bonjour à vous le discours de la servitude volontaire détiennent de la Boétie est un texte politique et philosophique majeur il est écrit aux alentours de 1547 mais il ne sera publié à titre posthume qu'une trentaine d'années plus tard La Boétie qui va mourir prématurément à l'âge de 32 ans seulement a donc sans doute écrit ce texte alors qu'il avait à peine 18 ans ce qui témoigne de la précocité intellectuelle remarquable de cet auteur dans ce livre très court écrit il y a donc près de 500 ans mais qui reste toujours pourtant d'une évidence Actualité La
Boétie pose le problème de la servitude volontaire cette notion paradoxale qui constitue un véritable oxymore politique la question c'est comment se fait-il qu'un seul homme puisse en gouverner des millions alors qu'il suffirait à ces millions d'individus de simplement dire non pour que le gouvernement disparaisse ou en d'autres termes comment des êtres humains peuvent-ils aliéner leur liberté au point de se soumettre à la volonté et au Caprices d'os La Boétie s'interroge ici sur le pouvoir sur l'essence du pouvoir et il va poser une thèse essentielle le pouvoir n'existe que par le consentement de ceux sur lesquels
il s'exerce il n'y a de pouvoir que par ce qu'on l'accepte il n'y a de pouvoir que par ce qu'on y consent il s'agit là d'une intuition simple mais d'une intuition considérable et terriblement originale accéder au pouvoir peut se faire de différentes façons par des élections par la force ou par la Russe par exemple mais pour garder le pouvoir pour rester au pouvoir il n'y a finalement qu'une seule méthode et elle repose sur le consentement de ceux sur lesquels s'exerce ce pouvoir et le principe de se consentement la racine de la servitude c'est l'habitude l'habitude
de servir et d'obéir l'habitude d'être dominé et de se soumettre une habitude qui s'enracine jusque dans nos plus infimes pratiques et à laquelle nous n'avons ni la force ni l'envie de résister ce que nous dit la Boétie c'est que la servitude des peuples est consentie elle est acceptée et les volontaires et peu importe que l'on trouve cette conception choquante ou subversive ce qui est exprimé ici c'est l'idée selon laquelle c'est le peuple en se résignant au joue de la tyrannie en consentant au pouvoir des tyrans c'est le peuple donc qui porte l'entière responsabilité de sa
situation puisque passif sans broncher sans dire un mot sans se révolter il se soumet et accepte d'obéir la force de cette idée qui concerne a priori la relation de domination d'un tyran sur son peuple c'est qu'elle est en réalité applicable à toutes les relations de pouvoir que chacun peut rencontrer dans la vie de tous les jours celle qui peuvent par exemple me lier à ma hiérarchie professionnelle à un individu à une institution ou à l'état il n'y a jamais de pouvoir que parce que j'y consent et l'originalité de cette thèse c'est de mettre l'accent sur
la responsabilité du dominé si je suis dominé c'est parce que j'accepte d'être dominé voilà un point de vue souvent difficile à entendre mais pour la Boétie le problème dans la domination n'est pas du côté des dominants il est du côté des dominés ces dominé qui se soumettent passivement à la domination et qui sont donc les seules responsables de leur situation déprimée La Boétie n'est pas là pour dire aux méchants qu'ils sont méchants il est là pour dire aux opprimés que s'ils le sont c'est parce qu'ils le veulent bien et aussi longtemps qu'il se poseront en
victime il resteront des victimes quand on est exploité il est évidemment facile et tentant d'en vouloir à l'exploiter mais on peut aussi en vouloir à soi-même et se poser la question mais pourquoi est-ce que je me laisse faire pourquoi est-ce que je ne me révolte pas or se révolter ne signifie pas pour la Boétie tu es le tyran ou l'exploiteur ni même le combattre il suffit tout simplement nous dit-il de ne plus l'écouter de ne plus le soutenir par notre passivité par notre obéissance soumise le dominant n'est alors plus rien et il s'écroule de lui-même
soyez donc résolus à ne plus servir et vous serez libre La Boétie ne demande donc pas qu'on fasse la Révolution les armes à la main comme il l'exprime d'ailleurs par une jolie métaphore il n'est pas nécessaire d'éteindre le feu avec de l'eau il suffit de cesser de l'alimenter en bois refusons que le pouvoir s'exerce sur nous et le pouvoir disparaît au profit de la liberté mais le métier étrange constate l’aboétie d'un côté il affirme haut et fort que la liberté est le plus grand des biens mais dans notre côté alors qu'il lui suffirait pourtant de
dire non alors qu'il lui suffirait de simplement renoncer à consentir pour être libre il ne le fait pas par habitude par l'acheter aussi sans doute à l'évidence le discours de la servitude volontaire est un texte choquant un texte marquant aussi c'est un pamphlet contre l'absolutisme politique c'est un véritable réquisitoire libertaire en faveur de la désobéissance civile et pacifique mais ce n'est pas tout ce livre est aussi est peut-être surtout une formidable invitation pour chacun à se prendre en charge à se recentrer sur soi c'est un texte qui doit me rappeler que le véritable maître de
moi-même c'est moi ce n'est pas le tyran ce n'est pas le patron ce n'est pas Dieu ni le prêtre ni l'imam ce n'est pas mon père ce n'est pas mon mari ou ma femme c'est moi et tel est peut-être le message philosophique essentiel de ce tout petit livre de 40 pages je remercie d'avoir regardé écouter cette courte vidéo et je vous invite à rester curieux et ouvert à toujours faire preuve d'esprit critique mais aussi à profiter de la vie