Je suis embêté parce que dans le dernier CDDM, j'avais dit que je voulais parler un peu moins de Donald Trump. Donc je me suis dit que si on parlait du Cachemir, on était bien loin des préoccupations du mec qui a présenté l'émission via Apprentice entre 2004 et 2016. Et comme l'a dit un utilisateur de Blue Sky, oh ça devrait pas être super difficile, il a pas encore découvert l'Inde et le Pakistan, mais voilà, après plusieurs jours d'un conflit de haute intensité dans la région, un cessé le feu a finalement été signé le 10 mai dernier.
Et devinez qui a dit que tout ça c'était grâce à lui [Musique] ? croire qu'on peut pas lui échapper, hein. Bon ben, c'est pas grave, on va essayer quand même de parler du Cachemir aujourd'hui.
Mais au fait, c'est quoi le Cachemire ? Pourquoi cette région est-elle au cœur de la rivalité indo-pakistanaise ? Et est-ce que je vais enfin trouver un pays où j'ai pas besoin de montrer des images de l'autre là ?
La réponse à presque toutes ces questions, c'est tout de suite dans ces DDM. [Musique] On va peut-être tout de suite commencer par un peu de géographie. Le Cachemir, c'est une région montagneuse de plus de 220000 km² situé entre la Chine, l'Inde, le Pakistan et un petit bout de l'Afghanistan.
Peuplé d'un peu moins de 8 millions d'habitants, il est contrôlé par trois pays et principalement deux. C'est parti ici et là. Ce sont laas skai Chine et la vallée de Shakgam qui sont contrôlées par la Chine et revendiqué par l'Inde.
Mais on va pas vraiment se pencher dessus aujourd'hui. Ce qui nous intéresse, c'est surtout cette zone, le Jamoué Cashmir ou Cachmir indien et cette zone, l'Asad Cachemir ou Cachemir pakistanais. Notez que l'Inde revendique la totalité de cette région et le Connaît des tensions depuis longtemps.
En 1947, l'Inde prend son indépendance après plusieurs siècles de domination anglaise. Les tensions entre hindou et musulmans attisées pendant la période britannique aboutissent à la partition du pays. Comme l'explique Jean-Luc Rassine, spécialiste de l'Inde interrogé par le monde.
La vision communautaire l'a emporté, conduisant à la création en 1947 de l'Union Indienne, majoritairement hindou et du Pakistan à majorité musulmane. Cette partition d'une extrême violence responsable de plusieurs centaines de milliers de morts s'est accompagné du plus grand exode de l'histoire moderne avec environ 15 millions de déplacés. Et pendant cette partition, le Cachmir va connaître un sort particulier.
Le Cashmir, c'est un étatpré à majorité musulmane comme le Pakistan, mais son maharaja, c'est-à-dire son souverain, quant à lui hindou comme la plupart des Indiens. Sous pression de groupes armées pakistanais, il rejoint l'Inde en échange de sa protection. Sans suivre la première guerre indo-istanaise et la division du Cachemir entre les deux pays.
Depuis, la frontière qui sépare les deux pays, appelée ligne de contrôle et régulièrement le théâtre de conflits avec notamment trois guerres en 1947, 1965 et 1999. Et on est donc visiblement pas passé loin d'une 4e guerre le mois dernier. Mais que s'est-il passé ?
Pour comprendre, il faut revenir au 22 avril dans la région kashmirienne du Paalgam et plus précisément dans la vallée de Baïaran. [Musique] Cette vidéo est super flippante parce que pendant que ce gars est en train de s'amuser sur sa tyrolienne, on entend des coups de feu et on voit quelqu'un s'effondrer en bas à gauche. Il a en fait capturé sans le savoir de rares images de cet attentat qui a fait 26 morts en avril dernier.
Les victimes sont en grande majorité des touristes indiens. Rester un temps non revendiqué, l'attaque l'a finalement été par un groupe militant peu connu appelé la résistance du Cachemir selon l'agence de presse britannique Reuters. Celui-ci serait opposé à l'installation de 85000 étrangers dans la région, ce qui provoquerait un changement démographique.
Alors, il faut savoir que le Cachemir connaît depuis les années 80 une insurrection armée. Il s'agit soit d'indépendantiste, soit de partisan du rattachement au Pakistan. Quoi qu'il en soit, après ce massacre, la réaction de Maudit ne s'est pas faite attendre.
Et non, je ne parle pas de ma collègue de contraste, mais bien du président indien. ઇન્ડિયા વિલ આઈડેન્ટીફાય [Musique] ટ્રેક એન્ડ પનીશ એવરી ટેરસ્ટ એન્ડધ બેક ઇur pense bien évidemment au Pakistan l'Inde accuse depuis longtemps Islamabad de protéger des terroristes ce qui est en partie vraie selon cette ancien ambassadeur français en Inde et il est quand même relativement connu que peut-être certains services pakistanais abritent ou protègent des terroristes. Ça n'est pas le gouvernement pakistanais mais c'est certains éléments de des services d'information de l'armée pakistanaise.
Mais pour l'attentat du 22 avril, le gouvernement indien n'a présenté aucune preuve, ce qui ne l'a pas empêché de bombarder son voisin le 6 mai dans le cadre de l'opération Sindour. Le Pakistan a rapidement reposté. Peu avant 1h du matin, l'Inde a lancé ses premiers missiles sur le Pakistan, faisant au moins 26 morts.
L'Aripos n'a pas tardé. L'armée pakistanaise a à son tour frappé l'Inde. Au moins 12 personnes tuées dans ce village kashmiri où la population fuit.
Cette escalade a donc fait des victimes civiles mais aussi militaires puisque le gouvernement indien aurait perdu au moins un avion rafale français dans l'opération. Un agent de hauran des services de renseignement français a dit à CNN que le Pakistan a abattu un chasseur rafale indien le 7 mai alors même que New Dy rester muette à ce sujet. Ce que je viens de vous lire, ça a été publié sur le site indien The Wire, mais l'article a depuis été censuré par le gouvernement indien.
Cet article qui traitait de la couverture par CNN des rafales a été retiré après une notification du ministère de l'information. Bon, cette censure, elle illustre bien la fébrilité du gouvernement indien par rapport à cette situation et puis peut-être qu'ils veulent qu'on continue à leur vendre nos avions aussi. Emmanuel Macron et Narendraudi ont dévoilé la plaque du bâtiment avant de repartir main dans la main vers le grand port maritime de Marseille dont l'Inde est le 6e plus important client.
Merci messieurs dames. L'Inde a aussi annoncé le 6 mai son retrait d'un traité sur le partage des eaux qu'il a liait au Pakistan depuis 1960. Interrogé par Scandola Gradiani pour reporter, le chercheur Franck Galan confirme que c'est une nouvelle terrible pour les Pakistanais.
65 % de la surface du pays se trouve dans le bassin de l'indus. fleuv qui traverse d'abord l'Inde. Il y a aussi le plus vaste système d'irrigation du monde avec 200000 km de canau, mais il est alimenté à 90 % par les eaux de l'indus.
Ce serait désastreux pour l'agriculture, pour l'alimentation en eau de la population, mais aussi pour le nucléaire parce qu'il faut de l'eau pour refroidir les centrales. Depuis, un cesser le feu a été signé comme je vous le disais en début d'émission, mais cette question de l'eau, elle reste toujours en suspend et l'Inde menace toujours de réduire le débit de l'indus pour faire pression sur son voisin. Comme le titre de reporter le dit, l'eau est véritablement utilisée comme arme de guerre.
Après l'arrêt des combats, la situation reste incertaine. Les deux parties peuvent revendiquer une sorte de victoire, constate Gilles Bokera, chercheur associé à la fondation pour la recherche stratégique et spécialiste de la zone indo-pakistanaise. Côté pakistanais, ils peuvent avancer le fait qu'ils ont préservé leur souveraineté.
Côté indien, on a fait passer le message qu'on était prêt à un niveau d'engagement supérieur et que tout acte de terrorisme engendrera une réplique militaire indienne. Alors, on plie bagage, il y a plus rien à dire. Évidemment que non.
Le Cess feu reste fragile. Des affrontements ont été rapportés le long de la frontière, les jours qui ont suivi. Et puis Narendraudi a prévenu le 13 mai son offensive contre le Pakistan n'est que suspendue.
Le Pakistan, en pleine crise économique, il a bien plus à perdre que l'Inde face à l'éventualité d'un conflit comme le rapportaient les échos le 7 mai dernier. Mais malgré tout, des deux côtés, on a aussi besoin de la guerre. En tout cas, besoin de pointer du doigt une responsabilité extérieure pour faire oublier les échecs en politique intérieure.
C'est ce qu'explique la chercheuse spécialiste du Cachemir Charlotte Thomas dans un entretien à Mediaapart. On pose la question à l'envers. C'est un conflit d'affrontement entre les deux car ni l'un ni l'autre n'a d'intérêt à le régler.
Ils veulent préserver leur capacité à utiliser la haine du voisin pour faire de la répression en interne et avancer leur propre programme politique dans leur propre pays. On a d'un côté la politique pakistanaise qui prive de droit ses minorités dont les Cachmiriis font partie et de l'autre la politique de Narandra Maudit et de son parti le BJP. C'est un parti nationaliste hindou et comme tous les partis nationalistes leur problème c'est les autres.
En l'occurrence ici euh les musulmans. Entre le discours ouvertement islamophobe ou les lois qui pénalisent majoritairement les musulmans, le BGP fait son possible pour leur compliquer la vie et faire comprendre à tout le monde que si l'un ne va mal, c'est leur faute. D'ailleurs, je vous conseille cette vidéo de devck pour comprendre le niveau de propagande contre les musulmans en Inde.
Le lien, il est dans la description. En tout cas, la violence est telle qu'on assiste régulièrement à des lynchages de musulmans en pleine rue. En juin 2024, au moment de Laï et alors que le BJP venait de perdre une élection, un homme musulman a été attaqué par des nationalistes hindou.
Comme le rapporte Aljazira, plus d'une dizaine d'hommes armés avec des bâtons en bois et des baramines ont traîné Farid âgé de 35 ans à travers la rue et l'ont battu à mort alors que des passants filmaient l'horreur avec leur téléphone. Au Jamou et Cachmir, seule région à majorité musulmane de l'Inde, la situation est encore différente. Il s'agit aujourd'hui d'une des régions les plus militarisées au monde.
Comme l'explique Charlotte Thomas, il y a plus de 500000 personnes en armes pour moins de 7 millions d'habitants quand donc c'est énorme la présence la pression polici la pression militaire est énorme. En 2019, Narendrama a subitement supprimé le statut d'autonomie du Cachmir et le territoire s'est retrouvé coupé du monde pendant plusieurs années. Cette opération qui figure à l'agenda des partisans de l'indouva, l'extrême droite hindou, n'a eu d'autre but que de marginaliser les musulmans, de les priver de leur représentation et de tenter d'hindouiser cette région en modifiant sa composition démographique.
Tiens, sur la question du changement démographique, on retrouve les revendications du groupe responsable de l'attentat terroriste. Comme quoi, ça sort pas de nulle part. Bon, en 2024, suite à une décision de la Cour suprême indienne, des élections ont finalement été organisées au Cachmir indien.
Des élections qui ont conduit à la défaite du BJP. Mais cependant, cette région reste toujours sous un régime d'exception et les musulmans du Cachmir sont régulièrement associés dans leur ensemble aux groupes terroristes. Dans ce contexte, pointer du doigt le Pakistan et la minorité musulmane, ça reste un bon filon pour maintenir en place le régime de Narandra maudit hein.
Et les discours qui s'opposent à ce récit islamophobe et nationaliste se font rare.