment puis-je me permettre d'acheter cela?
» ton cerveau se met en branle. Il ne m'encourageait pas ainsi à m 'acheter tout ce que je voulais. Il était presque fanatique quand il était question d'entraîner son esprit, cet ordinateur le plus puissant du monde.
Mon cerveau se renforce chaque jour parce que je l'exerce. Plus il devient puissant, plus je peux gagner d'argent. Il croyait que le fait de dire sans réfléchir « Je ne peux pas me permettre d'acheter cela » était un signe de paresse intellectuelle.
Même si mes deux papas travaillaient dur, j 'ai remarqué que l'un d'eux avait pris l'habitude d'endormir son cerveau quand il était question d'argent, tandis que l 'autre exerçait le sien. Résultat à long terme, un de mes papas est devenu plus fort sur le plan financier et l'autre plus faible. Cela ne diffère pas tellement d'une personne qui se rend régulièrement au gymnase pour s 'entraîner, par opposition à une autre qui reste assise sur son divan à regarder la télévision.
Les exercices physiques adéquats accroissent vos chances de bonne santé et les exercices mentaux appropriés augmentent vos chances d'être riches. La paresse gruge à la fois la santé et la richesse. Mes deux pères avaient deux manières de penser opposées.
L'un d'eux croyait que les riches devaient payer plus de taxes pour prendre soin des êtres moins fortunés. L'autre disait les taxes punissent ceux qui produisent et récompensent ceux qui ne produisent pas. Un de mes papas m'a fait la recommandation suivante « étudie avec ardeur afin de pouvoir travailler dans une bonne entreprise ».
L'autre m'a donné ce conseil « étudie avec ardeur afin de trouver une bonne entreprise à acheter ». L'un de mes pères me disait « la raison pourquoi je ne suis pas riche c'est que vous êtes là les enfants ». L'autre disait « la raison pourquoi je dois devenir riche c'est que vous êtes là les enfants ».
L'un d'eux nous encourageait à parler d'argent et d'affaires à la table familiale. L'autre nous interdisait de parler d'argent au cours des repas. L'un disait « quand il s'agit d'argent, ne joue pas avec le feu, ne prend pas de risques ».
L'autre affirmait « apprend à gérer les risques ». L'un croyait « notre maison est notre investissement le plus important, notre plus grand actif ». L'autre croyait « ma maison est un passif et si votre maison est votre investissement le plus important, vous êtes en difficulté ».
Mes deux pères payaient leurs factures avant échéance même si l'un des deux les réglait avant l'autre. L'un croyait qu'une entreprise où le gouvernement pouvait prendre soin de toi et de tes besoins. Il était toujours préoccupé par les augmentations de salaire, les régimes de retraite, les prestations médicales, les congés de maladie, les vacances et autres avantages.
Il était impressionné par deux de ses oncles qui s'étaient enrôlés dans l'armée et qui avaient mérité une retraite et une allocation à vie après vingt ans de service actif. Il aimait l'idée des prestations médicales et des privilèges que la coopérative militaire fournissait à ses retraités. Il appréciait aussi le système des postes permanents qu'on retrouve dans une université.
L'idée d'un poste protégé à vie et les avantages qui en découlent semblaient plus importants, bien souvent, que l'emploi lui-même. Il disait souvent « j'ai travaillé dur pour le gouvernement et j'ai droit à ces avantages ». L'autre avait foi en une totale indépendance financière.
Il s'élevait contre une certaine mentalité qui exigeait des allocations obligatoires car il était conscient à quel point cette mesure créait des gens faibles et pitoyables sur le plan financier. Il insistait sur le fait qu'il fallait être financièrement compétent. L'un de mes pères se débattait pour sauver quelques dollars, l'autre créait tout simplement des investissements.
L'un d'eux m'a enseigné comment écrire un impressionnant curriculum vitae pour que je puisse me trouver un bon emploi, l'autre m'a enseigné comment rédiger de solides projets financiers et d'affaires pour que je puisse créer des emplois. Le fait d'être le produit de deux pères influents m'a donné le luxe de pouvoir constater tous les effets que des pensées différentes peuvent avoir sur notre vie. J'ai remarqué que les gens façonnent vraiment leur vie par le moyen de leurs pensées.
Par exemple, mon papa pauvre disait toujours « je ne serai jamais riche » et cette prophétie s'est réalisée. D'un autre côté, mon papa riche parlait toujours de lui-même comme de quelqu'un de riche, il disait des choses comme celles -ci « je suis un homme riche et les gens riches ne font pas cela ». Même quand il fut fauché comme les blés après un désastre financier majeur, il a continué de se considérer comme un homme riche.
Il se justifiait lui-même en disant « il existe une différence entre être pauvre et être sans le sou. Quand on est pauvre, c'est pour toujours, être sans le sou, c'est temporaire ». Donc, la puissance de nos pensées ne pourra peut-être jamais être mesurée ou estimée à sa juste valeur, mais il devint évident pour moi, alors que j'étais encore tout jeune, qu'il me fallait prendre conscience de mes pensées et de ma façon de m'exprimer.
J'ai constaté que mon papa pauvre était pauvre non pas à cause du salaire qu 'il gagnait, qui était loin d'être négligeable, mais à cause de ses pensées et de ses actions. Encore jeune garçon, avec deux pères, je suis devenu extrêmement conscient qu'il me fallait être prudent quant aux pensées que j'allais choisir d'adopter comme miennes. Devais-je écouter mon papa riche ou mon papa pauvre ?
Les deux hommes avaient un immense respect pour l'éducation et les études. Ils différaient d'avis sur ce qu'il était important d'apprendre selon eux. L'un voulait que j'étudie avec ferveur, que j'obtienne un diplôme et que je trouve un emploi payant.
Il voulait que j'étudie pour devenir un professionnel, un avocat, un comptable ou que je fasse des études commerciales pour obtenir une maîtrise en administration des affaires. L'autre m'a encouragée à étudier comment devenir riche, à comprendre le fonctionnement de l 'argent et à apprendre comment mettre l'argent à mon service. Je ne travaille pas pour l'argent.
Voilà les mots qu'il me répétait encore et encore. Et l'argent travaille pour moi. À l'âge de 9 ans, j'ai décidé d'écouter et d'apprendre tout ce que papa riche avait à dire à propos de l'argent.
En agissant ainsi, j'ai choisi de ne pas écouter mon papa pauvre, même si c 'était lui qui détenait tous les diplômes. Quand j'eus décidé lequel de mes deux pères je devais écouter, mon éducation concernant l 'argent a commencé. Mon papa riche m'a prodigué son enseignement pendant 30 ans jusqu'à ce que j 'atteigne l'âge de 39 ans.
Il a cessé de m'enseigner après avoir réalisé que je connaissais et comprenais à fond ce qu'il avait essayé d'enfoncer dans mon crâne, bien souvent borné. L'argent est une forme de pouvoir, mais l'éducation financière est plus puissante encore. L'argent va et vient, mais si on vous enseigne le fonctionnement de l'argent, vous acquérez du pouvoir face à l'argent et vous pouvez alors commencer à créer de la richesse.
Comme je n'avais que 9 ans quand mon enseignement a commencé, les leçons que mon papa riche m'a inculquées étaient simples. Somme toute, il n'y a eu que 6 leçons essentielles maintes fois répétées sur une période de 30 ans. Voici donc ces 6 leçons exprimées ici aussi simplement que possible, telles que mon papa riche me les a présentées.
Les leçons ne sont pas censées être des réponses en soi, mais plutôt des poteaux indicateurs. Ces indications aideront vos enfants et vous-mêmes à vous enrichir, quoi qu'il advienne dans ce monde où l'incertitude et les changements s'accentuent. Première leçon.
Les riches ne travaillent pas pour l'argent. Papa, peux-tu nous dire comment devenir riche? D'accord, je vous enseignerai à la condition que vous travaillez pour moi.
Sinon, je ne vous donnerai pas de leçons. Mon enseignement sera plus efficace si vous travaillez, mais si vous ne voulez qu'écouter passivement comme vous le faites en classe, je suis littéralement en train de perdre mon temps. Voilà ma proposition.
C'est à prendre ou à laisser? Ah, puis j'ai d'abord posé une question et je demandais. Non, c'est à prendre ou à laisser.
J'ai trop à faire pour perdre mon temps. Si vous êtes incapable de prendre des décisions rapides, jamais vous n'apprendrez à faire de l'argent. J'accepte, ai-je dit.
D'accord, a dit Mike. Bien. Mme Martin arrive dans dix minutes.
Quand j'en aurai terminé avec elle, vous l'accompagnerez à mon épicerie et vous vous mettrez au travail. Je vous paierai dix sous de l'heure et vous travaillerez pendant trois heures tous les samedis. Trente sous plus tard.
Dès neuf heures, par un beau samedi matin ensoleillé, Mike et moi travaillions sous les ordres de Mme Martin. Elle ne plaisantait pas avec le travail. Pendant trois heures, nous retirions des boîtes de conserve des tablettes et les époustions avec un plumeau, après quoi nous les remettions en place.
C'était une tâche atrocement ennuyeuse. Le père de Mike, que j'appelle mon papa riche, était propriétaire de neuf petites épiceries du genre qui avaient de vastes parcs de stationnement. Cela présageait les dépanneurs d'aujourd'hui.
C'était en fait des épiceries de quartier où les gens achetaient des articles comme du lait, du pain, du beurre et des cigarettes. Sous la supervision de Mme Martin, Mike et moi avons accompli pendant trois semaines nos trois heures d'ouvrage. À midi, notre travail prenait fin et elle déposait trois petites pièces de dix sous dans la main de Mike et dans la mienne.
Même si je n'avais que neuf ans au milieu des années cinquante, il faut dire que trente sous ne représentait pas un montant très attrayant. Les bandes dessinées coûtaient dix sous à l 'époque. Je dépensais donc habituellement mon argent en bandes dessinées et je retournais à la maison.
« J'abandonne », dit-je à Mike à l'heure du déjeuner. Le repas était triste, l'école était ennuyeuse et à présent je n'avais même plus mes samedis pour me reposer. Mais c'est la question des trente sous qui m'atteignait le plus durement.
Papa avait dit que cela se produirait. Il a demandé d'aller le rencontrer quand tu serais prêt à abandonner. « Quoi ?
» échouait d'un ton indigné. « Il a attendu que j'en ai assez ? » Papa est quelqu'un de différent.
Il n'enseigne pas de la même façon que ton père. Mon père est calme et parle peu. Attends seulement jusqu'à samedi avant d'abandonner.
Je lui dirai que tu es prêt. « Tu veux dire que je suis victime d'un coup monté ? » « Non, pas vraiment, mais peut-être.
Papa te l'expliquera samedi. » Une longue attente par un beau samedi matin. Mon papa pauvre, très instruit, m'a demandé d'exiger ce que je méritais, au moins vingt-cinq sous de l'heure.
Mon papa pauvre m'a dit que si je n'obtenais pas cette augmentation, je devais abandonner immédiatement cet emploi. « Assieds-toi et attends ton tour », m'a dit le père de Mike au moment où j'entrais. Il s'est retourné et a disparu dans son petit bureau situé à côté d'une chambre à coucher.
Quarante-cinq minutes ont passé et j'étais devenue fumante colère. Finalement, à neuf heures précises, papa riche est sorti de son bureau sans un mot et me fit signe de la main d'entrer dans son bureau lugubre. « J'ai cru comprendre que tu veux une augmentation de salaire, sinon tu nous quittes », a dit papa riche tout en pivotant dans son fauteuil.
« Vous avez dit que vous m'enseigneriez si je travaillais pour vous. Eh bien, j'ai travaillé pour vous, j 'ai travaillé dur, j'ai renoncé à mes parties de baseball afin de travailler pour vous et vous n'avez pas tenu parole. Vous ne m'avez rien enseigné, vous êtes un escroc et c'est ce que tout le monde pense en ville.
Vous voulez tout l'argent pour vous seul et vous ne prenez pas soin de vos employés. Vous me faites attendre et vous ne me témoignez aucun respect. Je ne suis qu'un petit garçon, mais je mérite d'être mieux traité.
» Il semblait m'étudier. « Pas si mal, » dit-il. « En moins de deux mois, tu parles comme la plupart de mes employés.
» « Quoi ? » demandai-je sans trop comprendre ce qu 'il disait. « Je croyais que vous alliez respecter notre accord et m'enseigner des choses.
Au lieu de cela, vous voulez me torturer et c'est cruel, c'est vraiment cruel. » « Je suis en train de t 'enseigner en ce moment, » a dit calmement papa riche. « L'enseignement représente-t-il pour toi une conversation ou un cours ?
» demanda papa riche. « La vie nous pousse tous à droite et à gauche. Certains abandonnent, d'autres se battent.
Quelques-uns retiennent la leçon et progressent. Ils acceptent de bonne grâce que la vie les pousse de ci, de là. L'attitude de ce petit nombre de gens signifie qu'ils ont la volonté et le besoin d'apprendre quelque chose.
Ils apprennent et ils continuent d'avancer. La plupart des autres renoncent, mais quelques-uns comme toi se battent. Mike et toi êtes les premiers êtres à me demander de leur enseigner comment gagner de l'argent.
J'ai plus de 150 employés et aucun d'eux ne m'a demandé un jour ce que je connais de l'argent. Ils me demandent un emploi et un salaire, mais jamais de leur enseigner ce que je sais à propos de l'argent. Par conséquent, la plupart d'entre eux passeront les meilleures années de leur vie à travailler pour de l'argent sans vraiment trop comprendre pourquoi ils travaillent.
Donc, quand Mike m'a dit que tu voulais apprendre comment faire de l'argent, j 'ai décidé de concevoir un cours inspiré de la vie réelle. J'aurais pu parler et parler, mais tu n'aurais rien compris. J'ai donc décidé de laisser la vie te bousculer quelque peu pour que tu finisses par m'entendre.
C'est pourquoi je ne t'ai payé que 10 sous de l'heure. Quelle est donc la leçon que j'ai apprise en travaillant pour 10 sous de l 'heure? Que vous êtes mesquins et que vous exploitez vos travailleurs?
C'est à ce moment précis que Papa Rich a partagé avec moi le principe fondamental qui le distinguait de ses employés et de mon père pauvre et qui l'amena par la suite à devenir l'un des hommes les plus riches d'Hawaï, tandis que mon père, très instruit mais pauvre, s'est débattu toute sa vie sur le plan financier. Papa Rich a répété à plusieurs reprises ce principe fondamental que j'appelle la première leçon. Les pauvres et la classe moyenne travaillent pour l'argent, les riches font en sorte que l'argent travaille pour eux.
Papa Rich voulait que j'apprenne les rudiments de l'argent pour que je puisse le mettre à mon service. J'allais apprendre ces leçons à même la vie grâce à ses conseils et non pas dans une salle de classe. Je suis content que tu te sois mis en colère quand je t'ai fait travailler pour 10 sous de l'heure.
Si tu ne t'étais pas fâché et si tu avais accepté tout cela sans rien dire, je t'aurais tout simplement dit qu 'il m'était impossible de t'enseigner. Vois-tu, le véritable apprentissage exige de l 'énergie, de la passion, un ardent désir. La colère est une part importante de cette formule car la passion représente la colère et l'amour fusionnés ensemble.
Quand il s'agit d'argent, la plupart des gens veulent éviter les risques et se sentir sécurisés. Ce n'est donc pas la passion qui les mène, c'est la peur. Est-ce pour cette raison qu'ils acceptent des emplois au salaire très bas, demande-je?
Oui, dit Papa Riche. Certaines personnes disent que j'exploite les gens parce que je ne paie pas autant que la plantation de cannes à sucre ou le gouvernement. Je peux t'assurer que les gens s 'exploitent eux-mêmes.
C'est leur peur à eux, pas la mienne. Apprendre à mettre l'argent à son service est un programme d'études complètement différent, n 'est-ce pas, demande-je? Absolument, répondit Papa Riche.
J'ai tenu ma promesse, je t'ai enseigné à distance sans que tu t'en rendes compte, dit Papa Riche. À 9 ans, tu as déjà un aperçu de ce qu'on ressent quand on travaille pour l'argent. Multiplie simplement tes activités du dernier mois par 50 années et tu auras une bonne idée des activités auxquelles se consacre la plupart des gens pendant toute leur vie.
Voilà à quoi ressemble la vie de beaucoup de gens quand ils choisissent de travailler pour l'argent, dit Papa Riche. Et c'est ce que ressentent la plupart des employés quand ils regardent leurs chèques de salaire une fois toutes les taxes et contributions prélevées. Toi, du moins, tu as obtenu 100 % de ta paie.
Vous voulez dire que la plupart des travailleurs ne touchent pas leur paie au complet, demandais -je avec étonnement? Dieu du ciel, non! Le gouvernement prend toujours sa part en premier par les taxes.
Tu es taxé quand tu gagnes de l 'argent, tu es taxé quand tu en dépenses, tu es taxé quand tu en épargnes, tu es taxé quand tu meurs. Pourquoi les gens laissent-ils le gouvernement leur faire ça? Les riches ne se laissent pas faire, dit Papa Riche avec le sourire aux lèvres.
Les pauvres et la classe moyenne se laissent faire. Je te parie que je gagne plus d 'argent que ton père et pourtant il paie davantage de taxes. Je n'aimais pas ce que je venais d'entendre.
Je sais que mon père se plaignait constamment de payer autant de taxes, mais il ne faisait rien pour y remédier. La vie le bousculait-il à droite et à gauche? Je te l'ai déjà dit, il y a beaucoup à apprendre.
Car pour apprendre à mettre l'argent à ton service, cela exige un enseignement qui peut durer toute une vie. La plupart des gens fréquentent le collège pendant quatre ans puis ils mettent un terme à leurs études. Je sais d'avance que mon étude de l'argent se prolongera pendant toute la durée de ma vie, car plus je découvre de choses sur le sujet, plus j'en découvre d'autres qu'il me faut connaître.
La plupart des gens n'étudient jamais ce sujet. Par conséquent, si mon père a des problèmes de taxes et d'impôts, c'est qu 'il ne comprend pas le fonctionnement de l 'argent, demandais-je un peu confus? Vois-tu, dit Papa Riche, les taxes ne représentent qu'une petite partie de cet apprentissage qui te révélera comment mettre l'argent à ton service.
Aujourd'hui, j'ai voulu seulement me rendre compte si tu entretenais encore cette passion d 'apprendre les différentes notions concernant l'argent. La plupart des gens ne partagent pas cette passion. Ils veulent aller à l'école, apprendre une profession, avoir du plaisir au travail et gagner énormément d'argent.
Ils se réveillent un jour avec de gros problèmes d'argent et ils prennent alors conscience qu'ils ne peuvent plus se permettre d 'arrêter de travailler. Voilà le prix à payer quand la seule chose qu'on sait faire est de travailler pour l'argent au lieu d'étudier pour trouver les moyens de mettre l'argent à son service. Alors, as-tu encore la passion d'apprendre?
demanda Papa Riche. J'ai fait signe que oui. Très bien.
Maintenant retourne au travail. Cette fois-ci, je ne te paierai rien. Mais que dois-je faire?
demandais-je. Papa Riche m'a tapoté la tête. Serre-toi de cela, dit-il.
Si tu l'utilises à bon escient, tu me remercieras bientôt de t'avoir fourni une belle occasion et tu deviendras un jour un homme riche. Je restais là stupéfait, à ne pas croire encore à ce marché de dupes dont je venais d'être la victime. J'étais venu demander une augmentation et maintenant on me demandait de continuer à travailler pour rien.
Papa Riche m'a tapoté de nouveau la tête en disant, serre-toi de ta matière grise. À présent, sors d'ici et retourne travailler. Pour éviter l'un des plus grands pièges de la vie.
Je n'ai pas dit à mon père pauvre que je n'étais pas payé. Il n'aurait pas compris et je ne voulais pas essayer de lui expliquer quelque chose que je ne comprenais pas encore moi-même. Les trois samedis suivants, Mike et moi avons travaillé pendant trois heures sans être payés.
La troisième semaine, Papa Riche est passé nous voir à midi. Comment ça va les gars? Avez-vous appris quelque chose jusqu'à présent?
Mike et moi, nous nous sommes regardés en haussant les épaules, puis à l'unisson, nous avons fait non de la tête. Eh bien les gars, vous feriez mieux de vous mettre à réfléchir. Vous êtes confrontés à l'une des plus grandes leçons de la vie.
Si vous apprenez cette leçon, vous jouirez d 'une vie comportant une liberté et une sécurité immense. Si vous n'apprenez pas cette leçon, vous finirez comme Mme Martin et la plupart des gens qui jouent à la balle dans ce parc. Ils travaillent très dur, pour peu d'argent, se raccrochant à l'illusion de la sécurité de l'emploi, anticipant leurs trois semaines de vacances annuelles et une maigre pension après 45 ans de travail.
Si cela vous emballe, je vous donnerai une augmentation de 25 sous de l'heure. J'ai peut-être l'air inhumain, mais je m'efforce de vous démontrer quelque chose à tous les deux. Je veux élargir vos horizons afin que vous puissiez distinguer certaines choses que la plupart des gens n'ont jamais la chance de voir car leur vision est trop étroite.
En effet, la majeure partie des gens ne voit jamais le piège dans lequel ils sont tombés. Papa Riche est demeuré silencieux, nous laissant intérioriser son message. Mike et moi avions entendu ce qu'il disait, mais nous ne comprenions pas entièrement ce dont il parlait.
Tout ce que j'en savais était que je me posais souvent la question pourquoi les adultes se dépêchaient d'aller travailler. Cela ne me semblait pas très amusant et il n'avait jamais l'air très content, mais quelque chose les poussait à se précipiter au travail. Quand Papa Riche s'est rendu compte que nous avions assimilé la plus grande partie de son message, il nous dit « Je veux que vous évitiez ce piège, mes garçons.
C'est vraiment ce que je veux vous enseigner et non pas seulement à devenir riche, car être riche ne résout pas le problème. » Laissez-moi vous parler de l'autre émotion, le désir. Certains l'appellent l'avidité, mais je préfère le mot désir.
Il est tout à fait normal de désirer quelque chose de mieux, de plus beau, de plus amusant ou emballant. Par conséquent, les gens travaillent également pour l 'argent à cause du désir. Ils désirent l'argent pour la joie qu 'ils pensent pouvoir acheter.
Mais la joie que l'argent apporte est souvent de courte durée et bientôt ils ont besoin de plus d'argent pour obtenir plus de joie, de plaisir, de confort, de sécurité. Alors ils continuent de travailler, pensant que l 'argent apaisera leur âme troublée par la peur et le désir. Mais l'argent ne peut pas jouer ce rôle.
Assis là à écouter Papa Riche, je repensais aux nombreuses fois où mon propre père disait « l'argent ne m'intéresse pas ». Il prononçait souvent ces mots. Il se justifiait aussi en disant toujours « je travaille parce que j'aime mon métier ».
Par exemple, dit Papa Riche, si la peur de ne pas avoir suffisamment d'argent se manifeste, on pourrait peut-être se poser la question suivante au lieu de se précipiter pour trouver un emploi afin de gagner un peu d'argent pour supprimer la peur. Un emploi sera-t-il la meilleure solution pour éliminer cette peur à long terme? À mon avis, la réponse est non, surtout quand vous examinez la vie entière d'une personne.
Un emploi est vraiment une solution à court terme pour un problème à long terme. Mais mon père dit toujours « continue d 'aller à l'école et obtiens de bonnes notes pour que tu puisses un jour te trouver un emploi sûr et stable » et j'osais dire un peu confus. Oui, je comprends qu'il dise cela, dit Papa Riche en souriant.
La plupart des gens le recommandent et c 'est une bonne idée de le faire pour la majorité d'entre eux, mais cette recommandation est fondée principalement sur la peur. Vous voulez dire que mon père dit cela parce qu'il a peur? Oui, il est terrifié à l'idée que tu ne sois pas capable de gagner de l'argent et que tu ne puisses pas t'intégrer dans la société.
Comprends-moi bien, il t'aime et il agit au mieux de tes intérêts. Et je crois que sa peur est justifiée. Une bonne instruction et un emploi sont importants, mais ça ne résoudra pas la peur.