Bonsoir à toutes et à tous. J'ai compris que c'était à moi de parler. Permettez-moi de vous souhaiter une très belle année 2026. Je vous souhaite une année lumière, mais je mets pas de tirer entre les deux mots, une année lumière, ça fait moins loin. Et je remercie Gérald Bronor pour son invitation à participer à ce cycle de conférence et je vous remercie d'être Venu nombreux malgré les conditions météo. Enfin, c'est normal qu'au mois de janvier, il fasse un peu froid mais ça demande quand même un effort et je vous en saigrai. La tâche que je
me suis assigné ce soir est extrêmement simple. Elle est indiquée dans le titre que j'ai proposé pour cette conférence. Il s'agit de montrer que la physique moderne est le contraire d'une bureaucratie des apparences. Bon, c'est quand même assez Simple tellement c'est évident. On a tous suivi des cours de physique au lycée et dès la classe de seconde, en tout cas c'était le cas à mon époque, je sais pas si les programmes ont évolué dans un sens ou dans l'autre, mais en classe de seconde, on apprenait les principes fondamentaux de la mécanique classique qui ont été
énoncés par Galilée au 17e siècle et ce sont des principes dont l'énoncé très simple qu'on peut dire avec des mots contredit Toujours les apparences. Autrement dit, se met là en place une physique dont les lois sont contradictoires avec l'apparence des phénomènes que pourtant elles expliquent. Je vous donne deux exemples. Le premier, c'est le principe d'inertie énoncé par Galilée euh vers 1620 qui dit ceci : "Un corps qui n'est soumis à aucune force à un mouvement Rectil et uniforme." Je sais pas si vous imaginez la réaction qu'on peut avoir ces contemporains quand ils ont entendu cette
phrase pour la première fois. Un corps qui n'est soumis à aucune force avance éternellement en ligne droite. Alors que notre expérience du mouvement dit tout à fait le contraire. Elle nous dit, c'est d'ailleurs ce que dit Aristote dans sa physique, pour qu'un Corps soit mu mis en mouvement, il faut qu'il soit mu par une force. Et si la force s'annule, le mouvement s'arrête. Autrement dit, l'expérience que nous avons du mouvement montre que c'est l'immobilité qui est contagieuse. Quand vous faites du vélo, si vous cessez de pédaler, votre vélo finit par s'arrêter. Et là, Galilée nous
dit non, Un corps qui n'est soumis. Alors, pourquoi on ? Voilà pourquoi on ? C'est une question fondamentale d'ailleurs et là je m'avance sur la suite mais on a fini par comprendre notamment à la fin du 10e siècle que il y a des étoiles partout dans la V lactée. C'était la seule galaxie qu'on connaissait à l'époque. Mais s'il a des étoiles dans toute la galaxie toute la galaxie ça veut dire qu' a de la gravitation Partout. Il y a la gravitation partout. Donc un corps donné où qu'il soit dans l'espace subit au moins une force.
qui est son poids. Et donc l'énoncé qui dit un corps qui n'est soumis à aucune force est un énoncé qui n'est actuel en aucun point de l'univers. Ça correspond presque à sorte d'énoncé métaphysique qui peut servir de principe mais qui n'a D'actualité concrète nulle part. Et ça ça va tourmenter quelques physiciens en 19e siècle à la fin. Il y en a qui vont dire mais ce qui compte ce sont pas les principes au même implications qu'ils ont et qu'on peut vérifier. Or ce principe est un principe fondamental de la mécanique classique. Les conséquences de cette
mécanique sont justes. Donc le principe qui les fonde sont vra. Et puis en a un qui dit non, on peut pas bâtir la physique sur Du sable, c'est-à-dire sur un principe qu'on peut pas tester directement. Et ce monsieur qui s'appelle Albert Einstein va démontrer que la gravitation en fait n'est pas une force mais c'est une déformation de la géométrie de l'espace-temp. Mais du coup si la gravitation n'est pas une force, on pourrait dire d'un corps qui subit la gravitation, qu'il ne subit Aucune force et qu'il a donc un mouvement inertiel. et donc il va en
ligne droite. Sauf que dans la théorie d'Instein, les lignes droites tournent puisque l'espace temps est courbé par la gravitation. D'accord ? Voyez, c'est une sorte de renversement complet de la compréhension de la gravitation. Je prends un autre exemple, le principe de relativité énoncé par Galilée là encore qui dit, je le cite, Le mouvement est comme rien et l'immobilité est un mouvement partagé. Donc vous imaginez les mouvements de l'époque, c'était les gens se déplacer à cheval, en carrosse et quand on est en mouvement à cheval ou en carros, on sent qu'on est en mouvement. Et l'autre
arrive dit le bou est comme rien. Alors pourquoi on paye les billets de train ? Donc le principe de relativité qui Semble trivial en fait c'est quelque chose de très surprenant. C'est pas du tout l'expérience qu'on a du mouvement dans notre corps. Alors ça veut dire quoi ? Ça veut dire que en fait on vit dans un monde et c'est ce qu' a compris Galilée. On vit dans un monde très particulier. Ce monde c'est la terre. On est donc dans le champ de gravité de la terre avec son atmosphère, on n'est pas dans le vide.
Et ce monde, il est tellement particulier qu'il nous fait croire qu'en l'observant attentivement, on va comprendre les lois des phénomènes qu'on observe. Et ce ce qu'a compris Galilée, c'est que non, le monde dans lequel on vit est une tromperie qui masque les vraies lois physique. Les lois physiques dans notre monde sont enrobées de phénomènes physiques qui les masquent et qui même les contredisent. L'exemple Que tout le monde a en tête, c'est la chute des corps. Dans notre monde, les corps lourds tent plus vite que les corps légers. Tout le monde l'a vu, Aristote l'a vu,
il a écrit dans son traité du ciel. Il a élaboré même une loi de la chute des corps qui est d'ailleurs assez absurde. Aristote dit qu'il y a proportionnalité entre la vitesse de chute d'un corps et sa masse. Un corps cinq fois plus lourd qu'un Autre tombe cin fois plus vite. On voit bien qu'il y a un truc qui va pasin. Il a fallu toute l'autorité d'Aristote pour que cette loi manifestement fausse soit enseignée pendant des siècles. Imaginez, vous prenez un rocher dont la masse est, je sais pas, 100000 fois plus élevée que celle d'un
caillou, vous laissez tomber les deux en même temps, vous êtes sûr que le rocher va tomber 100000 fois plus vite que le caillou, Que les objets lourds tombent plus vite que les corps légers, c'est évident, mais qu' une loi de proportionnalité entre la masse et la vitesse, faut pas charier. Et pourtant, cette loi a été enseignée sans aucune difficulté pendant des siècles. Et Galilée, lui, va se poser la question de savoir non pas si cette loi est conforme aux observations. La question qui l'intéresse, c'est est-ce qu'elle est vraie ? Et il va démontrer qu'elle est
fausse, Non pas en faisant des expériences puisqueà l'époque, on sait pas faire le vide et on pense sous sous l'autorité d'Aristote que le vide ne peut pas exister. Donc Galilé va énoncer en 1604 la nouvelle loi de la chute des corps qui dit que la vitesse de chute d'un corps dépend de la durée de la chute. Elle est proportionnelle à la durée de la chute. Elle est indépendante de la masse. Donc un corps qui tombe depuis 5 secondes tombe cin fois plus vite qu'un corps qui tombe depuis une seconde. Et c'est vrai quelle que soit
la masse du corps, mais personne n'a jamais vu ça. En tout cas, du temps de Galilée, personne n'a jamais vu ça. Et donc, comment est-ce qu'il a trouvé la loi ? et ben en allant se faire voir ailleurs, c'est-à-dire en posant des questions qu'on appelle contrefactuelles qui commencent toujours par qu'est-ce Qui se passerait si qu'est-ce qui se passerait si c'est une façon de se démarquer du monde dans lequel on est pour envisager des situations qu'on peut imaginer et pour voir ce que notre raisonnement permettrait de dire de ces situations, fabriquer de nouveaux concepts et armer
ces nouveau concept, revenir dans le monde pour l'interroger d'une nouvelle façon. Donc la physique d'une certaine façon, C'est une exotopie, c'est-à-dire c'est une un déplacement par l'esprit qui permet, comme je le disais, d'aller se faire voir ailleurs. Et donc Galilée a démontré que la loi d'Aristote ne pouvait pas être vraie, non pas en faisant des expériences, non pas non plus en faisant des observations, mais en réfléchissant simplement avec sa tête. En disant ceci, c'est raconté dans son discours sur de sciences nouvelles, Hein, le livre dans lequel son porte-parole c'est Salviati. C'est pas lui-même, il avait
pas de l'inquisition comme vous savez. Donc il dit voilà, j'imagine qu'Aistote a raison, un corps lourd tombe plus vite qu'un corps léger. C'est ce que je vois. Donc je prends par exemple une grosse pierre et une petite pierre. Et l'expérience de pensée commence quand vous reliez la grosse pierre, la petite pierre par une ficelle. Donc vous formez un système qui est plus lourd que la grosse pierre toute seule. Vous imaginez que vous laissez tomber ce système d'une certaine hauteur. Qu'est-ce qui va se passer ? Que dit Aristote ? Bah Aristote dit "L'ensemble formé par les
deux pierres est plus lourd que la grosse toute seule. Donc va tomber plus vite. Mais le même Aristote va dire "Mais non, mais pendant la chute, la petite pierre qui tombe moins Vite va faire parachute, tendre la corde et freiner la chute de la grosse pierre. Donc l'ensemble va tomber moins vite. Conclusion, le même Aristote dit ça va tomber plus vite et ça va tomber moins vite. C'est l'invention du macronisme du du en même temps. Si vous voulez, ça tombe en même temps plus vite et moins vite. Donc il y a une contradiction. Non mais
vous retirez ça au mon stage Euh ça m'a échappé. Pardon. Et donc comment résoudre ce paradoxe ? En disant que la grosse pierre tombe exactement à la même vitesse que la petite pierre, ce qui n'est pas ce que nous voyons. Et ensuite, il faut comprendre ou expliquer comment une loi qui contredit ce qu'on voit explique quand même ce qu'on voit. En l'occurrence, on dira que dans le vide, les corps tombent à la même Vitesse. Mais si on n'est pas dans le vide, si on est dans l'atmosphère, dans l'air, il y a d'autres forces. La résistance
de l'air, la poussée d'Archimède qui sont responsables des différences de vitesse que nous observons. Ce sont elles qui sont responsables et non pas la gravitation. Donc une lecture trop directe des phénomènes nous fait croire à des lois qui sont fausses mais convaincante. Elles sont convaincantes mais fausses. Voilà. Et en fait c'est le cas pour quasiment toutes les lois physiques. Évidemment quand vous allez vers la relativité d'Instein ou vers la mécanique quantique, c'est encore pire. Mais mon propos, c'est dire que dès dès la physique classique, on est déjà dans un régime où faire de la physique,
comme le dit Gaston Bachelard, c'est penser contre son cerveau, c'est-à-dire c'est réfléchir d'une façon qui nous fait sortir Des ornières de la pensée en faisant une sorte d'écart permettant de réfléchir différemment à propos de ce qu'on observe. Alors euh qu' a des qu' y a différentes façons de sortir du contexte. Les astronautes par exemple Thomas Pesc est parti dans l'ISS. Moi-même j'ai pu faire ce qu'on appelle un vol 0G. Vous savez les vols paraboliques. Là on prend un Airbus spécial, on monte à 45°gr, les les Réacteurs sont à fond et quand on atteint 10000 m,
la pression de l'air est très faible. On coupe les moteurs quasiment. et l'avion va suivre une trajectoire parabolique pendant 24 secondes. 12 secondes de montée, 12 secondes de descente puis on retombe, puis on remet, on fait ça une quarantaine de fois et pendant ces phases de 24 secondes, on est en imposanteur. Ça veut pas dire qu'on est en dehors de La pesanteur. Il y a de la pesanteur mais on la sent pas parce qu'on est en chute libre. D'accord. Euh ce qu'a compris Einstein, c'est lui qui a rendu possible d'envisager ce type de d'expérience. Einstein
comprend en 1907 que quand vous tombez en chute libre, tomber en chute libre, ça veut dire dans le vide. Quand vous tombez en chute libre, vous ne sentez pas que vous avez un poids. Pourquoi ? Parce que les objets qui Tombent avec vous, par exemple, je sais pas moi, un coupe cigare là, il a pas la même masque que vous mais dans le vide, il tombe comme vous parce que tous les objets tombent à la même vitesse. Donc si vous le lâchez, alors vous êtes en train de tomber, vous verrez que il tombe pas en
fait, il flotte autour de vous, il évite de sorte qu'il vous donne l'impression que la gravitation a disparu. Donc le fait de subir la gravitation Vous fait croire qu'il y a pas de gravitation. Donc l'effet produit par la gravitation semble annuler la cause qu'est la gravitation. Et Einstein va être complètement bouleversé par cette idée dont il dira plus tard qu'elle a été la plus heureuse de sa vie. C'est cette idée qui va la le conduire à la théorie de la relativité générale. Il comprend qu'en fait l'imposesur c'est pas l'absence de pesanteur, C'est l'absence de ressenti
de la pesanteur. Et donc vous êtes en imposanteur quand vous ne sentez pas qu'il y a de l'esanteur. Et la condition pour que ce ressenti soit vécu, c'est que votre corps ne subisse qu'une seule force. qui est votre poids. Quand la seule force que vous subissez, c'est votre poids, vous ne sentez pas que vous avez un poids. Vous avez une Masse mais vous n'avez pas de poids. Autrement dit, pour sentir qu'on a un poids, il faut être comme vous, assis sur une chaise ou moi debout sur le sol. Et c'est la réaction de votre chaise
au poids de votre corps qui vous fait sentir votre poids. De même, pour moi, c'est la réaction du sol. D'accord ? Et donc on peut être en imposanteur dans un champ de pesanteur. Et quand on fait ce vol, ben tous les toutes les lois physiques, les lois de la physique Classique qui sont cachés dans notre monde parce qu'elles sont enrobées de phénomènes qui les masque deviennent visibles. On voit le principe de relativité, on voit le principe d'inertie, on voit le principe d'égalité de l'action et de la réaction. Si on pousse quelqu'un, bah on part dans
l'autre sens ce qu'on voit pas dans notre monde. Et on voit même le principe d'équivalence d'Instein dont j'ai pas parlé. Mais Bref, ce que je suis en train de vous dire, c'est que si Aristote avait pu faire un vol 0G, la physique aurait gagné 2000. Voilà, on a'urait pas besoin de Galilée génial pour comprendre le fait que le monde en fait le monde dans lequel on vit nous masque les lois de l'univers. Alors un jour, il y a un de mes amis qui est chef d'orchestre qui s'appelle Alain Letinoglu, il m'a raconté une anecdote Euh
qui m'a fait réfléchir. un grand passionné de Maurice Rabel et il m'a raconté qu'un qu'un soir à Paris, je crois que c'était en 1924, Maurice Rabel qui était paraît-il un mauvais chef d'orchestre mais un compositeur génial a dirigé un orchestre qui exécutait quelques-unes de ses œuvres. Et l'anecdote raconte que au cours d'un morceau euh qu'il dirigeait, Rabel tout d'un coup s'est interrompu. Il a interrompu sa ce qu'on appelle sa gestie qui s'est immobilisé. Donc panique dans l'orchestre, des musiciens continu continu à jouer chacun à son rythme, d'autres s'arrêtent. Bref, il crée une cacophonie et puis
reprend sa gestique seconde cacophonie. Et on lui demande à la fin du concert, "Maître, qu'est-ce qui s'est passé ?" Et Ravel aurait répondu, "Bah, pendant un court lapse de temps, j'ai entendu dans Ma tête une autre interprétation, une autre interprétation possible de mon œuvre que celle qui était jouée par l'orchestre." Autrement dit, sa musique intérieure l'a rendu sour à la musique extérieure. Il me semble que ça c'est une bonne métaphore de notre situation. Non pas qu'on soit enfermé dans notre moi, quoique, mais on est enfermé dans le monde Et le monde nous empêche d'entendre parce
qu'il est très particulier les lois physiques qui valent dans l'univers. Et donc pour les découvrir ces lois, il a fallu aller les chercher autrement qu'en observant, en contemplant ou en théorisant. Autre exemple, le ciel. le ciel tel qu'on le voit le soir, la nuit avec les étoiles. Je parle de l'époque où on ne pouvait voir tout cela qu'à l'œil nu ou avec des lunettes Type Galilée. Bah ce ciel est noir, il y a des étoiles qui sont en apparence fixe. C'est un monde stable, ordonné qui a d'ailleurs servi de modèle pour fonder la pensée d'une
façon rationnelle. En fait, le monde, enfin le ciel tel qu'on le connaît aujourd'hui, il a rien de tout ça. Il est ultra violent. Il y a toutes sortes de choses, des fusions de trous noirs, des effondrements d'étoiles, Des émissions non gravitationnelles extrêmement intenses, des courbures de l'espace-temps qu'on voit pas. Et donc encore là, on peut faire une expérience de pensée. Imaginez que Platon et d'autres est disposé des des détecteurs de particules et rayonnement qu'on a aujourd'hui. Toute l'histoire de la pensée occidentale, on aurait été modifié puisque le ciel au lieu de servir de référence, de
calme et d'ordre, serait Apparu tel qu'il est, c'est-à-dire un lieu extrêmement violent et désordonné. Donc voilà, la révolution de la physique moderne comme on l'appelle à partir du 17e siècle est une révolution qui a montré que la physique doit se démarquer pour être efficace de la bureaucratie des apparences. Donc il faut avoir ça en tête pour ne pas se laisser abuser. Et ça montre aussi que le bon sens dont on parle beaucoup en ce moment, je sais pas pourquoi, c'est pas Une arme critique en tout cas pour la science. pouvez pas critiquer un résultat scientifique
en invoquant votre bon sens puisque précisément la physique s'est construite contre le bon sens et le langage notre langage il a très peu tenu compte de cette révolution ce que je veux dire c'est que on parle aujourd'hui presque encore comme Aristot c'est-à-dire toutes les révolutions physiques qui ont marqué les siècles derniers n'ont pas vraiment eu n'ont pas Vraiment eu d'impact sur le langage. Je vous donne deux exemples. Le premier exemple, c'est la lecture que vous pouvez faire d'un livre de Saint-Augustin, 4e siècle après Jésus-Christ qui s'appelle les confessions. Et dans ce livre, il y a
un chapitre qui s'intitule le temps dans lequel sur une vingtaine de pages, Saint-Augustin s'interroge sur la nature du temps et puis fait des hypothèses et Puis il s'énerve parce que les hypothèses qu'il posent conduisent à des contradictions et ça l'agace. Euh mais le point remarquable, c'est que quand vous lisez Saint-Augustin aujourd'hui en 2026, vous comprenez tout ce qu'il dit. Or, c'est un texte qui a plus de 16 siècles au cours desquels des gens comme Galilée, Newton, Einstein et beaucoup D'autres par la suite ont complètement changé notre façon de comprendre le temps, sa relation à l'espace,
sa relation à l'énergie, à la matière. Et si notre langage avait tenu compte de ce qu'on a appris grâce à ces révolutions, il aurait été tellement transformé qu'on ne pourrait pas comprendre ce que dit Saint-Augustin. Ce serait un langage quasiment incommensurable avec le nôtre. Or, on le Comprend. Pourquoi ? parce qu'on parle comme lui, on parle exactement comme lui. Notre langage n'a nullement été modifier par les connaissances acquises qui venaient interroger, voir contredire ce que le langage transportait comme idée. Or, ce langage, il charit des a priori clandestins qui continuent à déterminer notre façon de
penser. Si on dit mal les choses, il y a des Chances pour qu'on les pense mal. Donc là, l'exemple que je viens de vous donner est assez théorique, mais je vous je vais vous en donner un autre plus prosaïque qui montre qu'on continue de parler comme Aristote. Cet exemple, c'est l'aspirateur. Voilà, on imagine, c'est une expérience de penser, hein, on imagine, il y en a pas, mais j'imagine qu'il y a une poussière sur le sol. Pour l'éliminer, je vais chercher mon aspirateur, je le branche, je l'allume. Et là, il se passe un truc extraordinaire quand
même hein, c'est que la poussière, bah fil dans le tube. C'est quand même incroyable comment elle sait qu'elle doit aller là plutôt que là-bas. Enfin, qu'est-ce qu' la met en mouvement ? Enfin, quelle est la force ? Quelle est la force qui s'applique à la miette et à la poussière et l'envoie dans l'aspirateur ? Et moi, je demande la je pose parfois la question à mes étudiants. Euh, je demande "C'est quoi la force ?" Il me disait "Mais monsieur euh un aspirateur ça aspire." En fait, c'est très mystérieux. D'abord, pourquoi est-ce que la miette est
immobile au départ ? En fait, elle est percutée dans tous les sens par des molécules d'air qui la frappe sous tous les angles et cetera. Et la résultante de tous ces Chocs est nulle. Donc elle est immobile sur le sol. S'il y a du vent, elle peut se déplacer mais en l'occurrence, il y a pas de vent. Donc elle est immobile sur le sol. Bon, ensuite je branche mon aspirateur et je l'allume. Qu'est-ce qui se passe ? Bah, au fond de l'aspirateur, j'imagine que la poussière est là, l'aspirateur est à droite donc à votre gauche.
Au fond de l'aspirateur, il y a il y a une hélice, il a une turbine qui tourne avec des Pâles. Et en tournant, ces pâles viennent heurter des molécules qu'elles envoient au fond de l'aspirateur. Et parmi les molécules qui vont au fond, il y en a qui, s'il y avait pas l'aspirateur, il répercutait la miette. J'ai dit miette ou poussière, enfin c'est la la roue de elles viennent plus du coup. Donc la miète, elle est moins percutée Par des molécules qui viennent de sa droite que par des molécules qui viennent de sa gauche. Et c'est
ce déséquilibre qui pousse la poussière dans le tube. Donc la poussière, elle est pas aspirée du tout, elle est poussée. Et donc il faudrait changer l'appellation des aspirateurs. Non mais c'est vrai, faut les appeler des Moi, je propose rétroppousseur. Voilà. Pareil avec le jus d'orange. On aspire du jus d'orange. Alors, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que vous mettez votre paille dans un verre de jus d'orange, vous aspirez. Euh si vous continuez à aspirer, bah vous allez créer du vide dans la paille. Et comme la nature àur du vide d'Aristote, elle demande au
jus d'orange de monter dans la paille pour empêcher que le vide se manifeste. Donc finalement pour Aristote, L'horreur que la nature a pour le vide est un antidépresseur. Dès qu'il y a une dépression quelque part, la nature demande à toute la matière alentour, qu'elle soit liquide, solide ou gazeuse, de venir coloniser par sa présence l'espace qui pourrait devenir vide. Et on continue à raisonner comme ça puisqu'on dit qu'on aspire le jus d'orange comme s'il y avait un crochet Qui reliait notre bouche à la surface du jus d'orange qui est dans la paille. Alors que vous
savez que Galilée a compris que c'est pas du tout ça qui se passe. Il y a une pesanteur de l'air. Il y a une pesanteur de l'air qui appuie sur le jus d'orange. C'est c'est une force très importante. C'est 10 tonnes par mètre carré. Le poids de l'air c'est 10 tonnes par mètre carré. Et cette pesanteur de l'air, elle appuie sur le jus d'orange Qui est dans le verre. Elle appuie sur le jus d'orange qui est dans la paille. Et si vous aspirez entre guillemets dans la paille, vous allez réduire la pression dans la paille
de sorte que c'est la force de pesanteur du haut vers le bas qui va pousser le jus d'orange dans la paille. Il est pas aspiré, il est poussé. Alors il faut changer, je sais pas, il faut faut changer le verbe aspirer, faut le remplacer. Alors pour l'aspirateur, j'ai Une solution. pour la paille faut voir. Donc euh ça c'est pour la physique classique évidemment, mais que il y a aussi la question du de nos sens évidemment euh nos sens ils sont très précieux hein. Une personne qui serait privée des cinq sens aurait sans doute des difficultés
à survivre colossal. Mais nos sens, ils peuvent aussi d'abord, ils sont limités et ils sont Trompeurs. Si vous prenez par exemple la vue, en fait, on n'y voit quasiment rien, hein. On ne voit que les longueurs nombres de lumière correspondant aux fréquences visibles. On voit pas l'infrarouge, on voit pas le l'ultraviolet, ni les gamas, ni les X, on voit rien en fait. On voit pas les atomes, on n jamais vu d'électrons. On voit pas les ondes gravitationnels, on voit pas les trous noirs, on voit pas Les pulsars, on voit pas le boson de X, enfin
on voit rien quoi. On voit pas la radioactivité, on a des sens extrêmement limités. Et la prouesse, c'est qu'on a pu démontrer l'existence de toutes sortes d'entités physiques qu'on n jamais vu. Grâce à un truil ontologique euh qui sont les mathématiques. Grâce aux mathématiques, on a pu construire en quelque sorte des fusées Des fusées cognitives qui nous emportent au-delà du petit monde dans lequel on est, à la fois dans le domaine de l'infiniment grand. mais aussi dans le domaine de l'infiniment petit. D'accord. Avec une efficacité que je considère comme remarquable et vous le savez sans
doute et pendant toute une première phase, disons jusqu'au début du 20e siècle, on était dans une forme de mécanicisme. C'est on avait compris que les lois physiques sont paradoxales, Semblent contradictoire avec l'observation comme je l'ai dit, mais on peut les énoncer avec des phrases, on peut les les oui les dire avec des concepts relativement familiers. la notion de position, de vitesse, de trajectoire, de masse. On peut dire la physique certes avec des équations, mais elle peut aussi se dire avec un langage qui est assez proche des langages naturels. Et puis au 20e siècle, il a
une rupture D'une part avec la relativité et surtout avec la physique quantique qui montre que les concepts familiers que je viens de rappeler brièvement, ils font faillite, ça marche plus. Et on va remplacer cette façon de voir le monde parce que Bernard Espagn qui a été mon professeur appeler l'Insteinisme. Et l'Instein c'est l'idée que pour faire de la physique, il faut utiliser des concepts plus élaborés, Très différent des concepts familiers. Et ce sont les mathématiques, en tout cas une partie des mathématiques qui nous permettent de les identifier, de les formuler et de les théoriser et
de les convertir astucieusement dans des lois physiques qui peuvent être très étonnantes. Par exemple, si vous prenez la relativité, je parle de la restreinte, celle-là, celle de celle qui a été publiée par Ehstein en 1905, ben elle dit des choses qui sont très contradictoires avec nos conceptions familières de l'espace ultan. Par exemple, nous on considère que l'espace et le temps sont deux choses bien distinctes. Une longueur, ça se mesure avec un double décimètre. Une durée, ça se mesure avec une horloge. Voilà. Bon ben ça, il montre que c'est faux. Euh certes, dans un référentiel donné
comme cet amphithéâtre, vous pouvez mesurer des longueurs avec un double décimètre, les durées que une horloge. Mais pour un observateur qui traverserait la pièce à très grande vitesse, et bien il y a une partie de ce qu'on mesure avec une montre qui serait mesuré qu'un double décimètre et une partie de ce qu'on mesure avec un double décimètre Qui serait mesuré par une horloge. L'espace et le temps reste distinct, mais la frontière qui les sépare est glissante. Elle va dépendre de la vitesse de l'observateur qui fait les mesures. Et puis surtout dans notre vie quotidienne, le
temps semble quelque chose d'à la fois universel et absolu. Pourquoi ? Parce que là, par exemple, on avait rendez-vous à 19h30. Ce rendez-vous a été pris il y a plusieurs mois. Pendant cette période, vous avez voyagé, peut-être pris l'avion, des trains, moi aussi, et on était à l'heure. Qu'est-ce qu'on en déduit ? Bah, premièrement, que le temps est universel, il est le même pour tout le monde et deuxièmement, il est absolu puisqu'il dépend pas des mouvements que nous faisons dans l'espace. Voilà. et on a vécu des siècles avec cette idée. D'ailleurs, on continue D'une certaine
façon à vivre avec cette idée. Mais cette idée, elle est complètement fausse comme l'a montré Einstein et ne semble vrai que parce que nos vitesses de déplacement sont négligeables par rapport à la vitesse de la lumière. Voilà, si nos avions, si nos trains ne voyagaient à ne serait-ce que un diè de la vitesse de la lumière, on pourrait pas prendre de rendez-vous. Je serai arrivé à 19h30 à ma montre, Mais à votre montre, c'est un autre horaire qui sera indiqué. On sera très en permanence. Il faudrait ça se téléphoner pour à nouveau synchroniser nos horloges.
Et donc ce qui est remarquable, c'est que on a pu là construire une nouvelle physique qui se dit avec des concepts qui ne sont pas les concepts familiers. Et d'ailleurs, moi j'observe que les révolutions en physique sont souvent euh Dites comme si elles étaient de simple évolution, c'est-à-dire on continue de les dire dans le vocabulaire des théories qu'elles viennent remplacer. Je vous donne deux exemples. La théorie de la relativité dont je viens de parler dans certains ouvrages encore aujourd'hui, notamment des manuels scolaires de terminal en philosophie, on dit cette phrase : "Selon la théorie de
la relativité, La vitesse d'écoulement du temps dépend de la vitesse de l'observateur dans l'espace." Alors, déjà, la vitesse d'écoulement du temps, c'est quoi ? Je vous rappelle qu'une vitesse, c'est une dérivée par rapport au temps, hein. Donc dire que le temps a une vitesse, ça veut dire que le cours du temps change son rythme d'écoulement par rapport à son rythme d'écoulement. Ah bon ? Non, le temps n'a pas de vitesse D'écoulement, ça a aucun sens. Mais admettons que celui qui a écrit cette phrase comprenne ce que veut dire vitesse d'écoulement du temps. Comment est-ce qu'on
comprend la phrase ? La vitesse d'écoulement du temps dépend de la vitesse de l'observateur dans l'espace. Moi je vais vous le dire parce que je vois le résultat chez les étudiants. Imaginons que l'un d'entre nous parte dans une fusée À grande vitesse. On a mesuré dans cet amphilate que la durée qu'il nous faut pour lire un livre, c'est par exemple 2 he à la montre. La personne qui part va emporter des livres, emporter sa montre et elle se rappelle la phrase la vitesse d'écoulement du temps dépend de la vitesse de l'observeur dans l'espace. Cette personne
est en déplacement dans l'espace dans la fusée. Donc la vitesse d'écoulement du temps pour elle sera Différente de ce qu'elle est ici. Donc la durée qu'il lui faudra pour lire un livre sera inférieure ou supérieure, on sait pas ou 2h qu'il avait passé ici pour lire un livre. Mais s'il fait l'expérience, il va trouver 2 heures. Voilà pourquoi. Parce que la théorie d'Instein, elle s'appuie sur le principe de relativité de Galilée qui dit "Le mouvement est comme rien. Le mouvement est comme rien." Donc quand Vous êtes dans la fusée, tout se passe comme si vous
n'étiez pas en mouvement. Et donc la durée qu' vous faut pour lire un livre est la même que dans n'importe quel n'importe quel référentiel. Il y a quand même une différence entre Galilée et Einstein et je conçois qu'elle vous paraisse essentielle, c'est que pour Galilée quand le gars qui est parti revient, sa montre est synchronisée avec la nôtre. Alors que pour Einstein Quand il reviendra, on sera tous morts. Et là, je conçois que ça fasse une différence. Autre chose, alors un autre exemple de de de principe de physique qui est énoncé d'une façon trompeuse, le
principe d'incertitude de Heisenberg. Vous avez un principe énoncé en 1927 et dans beaucoup d'ouvrages encore aujourd'hui on lit selon la physique quantique On ne peut pas mesurer avec une précision arbitraire la vitesse et la position d'une particule sous-entendu. La particule a ces deux propriétés, une vitesse et une position, mais la méchante mécanique quantique nous empêche de les connaître. Et ensuite, on écrit des paragraphes expliquant que la physique quantique vient limiter notre pouvoir de connaître contreens absolu. D'ailleurs, Risenberg S'est vite rendu compte qu'il était mal compris puisque le terme qu'il a utilisé dans son premier article,
c'est unite en allemand qui veut dire incertitude. Et 2 ans plus tard, il a changé le nom. Il a mis un push team qui veut dire indétermination. En fait, ce que dit la physique quantique, c'est que si on peut pas mesurer la vitesse et la position d'une particule en même temps, ça n'est pas parce que la physique Quantique limite notre pouvoir de connaître, mais parce que la particule n'a pas ses propriétés. C'est pas du tout le même message. Autrement dit, ce que dit le principe d'incertitude, d'indétermination, c'est que les objets corpusculaires que décrit la physique
classique sont des objets qui n'existent pas. Or, la formulation la première que j'ai rappelé fait croire qu'ils existent mais On peut pas les connaître aussi bien qu'avant. Et ça ça a produit des tas d'ouvrages plein de contresens où il y a une limite de la connaissance qui viendrait d'une sorte de barrière quantique. Alors que la physique quantique est la physique la plus précise quand on fait des mesures qu'on a jamais vu. Je pourrais vous donner des exemples euh si vous me posez la question, mais je crois Qu'il y a pas de questions. Donc euh voilà.
Autre chose avec Régal MC2. Vous savez Einstein, il écrit son article sur la relativité en juin 1905 et au mois de septembre, il publie une annexe de trois pages, une annexe à l'article du mois de juin. C'est pas un véritable article, c'est simplement un ajout dans lequel il y a une formule écrite avec d'autres notations mais qui correspond à MC2. En fait, cette formule, elle est incroyable par le fait que elle dit des choses extraordinaires qui semblent complètement fausses. Le calcul que fait Einstein, c'est très simple. Il imagine un métal qu'on chauffe comme un radiateur
par exemple. Donc un corps qu'on chauffe, il émet de la lumière. Parfois invisible, un radiateur, c'est la lumière infrarouge, on la voit pas. Mais si on monte la température, la Lumière émise devient visible. Et puis si on montre encore plus la température, elle atteint des couleurs correspondant à l'ultraviolet au rayon. C'est ce qu'on appelle un corps noir. Donc le corps aimait de l'énergie quand il est chauffé puisqu'il aimait du rayonnement. Mais comme vous le savez, la lumière n'a pas de masse. Donc ce corps perd de l'énergie sans perdre de masse. Vous êtes d'accord ? Bah
c'est faux. Voilà, c'est faux. Ce que montre Einstein, c'est qu'un corps perd de l'énergie. Qui perd de l'énergie, même s'il perd de l'énergie sous une forme qui n'a pas de masse, perd quand même de la masse. Autantement dire, on peut perdre de la masse sans perdre de masse. D'accord ? Et en fait, pourquoi il y a la vitesse de la lumière dans la formule ? Parce que dans son calcul, il modélise La lumière mathématiquement. Il y a la vitesse de lumière qui apparaît dans l'expression mathématique qui décrit la lumière. Et en fait, on pense qu'il
y a d'autres personnes qui avaient trouver cette formule de façon similaire. Mais là où Einstein est génial, c'est à la fin de l'article en une phrase, il dit "Cette formule doit demeurer vraie même si aucune lumière n'apparaît dans le processus par lequel Le corps perd de l'énergie. Autrement dit, la vitesse de la lumière intervient de façon fondamentale, même quand il y a pas de lumière. Conclusion, la vitesse de la lumière n'a rien à voir avec la lumière. C'est une constante fondamentale de la physique qui joue un rôle dans les lois physiques, même lorsqueaucune lumière n'est
mise en jeu. Par exemple, c'est la Dernière phrase de l'article Einstein. Les celles de radium dit-il récemment découvert par madame Curry pourrait en apporter la preuve. En fait, cette formule, elle dit qu'il y a il y a de la masse. Quand un corps a de la masse, il a aussi de l'énergie du seul fait qu'il a de la masse, même s'il est immobile et cette énergie contenue dans la masse, elle est colossale colossale mais elle est cachée dans la plupart des Circonstances dans notre monde. Mais comme vous le savez, il y a des réactions nucléaires
qui peuvent facilement transformer de la masse en énergie. Dans les accélérateurs de particules, on transforme de l'énergie en masse, c'est le contraire. Mais je sais pas si vous connaissez le calcul qui montre quel est la quantité de matière qui a été transformée en énergie lors de l'explosion d'Hiroshima. Et c'est à peu près la même chose pour Nagasaki. La bombe au total pesait 7,5. la masse critique la la matière ficile c'était quelques kilos d'uranium ou de plutonum selon les cas et la question c'est à votre avis quelle est la quantité de masse dans l'explosion qui s'est
transformée en énergie la réponse est 1 g He donc l'énergie libérée par une bombe atomique comme celle que j'ai cité c'est 1 g de matière qui devient bien l'énergie. D'accord ? Et d'ailleurs, quand vous calculez en jou en calories cette énergie, vous rendez compte que c'est des milliards de fois plus que toute l'énergie que vous allez consommer durant votre existence par le biais de l'alimentation. Ça ça pose une question quand même. Sachant que lors d'un repas normal, vous avalez 1 kil de matière. avec un gram, vous faites Hiroshima. Donc la question que je vous pose
et je vous laisse réfléchir là-dessus, c'est pourquoi mangez-vous autant ? Enfin, il y a dans notre monde un argument qui a trompé les physiciens pendant 3 décennies, ce qu'on appelle l'argument dentifrice. Euh quand vous appuyez sur votre tube de Dentifrice, vous voyez de la pâte de dentifrice qui sort du tube. Et je pense pas que ça vous mette dans des questionnements métaphysiques très puissants. Vous vous dites bah quand un truc sort d'un machin euh c'est qu'il était dans le machin avant de sortir quoi. Donc pareil pour une feuille qui sort d'une imprimante. Enfin quand quelque
Chose sort, c'est qu'il était dans la chose dont il sort avant de sortir. Et ben, cet argument a trompé les physiciens pendant 30 ans euh à cause de ce qu'on appelle la radioactivité beta. La radioactivité betta, c'est le fait que vous savez les les atomes sont faits d'un noyau contenant des protons et des neutrons. À l'époque, on le savait pas. On pensait que c'était des protons avec des électrons qui tournent autour. Et on avait remarqué que la masse d'un Noyau, c'est s'il y a Z proton dans le noyau, c'est Z fois la masse d'un proton
plus un nombre entier de fois la masse d'un proton mais constitué de particules sans charge électrique contrairement au protons. Donc les gens se sont dit bah il doit y avoir dans les noyaux des protons chargés positivement et puis ce qu'ils appelaient des protons neutres des protons neutres qui ont la même même Masse à peu près que les protons mais non pas de charge électrique. La question était de quoi sont fait les protons neutres ? On avait remarqué ce processus qui s'appelle la radioactivité beta par lequel un noyau donné va émettre un électron. Donc la rétroactive
des betas, c'est un noyau qui spontanément envoie dans l'espace un électron qui sort du noyau. Donc les gens argument dentifrice Si un électron peut sortir d'un noyau, bah c'est qu'il y a des électrons dans les noyaux. Et donc ils ont fait un modèle dans lequel le proton neutre c'est l'agglomérat d'un proton et d'un électron. Et ça ça va durer jusqu'en 1932 lorsque j'ai pas le temps de raconter mais on découvre l'existence d'une nouvelle particule qui s'appelle le neutron Qui est aussi élémentaire que le proton et qui est pas du tout une particule composite. C'est pas
un agglomérade, un proton d'un électron. Et en fait, quand on voit un électron qui sort d'un noyau, il faut imaginer que cet électron qui sort ne préexiste pas à son émission. C'est la transformation du neutron en proton qui crée l'électron qui sort. Autrement dit, à l'échelle microscopique des atomes, un corps peut émettre des Objets qu'il ne contient pas. Alors euh qu'est-ce que je peux vous dire d'autre ? Il faut que je regarde là parce qu'on m'a dit que c'est Oh là non, j'ai pas le temps d' d'en dire beaucoup plus mais si pour peut-être pour
atterrir en douceur, je pourrais vous dire que cette conception que j'appelais tout à l'heure l'hasteinisme, c'est-à-dire on peut décrire le monde Certes avec des concepts qui sont pas familiers mais on y arrive quand même aidé par les mathématiques et on arrive à se représenter par des images les concepts qu'on a mis en scène dans les équations. Ben, cet Einsteinisme en fait, il a été lui-même dépassé euh à cause de la physique quantique. La physique quantique, elle faite ces jours-ci son centenaire, hein, son premier centenaire. Il y a plusieurs façons de définir sa sa naissance. On
Peut dire que c'est l'article de Max Plan en 1900 où il fait l'hypothèse que les échanges d'énergie entre la lumière et la matière sont quantifiés. On peut dire 1905 quand Einstein publie un article sur les ce qu'on appellera les photons, les cantats de lumière. On peut dire 1913 quand Nilsbor les canta dans la structure même de l'atome, on peut dire 1923 quand Nisbor non pas Nisbor Louis Dobreuil ici à Paris soutient une thèse Dans laquelle il explique que à l'électron qui est un corpuscule est associé une onde. Et la la date de naissance qui me
semble la plus la plus juste, c'est janvier 1926. Donc il y a exactement un siècle quand un physicien autrichien qui s'appelle Awich Redinger publie une équation qui porte son nom, l'équation fondamentale de la mécanique quanti antique. Euh en fait l'histoire est assez marrante parce que Schroninger En 1925, il a 37 ans, il est assez déprimé, il a l'impression de de rien avoir fait d'intéressant dans sa vie. Et donc en plus, il a lu l'intégralité des autres de Chopenhower. Euh c'est pas connu comme étant un produit psychiquement dopant. Donc il part passer l'été 1925 dans les
Alpes. Là il une sorte de crise existentielle. Il Écrit un livre assez étonnant qui s'appelle La quête du chemin avec des chapitres dans lesquels il parle de métaphysique, de la conscience, de son rapport à la science, du déclin de la civilisation occidentale. Ça c'est Chopenhauer. Et quand il rentre à Zuric au mois de septembre, il apprend que Louis Dobroy a soutenu une thèse et il se lit cette thèse et il veut absolument trouver l'équation Qui pilote l'évolution de l'onde associée à l'électron qui a postulé Louis Bru. Ça réactive son goût pour la recherche et au
mois de décembre 1925, il demande à sa femme l'autorisation de partir à Arosa, une station dans les Grisons en Suisse pour passer les fêtes de Noël avec l'une de ses maîtresses. Sa femme dit bien sûr, d'accord. Et le 27 décembre 1925, il écrit une lettre à son ami Vivin en disant "Je Suis sur le point de trouver l'équation qui pilote la dynamique des électrons dans les atomes. Mais je suis pas assez fort en math, j'ai du mal mais je sens que si je trouve l'équation sera belle." Et 4 jours plus tard, il écrit à Herman
Veile, grand mathématicien qui est aussi l'amour de sa femme. Ouais, c'est Zuriic. hein. Euh, il lui dit qu'il va trouver l'équation à l'issue, je le cite, d'un épisode érotique, fulgurant et tardif. Alors, il y a des gens qui se demandent que veut dire tardif ? Est-ce que c'est tard le soir ou est-ce que ça parce qu'il a 37 ans ? Bref, c'est la naissance de l'équation de Schroniger. Et là, c'est là c'est la fin de toute une façon de penser le réel parce que le principe de base de la mécanique quantique, c'est ce qu'on appelle
le principe de superposition qui disent qui qui en fait la physique quanti antique, il y a rien de plus Simple d'un module mathématique parce qu'elle est entièrement basée pour ce qui est de son formal sur l'addition. Donc vous avez un électron, tous les électrons ont la même masse, la même charge électrique, le même spin, ils sont tous identiques mais leur état physique peut être différent selon les cas. Ils n'ont pas tous la même position, ils n'ont pas tous la même énergie, ils n'ont pas tous la même impulsion et cetera. Et ce qu'on Appelle l'état d'un
électron, c'est l'ensemble des propriétés qu'il a et qui peuvent être différentes de celles des autres électrons. Et le principe de base de la physique quanti antique dit simplement ceci : si A est un état possible de l'électron et si B est un autre état possible de l'électron, alors A + B est encore un état possible de l'électron. C'est tout. Donc on ajoute les états comme on ajoute Les ondes. Vous avez le droit d'ajouter une onde électromagnétique à une autre onde électromagnétique. Et donc on applique aux particules les probés qu'on les ondes. On peut ajouter les
états et ça ça va donner à cette physique une efficacité opératoire incroyable mais ça va engendrer des questions d'interprétation abissal. Pourquoi ? Parce que imaginons que un électron dans l'état, c'est un électron qui est à Cette position là à ma gauche, il est là. Un électron dans l'état B, il est là à ma droite. Maintenant, je produis un électron qui est dans l'état A + B. A + B. Il est où ? Quand il a plus B, il est où ? Il est entre les deux. C'est un nuage diffus. Il a pas de position. Bah
la physique la physique quantique répond quand il est en a + b, il a pas De position. Sa position n'est pas définie. Mais si on fait une mesure de la position, il y a une chance sur de qu'on trouve A et il y a une chance sur 2 qu'on trouve B. La mesure change l'état du système. On passe de A + B à soit A soit B. Donc la mesure n'est plus une sténographie. Normalement une mesure, elle enregistre une propriété Qui a une valeur qui serait la même si elle était pas mesurée. Quand vous êtes
flashé en voiture sur l'autoroute par un radar, nz pas écrire la gendarmerie, c'est le radar qui a créé votre vitesse et votre vitesse, elle est ce qu'elle est. Et s'il y avait pas eu le radar, elle aurait la même valeur. C'est pas le radar qui a modifié votre vitesse. En physique quantique, la mesure change l'état du système. Il y a des gens qui ont considéré que C'était pas possible. Les probabilités qui interviennent là sont forcément liées à notre ignorance des détails fins du système. En fait, les gens se disent comme Einstein se dit "Mais non,
si je mesure A, c'est qu'avant la mesure l'électron était déjà dans A." Mais j'étais pas au courant. J'étais pas au courant parce que la mécanique quantique me dit pas tout ce que je suis en droit de savoir sur l'électron. Elle Est incomplète. Il lui manque des informations et si on avait les informations qui nous manquent, on pourrait prédire à l'avance avec une probé égale à 1 qu'on va trouver A ou qu'on va trouver B. Et ça va être le début d'une controverse mémorable avec Nisbor. Einstein qui dit "Le but de la physique c'est d'écrire le
réel." Nisb qui répond non, le but de la physique c'est pas de décrire le réel, C'est de décrire notre interaction avec le réel, de calculer efficacement les probabilités d'obtenir les résultats de mesure et la physique quantique le fait très bien. Et Einstein, lui va militer pour ce qu'on appelle des variables cachées. L'idée que il y a des paramètres cachés qui nous manquent, qui si on les complétait ou plutôt si on complétait la physique quantique avec eux, les probabilités disparaîtraient. Autrement Dit, les probabilités qui apparaissent là sont le résultat de notre ignorance des détails fins du
système et non pas des probabilités qui seraient lié à un hasard absolu. Je vous donne juste une analogie puis je m'arrête. Imaginez que vous soyez dans une bibliothèque où il y a beaucoup de livres avec des références. Vous choisissez un livre, vous notez les références pour l'emprunter. Vous adressez au bibliothécair en donnant les références. Le bibliothécaire conçule le catalogue et voit que la référence que vous lui indiquez n'existe pas. Ben si vous êtes Einstein, vous allez dire au bibliothécaires, "Monsieur, votre catalogue est incomplet." Parce qu'il y a un bouquin que j'ai vu là, je l'ai
vu, il existe vraiment et votre catalogue n'en rendant pas compte, ne l'ayant pas enregistré est incomplet. Et si vous êtes Nilsbor, Ben vous répondrez au bibliothège. Monsieur, excusez-moi, j'ai eu une hallucination. Voilà. Donc on a tendance à attribuer aux objets des propriétés que peut-être ils n'ont pas. Après, c'est une très longue histoire, j'ai pas le temps de raconter mais en gros dans les 60 les gens ont compris que si on ajoute des variables cachées à la physique quantique et bien dans certaines situations, pour Certaines expériences, on aura des résultats expérimentaux différents de ce que prévoit
la physique quantique sans qu'on lui ajoute des variables cachées. Et y a un physicien que vous connaissez à Aspect avec son équipe en 1980 va faire va faire une expérience, ça c'est la chute des corps, va faire une expérience qui va démontrer Qu'il n'existe pas de variable cachée locale. C'est un détail que je vais pas préciser davantage, mais en gros ça ferme la porte à toutes sortes d'interprétations de la physique quantique parce que ça montre empiriquement c'est une sorte de découverte philosophique négative qui a pas de variable cachée locale. Et donc quand vous faites une
mesure, c'est du hasard pur qui se manifeste. Si vous trouvez a ben il y avait une Probité égale à 1 demi qui est pas liée à des paramètres cachés qui du hasard pur qui s'est manifesté et ça comme conséquence un phénomène qu'on appelle l'intrigation quantique qui vient justement rompre avec l'insteinisme. Parce que l'intrication quantique c'est si vous voulez c'est ce qu'on appelle aussi la non séparabilité. C'est quelque chose que vous pouvez pas dire avec des phrases. Vous pouvez pas Dire ça non plus avec des images, avec des illustrations. C'est les équations qui montrent ça et
elle s'exprime d'une façon qui n'est pas traduisible dans les outils traditionnels qui sont à notre disposition. En fait, ça montre que je le dis dans ma façon de dire déjà vous comprendrez que c'est faux. Quand vous avez deux particules qui ont interagit dans le passé, et bien quelle que soit la distance qui se sépare, Une mesure faite sur l'une aura immédiatement sans propagation d'une information un effet sur l'autre. Ce qu'on appelle l'intrication. Et ça c'est une façon de dire qui est fausse parce que j'ai dit il y en a une qui est là, il y
en a une qui est là. En fait, les équations disent "Non, c'est un tout inséparable. J'ai pas j'ai pas le droit, si je respecte les équations de séparer le Système." Il y a une intrication qui est tellement forte que je n'ai pas le droit, quelle que soit la distance qui les sépare, d'ailleurs la notion même de distance a plus vraiment de sens, de les distinguer l'une de l'autre. Je vous donne ma conclusion, un exemple qui est une métaphore de ce que raconte Einstein dans un article absolument génial qu'il a écrit en 1935. avec deux co-auteurs
qui s'appellent Podolski et Roson. C'est l'article qu'on appelle EPR. C'est l'article le plus cité de toute l'histoire de la physique et ironiquement c'est le seul article dans lequel il y a pas de citation à la fin. Il y a pas de référence sorte d'expérience de pensée pure. Imaginez que vous ayez deux cartes, une rouge, une bleue. Vous les mélangez sans les regarder. La première, vous la mettez dans une enveloppe. Vous mettez l'autre dans une seconde enveloppe. Vous donnez la première enveloppe à Paul qui part où il veut dans l'espace. Vous donnez la seconde enveloppe à
Jules qui part où il veut dans l'espace. Aucun des deux ne connaît la couleur de la carte qui est dans son enveloppe. Voilà. Mais si Paul ouvre son enveloppe et voit par exemple que sa carte est rouge, il en déduira aussitôt quelle était la Couleur de la carte de Jules. Et Jules pourra connaître la couleur de sa carte sans ouvrir l'enveloppe. Il suffira de téléphoner à Paul pour connaître la couleur de la carte qui était dans l'enveloppe de Paul. D'accord ? En fait, c'est ça qu'on appelle la localité. Et évidemment, l'explication est très simple, c'est
que la couleur de la carte mise dans l'enveloppe était déjà déterminée au moment où on la Met dans l'enveloppe, simplement comme on le sait pas, on invoque des probabilités. D'accord ? Mais la la l'ouverture de l'enveloppe ne fait que révéler une couleur qui était déjà déterminée avant que l'enveloppe soit ouverte. D'accord ? Et bien l'intrigation quantique, c'est quelque chose de plus surprenant parce que ça consiste à dire qu'en fait l'enveloppe que je donne à Paul contient une carte qui est la Superposition quantique d'une carte bleue et d'une carte rouge. Pareil pour celle que je donne
à Jul. Quand Paul s'en va et loin dans l'espace ouvre son enveloppe, ça provoque une réduction du paquet d'onde. Il y a une seule des deux possibilités qui se manifestent, soit rouge, soit bleu. C'est comme le A + B qui vient ou B tout à l'heure. Et au moment où il ouvre l'enveloppe, Sans qu'il y ait d'interaction ni propagation d'une information, ça détermine la couleur de la carte de Jul. D'accord. Bon bah ça ça peut pas se dire avec des phrases, hein. C'est ça échappe complètement à notre façon de concevoir la localité et cetera. Et
comme vous le savez, c'est cette découverte qui a ouvert la voie à ce qu'on appelle l'ordinateur quantique. Michel Dovoret, un français a eu le prix Nobel en 2025 euh pour avoir démontré avec deux autres qu'on peut fabriquer à une échelle quasi macroscopique des espèces d'atomes artificiels qui se comportent comme des atomes à une échelle visible quasiment. Il a mis au point des ce qu'on appelle des quantiques qui pourraient être les éléments constitutifs d'un prochain éventuel ordinateur quantique. Voilà, on est dans Le référentiel de l'ampille. À nos montres, il s'est passé une heure. Pour un référentiel
qui sera en déplacement par rapport au nôtre, la durée sera différente. Mais je m'arrête là et je vous remercie pour votre attention. Yeah.