En ce mardi de la 4e semaine de Carem, la liturgie nous invite à contempler l'eau vive qui jaillit du temple et la guérison de l'homme paralysé. Dieu ne veut pas seulement nous consoler, il veut nous relever. Écoutons sa parole et laissons-nous toucher par sa grâce qui redonne vie.
Lecture du livre du prophète Ézéchiel. En ces jours-là, au cours d'une vision reçue du Seigneur, l'homme me fit revenir à l'entrée de la maison. Et voici, sous le seuil de la maison, de l'eau jaillissait vers l'Orient, puisque la façade de la maison était du côté de l'Orient.
L'eau descendait de dessous le côté droit de la maison, au sud de l'hôtel. L'homme me fit sortir par la porte du nord et me fit faire le tour par l'extérieur jusqu'à la porte qui fait face à l'Orient. Et là encore, l'eau coulait du côté droit.
L'homme s'éloigna vers l'Orient, un cordau à la main, et il mesura une distance de 1000 coudés. Alors, il me fit traverser l'eau. J'en avais jusqu'aux chevilles.
Il mesura encore 1000 coudés et me fit traverser l'eau. J'en avais jusqu'au genou. Il mesura encore 1000 coudés et me fit traverser.
J'en avais jusqu'au rein. Il en mesura encore 1000. C'était un torrent que je ne pouvais traverser.
L'eau avait grossi, il aurait fallu nager. C'était un torrent infranchissable. Alors, il me dit : "As-tu vu fils d'homme ?
" Puis il me ramena au bord du torrent. Quand il m'eut ramené, voici qu'il y avait au bord du torrent de chaque côté des arbres en grand nombre. Il me dit cette eau coule vers la région de l'Orient.
Elle descend dans la vallée du Jourdain et se déverse dans la mer morte dont elle assaignit les eaux. En tout lieu où parviendra le torrent, tous les animaux pourront vivre et foisonnés. Le poisson sera très abondant car cette eau assignit tout ce qu'elle pénètre et la [musique] vie apparaît en tout lieu où arrive le torrent.
Au bord du torrent, sur les deux rives, toutes sortes d'arbres fruitiers pousseront. Leur feuillage ne se flétrira pas et leurs fruits ne manqueront pas. Chaque mois, ils porteront des fruits nouveaux, car cette eau vient du sanctuaire.
Les fruits seront une nourriture et les feuilles un remède. Parole du Seigneur. Dieu est pour nous refuge et force.
Secours dans la détresse toujours offert. Nous serons sans crainte si la terre est secouée, si les montagnes s'effondrent au creux de la mer, le fleuve, ses bras réjouissent la ville de Dieu, la plus sainte des demeures du trèshaut. Dieu s'y tient, elle est inébranlable.
Quand Renaît le matin, Dieu la secours. Il est avec nous, le Seigneur de l'univers. Citadelle pour nous, le Dieu de Jacob.
Venez et voyez les actes du Seigneur. Il détruit la guerre jusqu'au bout du monde. Évangile de Jésus-Christ selon Saint-Jean.
À l'occasion d'une fête juive, Jésus monta à Jérusalem. Or, à Jérusalem, près de la porte des brebis, il existe une piscine qu'on appelle en Hébreux Betsin colonades sous lesquelles étaient couché une foule de malades, aveugle, boîteux et impotent. Il y avait là un homme qui était malade depuis 38 ans.
Jésus le voyant coucher là et apprenant qu'il était dans cet état depuis longtemps lui dit : "Veux-tu être guéri ? " Le malade lui répondit : "Seigneur, je n'ai plonger dans la piscine au moment où l'eau bouillonne. Et pendant que j'y vais, un autre descend avant moi.
" Jésus lui dit : "Lève-toi, prends ton brancard et marche. " Et aussitôt l'homme fut guéri. Il prit son brancard, il marchait.
Or, ce jour-là était un jour de sabbat. Les Juifs dirent donc à cet homme que Jésus avait remis sur pied, c'est le sabbat. Il ne t'ai pas permis de porter ton brancard.
Il leur répliqua : "Celui qui m'a guéri, c'est lui qui m'a dit : "Prends ton brancard et marche. " Ils l'interrogèrent. Quel est l'homme qui t'a dit "Prends ton brancard et marche ?
" Mais celui qui avait été rétabli ne savait pas qui c'était. En effet, Jésus s'était éloigné car il y avait foule à cet endroit. Plus tard, Jésus le retrouve dans le temple et lui dit : "Te voilà guéri, ne pêche plus.
Il pourrait arriver quelque chose de pire. L'homme partit annoncer aux juifs que c'était Jésus qui l'avait guéri. Et ceci persécutait Jésus parce qu'il avait fait cela le jour du sabbat.
Acclamons la parole de Dieu. La parole de Dieu aujourd'hui nous parle d'eau et de guérison. Elle nous parle de vie qui renait là où tout semblait sec, fermé, presque mort.
Et si nous prenons le temps d'entrer vraiment dans ces textes, nous découvrons qu'il parle directement de notre cœur. Dans la première lecture, le prophète Ézéchiel voit de l'eau sortir du temple. Ce détail est très important.
L'eau ne vient pas de la pluie, ni d'une source ordinaire. Elle vient du lieu où Dieu demeure. Elle vient du sanctuaire.
Elle vient de Dieu lui-même. Au début, c'est presque rien. Un mince filet d'eau qui coule sous le seuil.
On pourrait ne pas y prêter attention, mais cette eau ne cesse de grandir. 1000 coué, elle arrive aux chevilles, 1000 autres au genoux, encore 1000 jusqu'au rein. Puis elle devient un torrent impossible à traverser.
Cette progression est très belle. Elle nous montre comment Dieu agit dans une vie. Il ne nous envahit pas brutalement.
Il commence doucement. Il respecte notre rythme. Il entre petit à petit.
Au début, nous gardons encore le contrôle. L'eau aux chevilles, on peut encore marcher comme on veut. Au genoux, cela devient plus difficile.
Au rein, nous sentons que quelque chose change. Et quand le torrent devient profond, nous ne pouvons plus poser le pied au sol. Il faut se laisser porter.
Voilà ce que Dieu désire. Non pas seulement toucher un coin de notre vie, mais la remplir retiement. Non pas seulement corriger quelques défauts, mais nous transformer en profondeur.
Mais pour cela, il faut accepter de ne plus tout maîtriser. Il faut accepter de faire confiance. Cette eau descend vers la mer morte.
La mer morte est un lieu où rien ne vit. L'eau y est trop salée, tout y est figé. Et pourtant, quand nos venues du templi entre, elle devient vivante.
Les poissons abondent, les arbres poussent, les fruits ne manquent pas, même les feuilles deviennent un remède. C'est une [musique] image puissante car chacun de nous porte en lui une mère morte. des zones de tristesse, de péchés, de fatigue spirituelle, des blessures anciennes, des habitudes mauvaises qui nous dessèchent, des relations brisées.
Parfois, nous pensons que ces parties de nous ne changeront jamais, mais la parole nous dit que là où l'eau de Dieu arrive, la vie revient. Rien n'est trop sec pour Dieu. Rien n'est trop abîmé.
Rien n'est trop perdu. Dans l'Évangile, nous rencontrons un homme qui vit depuis 38 ans dans la maladie. 38 ans, c'est presque toute une existence.
Il est couché près de la piscine de Bets attend le moment où l'eau bouillonne car on croyait que le premier à y entrer serait guéri. Il y a quelque chose de très humain dans cette scène. Beaucoup de malades sont là.
Tous attendent, tous espèrent et pourtant chacun est seul dans sa souffrance. Cet homme dit à Jésus, je n'ai personne. Cette phrase touche profondément.
Elle ne parle pas seulement d'un manque d'aide physique. Elle révèle une solitude intérieure. On peut être entouré et se sentir abandonné.
On peut prier depuis longtemps et avoir l'impression que rien ne change. On peut attendre une guérison, une réponse, un signe et voir les autres passer avant nous. Peut-être que certains aujourd'hui se reconnaissent dans cet homme.
Fatigué d'attendre, fatigué d'espérer, fatigué de lutter contre la même faiblesse depuis des années. Jésus s'approche, il voit cet homme, il connaît son histoire et il lui pose une question étrange. Veux-tu être guéri ?
On pourrait croire que la réponse est évidente, mais Jésus ne suppose pas. Il interroge la liberté. Car parfois nous disons que nous voulons changer mais au fond nous avons peur.
La maladie de cet homme était devenue sa vie. Il connaissait cet état. Il savait comment survivre ainsi.
Guérir, c'était entrer dans l'inconnu, c'était de voir marcher, c'était devoir vivre autrement. Nous aussi, nous pouvons nous habituer à nos chaînes. Nous pouvons nous habituer à un péché, à une colère, à une tristesse.
Nous pouvons finir par croire que c'est notre identité. Jésus vient briser cette illusion. Il ne nous réduit jamais à notre faiblesse.
Et surtout Jésus ne lui dit pas attend que l'eau bouillonne. Il ne l'aide pas à entrer dans la piscine. Il ne passe pas par le système habituel.
Il lui dit simplement, "Lève-toi, prends ton brancard et marche. " La guérison ne vient pas de l'eau agitée, elle vient de la parole du Christ. C'est sa voix qui relève, c'est sa autorité qui libère.
Celui qui était couché depuis 38 ans se met debout immédiatement. Se lever dans la Bible, c'est plus qu'un geste physique, c'est une résurrection. C'est passer d'une vie diminuée à une vie retrouvée.
C'est quitter la position du découragement pour entrer dans la dignité. Mais l'histoire ne s'arrête pas là. C'était le jour du sabbat.
Les autorités religieuses ne voient pas d'abord la guérison. Elle voit une règle transgressée. Elle reproche à l'homme de porter son brancard.
Il y a ici un danger spirituel. On peut être proche des choses de Dieu, connaître la loi, pratiquer la religion et manquer le cœur de Dieu. On peut défendre des règles et ne pas se réjouir d'une vie sauvée.
Le sabbat était fait pour rappeler que Dieu libère. Et voilà qu'un homme est libéré. Mais certains préfèrent protéger la règle plutôt que célébrer la vie.
Cette tension existe encore aujourd'hui. Nous pouvons nous attacher aux formes, aux habitudes, aux traditions et oublier la compassion. Oubliez que Dieu veut d'abord sauver, relever, guérir.
Plus tard, Jésus retrouve l'homme au temple et lui dit : "Te voilà guéri, ne pêche plus. " Cela montre que la guérison la plus importante est intérieure. Dieu ne veut pas seulement améliorer nos conditions extérieures.
Il veut purifier le cœur. Le péché est une autre forme de paralysie. Il nous empêche d'avancer vers Dieu.
Il nous maintient au sol. Il nous enferme dans la répétition. Jésus nous relève pour que nous marchions dans une vie nouvelle.
Le carême est précisément ce temps où le Seigneur nous rejoint au bord de notre piscine. Il voit notre attente, il voit nos blessures, il voit aussi nos excuses, nos résistances, nos habitudes. Et il nous pose cette question simple.
Veux-tu être guéri ? Cette question demande une réponse sincère. Elle demande du courage.