Aujourd'hui, nous allons parler d'un phénomène grandissant aux États-Unis : ce sont ces personnes obèses qui se gavent devant la caméra, cela s'appelle le "mukbang". Je crois que ces Coréens, comme la plupart des concepts que je loue, le pratiquent. Donc, on voit des malades, des gens se gaver, un peu comme Monsieur Creosote dans les Monty Python, pour ceux qui connaissent.
On va essayer de comprendre, non pas pourquoi ces mecs, comme Nico Cado ou Vos Cadeaux, font ces vidéos où ils se gavant devant la caméra, mais plutôt pourquoi est-ce qu'il y a autant de gens qui regardent ces vidéos-là. Je vous invite vraiment à regarder cette vidéo, parce que vous allez comprendre un principe en psychologie sociale qui est hyper important pour mieux vous connaître, peut-être même pour vous aider à guérir du cancer. Vous verrez.
Pour fêter la nouvelle année et les cent mille abonnés, j'ai décidé de faire une promotion de 22 % sur toutes les formations de la boutique Philo Jean jusqu'à vendredi soir minuit. Confi Thézan, parce que je suis très avare sur les promotions, si vous loupez celle-ci, je ne peux pas vous garantir que je reprenne dans trois ou quatre mois. D'ailleurs, c'est même l'inverse, puisque j'ai plutôt tendance à augmenter les prix.
Voilà, c'est tout pour moi, et on continue la vidéo. Quand j'étais ado, j'avais un petit frère qui était assez turbulent et qui faisait beaucoup de conneries pendant une période de son adolescence. On avait un rituel avec ma famille, c'était de regarder "Pascal, le Grand Frère", et si je suis honnête avec moi-même, aujourd'hui, je pense qu'on regardait "Pascal, le Grand Frère" d'une certaine manière pour se rassurer.
Pour ma mère, c'est une manière de se dire : "Bah finalement, ça va, quoi, il y a des gamins qui sont pire. " En fait, ce qu'on faisait, c'était de la comparaison descendante. On se comparait à des familles qui étaient considérées comme inférieures à la nôtre.
Moi, mon intime conviction, c'est que ces séries, type "Pascal, le Grand Frère" ou "Tellement Vrai", expliquent leur succès en France. C'est précisément pour ça : c'est pour rassurer les Français, c'est pour leur dire : "Regardez les cas soc, il y a pire que vous. " On s'est tous sentis super intelligents après avoir regardé Killian, 21 ans, donner des coups de poing dans la porte de sa chambre parce que sa mère lui demandait de ranger sa chambre.
Mais d'ailleurs, ce n'est pas si bête, parce que des études ont montré que les gens qui utilisaient les réseaux sociaux pour se comparer de manière descendante avaient tendance à avoir une meilleure estime d'eux que ceux qui utilisaient les réseaux sociaux pour se comparer de manière ascendante, c'est-à-dire avec des gens qu'ils considéraient comme au-dessus de soi. Pour avoir une bonne estime de soi, mieux vaut regarder cette vidéo de Nico Cado et Vos Cadeaux, plutôt que de regarder "La mort n'est une routine" de Henry Cavill. Mais ça, c'est valable sur le court terme uniquement, et on va voir justement quels sont les effets délétères de la comparaison descendante quand cela s'installe sur le long terme.
L'estime de soi, c'est bien sur le court terme, mais s'aimer tel que l'on est, c'est super pratique, là, maintenant tout de suite. Sur le court terme, là, maintenant, moi, par exemple, j'ai intérêt à aimer ce que je suis, devant vous, devant la caméra, et j'ai intérêt surtout à aimer ce que je suis en train de faire, parce que ce que je dis doit être plaisant. Parce que si je n'aime pas le contenu qui sort de ma bouche, ça va se sentir et vous allez vous ennuyer.
Une fois que la vidéo est finie et que je rentre chez moi, là, il vaut mieux que je me dise : "Tu vois, c'était de la merde ce que j'ai fait, il faut absolument que je fasse mieux pour la prochaine vidéo", parce que sinon, ils vont s'ennuyer. La comparaison descendante, finalement, c'est un peu le junk food de l'estime de soi. À court terme, vous vous sentez bien, vous avez un rush de glucides, mais sur le long terme, il y a des poisons psychologiques qui peuvent s'installer, comme par exemple l'autosatisfaction, la stagnation, et surtout la paresse.
Alors, est-ce que ça veut forcément dire qu'il faudrait s'adonner à de la comparaison ascendante, c'est-à-dire la comparaison vers le haut ? On se compare à des gens que l'on considère comme étant supérieurs à soi. Eh bien, pas forcément.
J'avais un ami qui était à l'école polytechnique, qui me disait sans cesse : "Mais moi, je suis plus lent que la moyenne, je réfléchis plus lentement et je mets du temps à capter les trucs. " Il se comparait aux gens qu'il côtoyait, à savoir les étudiants de polytechnique, c'est-à-dire le top 1 %, les plus intelligents de France. Vous pouvez vous dire également : "Mais attendez, ce mec-là qui est à polytechnique, il doit forcément avoir l'intelligence de comprendre qu'il ne se compare pas à un échantillon représentatif de la population générale.
" Et ce à quoi je vous répondrais, c'est que les biais psychologiques, c'est comme les trous de balle : on en a tous. Tout le monde est victime des biais psychologiques, peu importe son niveau d'intelligence. Sachez même que les gens les plus intelligents sont encore plus victimes des biais psychologiques, parce qu'ils arrivent encore mieux à se convaincre qu'ils sont dans la bonne trajectoire, si vous voulez.
Dans son cas de figure, la comparaison ascendante était malsaine. Il s'agissait plus d'un effet de contraste que d'un effet d'assimilation, car oui, la comparaison ascendante, c'est un peu comme la chasse. Il y a la bonne comparaison ascendante et la mauvaise comparaison ascendante.
Voilà, c'était un petit aperçu de cela. Quand vous comparez sur des caractéristiques sur lesquelles vous n'avez aucun contrôle, ou alors par rapport à des gens qui sont largement au-dessus d'assimilation, en revanche, c'est lorsque vous comparez sur une caractéristique sur laquelle vous avez un contrôle que vous pouvez atteindre ou vous rapprocher du niveau de la personne avec laquelle vous comparez. Le meilleur exemple de comparaison ascendante qui parlera à tous les mecs ici, c'est 10.
10 est un excellent exemple, pourquoi ? Parce qu'il est parti d'un niveau que l'on a tous connu : un corps maigre. Voilà le correctement, et il a atteint un niveau certes exceptionnel, mais dont on peut dangereusement se rapprocher, naturellement.
Bon, après ça, c'est un débat, n'est-ce pas ? Pour en parler après dans les commentaires. Mais il est d'ailleurs mort, oui effectivement !
Alors, c'est peut-être pas le meilleur exemple, parce que j'avais quand même compris s'il y a autant d'hommes qui admirent, il y a bien plus de femmes qui admirent milliard Haj Ata motion. Ce qu'il a, c'est bien parce qu'on se compare à Aziz sur une caractéristique sur laquelle on a un contrôle, et les femmes qui se comparent à milliard Haj Ata machine se comparent à elles sur une caractéristique sur laquelle elles n'ont aucun contrôle, à savoir leur beauté. Et c'est là un point clé de cette vidéo : je vous invite vraiment à vous poser la question au quotidien, parce que toute la journée, vous comparez aux autres, et c'est normal, on fait tous ça.
La question à vous poser, c'est : cette comparaison, l'action en train de faire, est-ce qu'elle est saine ou malsaine ? Est-ce que c'est du contraste ou de l'assimilation ? Si je me compare à mon pote qui fait un mètre 90 et que j'arrête pas de me dire "il faut que je sois plus grand", c'est malsain, c'est un contraste, il n'y a aucune assimilation.
Mais si je me compare à mon pote qui est plus musclé que moi, ou alors qui a une meilleure tchatche que moi, là, on peut parler de l'assimilation, parce que ça se travaille. J'en viens à Instagram et son hyper-compétitivité, et ses comparaisons ascendantes malsaines qui ont tendance à détruire l'estime des gens, à augmenter la dépression et le niveau d'anxiété. Ça a été démontré scientifiquement.
Instagram, c'est vraiment l'un, soit dit en passant. Alors, vous le remarquerez, je ne suis plus trop actif dessus. Le problème d'Instagram, c'est que vous vous comparez au top 0,1 % des hommes les plus beaux, comme mon pote à Polytechnique, et c'est pire que ça, parce que vous vous comparez à eux au meilleur moment de leur journée.
C'est-à-dire qu'eux-mêmes ne peuvent pas se comparer, même tellement ils étaient au pic au moment où ils ont pris la photo. D'ailleurs, j'ai vu un type dire qu'il était obligé, justement, de prendre des produits pour arriver à garder le même physique qu'ils avaient avant. En fait, c'est un truc de malade.
Mais c'est même pire que ça. Sur Instagram, vous vous retrouvez dans un milieu restreint, dans un espace restreint, avec une proportion anormalement élevée de personnes ultra stylées, largement au-dessus de la moyenne sur le plan du physique, en tout cas, et surtout dont vous vous sentez relativement proche. Il y a un sentiment de proximité qui s'installe avec ces gens-là, puisque vous avez l'impression que ce sont vos amis.
On peut facilement les contacter, vous êtes proche d'eux, vous les voyez parfois plus que vos propres amis. Sauf que ces gens-là, contrairement à vos amis, ils sont complètement désincarnés. Alors que quand vous effectuez une comparaison ascendante dans le monde réel avec des modèles réels, c'est totalement différent, et c'est déjà beaucoup plus simple pour deux raisons.
La première, c'est que vos modèles dans le monde réel, ils sont rares. Les gens exceptionnels, par définition, sont rares. Donc, je peux essayer de leur ressembler, mais si je n'y arrive pas, ça ne fera pas pour autant de moi un raté, puisque par définition, je ne serai que dans la moyenne.
Alors, lorsque je me compare sur Instagram, si j'échoue à ressembler à l'exception, c'est que je suis un raté. Parce qu'on ne les voit pas, ils sont invisibles : tous les gens dans la moyenne ! La deuxième raison, c'est que ces potes-là, ces modèles-là dans mon quotidien, à qui je me compare, je les connais.
Je les vois en chair et en os, donc je connais leurs défauts, je connais leurs faiblesses, je connais leurs complexes. Donc ça me permet d'avoir une comparaison beaucoup plus saine, parce que même s'ils sont meilleurs que moi sur un domaine, et que ça peut me pousser à essayer d'être meilleur que ce que je suis actuellement, je vois bien qu'ils sont moins bons sur d'autres domaines. On va reprendre une étude, plusieurs études qui ont été menées sur des patients atteints de maladies graves pour essayer de comprendre comment effectuer de bonnes comparaisons ascendantes et descendantes.
Ces études ont été menées, par exemple, sur des patientes atteintes du cancer du sein, et dans ces études, ils ont réussi à montrer que le type de comparaison auquel s'adonnaient les patientes avait un énorme impact sur leur psychologie, sur leur niveau de dépression, sur leur optimisme. Et dieu sait que l'état mental, c'est crucial dans la guérison, notamment pour des maladies comme le cancer. Donc ce qui se passait, c'est qu'on présentait à des patientes des interviews d'autres patientes atteintes de la même maladie qu'elles, qui étaient soit à un niveau plus grave que le leur, soit en phase de guérison, donc à un niveau supérieur au leur et étaient en meilleure forme, soit neutres, soit au même niveau qu'elles.
Donc vous le comprenez, une manière de mettre la patiente soit dans une condition de comparaison descendante lorsqu'elle va écouter une patiente qui va moins bien qu'elle, soit dans une . . .
Situation de comparaison ascendante : lorsqu'on a une patiente qui va mieux, quelques-unes s'en sortent mieux. Quelle comparaison ascendante par rapport à l'eau ! Donc, ce qui se passe, c'est que les patientes en situation de comparaison descendante avaient tendance à ressentir plus d'affect négatif.
Elles se sentaient moins bien après avoir visionné l'interview qu'avant, sauf si l'expérimentateur insistait sur les différences qui existaient entre la participante et la patiente avec laquelle elle se comparait. Cela dit, ils ont créé un effet contraste entre les deux. La comparaison descendante est malsaine, sauf si on crée un contraste avec la personne avec qui on se compare.
Par exemple, si je me coupe Rannikko, cas d'orteils de vos cadeaux, en me répétant que de toute manière moi, je suis français, Gilles, rien à voir avec lui parce que oui, il a une morphologie de handballeur. Moi, de toute manière, j'ai une morphologie ectomorphe, etc. Dans ces cas-là, la comparaison descendante me fera du bien.
Maintenant, si on se met dans l'autre condition, c'est-à-dire la participante qui se compare et qui écoute des interviews d'autres patientes qui l'ont guérie et qui vont beaucoup mieux, alors dans ces cas-là, les affects sont beaucoup plus positifs. La personne était plus optimiste, elle rapportait un sentiment de joie, mais à condition que l'expérimentateur insiste bien sur les points communs entre la participante et la patiente qui a commencé à guérir. C'est sacré, donc c'est ce qu'on appelle un effet d'assimilation.
Pour résumer, à la fois lorsqu'on est atteint de maladies graves, mais de manière générale, il vaut mieux effectuer des comparaisons descendantes de type contraste sur le court terme pour se sentir mieux, et des comparaisons ascendantes de type assimilationniste pour aller mieux et pour être plus optimiste. Dernière chose à dire sur cette étude que je trouvais très intéressante et très importante, qui peut vraiment vous aider, je pense, c'est que les femmes qui effectuaient le plus de comparaisons ascendantes étaient aussi celles qui avaient la plus grande estime d'elles-mêmes, la plus grande estime de soi, et qui rapportaient avoir un sentiment de contrôle plus important sur leur propre vie. En fait, le lien est assez évident : on fait plus de comparaisons ascendantes lorsque l'on considère que l'on a un contrôle sur cette caractéristique sur laquelle on se compare.
Puisque j'ai un contrôle sur cette caractéristique, je n'ai pas de douleurs à me comparer à des gens qui sont meilleurs que moi sur cette caractéristique parce que je sais que je vais les rattraper un jour ou l'autre. Faites bien attention à qui vous faites rentrer dans votre vie, que ce soit dans le réel ou dans le virtuel. Les gens que vous regardez au quotidien, vous vous comparez à eux.
Les gens que vous regardez sur votre écran, vous vous comparez à eux. Et vous avez tendance à penser que ce sont vos amis. "I'm not your friend.
" Non, je rigole. Moi, je suis votre pote. C'est ce que je dis à toutes les meufs d'heure.
La deuxième chose que je dirais, c'est faites attention au type de comparaison. On l'a vu, la comparaison ascendante peut littéralement vous écraser, vous faire tomber en dépression, augmenter votre niveau d'anxiété. Mais la comparaison descendante, plus insidieuse, peut s'installer dans votre quotidien, vous pousser à l'inaction, vous paralyser et faire de vous une vraie larve.
Il faut arriver à accepter, je pense, le niveau d'inconfort qui existe lorsque l'on fait une comparaison ascendante. Il faut l'accepter sur le court terme, ça fait un peu mal, c'est comme la muscu, mais sur le long terme, c'est bénéfique et c'est surtout le seul moyen de progresser. En fait, on ne peut pas progresser si l'on s'aime tel que l'on est, soi-même, là, tout de suite, maintenant.
On l'avait déjà dit dans la vidéo sur la virilité : c'est l'insatisfaction du statu quo qui nous pousse à l'action. C'est parce que je ne m'aime pas là maintenant que je vais tout faire pour avancer. Et comme je refuse de terminer cette vidéo avec un discours à l'américaine, je vais finir avec une citation d'un Français, de chez nous, bien de chez nous, qui s'appelle Alexis Carrel : "L'homme ne peut se transformer sans souffrance, car il est à la fois le sculpteur et le marbre.