Comme je vous le disais euh dans la dernière capsule, il y a d'autres critères qui président au choix d'un modèle de Coran plutôt qu'un autre. Et parmi ces critères, il y a ceux qui réfèrent à la mémorisation ou à la didactique du Coran. Et en réalité ce que j'ai pu observer lors d'une cliente avec lors d'une rencontre pardon avec une cliente de la librairie voisine de Dartakafa et c'est ce que j'aimerais vous raconter en guise d'anecdotes significatives.
C'était à la fin du mois d'août, quelques jours avant le début du Ramadan. Nous étions alors en 2007. Les librairies des Habou commençaient à battre leur plein mais cette femme était seule assise sur une chaise de la librairie.
Après quelques échanges de politesse, je m'installe à ses côtés et lui demande ce qu'elle recherche. Elle me répond qu'elle souhaite acheter un modèle de Coran qui lui permette d'en apprendre facilement les sourates. Mon regard se tourne alors vers le libraire que je vois déambuler dans le magasin s'efforçant de trouver le modèle souhaité et lui en propose plusieur.
Le premier est découpé en six livres de format moyen protégé par une couverture souple soulfane et rangé dans un étui en sky de couleur noire. C'est écrit trop petit, répond-elle, pressant le libraire de lui montrer un autre modèle. Celui-ci, le libraire apporte un courant de format moyen comportant une couverture de couleur bleue.
À peine l'ouvre-il pour lui en montrer les pages qu'elle déclare en avoir déjà un comme celui-ci. Ajoutant je cite, je l'ai déjà celui-là. En plus, il n'est pas pratique, il est trop lourd, je ne peux pas le porter dans mon sac.
Fin de citation. Le libraire lui montre un troisème modèle découpé en 12 petits livres plutôt qu'en six composé d'une couverture papier walka et de format moyen. Elle l'ouvre, la cliente l'ouvre, l'analyse et levant la tête vers le libraire lui dit "Je suis désolé Roya mon frère pour le dérangement mais je suis vraiment décidé à apprendre le Coran et il faut que je trouve le bon.
Celui-ci ne va pas. Il est trop fragile. Pas de citation.
Je demande alors à la cliente pourquoi elle n'apprend pas le Coran à partir de celui qu'elle a déjà. Elle me répond parce qu'il n'est pas pratique et qu'on nous conseille d'apprendre le Coran à partir d'un seul livre car l'apprentissage est beaucoup basé sur la mémoire visuelle. À l'écoute de cette explication, le libraire tend à sa cliente un nouveau modèle de livre sain dont les pages, lui expliquent-t-il se terminent à la fin des versets plutôt qu'en leur milieu.
Un procédé qui facilite la la mémorisation visuelle du doigt. Il pointe également les encadrés qui apparaissent sur les côtés droit et gauche de des pages pour expliquer les termes difficiles du Coran. En outre, un jeu de couleur indique les sons et les lettres à allonger pour réaliser une récitation correcte.
Il s'agit de l'application des règles de tageid qui soumettent la psalmodie à des usages stricts touchant les modulations de la voix, les accents et les pauses. Avec ce troisème modèle, le libraire parvient enfin à convaincre sa cliente. Toutefois, après avoir pris connaissance du prix sans diram, la cliente change d'avis.
Déterminé, le libraire repart à la recherche d'un autre prix sans dirham. Euh c'est pardon d'un autre prix qui correspond davantage, excusez-moi, aux attentes et au budget de la cliente. Il s'agit de six petits livres du Coran Mujeled de format moyen rangé dans une valise.
Ces modèles coûtent moins cher mais la cliente préféré les autres. gênée. Elle tente de préciser ce qu'elle recherche.
Je la cite. Si je veux apprendre le Coran, il me le faut partout où je vais. Je veux pouvoir le mettre dans mon sac à main sans l'abîmer.
Et pour ça, il faudrait qu'il soit rangé dans un étui avec une fermeture éclair. Et puis il faut qu'il ait une écriture simple et lisible que je puisse le lire facilement. Fin de citation.
Le libraire lui apporte alors un 5è modèle de petit format dont l'été tu se referment comme elle le désire avec une fermeture éclair. Après 1h30 passée dans la librairie dont le sol était jonché de livres, elle opte finalement pour celui-là dont le prix 70 dirham correspond à sa beaute. Toutefois, elle demande au libraire une dernière faveur.
Pourrais-je avoir le même en rouge plutôt qu'en vert ? C'est plus joli. L'esthétique compte également.
Certains acheteurs prennent même une attention particulière aux décorations figurant sur les pages du Coran. C'est pourquoi nombreux sont les éditeurs à en modifier les ornements pour les enrichir. Ces variations étant encore à l'origine de nouveaux modèles.
Lorsqu'on observe l'esthétique interne de différents exemplaires, on remarque que leurs pages sont encadrées par des frises dont la forme et la couleur vari suivant les types de livres. Celles d'un courant de base sont en noir et blanc tandis que les modèles plus sophistiqués sont composés de pages colorées deux à trois couleurs dont une utilisée pour marquer les voyelles brèves et présente pour les plus chers d'entre eux les bordures de feuilles dorées. L'or dont la nuance change selon les alliages reste la couleur la plus répondue pour les manuscrits de qualité.
Quelquefois utilisé en feuilles pour horner des surfaces assez larges. Il est le plus souvent sous forme de poudre. Posé sur un support à base de colle.
L'or est ensuite poli par brunissage et cerné d'un trait noir. Le signe marquant la fin des versets Aya diffère également parfois très fréquent sur une même page selon la longueur des sourates et des versets. signes dont le rôle est d'améliorer la compréhension du texte en y distinguant différentes parties confè à la feuille une sorte de sentiment.
Selon les modèles, ils sont plus ou moins en augmentés. Prenant plus souvent la forme de motif géométrique, généralement floraux, ces modèles sont imprimés en noir et blanc dans pour ce qui est des plus simples ou en or réhaussé de couleur pour les plus sophistiqués d'entre eux. Selon monsieur Corich l'éditeur, ces pratiques ornementales plutôt que de répondre aux attentes des usagers correspondent également au souci, je le disais, de certains entrepreneurs euh imprimeurs pardon libanais égyptiens qui les utilisent pour contourner les accusations de piratage.
Leur stratégie, je l'ai expliqué, vise à fabriquer des produits différents de celui qu'il copie en réalisant une nouvelle mise en page à partir de logiciels basiques comme InDesign, Photoshop sur lequel ils importent les pages préalablement scannées pour en modifier le cadre esthétique. Ces éditeurs prennent alors garde également à changer de couverture dont les différentes couleurs rouge, vert, bleu, orange ou multicolore habillent les étagères des librairies. En outre, il n'est pas rare d'en voir certaines décorer avec des paillettes, une catégorie plaisant particulièrement aux femmes.
Selon monsieur Corich, chaque maison d'édition fabrique son propre courant en ayant recours au service d'un copiste, si possible réputé pour sa belle écriture. Trois ou quatre années sont généralement requises pour reproduire le Coran à la suite de quoi ? Une année supplémentaire sera consacrée à la vérification du manuscrit.
L'intérêt pour les éditeurs n'est pas tant de concevoir un beau modèle que de proposer le meilleur rapport qualité prix de sorte que l'objet soit le plus rentable. Monsieur Corich insiste et dit le grand c'est avant tout un produit commercial. Ainsi de nombreux critères combinés, hein, format, papier, couverture, mise en page, décoration interne et externe, langue crée une infinité d'objets qui représentent un seul livre ou plutôt un seul texte, le Coran.
Ces différentes typologies correspondent à des usages variés selon qu'on souhaite le garder près de soi, le lire facilement, l'apprendre ou le transporter sans l'abîmer. En outre, ces typologies répondent au goût esthétique des chercheurs, des des acheteurs, pardon, qui comme le rappelle Mohammed, je le cite, désire acheter un Coran parce qu'il le trouve joli. Alors que le contenu du Coran, la parole de Dieu, n'accepte aucune modification.
Euh les matériaux qui euh le constituent sont modulables à souhait. De ce point de vue, le livre saint constitue un livre sacré certes, mais aussi un objet de consommation à part entière dont les clinaisons les déclinaisons, pardon diverses correspondent aux attentes des chercheurs généralement des tenteurs de plusieurs exemplaires qu'il manipule différemment suivant la finalité qu'il lui attribue. Le Coran représente alors un objet personnel avec lequel le fidèle entretient une relation intime.
Le livre qu'il détient n'est pas un simple Coran, c'est le sien. Il l'a choisi en fonction de ses besoins et de ses goûts esthétiques. Certes, le degré d'intimité change selon les Corans.
par exemple, on l'a vu, aime comme elle disait tout particulièrement celui qu'elle a reçu de son père car il constitue un objet de transmission et le signe d'une filiation. La relation que le possesseur entretient avec son Coran prend ainsi le pas sur l'objet et sur le texte. de cette relation diadque avec soi.
Passons maintenant euh aux situations dans lesquelles le libre sain constitue aussi le moyen de la relation à l'autre. Et pour cela, il faut maintenant nous introduire dans les habitations domestiques au Maroc. En me rendant dans certaines familles issues de classes populaires ou plutôt bourgeoise, j'ai pu observer comme cela était prévisible que le Coran ne se ronge pas n'importe où.
À titre d'exemple, Mohammed le même le range près de lui comme il dit. Il est dans mon tiroir près de mon lit, dit-il. Comme ça, avant de me coucher, je lis quelques passages.
Pin de citation. Aïcha envoyé à Dartakafa. [Musique] formule une observation semblable.
Elle dit "Le Coran, je le mets près de moi sur ma table de chev et chaque soir avant de m'endormir, je le lis un peu. Ça me fait du bien. " Fin de citation.
Aïcha en a mis un autre un autre exemplaire dans la chambre de sa petite fille juste au-dessus de sa tête, dit-elle, pour éloigner les jeans, les mauvais esprits. D'autres euh types d'usage rendent le Coran davantage visible. Chez Amina, on l'a vu, il est placé au centre du salon.
Elle dit "L'un de mes corants est rangé dans un coin tranquille du salon, là où je sais que les enfants ne l'atteindront pas. Ils sont encore jeunes. Je préfère qu'ils ne touchent pas.
surtout euh s'ils ont les mains sales, je leur dis qu'il faut respecter qu' pour respecter le Coran, que c'est la parole de Dieu. Quand je suis à la maison durant le weekend ou même durant la semaine, je laisse le Coran ouvert et lorsque je passe par là en faisant le ménage, j'en profite pour lire quelques passages. Fin de citation.
Amina a rangé deux autres exemplaires dans la bibliothèque de l'entrée à côté de livres religieux qui présentent une esthétique similaire. Les livres à caractère profane, roman ou livre scolaire sont rangés à pas dans un placard. Et ces deux catégories d'ouvrage sont donc l'objet d'usage distinct.
Alors que les premiers sont exposés au sein de la bibliothèque ou du salon, les autres ne sont pas rendus visibles. Aïcha range ses libres à caractère religieux ou profane au sein de la même bibliothèque en établissant toutefois une démarcation. Les Coran dit-elle je les mets à part.
Une pratique qui soulligne que le livre saint est un livre particulier qui ne peut être placé au même niveau que n'importe quel ouvrage. Selon Malik, dit-elle, la tradition veut qu'aucun livre ne soit placé au-dessus du Coran. Fin de citation.
C'est pourquoi, dit-elle, il est souvent installé en haut de la bibliothèque qui se présente généralement sous une forme autre qu'un meuble destiné au seul rangement des livres. Elle constitue euh cette bibliothèque constitue le plus souvent euh comme ailleurs un buffet où on range non seulement des ouvrages mais également toutes sortes d'accessoires, vaissell, argenterie, linge de table et provision. Au centre de ce meuble figure un espace occupé par le poste de télévision au-dessus duquel généralement se dresse deux portes vitrées divisées par des tablettes placées à différentes hauteurs permettant le rangement des livres performants.
Les beaux livres placés derrière ces vitres consistent généralement en Coran et livre de Tourat placé à côté de beaux objets tels que des verrs de cristal dans les familles les plus riches bien sûr objet dont la valeur matérielle confirme celle des ouvrages. À travers ce type de livre, les clients cherchent prioritairement à décorer le salon marocain que chaque famille aisée se doit d'avoir. Une remarque confirmée par monsieur Corich, l'éditeur selon qui je cite "Une famille possède autant de corants qu'elle a d'espace à décorer.
" Fin de citation. Il est d'ailleurs fréquent que des personnes fassent tailler dans un morceau de bois qui répond au format classique des collections de livres saints. Les relures et les dorures constitutives des séries qu'elles souhaitent acquérir.
Les exemplaires du Coran et les livres de Tourette représentent un de ces composants traditionnels qui vient s'ajouter aux longues banquettes disposé les unes à côté des autres de façon généralement à former un L ou un U. recouverte de poussins, laissant apparaître des motifs marocains face auxquels se dressent de petites tables basses décoré de zéiges. Ce sont les femmes qui le plus souvent chargé des tâches domestiques de la décoration de la maison décide de l'agenancement du salon, de l'emplacement de la bibliothèque et des façons dont se range et s'expose le Coran.
une manière pour ces femmes d'exercer une forme de pouvoir sur le livre saint dont la manipulation est en principe réservé aux hommes. C'est de moins en moins le cas. Je parle de tendance et de tropisme.
Ça allit néanmoins toujours à côté des objets donc qui ornent les murs et les tafes qu' s'agissent d'images et calligraphie religieuse ou de cadres mettant en valeur le portrait des ancêtres. Le Coran s'inscrit dans un système de signes qui correspond au rôles particuliers attribués au salon marocain. Ce salon dévolue aux réunions familiales et à l'accueil des invités.
Constitue un lieu de représentation singulier au sein duquel la présence du Coran est censé rappeler aux visiteurs la place que tient le texte, la parole de Dieu dans la maison et la vie de leur hôte. Exposé de cette manière, le Coran, le livre du Coran indique la piété, véritable, pardon ou non, de son propriétaire et constitue le signe d'une appartenance à une culture. Suivant les modèles de livre sain, on peut voir s'afficher différentes représentations du courant ou plutôt diverses manières de l'investir.
Si certains visent au travers d'ornement ostentatoire à manifier la sacralité du livre saint, d'autres opteront pour un modèle plus sombre, rappelant davantage l'austérité des premiers temps à l'instar de ceux protégés par une couverture en bois et que je vous ai montré. Ces différents types sont l'expression des représentations singulières attachées par les possesseurs à leur livre. Représentation qu'il souhaitent rendre visible à l'autre.
Plus encore, l'exhibition du Coran contribue à renforcer le caractère d'évolu au salon marocain qui en reprenant les termes de l'anthropologue Jean-Charles de Paul à propos du dian et du mafrage des maisonours de Sana apparaît, je le cite, comme un conservatoire ou du moins un foyer où une continuité est maintenue. Au sein des habitations marocaines, le salon marocain est l'espace où se fabrique la tradition via la mise en ensemble d'objets pardon spécifiques référant au passé original et au temps de la révélation. Le Coran répond au vœux de témoignage.
Le livre du Coran répond au vœux de témoignage et de souvenirs. Ni fonctionnel ni simplement décoratif. Euh le livre du Coran est ici porteur d'une histoire et d'une tradition construite pour être donné à voir.
Dans le cadre de ces pratiques, le livre Le Mushaf s'inscrit euh dans une relation plus triadique que diadique, introduisant un autre acteur que le fidèle et son livre, celui auquel est destinée l'exposition. Cette observation est soulignée par une habitude fréquente au Maroc, celle d'offrir le Coran. Toutefois, précise Aïa, je la cite, on n'offre pas le Coran à n'importe qui, mais à quelqu'un dont on est sûr qu'il en prendra un soin.
Sinon, c'est Halam. Fin de citation. Une remarque reprise par Amina qui dit "Ça dépend de la relation que tu as avec la personne.
Ça dépend des gens, de comment ils sont. Avant d'offrir le Coran à quelqu'un, il faut que je sache s'il va le lire ou s'il va le mettre dans son salon uniquement pour le décorer. Sa sœur Madika précise : "Ofrir le Coran profite autant à celui qui le lit qu'à celui qui l'offre puisque lui aussi gagne des hassassanates, des bienfaits.
Chaque lettre du Coran vaut une hasana qui est toujours multipliée par 10. Alors, vous imaginez toutes les rassanates qu'on reçoit lorsqu'on offre un Coran à quelqu'un et qu'il le lit plusieurs fois par jour, c'est pour cela qu'on a intérêt à l'offrir à quelqu'un dont on est sûr qu'il le lira. Fin de citation.
Malik et Amina ont reçu leur premier courant en cadeau de leur père, je leur disais, comme nombre de leurs amis ou membres de leur famille. Parmi tous les modèles de Coran qu'Amina possède, elle présente celui-là comme son Coran. Les autres ditelles sont à toute la famille, mais lui c'est le mien.
Je l'aime trop. Fin de citation. À la lumière de cette remarque, on constate qu'il existe une différence importante entre les corants achetés et ce hérité ou reçu en cadeau représentant pour leur part la marque de la relation avec un être aimé ou disparu.
On offre le Coran à différentes occasions qu'on dit à sabbat, les mariages, les changements de domicile, les anniversaires, les invitations. Je le disais, il existe même des modèles conçus pour être offerts. Combien de libraires en effet ai-je entendu me dire au moment où mon regard se posait sur un courant rogé dans un joli coffret ?
C'est pour offrir. Ces coffrets de rangement existent en différents modèles dont l'esthétique est toujours assorti au livres qu'il renferme. C'est pourquoi il y a autant de modèles de de modèles de coffret que de corant.
Les plus fréquents et les moins chers se présentent sous forme de boîte en plastique transparent doublé de tissu protecteur. Une librairie des Habou spécialisée dans les forents qu'on offre en cadeau comme ils disent eux-mêmes propose une quarantaine de coffrets différents dont les prix varient de 20 à 1000 dirham suivant les matériaux utilisés plastique, bois, métal, argent, or, pierres précieuses et cetera et leur format. L'incorporation de certains gadgets coraniques, je le disais la semaine dernière, des nuées d'utilité peut accroître le tarif du livre.
Par exemple, les pages parfumées qui constituent un modèle récent du marché islamique mondial. Le parfum incrusté dans les pages est censé, pardon, durer 10 ans selon ces fabricants. Il existe également de plus en plus euh de petits modèles joliment décorés.
dont euh la couverture, excusez-moi, dont la couverture en velour comme c'est le cas ou un autre matériau peut être parsemé de paillettes. Ils sont rangés dans des boîtes, vous le voyez, au cadre esthétique similaire. Dans la librairie d'Artakafa, ces corants sont placés à côté de la caisse, là où Khadija s'empara un jour de l'un d'eux pour l'embrasser avant de le replacer dans son étu déclarant ce qu'il est mignon celui-là.
Fin de citation. Embrasser le Coran constitue en effet une pratique courante lorsqu'il tombe ou bien tout simplement lorsque le fidèle le tenant entre les mains cherche à signifier l'adoration qu'il éprouve pour la parole de Dieu. Une attitude jugée néanmoin répréhensie par certains religieux alors que d'autres recommandent de le faire comme dit quelqu'un.
il est usage d'embrasser ses enfants en basage. Donc ces pratiques, vous le voyez, relèvent de la personnification analogie permise par euh la variété euh disponible des modèles. Dans la mesure en effet où tout un éventail de choix lui est offert, l'acheteur s'engage personnellement dans son Coran, une relation très forte, lit donc le Coran à son possesseur qui acquiert un nouveau livre suivant les situations dans lesquelles ils se trouvent.
À un moment donné, les enfants reçoivent leur premier Coran de leurs parents et en acquierent tout au long de leur vie lorsqu'ils se marient, change de domicile ou fête leurs anniversaires. Le Coran est inscrit dans les relations de parenté et son don contribue à les consolider. À chaque étape de sa vie, le fidèle reçoit un nouvel exemplaire de sorte que celui-ci grandisse au même rythme que lui.
Une personne âgée par exemple généralement un Coran grand format au page Johnny, un procédé qui facilite la lecture. Toutefois, l'usager n'en change que la coque. Car quelle que soit la forme qu'il revet, le Coran reste toujours le sien.
Ainsi, anniversaire, mariage, invitation constitue autant d'occasions durant lesquelles il est d'usage d'offrir le Coran. Amina raconte qu'un jour elle était invitée à dîner par pour la première fois chez des gens qu'elle connaissait peu. Elle disait "Je ne savais vraiment pas quoi leur ramener.
Alors, j'ai acheté un courant. J'ai fait un paquet cadeau et tout. J'ai glissé un mot dedans.
Je savais qu'en offrant le Coran, je ne pouvais pas me tromper et cela leur a fait vraiment plaisir. " Fin de citation. Le le cadeau, vous le voyez, intervient à différents niveaux de la relation sociale.
Le donateur, pouvant le destiner à une personne issue de son entourage proche, famille, ami ou lointain. Dans tous les cas, le don du grand permet soit de créer, soit d'entretenir, soit de consolider une relation qui contribuera à son tour à renforcer le lien existant entre l'objet et son possesseur qui n'entretient pas avec ses autres livres la même relation. dont le caractère plus ou moins émotionnel et subjectif relève des circonstances dans lesquelles il a reçu ce Coran, qui le lui a offert, à quel moment, pour quel motif et cetera.
Suivant la relation qu'il a avec celui qui le lui a offert, le Coran acquiert une plus ou moins grande valeur et l'association entre la personne et le livre subsiste dans la mémoire. À travers les différentes occasions auxquelles le Coran est offert, on observe une valorisation différentielle des moment de le donner et de le recevoir plus inscrit dans le don que dans l'échange. En effet, celui qui offre n'attend pas nécessairement un retour mais des mérites.
C'est encore le cas lorsque les fidèles réalisent des donations pieuses de Coran ouf à certaines institutions islamiques. Dans ce cas, diverses occasions motivent le don, l'ouverture et ou la réhabilitation d'une mosquée ou un décès à la suite duquel les fidèles dis ont fait sadaka. Selon monsieur Corich l'éditeur, je le cite, quand tu viens de perdre un parent proche, ton père par exemple, tu achète des corants pour les donner à une mosquée.
Ça te rapproche de Dieu. Tu fais ça pour te sentir proche de lui. Point de citation.
C'est une pratique religieuse en effet fondamentale dans l'Islam. Lors de mon passage à Dartakafa, trois euh fidèles habillés euh appelé au Maroc euh les barbus, hein. C'est c'est le nom qu'on donne au au fidèles qu'on perçoit extrémiste à Casablanca.
euh entre euh dans la librairie à la recherche d'une vingtaine d'exemplaires du Coran qu'ils souhaitent euh déposer dans une mosquée venant euh d'être construite dans leur quartier. Afin euh d'arriver au nombre voulus, un collègue leur apporte des exemplaires dont les couvertures sont de couleur rouge, vertes et bleue. Une telle variété de couleurs leur pose problème.
N'avez-vous pas euh 20 corants de la même couleur ? dit l'un d'entre eux et il continue. Nous préférons ne pas déposer sur les étagères de la mosquée des exemplaires de différentes couleurs.
Fin de citation. Je demande à Mohamed quelle en est la raison. D'après lui, ces religieux ne veulent pas, je le cite, faire de la mosquée un cirque.
Cette anecdote montre que la question de la licéité de la vente du livre sain ne fait pas l'unanimité des courants de l'islam. Néanmoins, il est vrai que les avis contraires issus pour la plupart de l'école Hambalite n'ont pas trouvé beaucoup d'écho au Maghreb. En conclusion, étudier les pratiques relatives au courant dans le cadre urbain de Casablanca et de Raba a permis de voir dans quelle mesure elle le représente non seulement comme un texte détacré la parole de Dieu, mais aussi comme un objet choisi selon les besoins et les goûts esthétiques des fidèles.
La matérialité du livre saint, reliure, dorure ainsi que son esthétique interne, frise, décoration, couleur le font exister en tant qu'objet. en tant que chose placé à côté des verres euh en cristal ou bien exposé dans les salles de répétition euh de réception pardon. Le Coran se manipule comme un objet précieux.
Cela apparaît plus encore lorsque le fidèle l'embrasse ou euh le parfume des pratiques à la lumière desquelles il est possible de saisir entre le fidèle et son Coran une relation personnelle et fortement subjective. Mais pas seulement. Dans certains cas, en effet, un troisème acteur peut-être appelé à participer, notamment lorsque le livre est exposé ou offert, le Coran étant l'occasion d'une relation à l'autre.
Dans le cadre de ces usages, l'objet prend toujours le pas sur le texte et la relation à laquelle il donne mieux apparaît comme le substitut du contenu de la parole. Le Coran représente à la fois un moyen et un enjeu de la relation de soi à soi ou de soi à l'autre. Et c'est là visiblement son caractère essentiel.
En tant qu'objet esthétique, il devient plus qu'un texte dissacré. Les étoes dont le livre est aujourd'hui fait comme les différents étuits qui l'habillent ou le parfum dans son imprégnés ses pages lui confè des caractéristiques presque morphologiques humaines qui crée une relation particulière entre le fidèle et son Coran ou au moyen de ce dernier entre le fidèle et l'autre. Le don de cet objet au statut si particulier devient un moyen de conférer aux relations sociales une dimension symbolique voire sacrée.
Je m'arrête ici pour euh cette séance. J'ai voulu euh voici un beau modèle de de coffret en bois et en métal. J'ai voulu vous raconter le prochain cours sera conçu de la même manière.
Il s'agissait aujourd'hui de vous conter euh dans une certaine mesure une histoire, une histoire qui raconte euh le Coran appréhendre et qui euh se déplie en observation euh sociale, religieuse, culturelle intéressante pour l'anthropologue à interroger pour euh saisir à travers le Coran en tant qu'objet livre des pratiques religieuses, des pratiques en lien avec la religiosité également des fidèles et des pratiques qui permettent de décentrer l'adhésion, comme je le disais, des des fidèles à l'islam puisque nous comprenons à travers le livre le Coran appréhendit en tant que livre qu'il ne s'agit pas que de religieux mais que le religieux est imbriqué à de nombreuses autres volets sociaux euh commerciaux et la semaine prochaine, ce sera le volet politique que je décrirai plus particulièrement. Je vous remercie beaucoup. Je vous retrouverai non pas cette semaine mais la semaine suivante pour répondre à vos questions à la suite des trois séances que j'aurais consacré au Coran en tant que lien.
Je vous remercie.