Quand j'étais encore juriste et que je sentais l'ennui de ce métier, ma fatigue, je sentais "j'ai besoin de changement" et il y avait un petit chacal à l'intérieur qui me disait :" oui mais tu ne sais ni par où, ni comment changer, donc, tu n'as pas besoin de changement ! ". Raisonnement aussi absurde que ça, mais dans lequel je me suis entretenu certainement 2 ou 3 ans, avant que la pratique de ce que nous faisons ici, la Communication Non Violente m'invite à prendre conscience : mes besoins ont besoin d'être reconnus, pas forcément satisfaits.
Et un jour je me suis assis avec mon besoin de changement grâce à une colère. Je suis rentré chez moi et j'ai fait exploser mon porte documents sur le lit de mon appartement de célibataire à l'époque en disant : "il faut que ça change, sinon je meurs ! ".
M'entendre crier comme ça, dans mon petit appartement, comme un espèce de fou, je me suis dit : "Ouh là t'es pas juste un peu triste et contrarié par ton métier. Tu en as franchement ras-le-bol, tu es en colère par rapport à toi. Assieds-toi avec ta colère et écoute-la !
". Et ma colère me disait : "quand est-ce que tu vas à admettre ton besoin de changement ? Plutôt que de le nier tout de suite par des raisonnements raisonnables.
Tu as besoin de changement et ce n'est pas parce que tu ne sais ni vers où, ni comment que tu n'as pas besoin de changement ! ". J'ai commencé à honorer mon besoin de changement.
J'ai commencé à le nommer régulièrement dans l'exercice "comment ça va, comment je me sens ? ". Quand j'écoutais ma fatigue, ma tristesse.
. . je sentais le besoin de changement et je le nommais.
Très vite, dans les semaines qui ont suivi, des occasions de changement se sont mises en route. Je ne vais pas entrer dans le détail, ce serait un peu long, mais de façon surprenante je m'ouvrais à cette vie : "je veux aller vers le changement", la vie qui nous veut du bien, je ne cherche pas à en convaincre qui que ce soit, mais je l'expérimente, je m'ouvre à la vie en disant : "la vie pour moi va vers le changement, je ne sais pas où, ni comment mais la vie va vers le changement" Et ben hop la vie s'engouffre là-dedans. Qu'est-ce qu'il se passe dans ces moments-là ?
À mes yeux il se passe ceci parce que, je l'ai vu des centaines, je dirais des milliers de fois chez les gens qui acceptent de nommer leurs besoins, même s'ils n'ont pas de solution dans l'immédiat, c'est que tout d'un coup, mon état d'être est aimant d'une perspective. J'aime cette perspective de changement, j'y tiens, mes cellules commencent à s'habituer, on va aller vers le changement, on va quitter ce qu'on vivait, on va aller vers le changement, j'en ai vraiment besoin. Comme cette partie de moi est "aimante" et bien elle "aimante" à son tour les solutions.
Quelque chose est attirée. Alors on lit sur la loi de l'attraction toutes sortes de choses amusantes. Personnellement je le vois, je le vis.
Parce que je désire profondément ça, cela m'arrive. Je pense que la vie nous veut vraiment du bien, ce qui nous manque, c'est l'intensité du désir. On aimerait bien du changement, mais sans quitter ce qu'on connaissait, en gardant notre zone de confort.
Attends, attends ! Alors, il n'y a rien qui bouge évidemment ! On voudrait bien faire ce choix, mais sans trop déranger ceci ou cela et sans renoncer à telle option aussi.
Il n'y a rien qui bouge évidemment. Il s'agit de se densifier dans nos choix et on va le faire avec l'exercice qui suit particulièrement.