hello les amis cette semaine chez lueur on reçoit Marion Müller Collard elle est écrivaine et théologienne mais surtout une grosse flippée de la vie habitée par une forme d'un tranquillité intérieure on est fait pour vivre on a un appétit de vivre de dingue et en même temps on a cette exclusivité semble-t-il de la conscience de la mort c'est dégueulasse le truc est compliqué et du coup je me dis c'est la moindre des choses d'être un peu flippé avec elle on aborde le sujet intime de nos gros flips de 2h du mat et on se pose
une question toute bête comment vivre avec nos angoisses bon épisode [Musique] [Applaudissements] bienvenue pour ce nouvel épisode des lueurs l'émission qui répond à vos questions de 2 heures du matin merci d'être de plus en plus nombreux à nous suivre et n'hésitez pas à vous abonner pour être sûr de ne pas manquer le témoignage de nos futurs invités bonjour Marion Müller bonjour Jonathan je suis très heureux de te recevoir tu es une écrivaine française et une théologiene protestante tu as écrit de nombreux livres de méditations personnelles et spirituelle dont deux qui m'ont beaucoup parlé l'un qui
s'appelle l'autre Dieu et l'autre qui s'appelle l'intranquillité et c'est pour ça que je t'ai invité aujourd'hui pour qu'on parle ensemble d'un compagnement de route de deux heures du mat que j'ai souvent avec moi c'est le sujet de l'anxiété c'est le sujet de cette intran tranquillité justement comment une protestante qui croit en Dieu qui était théologienne écrivaine peut être aussi intranquille comment on peut croire à après et vivre avec son intran tranquillité comment on peut gérer notre angoisse alors je te propose juste avant qu'on commence qu'on fasse un tout petit peu connaissance toi tu en as
pas l'habitude mais ce qui nous suivent le connaissent bien c'est ce petit rituel de prendre une carte que j'ai mis devant toi juste une de la retourner et de lire à autre voie la phrase qui sera écrite dessus et puis de compléter cette phrase il y a un petit atelier en plus un petit atelier je suis une grosse flippée de la vie car la menace plane toujours la menace place toujours ok on va reparler de ça je te laisse prendre une deuxième fiche être un tranquille pour moi ça veut dire être sûr d'être encore en
vie être sûr d'être encore en vie je te laisse prendre la dernière carte à 2h du mat la question qui m'empêche souvent de dormir c'est mais où sont mes fils ils sont tes fils tu as combien de fils de [Musique] alors je te propose qu'on rentre dans une première étape qu'on rembobine un petit peu parce que je dis depuis quelques instants la tranquillité l'angoisse l'anxiété tu connais et on a peut-être besoin un petit peu d'expliquer pourquoi tu connais ça on va rembobiner parce que toi en tout cas la première fois qu'on s'est rencontré tu m'as
dit moi l'angoisse l'anxiété c'est genre mon compagnon de route de mes premiers souvenirs à 5 ans c'était déjà avec moi quoi est-ce que tu peux nous parler un tout petit peu de en tout cas d'autant que tu t'en souviennes comment c'est apparu cette angoisse cette anxiété comment ça s'est matérialisé parce que je suis sûr qu'il y en a plein qui nous écoutent et qui se disent c'est quoi est angoissé un tranquille c'est c'est quoi un peu les premiers souvenirs que tu avais moi ce qui me sidère c'est qu'il y ait des personnes qui puissent dire
qui ne savent pas ce que c'est que l'angoisse quoi ça ça reste vraiment étonnant pour moi mais du coup moi ça a commencé je pense par quelque chose d'assez banal qui est l'angoisse la nuit chez les enfants alors évidemment tous les enfants au pas à ça mais quand même beaucoup d'enfants et je pense que c'est cette espèce de de sentiment que que le monde était que le réel était siphonné et disparaissait que j'étais toute seule au milieu du néant en fait les autres on me disait qu'il dormait mais moi ce que je voyais c'était du
noir c'était de l'absence c'était du chaos et c'était une angoisse ouais complètement [Musique] ouais vertigineuse quoi vraiment du d'être seul d'être seul dans l'univers quoi avec juste l'écho de ma propre voix et le sentiment de d'un vide intersidéral je disais que tu étais une théologie j'imagine donc que ta grandit dans une famille croyante c'est plus compliqué que ça tu nous en tiens moi alors peut-être mais ça a sauté une génération chez nous d'accord c'est mon grand-père qui était pasteur mais Pasteur en mode menace justement alors la menace plutôt de la morale là pour le coup
de c'était quelqu'un d'imposant de qui me faisait peur surtout chez mes parents c'était light la question de la foi chez ma mère c'était l'opposition totale chez mon père c'était un héritage un peu subi c'était une ligne de basse qui qui a traversé les générations dans ma famille mais qui traversent l'histoire de l'humanité cette ligne de basse quoi donc tu grandis pas forcément dans une famille très croyante mais toi tu grandis et que c'est un tranquillité ouais c'est quoi ce que ce qu'on t'inculque le sens de la vie ce après quoi il va falloir se battre
qu'est-ce que tu reçois en fait ce que je reçois quand même par mes grands-parents et pour le coup par ma grand-mère femme de pasteur c'est l'idée que si je fais bien méprière ça va aller quoi et ça j'y crois pas j'ai hyper envie d'y croire ok Jésus prend soin de papa de maman si tu fais bien tes prières et même si tu fais des bêtises mais que quand même tu te dis pardon dans la prière tu négocieras une forme de sécurité et ça pour moi ça joue pas très vite ça joue pas du tout en
fait il faut pas non plus avoir parcouru encore toute l'histoire du 20e siècle que je ne tarderai pas à faire et qui me traumatisera abondamment pour voir que en fait il y a pas de justice immanente en tout cas pas au sens de la justice des hommes quoi de celle qu'on aimerait quoi pour pouvoir baliser le chemin pour pouvoir se créer une petite voix dans laquelle tout n'est pas permis et les coûts peuvent pas pleuvoir par hasard quoi parce qu'en fait tu grandis et si je lis entre les lignes tu vas commencer à te dire
à quoi je peux me raccrocher ou qu'est-ce qui est juste qu'est-ce qui est vrai qu'est-ce qu'il faut dans cette vie et tu vas commencer à creuser pour trouver presque des rochers ou presque des règles et finalement tu vas plus tu vas chercher moins tu vas les trouver c'est ça je vais surtout être tenté par un système de de croyance qui me donnerait l'illusion d'être à l'abri des coûts du sort comme ils peuvent nous arriver un exemple pour juste que je me représente ce que ça veut dire les coups du sort le la maladie l'accident le
les choses oui c'est les points de bascule de nos vies en fait les moments où bah ça dérape et et notre vie notre ligne droite de vie et brisée et tordu par par le malheur donc plus tu cherches à répondre à cette question donc à trouver presque des réassurances plus tu te dis en fait il y a rien qui me retient de vivre des coups du sort c'est hyper flippant de seigneur ça bah oui mais c'est enfin c'est une forme d'honnêteté un peu intellectuelle de base quoi et c'est ça qui va peut-être me rendre la
religion intéressante si je vois bien qu'elle est l'endroit elle est l'endroit où on essaye de négocier avec ça et en même temps je continue de penser aujourd'hui que il y a pas vraiment de négociation possible négocier avec un duo auquel on croit d'aller bien ouais c'est ça les recettes que ma grand-mère essaie de m'insuffler et est assez tôt je me suis dit que peut-être il y avait un Dieu qui méritait mieux que ça en fait qui méritait mieux que que le fait qu'on s'approche de lui par volonté contractuelle par souci de garantie et par souci
de protection mais c'est voilà c'est un chemin ces tortueux ça passe par Dieu qui empêche qui pourrait nous aider à ne pas tomber malade ou à gagner de l'argent ou avoir un enfant bonne santé c'est ça ce que tu appelles une relation contractuelle c'est la religion enfin la religion a beaucoup près chez eux là et moi c'est un peu le dieu que ma grand-mère me prêchait parce qu'elle voulait m'attirer en fait vers la religion donc là il fallait qu'elle me propose un truc intéressant quoi et ce truc intéressant c'était ma sécurité et en fait c'est
très dangereux parce que du coup forcément si on met ça dans la tête d'un enfant de 5 ans et un moment où il aura bien fait ses prières où il aura bien fait tout comme il faut et ou pourtant bah je sais pas si je prends un mur en pleine gueule voilà c'est ça quoi moi anti c'était dès que mes parents partaient est-ce que est-ce qu'ils vont venir mon angoisse de 2 heures du mat quand j'étais gamine c'était où sont mes parents est-ce qu'ils vont rentrer est-ce qu'ils vont avoir un est-ce qu'ils vont avoir en
action de voiture est-ce que voilà maintenant c'est où sont mes fils bon voilà donc on s'en sortira jamais enfin en tout cas moi je m'en sortirai jamais l'inquiétude est quelque chose dont je peux pas me défaire et quand tu avais six ans pour le coup tu priais en disant seigneur tu t'occupes de mes parents il faut les protéger mais tu croyez pas non je crois enfin je sais peut-être un billet de de mémoire mais est-ce que j'ai vraiment cru ça me rendait nerveux ça m'a pas ça m'apaisé pas en fait ça ça tenait pas la
route cette histoire sinon c'était trop facile la vie ça veut dire qu'il fallait avoir le bon manuel le bon Dieu le bon protocole religieux et on était à l'abri les mecs on aurait tous trouvé la solution depuis des millénaires si ça se passait comme ça si si ça se vérifie en fait que ceux qui prient ce Dieu là comme il faut au moment où il faut avec les mots qu'il faut et à l'abri du malheur je pense que la recette entre-temps on l'aurait capté quoi ce qui est plus dingue c'est que dans la suite de
ta vie cette quête là cette autre dieu ce à quoi je me raccroche alors une fois que je fais cette découverte là que tu nous partages tu vas aller prouver dans ta chair dans une deuxième étape que moi j'ai appelé l'épreuve du réel c'est ça mais c'est une bonne façon d'appeler ça parce qu'en fait ma petite toupie d'angoisse qui tournait depuis toujours sur elle-même en fait elle sait quelque part arrêtée quand la menace c'est c'est révéler quoi qu'elle était plus juste une ombre planante le possible accident tu dis souvent la menace cette espèce de réserve
de sort qu'on a au dessus de nos têtes c'est les pédamo classe qu'on appelle les pédamo classe quoi c'est on sait tous que en fait à un moment donné ben oui on peut mourir ou les gens qu'on aime peuvent mourir et donc en fait la question c'est c'est avec quel voilà avec quel degré de conscience de la menace on arrive à vivre en fait donc peut-être qu'est-ce qui va se passer pour cette menace devienne tangible réelle qu'est-ce qui va se passer dans ta vie quand j'attendais mon deuxième enfant je regardais les une série en fait
documentaire sur l'hôpital Necker les enfants malades et je me disais mais no way c'est absolument impossible ça ne peut pas arriver en fait c'est un bébé malade pourtant c'était documentaire c'était pas une fiction c'est insupportable jamais de la vie non non etc et puis en fait c'est ces images sont devenues très réelles et sont devenus autre chose que des images sont devenues mon vécu avec mon petit garçon qui a ton garçon que tu as accueilli et qui est tombé gravement malade quel était la maladie et peut-être le parcours qu'est-ce qui s'est passé un truc tout
bête et ça fait trop flipper les jeunes parents après à chaque fois qui qui les jeunes parents qui qui me business se disent ah c'est la même chose alors que la plupart du temps c'est complètement Bénin voilà donc on pourra pas expliquer pourquoi dans son cas ça a pris une proportion aussi dramatique mais en tout cas oui je me suis retrouvé un moment donné avec les portes battantes de la réanimation qui se refermait sur moi et mon fils que je voyais être en train de plus du tout respirer quoi tout simplement donc ils ont mis
deux trois heures à le réanimer et c'était c'était très serré quoi enfin c'était très serré pour sa survie puis après c'était très servait très serré sur l'état de sa survie dans quel état il allait survivre à ça s'il survivait donc voilà donc en fait j'avais plus besoin d'avoir peur ce qui la menace était tombée elle était là en fait elle était elle était devenue un événement et donc je pouvais plus avoir peur en fait c'était j'étais dans le trou quoi c'était tombé elle était tombée et à quoi tu te raccroches alors à ce moment-là dans
cette souffrance là de mer d'un enfant malade justement si tu ne crois pas à la prière miraculeuse si la menace arrive en pleine tronche et que le pire se réalise à quoi tu te raccroches est-ce qu'il se passe dans ces moments là c'est totalement irrationnel et je crois pas qu'on soit encore des êtres de de culture en tout cas moi la question de la prière la question de elle s'est pas posée du tout et je connais beaucoup de gens y compris des gens très croyants pour qui ça va pas se poser dans ces moments-là il
y a une espèce de sidération d'abord donc je faisais des choses un peu complètement anarchiques je classais des choses et les objets du plus petit au plus grand enfin voilà j'avais des phrases en il y a quelque chose aussi qui se passe de oui que de de la survie un peu animal d'essayer de continuer à se tenir debout il y a une mécanique en fait qui prend le relais quoi il y a quelque chose on se met un peu sur pilote automatique on est un peu à côté de soi quoi et c'est presque instinctif c'est
presque instinctif mais par contre ce qui m'a beaucoup touché et que j'aurais pas imaginé c'est à dire avant de vivre ça je pensais que les paroles des autres étaient vaines que ça valait pas le coup en fait d'essayer de parler à un parent qui vit quelque chose tordre là et en fait ce dont je me suis un très bien mais c'est les mots des uns des autres en fait les mots et les attitudes des autres humains sont hyper déterminants à la fois peuvent ravager et à la fois peuvent être des vrais baumes en fait et
donc il y a tout un jeu de se protéger des personnes qui qui font encore plus de mal et donc ça devient quelque chose de je trouve qu'à ce moment là la transcendance elle est horizontale quoi et il y a effectivement une force de communion il y a eu des gestes des paroles d'un communion à ce moment là je me souviens peut-être si tu dois choisir une personne c'est que on achetait on achetait notre pain toujours dans la même boulangerie et la boulangère était quelqu'un d'Assé tes œufs d'assez sauvage et tu es pas très souriante
mais elle adoré Félix en fait mon fils et le trouver trop beau donc à chaque fois elle le faisait sourire il lui souriait et puis à un moment donné elle a vu qu'on venait plus avec lui et en fait ce qui m'a touché bizarrement c'est que ça a été au-dessus de ses forces et qu'à partir là elle est plus arrivée à me regarder dans les yeux et je voyais l'angoisse de cette femme je voyais qu'en fait elle se demandait ce qui se passait avec mon enfant elle se disait qu'il avait dû se passer quelque chose
de grave je pense que ça se voyait aussi sur nous sur nos visages et en fait la communion elle a été [Musique] elle a été de ventre à ventre quoi et j'ai trouvé ça beau qu'elle soit même pas capable de parler je me souviens des maladresses aussi en fait c'est que la maladresse c'est pas toujours assassine c'est des gens qui oui justement qui n'arrivent pas à et je me souviens aussi de de certains qui sont même capables de dire je suis désolé j'y arrive pas c'est trop dur pour moi en fait je sais pas quoi
dire et tout ça j'ai trouvé ça beau et les petits gestes les petites pensées les messages balbutiants enfin cette maladresse qu'on a quand le malheur frappe juste à côté de nous et que on se sent touché en fait je me dis c'est beau qu'on se sente concerné par le malheur des autres enfin je veux dire ça pourrait ne pas être et c'est fou comme quand le malheur frappe surtout un bébé un enfant la communauté humaine en fait fécilance quoi il y a quelque chose d'un peu de sacré qui se passe y compris dans les équipes
soignantes il y a une différence en fait autour de la vie de l'enfant qui est très très puissante et qui dit quelque chose de notre humanité et ça je me souviens que je n'y étais pas indifférente le temps passe est-ce que tu arrives à dater un moment où ce qui vient de se passer comment ça avoir un impact sur toi et où il y a des choses peut-être qui changent les incompréhensions peut-être des émotions qui qui arrivent à travers cette intranquillité cette anxiété dont on parlait tout à l'heure j'ai eu que cette épreuve elle vient
quand même la Challenger énormément elle vient de taper dedans oui elle vient me confirmer quelque chose qui jusqu'à présent était resté de l'ordre de la théorie et de l'imaginaire chez moi et donc elle elle est elle est devenue chère quoi cette menace et donc tant qu'il y a de l'action tant qu'il y a du suspense aussi bah je tiens en fait et puis para [Musique] [Musique] [Musique] vraiment par ça a pas été une question de deux heures du mat mais ça a été une une angoisse sans nom quoi il y avait même plus de questions
en fait c'était le la nuit d'angoisse totale quoi des crises d'angoisse des c'était même pas une crise ça a été une nuit entière de de vie glacial en fait de sueur et de et de sentiments que que chaque seconde qui passait du réunit une éternité et que cette vie n'était pas habitable et du coup j'ai dû partir le matin j'ai dû partir parce que je sentais que j'étais plus du tout du côté de la vie et que du coup j'avais peur d'être toxique en fait pour mes filles ça Félix avait un frère aîné il a
toujours un frère aîné et je suis partie je j'ai confié l'enfant à son père les deux enfants et je me suis dit il faut que je enfin il faut que je me revenir il faut que je sois du côté de la vie je suis parti chez une amie qui m'ont donné refuge et puis j'ai traversé quelque chose de très profond un abîme en fait voler fermer il y avait rien rien ni personne qui pouvait m'atteindre et c'est vrai que c'est une expérience c'est une expérience qui qui est qui fait peur parce qu'il y a plus
de repères quoi et quand on a perdu le le sens même de de mettre un pied devant l'autre d'ouvrir ses volets le matin de d'adhérer un minimum à la vie je veux dire on peut être au chaud le matin on peut être appréhender quelque chose mais là j'avais plus aucune adhésion avec l'idée même de vivre bah ça fait ça fait très peur qu'est-ce qu'on découvre ça veut dire que il y a comme plus d'énergie il y a comme tout est noir tout est tout est terne tout est à l'arrêt c'est des choses qu'on voit vivre
ça s'appelle bêtement la dépression mais alors version plus plus et qu'est-ce que tu vas toucher dans cette dépression au fond de toi qu'est-ce que tu vas peut-être pas forcément réalisé mais mais expérimenté la ma seule consolation ça a été de me dire bah maintenant je saurai en fait je serai pas étrangère à ça moi j'aime bien me dire que que j'ai dit multiplier des des expériences ma surface des changes avec le monde avec les autres et qui fait que que plein d'aspects de vivre me sont de moins en moins étrangers donc ça c'était ma consolation
ce que je suis allé toucher c'est l'OS quoi et c'était de justement d'arrêter de d'esquiver quoi de me dire mais en fait voilà la menace elle est tombée maintenant c'est fait mais c'est pas une fois pour toutes il y a il écrit nulle part que elle retombera pas il y a pas de loi il y a pas de règles et pour autant moi je continue en fait il y a une part de moi qui continue avec ses petits négoce intérieurs ces espèces de pensées magiques et donc j'étais allée un endroit où il y avait plus
du tout de penser magique et il fallait que je retrouve en fait l'idée de faire confiance sans que la confiance signifie tu vas voir ça va bien se passer c'est à dire en toute conscience que ça ne veut pas dire que ça va bien se passer mais ça veut dire en fait fais comme si fait comme si et puis il sera toujours temps quand le malheur arrivera de te débrouiller avec et de le traverser tu viens de le faire il fallait en fait que je que je démêle tout ça et que ça ne m'empêche pas
de vivre et avec quelque chose de la pensée magique aussi derrière cette dépression c'est comme si j'avais des camarades de jeux ou un arbitre à qui je pouvais dire si c'est comme ça je joue pas mais tout le monde s'en foutait en fait à part mes proches tu pouvais crier en fait que t'en pouvais plus tu avais plus envie de vivre tout le monde que la règle du jeu que si le jeu c'était comme ça ben moi je voulais pas jouer si la vie c'est ça c'est ça s'il y a pas de contrat possible si
quand on prie ça nous garantit pas tout va bien se passer alors moi je veux pas jouer le jeu exactement si à n'importe quel moment il peut nous arriver le pire malheur du monde qui est que voilà les gens qu'on aime le plus au monde disparaissent les regarder souffrir les ça m'intéresse pas je sais que tu es croyant aujourd'hui parce que j'ai dit t'étais théologiennes dans l'introduction on peut être théologien non croyant on peut être théologien non croyant et croyez en pathologie c'est d'ailleurs c'est d'ailleurs mieux je pense mais comment on reprend goût une fois
qu'on a fait l'expérience que la menace elle peut tomber n'importe où n'importe quand à n'importe quelle fréquence de manière complètement injuste qu'on la sent soit qu'on l'expérimente dans sa famille ce qui est le lot plein de gens dans leur vie toi comment tu es reparti dans la vie quoi alors je veux dire absolument que quand on est dans l'état dans lequel j'étais il faut aller consulter quelqu'un parce que enfin voilà il y a ça c'est première premier secours c'est à dire que là j'étais j'avais trop dévissé après une fois que j'ai pu garder la tête
hors de l'eau j'avais pas pied mais j'arrivais à faire ma petite voilà j'ai arrêté de couler complètement ce mot de courage pour moi il a été important il a été important aussi parce qu'il me renvoyait un théologien qui est très important pour moi qui s'appelle Paul tiliche qui a écrit un livre qui s'appelle le courage d'être qui dit tout mais même juste le titre je veux dire sans sans faire une thèse sur le courage d'être ça à quel moment on va chercher au fond de soi le secourrage ce courage d'être malgré tout malgré la menace
et pas de de remettre des petits pansements mais de se dire bah voilà je suis là mais il y a pas de sécurité mais il y a pas de sécurité si on peut pas faire confiance à à un autre à quelqu'un si on peut se raccrocher en fait à rien à quoi sert Dieu c'est le complice du courage d'être quoi pour moi c'est vraiment l'Allier c'est vraiment celui qui pousse en disant allez ma belle ça va allez vas-y quoi non je te promets pas je te promets pas qui t'arrivera plus rien en fait mais fais
l'équation et tu verras la somme elle est positive je me dis beaucoup ça en fait quand il m'arrive des grands malheurs des grands chagrins et je me suis dit ça récemment après la mort d'une amie très chère je me suis dit la somme est positive en fait c'est c'est à dire l'arrachement de de la perdre et quand même inférieur au bonheur et à la joie de l'avoir connu et de tout ce que j'ai pu vivre et partager avec elle et donc c'est ce pari là en fait c'est pas la confiance naïve de plus de malheur
mais c'est peut-être pour moi la foi c'est de penser que la somme est positive [Musique] comment aujourd'hui tu vis concrètement avec cette menace dans ta vie personnelle familiale qu'est-ce que qu'est-ce que ça a changé comment tu fais pour avoir confiance dans la vie alors que la bagnole peut traverser en sortant du studio [Musique] alors déjà je pense que je suis dans une dans une conscience dans une espèce de de porosité à cette menace moins forte et je pense qu'on est fait comme ça psychiquement heureusement à ne pas être dans cette conscience dans cette espèce d'hyper
vigilance permanente dans laquelle j'ai pu être enfant de par ma nature et dans laquelle j'ai pu être repoussé au moment où je me remettais difficilement de de du danger qui avait plané sur la vie de mon fils donc je pense qu'on est pas mal foutu psychiquement moi je suis un peu déréglée mais globalement on n'est pas si mal foutu psychiquement ça c'est ça c'est une chose concrètement aujourd'hui très concrètement concrètement mais il y a deux choses c'est que d'une part quand le flow arrive c'est comme les contractions quand on accouche pardon mais c'est utile de
le savoir au cas où cette conservera pas a priori mais c'est qu'en fait plus tu luttes plus ça fait mal quoi et donc pour moi il y a une part avec l'angoisse et l'inquiétude où j'ai arrêté de lutter c'est-à-dire ouais parce que pendant longtemps j'ai été d'autant plus nerveuse que je m'aimais pas comme ça je me disais enfin tu es pénible voilà et de me dire non c'est plutôt d'acceptation que de confiance dire mais en fait voilà moi ce qui arrive au réel on n'a pas de temps la main dessus en fait mais même consentir
à mon petit vélo quoi je suis quelqu'un du petit vélo dans la tête qui s'imagine qu'il a peur qu'il y a deux heures du mat se dit pourquoi ils sont pas rentrés si ça se trouve ceci si ça se trouve cela bon c'est une hyper vigilance qui sert pas à grand chose mais en fait j'ai appris aussi à la trouver à avoir un peu de tendresse pour pour cette névrose totale et sur qui est toi en fait d'une certaine manière oui et puis qui qui est aussi le le symptôme incontournable d'une d'une espèce qui est
prise à la fois dans la conscience qu'elle va mourir et dans une injonction de vie très puissante comment veux-tu que ça se passe bien je veux dire on est on on est fait en effet pour vivre on a un appétit de vivre de dingue et en même temps on a cette exclusivité semble-t-il de la conscience de de la mort c'est dégueulasse le truc est compliqué et du coup je me dis mais c'est la moindre des choses d'être un peu flippé Dieu à quoi il sert tu me posais la question tout à l'heure moi j'aime bien
cette tradition qui appelle Dieu en hébreu le chat d'ail et il y a il y a un commentaire rabbini qui dit c'est chadai une des traductions possibles c'est celui qui dit ça suffit et c'est cette autorité enfin de la création elle se passe en posant des limites au chaos moi je vois bien que cette angoisse devient un moment donné une force de chaos elle est pas complètement inutile dans le sens où heureusement qu'on a un peu peur si on n'avait pas peur les enfants qui n'ont pas peur tu es obligé de laisser d'avoir peur pour
eux parce que sinon il jette par par la fenêtre ils vont dans la mer avec savent pas nager je veux dire c'est ça le problème quand on n'a pas peur on meurt en fait et du coup c'est c'est une histoire de curseur c'est une histoire de moi j'ai le thermomètre le thermostat de la de l'angoisse un peu déréglé mais c'est je le prends aussi comme quelque chose qui fait partie de moi et à quoi j'ai appris en fait à poser des limites à dire mais par contre là maintenant si tu m'empêche carrément de vivre ça
va pas être possible il existe encore dans ta vie ben ouais parce que en fait c'est celui qui me qui me souffle à la fois ce courage d'être et qui est aussi celui qui me dit ça suffit maintenant tu vas te pourrir la vie c'est-à-dire ça va ça va ça va t'aider à quoi ça c'est une parole d'évangile qui est très belle vous inquiétudes jamais ne rallongeront d'une seule d'une seule seconde la durée de vos vies en fait si tu revoyais la maman très stressée très anxieuse que tu étais il y a quelques années et
que tu es peut-être encore aujourd'hui mais en tout cas celle lancée à fond dans cette hyper vigilance dans cette hyper peu cette flipper de la vie et je m'adresse plutôt à toutes les personnes qui nous écoutent qui se reconnaissent dans cette description d'être une flippée est-ce que il y a une petite lueur une petite une petite un petit conseil quelque chose que tu as appris sur le chemin que tu aimerais dire à cette fille que tu étais et à toutes ces personnes qui se reconnaissent dans cette description de vivre la vie à 100.000% et de
laisser à nos enfants aussi vive leur vie à 100.000%. parce qu'effectivement oui on ne sait pas ce que ce que demain nous réserve et que apparaître à la hauteur de notre instinct de vie et à le rendre beau et savoureux et à le partager il y a pas grand chose à faire je termine souvent mes interviews en demandant à mes invités une question avec laquelle ils ont envie de nous laisser pour réfléchir ou alors une citation qu'ils aidés sur le chemin qui les aide à vivre qu'ils aident à avancer qu'ils aident à relativiser la question
ou la citation toi qui que tu as envie de nous transmettre ça serait quoi aujourd'hui c'est un moment où Jésus envoie ses disciples en mission et où leur donne comme comme ordre quelque chose d'absolument impossible j'adore en disant soyez simple comme la colombe et prudent comme le serpent c'est extrêmement dur à faire mais c'est ça que j'aime bien c'est que justement il y a pas de solution et que ça me permet d'accepter une espèce d'oscillation et cette mise en tension je la trouve ouais ça tend un fil comme ça devant moi où je sais que
quand je suis trop prudente trop dans la peur et bien il faut que je regagne en simplicité et quand je suis peut-être un peu trop simple au risque d'être naïve il faut que je crois qu'on voit un peu de prudence merci infiniment Marion d'être passé nous voir aujourd'hui au micro des lueurs merci les amis d'avoir écouté cet épisode si ça vous a plu sachez qu'on revient tous les 15 jours avec un nouvel invité pour répondre à nos questions de deux heures du mat d'ici là je vous invite à vous abonner maintenant à cette chaîne en
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