Bonjour ! Bienvenue dans ce nouveau numéro de Explique-moi l'économie. Aujourd'hui, nous allons parler de l'économie circulaire.
L'économie circulaire est quelque chose d'assez répandu, elle a d'ailleurs fait l'objet d'une loi en 2020 pour pouvoir la favoriser. Mais en quoi consiste exactement l'économie circulaire ? C'est ce que nous allons voir dans ce numéro.
Selon l'ADEME, l'économie circulaire consiste à produire des biens et des services de manière durable en limitant la consommation et le gaspillage des ressources et la production des déchets. Plus précisément, l'économie circulaire s'appuie sur sept piliers répartir en trois domaines d'action, nous allons donc détailler chacun des pilier. Nous verrons d'abord les piliers du domaine offrent des acteurs économiques, puis ceux du domaine demande et comportements des consommateurs, enfin nous parlerons du recyclage.
Le premier pilier est l'approvisionnement durable. On peut définir celui-ci comme un mode d'exploitation et d'extraction des ressources visant à limiter les rebuts ou rejets d'exploitation et l'impact sur l'environnement. Un approvisionnement durable va consister à privilégier l'utilisation des ressources renouvelables exploitées, en tenant compte de leur capacité de renouvellement.
Pour cela, quand cela est possible, les entreprises devront alors privilégier l'utilisation de matières recyclées dont l'impact sur l'environnement est moindre par rapport aux matières vierges. Concrètement, pour une entreprise, l'approvisionnement durable va consister à favoriser les énergies renouvelables, les matières recyclées ou recyclables et l'approvisionnement de proximité avec les circuits courts. Par exemple, concernant les circuits courts, il existe des plateformes qui mettent en relation des établissements de restauration collectifs, comme des écoles, avec des fournisseurs du bassin de vie ou l'école est présente afin d'encourager donc les approvisionnements de proximité.
Le deuxième pilier est l'éco-conception. L'éco-conception vise, dès la conception d'un produit, à prendre en compte l'ensemble du cycle de vie du produit en minimisant les impacts environnementaux à chaque étape de ce cycle de vie, c'est-à-dire dès la conception, en passant par la fabrication, la consommation, jusqu'au recyclage du produit. L'éco-conception va donc permettre de diminuer les quantités de matière et d'énergie qui vont être utilisées pendant la production, d'allonger la durée de vie d'un produit, de faciliter sa réparation, son reconditionnement et son recyclage.
L'éco-conception a été défini par une norme au niveau international, il s'agit de la norme ISO 14062. Un exemple d'écoconception peut-être pris avec l'entreprise BIC et ses stylos. En effet, le stylo à bille BIC Cristal, qui est un peu le produit phare de la marque, a été, il y a quelques années, modifié pour arriver à avoir une éco-conception.
Alors, concrètement ce stylo BIC peut écrire jusqu'à 2 km, il est 12% plus léger que son prédécesseur, il ne consomme que 2,9 g de matière par kilomètre alors qu'en moyenne les concurrents consomment 6,4 g. Ce stylo est d'ailleurs le premier qui a reçu la certification NF Environnement. J'ai oublié de vous dire, mais il faut savoir aussi que ces stylos vont être recyclés pour pouvoir ensuite fabriquer des bancs de jardin.
Le troisième pilier et l'écologie industrielle et territoriale, que l'on appelle aussi symbiose industrielle. Celle-ci, en fait, constitue un mode d'organisation inter-entreprise, c'est-à-dire entre entreprises, où il va y avoir des échanges de flux ou une mutualisation des besoins. Elle s'organise principalement autour de démarches collectives qui vont être mises en place soit par les pouvoirs publics, soit par des chambres consulaires, ou encore par des associations locales.
Cela va par exemple passer par des approvisionnements dans les coproduits ou les déchets de ses voisins. Par exemple, imaginons un bûcheron. Quand celui-ci coupe du bois, il a des déchets qui vont être la sciure de bois.
Et bien, on peut imaginer qu'une entreprise qui produirait des graminées de chauffage récupère ces déchets et les utilisent comme matière première. Pour favoriser le développement de cette écologie industrielle et territoriale, le réseau Synapse, animé par l'ADEME, a été créé en 2018. On compte aujourd'hui 150 démarches actives en France et environ 25 qui sont en cours d'initiation.
Le quatrième pilier est l'économie de la fonctionnalité qui consiste à privilégier l'usage à la possession, c'est-à-dire que cela va consister à vendre plutôt des services liés aux produits plutôt que les produits eux-mêmes. Par exemple, au lieu de nous vendre une voiture, on peut imaginer un garagiste qui nous la louerais et nous facturerais au kilomètre parcourus. On peut aussi citer les vélos partagés ou les vélos en libre accès que l'on trouve dans différentes villes.
Parmi les initiatives, on peut citer les pneus Michelin qui ont mis en place une offre durable de mobilité pour les poids lourds. En fait, l'entreprise ne va pas vendre les pneus aux entreprises de poids lourds mais les leur louer et leur facturer selon les kilomètres parcourus. Pour cette initiative, l'entreprise a reçu le Grand Prix Entreprise et environnement en 2016.
Cette économie de la fonctionnalité va plus loin que la simple location d'un bien d'usage, en fait, il y a également derrière des impératifs de mieux être social et sociétal et un souci permanent du développement responsable, c'est-à-dire que l'on va privilégier une utilisation partagée plutôt que la multiplication de la propriété, on va faire en sorte que les produits aient une plus longue durée d'usage pour que, donc, il puisse servir plus longtemps afin d'être fourni à différents utilisateurs le plus longtemps possible. Passons maintenant au deuxième domaine, consommer autrement. Le premier pilier va être la consommation responsable qui doit conduire l'acheteur à effectuer ses choix en prenant en compte les impacts environnementaux à toutes les étapes du cycle de vie d'un produit.
Pour favoriser cette consommation responsable, des affichages environnementaux existent, ils sont censés faciliter le choix des acheteurs en valorisant les produits les plus durables. On sait, par exemple, qu'un frigo, tel modèle va avoir une note A tandis que un autre modèle va avoir une note C, D, E, c'est-à-dire va être moins respectueux de l'environnement. L'affichage environnemental n'est pas le seul outil présent, il peut également être pris en compte la proximité avec l'existence de labels territoriaux ou de monnaies complémentaires.
Les motivations éthiques ne sont pas les seules présentes. Par exemple, dans les circuits courts, très souvent les consommateurs ont aussi une volonté de mieux connaître l'origine de leurs produits. Mieux consommer ne se limite pas à acheter des produits plus durables, cela va aussi consister à réduire le gaspillage des ressources.
Le gaspillage alimentaire est depuis quelques années sur le devant de la scène puisqu'on estime qu'environ un tiers de la nourriture mondiale est gaspillée, alors que dans le même temps, 800 millions de personnes environ souffrent de faim dans le monde. Cela peut donc sembler une aberration, donc des acteurs économiques, associatifs, ce sont saisis de cette problématique, notamment pour essayer de réduire le volume des invendus. Depuis 2016, une loi portant sur le gaspillage des ressources alimentaires prévoit l'obligation pour les magasins de plus de 400 mètres carrés de donner les invendus à des associations.
La consommation collaborative se développe aussi rapidement depuis une dizaine d'années, on trouve des plateformes de partage, notamment en ligne, qui permettent aux citoyens et aux entreprises d'optimiser l'usage de leur ressources. Un exemple peut-être trouvé dans les plateformes de covoiturage. Le deuxième pilier est l'allongement de la durée d'usage.
Celui-ci consiste à avoir recours à la réparation, à la vente et à l'achat d'occasion, ou au don des produits que l'on n'utilise plus. On va donc trouver de plus en plus des recycleries ou ressourceries, des repair café, il existe des plateformes en ligne où l'on peut vendre ses habits d'occasion, de même des sites où l'on peut vendre ou acheter des objets inutilisés. Du côté des entreprises, on peut également citer le remanufacturing qui est un concept encore assez peu développé en France mais l'est beaucoup plus aux États-Unis où il emploie environ 180 000 personnes.
le remanufacturing consiste, en fait, à introduire des pièces détachées de produits en fin de vie dans la conception de nouveaux produits. Enfin, le dernier domaine est la gestion des déchets avec un pilier, le recyclage. Bon, je vais moins insister là-dessus puisqu'on voit tous au quotidien plus facilement en quoi cela consiste.
Donc, le recyclage, simplement, vise à utiliser des matières premières issues de déchets. Il faut savoir qu'aujourd'hui en France, le secteur qui est à l'origine du plus de déchets est le BTP et donc, depuis 2020, la loi impose qu'au moins 70% des déchets du BTP soient valorisés. Un autre exemple que l'on peut prendre est l'upcycling.
Cela consiste donc à utiliser la matière première d'anciens produits pour en réaliser de nouveaux. Par exemple, dans les vêtements, il y a des marques qui récupèrent plusieurs vieux habits pour en faire un nouveau. Voilà donc, en quoi consiste l'économie circulaire.
Je vous dis à bientôt pour un nouveau numéro de Explique-moi l'économie.