Bonjour à toutes et à tous. Euh nous allons maintenant entrer dans la deuxè partie de cette séance consacrée aux redéfinitions de l'orthodoxie et en particulier dans le monde sumite. Et je vais vous parler aujourd'hui vraiment de la période contemporaine, hein, c'est-à-dire à partir du 19e siècle.
euh une période qui est où où les sociétés musulmanes sont bouleversées par on peut appeler une invasion coloniale au sens où à la différence de la situation qui prévalait au 18e siècle, on a cette fois-ci une occupation militaire en bonne et du forme de la plupart des pays à majorité musulmane par les puissances européennes. La carte sur la droite vous montre la situation en 1936 où la quasi totalité des des pays musulmans sont colonisés par des des puissances européennes. Euh et cette situation d'occupation coloniale, elle pose un double défi au aux élites musulmanes et en particulier aux élites religieuses musulmanes.
D'abord, certaines de ces élites se posent la question de la survie de l'islam. Elles sont convaincues que c'est c'est l'existence même de l'islam qui est en danger. D'abord parce qu'il y a bien sûr la domination militaire occidentale et la domination politique, domination économique s'accompagne aussi d'une domination, en tout cas d'une très forte influence culturelle que les valeurs la culture occidentale est promue non seulement par les l'occupation coloniale mais également par ses relais dans la population locale et notamment par des élites politiques, économiques et culturelles qui qui ont embrassé les valeurs européennes et qui les qui les prom Valor tout euh il y a les missions chrétiennes hein puisque dans le le sillage des des colonisateurs arrivent souvent des missionnaires chrétiens.
Avec le recul, on sait que ces missionnaires chrétiens ont très peu cherché à convertir des musulmans. En tout cas, ils n'en ont pas converti beaucoup. Euh, ils ont plus souvent converti des membres d'autres religions, voire des chrétiens de par exemple des chrétiens orthodoxes qui sont devenus catholiques ou protestants, mais très peu de musulmans.
Mais néanmoins, sans ce recul, à l'époque, beaucoup de leaders musulmans, de leaders religieux musulmans sont convaincus que ces missionnaires viennent pour eux, ils viennent les convertir, ils viennent essayent de les arracher à l'islam pour en faire des chrétiens. Et donc cette crainte des l'influence des missionnaires est aussi un facteur puissant de de renouveau de l'activisme musulman et de l'émergence de mouvement euh islamique. Euh et puis la survie de l'islam, elle est menacée aussi alors c'est un cas qui est spécifique mais qui concerne la région la musulmane la plus peuplée du monde, c'est-à-dire le sous-continent indien.
En tout cas, la plus grande concentration de population musulman dans le monde, c'est le le statut minoritaire des musulmans. Je pense que cela vous a déjà été expliqué. Euh puisque'en Inde, les musulmans ont toujours été minoritaires.
la majorité de la population est hindou. Mais jusqu'au 19e siècle, les musulmans ont une forme de suprématie politique puis en tout cas dans le nord de l'Inde grâce au sultanat de D. donc est un état musulman qui règne au moins nominalement sur le enfin qui était un empire et puis qui continue de régner sous tutelle britannique de manière nominale théorique sur le nord de l'Inde mais qui dans les années 1850 suite à une révolte est abolie par les britanniques et donc les les musulmans se trouvent dans une situation à la fois de on va dire de minorité politique et démographique et donc se pose la question de la survie de de la religion musulmane dans la région Un autre défi, c'est la question du retard civilisationnel que que se pose un certain nombre de d'intellectuels musulmans qui est de se dire "Mais comment est-il possible que alors que nous sommes détenteurs de la vraie religion puisque ici je vous présente le raisonnement de gens qui ne sont pas des athés, ce sont des gens qui qui tiennent à leur foi euh musulmane mais qui se demandent puisque l'islam est la vraie religion, comment est-il possible que nous qui sommes détenteurs de cette vérité avons été distancé à ce point par les Européens qu'aujourd'hui ils nous occupent, on est incapable de leur résister, ils nous ont distancé à tous les niveaux, au niveau militaire, au niveau économique, au niveau technologique bien sûr, au niveau du développement des institutions éducatives, de des institutions de santé, au niveau des sciences.
Euh et donc il y a cette volonté donc de de de rattraper leur retard civilisationnel par rapport aux Européens. précision bien sûr qu' au 19e siècle, au 20e siècle, il y a cette accélération continue de la circulation et de la circulation des idées avec la généralisation de l'imprimerie, de la presse, de nouveaux moyens de transport, les bateaux à vapeur, le chemin de fer et cetera. Ça c'est pour le contexte.
Qu'est-ce que cela va provoquer ? et bien c'est l'émergence de nouveaux courants puristes et de réactions traditionnalistes. On a ces puristes qui veulent revenir au Coran à la Sunna qui critique une partie de la tradition établie mais on a les tenants de la tradition qui ne se laissent pas faire qui disent "Mais quel est le problème avec notre tradition ?
Elle est très bien. Euh toute cette accumulation de savoir de pratique c'est un enrichissement, c'est pas en appauvrissement. Ce n'est pas contre le Coran et la Sunna.
C'est un si vous voulez c'est une sorte de de de d'ajout mais qui est bénéfique comme l'expliquait hein le ce texte en entrée sur les les innovations. Il y a les mauvaises innovations et elle est bonne. Alors ce qui est remarquable au 19e siècle c'est que euh ou au début du 20e siècle les nouveaux corants puristes qui apparaissent et les mouvements traditionnalistes qui leur répondent sont des mouvements de masse.
que ce sont des mouvements qui s'appuient sur la prédication, sur l'éducation, sur la pratique de la bienfaisance. Euh et donc ce sont des mouvements qui vont concerner des des millions et des millions de personnes. Donc ces débats sur la définition de l'orthodoxie, ce sont pas des débats limités à quelques intellectuels ou à quelques ouas.
Ce sont des des des débats vraiment qui vont se diffuser dans les sociétés musulmanes à très grande échelle par le biais de ces mouvements, y compris des débats très techniques sur les attributs divins par exemple. Donc je rappelle he le purisme c'est c'est le la focalisation sur les sources scripturaires, le retour au Coran et à la Sunna par opposition à un héritage savant et ou populaire qui est contesté et qui est défendu par les traditionnalistes. Pour information, par exemple à droite, vous voyez un timbre imprimé en Inde qui montre le tombeau de Al Hazrat Barelvi qui est le fondateur du mouvement Barelvi qui est à un mouvement traditionnaliste donc défense de la de l'islam traditionnel de du sous-continent indien face au mouvement puristes que sont les hadit donc les gens du hadith donc c'est tout un programme ce sont les ceux qui prétendent suivre la la la sunna à la lettre euh ainsi que le mouvement Deobandi qui est un mouvement, on va dire un peu entre les deux puriste mais qui on va dire ne va pas aussi loin dans la remise en cause de de la tradition.
Ils veulent rester attachés à l'école de théologie maturidite, à la à la à l'école de droit haanafite, à certaines interprétations du souphisme. Là où les ahli hadith vont rejeter tout ça au nom de simplement le Coran et la Sunna, rien d'autre. Et donc tous ces gens si vous voulez s'affrontent vont former des sortes de qu'est-ce qu'on pourrait dire de communautés en fait qui divisent fortement l'islam en Asie du du Sud-Est jusqu'à aujourd'hui y compris en migration.
Si vous allez au Royaume-Uni, vous trouverez des mosquées barelv, des mosquées déobandit, des mosquées ahli hadith. Ces gens généralement ne vont pas se mélanger. Euh et voilà.
Donc je je parlais de mouvement de masse que vous voyez en bas, c'est la convention annuelle du tablir qui est un mouvement de prédication qui est issu du courant déobandi, donc de ce courant puriste qui est vraiment en fait qui est considéré généralement comme le plus grand mouvement islamique dans le monde. Il a des branches dans le monde entier, c'est un mouvement de prédication et vous voyez que ces rassemblements annuels rassemblent des foules absolument nombreuses. En Indonésie, on a pareillement au début du du 20e siècle, pardon, un mouvement qui s'appelle la Mohammadia, qui est on pourrait qualifier le mouvement puriste mais qui fait face à une réaction très puissante d'un mouvement qui s'appelle la Nahdlatama, la renaissance des Ouléas.
Euh et encore une fois, je suis pas en train de vous parler de petits groupes, je vous parle de d'acteurs sociaux majeurs, des des mouvements qui ont des millions de membres, voire des dizaines de millions de membres et qui ont même joué un rôle politique. À ce jour, le vice-président de la République d'Indonésie est un membre de Nahdatulama. Donc vous voyez, ce sont aussi des acteurs qui ne sont pas négligeables même sur le plan politique.
Euh en Algérie, on a l'association des Oulemas qui apparaît dans les années 30, hein, donc sous la colonisation française euh et qui lutte contre les confréies soufient une partie des des doctrines et des pratiques des confréies soufies. Donc toujours ce même schéma, mouvement puriste, mouvement euh réaction traditionnaliste. Alors s'ajoute à ça aussi une dynamique est assez différente qui est le modernisme islamique.
Le modernisme islamique c'est une tradition une pardon une critique de la tradition qui est inspirée non pas par une volonté de purisme mais par une volonté d'adaptation à la modernité occidentale hein. C'est cette fameuse question de du retard civilisationnel et de la manière dont on peut tenter de le combler. Et les tenants du modernisme islamique euh procèdent à des empreints sélectifs.
Ils vont dire "Mais on doit trouver une un moyen d'adapter l'islam pour qu'il il soit ouvert à la science au sens de la science sens expérimental hein ici au rationalisme. Mais bien sûr il s'agit pas d'adopter des valeurs occidentales comme le matérialisme ou l'athéisme. Donc il s'agit voilà de défendre une version adaptée de l'islam qui lui permette de s'adapter à la modernité telle qu'elle est définie par l'Occident.
Euh donc c'est en courant qu'on va rencontrer au 19e siècle avec des figures comme Jamal Aledadin Alai. Donc voilà, je vous parle de la fin du 19e siècle début 20e. OK.
Mohammed Abdou que vous voyez sur la photo ici qui est un homme de religion égyptien, Rachid Rida qui est d'origine syrienne, Sayed Ahmad Khan dans en Inde à l'époque de de la colonisation britannique. Mais le modernisme islamique, il existe toujours et il s'est à nouveau incarné à la fin du 20e siècle avec des figures comme Mohamed Arcoun. Vous voyez ici dans le 5e arrondissement de Paris la bibliothèque Mohamed Arkoun.
Donc du nom de ce penseur algérien, je qualifierai de moderniste islam dont l'œuvre relève du modernisme islamique qui est mort en 2010 comme Nas Abouid qui est un égyptien qui est mort la même année euh Abdolkarim Sou iranien. Donc voilà tous ces gens qui qui veulent garder la la référence à l'islam et qui considèrent que les interprétations existantes sont archaïques, sont passéistes et ne permettent pas d'embrasser la modernité. Alors ça c'est un courant qui est essentiellement en courant intellectuel plutôt élitiste.
Donc il va toucher beaucoup moins de monde que les mouvements puristes dont je viens de parler, les band, les barelvies qui sont vraiment des mouvements de masse. Néanmoins, on considère que les figures fondatrices du modernisme islamique comme Rachid Rida en particulier ont eu une certaine influence sur les frères musulmans. ce mouvement mouvement de masse, mouvement politique apparu en Égypte en 1928 et puis qui qui a essé dans le monde arabe.
Euh alors, ce serait simpliste et erroné de dire que c'est un mouvement moderniste islamique parce qu'il mélange en fait des éléments de modernisme et des éléments des interprétations beaucoup plus conservatrices. En tout cas, il n'est pas complètement sans lien avec ce courant du modernisme islamique. Alors, j'en viens maintenant au salafisme qui est un terme évidemment qu'on emploie on entend très régulièrement parler ne serait-ce que dans les médias.
Euh alors le terme salafisme vient du terme salaf, c'est qui fait référence aux salafs qui sont les les pieux ancêtre, donc les premières générations musulmans. Alors d'une certaine manière, tous les musulmans ont une dévotion particulière pour les salafs. Tous les musulmans considèrent que les les premières générations de musulmans sont les meilleures générations de musulmans.
Donc ça ça n'est pas propre au salafistes que de considérer que les les salafes seraient voilà ce modèle à suivre. simplement le la démarche à la fil va être de dire qu'on va s'arrêter là, on va essayer de ne rien faire qui n'aurait été fait euh ou de ne suivre par exemple aucune interprétation ou opinion qui aurait émergé après l'époque des des salafes. Euh alors quand on parle du salafisme aujourd'hui, on parle d'une résurgence moderne, donc en tout cas à l'époque moderne de la tradition néohanbalique et qui est un adjectif qu'on désigne pour pour qualifier la tradition à laquelle appartenait le savant d'Amassen Ibn Taimiya qui est mort en 1328 ainsi que ses ses disciples comme Ibn Alqayim Al ja euh qui est une tradition donc qui qui émerge hein, vous le voyez au au 14e siècle euh mais qui est toujours qui enfin qui est qui jusqu'au 19e siècle était toujours resté très minoritaire euh et qui avait relativement peu de défenseurs dans le dans le monde dans le monde musulman euh et donc bien mais bien sûr qu'il va gagner en importance euh au 20e siècle.
Alors, ce qui caractérise cette tradition, c'est euh, on pourrait dire son extrême littéralisme euh où elle va totalement rejeter cette question de l'exégèse métaphorique des attributs divins. Elle va rejeter l'imitation des écoles de droit en disant en fait on doit sortir du carcan des écoles de droit. On doit revenir à une lecture littérale du Coran et surtout du hadith pour ce qui est des questions de droit puisque le hadith offre plus de précision hein sur sur les questions de droit.
euh et une pardon un rejet assez radical du souphisme euh dont la plupart des croyances et des pratiques vont être euh qualifié d'associationnisme. C'est-à-dire l'idée que ce sont des croyances ou des pratiques qui en fait euh euh amènerait à adorer autre chose que Dieu, à adorer par exemple à cher soufi, à vénérer des tombes et cetera. C'est ce qu'on appelle chirk en arabe association.
Donc à cette tradition, néohanbalite appartient le mouvement wahabit qui émerge au au 18e siècle mais qui est relativement marginal à l'époque où il apparaît, qui n'a pas vraiment de de retentissement en dehors de la péninsule arabique ou en tout cas assez assez limité. euh les ahl hadiths en Inde dont je vous ai parlé qui appartiennent qui apparaissent à la fin du 19e siècle où euh le le Coran très important euh de qui se rattache à ou en tout cas qui a été influencé par le cheik Nassardin albani qui est un savant, un spécialiste du hadith euh syrien mort en 1999 qui a eu une influence énorme à travers le monde musulman et si vous vous souvenez, il était cité dans dans le en des extraits que je vous ai je vous ai lu en entrée de de la première partie de la séance he donc tiré de ce site à la piste le le hadith du jour euh voilà donc Nassuddin Albani qui a consacré sa vie à mettre en avant l'importance de revenir à l'étude du hadith et à son à l'application littérale de ce qui est écrit dans le hadith plutôt qu'aux interprétations des écoles de droit. Euh donc son œuvre à Nassiradin à l'Albanie et je vraiment je ne pourrais pas exagérer l'influence qu'il a eu sur la mouvance alafiste au 20e siècle.
Il est cité en permanence. Euh donc son travail ça a été d'authentifier des hadiths en disant "Mais même les savants du Moyen-Âge ont parfois bâti leur raisonnement juridique ou autrees sur des hadiths qui en réalité étaient faux. parce que moi j'ai pu grâce à à en accédant à de nouvelles sources parce qu'il faut savoir aussi que au à partir du 19e du 20e siècle, l'imprimerie va permettre aussi aux savants musulmans d'accéder à toute une série de sources auxquelles ils n'avaient pas accès auparavant à l'époque des des manuscrits puisque se les procurer était difficile.
Et voilà. Euh et donc il dit "Moi, je j'ai pu authentifier certains hadiths, j'ai pu montrer qu'un certain nombre de hadiths qui étaient considérés comme des hadiths authentique sont en réalité des hadiths faux sont des inventions ou qui sont pas ne sont pas fiables. " Donc ça c'est une partie de son travail et l'autre c'est la lecture littérale.
C'est de dire voilà ce qui est écrit est écrit, il y a pas à l'interpréter. Sachant que précisément le les écoles de droit que j'avais mentionné, les hanafites, les hanbalites, les malekites, les chefites ont toute une série d'instruments de de d'outils le de de raisonnement pour interpréter les sources et en partant du Coran et du hadith arriver à des avis juridiques. On n'est pas dans une application littérale de ce qui se trouverait dans les sources.
Alors bien sûr tout ce courant euh et tous ces courants, que ça soit le wahabisme d'origine saoudienne, les ahl hadith en Inde après au Pakistan, au Bangladesh ou le courant de représenté par Nassir Albani qu'on appelle les néohl hadith les gens du hadith au 20e siècle et bien en particulier dans la seconde moitié du 20e siècle à partir des années 60 70 quand avec le boom pétrolier l'augmentation des prix du pétrole l'enrichissement extraordinaire binaire de la monarchie saoudienne grâce à l'exploitation pétrolière. Bien, la monarchie saoudienne étant historiquement liée au courant wahabit va financer cette comment dire des réseaux de prédication à travers le monde qui vont promouvoir cette interprétation de l'islam. Euh et c'est un facteur indéniable pour comprendre le succès du salafisme.
Et ça n'est pas le seul. Et certains auteurs ont comme Olivier Rois par exemple ont mis en avant le fait qu'il existait une des affinités électives entre le salafisme et la globalisation. En ce sens que le salafisme est une une conception de la religion qui se prétend comme une religion pure au sens où elle serait déculturée, c'està-dire où elle serait complètement arrachée à tout contexte culturel.
C'est le Coran et la Sunna. Ça n'est pas le Coran et la Sunna avec une interprétation marocaine ou algérienne ou indonésienne. Euh et en ce sens, il s'oppose à à ce en cela à la religiosité traditionnelle qui est qui est généralement très ancrée culturellement he puisqu'elle est comme je vous l'ai expliqué, elle est issue d'une diversité de contexte culturel.
Euh par exemple le le courant Barelvi qui est donc cette réaction traditionnaliste qui est apparue en Inde en à la fin du 19e siècle. Donc en réaction face au mouvement puriste et Hadis et Deobandi. Bien le mouvement Barelvi, c'est un mouvement qui est profondément imbibé de la culture d'Asie du Sud et qui est je dirais incompréhensible pour quelqu'un qui ne serait pas familier de la culture d'Asie ou qui ne serait pas originaire de cette région.
Se convertir à l'islam et je dirais si vous êtes français par exemple et que vous vous convertissez à l'islam et que vous décidez de devenir baris, c'est très compliqué. pour des raisons culturelles, linguistiques, il y a tout un univers culturel qui qui ne s'apprend pas. Il est hérité.
Il faut naître dans une famille, dans une dans cette culture pour le euh pour le comprendre. là où le salafisme va se se présenter comme une religion où je dirais qui est à laquelle n'importe qui peut adhérer puisque il y a pas il faut étudier les sources, il faut étudier les doctrines et les pratiques de l'islam pas euh embrasser une culture nouvelle qui ne serait pas la sienne. Alors bien sûr c'est une prétention.
Il y a aucune pratique religieuse qui serait complètement détachée de la culture, mais en tout cas, c'est vers ça que tendent les salafistes. Et ça peut exister pourquoi on a observé euh en tout cas une certaine époque un fort succès du Coran salafiste chez les convertis. en ce sens que il y avait une pour le dire autrement, il y avait une très forte proportion de converti dans les groupes salafistes.
En France par exemple, certains chercheurs parlaient de parfois dans certains groupes salafis jusqu'à 25 % de de converti, ce qui est énorme comparé aux autres traditions musulmanes ou la proportion de converti, il y en aura toujours mais elle va être beaucoup plus faible. Alors pour terminer, je dirais que je vais parler sur le fait que que au niveau international, on a des centres et des réseaux d'orthodoxie rivaux. On a euh du côté des salafitistes ou des wahabites, par exemple les universités saoudiennes, notamment l'université islamique de Médine qui a été créé avec une vocation internationale pour accueillir des étudiants du monde entier et bien sûr donc après les renvoyer chez eux mais donc avec en tant que porteur de cette doctrine de ces précepts salafistes ou wahabites, le comité des grands zouemas saoudiens donc qui est un comité de comme son l'indique hein des des principaux principales figures religieuses saoudiennes et dont l'autorité euh religieuse ne se limite pas au territoire saoudien.
Ils sont aussi écoutés par de nombreuses communautés salafistes à travers le monde. Donc leur fato leurs opinions sont écoutées. Mais face à ça, on a des traditionnalistes ou en tout cas des gens qui défendent cet islam asarit euh qui suit les écoles de droit, le qui a qui qui qui pratique le souphisme.
Euh c'est aujourd'hui ben parmi les piliers de cette de cet islam traditionnel de ou de la défense de cette tradition. On va trouver l'université d'Alazar en Égypte. Euh, on va trouver la ville de Damas où vous voyez ici la mosquée des des oméades où il y a il y a un fort courant qui je dire d'ailleurs qui est même allié à l'université d'Alazar qui travaille à à la lutte contre les doctrines salafistes.
Euh le Conseil des aînés de l'Islam qui est une organisation qui a été créée alors avec je dirais les encouragements du gouvernement des Émirats arabes unis en 2014 si je ne m'abuse. Alors, il y a des événements ponctuels comme la conférence de Grosni, donc Grosnchen Cheni, donc République qui fait partie de la de la Fédération de Russie, République à majorité musulmane, euh qui a donc en 2016 organisé une conférence invitant des Ouléas d'Alazar, des Ouléas syriens proches du régime d'Assad, euh des membres du Conseil des aînés de l'Islam et qui a défini le sunisme euh et en a exclu les wahabites. Donc le le communauté communiqué de la conférence considère que les Wahabites ne sont musulmans mais ils sont pas des sunnites.
Voilà donc et bien qu'on est dans une définition de l'orthodoxie qui qui veut exclure les wahabites qui qui de leur côté font la même chose bien sûr vont considérer que que les soufis les traditionnalistes sont peut-être musulmans mais certainement pas des des bons sunnites. Je vous remercie pour votre attention et je vous souhaite une bonne continuation avec ce cours d'anthropologie de l'islam.