Nous continuons l'Évangile selon Saint-Jean, fin du chapitre 2 et chapitre 3. Le 3e jour, il y eut un mariage à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là; Jésus aussi avait été invité au mariage avec ses disciples.
Or, on manqua de vin. La mère de Jésus lui dit : "Ils n'ont pas de vin. " Jésus lui répond : "Femme, que me veux-tu ?
Mon heure n'est pas encore venue. " Sa mère dit à tous ceux qui le servaient : "Tout ce qu'il vous dira, faites-le. " Or, il y avait là six jares de pierres pour les purifications rituelles des Juifs; chacune contenait deux à trois mesures, c'est-à-dire environ 100 litres.
Jésus dit à ceux qui le servaient : "Remplissez d'eau les jares. " Et ils les remplirent jusqu'au bord. Il leur dit : "Maintenant, puisez et portez-en au maître du repas.
" Ils lui emportèrent, et celui-ci goûta l'eau changée en vin. Il ne savait pas d'où venait ce vin, mais ceux qui le servaient le savaient bien, eux qui avaient puisé l'eau. Alors, le maître du repas appelle le marié et lui dit : "Tout le monde sert le bon vin en premier, et lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon; mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu'à maintenant.
" Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit; c'était à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui. Après cela, il descendit à Cafarnaüm avec sa mère, ses frères et ses disciples, et ils demeurèrent là-bas quelques jours.
Il y avait un homme, un pharisien, nommé Nicodème; c'était un notable parmi les Juifs. Il vint trouver Jésus pendant la nuit. Il lui dit : "Rabi, nous le savons, c'est de la part de Dieu que tu es venu comme un maître qui enseigne, car personne ne peut accomplir les signes que toi, tu accomplis, si Dieu n'est pas avec lui.
" Jésus lui répondit : "Amen, amen, je te le dis, à moins de naître d'en haut, on ne peut voir le royaume de Dieu. " Nicodème lui répliqua : "Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il entrer une deuxième fois dans le sein de sa mère et renaître ?
" Jésus répondit : "Amen, amen, je te le dis, personne, à moins de naître de l'eau et de l'esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair; ce qui est né de l'esprit est esprit. Ne sois pas étonné si je t'ai dit : 'Il vous faut naître d'en haut.
' Le vent souffle où il veut; tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d'où il vient ni où il va; et il en est ainsi pour quiconque est né du souffle de l'esprit. " Nicodème reprit : "Mais comment cela peut-il se faire ? " Jésus lui répondit : "Tu es un maître qui enseigne Israël et tu ne connais pas ces choses-là ?
Amen, amen, je te le dis, nous parlons de ce que nous savons et nous témoignons de ce que nous avons vu, et vous ne recevez pas notre témoignage. Si vous ne croyez pas lorsque je vous parle des choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses du ciel ? Car nul n'est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme.
De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé, afin qu'en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. Car Dieu a tellement aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.
Celui qui croit en lui échappe au jugement; celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. Et le jugement, le voici : la lumière est venue dans le monde, et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Celui qui fait le mal déteste la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dénoncées; et celui qui fait la vérité vient à la lumière, pour qu'il soit manifeste que ces œuvres ont été accomplies en union avec Dieu.
Après cela, Jésus se rendit en Judée ainsi que ses disciples; il y séjourna avec eux et il baptisait. Jésus, quant à lui, baptisait à Ainon, près de Salime, là où les eaux étaient abondantes. On venait là pour se faire baptiser; en effet, Jean n'avait pas encore été mis en prison.
Or, il y eut une discussion entre les disciples de Jean et un Juif au sujet des bains de purification. Ils allèrent trouver Jean et lui dirent : "Rabi, celui qui était avec toi de l'autre côté du Jourdain, celui à qui tu as rendu témoignage, le voilà qui baptise et tous vont à lui. " Jean répondit : "Un homme ne peut rien s'attribuer sinon ce qui lui est donné du ciel.
Vous-même, vous pouvez témoigner que j'ai dit : 'Moi, je ne suis pas le Christ, mais j'ai été envoyé devant lui. ' Celui à qui l'épouse appartient, c'est l'époux. Quant à l'ami de l'époux, il se tient là, il entend la voix de l'époux, et il en est tout joyeux; et telle est ma joie, et elle est parfaite.
Lui, il faut qu'il grandisse, et moi, que je diminue. Celui qui vient d'en haut est au-dessus de tous; celui qui est de la terre est terrestre et il parle de façon terrestre. Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous; il témoigne de ce qu'il a vu et entendu, et personne ne reçoit son témoignage.
" Qu'il a vu et entendu, et personne ne reçoit son témoignage, mais celui qui reçoit son témoignage certifie par là que Dieu est vrai. En effet, celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu, car Dieu lui donne l'esprit sans mesure. Le Père aime le Fils et il a tout remis dans sa main.
Celui qui croit au Fils a la vie éternelle; celui qui refuse de croire le Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. Nous avons commencé l'Évangile selon Saint-Jean et vous avez déjà commencé à voir les différences qu'il y avait avec Marc, Luc et Matthieu. D'un côté, Jean; de l'autre, par exemple, cette insistance qu'a Jean de planter dès le début le décor en affirmant la préexistence et la transcendance de Jésus, du Verbe éternel.
C'est déjà donné dans les autres évangiles, mais comme au terme d'une longue enquête. Là, c'est donné dès le début. Autre différence, la purification du temple; là aussi, c'est donné dès le début de l'Évangile.
En fait, il n'est pas impossible que Jésus ait été coutumier du fait, et peut-être qu'il n'y a pas eu une purification du temple, mais trois purifications du temple, à chaque fois qu'en fait Jésus montait à Jérusalem. Encore une autre différence, tiens, vous avez entendu, nous n'avons pas de récit de l'enfance et puis le passage avec Jean le Baptiste est réduit à peau de chagrin. Et même les récits ne sont pas tout à fait les mêmes; les miracles ont comme disparu.
Maintenant, il y a à la place des grands discours. C'est ce que je vous disais: Jean suppose connu Matthieu, Luc et Marc qui l'approfondissent. Ces trois évangiles sont ce qu'on appelle des évangiles synoptiques, c'est-à-dire qu'en gros, ils s'accordent sur une même manière de raconter la vie de Jésus, centrée autour de la transfiguration, avec des paraboles, des récits de miracles et quelques grands discours.
Là, la structure est totalement différente. Par exemple, la transfiguration, qui est le tournant dans tous les autres évangiles, a ici tout simplement disparu. Et il y a quelque chose qui va remplacer ce schéma narratif dans Saint-Jean, et je vous le donne parce que c'est une autre structure qui va vous permettre de vous repérer dans les lectures que vous allez entendre.
Ce sont sept signes; ce qu'on appelle le septième des signes, le livre des signes. Saint-Jean, c'est sept grands signes qui se suivent. Vous avez eu le prologue, et puis ensuite le premier signe, le protomiracle, où tout est déjà donné d'une certaine manière: les noces de Cana, les noces divines.
Et on ira de signe en signe jusqu'au dernier grand signe, le signe ultime, le signe de la résurrection. Donc regardez, si jamais j'applique ma structure, on a eu dans l'épisode précédent un premier signe, les noces de Cana, et le discours que vous avez entendu. Même la purification du temple peut être comprise comme une explicitation du signe des noces de Cana.
Qu'est-ce que ça voulait dire que de changer l'eau en vin? Par exemple, regardez la purification du temple; il était à nouveau question de trois jours, et moi, trois jours je leur élèverai. Les noces de Cana, c'était trois jours.
Et de la même manière que dans un mariage, c'est quand même deux corps qui s'unissent. Là, à nouveau, il était question d'un corps, d'un corps qui ressuscite. Je vous cite: "Mais lui parlait du sanctuaire de son corps.
" Et c'est ainsi que vous avez la résurrection qui devient une sorte de mariage, c'est ce que dira l'Apocalypse. On peut encore continuer. Ces larmes, ces eaux qui étaient transformées en vin dans la purification du temple, c'est Jésus qui chasse les marchands hors du temple; et là, vous avez la repentance qui est une conversion de vie.
Il faut chasser tout ce qui ne va pas de notre vie pour purifier à la fois son âme et son corps. Ça, c'était le signe, la purification du temple, qui explicite le signe des noces de Cana. Mais regardez maintenant l'entretien avec Nicodème; à nouveau, il est question de l'eau, l'eau du baptême avec Jean-Baptiste.
Il est question du compagnon de l'époux; il est à nouveau question du vin. Cette fois-ci, le terme de vin n'est pas dit, mais écoutez, il est donné à travers la joie: "Celui qui a l'épouse et l'époux, telle est ma joie, et elle est parfaite. " C'est les noces de Cana qui sont revues à travers la bouche de Jean-Baptiste.
Et même ça vous explique aussi cette histoire de serpent de bronze. Alors petite parenthèse: le serpent de bronze, on l'a vu dans le livre des Nombres; c'était Moïse au désert. Donc tout le monde connaît le serpent de bronze, image négative du diable, mais aussi image positive, cette fois-ci, de la sagesse, parce que le serpent, dans le folklore juif, était lié à l'intelligence.
Bon, eh bien là, ce serpent de bronze, cette sagesse que l'on contemple, l'épouse de Salomon, c'est ça que ça veut dire: le serpent de bronze, cette sagesse descendue du ciel que l'on contemple et dont on est guéri. C'est une nouvelle image du Verbe éternel, l'époux de nos âmes. Et au milieu de tout ça, ce que Jésus disait à Nicodème, le don de la vie; là encore, c'est le mariage.
Le mariage donne la vie. Eh bien de la même manière, Jésus donne la vie, il donne l'esprit. L'esprit, c'est le souffle de la vie.
Tu entends le souffle de l'esprit, et tu ne sais ni d'où il vient ni où il va. Telle est la vie éternelle. En bonus, je n'ai pas le temps de le traiter et je le regrette, parce qu'il fait partie de mes personnages préférés: Nicodème.
Mais ici, simplement pour vous signaler que ce bon Nicodème, tout docteur de la loi qu'il est, semble à mots couverts croire à la réincarnation. Alors, dit : « Mais comment c'est possible ? » Ben, je vous le laisse en exercice.
Ah, moi, je n'ai pas le temps de tout dire. Nous terminons notre première journée en compagnie de Saint-Jean par la fin du premier chapitre du Cantique des Cantiques : Raconte-moi, bien-aimé de mon âme, où tu mènes pêtre tes brebis, où tu les couches aux heures de midi, que je n'aille plus m'égarer vers les troupeaux de tes compagnons. Si tu ne sais pas, oh belle entre les femmes, va dehors sur les traces du troupeau et mène pêtre tes jeunes chèvres vers les tentes des bergées.
Lui, caval attelé aux chars de Pharaon, ainsi tu m'apparais, ô mon ami. Quel charme tes joues entre tes boucles, ton cou entre les perles ! Nous te ferons des boucles d'or incrustées d'argent.
Elle, quand le roi est dans ses enclos, mon parfum répand une odeur. Mon bien-aimé pour moi est un sachet de myrrhe entre mes seins, il passera la nuit. Mon bien-aimé pour moi est un rameau de cyprès d'Engedy.
Lui, ah que tu es belle, mon ami ! Ah que tu es belle ! Ses yeux sont des colombes.