Madame jacinthe masochetti est elle aussi professeur à la Faculté des Sciences économiques sociales politiques et de communication de l'Université catholique de Louvain elle est elle aussi chercheuse au centre Yakos je n'ose plus le dire en anglais elle n'est pas démographe elle est anthropologue ces terrains de recherche sont malt le Burkina Faso et la Belgique c'est ce Qu'il y avait sur votre page de Lucile et donc le Burkina Faso et la Belgique elle étudie entre autres les politiques en matière d'asile les imaginaires migratoires les diasporas africaines et afrodescendantes les discriminations dont les migrants sont l'objet et
les enjeux relatifs à entre guillemets et là aussi ça vient du site de l'ucouvin l'Europe noire c'est pourquoi nous les avons demandé de nous parler de l'interculturalité dans Le vécu quotidien et on est très heureux qu'il a accepté en fait tout de suite merci beaucoup je vous souhaite la parole merci beaucoup je pense qu'on m'entend même trop bien peut-être je vais mettre plus loin bonjour merci pour pour cette invitation donc effectivement moi je suis anthropologue j'ai pas grand chose à vous montrer du coup c'est moi qui suis en grand sur l'écran c'est un peu perturbant
j'ai Surtout des histoires à vous raconter c'est une autre voilà notre manière de travailler une autre une autre démarche puisque mais comment anthropologue moi je suis surtout amenée à faire des terrains à aller à la rencontre des personnes et puis à me mettre en réflexion et en écriture à partir de ces rencontres de ces récits de ces moments partagés et donc je mène en effet des terrains sur les questions d'exil et de migration à la fois en Afrique et en Europe depuis maintenant une vingtaine d'années et c'est à partir de là que je vais prendre
la parole ce matin alors je propose deux petits chemins un premier chemin qui est un peu de reposer simplement quelques bases lexicales alors il y aura probablement pas grand chose de de 9 mais ça me semblait important quand on prononce le mot interculturalité de revenir un petit peu sur quelques éléments de langage savoir de quoi on parle en fait et puis j'ai Mis le focus en lien avec mes travaux de recherche sur quelques exemples empiriques qui touchent plus spécifiquement la question des familles et des familles diaspora africaine et afrodescendante en particulier voilà alors tout d'abord
donc un petit détour lexical interculturalité on entend culture et donc revenir sur ce que le mot signifie en anthropologie Et donc dans les différents groupes humains la culture a pour fonction de produire du sens donc c'est déjà première étape et donc les cultures sont des systèmes de représentation qui donne cohérence sens et signification au vécu collectif bien entendu ça renvoie à l'idée de collectivité de groupe mais aussi au vécu individuels et c'est le bagage finalement à partir duquel on a été socialisé dont on est porteur qui nous permet de décoder le monde c'est Très très
important parce que quand on a appris à décoder le monde avec toute une série de référents et qu'on se retrouve propulsés dans un autre monde et bien on est dans une zone évidemment d'inconfort d'incertitude particulièrement vive donc ce sont des éléments fondamentaux et en même temps d'emblée rappeler que la notion de culture elle n'est pas figée elle renvoie aussi au mouvement perpétuel au mouvement des Âges au mouvement évidemment géographique en mouvement de la rencontre au mouvement de la relation et donc de garder à l'esprit que sur le plan individuel d'une part les personnes d'une même
société si on devait faire un peu le tour ici des différentes personnes ne partagent pas forcément l'ensemble des mêmes référents aux valeurs culturelles il y a des socles mais il y a toujours évidemment des singularités et puis que nous sommes en Cheminement perpétuel que les contextes peuvent nous amener parfois des rigidifications des formes de repli mais aussi des bricolages des hybridations des transformations qu'elles soient en surface ou davantage profondes et d'autre part que sur le plan collectif et bien les référents culturels d'un groupe évoluent aussi dans le temps et que et c'est là où on
en arrive déjà à toucher du bout du doigt la question D'un de l'interculturalité et bien les cultures depuis l'histoire de l'humanité elles évoluent au contact des autres groupes humains et donc des autres cultures et c'est donc un des fondements de ce que nous sommes donc ça me semblait important de commencer par rappeler cela la culture dont est porteur une personne un individu dans un espace temps singulier et donc toujours le fruit de rencontre passait présente et elle est par ailleurs en mouvement Plus ou moins grand plus ou moins perpétuel donc il est important de se
méfier des termes qui vont venir enfermer l'autre ou qui nous enferme on s'enferme parfois dans ah moi je suis autour de référents culturels figés et cette idée elle vient amener une première grande question qui est comment reconnaître l'autre pour ce qu'il est dans toute sa complexité d'être sans figer sans enfermer sans Mesurer sans juger sans projet pour lui sans projeter ce que je suis en lui ça amène donc le chemin complexe de appréhender d'autres cultures la première chose à rappeler me semble-t-il c'est cette idée de choc culturel je pense qu'il faut pas passer à côté
de il est possible probable d'autant plus quand ce sont des référents culturels très éloignés qui se retrouvent à cohabiter que ce soit des états de choc Qui soit vécu en lien avec la différence importante entre les valeurs mais aussi les pratiques les comportements les habitudes des personnes cette situation de choc culturel elle est fondamentale parce qu'elle vient questionner en profondeur justement ces normes ces valeurs ses références qui semblent ou semblait d'un côté comme de l'autre évident important sacré parfois Si ça va dans les deux sens la personne qui est en migration ou la personne qui
est installée dans un endroit et qui voit venir à elle des personnes en migration ne sont cependant pas dans le même confort ou inconfort par rapport à ces questions de choc culturel d'un côté il s'agit de faire avec les différences de l'autre côté il s'agit de faire et d'être dans un monde différent Où ce que je suis ce que j'ai appris ne me permet pas de naviguer en tranquillité en habitude en certitude parfois ce qui peut être évidemment fortement déstabilisant je trouve important d'essayer chacun pour soi de tenter de se mettre dans cette à cette
place dans cette posture singulière de rien de ce que j'ai appris ne me permet de décoder le monde dans lequel je suis alors vous l'avez peut-être déjà vécu D'une manière ou d'une autre parfois simplement en vacances on arrive quelque part et on ne comprend rien de ce qui nous entoure des voyages peut-être dans le cadre professionnel des séjours humanitaires que sais-je moi j'essaye toujours de garder en moi la première fois où je suis allée au Burkina Faso dans le petit village de tendaga où j'ai pris conscience vraiment de manière expérientielle pour la première Fois de
cette impossibilité qui m'était donnée de décoder le monde qui m'entourait je n'avais plus le décodeur je ne comprenais plus rien tout ce que j'avais appris tombait à côté de la plaque à ce point même que l'évidence que j'avais construit pour pour moi d'être je suis une femme etc ne tenait même plus face à mes interlocuteurs interlocutrices Puisque aucune de mes attitudes ne me mettait d'emblée dans la catégorie Femme je ne cochais aucun des critères pour les autres mais la petite différence et que je m'efforce aussi de ne jamais oublier et que je vous invite à
prendre en considération c'est que pour moi à ce moment-là et dans d'autres moments qui ont suivi il y avait bien entendu un moment de troubles de déstabilisation voire de choc mais je n'étais pas dans Un contexte d'insécurité de statut je n'étais pas dans un contexte d'incertitude quant à mon avenir ce qui généralement s'ajoute pour les personnes migrantes et exilées donc première idée choc culturel deuxième idée en anthropologie on a un mot utilise beaucoup c'est la notion d'ethnocentrisme que vous connaissez probablement qui peut permettre aussi de saisir ce qui est en arrière scène de ces chats
la Notion de 910 mais on renvoie à nos catégories mentales sociales culturelles celle qui nous semble les plus évidentes celle justement que l'on tend à ne pas remettre en question sauf quand on est obligé de le faire parce qu'on est confronté à quelque chose qui vient interpeller dire tiens ce que tu croyais évident en fait c'est une construction sociale sociétale culturelle et donc ces catégories qui avec un point de vue qui serait donc Ethnocentré nous semble être la référence et c'est le premier réflexe le premier réflexe pour décoder le monde c'est de retomber sur ce
qu'on nous a appris ça devient problématique quand face à d'autres manières de faire d'autres cultures nos références deviennent le socle à partir duquel non seulement on regarde et ça on peut pas vraiment y échapper mais on juge On hiérarchise en catégorie les autres manière de faire c'est ce qu'on appelle l'ethnocentrisme c'est donc faire de sa culture d'origine le modèle c'est une attitude évidemment qui nous fait basculer assez rapidement dans des jugements de valeur dans les stéréotypes qui sont aussi un des éléments de construction des discriminations Bruno on a déjà parlé un petit peu dans dans
son exposé quand on réfléchit Évidemment aux enjeux d'interculturalité des questions discrimination sont fondamentales comment se rencontrer sa pause aussi la question des discriminations comment être dans un jeu égalitaire et équitable ou bien voilà comment le système fait que on est dans des jeux de pouvoir qui ne le permettent pas cette attitude et non centrée elle ne permet pas la rencontre elle renvoie donc d'emblée à l'idée d'un Travail sur soi elle ne permet pas la rencontre parce qu'elle ne permet pas à l'autre d'exister dans la complexité de son histoire individuelle et collective ce qui est important
aussi peut-être à mettre en exergue c'est que c'est manières de se retrancher sur des référents ethnocentrés il se cristallise aussi elle se cristallise aussi en période de crise d'insécurité d'incertitude qui vont accroître les tendances au Replis à l'entre-soi je pense que ça traverse fortement le moment de société que nous sommes en train de vivre troisième élément ce qu'on appelle le relativisme culturel c'est une expression qui a vraiment mauvaise presse ça dépend évidemment comment comment on l'attrape et ce qu'on en fait ça ne veut pas dire que tout se vaut la relativisme culturel en anthropologie ça
renvoie à l'idée de regarder les comportements d'individus porteurs de Culture différente par rapport à leur propre repère c'est-à-dire de sortir de cette hiérarchisation où l'on fait de sa propre culture le socle finalement le modèle cette posture de relativisme culturel elle exige et bien de se décentrer d'être réflexif par rapport à ses propres constructions sociales et culturelles et donc de travailler sur soi à la fois c'est difficile et à la fois c'est intéressant parce que ça Donne de la marge de manœuvre et puis elle exige aussi une certaine connaissance des autres cultures mais surtout une certaine
reconnaissance et je vais y revenir plus loin dans dans mon exposé bien sûr on ne peut pas tout connaître c'est impossible d'autant plus dans une société qui est de plus en plus traversée par des personnes qui ont des référents culturels et des histoires multiples on peut pas tout connaître Mais à partir du moment où on travaille sur les postures sur les logiques institutionnelles sur les fonctionnements sociétaux on peut néanmoins sortir des visions stéréotypées et permettre quelque chose de la rencontre mais ça suppose de travailler à trois niveaux sur les représentations et les imaginaires sur les
discours et sur les pratiques et Derrière les pratiques il y a aussi bien entendu la question des politiques publiques se méfier ceci dit d'un relativisme culturel qui serait absolu qui lui aussi va venir enfermer et nier le caractère dynamique de chaque culture ainsi que les singularités individuelles on en revient à ce que je disais au début et là de nouveau on va enfermer quelque chose reconnaître C'est asseoir l'idée d'une possible cohabitation de normes de valeurs et de référence différencier reconnaître ça ne signifie pas forcément adopter mais s'accorder dans la différence sur base d'un socle commun
de respect de soi de l'autre et bien entendu des règles de base du vivant ensemble ce qui suppose de s'ajuster sans se perdre sans perdre ses Références et pour ce qui est des personnes exilées migrantes migrantes un ensemble plus vaste et à l'intérieur des personnes migrantes le sous-ensemble des personnes exilées qui sont davantage dans des dynamiques de ce qu'on appelle des migrations forcées on pourra y revenir si vous le souhaitez dans la discussion trop ajusté c'est perdre son histoire c'est perdre ses références et c'est le risque Parfois de la coquille vide c'est à dire en
extérieur on est parfaitement ajusté en intérieur quelque chose d'envie par rapport à son histoire par rapport à ses racines difficile de se construire de transmettre d'éduquer ses enfants dans une telle posture c'est le risque aussi parfois et je vais reprendre un mot qui vient de de mes terrains mais que vous connaissez probablement je mets plein de guillemets c'est le risque du Bounty Comme le dit certains des jeunes avec qui j'ai travaillé Bounty vous connaissez c'est le chocolat c'est c'est noir dedans et pardon c'est blanc dedans et et noir dehors ça veut dire on ne garde
que la surface de ce que l'on est en se blanchit à l'intérieur avec le risque et généralement la confrontation à un moment donné de son histoire du fait que quoi qu'on fasse on N'est jamais suffisamment le même et que leur envoi à l'extériorité perdure alors que le socle des racines n'a pas été suffisamment transmis et solidifiée j'y reviendrai [Musique] c'est donc la reconnaissance de la nécessité de des richesses de rencontres entre des êtres pleins ils n'ont pas vide qui entre en relation qui se lit et qui se relie et j'en arrive au mot interculturalité C'est
encore un pas plus long c'est aller un pas plus loin c'est la rencontre ou la confrontation de référents culturels qui va au delà même de la pluriculturalité c'est la première étape on se reconnaît différents mais on se respecte on a mis côte à côte sans forcément que quelque chose de la rencontre ait lieu qui implique des processus de transformation mutuel l'interculturalité Implique des processus de transformation mutuelle c'est une étape qui va au-delà inter entre à l'intersection de et cela suppose un double mouvement double mouvement donc de ces individus de ces êtres pleins comme je l'ai
nommé il y a quelques minutes qui entre en relation alors avant de développer mon deuxième point je ne vais pas tellement vous parler des causes migratoires ce matin mais si vous Le souhaitez nous pourrions y revenir mais simplement juste rappeler quelques éléments de complexité avant de faire un focus plus ethnographique sur la question des familles en migration en Belgique en particulier à l'intérieur des diaspora africaine de manière encore plus spécifique les causes sont multiples comme vous le savez et elles sont toujours À l'intersection à minima des contextes politiques économiques et des imaginaires auxquels s'ajoutent bien
entendu de plus en plus les questions écologiques et environnementales qui sont aussi interroliers à des questions économiques et politiques c'est important d'être dans cette approche d'emblée complexe des causes migratoires elles sont aussi bien entendues interro liées à la volonté de vouloir le mieux Pour soi et pour ceux qui nous sont proches et donc interrolier à la question du travail des études des relations de gens les relations de famille mais elle s'inscrivent et c'est fondamental dans les inégalités mondiales elle s'inscrivent aussi dans le fait qu'aujourd'hui est centrale sur la planète entière la question de la mobilité
sociale de plus en plus interroliée à la question de la mobilité Géographique dans les possibilités de réussir de vivre de vouloir pour soi pour les proches ou pour les suivants des possibilités d'ascension sociale le jeu est celui-là c'est à l'intérieur de ce jeu que les choses prennent place alors parmi les nombreux sujets qui touchent donc ces questions de migration et d'exil j'ai choisi de développer la question des familles en migration parce qu'elle me permettait d'aborder de manière concrète toute une série D'enjeux interculturelle les quelques exemples plus empiriques que je vais mobiliser ils seront puisés dans
ton travail de recherche et donc essentiellement parmi les diaspora africaine et les personnes afrodescendantes en Belgique alors je m'excuse par avance je vais brasser à grand trait et donc forcément ça mériterait beaucoup plus de nuances au-delà des déplacements physiques les migrations sont également sources de Déplacement multiples en termes de conception du monde de soi de l'autre je viens d'en parler en quelques minutes que ce soit en terme d'individuel ou collectif avec potentiellement des tensions aussi générationnelles j'en ai ces déplacements comportent très souvent des nécessaires ajustements notamment au sein des familles alors c'est important de dire
que les trajectoires migratoires ne sont en aucun cas synonyme de souffrance de Rupture mais que les dénouement heureux sont articulés au contexte sociaux économiques et politiques des pays de départ des pays d'arrivée aux politiques aussi publiques qui évidemment en incidence très forte sur les trajectoires ainsi qu'aux ressources propres des individus et de leur famille la famille est au cœur des processus migratoires et c'est important de le rappeler les projets migratoires sont rarement le fait d'un individu isolé que Ce soit sous la forme la collecte des ressources nécessaires de la dette parfois contractée des soutiens des
solidarités etc alors je vais développer ce matin 5 points six points premier point la question des chocs culturels dont j'ai déjà parlé mais resituer à l'intérieur de ces familles bouleversées par les trajectoires migratoires donc les fondamentales de prendre la mesure de ses bouleversements Notamment relatif aux rapports de genre au rapport intergénérationnel les référents culturels sont fortement mi Amal alors que et c'est fondamental souvenez-vous ils sont parfois la seule chose à laquelle on peut s'accrocher suite au changement brutaux qui ont été vécus tout est chamboulé à quoi est-ce que je peux me raccrocher qu'est-ce qui peut
encore faire sens pour moi alors sans exhaustivité de trois éléments concrets on a des femmes par Exemple qui sont amenés à jouer d'autres rôles que ceux qui étaient les leurs dans les pays d'origine à avoir d'autres responsabilités à occuper des places qui vont tout à fait à l'encontre des socialisations reçues des bouleversements notamment en termes de rapports sociaux de genre qui peuvent provoquer aussi des tensions aussi au sein des familles des femmes qui vont être amenées à travailler par exemple où on pourrait y Revenir à trouver même si c'est généralement en dessous de leurs compétences
plus facilement du travail et donc à occuper une autre place dans les relations de couple on a aussi de plus en plus de femmes qui arrivent seules qui n'ont jamais été mariés soit séparés soit divorcé des femmes aussi qui se retrouvent par rapport à l'éducation des enfants en solitude couper des ressources que sont les membres de la Famille et l'argile qu'est-ce qu'on fait avec tout ça on a des hommes et des puisque je parle des familles et des pères en particulier on y reviendra et Bruno là déjà évoqué qui vivent souvent une décélération de leur
statut social comment exister encore comme père de cette place là quand on est en perte par rapport au statut nourricier mais aussi protecteur qui était peut-être le nôtre comment se réajuster on observe très Souvent des états dépressifs une incapacité encore de se sentir fier qui évidemment peut avoir toute une série de répercussions des rôles parentaux aussi qui sont totalement bouleversés et vincés je vais pas vous faire en cours sur les systèmes de parenté de parentalité mais vous n'êtes pas sans savoir que ce système de parenté parentalité sont fondamentalement différents d'une Culture à l'autre et que
par exemple dans toute une série de cultures et bien en ce qui concerne les pères les rôles d'affection de soins et d'autorité peuvent être distribués sur des personnes différentes le père biologique l'oncle maternel l'oncle paternel pouvez faire quand tout d'un coup on se retrouve en position de devoir tout assumer alors que on n'a pas fondamentalement été socialisé en ce sens du côté des enfants alors Évidemment il y a pas mal de choses qui qui jouent pour ceux qui sont qui ont la chance d'être en famille il y a évidemment des choses difficiles qui ont été
vécues il y a toutes ces restructurations aussi des dynamiques familiales mais on a aussi des enfants quand tout va bien qui apprennent souvent très vite la langue qui apprennent souvent très vite les nouveaux codes culturels du pays où la famille c'est installé et qui se Retrouve aussi à occuper des places particulières au sein des des familles qui se retrouvent souvent en position de traducteur à la fois linguistique mais culturel c'est pas rien pour un enfant d'occuper cette place des enfants aussi qui ont appris à se débrouiller parfois autrement qui parfois sont arrivés les premiers et
qui ont pu faire venir leur famille tous ces instruments là sont extrêmement compliqués des enfants aussi Qui ont du mal à s'ajuster face aux demandes institutionnelles aux demandes scolaires qui sont parfois très éloignés de leur projet de leur trajectoire j'y reviendrai en outre par an et enfants sont souvent abîmés et transformés par les procédures procédures que ce soit les procédures de regroupement familial que ce soit les procédures de demande de protection internationale qui sont à la fois longues et arbitraire Leur lenteur leur violence qui viennent souvent répéter les violences qui ont déjà été subies en
cours de trajectoire de vie et de migration donc on a là un nœud extrêmement complexe mais par rapport à ce qui peut faire rencontre en lien évidemment avec les questions d'interculturalité les enfants comme porteurs d'avenir et souvent quelque chose qui nous rejoint vouloir le bien pour ses enfants tout Sacrifier pour ses enfants et quelque chose qui est très souvent moteur dans les trajectoires migratoires ce qui évidemment et c'est mon deuxième point et d'autant plus difficile quand les politiques qu'elles soient européennes ou belges ici en l'occurrence fabrique de la séparation au sein des familles dans la
majorité des cas la question du lien ou du matin maintient des liens Même si on ne migre pas tous ensemble même si on ne migre pas tous au même moment et quelque chose de fondamental mais qui n'est pas toujours permis par les politiques migratoires la possibilité de maintenir les liens à quelque chose de fondamental mais les trajectoires migratoires interreliées ou politiques publiques font que de nombreuses familles sont séparées déchirées parfois pendant de nombreuses années comment est-ce qu'on Se reconstruit après ça comment est-ce qu'on est solide parce que pour trouver place dans une société et aller
à la rencontre d'autres référents qui viennent parfois nous bousculer il faut aussi être solide il faut d'abord pouvoir avoir pu réparer quelque chose il faut un statut il faut des revenus il faut une stabilité aussi sur le plan émotionnel psychique tout ça est fondamental troisième point La question des enfants les enfants se retrouvent très souvent pris au piège en fait de ces restrictions en matière de migration et d'asile dans la complexité des procédures qui pour eux peut vraiment faire tourmente alors il y a toute cette question du regroupement familial que ce soit les enfants comme
je le disais qui étaient pionnier finalement dans le chemin et se retrouve dans cette position extrêmement difficile Et cette responsabilité de devoir faire venir les suivants que ce soit les parents qui se retrouvent dans cette urgence de pouvoir faire venir leurs enfants avant les fameux 18 ans qui sonnent le coup près évidemment pour toute une série d'éléments en termes à nouveau de regroupement familial ou que ce soit les enfants qui arrivent seuls les fameux Ménas mineurs étrangers non accompagnés qui sont également de plus en plus nombreux Avec possibilité ou pas de demander une protection internationale
ça dépend de où on vient avec cette particularité d'être relativement protégée et encadrés jusqu'à ses 18 ans puisqu'on est tenu par la question des droits des enfants mais que cette question des droits des enfants est fortement en tension et bien justement avec les politiques qui sont de plus en plus de fermeture des frontières de sécuriser de sécurisation Et avec à nouveau ce fameux coup près des 18 ans et donc c'est ces jeunes mineurs qui sont un public particulièrement fragile avec des histoires aussi évidemment complexes multiples on a des jeunes qui sont envoyés comme je le
disais par leur famille qui ont charge d'ouvrir quelque chose on a aussi des jeunes qui partent à l'aventure et qui en connaissance de cause savent de plus en plus que le Critère d'âge et décisif dans les trajectoires et donc ce sont aussi les politiques qui amènent parfois à se mettre en route avant les 18 ans puisque l'on connaît ce fameux coup près le moment de globalisation que nous sommes en train de vivre c'est un moment aussi ou circule non seulement les images les imaginaires mais les informations bien entendu on sait la dangerosité pas toujours mais
De plus en plus on sait par exemple et on pourrait y revenir que quand on prend la décision de monter sur une embarcation qui traverse la Méditerranée le risque de mort et bien présent mais on sait aussi que là où on est on ne parvient pas à vivre donc tout ça évidemment important on a parmi les Ménades des jeunes qui fuient aussi les zones de guerre ou qui fuient l'enrôlement des mineurs évidemment dans la question Des milices armées que ce soit au Congo RDC que ce soit en Érythrée que ce soit en Afghanistan pour ne
citer que quelques exemples et puis on a aussi parmi ces jeunes toute une série de jeunes qui sont partis en famille et qui ont été séparés par la violence vécue durant les trajectoires que ce soit des morts en cours de route ou simplement même si le mot simplement peut sembler ici choquant le fait que L'on s'égare en cours de route ou le fait que on arrive dans un premier lieu sécurisé et que de ce lieu on va mandater un ou une personne pour poursuivre le chemin et peut-être à nouveau ouvrir la route pour les suivants
ces enfants au cœur des procédures il raconte aussi parce qu'ils sont par leur comportement mais aussi parfois parce que leur corps nous crie et bien les violences actuelles des procédures Et des politiques de migration et d'asile la lourdeur des procédures les temps d'incertitude les manques dans l'accueil ont des répercussions sur les enfants et ça a des répercussions à long terme à la fois pour ceux et celles qui resteront ici et pour ceux et celles qui deraient ou de force repartiront et qui vont se construire et transmettre ces vécus quelque chose vraiment de très très important
Il y a quelques années à présent une enquête qui a été publiée à propos de d'enfants de demandeurs de protection internationale qui mettait en exergue ce qui a été appelé par des psychiatres le syndrome de résignation qui est une maladie psychique qui touche les enfants d'exilés dont la demande de protection n'a pas encore été accordée ou qui est sur le point d'être refusé donc dans cette zone d'incertitude et d'impuissance qui est extrêmement Violente parce que tant que vous êtes en trajectoire même si c'est violent vous êtes en mouvement quand vous êtes en attente d'un statut
vous êtes arrêté vous êtes empêché et vous devez fortement vous contraindre à d'autres normes d'autres valeurs d'autres référents qui sont notamment ceux des centres d'accueils qui peuvent être fortement en tension avec qui vous êtes mais aussi avec évidemment ce qui vous a mis en mouvement et puis vous Êtes et ça on oublie souvent d'en parler on parle de de choc culturel d'interculturalité à l'intérieur même évidemment des centres pour demandeurs de protection internationale c'est la moitié de la planète qui se rencontre la moitié de la planète porteur de référents culturel mis ensemble dans un moment de
profonde insécurité incertitude et impuissance on peut imaginer évidemment ce que c'est pour les adultes mais d'autant plus pour Les enfants de se construire dans ce moment et donc ce syndrome de résignation ce sont des jeunes en général entre 8 et 15 ans qui se mettent égralement en veille pendant des mois il reste en position allongée sont nourris par intraveineuse il ne réagissent plus à rien on sait même pas s'ils entendent je vous cite un psychiatre qui dit ces enfants apathiques incarnent leurs blessures psychiques comment ils se Sentent complètement impuissant comment il le deviennent littéralement des
enfants symptômes comme on peut entendre ce qui se passe là alors évidemment tout n'est pas forcément aussi dramatique même l'exil c'est à dire la fuite peut-être un moment créateur on peut se reconstruire bien entendu mais tout dépend évidemment de ce que l'on va rencontrer sur sa route et puis à l'arrivée là où on pose ses bagages S'il existe sa compagne d'expérience de rejet d'humiliation d'injustice d'incertitude de racisme forcément il est difficile de se construire et ces expériences si je me situe à la place des enfants et des adolescents elle les atteint soit parce qu'il les
vivent directement soit parce que leurs parents les vivent et donc ça c'est fondamental les expériences d'humiliation de violence elles aussi elles se transmettent Qu'elle soit explicite ou davantage implicite tel que le racisme dit ordinaire par exemple les discriminations du quotidien en matière de logement etc ça nous renvoie évidemment à la question de bien accueillir qui est aussi favoriser un contexte qui permet de grandir de se déployer d'exister autrement que dans la peur et de l'incertitude d'être parents et donc à terme de faire société tous ensemble parce que c'est bien ça Évidemment qui se cache derrière
la question de l'interculturalité nous sommes là ensemble et donc comment faire société ensemble ça renvoie donc à la question des statues mais aussi à la question des conditions d'accueil et d'intégration ça veut dire quoi faire place trouver place dans une société ça veut dire quoi une place qui ne serait pas une place de sous-citoyenneté une place de seconde zone Ce qui nous renvoie et c'est mon quatrième point à la question du rapport avec les institutions alors il y a évidemment les institutions en matière d'obtention de droit mais il y a aussi les institutions les institutions
que sont les écoles par exemple mais aussi les services d'aide de protection de la Genèse qui sont des lieux où viennent ce cristalliser parfois des tensions autour des manières de faire famille des manières d'être parents avec des parents Qui justement se sentent parfois inadéquat délégitimés mis en dehors de la possibilité même d'accomplir leur rôle et qui vont réagir de différentes manières parfois on a des parents qui baissent les bras ils savent plus comment être au contraire on a des parents qui vont se mettre en posture de rigidification de contrôle de surprotection la seule chose qu'on
a c'est les référents culturels ça on peut pas y toucher on S'accroche à ça ça on peut pas toucher sinon on a tout perdu ou bien de suradaptation avec beaucoup de pression sur les enfants il faut réussir à l'école il faut travailler plus que les autres il faut ramener des 18 partout voir des ventes le 18 c'est pas assez tu dois faire mieux que les autres c'est là le seul chemin tu dois te fondre dans la masse avec des enfants qui se retrouvent là avec une pression sur les épaules D'autant plus qu'on sa dysfonctionne et
d'autant plus quand ils se rencontrent que les écoles aussi sont traversées par des formes de racisme et de discrimination énormément de recherches sont là pour le mettre en exergue pour le mettre en avant s'ajoute à cela et je ne serai pas très longue parce que Bruno on a déjà parlé le rôle évidemment des décélérations sociales dans les possibilités de transmettre comment on transmet quand la Place qu'on occupe dans la société en tant que parents est une place qui ne correspond pas à ce que l'on était en lien avec la reconnaissance des diplômes mais aussi en
lien avec la non reconnaissance des compétences et puis évidemment toute la question des discriminations ça a des effets interméconomiques mais ça aussi des effets en termes psychiques ça aussi des effets en termes de parentalité comment on peut pousser ses enfants à l'école Quand soi-même on a un doctorat et puis on se retrouve par exemple à devoir accepter un contrat article 60 via le CPAS qui nous amène à ramasser les poubelles par exemple comment on tient comment on fait avec ça comment lutte comment on est solide et comment on a face à nous des enfants qui
nous respectent et qui nous écoutent alors que parfois il n'y croit plus on a vu papa et maman ce que de ce que Cette société vous fait c'est pas pour nous baissez la tête c'est pas pour nous on va trouver d'autres chemins avec des ruptures parfois qui provoque aussi des ruptures plus profondes de transmission de l'histoire de la famille il y a plus de place pour ça de la langue à transmission qui sont pourtant comme je le disais au début fondamental en fait savoir d'où on vient mais aussi de Qui on vient ça permet de
se construire même si on se retrouve à vivre dans une société qui est structurée par d'autres référents culturels ne pas savoir d'où on vient ne permet pas en fait de s'ajuster on n'est pas solide si vous voulez dernier point ancrer ses enfants pour les protéger ça renvoie cette idée que pour les personnes afrodescendantes les personnes qui donc Sont nées en Belgique ici en l'occurrence puisqu'on parle de la Belgique mais ça vaut pour les autres pays notamment européens la question en fait les questions sont autres en partie autre où elles devraient l'être puisque culturellement alors bien
sûr si on grandit dans une famille plus ou moins apaisée on a reçu aussi les référents culturels l'histoire de la famille mais en même temps via l’école on a été tout à fait socialisé Dans les référents culturels du pays de vie via les copains les copines etc et donc on a les codes on n'est plus dans ce moment où on n'a pas les codes on a les codes et puis on veut se construire ici on veut réussir le problème devient alors celui du registre d'extériorité auquel on continue en permanence d'être renvoyé ce qui est d'autant
plus problématique et j'insiste là-dessus quand on ne connaît pas sa propre histoire C'est un choc c'est un autre choc et c'est un choc qui souvent a déjà lieu dans l'enfance où on pense qu'on est comme les autres et puis on est confronté au fait que tu es quand même un peu moins belle que les autres tu n'as jamais mis les pieds par exemple en Afrique que ce soit je sais pas au Congo Burkina au Ghana Cameroun que sais-je tu as un nom de famille flamand par exemple ta langue maternelle est le Français le flamand parce
que tes parents dans de nombreux cas ont voulu justement que ce soit ta première langue tu es métisse parfois et pourtant je vous cite ici un extrait de récit j'en ai pas cité beaucoup parce que je vois le temps qui filme celui-là est important tu ne m'a manqué me parle de son fils le premier jour où il a été à l'école secondaire les gens lui ont demandé d'où ils venait il a répondu Qu'il était belge et on lui a demandé d'où il venait exactement il a dit Liège non d'où tu viens exactement ah ma mère
et rwandaise et mon père est belge ah donc tu es africain et cette réflexion ne vient pas seulement des enfants elle vient aussi des enseignants on va faire une fête de l'interculturalité et on va demander justement à celui ou celle qui a l'air d'amener des beignets etc bon je passe et à partir de ce moment on les met en Boîte dans une case toujours la maman qui parle il est métisse imaginez me dit-elle les gens qui sont noirs on doit dire oh c'est africain là et pour mon fils c'était très difficile parce que c'était la
première fois qu'il voyait qu'il était différent quand il est rentré à la maison il était traumatisé ça renvoie à l'idée que malgré la nationalité en fait la couleur de peau on le sait reste un marqueur visible d'étrangésité supposée j'insiste bien Supposer parce que je me sens culturellement plus éloignée de toute une série de personnes bien belges depuis je ne sais pas combien de générations qui habitent dans ma rue que de certains de mes collègues venus du Cameroun ou du Congo donc c'est une étrangéité supposée d'accord c'est que les enfants découvrent souvent avec violence dans les
regards qui sont posés sur eux je cite une autre maman quand tu as la bonne couleur de peau alors tu as Un vrai belge ils ont un nom de famille flamand parce que mon mari est flamand mais les autres est considèrent toujours comme à l'octobre qui a un mot qui est utilisé officiellement en Flandre et l'accepte difficilement en ce qui me concerne j'ai toujours mes racines dans mon pays d'origine c'est important je peux m'en prévaloir je peux toujours m'accrocher à mes origines mais pour eux la Belgique c'est leur pays mais on leur pose toujours des
questions bizarres du Style d'ouvrenez vous vraiment et avec une insistance sur le fait que pour les générations qui sont nés ici en fait il y a quelque chose de plus difficile parce que justement cette fameuse culture d'origine c'est pas toujours très bien à quoi se raccrocher en fonction de famille il y a des choses qui ont été transmises d'autre part en fonction des familles on a déjà été dans le pays la région la ville le village parfois d'origine dans certaines Familles pas du tout parfois des bribes de langues ont été transmises parfois pas et puis
il y a cette colère en fait qui est autre parce que ni ici parce que refus de ce statut parce que la confrontation est plus directe je vous cite un dernier extrait avant de conclure une maman encore je trouve que pour la jeune génération c'est plus difficile ils ont grandi ici ils ont des droits et ils le savent nous nous contions de peu Parce que nous nous disions nous n'étions pas chez nous on ne revendiquait pas mais pour eux c'est compliqué ils ne connaissent rien d'autre parfois tu dois accepter un travail qui est vraiment en
dessous de tes capacités parce qu'à cause de ton nom mais ton CV au fond de la pile je pense que pour eux c'est difficile de faire face à cela ils sont chez eux et ça joue sur l'estime de soi alors j'en arrive à ma conclusion La fameuse intégration derrière interculturalité intégration qu'est-ce que ça veut dire je cite un de mes collègues que j'aime beaucoup et qu'on entend plus beaucoup parce qu'il a eu des gros problèmes de santé rwandais Léandre nichery mana qui explique que la période qui suit l'arrivée d'un migrant dans un pays période où
il est le plus fragile et le plus anxieux quand à son avenir revient une importance critique la pire perte Dit-il et celle de l'espoir et elle est en général infligée par le pays d'accueil dans les trajectoires d'exil et bien peu de crédit est accordé à la complexité des histoires de vie et des cultures justement on est confronté à toute une série de violences et ses épreuves en particulier pour les personnes fragiles elles ont des répercussions sur plusieurs générations j'insiste là-dessus alors intégrer ou s'intégrer C'est une petite lettre qui fait toute la différence le sapostrophe aujourd'hui
on est plutôt dans s'intégrer c'est l'injonction à l'autre de intégrer c'est un processus qui est conjoint en fait un a de nouveau le inter la société doit être prêt à donner une place à la personne qui est en retour évidemment doit se mettre en mouvement ça se passe des deux côtés et bien figurez-vous que toute la grande majorité des études converge pour nous Dire que les populations primo migrantes elles veulent s'intégrer souvent à n'importe quel prix mais est-ce que la société les intègre en retour personne qui ont tout quitté ou tout perdu et qui souhaitent
à tout prix se donner une chance de pour elle pour leurs enfants de réussir de s'en sortir qui sont souvent extrêmement demandeuses d'apprentissage de tout genre de langue de formation qui y croit ce sont des gens qui y croient D'accord ils veulent que leurs enfants apprennent à l'école ils les poussent ils veulent travailler le plus vite possible et c'est d'ailleurs pour ça qu'ils acceptent un peu tout et n'importe quoi en matière de travail le sacrifice il fait partie de et pourtant bien souvent ils ne sont pas mis en position de réussite et de reconnaissance ce
qui renvoie la question quelle place sommes-nous prêts À l'heure laisser ce qui va jouer évidemment sur la construction de la société d'aujourd'hui et de demain parce que l'intégration ça renvoie d'abord à la question du statut mais ensuite à la question des conditions de vie acceptable et puis à la question d'une inclusion et d'une reconnaissance sociale et sociétale plus profondes qui se joue autour un minima de trois trois enjeux et c'est ça à la fois fait Synthèse et conclusion pour que ces personnes vivent dans des conditions acceptables ça passe d'abord par le statut obtenu et ensuite
les conditions d'intégration deuxièmement travailler à des conditions de reconnaissance réelle ça va plus loin et moi ici il y a plein de personnes qui ont travaillé sur la question de reconnaissance raser on est tout ça moi j'aime bien Ricoeur que vous connaissez probablement notamment son ouvrage Parcours de la reconnaissance pour lui la reconnaissance elle se joue à trois niveaux se reconnaître c'est les lieux d'estime de soi fondamental être reconnu c'est être estimé mais c'est aussi exister pour les autres et puis être reconnaissant être en posture de contre don ne pas être enfermé dans la posture
de la victime la posture de la charité la posture la pitié c'est tout ça et pour lui les trois processus se répondent et c'est à l'interolation De ces trois processus qu'on existe profondément en tant que humain en fait et donc ça nous amène à réfléchir sur auquel interculturalité c'est des enjeux sociétaux les conditions de reconnaissance c'est des enjeux institutionnels c'est des enjeux individuels et inter-individuels donc troisième point donc conditions acceptables un statut intégration conditions de reconnaissance et puis un véritable contexte de reconnaissance et Bien ça devrait permettre l'émergence de métissage culturel apaisés de développement de
compétences interculturelles qui sont précieuses pour le vivre ensemble contemporain qui sont me semble-t-il fondamentaux à valoriser ne pas aller à contre-courant en fait du monde qui est le nôtre qui est un monde fait de pluralité et qui le sera de plus en plus si les personnes migrantes y exilées ont Dû faire face toujours de manière plus ou moins grande mais toujours à des difficultés ils ont développé pour y répondre des forces spécifiques qui sont aussi souvent adaptés au monde pluriel contemporain l'expérience de leur propre mouvement le passage d'un mode de vie anneau d'un mode de
pensée à l'autre de référent culturels à d'autres leur a permis de développer des capacités de médiation de traduction culturelle qui sont Précieuses pour eux comme pour nous comme pour tous et toutes et en lien avec ce que Bruno disait quelques minutes avant que je ne présente il rappelait que le futur démographique est un futur qui sera aussi un futur traversé par les questions d'immigration de pluralité de diversité des origines ça nous amène dont à la question de comment faire pour construire ensemble en reconnaissance de chacun et comment ne pas répéter en fait Les erreurs en
termes d'accueil d'inclusion d'intégration de discrimination d'une génération à l'autre comment sortir de cette boucle pour que quelque chose d'autre puisse enfin se penser et se construire voilà je vous remercie de votre écoute [Applaudissements] non non c'est nous qui vous remercions merci pour cette exposé qui était intellectuellement très riche mais aussi émotionnellement marquant et vraiment Poignant beaucoup d'entre nous évidemment on est aussi en contexte d'église bon beaucoup d'entre nous regarderons différemment j'en suis certain notre paroissiens venus d'ailleurs dont je parlais ce matin qui sont de plus en plus nombreux dans nos églises et qui sont une
richesse pour nos églises on regardera aussi nos voisins différemment mais le contexte était à la fois sociétale avec les j'ai prévu de résumer ici à toute une Page de résumer votre intervention mais on va passer aux questions ce sera plus plus intéressant parce que votre exposé était tout à fait clair et il ne demande pas de synthèse ou de résumer pour les questions c'est comme pour ce matin vous levez le la main un micro arrive voilà et vous poser si possible brièvement la question pour qu'on ait du temps pour la réponse et peut-être une autre
question aussi Merci ma question c'est par rapport à l'ajustement la famille des migrants qui arrivent avec sa culture là je parle de la famille africaine qui arrive et qui a ses valeurs dans les mondes d'éducation et quand la famille arrive ici trouve qu'il y a aussi [Musique] il trouvait quelque chose et ici dans le système éducatif vous entendez les parents c'est la Matera L'enfant il y a montré en premier lieu le numéro de téléphone à la de la police qu'il faut appeler quand on les gifles à la maison oh les grandes ainsi de suite cette
même famille africaine trouve que les Belges qui ont un certain âge respectable et aussi c'est la menthe du système éducatif d'aujourd'hui alors je voulais demander par rapport justement à l'ajustement qui doit être l'attitude d'un parent qui rencontre tous ces chocs là un para africain qui Vient il entend sa fille qui a créé son copain à la maison 4 jours et la première question il va dormir où tout ça sont des chocs alors je voulais vous demander par moi tout ça comment on doit s'ajuster merci beaucoup c'est pour votre intervention c'est quelque chose que j'ai beaucoup
beaucoup entendu sur le terrain quoi c'est une vraie problèmeatique qui touche à beaucoup de choses Alors brièvement d'abord je pense que pour pouvoir ajuster quelque chose c'est à dire que quelque chose d'assistant éducatif dont on importe heure au départ et des systèmes éducatifs dans lesquels les enfants grandissent ici quelque chose doit se transformer des deux côtés c'est à l'intersection que quelque chose va évidemment se construire il faut déjà que les parents soient mis dans une position de pouvoir se poser d'être en sécurité économique et psychique on voit Que là où ça se cristallise très fort
c'est dans les familles où on est justement on n'a pas cette possibilité de se poser se poser première chose deuxième chose quand on est en confrontation avec les institutions que ce soit les écoles ou les différents services etc évidemment de nouveau le chemin doit se faire des deux côtés c'est à dire que les parents ici s'ils souhaitent évidemment que leurs enfants Soient à la fois porteur de leur culture mais à la fois en capacité de s'adapter au monde dans lequel ils vivent ici doivent évidemment aussi pouvoir entendre toute une série de choses mais pour pouvoir
entendre il faut qu'ils se sentent eux-mêmes accueillis reconnus et ça c'est fondamental quand on a des services sociaux qui arrivent avec justement cette posture tout à fait ethnocentrée hiérarchisante infériorisante parfois Pour venir dire à un père ou une mère c'est comme ça que tu dois faire ou que tu devrais faire forcément ça clash ça se passe mal et qu'est-ce que ça provoque ça provoque rigidification et replie et donc de nouveau le mouvement je pense qu'il est à l'intersection de et que dans les familles ou quelque chose d'une écoute et d'un cheminement peut prendre place alors
il y a des formes nouvelles qui qui se construisent avec Néanmoins mais comme dans toutes les familles je pense qu'ici si vous avez des adolescents adolescentes dans toutes les familles à un moment donné un certain âge il y a des choses qui font tension des choses qui doivent s'ajuster des parents qui voudraient ceci cela pour leurs enfants des enfants qui essaient leur rôle aussi à l'adolescence viennent bousculer évidemment les référents de leurs parents qui sont aussi dans ces cadres-là des référents Culturels moi je pense qu'il y a rien d'in surmontable à partir du moment où
le cadre permet de cheminer mais je sais aussi que c'est quelque chose d'extrêmement difficile et que pour le moment ce cadre-là est rarement posé puisqu'on a des personnes qui ont qui sont déjà fragilisées par leur vécu et en face d'elle pas toujours mais souvent des travailleurs sociaux ou des référents institutionnels qui ont un peu De mal eux aussi elles aussi et bien à laisser quelque chose pour pouvoir écouter aussi vraiment ce qui se passe de l'eau de l'autre côté sans avoir la prétention de connaître toutes les réponses et puis encore un tout petit élément j'ai
pu assister à des expériences extrêmement intéressantes de parents justement qui se mettent autour de la cape avec des parents qui proviennent de culture différente et notamment qui proviennent Par exemple d'Afrique subsaharienne ou bien de Belgique pour mettre le doigt sur des problématiques qui parfois sont similaires des réponses qui sont pas toujours les mêmes et de sentir aussi voilà ce qui peut se construire et ces moments de construire avec et de rencontres qui parfois peuvent être beaucoup plus égalitaires que le rapport hiérarchique des institutions sont aussi des lieux ou des choses sont parfois possibles bon pour
faire court c'est une Question très très difficile merci d'avoir posé une minute une question merci beaucoup je sais pas si vous savez vous pouvez deviner dit ta soirée un peu plus loin de moi comme ça dans l'herbe je te regarderai du coin de lait est tu ne diras rien le langage source de malentendus c'est Saint-Exupéry qui le dit dans le petit prince et tous nous savons que le petit prince le livre insiste sur apprivoiser les mots Apprivoiser c'est-à-dire pour que je t'apprivoise tu dois d'abord te mettre dans un coin je crois que c'est culturel le
fait je l'ai dit pourquoi parce que j'étais invité une fois pour en parler avec des élèves dans une en sixième à marcher et j'ai commencé par ça et les enfants m'ont regardé j'ai dit mais tiens ça vous étonne que je puisse il connaissais même pas le texte je leur ai dit que j'ai appris ça au Congo alors ça m'a fait réfléchir en fait Je crois que moi je viens du Congo on m'a éduqué quand nous avions un étranger chez nous on nous demandait de lui laisser le lit lui il dormait sur le lit non non
on dormait sur la natte et ma mère mes parents sortaient les beaux les belles casseroles ce jour-là parce que c'est un étranger et il doit dire avec des bornes une bonne impression ici quand un étrangère arrive il faut d'abord observer s'il va répondre aux critères si l'époque on l'apprivoise S'il répond pas on apprivoise pas moi je crois que c'est ce qu'il faut il faut c'est-à-dire moi ce que j'ai dit à mes enfants pour élire je voulais expliquer seulement nous devons apprendre à libérer tout le monde non seulement les migrants mais les autres qui croient que
ils ne sont pas migrants parce que nous sommes tous migrants sauf que peut-être il y en a qui sont arrivés avant il y en a qui sont arrivés après j'ai fait une formation au cbaï santé Tous nous sommes rendus compte qu'on était 20 nous avions tous nous étions migrants en fait il y en a dans les grands-parents il y en a d'autres c'est l'arrière arrière c'est la tente finalement on a tous une histoire avec la migration je crois que nous devons nous libérer ne croyez-vous pas vraiment que les mots la livre il faut libérer tout
le monde c'est ça parce qu'on est prisonnier de clichés et de métissage pour moi c'est L'interculturalité de le vivons même dans nos familles quand j'envoie un enfant mon enfant à la maternelle le matin et l'autre va au collège et le troisième volet chacun revient avec une culture de la tenue culture et pourquoi nous acceptons nos enfants quand ils reviennent de l'école on leur dit pendant toi tu es tu es des de l'école enfin des des catholiques mais on les a que c'est la même chose donc c'est juste nous libérer je crois que ça va je
Voulais pas poser une question je voulais vraiment mettre quelques points sur sur les i merci beaucoup merci beaucoup moi je suis tout à fait d'accord avec vous et je vous remercie d'avoir mis deux éléments fondamentaux en exergue le premier c'est qu'effectivement à plus ou moins court ou long terme dans les histoires générationnelles nous sommes toutes et toutes mises et le deuxième point c'est qu'on est dans un moment Sociétal où les représentations à l'égard des étrangers des migrants des exilés sont davantage négatives que positives et que ça a forcément une incidence forte sur la manière d'être
et d'accueillir c'est très très important la manière dont on voyait les exilés politiques par exemple dans les années 70 ou la manière dont on les voit aujourd'hui le registre à partir duquel ces personnes sont regardées Appréhendées à fondamentalement changer et ça change aussi évidemment la manière d'apprivoiser comme vous le dites avec beaucoup de justesse merci beaucoup le temps est venu de vous applaudir encore vraiment merci beaucoup vous nous avez apprivoisé vous n'avez enseigné et je pense que vous avez aussi contribué à nous libérer merci