Dans la vie, les choses ne sont pas toujours ce qu'elles semblent être. On a l'impression de vivre dans un monde solide, stable, prévisible. Le sol sous nos pieds semble immobile.
Le temps semble s'écouler de manière unique pour tout le monde. Et pourtant, la réalité est souvent plus étrange, plus mystérieuse et plus fascinante que ce qu'on pourrait imaginer. Ce que j'aime avec la science, c'est que ça nous donne en quelque sorte des lunettes.
Des lunettes qui nous permettent de voir le monde tel qu'il est vraiment, au-delà des apparences. Grâce à la science, on sait que la matière qui nous compose est faite de vide à 99,99 %. On sait que les atomes qui forment notre corps ne se touchent jamais vraiment, qui sont maintenus à distance par des forces électromagnétiques.
On sait que le temps ne semble pas s'écouler de la même manière selon l'observateur, qu'il semble ralentir à proximité d'une masse ou quand on se déplace très vite. Les astronautes de la station spatiale internationale vieillissent légèrement moins vite que nous sur Terre parce qu'ils se déplacent à 28000 km par. C'est un film.
quelques millisecondes sur une mission de 6 mois, mais c'est réel et mesurable. Et puis il y a l'espace. L'espace lui-même n'est pas une scène de théâtre vide et immuable.
C'est pas un contenant rigide dans lequel les objets se déplacent. C'est une sorte de tissu élastique qui peut se courber, se tordre, vibrer. La gravité, cette force qui nous colle au sol, n'est pas vraiment une force.
C'est une courbure de l'espace-temps lui-même. La Terre ne nous attire pas vers elle. Elle déforme l'espace-temps autour d'elle et nous suivons cette courbure.
En fait, nous tombons en quelque sorte vers le centre de la Terre mais le sol nous empêche de continuer. Et l'une des idées les plus folles qui a émergé de cette nouvelle vision du monde, c'est que ce tissu d'espace-temp pourrait avoir des trous, des tunnels, des raccourcis, en quelque sorte, des sortes de ponts entre deux régions de l'univers. Ce sont ces objets qu'on appelle des trous de verre, des raccourcis à travers le cosmos, des moyens de voyager d'une étoile à une autre sans passer des millénaires dans un vaisseau spatial.
Parce que c'est aussi ça le problème de l'exploration spatiale. Les distances sont immenses. L'étoile la plus proche, Proxima du Sentor est à 4,2 années lumière.
Avec nos technologies actuelles, il faudrait des dizaines de milliers d'années pour l'atteindre. Et ça c'est juste l'étoile la plus proche. La galaxie d'Andromède est à 2,5 millions d'années lumières.
L'univers observable a un rayon de 46 milliards d'années lumière. À la vitesse de la lumière, limite absolue selon Einstein, il faudrait des milliards d'années pour explorer ne serait-ce qu'une fraction du cosmos. L'idée qu'on puisse tricher avec les règles de l'univers, qu'on puisse contourner la limite de la vitesse de la lumière en pliant l'espace-temp sur lui-même est une idée assez intrigante.
Et elle n'est pas née dans l'esprit d'un auteur de science-fiction, elle est née dans les équations d'Instein et son histoire est aussi fascinante que l'objet lui-même. Mais juste avant de continuer cette vidéo, je voudrais vous parler rapidement du sponsor du jour. Si l'intelligence artificielle vous intrigue, alors ça devrait vous intéresser.
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Tout commence en 1915. Albert Einstein vient tout juste de publier la théorie de la relativité générale. C'est l'aboutissement de 10 ans de travail acharné.
une nouvelle théorie de la gravité qui ne la décrit plus comme une force mystérieuse, agissant à distance, mais comme une courbure de l'espace-temps. Les objets massifs comme le Soleil déformment l'espace-temps autour d'eux et les autres objets comme la Terre ne font que suivre les lignes de cette courbure. C'est une révolution, c'est un changement complet de paradigme.
Mais les équations d'Ingstein sont incroyablement complexes. Lui-même n'arrive à les résoudre que de manière approximative. Quelques mois plus tard, un physicien allemand du nom de Carl Schwarteld, au plein milieu de la Première Guerre mondiale sur le front russe trouve la première solution exacte aux équations d'Instein.
Schwarchield est un prodige. À 16 ans, il publiait déjà des articles sur la mécanique céleste. À 40 ans, il est directeur de l'observatoire de Potsdam, l'un des plus prestigieux d'Europe.
Mais en 1914, malgré son âge et son statut, il s'engage volontairement dans l'armée allemande. Il veut servir son pays. Alors, il se retrouve sur le front de l'Est dans des conditions terribles, le froid, la boue, les bombardements.
Et c'est là entre deux bombardements qu'il résout les équations d'Instein. Il envoie ses résultats à Einstein dans une lettre datée du 22 décembre 1915. Einstein est stupéfait.
Il n'aurait jamais cru que quelqu'un puisse trouver une solution exacte aussi vite. Il présente les travaux de Schwarchill à l'Anémie prussienne des sciences en janvier 1916. Mais cette solution contient une étrangeté, une singularité.
Un point où la courbure de l'espace-temps devient infinie, un point où les lois de la physique semblent s'effondrer. Un point qu'on appellera plus tard un trou noir. Schwarschield ne verra jamais les implications de sa découverte.
Il meurt quelques mois plus tard, en mai16, d'une maladie autoimmune contractée sur le front. Il avait 42 ans. Sans doute l'un des plus grands esprits de son époque fauché par la guerre.
Il ne saura jamais que sa solution allait révolutionner notre compréhension de l'univers, qu'elle allait mener à la découverte des trous noirs, des ondes gravitationnel et peut-être un jour des trous de verre. Quelques mois après, un autre physicien, Ludwich Flame se penche sur cette solution. Il veut la visualiser, comprendre à quoi ressemble l'espace-temps autour d'un objet massif.
Mais comment visualiser une structure à quatre dimensions ? L'espace-temps a trois dimensions d'espace et une dimension de temps. Notre cerveau n'est pas équipé pour imaginer ça.
Flame utilise une astuce. Il supprime deux dimensions. Il ne garde qu'une tranche d'espace, un instant figé et il représente cette tranche en 2D plongée dans cet espace en 3D.
C'est ce qu'on appelle un prolongement et ce qu'il obtient ressemble à un anonir. L'espace est plat, loin de l'objet massif mais il se courbe de plus en plus à mesure qu'on s'approche comme un drap tendu sur lequel on poserait une boule de bowling. Mais Flame remarque quelque chose d'étrange.
Si l'objet massif est suffisamment compact, si toute sa masse est concentrée dans un volume suffisamment petit, l'entonoir ne s'arrête pas. Il continue et il semble se connecter à un autre enton noir inversé, un deuxième univers ou une autre région du même univers. Un point, un raccourci.
Imaginez, au lieu de creuser toute la pomme, le verre creuse un tunnel direct. Il arrive de l'autre côté en quelques secondes au lieu de plusieurs minutes. Et bien, c'est exactement ça.
Un trou de verre, un tunnel à travers l'espace-temp. C'est la première mention de ce qui deviendra un trou de vert. Mais à l'époque, personne ne prend ça au sérieux.
C'est une curiosité mathématique, rien de plus. En 1935, Einstein lui-même avec son assistant Nathan Rosen redécouvre cette solution. Il l'analyse en détail et il publie un article sur ce qu'ils appellent le pont d'Einstein Rosen.
Un tunnel qui relie deux régions de l'espace-temps. Un trou de verre, même si le terme n'existe pas encore. C'est le physicien John Willer qui l'inventera en 1955 par analogie avec un verre qui creuse un tunnel dans une pomme pour aller plus vite de l'autre côté.
Willer était un maître des métaphores. C'est aussi lui qui inventait le terme trou noir. Il avait le don de rendre des concepts abstrait plus accessible au grand public.
Et le trou de verre, c'est l'expression qui est restée. Mais Einstein et Rosen se rendent compte d'un problème. Ce pont est instable, extrêmement instable.
Il se forme et se referme si vite qu'absolument rien. Même pas la lumière ne peut le traverser. C'est un objet purement mathématique, une solution aux équations certes, mais une solution qui ne correspond à rien de réel.
Et en 1967, un résultat tombe comme un coup prè, le théorème de censure topologique. Ce théorème démontré dans le casre de la relativité générale dit quelque chose de très simple et de très cruel. Toute structure de type trou de verre devra se censurer automatiquement.
Ça veut dire qu'elle va se refermer sur elle-même pour tout observateur qui tente de l'atteindre. C'est comme si l'univers avait une sorte de gardien, un mécanisme de protection qui empêche quiconque de tricher avec les règles du jeu. Le problème, c'est la gravité elle-même.
Un trou de verre par sa nature est une structure qui courbe l'espace-temps de manière extrême. Et cette structure génère une attraction gravitationnelle. Une attraction qui fait s'effondrer le tunnel sur lui-même plus vite que la lumière ne peut le traverser.
C'est un piège parfait, un raccourci qui se détruit avant même qu'on puisse l'emprunter. Pendant des décennies, les trous de vert restent dans les limbes de la physique théorique. Un objet mathématiquement légitime mais physiquement inaccessible.
Une porte fermée à double tour. Les physiciens finissent par passer à autre chose. Les trous noirs, eux, deviennent les stars.
On découvre qu'ils existent vraiment, qu'ils sont au centre de chaque galaxie, qu'ils dévorent la matière et émettent des jets de plasma. Les trous de verre, eux, semblent condamnés à rester de la science-fiction. Jusqu'à ce qu'un auteur de science-fiction justement pose la bonne question au bon physicien.
Il faut attendre les années 80 pour que l'idée soit ressuscitée et elle est ressuscitée par un film. Le physicien Kipthorn, l'un des plus grands experts mondiaux de la relativité générale est consultant scientifique pour le film Contact adapté du roman de Carl Sagan. Dans le scénario, l'héroïne voyage à travers la galaxie en utilisant un trou de verre.
Sagan demande à Thorn si c'est plausible. Thorn aurait pu répondre que non. Il aurait pu citer le théorème de censure topologique, expliquer que les trous de verre s'effondrent et que c'est impossible.
Mais Thorn est un scientifique curieux. Il se pose la question autrement. Sous quelle condition un trou de verre pourrait être traversable ?
Et il se met au travail. Avec ses étudiants Michael Maurice et Ulvy Gursiver, il cherchent une solution aux équations d'Instein qui décrirait un trou de verre stable et traversable. Un trou de verre qui ne s'effondre pas.
Un trou de vert qu'on pourrait traverser dans les deux sens. Un trou de verre qui ne vous tuerait pas au passage et ils en trouvent une, le trou de verre de Moristorn. Ce trou de verre est élégant.
Il n'a pas de singularité, il n'a pas d'horizon des événements. Il est parfaitement stable dans le temps. Il ne génère pas de gravité, ce qui signifie qu'on peut rester immobile à côté sans être attiré.
On peut le traverser dans les deux sens. On peut même voir à travers, observer les étoiles de l'autre côté. Avant de s'y aventurer, imaginez, vous êtes devant un trou de verre, vous regardez dedans et vous voyez une autre galaxie a des millions d'années lumière.
Vous faites un pas et vous y êtes. Le voyage interstellaire pourrait devenir possible, mais il y a un prix à payer, un prix exorbitant. Pour maintenir ce trou de verre ouvert, il faudrait une énorme quantité de matière ou d'énergie très particulière.
Une matière qui a une masse négative, une énergie négative, une sorte d'antigravité. une substance qui au lieu d'attirer les objets les repousse. On appelle ça de la matière exotique.
Le problème c'est que cette matière exotique n'a jamais été observée. Ça viole complètement toutes les lois de la physique que nous connaissons. Elle permettrait de créer des machines à mouvement perpétuel, de remonter le temps, de violer le principe de causalité.
La plupart des physiciens pensent qu'elle ne peut pas exister. Cette quête du trou de verre parfait a inspiré d'autres physiciens. Mat Visser en 1989 a imaginé des trous de verre avec des formes géométriques inhabituelles, cubiques, polyhédriques.
L'idée était de minimiser la quantité de matière exotique nécessaire en jouant sur la géométrie. Mais impossible de s'en passer complètement. En 2014, Kiptorn est de nouveaux consultants scientifiques pour un film mais cette fois c'est Christopher Nolan et Interstellar.
Et Thorn veut que le trou de vert du film soit scientifiquement exact. Pas une approximation, pas une simplification, une vraie chose. Il travaille avec l'équipe d'effets spéciaux du film, leur fournit les équations et pour la première fois de l'histoire du cinéma, un trou de verre est visualisé de manière rigoureusement scientifique.
Le résultat est spectaculaire. Déjà, c'est une sphère, pas un disque parce qu'un trou de vert est un objet en trois dimensions, pas en deux. Une sphère qui déforme la lumière et les étoiles environnantes.
Une sphère à travers de laquelle on peut voir les étoiles de l'autre côté déformé, étiré comme vu à travers une lentille. Ce travail a même donné lieu à des publications scientifiques. Et en visualisant le trou de verre avec une précision sans précédent, l'équipe a découvert des phénomènes optiques que personne n'avait anticipé.
La science-fiction a fait avancer la science, mais Interstellar va plus loin. Le fil montre aussi ce qu'on verrait en traversant le trou de verre. Les étoiles s'étirent, se déformment, l'horizon qui se courbe, la lumière qui fait des choses impossibles et à la sortie un nouveau système stellaire avec des nouvelles planètes, des nouvelles possibilités.
Le film a touché des millions de spectateurs. Il a donné à des générations entiers l'envie de comprendre la physique. Il a montré que la science pouvait être aussi spectaculaire, aussi émouvante, aussi incroyable que n'importe quelle science-fiction.
Mais derrière les images spectaculaires, il y a toujours ce problème, cette matière exotique, cet ingrédient impossible. On va s'arrêter 5 minutes sur cette fameuse matière exotique, cette énergie négative dont on a besoin pour stabiliser un trou de verre traversable. Est-ce que ça pourrait exister ?
Et bien en fait oui mais en très petite quantité. L'effet Casimir découvert en 1948 par le physicien néerlandais Hendring Casimir montre que le vide quantique n'est pas vraiment vide. Il est rempli de fluctuation de particules virtuelles qui apparaissent et disparaissent en permanence.
Dans certaines configurations, ces fluctuations peuvent créer une pression négative, une sorte d'énergie négative. L'expérience est simple à décrire. Prenez deux plaques métalliques parfaitement parallèles, très proches l'une de l'autre à quelques micromètres.
Entre les plaques, certaines fluctuations du vide sont supprimées parce qu'elles ne rentrent pas dans l'espace disponible. C'est comme si certaines longueurs d'onde étaient interdites. À l'intérieur des plaques, ces toutes petites fluctuations sont présentes.
Résultat, il y a plus de pression à l'extérieur qu'à l'intérieur. Les plaques sont poussées l'une vers l'autre. Ça c'est l'effet Casimir et la région entre les plaques a effectivement une densité d'énergie négative et ça c'est assez contreintuitif.
Comment est-ce qu'on peut dire qu'il y a moins d'énergie que dans le vide ? Le vide par définition c'est rien. Alors comment est-ce qu'il peut y avoir moins que rien ?
Et bien c'est précisément ce que la mécanique quantique nous dit. Le vide n'est pas vraiment vide. Il a une énergie de base, une énergie du point zéro.
Et dans certaines configurations, on peut descendre en dessous de cette énergie de base. On peut avoir une énergie négative par rapport au vide. L'effet Casimir a été vérifié expérimentalement.
Il est réel. L'énergie négative existe, mais le problème c'est que cette énergie négative est infime, incroyablement infime. Pour stabiliser un trou de verre d'un cm de diamètre, il faudrait une quantité de matière exotique équivalent à deux fois la masse de terre en matière exotique.
Matière qu'on ne sait pas produire et qu'on ne sait même pas si on peut la produire. Et pour un trou de verre assez grand pour faire passer un vaisseau spatial entier, et bien les chiffres deviennent astronomiques. Des masses équivalentes à des étoiles, des quantités d'énergie qui dépassent tout ce que l'humanité ne pourra jamais produire.
Le rêve du voyage intercellaire semble s'effondrer à nouveau. Les trous de verre traversables semblent possibles en théorie mais nécessitent un ingrédient qui semble impossible à trouver en réalité. Mais attendez, il y a peut-être une autre solution.
Et si on ne cherchait pas à créer des trous de verre ? Ici, on cherchait plutôt des trous de verre qui existent déjà. pas à l'échelle macroscopique, pas sous forme de tunnel géant reliant des galaxies, mais à l'échelle microscopique, à l'échelle quantique.
Et si les trous de vert étaient déjà partout autour de nous sans qu'on le sache ? Et c'est là que l'histoire pour un tournant inattendu. Un tournant qui nous amène dans le monde étrange de la physique quantique.
En 1935, la même année où il publiait son article sur les trous de vert, Einstein avec deux autres physiciens Boris Podolski et Nathan Rosen publier un autre article encore plus célèbre. Un article sur ce qu'ils appelaient l'action fantôme à distance. L'intrication quantique.
L'intrication, c'est le fait que deux particules peuvent être liées d'une manière si profonde que même si elles sont séparé à des milliards de kilomètres, elles se comportent comme si c'était qu'un seul et même système. Si vous mesurez une propriété de l'une, vous connaissez instantanément la même propriété de l'autre. Pas après un délai, mais instantanément.
C'est comme si l'information voyageait plus vite que la lumière. Einstein détestait cette idée. Pour lui, c'était pas possible.
C'était la preuve que la mécanique quantique était incomplète. Il a passé les 20 dernières années de sa vie à essayer de prouver que l'intrication n'était pas réelle, qu'il y avait des variables cachées qui expliquaient le phénomène et il a échoué. L'intrication quantique est bien réelle.
Elle a été vérifiée par d'innombrables expériences. On peut même créer des paires de photons intriquées en laboratoire. On peut les séparer, les envoyer à des kilomètres de distance et quand on mesure l'un, on connaît instantanément l'état de l'autre.
C'est la base de la cryptographie quantique, de l'informatique quantique et de la téléportation quantique. En 2022, le prix Nobel de physique est décerné à Alain Asp et plusieurs autres collègues pour leurs travaux sur l'intrication quantique. Mais comment est-ce possible ?
Comment est-ce que deux particules peuvent être corrélées instantanément et à distance ? Le problème, c'est qu'on se pose la mauvaise question. On imagine deux particules séparées qui s'envoient un signal, deux entités distinctes qui communiquent.
Mais et si c'était pas deux particules ? Et si c'était une seule et même particule qui se trouvait à deux endroits en même temps ? Et c'est là que les trous de vert reviennent dans le devant de la scène.
En 2013, deux géants de la physique théorique, Leonard Suskin de Stanford et Juan Maldaena de Princeton ont proposé une idée révolutionnaire. Une idée qui pourrait changer notre compréhension de l'univers. Elle est connue sous le nom de la conjecture ER = EPR.
er pour Einstein Rosen, le trou de verre et EPR pour Einstein Podolski Rosen, l'intrication. Et si c'était la même chose ? Et si ces deux particules intriquées étaient en fait deux extrémités d'un même minuscule trou de verre ?
En fait, dans cette idée, les deux particules ne communiqueraient pas plus vite que la lumière. En fait, elle serait connectée par un trou de verre dans l'espace-temps. Ce serait la même particule en quelque sorte vue à deux endroits différents.
Pour donner une image, c'est un petit peu comme si une particule était coincée dans un trou de verre avec un bout qui dépasse d'un côté et l'autre bout qui dépasse de l'autre. L'action fantôme à distance ne serait plus un fantôme, ce serait géométrique. Einstein sans le savoir aurait découvert deux fois la même chose en 1935.
Le pont d'Engstein Rosan et le paradoxe EPR serait deux phases d'une même pièce, ce qui serait ironique parce que Einstein détestait l'intrication quantique. Il appelait du coup l'action fantôme à distance parce qu'il pensait que c'était la preuve que la mécanique quantique était incomplète. Et pourtant, c'est peut-être lui qui a découvert l'explication de cette action fantôme sans s'en rendre compte.
Cette conjecture n'est pas prouvée, elle reste très spéculative, mais elle ouvre des perspectives assez fascinantes parce que ça suggère que l'espace-temps lui-même pourrait émerger de l'intrication quantique, que la géométrie de l'univers serait tissé par des corrélations quantiques, que les trous de verre ne seraient pas des objets exotiques et rares, mais la structure fondamentale de la réalité à l'échelle microscopique. C'est une idée qui change tout. Si ER = EPR est vrai, alors tous les trous de verre ne sont pas des objets qu'on doit créer.
Ils sont déjà là partout. Chaque paire de particules intriquées est connectée par un trou de verre. Il y a des milliards de milliards de particules intriquées dans l'univers.
L'espace-temps lui-même serait tissé de trou de verre microscopique, bien trop petit pour qu'une particule de lumière puisse passer. Mais leur existence change notre conception de l'univers parce que ça suggère que l'espace-temps n'est pas fondamental, qu'il émergerait de quelque chose de plus profond de l'intrication quantique. Et si on pouvait d'une manière ou d'une autre agrandir ces troues vert, les stabiliser, les rendre traversables, et bien ça c'est de la spéculation bien sûr, mais c'est une spéculation qui repose sur des bases théoriques solides et c'est ce qui rend l'idée fascinante.
Un trou de verre ne relie pas seulement deux points de l'espace, ça relie deux points de l'espace-temps. Ce qui signifie qu'il pourrait aussi relier deux instants différents. Un trou de verre pourrait être une machine à remonter dans le temps.
Kiptonorn, encore lui, a montré comment est-ce qu'on pourrait transformer un trou de verre en machine à remonter dans le temps. L'idée est élégante. Ça repose sur un phénomène bien connu de la relativité restreinte, la dilatation du temps.
Quand vous vous déplacez très vite, le temps est ralenti pour vous par rapport à un observateur extérieur. C'est en fait expérimental, vérifié et des milliers de fois. Les horloges des satellites GPS doivent être corrigées pour tenir compte de ces effets.
Si une extrémité d'un trou de verre voyage à une vitesse proche de celle de la lumière pendant 1 an puis revient, elle aura vieilli d'un an. Mais l'autre extrémité sera restée immobile. Elle aura vieilli de plusieurs années.
Les deux bouts du trou de verre seront maintenant à des époques différentes. Entrer par un bout, sortir par l'autre et se retrouver dans le passé ou dans le futur selon le sens dans lequel vous traversez. Mais ça, ça pose des problèmes, des paradoxes.
Le plus célèbre, c'est le paradoxe du grand-père. Imaginez que vous construisez une machine à voyager dans le temps. Vous remontez le temps en 1920.
Vous trouvez votre grand-père, jeune homme avant qu'il ne rencontre votre grand-mère et vous le tuez. Que se passerait-il ? Et bien, votre grand-père serait mort.
Donc, il ne rencontrera jamais votre grand-mère. Votre père ne naîterra jamais et vous, vous ne naîtrez jamais. Mais si vous n'existez pas, vous ne pouvez pas construire une machine à voyager dans le temps et donc vous ne pouvez pas remonter le temps en 1920.
Vous ne pourrez pas tuer votre grand-père, il survit et donc vous existez et donc vous pouvez le tuer et ainsi de suite à l'infini. C'est une boucle logique sans issue, une contradiction fondamentale. Il y aurait plusieurs solutions à ce paradoxe.
La plus élégante est peut-être celle d'un univers parallèle. Quand vous remontez le temps, vous ne remontez pas dans votre propre passé. Vous créerez une nouvelle branche d'univers.
Votre grand-père meurt mais dans un autre univers. Dans le vôtre, il est toujours vivant. C'est l'interprétation d'Everette ou les mondes multiples.
Chaque fois que vous prenez une décision, l'univers se divise. Dans une branche, vous avez tourné à gauche, dans l'autre, vous avez tourné à droite. Les deux versions de vous continuent d'exister, mais dans des univers parallèles qui ne se touchent jamais.
Si cette interprétation est correcte, le voyage dans le temps ne crée pas de paradoxe, il crée simplement de nouvelles branches. Stephen Hawking avait une autre idée en tête. Il a proposé ce qu'il appelait la conjecture de protection chronologique.
L'idée que les lois de la physique conspirent pour empêcher le voyage dans le temps. Que chaque fois qu'on essaie de construire une machine à voyager dans le temps, quelque chose se passe pour l'empêcher d'exister. Dans le cas d'un trou de vert, ce quelque chose pourrait être les fluctuations quantiques du vide.
Quand on essaie de créer une boucle temporelle avec un trou de vert, les particules virtuelles du vide quantique peuvent circuler dans cette boucle. Elles peuvent faire le tour, revenir à leur point de départ et inférer avec elle-même. Ces interférences s'accumulent, l'énergie augmente et un moment l'énergie devient si grande qu'elle détruit le trou de verre.
L'univers en quelque sorte se protège lui-même contre les paradoxes temporels. C'est une idée séduisante mais c'est pas prouvé. Et certains physiciens pensent qu'il pourrait y avoir des moyens de contourner cette protection.
Mais même si le voyage dans le temps est impossible, même si l'univers se protège contre les paradoxes, le simple fait que les équations l'autorisent, c'est fascinant. Ça nous dit quelque chose sur la nature du temps. Le temps n'est pas une flèche qui va toujours dans le même sens.
C'est une dimension comme l'espace. Une dimension qu'on pourrait en théorie parcourir dans les deux sens. Les trous de verre nous rappellent que notre intuition du temps est probablement fausse, que le passé, le présent et le futur ne sont peut-être pas aussi distinctes qu'on le croit, que l'univers est plus étrange, plus malléable, plus ouvert aux possibilités que notre expérience quotidienne le suggère.
Et c'est peut-être ça au fond, la leçon des trous de verre. Pas qu'on va les utiliser un jour, pour l'instant, on en est absolument pas là. mais de voir à quel point grâce à des équations, on peut voir, entrevoir des pendre la réalité qui nous sont pour l'instant inaccessible et que même les équations nous aident à savoir quoi chercher et où chercher, nous aident à entrevoir ce qui pourrait être possible, d'ouvrir des portes qui nous semblaient inaccessibles.
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