Bonjour, c'est Jules Lavie pour Code Source, le podcast d'actualité du Parisien. [Musique] 20 mois de guerre, plus de 2 mois de blocus humanitaire. La situation à Gaza est jugée catastrophique par les Nations- Unies, les ONG et de nombreux pays à travers le monde.
Le lundi 19 mai, Londres, Paris et Otawa ont averti qu'il ne resterait pas, je cite, les bras croisés face aux actions scandaleuses d'Israël à Gaza. Le jeudi 22 mai, le chef de l'OMS, l'Organisation mondiale de la santé, a appelé Israël à avoir pitié de Gaza. Le gouvernement israélien a autorisé ce mercredi 21 mai une reprise limitée de l'aide humanitaire.
Une centaine de camions chargés de vivre ont pu passer ce jour-là. Comment vivent les Gazaoui aujourd'hui ? On fait le point d'en code source avec trois journalistes du Parisien.
Thomas Poupo, Arian Ryou et Robin Corda. Robin Corda qui est actuellement en reportage en Israël. [Musique] Le soir du mardi 13 mai, Emmanuel Macron est à la télévision sur TF1, une émission au cours de laquelle il ballait de nombreux sujets.
Et à un moment, le journaliste Gill Boulot l'interroge sur Gaza. Que répond le président ? Emmanuel Macron évoque un drame.
Il dit que c'est horrible ce qui se passe. C'est un drame et c'est horrible. Moi, mon boulot, c'est de tout faire pour que ça s'arrête.
surtout, il pointe du doigt le gouvernement de Benjamin Netanaou en qualifiant d'inac euh à Gaza. C'est un drame humanitaire et c'est inacceptable. Euh il parle même de honte.
C'est une honte et donc nous on doit se battre absolument pour d'abord rouvrir eux parce que ce sont des vies et c'est la première fois qu'il parle du conflit en ces termes. Il entend, il le dit faire monter la pression sur le gouvernement israélien. Alors on va voir pourquoi Emmanuel Macron prend cette position à ce moment-là alors que jusqu'ici le chef de l'État s'était montré beaucoup moins ferme envers le premier ministre israélien Benjamin Netaniaahu.
Robin Corda vous êtes en ce moment en Israël à Telive. Rappelez-nous d'abord ce qu'est la bande de Gaza, c'est en classe palestinienne au sud d'Israël. Alors bah Gaza, c'est une bande de terre qui est au sud-ouest d'Israël.
Elle est longée par la mer méditerranée sur l'ouest. Il y a l'Égypte au sud et Israël qui fait donc l'est et le nord des frontières. C'est un petit territoire, ça fait à peu près 40 km de long en hauteur et puis en largeur environ 8 km en en moyenne et c'est extrêmement densément peuplé.
Il y a 2,2 millions d'habitants qui vivent. Donc c'est vraiment un des territoires les plus densément peuplés au monde avec des grandes villes. Il y a notamment Gazaville qui est au nord de cette bande de terre.
Un peu plus au centre, il y a Ranunes et puis à la frontière sud avec l'Égypte, il y a la la ville de Rafa. Et depuis 2007, presque personne ne peut entrer ou sortir de ce territoire. Voilà.
Alors en fait en 2007, il y a le Hamas qui est un groupe politique et militaire qui prend le pouvoir dans la bande de Gaza. Israël le considère comme un groupe terroriste. Et donc à partir de ce moment-là et bien l'État hébreu va surveiller et filtrer les entrées et les sorties de de ce territoire qui est cerné de d'enceintes, de barbelé, de de Mirador.
Et l'Égypte aussi pour des raisons de sécurité va interdire ou en tout cas extrêmement limiter les entrées et les sorties puisque le Hamas est lié aux frères musulmans et ce mouvement- là est aussi considéré comme terroriste par l'Égypte. Est-ce que certains habitants de Gaza allaient quand même travailler en Israël avant la guerre ? Alors avant la guerre oui, il y avait des milliers de Palestiniens qui disposaient d'un permis de travail et donc il venaient tous les jours en Israël par exemple.
Moi, je me suis rendu à plusieurs reprises dans les kiboots, les petits villages frontaliers de la bande de Gaza côté israélien. Et ils avaient pour habitude de recevoir des des Palestiniens tous les jours qui travaillaient dans dans l'agriculture par exemple. Et aujourd'hui, quand je me rends dans ces villages, on voit très clairement la bande de Gaza.
Et de l'autre côté des enceins, de l'autre côté des barbelés, ce ne sont plus que des villes rasées, dévastées, des bâtiments détruits. Et toutes ces zones sont désertées depuis longtemps maintenant. Après l'attaque terroriste du Hamas sur Israël le 7 octobre 2023, attaque qui a fait 1218 morts dont une majorité de civils, le Premier ministre israélien Benjamin Netaniaou a promis d'anéantir le Hamas.
Le Hamas qui est donc au pouvoir à Gaza. C'est le début d'une guerre meurtrière. Plus de 50000 Palestiniens dont de nombreux civils sont tués dans les bombardements israéliens d'après le Hamas.
L'armée israélienne pénètre dans la bande de Gaza. Robin Corda, les Israéliens rasent des quartiers entiers après les bombardements, notamment à la frontière avec Israël pour créer une zone tampon. expliquez-nous ça.
Voilà, c'est ça. Alors, c'est une zone tampon sécurisée entre Israël et la bande de Gaza. Bah, tout simplement parce que c'est à partir de ces zones frontalières que il y a le plus gros risque soit d'infiltration du Hamas dans l'état hébreu à travers des tunnels ou Israël a aussi peur que des terroristes arrivent à par exemple percer des barbelés et à réitérer des attaques similaires à celles du 7 octobre.
Et puis euh bien sûr, et c'est là aussi où il y a des caches d'armes et où il y a des envois de requêes potentiellement euh destructeurs pour Israël. Parce que quand les missiles viennent de loin, Israël a un système très perfectionné qui s'appelle le dôme de fer et qui arrive à intercepter les missiles. Mais évidemment, lorsque ces missiles sont envoyés de zones très proches, et bien Israël est beaucoup plus vulnérable face à ce type d'attaque.
Thomas Poupo, où vivent les Gazaouis de de ces quartiers qui ont été totalement détruits ? Alors, les gazouis vivent dans des camps de de déplacés euh où en fait ils s'entassent par dizaines de milliers. C'est des camps qui souvent sont le long de la côte.
Donc là, il y a des tentes, des abris de de fortune qui sont évidemment pas adaptés aux conditions notamment climatiques. L'hiver est assez rude à Gaza, donc il y froid. Quand il pleut, tout est inondé et ces camps sont aussi parfois bombardées par l'armée israélienne.
Thomas Poupau, au mois de janvier, le 23 janvier dans le Parisien, vous faites parler une française, Anne Châtelin, 47 ans, infirmière de formation. Elle a dirigé pendant 6 mois un hôpital de campagne de la Croix-Rouge à Gaza et elle a été marquée par un enfant Gazaoui devenu orphelin. Oui.
Et c'est un petit garçon qui s'appelle Ibrahim qui a 4 ans et c'est le seul survivant de de sa famille. Son père, sa mère, ses frères et sœurs ont été décimés dans un bombardement à la toute fin de l'année 2024. Il est grièvement blessé à la jambe.
Il est totalement traumatisé par ce qui lui est arrivé parce qu'il a vu. Il a vu son père, sa mère mourir sous ses yeux et il ne s'est remis à sourire qu'au bout de 3 mois. À ce moment-là, vous précisez que moins de la moitié des 36 hôpitaux de Gaza restent fonctionnels et seulement en partie.
Quel a été le quotidien d'Anne Châtelin dans cet hôpital de campagne ? Alors, son quotidien c'est plus de 300 consultations par jour. C'est parfois des afflus de blessés extrêmement graves, parfois 40 par jour, à tel point qu'ils ont été obligés les médecins, les soignants et donc Anne Chatelin de mettre en place un système de code, donc code noir, code rouge et code jaune en fonction de la gravité des blessures et sachant que le le code noir c'est quand la personne arrive encore vivante mais que par manque de matériel parce que la blessure est trop grave, on ne peut plus la sauver.
Le 19 janvier, une trêve entre Israël et le Hamas est entrée en vigueur et à partir du dimanche 2 mars, Israël bloque toute aide humanitaire à destination de Gaza. Ici, c'est déjà la pénurie. Les fils d'attente s'étirent des heures d'attente pour finalement ne récupérer qu'un sac contenant du pain.
J'attends pour avoir un sac de pain pour nourrir ma famille. Nous sommes environ 22 personnes pour un seul paquet. Il y a des échecs de négociation et à partir de ce moment-là, l'État hébreu va refermer tous les point de passage pour empêcher les livraisons d'aide d'entrée.
Tout ça pour des raisons de sécurité. officiellement. En fait, ce qu'il faut comprendre, c'est que les autorités israéliennes, elles accusent le Hamas de détourner cette aide humanitaire pour s'en servir soi-même ou pour alimenter le marché noir et s'enrichir.
Et ça, c'est inacceptable pour tel à vive. Cependant, ce blocage en plein désastre humanitaire, en pleine guerre, et bien c'est vivement dénoncé par les ONG. Et le but pour Israël, c'est de faire pression sur le Hamas.
Bien sûr, parce que non seulement le Hamas s'appauvrit, mais l'idée c'est potentiellement aussi de de retourner l'opinion contre le groupe qui est au pouvoir et qui a provoqué cette guerre avec son attaque du 7 octobre. Et on verra d'ailleurs euh dans les mois suivants de premières manifestations éclatées contre le Hamas. Et le premier ministre israélien Netaniaahu va dire à ce moment-là que la stratégie d'Israël fonctionne.
Thomas Poupo, quelles sont les conséquences concrètes pour les habitants de Gaza ? Ben ce qu'il se dit sur place euh et ce que pointe aussi certaines ONG, c'est une situation de famine. C'est-à-dire que sans aide humanitaire depuis euh plusieurs semaines, ben il y a plus de nourriture, les puits d'eau potable ne sont plus forcément accessibles.
Donc le le quotidien des habitants de Gaza, c'est d'essayer de trouver de la nourriture. Euh sachant aussi que la plupart des installations agricoles ont été détruites, donc il y a plus que très peu de légumes, de fruits. Le prix de ces denrées là a explosé.
on est passé de moins d'un € le kilo de pomme de terre à à plus de 20 €. Donc il s'agit de survivre et et les gens sur place racontent aussi qu'ils sont obligés de boire de l'eau qui est non potable. Israël reprend les bombardements dans la nuit du mardi 18 mars.
À partir de là, les frappes sont régulières. Le dimanche 30 mars, le croissant rouge palestinien annonce avoir retrouvé les corps de 15 secouristes tués par des tirs israélien dans le sud de la bande de Gaza. Oui, en fait l'armée israélienne a visé directement des ambulances.
Euh ça s'est passé dans un quartier à l'ouest de Rafa et parmi les corps retrouvés, on des nombr des ambulanciers du croissant rouge palestinien qui est une société de secours qui fait partie du même mouvement que la Croix-Rouge, six membres de la défense civile et un employé de l'Agence des Nations- Unies. Que dit l'armée israélienne au sujet de ces 15 morts ? Quelle est sa version d'effet ?
L'armée israélienne dit que ces soldats euh ont tué plusieurs terroristes de Hamas en tirant sur leur véhicules et qu'à ce moment-là euh d'autres véhicules, en l'occurrence euh les ambulances, euh ont fait un mouvement de façon suspecte. C'est ce que dit euh l'armée en direction des soldats et c'est à ce moment-là qu'ils ont tiré dessus. Robin Cordal lundi 24 mars, un journaliste Gazaoui de 23 ans est tué.
Expliquez-nous qui il était et ce qu'il s'est passé. C'est Os Shabbat et il était suivi par 600000 personnes sur Instagram puisqu'il documentait les effets de la de la guerre dans le nord de la bande de Gaza comme photo journaliste et notamment pour Aljazira. Et donc le le 24 mars, il est tué par l'armée israélienne lors d'une frappe par drone près de Bethlaya.
Son véhicule explose et l'armée israélienne dira plus tard que Osam Shabbat a participé à des attaques et des activités. terroriste, mais sa mort est dénoncée par plusieurs grandes associations de de journalistes notamment reporter sans frontière. Le mercredi 16 avril, une jeune photo journaliste, elle aussi de 25 ans, meurt dans un bombardement israélien.
C'est Fatima Asuna. Elle a donc 25 ans. C'était une photo journaliste indépendante qui était très reconnue pour ses images de la guerre dans des grandes publications internationales, par exemple de Guardian.
et elle est tuée lors d'un bombardement particulièrement meurtrier puisqu'elle meurt avec 10 membres de de sa famille lors d'un bombardement sur la maison familiale dans la la ville de Gaza. Et Fatima Asuna, elle est particulièrement connue parce qu'elle faisait l'objet d'un documentaire qui a été sélectionné pour le festival de Cann et d'ailleurs, elle avait appris cette sélection seulement quelques jours avant de mourir. Concrètement, aucun journaliste ne peut entrer dans Gaza.
Depuis le début de la guerre, depuis le 7 octobre, l'armée israélienne a seulement euh laissé passer quelques journalistes pour l'accompagner sur le terrain pour euh en fait organiser des sortes de tours médiatiques et montrer par exemple les tunnels que le Hamas avait creusé pour cacher ses armes et euh dissimuler ses autres activités. À part ça, c'est impossible pour un journaliste de se rendre dans la bande de Gaza ou quasi impossible. Il y a une journaliste américaine qui au début de la guerre a réussi à infiltrer une équipe médicale des Émirats Arabes-Unis.
Mais sinon, les entrées sont interdites. Il y a des grands s de sécurité, des zones tampons militarisées et c'est impossible de se rendre de l'autre côté des des barrières et des enceintes qui cernent ce territoire. Le 15 mai, Arian Ryou Thomas Poupo, vous publiez dans le Parisien un papier décrivant la situation à Gaza à partir de témoignage de Gazawoui que vous recueillez à distance au téléphone.
Arianne vous échangeait notamment avec une mère de famille prénommée Naï. Qui est-elle ? Alors, avant le début de la guerre, Naï était formatrice en langue anglaise.
Elle a donc trois enfants euh de 8, 14 et 16 ans. Et elle vit, enfin plutôt, elle survit, c'est ce qu'elle me dit, sous une tente de fortune au sud-ouest de la bande de Gaza et elle est complètement à bout de force. Elle me dit que ses enfants sont rangés par la faim, par la peur, que sa mère aussi est atteinte d'un cancer de l'utérus et qu'elle a du mal à se procurer des médicaments pour la soigner.
Naï vous explique aussi qu'elle vient de perdre son père il y a 3 semaines. C'est très dur pour elle de m'en parler. Elle me dit que elle l'a retrouvé inerte au milieu de la tente dans laquelle il vivent.
Son père en fait était diabétique et il est mort parce que il n'avait plus accès à ses traitements et elle est complètement dévastée. Dans quelles conditions elle vit aujourd'hui ? En fait, sa maison a été détruite par des bombardements israéliens.
Et en fait, depuis le blocus de l'aide humanitaire par Israël, donc le 2 mars, elle a beaucoup de mal à nourrir euh toute sa famille. Ils ont quelques restes de l'époque où il pouvait avoir encore accès à de la nourriture, du riz, des lentilles. Mais même ça, c'est compliqué euh de les faire cuire parce qu'en fait, elle m'explique qu'il y a plus de gaz, il y a plus non plus de bois parce qu'ils ont coupé tous les arbres autour d'eux.
Et donc elle est obligée et ça ça m'a marqué de faire cuire les aliments en faisant brûler ses vêtements, ses chaussures. Elle vit vraiment dans des conditions de survie totale. La la famille partage un seul repas par jour quand ils arrivent à avoir un peu de nourriture.
Les Gazaouis, où est-ce qu'ils vont chercher de la nourriture ? Alors, c'est la débrouille absolue. Il reste des stocks mais euh extrêmement réduits des distributions humanitaires quand elles avaient lieu, c'est-à-dire avant le début du mois de mars.
Donc, on se débrouille pour trouver une conserve ici ou là. Il y a encore des marchés mais les étales sont quasiment vides. Il y a également très très peu de de légumes, de fruits puisque la plupart des fermes ont été détruites, sont plus approvisionné en eau, on peut plus arroser.
Donc en fait, c'est chaque jour un combat absolu pour trouver une boîte de conserve, 1 kg de riz, trois pommes de terre et en plus le manque a créé également une explosion des prix de ces denrées. Thomas, de votre côté, vous avez euh interrogé un père de famille, Riyad, un habitant de Gazaville qui a deux enfants âgés de 8 et 4 ans. Lui, quel est sa situation ?
Alors, Riad, c'est un travailleur humanitaire employé par le Secours islamique France qui est une ONG française euh qui travaille sur place à Gaza. Mais évidemment, depuis qu'il y a plus de distribution alimentaire, il a plus rien à distribuer. Il se retrouve dans la même situation que tous les autres Gazaoui, c'est-à-dire à devoir chaque jour trouver ici et là un peu à manger, un peu de riz.
pour ses enfants. Et actuellement, après avoir été déplacé de camp en camp, notamment dans le milieu de de l'enclave vers Hanunes, il se retrouve aujourd'hui dans un appartement dans lequel il était avant qui est à Gazaville, donc qui est en partie détruit et c'est là qui se trouve avec sa famille. Riad, lui aussi vient de perdre un membre de sa famille, le père de sa femme, son beau-père.
Oui, son beau-père s'appelait Ali et euh il y a quelques mois, il a été blessé dans un bombardement israélien à la jambe. Sauf qu'évidemment par manque de matériel médical, par manque de médicament, ça sa placée et par-dessus cette blessure, c'est ajouté le le manque de nourriture. Ce que Riyad me racontait, c'est que son beau-père faisait 95 kg avant la guerre et quand il est mort d'infection, de malnutrition, il en pesait plus que 35.
Dans votre article, un chirurgien qui a parlé à notre conseur Elsa Marie explique à quel point le système de santé de Gaza est à bout de souffle. Oui, ce chirurgien qui est un chirurgien obstétrique s'appelle Zuer Larna. Ça fait 25 ans qu'il exerce dans l'humanitaire, notamment à Gaza.
Et lui, il nous raconte comment parfois souvent même après des heures d'opération les patients finissent par mourir. Il donne l'exemple d'une femme qui est arrivée un jour avec une balle dans la tête qu'il a essayé de sauver mais en fait faute de matériel, faute de médicaments, faute de moyens humain, en fait, elle est décédée sur la table d'opération. Thomas, au mois de mars, le jeudi 13 mars, une commission d'enquête des Nations- Unies a qualifié d'acte génocidaire la destruction de la plus grande clinique de fécondation invitro de la bande de Gaza.
De quoi est-ce qu'on parle précisément et qu'a dit cette commission d'enquête de l'ONU ? Alors, cette clinique s'appelle la clinique Albasma et euh c'était avant la guerre le plus grand centre de procréation médicalement assisté donc où était stocké 4000 embryons et on y pratiquait jusqu'à 100 fécondations invitro par mois. Elle a été bombardée par l'armée israélienne en décembre 2023.
Sa destruction vise, selon la Commission des Nations- Unies à empêcher des naissances à Gaza, ce qui constitue à ses yeux un acte génocidaire. Comment a réagi Benjamin Netanahou à ces accusations ? Alors, il il dément euh formellement, il juge que ces déclarations sont euh fausses, euh absurdes.
Il qualifie cette commission des droits de l'homme des Nations- Unies de cirque anti-israélien. Il la juge corrompu, antisémite et explique même que c'est euh à ses yeux un soutien euh du terrorisme et du Hamas. On en revient au début de cet épisode de code source.
Le lundi 13 mai, le jour de l'émission sur TF1 d'Emmanuel Macron. En Israël, Benjamin Netaniaahou annonce que dans les jours qui viennent, l'armée israélienne va entrer massivement dans Gaza pour, je cite, achever l'opération et vaincre-le Hamass. À ce moment-là, la pression internationale monte.
Emmanuel Macron a donc parlé de honte. Le lendemain, le 14 mai à New York, le chef des opérations humanitaires de l'ONU tape du point sur la table du Conseil de sécurité. "Alez-vous agir de façon décisive ?
", demande-t-il pour empêcher un génocide à Gaza. Fin de citation. La pression internationale qui s'accentue au sujet de la situation humanitaire désastreuse à Gaza.
Robin Corda, comment est-ce que c'est vécu en Israël ? Pour beaucoup d'Israéliens, il y a une forme d'injustice dans ces reproches. Pour les Israéliens, le plus important euh c'est d'abord que il y a eu un agresseur et un agressé, que Israël a encore euh des otages qui sont détenus par le Hamas dans la bande de Gaza.
Et en fait, euh beaucoup de personnes ne comprennent pas ces critiques. Voilà, on a l'impression ici souvent que l'attention internationale se focalise sur Gaza et refuse de comprendre la situation des Israéliens qui vivent un drame depuis le 7 octobre 2023. Arian Ryou.
Le dimanche 18 mai, le gouvernement israélien donne son accord pour une reprise limitée de l'aide humanitaire à Gaza. On sait pourquoi. Oui, ben en fait Benjamin Netanaou et son gouvernement n'avaiit plus le choix.
Et en fait lui-même, le premier ministre israélien a diffusé une vidéo sur son compte Telégram pour soutenir la poursuite de la guerre si des images de famine de masse dans le territoire palestinien étaient diffusé. Comment se traduit cette reprise de l'aide humanitaire sur le terrain ? Alors, d'abord l'armée israélienne a autorisé l'entrée de neuf camions d'aide humanitaire de l'ONU par le sud-est de la bande de Gaza pendant le weekend et puis les jours qui ont suivi, d'autres camions ont été autorisés à entrer dans la bande de Gaza.
On parle de 100 camions en l'occurrence. L'ONU a réagi en évoquant une goutte d'eau. Oui, parce qu'en fait la situation est extrêmement critique.
Il y a 2 millions de personnes qui vivent dans la bande de Gaza. Donc 9 camions puis même 100, c'est insuffisant. Beaucoup d'humanitaires estiment qu'il faudrait environ 500 camions par jour pour permettre à la population de Gaza de survivre et en plus avec de six petites quantités se pose de la question de la répartition avec la crainte des meutes lorsque la nourriture sera distribuée.
[Musique] Merci Arian Ryou, Robin Corda et Thomas Poupo. Cet épisode de code source a été produit par Orian Gendre et Pénélope Gueroti. Réalisation Julien Montcouquiol.
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