Alors, aujourd'hui, on va parler de TikTok, et je sais que c'est à la mode en ce moment de dire qu'il faut bannir TikTok, qu'il faut interdire TikTok. On en parle aux États-Unis, en Europe aussi, peut-être. Je vais vous dire pourquoi je pense que c'est une mauvaise idée d'interdire TikTok.
La première raison, c'est que si vous interdisez TikTok, vous allez mettre des influenceurs au chômage. Vous allez mettre des danseurs, des personnes talentueuses qui travaillent, qui œuvrent chaque jour, qui travaillent beaucoup sur TikTok, vous allez leur couper leurs ressources et peut-être même les empêcher d'aller en vacances à Dubaï. Ça, c'est grave.
C'est quelque chose contre lequel je vais me battre, d'accord ? Je déconne, bien sûr. On fait des petites vannes comme ça de temps en temps pour vous maintenir alerte.
La première vraie raison sérieuse pour laquelle je pense que bannir TikTok n'est pas une bonne solution, c'est que je n'aime pas. Alors c'est peut-être très personnel. Bon, c'est ma chaîne, je me livre un peu.
Je considère que l'État n'est pas apte à juger de ce qui est bon pour moi, de ce que je dois consulter ou pas. Je parle d'un en tant que majeur, bien sûr, parce que je précise toujours une différence pour les enfants mineurs. Évidemment, je trouve que c'est une très bonne idée de manière TikTok.
Mais en tant qu'adulte responsable, justement, je ne suis pas un enfant. Je n'ai pas à être infantilisé par l'État. Je n'ai pas envie de déléguer ce pouvoir à l'État.
Je trouve que c'est un pouvoir qui est assez fort, et c'est céder un petit peu de ma liberté. Moi, j'aime Internet parce qu'il y a encore un petit peu cette notion de liberté. Je peux consulter ce que je veux, je peux encore plus ou moins produire ce que je veux.
Mais voilà, je n'ai pas envie de céder ça. Parce que si aujourd'hui on décide que l'État a le droit de bannir TikTok pour les meilleures intentions du monde, effectivement TikTok, c'est une saloperie pour le cerveau. Mais si on décide de ça, alors demain, peut-être que l'État autorisera de décider que regarder telle application c'est mauvais à cause de discours de haine ou autre.
Je considère que l'État se mêle déjà bien assez de nos vies dans des domaines dans lesquels il n'a strictement rien à faire, comme par exemple la santé, on l'a bien vu ces dernières années. Je n'ai pas envie de déléguer la décision de savoir si ce que je consomme sur Internet est bon ou pas bon. Je n'ai pas besoin de l'État pour me faire désinstaller TikTok de mon téléphone.
Le problème n'est pas le contenu de TikTok. J'ai beaucoup lu des articles qui disaient que le contenu violent, le contenu sexuel, etc. , c'est vrai, ce n'est pas bon pour le cerveau.
Mais le vrai problème, c'est bien plus grave que le contenu : c'est le contenant, c'est le format, c'est le format court. Le problème, si vous coupez TikTok, c'est que les gens iront regarder du format court sur YouTube Shorts. C'est exactement la même chose.
Moi, je n'ai pas TikTok sur mon téléphone, mais je vous garantis que j'ai passé des heures et des heures à scroller du YouTube Shorts. Et je ne vais pas faire le malin en disant que je n'ai pas TikTok, parce que je fais pareil sur YouTube Shorts. Ça a exactement les mêmes effets addictifs.
Et même si ce n'est pas Insta ou YouTube ou ces plateformes-là, ce sera une nouvelle plateforme demain. Parce qu'aujourd'hui, il y a un vrai besoin; il y a un besoin pour le contenu court, et la boîte de Pandore a été ouverte. Vous ne pourrez plus la refermer maintenant.
Les consommateurs ont envie, ils adorent, ils recherchent le contenu court. Les influenceurs ont découvert qu'ils pouvaient grimper rapidement en popularité grâce au contenu court. Les plateformes ont réussi à les attraper par l'orgueil, par le narcissisme.
Ils ont réussi à leur dire : "Tu peux devenir super connu rapidement. " C'est ce qui s'est passé avec TikTok. On a créé plein de starlettes, et en plus de ça, et c'est surtout pour cette raison que ça n'arrêtera jamais, c'est que les plateformes ont découvert une mine d'or pour garder votre attention sur leur plateforme, pour vous faire rester sur leur plateforme des heures et des heures.
J'hésite entre trois mots clés pour définir les maintenant neuf mails que je vais vous envoyer. On n'a pas sept, il y en a maintenant neuf, un mail que j'envoie par semaine dans le domaine de la séduction, bien sûr. Ce sont les mails les plus terribles que j'ai écrits jusqu'à aujourd'hui.
Je vous laisse cliquer sur le lien en bas de la description pour comprendre ce que j'entends par terrible. Vous verrez que ce mot-là n'est pas choisi au pif. Je précise que c'est gratuit, bien sûr, et on retourne à la vidéo.
Alors, c'est quoi la recette, justement ? Il y a des études très intéressantes sur lesquelles je suis tombé récemment qui sont à la croisée des chemins entre les neurosciences et le comportement utilisateur sur Internet, le marketing si vous voulez. C'est un petit peu les neurosciences au service du mal, un petit peu, qui essaient de comprendre ce qui se passe dans le cerveau d'un utilisateur lorsqu'il passe du temps sur une plateforme.
Comment faire pour garder les utilisateurs longtemps sur les plateformes ? Qu'est-ce qui se passe dans leur cerveau à ce moment-là ? Alors, il y a une étude, par exemple, sur laquelle je suis tombé, qui a été faite en 2022 par Jean Ong, Yutai Wu, You Wing, You Fenguu, et il y a une chaîne, ils sont six, et Yann Ni.
Donc, c'est une étude chinoise. Je pense que ça ne vous aura pas échappé, ce qui est assez ironique d'ailleurs, mais je me garderai bien de faire des vannes. Car je ne compte pas finir en vacances prolongées comme Jack Ma.
Pour ceux qui ont la réf, ils mettent leur photo à côté des prénoms. Je pense qu'ils se disent que ça nous permet de mieux les distinguer entre eux. Tu vois Diane, et tu vois You Feng, et Diane Hang, et Yohan.
Ah, mais ils sont tout petits ! En plus, on voit qu’il y en a un, sur YouTube, on dirait que c'est le leader Kim Jong-un, le mec de la Corée du Nord. Cette étude est intéressante justement parce qu'ils utilisent le mot, le mot-clé « short-form vidéo ».
Donc ils insistent bien là-dessus. C'est vraiment un sujet d'étude aujourd'hui : la vidéo courte. Ils ont bien compris que c'était ça, l'addiction.
Ce n'est pas le contenu qui vous rend addict, c'est davantage le contenant, c'est le format. Le format court qui vous rend accro. Et alors, il donne une.
. . ce n'est pas vraiment une définition, mais il donne des caractéristiques, selon eux, au format court.
Alors déjà, ils disent que ça dure entre une et cinq minutes. Mais ils sont déjà à la ramasse. Vous imaginez, c'était 2022, une à cinq minutes pour parler d'une vidéo courte ?
C'est déjà, c'est déjà ridicule. On est plus sur 20 secondes aujourd'hui. Mais bref, donc ils donnent ça.
Ils expliquent une forme de caractéristiques de ces formats courts addictifs. C'est également qu'ils ont un style clair et concis, et surtout un rythme rapide. Ces trois caractéristiques-là, selon eux, permettent de faire rentrer les utilisateurs dans un état immersif, de rentrer en immersion dans la vidéo.
Et ce mot-clé-là, il est extrêmement important. Parce que quand vous êtes en immersion, qu’est-ce qui se passe ? Quand vous êtes en immersion, l'immersion, ça veut dire que vous êtes comme dans une bulle.
Plus rien qui se passe à l'extérieur de cette bulle n'est important. Le temps et l'espace n'existent plus. Même vos sensations internes ne parviennent même plus à votre conscience.
Vous ne pensez même plus à vos problèmes. Vous ne pensez plus à rien, plus à vos sensations. Et c'est très bien.
Parce que qu'est-ce qui se passe, du coup, lorsque vous êtes en immersion ? Vous perdez complètement le contact avec le temps et l'espace. Et c'est exactement ce qui fait que vous vous réveillez 3 à 4 heures plus tard en vous disant : "Merde, il est déjà trois heures du mat.
Qu'est-ce que j'ai fait pendant ces six dernières heures ? " Ce qui vous a fait ça, c'est que vous avez coupé le contact avec la réalité et avec l'espace-temps. Et alors comment on fait ça ?
Eh bien, on fait ça en désactivant la zone du cerveau qui s'appelle l'insula antérieure. En fait, ces études que je vous mettrai comme toujours en description montrent qu'il existe une corrélation entre la baisse de l'activité au niveau de l'insula antérieure, qui est une zone du cerveau antérieure, et le temps passé sur une plateforme. Moins cette zone du cerveau est activée, plus vous restez longtemps sur les plateformes.
Ils sont allés chercher ça, ça les intéresse de savoir. L'insula antérieure, c'est une zone de votre cerveau qui joue un rôle, entre autres, dans la conscience de soi, dans le fait d'avoir conscience de soi. Je vais vous donner un peu plus de détails.
Il y a ce qu'on appelle, en physiologie, des phénomènes : l'interoception et l'exteroception. Alors, l'interoception, c'est le fait de traiter des informations qui viennent de l'intérieur de votre corps, des informations viscérales. Du coup, par exemple les visceres, le cœur, des informations sur vos intestins, etc.
Ça, c'est l'interoception. Vous traitez les informations qui viennent de l’interne. Et l'exteroception, c'est lorsque vous traitez les informations qui viennent de l'extérieur.
Donc typiquement, c'est vos cinq sens : la vue, l'odorat, etc. L'insula joue un rôle très important dans le traitement de ces informations internes et externes, comme je viens de vous dire, parce qu'elle gère l'accès entre ces informations-là et le fait de les remonter au cortex préfrontal, le fait de les remonter, du coup, à un traitement conscient. Et ça rejoint ce qu'on disait tout à l'heure avec l'immersion.
On a dit qu'une des conditions pour faire rentrer les utilisateurs dans un état d'immersion, dans un état immersif, c'était le rythme rapide des images. Si vous balancez plein d'images dans la tête des gens, vous baissez l'activité de l'insula. Donc vous empêchez le traitement conscient des informations, qu'elles soient visuelles, certes, mais aussi toutes les informations associées aux cinq sens, mais aussi toutes les informations associées à ce qui se passe à l'intérieur de vous.
C'est ça, en fait, l'immersion. L'immersion, c'est que vous êtes déconnecté de ce qui se passe autour de vous, de ce qui se passe dans votre corps. Vous êtes à 100 % focalisé sur une seule et unique chose : c'est ce que vous avez devant vous, sur l'écran.
Et c'est pour ça que le temps passe plus vite. C'est un petit peu. .
. Si je voulais utiliser une métaphore douteuse, j'utiliserais celle du pervers narcissique. Alors j'utilise ce terme-là en rigolant.
Parce que vous le savez, vous suivez mes vidéos, c'est un terme qui n'est absolument pas sérieux. Mais on dit souvent, quand on parle des pervers narcissiques, qu'ils vont isoler leur partenaire de leurs amis et de leur famille et ainsi les rendre plus vulnérables. C'est un petit peu comme si les plateformes faisaient ça, en fait.
C'est-à-dire qu'en désactivant l'activité de l'insula, on vous isole de tous les stimuli sensoriels à l'extérieur. On vous isole de votre capacité à percevoir et à traiter consciemment les informations de l'intérieur de votre corps. Et donc, d'une certaine manière, on vous fait perdre le contact avec la réalité.
Vous êtes moins ancré dans le réel, vous êtes moins ancré dans ce qui se passe autour de vous. C'est pour ça que si vous vous retrouvez dans un épisode de trou noir. .
. C'est-à-dire. .
. Vous êtes complètement. .
. Moi, c'est comme ça que je les appelle, les trous noirs. C'est quand je reste pendant X heures sur un YouTube short, sur des YouTubers.
J'arrive plus à m'en sortir, je vois que je suis complètement emporté dans le flow, j'arrive plus à m'arrêter à swiper. Ça m'arrive de moins en moins, mais ça m'arrive encore. Les conseils en séduction, je les donne par email, mais là, on va donner deux petits conseils pour gérer ça.
Le premier, c'est justement pour ça que c'est important de comprendre quel est l'impact des réseaux sociaux sur votre cerveau. C'est d'essayer de redonner le contrôle à l'insula antérieur. Pour redonner le contrôle à l'insula antérieur, j'ai envie de reprendre un traitement conscient des informations sensorielles, des informations qui viennent de l'environnement.
Donc ce que je vais faire, quand je sens que je suis parti sur un trou noir, eh bien, je me remets à toucher la table. Ça paraît con, je touche la table, j'active un sens, un des cinq sens. Je respire, j'essaie de respirer l'odeur qui est autour de moi, j'essaie de décrire ce qui est autour de moi.
Je regarde un peu autour de moi, c'est peut-être même par la vue que je commencerai, parce que c'est un peu plus intuitif. Je vais commencer à lever les yeux, surtout ne pas rester focalisé sur l'écran. Je lève les yeux, je regarde autour de moi, je réactive un peu le sens de la vue.
Je reprends le contrôle de mon environnement extérieur. Je sais où je suis, je sais ce qui se passe autour de moi, je redeviens ancré dans le moment présent. Le but, c'est vraiment de forcer mon cerveau à voir qu'il n'y a pas juste cet écran-là, il y a aussi d'autres choses autour de moi.
Donc je réactive tous les sens et je réactive mon discours intérieur. Le discours intérieur, il est nécessaire dans la prise de conscience de soi. On l'a vu tout à l'heure.
Celui-là, je vois un rôle dans le fait d'avoir conscience de soi, dans le fait d'avoir conscience de qui l'on est, de où on se trouve dans son environnement, de l'identité, etc. C'est vraiment l'une des zones responsables de la conscience de soi. Donc, si vous voulez, pour me réapproprier ce sentiment de conscience de moi, je vais parler.
Mais ce n'est pas un monologue, c'est un dialogue. Donc je veux dire : "Allez, Léo, qu'est-ce que tu es en train de faire là ? Qu'est-ce qui se passe ?
Ok, là, on est en train de faire chier", etc. Et je fais très attention à comment je me parle. Je ne suis pas là en train de m'insulter ou de me dire : "Tu es une merde, ça fait trois heures que tu es passé devant les écrans, tu es qu'une grosse merde", etc.
Ça ne sert à rien de faire ça, parce que si vous faites ça, vous vous mettez dans un état de stress. Quand on est anxieux, on n'est pas bien, on est mal, on a besoin d'une gratification immédiate pour se sentir mieux. Et donc généralement, on va continuer à scroller.
Donc, je suis sympa avec moi-même. Je me dis : "Léo, ok, qu'est-ce qui s'est passé ? Ce n'est pas grave, tu as passé deux heures sur l'écran, ce n'est pas très grave.
Là, tu vas aller te détendre un peu, tu vas respirer un coup, tu vas te balader tranquillement. " On reprend le contrôle, on reprend la conscience de soi. C'est vraiment ça, l'insula : en fait, c'est reprendre conscience de soi.
Donc voilà, si vous retombez dans un de ces trous noirs, pensez à moi et pensez au conseil que je vous ai donné. Reprenez doucement le contrôle sans être dur avec vous-même, reprenez tranquillement le contrôle, et redonnez le pouvoir à l'insula et au cortex préfrontal, et tout ira.