Bonjour, tu aimes l’histoire et tu as bien raison ! Aujourd’hui, je vais te raconter l’histoire d’un mouvement philosophique, politique et scientifique qui a bouleversé l’Europe : les Lumières. Regarde cette frise chronologique : le mouvement des Lumières commence dans la deuxième moitié du XVIIème siècle et courent le long du XVIIIème siècle, en France et en Europe.
Comment décrire ce mouvement ? C’est un ensemble d’idées nouvelles développées sur des sujets variés : la politique, les conditions de vie, la religion, le savoir lui-même et sa « méthode ». .
. Imagine un immense débat intellectuel à l’échelle de toute l’Europe ! Quel est son origine ?
Après la Renaissance, le continent européen a été marqué par de nombreuses et sanglantes guerres, notamment religieuses en France et en Allemagne. Ces guerres ont favorisé l’apparition d’États forts et autoritaires pour assurer la paix. En France, par exemple, la monarchie absolue est instaurée.
Et la liberté dans tout ça ? Eh bien justement ! Des penseurs réfléchissent au rôle de l’individu et de l’État pour assurer la paix et la liberté au sein de la société.
L’Etat, celui qui assure le gouvernement d’un peuple sur un territoire, doit être capable d’assurer la paix, mais a-t-il tous les droits sur le peuple ? En Angleterre, John Locke est l’un des premiers à défendre l’idée d’un contrat entre l’État et ceux qui sont soumis à ses lois, on les appellera plus tard des « citoyens ». C’est une nouveauté !
Car qui dit contrat, dit accord. Pour le philosophe, l’État et le monarque ne doivent pas être tout-puissants. Ce contrat a plusieurs buts : protéger les libertés des individus, comme la propriété privée par exemple et fixer les règles de l’autorité de l’Etat.
En France, Montesquieu reprend les travaux de Locke et défend l’idée de la séparation des pouvoirs. Mais de quels pouvoirs parle-t-on ? Montesquieu distingue d’abord l'exécutif, qui veille à l’application des lois comme un gouvernement.
Puis, le législatif, qui discute et rédige les lois comme une assemblée. Enfin, le judiciaire, qui contrôle l’application des lois comme un tribunal. Ces trois pouvoirs ne doivent pas être dans les mains d’un seul homme, sinon c’est la tyrannie.
Quelques années plus tard, Jean-Jacques Rousseau poursuit cette logique avec son ouvrage Du contrat social. Selon lui, il faut limiter l’Etat dans son désir de pouvoir et trouver une organisation de la société qui vise l’intérêt général. Rousseau développe l’idée d’un « état de nature » où les êtres humains vivaient séparément et heureux, en opposition à une vie en société faite de violence et de pauvreté.
Cette vision s’inspire des récits de voyage de l’époque. On y présente la vie des indiens d’Amérique comme idyllique. C’est une image fausse qu’on appelle « le mythe du bon sauvage ».
Mais elle sert à contester l’organisation des sociétés en Europe que certains présentent comme naturelle. Un autre philosophe français, Voltaire questionne lui le rôle de l’Eglise catholique. Il lui reproche de favoriser le fanatisme religieux et de limiter les esprits.
Pour faire passer ses idées, il écrit des contes philosophiques dont Candide est le plus célèbre. Il défend la liberté de conscience et d’expression. Le mouvement des Lumières bénéficie aussi de nouvelles manières de réfléchir.
D’abord, le Français René Descartes explique dans son célèbre ouvrage Discours de la méthode que notre raison est capable de tout expliquer. Pour cela, il faut suivre une réflexion rigoureuse et logique, comme les démonstrations de mathématiques, par exemple. Mais ce n’est pas tout !
L’Anglais Locke, dont je t’ai déjà parlé, explique aussi que le seul savoir véritable vient de l’expérience concrète des choses : ce que je perçois avec mes sens. Raison d’un côté et expérience de l’autre vont ouvrir des courants philosophiques modernes et grandement participer à l’essor des sciences au cœur du mouvement des Lumières, et bien au-delà. En Angleterre, Isaac Newton développe les lois universelles de la gravitation et démontre la composition de la lumière grâce à un prisme.
Les mathématiques, l’astronomie, la chimie, la mécanique, toutes les disciplines sont réorganisées et progressent vite. Devant un tel foisonnement intellectuel et scientifique, les philosophes français Diderot et d’Alembert rédigent une œuvre magistrale pour rassembler tous les savoirs connus de l’Humanité : L’Encyclopédie ! Publiée entre 1751 et 1772, elle rassemble près de 17 tomes différents.
Tout au long du XVIIIème siècle, les penseurs, les philosophes et les scientifiques vont beaucoup voyager, se rencontrer d’un pays à l’autre, échanger avec les souverains eux-mêmes, comme Voltaire, sur leur façon de régner. Des femmes de l’aristocratie participent à la diffusion des nouvelles idées grâce aux « salons ». Citons Mme du Deffand ou également Mme du Chatelet, elle-même scientifique, qui est la première à traduire Newton en français.
Les Lumières remettent en question l’ordre divin, la monarchie, le clergé. Des idées pour le moins…révolutionnaires ! Quand les treize colonies d’Amérique proclament leur indépendance vis-à-vis de la couronne britannique en 1776, elles le font avec un texte influencé par les idées de Locke.
Elles instaurent une république, connue sous le nom d’ « États-Unis d’Amérique ». Finalement, que dois-tu retenir à propos des Lumières : Les Lumières sont un courant politique, philosophique et scientifique commun à toute l’Europe, entre le XVIIe et le XVIIIe siècle. Les Lumières défendent des valeurs nouvelles, comme la propriété privée, la liberté individuelle, la tolérance, la curiosité scientifique, la séparation des pouvoirs… Les philosophes et les scientifiques voyagent ou échangent beaucoup avec d’autres penseurs ou monarques pour confronter leurs idées et débattre en permanence.
Ces idées nouvelles favorisent l’indépendance des Etats-Unis et jettent les bases de nos démocraties modernes. En 1789, lorsque la Révolution éclate en France, les insurgés manifestent non seulement contre la famine et la misère, mais aussi contre les inégalités sociales et pour une plus grande liberté individuelle. Ils héritent eux aussi des Lumières.