voilà donc j'aimerais partir de de ce document qui montre l'inauguration le 27 juin 2014 à sarayevo est dans la partie de la ville qui est sous contrôle serbe euh dans un parc qui porte son nom d'ailleurs hein d'une statue donc de Gavrilo principe qui est un jeune étudiant qui étudie à Belgrade et qui comme vous le savez est l'auteur des coups de feu qui provoqueent la mort de l'archiduc François Ferdinand le 28 juin 1914 l'archiduc héritier du trône d'autriche- Hongrie ainsi d'ailleurs que de sa femme et Gavrilo principe est considéré en Serbie euh par une
bonne partie euh de la population serbe comme un héros hein comme un héros national d'où euh cette statue donc euh à sa gloire euh érigé inauguré en tout cas euh le 27 juin 2014 donc 100 ans presque jour pour jour après la date de l'attentat alors que dans beaucoup d'autres pays il est considéré comme un terroriste alors euh les Serbes de Bosnie d'ailleurs hein ont refusé euh de participer aux cérémonies communes qui avaient été organisé par euh plusieurs pays européens dont la France et qui devait avoir lieu à Sarajevo en juin dernier par crainte justement
d'être accusé d'avoir été à l'origine de la guerre et à vrai dire bon il y a effectivement une une tendance dans dans l'historiographie récente qui est représentée par le livre notamment qui a eu un gros succès hein de Christopher Clark euh les somnambule été 14 comment l'Europe a marché vers la guerre qui insiste effectivement sur les responsabilités des Serbes et du gouvernement serbe d'ailleurs dans l'attentat de Sarajevo et dans la crise qui a mené ensuite à euh à à au déclenchement de de la Première Guerre mondiale donc bon c'est ceci pour vous montrer que 100
ans après les fait en quelque sorte he la mémoire de la guerre et de ses origines continue d'être très vivace et de faire polémique et qui souvent le cas d'ailleurs hein dans les les commémorations qui sont des occasions privilégiées pour raviver un peu les polémiques du passé alors la question des des origines de la guerre elle a longtemps dominé l'historiographie de la Première Guerre mondiale euh disons jusqu'aux années 70 à peu près c'est une question évidemment fondamentale et dont les enjeux dépassent le champ euh purement historique une question fondamentale parce qu'elle pose la question des
responsabilités euh de de la guerre avec évidemment des résonances politiques voire moral lorsque de la responsabilité on passe à la culpabilité et le lien peut se faire très rapidement on va le voir alors à cette question des des responsabilités ou cette question plus vaste des origines on peut apporter plusieurs types de réponses premier type de réponse c'est effectivement désigner un responsable ou un coupable la guerre a eu lieu parce que un P pays ou parce que plusieurs pays la voulent c'est l'explication d'ailleurs qui prévaut durant le le conflit où le responsable de la guerre c'est
toujours l'ennemi bon par définition pouron dire c'est l'autre qui est jugé responsable du conflit mais c'est aussi l'explication qui est reprise dans les traités de paix dans le traité de versaill là aussi on va y revenir dans l'article 231 du traité de Versailles qui stipule donc que c'est l'Allemagne et ses alliés qui sont responsables de la guerre par la suite on peut s'attacher à définir effectivement la part plus ou moins grande de responsabilité de tel pays ou de tel autre mais en gros la démarche est à peu près la même il y a une autre
un autre type d'explication aux origines de la guerre qui peut-être avancer également on peut insister sur des causes plus profondes le choc des impérialismes par exemple hein économiques coloniaux euh qui ne pouvait que conduire à un affrontement c'est la thèse marxiste qui est euh théorisée euh par Lénine euh dès les premières années de la guerre et qui sera reprise ensuite par un certain nombre d'historiens ou de publications mais Jean jores déjà disait la phrase fameuse le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage donc l'idée d'une guerre qui s'avance et qui est
presque inévitable en quelque sorte et puis on peut aussi mettre l'accent sur d'autres facteurs la montée des nationalismes par exemple des tensions sur le système contraignant des alliances également et à ce moment-là on a tendance à succomber à une vision un peu mécaniste de la crise de l'été 14 une thèse de l'engrenage en quelque sorte à partir du moment où on commence à à à mettre le doigt dans l'engrenage les choses dépasse un peu les protagonistes et puis on aboutit à la catastrophe d'Out et à vrai dire d'une certaine façon c'est un peu peut-être l'idée
qui est suggérée dans le titre donc du livre de Christopher Clark les somnambules hein qui donneent un peu l'impression comme ça de de somnambule c'est-à-dire les dirigeants en fait des grandes puissances européennes qui marcheraient vers leur destin sans maîtriser pleinement le cours de leurs actions alors il y a du vrai et du faux hein dans tous ces types d'explications on peut pas en rejeter un à priori on peut pas n'en privilégier qu'un le défaut peut-être qu'ils ont tous c'est qu'il présentent la guerre comme en quelque sorte inéluctable ou inévitable et qu'ils peuvent verser dans une
vision un peu déterministe de l'histoire alors on peut préférer aussi puisque je présente là des des ouvrages qui sont récents euh plutôt que celui de Christopher Clark qui est un excellent récit hein de de la guerre mais avec des affirmations un peu un peu discutables parfois ou en tout cas qui peuvent être être discuté ou remis en cause il y a cette synthèse également qui est paru en septembre de Ger krumich donc qui s'appelle le feu aux poudres bon qui a déclenché la guerre en 1914 ger krumich qui est un historien allemand qui enseigne à
dusüseldorp qui est un spécialiste reconnu depuis longtemps de la Première Guerre mondiale qui a travaillé aussi avec Jean-Jacques Becker du côté français à plusieurs ouvrages et plusieurs articles sur la guerre notamment les origine de la guerre euh le feu au poudre bon c'est un titre beaucoup plus classique hein que les somambules j'avoue mais qui rend peut-être mieux compte de la situation et qui donne toute sa place aussi aux circonstances aux événements à l'impondérable euh et dans une situation finalement qui lorsqu'on examine la crise de l'été 14 on s'en rend assez vite compte peut-être à la
mercie du moindre événement et qui la la fait basculer dans un sens ou dans un autre et après tout l'image de la poudrière elle est pas totalement fausse c'est-à-dire que on peut accumuler effectivement des matières explosives et toutes les puissances européennes s'y emploient durant les années peut-être même les décennies qui précèd la guerre mais tant qu'il n'y a pas une étincelle ces matières explosives ne ne n'ont pas d'effet bon donc l'étincelle elle est quand même importante et elle est même essentielle hein pour déclencher le feu déclencher l'incendie alors l'objet de cette conférence sera de présenter
les grandes orientations hein de l'historiographie et leurs évolutions alors à grand trait parce que j'ai pas énormément de temps en insistant sur les enjeux qui sont sous-jacents à ces débats euh lorsqu'on a discuté ou lorsqu'on continue à discuter des origines de la guerre et aussi des responsabilités souvent et peut-être même encore maintenant on a plus cherché à démontrer qu'à comprendre et en démontrant peut-être à charger tel ou tel euh les enjeux du débat ça vise aussi à comprendre justement ce que on peut chercher à démontrer à travers ces différentes thèse historiographique alors une remarque aussi
supplémentaire peut-être au préalable euh il faut essayer de se replonger dans le climat hein de l'époque dans l'atmosphère de l'époque et de comprendre comment les contemporains percevaient une éventuelle guerre future ou une éventuelle perspective de guerre quand on dit ou quand on a dit un tel voulait la guerre ou accepter euh le risque d'une guerre ce qu'il faut bien comprendre c'est que il ne voulait pas ou qu' n'acceptait pas le risque de cette guerre-là he de la guerre qui va effectivement avoir lieu c'est-à-dire cette guerre de 1418 qui va durer 4 ans qu'on va appeler
grande guerre et qui va prendre des proportions considérables en terme de violence d'intensité de de de Chang géographique et cetera et cetera donc que il faut évidemment pas juger les actes des dirigeants de l'été X à la lumière bon des années qui ont suivi personne hein ne voulait une guerre généralisée ça c'est une évidence et encore moins donc une guerre de cette ampleur et qui allait durer aussi longtemps et même personne ne l'imaginait que cette guerre allait durer aussi longtemps on s'attendait à une guerre violente sans aucun doute euh même si là-dessus les avis étaient
peut-être partagés au sein des état-majors enfin on avait assisté au spectacle des guerres balcaniques notamment de la guerre russo-japonaise on comprenait quand même assez bien la violence que des armes nouvelles pouvaient exercer une mitrailleuse par exemple donc on s'attendait à une guerre violence à une guerre violente pardon mais une guerre courte hein ça c'est sûr et là encore les guerres balcaniques qui était là pour montrer que euh ces guerres duraient quelques mois pas plus et il n'y avait pas d'ailleurs hein de préparatif particuliers les les les les pays n'avaient pas prévu de réserves en matière
de munition par exemple qui les aurait permis de tenir au-delà de 2 à 3 mois de combat donc en août 1914 lorsque commence cette guerre tous les belligérants sont persuadés d'une part que la guerre sera effectivement courte de à 3 mois pas plus tous les belligérants sont persuadé également que cette guerre est juste ou qu'il mène une guerre juste une guerre défensive pour la France he qui est est attaqué en tout cas qui se perçoit comme telle pour la Serbie aussi une guerre justifiée pour l'Autriche-Hongrie qui doit répondre à l'attentat de Sarajevo guerre justifiée aussi
en drroit pour la Grande-Bretagne qui va répondre à la violation de la Belgique de la neutralité belge par les troupes allemandes guerre justifiée pour la Russie qui va au secours de son allié serbe guerre justifiée aussi pour l'Allemagne qui conçoit cette guerre comme une guerre préventive on peut dire les choses comme ça l'Allemagne qui se considère depuis plusieurs années comme encerclée et menacée et qui a pour idée donc d'aller de de de déclencher hein aussi euh tant qu'il est encore tempant et tant qu'elle peut avoir le dessus peut-être une guerre mais ça ce sont des
questions sur lesquelles on va revenir et toutes les puissances sont aussi persuadées que évidemment elles seront victorieuses dans cette guerre et ceci d'ailleurs surtout du côté allemand où les les Allemands et notamment l'étatmajor all et tout à fait optimiste quant aux chances de de victoire rapide bon sur l'armée française notamment on estime qu'en l'espace de 3 semaines l'armée française sera réduite à un néant en tout cas que la France demandera l'armistice tous les plans d'état-major et pas seulement le plan allemand sont fondés sur l'offensive et donc à partir de là si vous voulez à partir
du moment où la guerre est est déclarée euh les états major n'ont plus le choix hein c'est la victoire ou c'est le désastre alors je reviens un petit peu aussi sur la chronologie sommaire de cette crise de l'été 14 pour remettre un peu les les choses en place en quelque sorte donc le 28 juin 1914 l'attentat de de sarevo que j'ai évoqué tout à l'heure en introduction euh une première phase voyez qui va du 28 juin en fait jusqu'au 23 juillet l'ultimatum chien à la Serbie une première phase qui dure presque un mois et durant
laquelle finalement pour le commun des mortel pour les opinions publiques il se passe quasiment rien il n'y a pas de de d'événement qui soit particulièrement visible ou qui fasse progresser la situation donc on a l'impression un peu puisque l'ultimatum finalement la réaction de l'autriche- Hongrie a été assez tardive après l'attentat de sarevo on a un peu l'impression d'utant en plus que l'attentat de sarevo n'avait pas provoqué énormément de remous dans les opinions publiques et dans la presse on a un peu l'impression que l'affaire et puis c'est l'été hein que l'affaire est en train d'être plus
ou moins enterré bon et puis soudain 23 juillet ultimatum autrichien à la Serbie et là les choses se précipitent et là en l'espace de 10 jours quasiment du 23 juillet au 3 4 routût les ultimatums s'enchaînent les mobilisations enfin les ultimatums non il y a que l'ultimatum autrich à la Serbie mais ensuite les les mobilisations les déclarations de guerre et on passe finalement très rapidement et ça tous les contemporains ont été extrêmement marqués par cela par cette chronologie justement on passe très rapidement un conflit austrerbe hein donc localisé euh et même voilà localisé dans cette
région des Balcans à un conflit austro-serbe à une guerre généralisée et une guerre voyez qui implique des États qui a priori comme par exemple la France l'Allemagne ou la Grande-Bretagne qui a priori n'était pas concerné du tout par l'événement donc initial cet attentat de sarevo alors à partir de là on peut mettre l'accent lorsque on évoque les responsabilités des uns ou des autres on peut mettre l'accent sur tel ou tel événement si on veut appuyer justement sur la part prise par tel pays ou par tel autre pays par exemple euh on peut mettre l'accent voyez
sur euh bon bah l'ultimatum autrichien à la Serbie ou alors le 7 juillet sur le Conseil qui se tient à Vienne entre tous les les les ministres et les les dirigeants de la double monarchie en tout cas les principaux durant lequel l'autrichehongrie décide effectivement de riposter à la Serbie et de de lui proposer un ultimatum qu'elle saitciamment que la qu'elle sait que que l'Autriche que la Serbie refusera bon l'Autriche Hongrie effectivement elle souhaite profiter des circonstances de l'attentat de Sarajevo pour en finir en quelque sorte avec la question serbe et lorsque elle rédige ultimatum elle
sait très bien elle le réduige en des termes choisis et pour faire en sorte qu'il soit refusé l'Allemagne elle alors là on peut mettre en avant l'entrevue donc du 5 juillet à Berlin entre Guillaume I et puis l'envoyé diplomatique de François Joseph donc de l'empereur d'autriche- Hongrie le compte oyos l'Allemagne elle donne un chèque en blanc c'est l'expression consacrée à l'Autriche-Hongrie c'est-à-dire que elle va l'assurer qu'elle sera derrière elle quel que soit la la riposte qu'elle choisira donc elle ne lui dicte pas la riposte mais elle l'assure qu'elle la soutiendra c'est le chèque en blanc
l'Allemagne va pousser aussi l'Autriche-Hongrie à agir vite dans cette guerre qu'elle a prévu d'engager avec la Serbie de façon à placer l'Europe devant le fait accompli c'est la stratégie allemande placer les grandes puissances devant le fait accompli agir vite de façon à aboutir à un résultat définitif avant que les autres grandes puissances notamment la Russie ou la France ne n'ai le temps de de réagir en quelque sorte donc l'Allemagne va faire le Paris d'ailleurs que la Russie que la Russie ne réagira pas mais elle accepte quand même un risque bon c'est comme ça en général
qu'on voit les choses elle accepte le risque malgré tout d'une guerre généralisée mais en se disant que finalement si la guerre est déclarée avec la Russie le plutôt sera le mieux et les circonstances 1914 sont plutôt bien choisies et en fait l'Allemagne en tout cas c'est la tèse que développe g kromch dans dans son livre on a l'impression en quelque sorte que l'Allemagne veut tester la Russie sur ce ce conflit austro-serbe est-ce que la Russie réagira est-ce qu'elle ne réagira pas si elle réagit la guerre elle reste localisée et l'Autriche-Hongrie remporte une victoire diplomatique et
une victoire politique donc tout est positif si la réussie si la Russie réagit c'est la guerre effectivement dans des proportions plus vaste mais l'Allemagne estime que finalement tant qu'à choisir un moment le moment en 1914 est plutôt le bon la Russie elle elle va soutenir la Serbie alors est-ce qu'elle a poussé la Serbie à rejeter l'ultimatum voyez le 25 juillet réponse Serb donc qui rejette effectivement en partie l'ultimatum que les Serbes lui avaient soumis est-ce que la Russie a le 25 juillet où le 24 a poussé la Serbie à la fermeté face à arich-hongrie c'est
un point qui continue de faire débat entre les historiens les un disent qu'effectivement la réaction russe a été décisive pour pousser la Serbie à la fermeté d'autres estiment que les Serbes n'avaient pas besoin de l'appui de la Russie et qu'il s'était décidé avant que celle-ci ne se manifeste c'est elle aussi la Russie qui le 30 juillet est la première à décréter la mobilisation générale alors là aussi c'est un point sur le quel les historiens qui souhaitaent mettre en avant les responsabilités russes ont beaucoup insisté et puis d'autres ont fait remarquer à juste titre he que
la Russie de par l'étendue de son territoire de par la difficulté justement de rassembler son armée avait besoin de mobiliser tô pour que ces troupe soit effectivement en état d'entrer en action et que ça en effet pousser la Russie à décréter une mobilisation générale alors la question de savoir si la Russie aurait pu peut-être simplement décréter une mobilisation partielle ce qu'elle a fait déjà dans un premier temps uniquement dirigé contre l'Autriche-Hongrie mais les responsables de l'armée russe ont très vite poussé les dirigeants le tsar et puis les ministres compétents a décrété la mobilisation générale faisant
valoir que ce qui l'organisation et les plans de mobilisation étai prévus pour une mobilisation générale et que la mobilisation partielle en fait venait désorganiser l'ensemble donc c'était mobilisation générale ou rien et là évidemment l'Allemagne a compris que cette mobilisation générale pouvait être dirigée contre elle donc voilà pour ce qui est de la Serbie la Serbie alors là aussi c'est une question qui pose débat qui fait débat entre rien bon on sait que derrière l'attentat de Sarajevo il y avait euh l'organisation donc de la main noire qui était dirigé par le chef des services secrets serbes
et on sait donc que les services secrets serbe étaaiit non seulement au courant mais même qu'ils étaient derrière cet attentat que l'armée serbe était aussi tout à fait de connivance en revanche est-ce que le gouvernement serbe qui était certainement au courant mais est-ce que le gouvernement serbe à euh pousser à à l'attentat et à travailler aussi à cet attentat là on ne sait pas exactement ce qu'il en est sur la part de responsabilité du gouvernement serbe dans l'attentat de Sarajevo les historiens sont aussi là-dessus euh en en discussion euh on remarque aussi que la Serbie
a fourni une réponse à l'ultimatum autrichien qui était très allambiqué et qui euh évidemment a tout de suite poussé l'Autriche-Hongrie à euh déclaré la guerre en tout cas à ne pas tenir compte des réponses cbes bon pour la France alors la France elle elle a assuré son allié russe de son soutien est-ce que ça a renforcé la détermination russe très certainement là aussi c'est la grosse question de savoir ce qui s'est dit entre Point Carré et Nicolas I et le ministre des Affaires étrangères russes szonov entre le 20 et le 23 juillet qu' Point Carré
donc qui est le président de la République et Viviani qui est le président du conseil et ministre des Affaires étrangères se rendent donc à Saint-Pétersbourg bon là on a beaucoup glosé sur cette question là et puis pour la Grande-Bretagne on peut estimer aussi que notamment lorsqu'elle décide le 26 juillet lorsqu'elle fait une proposition de conférence internationale pour résoudre le la crise euh on a a pu estimer que la Grande-Bretagne au contraire elle n'avait pas suffisamment fait preuve de détermination et que si elle avait dit clairement dès le départ qu'elle soutenait la France et la Russie
en cas de conflit général et bien l'Allemagne aurait peut-être modéré ses son ardeur bon donc voyez d'ailleurs en quoi ces questions sont parfois difficiles à à résoudre puisque d'un côté on peut accuser la France d'avoir poussé à la guerre en affichant trop clairement son alliance avec la Russie et puis d'un autre côté on peut accuser aussi la Grande-Bretagne d'avoir d'une certaine façon poussé à la guerre au contraire en n'affichant pas suffisamment son soutien à ses alliés alors la première interprétation celle qui prévaut Lain de la Première Guerre mondiale c'est la plus radicale c'est de dire
l'Allemagne est responsable elle est l'unique responsable avec ses alliés mais en 1919 l'Autriche Hongrie n'existe plus donc c'est essentiellement l'Allemagne qui va porter le poids de cette responsabilité donc l'article 231 du traité de Versailles c'est l'article central du traité c'est certainement l'article qui est le plus important dans ce traité euh la rédaction de cet article fait l'objet de nombreuses discussions entre experts dans un premier temps et puis au sein du conseil des qu ensuite il a été adopté finalement dans sa version presque finale le 7 avril 1919 au moment de la Conférence de la paix
alors il se situe pas au début du traité mais il se situe en tête de la partie 8 d'où sa numérotation 231 c'est le premier article de la partie 8 consacré aux réparations alors c'est l'article en fait fondamental l'article clé du traité sur lequel repose toute la logique de l'édifice construit à Versailles l'objectif du traité de Versailles mais là je vais pas m'attarder trop là-dessus mais bon c'est pas seulement de mettre fin en droit à l'état de guerre mais c'est aussi de bâtir un nouvel ordre mondial fondé sur le droit c'est le projet notamment du
président américain dans cette perspective l'Allemagne est coupable elle est jugée elle est condamnée he notamment à des réparations et l'idée du traité dans cette logique c'est de dire que elle pourra réintégrer le concert des nations une fois sa peine purgée en quelque sorte c'estd une fois qu'elle aura payé les réparations ou qu'elle aura exécuté en grande partie les articles du du traité elle pourra alors entrer à la Société des Nations ce qu'elle fera d'ailleurs en 1926 alors les réparation dans cette perspective vous voyez euh ce sont euh c'est une un ensemble de dispositions mais qui
ne relève pas du droit du plus fort hein comme dans les conflits traditionnels on pouvait du simple fait qu'on était vainqueur imposé au vaincu une indemnité par exemple dont le montant était fixé de façon totalement arbitraire par exemple en 1871 l'Allemagne qui réclame à la France une somme de 5 milliards de francs ors bon là les réparations dans l'esprit des rédacteurs du traité de Versailles elles doivent être justifiées en droit et le montant de ces réparations doit être justifié aussi en fonction des dommages qui ont été causés réellement par l'Allemagne donc on a un article
231 qui est le fondement juridique euh de euh de ces réparation et un montant des réparations qui va être effectivement établi en fonction des dommages causés alors le montant sera établi euh beaucoup plus tard en mai 1921 parce que il faut laisser le temps à des experts à une commission des réparations d'évaluer ces dommages et puis de savoir ce qu'on va comptabiliser dans ces dommages donc l'article 231 les gouvernements alliés et Associés donc alliés euh et associé et associé c'est pour parler des États-Unis donc qui refuse le terme d'alliier au sens strict du terme déclare
et l'Allemagne reconnaît que l'Allemagne et ses alliés sont responsables pour les avoir causé de toutes les pertes et de tous les dommages subis par les gouvernements alliés et associés et leurs nationaux en conséquence de la guerre qui leur a été imposé par l'agression de l'Allemagne et de ses alliés voyez les termes sont très durs agression de l'Allemagne et de ses alliés d'une part responsable pour les avoir causé hein donc vraiment un lien de cause à effet entre la volonté allemande et les origines de la guerre et les dommages qui ont été ensuite subis et l'article
232 donc euh qui suit euh les gouvernements alliés et Associés exigent et l'Allemagne en prend l'engagement que soi réparé tous les dommages causés à la population civile de chacune des puissances alliées associé assez bien pendant la période où cette puissance a été en état de belligérance avec l'Allemagne par la dite agression par terre par mer et par les a d'une façon générale tous les dommages tels qu'ils sont définis à l'annexe 1 si jointe et cetera et cetera et donc à l'annexe on a effectivement la liste de tous les dommages et le montant total donc 132
milliards de marques or ne sera donné à l'Allemagne que en mai 1921 donc l'Allemagne s'engage en fait à payer en signant le traité de Versailles une somme dont elle ne connaît pas encore le montant alors le but de des rédacteurs de cet article c'était de définir une responsabilité juridique de l'Allemagne et non une responsabilité morale mais évidemment l'Allemagne il a vu un verdict de culpabilité et d'ailleurs l'expression l'Allemagne reconnaît implique quand même une sorte d'aveu de culpabilité de la part de l'Allemagne donc il est bien clair que l'Allemagne lorsque elle a lu enfin lorsque les
délégation allemande a a traduit a reçu le 5 mai donc le texte du traité qu'il l'a traduit et puis qu'il a découvert cet article il a tout de suite interprété ça comme une responsabilité morale et toute l'Allemagne he la population toute la classe politique allemande quel que soit ces tendance hein et c'est là où le poids des représentations le poids des perceptions est souvent déterminant en histoire notamment relation internationales a compris cet article comme un aveu comme un verdict de culpabilité cet article 231 il va durant toute l'entre de guerre allier toutes les hostilités au
traité de Versailles en Allemagne fédéré en quelque sorte cette classe politique allemande et les dirigeants de la République de veymar étaient prêt à reconnaître la responsabilité allemande dans les origines de la guerre mais pas une responsabilité unilatérale et d'autre part il n'était pas prêt non plus à reconnaître la préméditation c'est ça aussi qui est qui est important dans cette affaire euh bon en France maintenant alors je vais passer la diapo suivante en France maintenant dans l'entre de guerre vous avez des historiens qui vont petit à petit s'emparer de la question parce que très tôt on
a publié des documents à des fins justement pour les différents pays en cause bah de se justifié donc on a très vite eu connaissance d'une masse considérable de documents sur les origines de la guerre que ce soit des documents français allemands autrichiens russse même bon et donc les historiens ont pu travailler très rapidement euh sur ses origines et faire de l'histoire immédiate en quelque sorte alors en France le débat a opposé mais de façon tout à fait euh Pacifique hein opposé deux grande figure de de l'histoire française pierre Renouvin d'abord sa photo ici bon pierre
Renouvin qui est agrégé normalien qui a fait la guerre qui a perdu un bras à la guerre et qui est chargé au lendemain de la guerre de constituer une bibliothèque qui rassemblant tous les ouvrages publiés sur ce conflit et sur ses origin et ce sera l'origine d'ailleurs de la bibliothèque de documentation internationale contemporaine à Nanterre qui est aujourd'hui à entre euh il publie dès 25 un ouvrage intitulé voyez les origines immédiates de la guerre et c'est effectivement même quand on relit ce ce texte je l'ai relu là pour cette conférence c'est un vrai chefdœuvre d'histoire
immédiate sur le plan de la méthode notamment qu'est-ce qu'il dit en gros pour résumer sa thèse d'abord les empires centraux pour lui portent la responsabilité principale du conflit incontestablement il souhaitait dit-il localiser le conflit faire sorte qu'on en reste à une guerre austro-erbe mais ils ont couru délibérément le risque d'une guerre européenne à un moment où ils estimaient effectivement le moment les circonstances favorables avec l'idée que si on repoussait cette guerre cette éventualité d'une guerre généralisé le le le le moment serait moins favorable plus tard d'autre part les autres pays dit renouvant ont aussi une
part de responsabilité il ne chargeent pas que l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie la Russie dit-il n'a effectivement pas poussé la Serbie à la modération la France pour lui il lui reproche surtout d'être resté passive et la Grande-Bretagne d'avoir laissé croire qu'effectivement elle pourrait rester neutre dans le conflit ce qui a pu pousser en effet l'Allemagne à s'engager jusqu'au bout dans l'aventure il insiste aussi sur le poids des état-majors qui dit-il à la fin du mois de juillet ont pris le pas sur les gouvernements notamment odendorf le chef d'état-major autrichien et puis Moltke le chef d'état-major allemand qui
ont petit à petit imposé leurs conception fondé sur l'offensive sur la surprise aussi hein sur la soudaineté d'une attaque et notamment au chancelier allemand betman olveg qui aurait voulu à l'extrême fin du mois de juillet le 30 juillet peut-être faire marche arrière ou reconsidérer la la situation et le chef d'état-major allemand molt a dit bien fait comprendre qu'il était trop tard que le mécanisme était en effet lancé et que les plans militairalement étant fondé sur la surprise et sur l'offensive et sur la rapidité justement de mobilisation il n'était plus temps de faire marche arrière les
testes qui sont développé par Renouvin dans cet ouvrage les origines immédiates de la guerre sont encore aujourd'hui partagé globalement disons par une grande majorité d'historien et ce sont elles qu'on retrouve avec évidemment des nuances hein bien entendu en grande partie dans le livre de Gard kromich le feu au poudre autre autre historien français bien connu Jul Isaac qui publie en 1933 un débat historique le problème des origines de la guerre et qui présente les choses de de façon un peu différente quand même de celle de Renouvin la manière dont Renouvin présente la situation Jules Isaac
il est inspecteur général de l'Instruction publique de l'éducation nationale comme on dirait aujourd'hui il est euh également l'auteur de nombreux et bien connu manuel de l'enseignement secondaire c'est une figure tout à fait respectée de de l'histoire en France dans l'entre de guerre et il se sent investi d'une mission en quelque sorte au début de ses années 30 qui est d'éduquer la jeune génération dans la haine de la guerre et notamment euh il prend euh il a l'idée hein de d'organiser des rencontres dans le cadre de la Société des Nations entre historiens français et allemand pour
essayer justement de euh euh coordonner ou en tout cas de euh mettre en place un enseignement l'histoire de la guerre en France et en Allemagne qui pourrait présenter des versions compatibles en quelque sorte hein bon il y a pas l'idée encore de faire un manuel franco-allemand mais dans la pratique c'est c'est un petit peu l'idéal que rechercherait Isaac il est partisan d'un Locarno moral hein c'est comme ça aussi qu'il qu'il qu'il dit les chos qui permettrait donc de rapprocher la France et l'Allemagne non se seulement sur le terrain diplomatique ou économique mais aussi dans les
esprits dans les mentalités euh tout ça va le conduire justement à interpréter les origines de la Première Guerre mondiale d'une façon euh qui se veut être le plus impartial possible et Isaac reconnaît hein effectivement bien entendu hein la part de l'Allemagne et de l'Autriche-Hongrie dans ses origines et continue aussi à estimer qu'il s'agit d'une part tout à fait essentielle mais il va insister beaucoup plus que ne le faisait Renouvin sur les responsabilités françaises par exemple il met en avant la loi des 3 ans de 1913 il met en avant justement les rencontres entre Point Carré
et puis Nicolas II entre le 20 et 23 juillet 1914 le rôle de l'ambassadeur de France à Saint-Pétersbourg Maurice Paléologue qui a poussé indéiablement la Russie à à la fermeté en tout cas qui a assuré que la France soutiendrait la Russie dans ce conflit quoi qu'il advienne bon et également Jul Isaac considère que la mobilisation générale russe du 30 juillet est un événement décisif alors il y a justement cette cette phrase là assez subtile he aurait-on évité la guerre si l'ordre de mobilisation générale n'avait pas été lancé le 30 juillet par la Russie très probablement
non la mobilisation russe rendait-elle la guerre inévitable certainement oui la mobilisation russe signifiait la guerre du seul fait qu'elle entraînait la mobilisation allemande une phrase extraite de son ouvrage publié en 1933 et on retrouve he dans le livre de Christopher Clark finalement un héritage peut-être assez lointain mais de cette tendance de l'historiographie qui essae d'équilibrer un peu les responsabilité de part et d'autre julac insiste aussi et ça c'est assez novateur sur la faillite du système du système du coner européen de l'équilibre d'un équilibre européen à bout de souffle et lui qui est partisan justement de
la Société des Nations et bien il introduit ici un élément qui dépasse les responsabilités des uns ou des autres et qui met en avant le système international en lui-même qu'il estime en 1914 profondément épuisé et profondément perverti alors ces controverses elles vont s'apaiser dans les années 50 et puis il y a la deuxième guerre mondiale qui est passée par là et qui évidemment domine les débats historiques à ce moment-là donc on oublie un peu la Première Guerre mondiale jusqu'à la publication donc en 1961 du livre de Fritz Fischer donc un historien allemand qui sera traduit
en 1970 en en français sous le titre les buts de guerre de l'Allemagne impériale 19 114 1918 et Fritz Fischer euh met en avant des thèses qui font vraiment l'effet d'une bombe dans la en Allemagne et et pas seulement dans le le petit milieu des historiens allemands hein des thèses qui vont être discutés pendant de très longues années qui vont donner lieu à des querelles entre historiens entre écooles et Fiser va avoir toute une école des disciples qui vont même radicaliser hein et même peut-être àexcès ses thèses alors ce que il dit c'est que l'Allemagne
pour lui est effectivement la principale responsable si ce n'est l'unique responsable réel du premier conflit mondial mais il va même plus loin puisqu'il dit que l'Allemagne souhaitait he d'une certaine façon une guerre européenne dans cette dimension dans la dimension qu'elle aura effectivement depuis pratiquement 1912 pour s'imposer comme une grande puissance mondiale elle a tout fait pour qu'elle ait lieu cette guerre et pour qu'elle prenne une dimension plus vaste qu'un conflit austrerbe il insiste aussi sur la volonté de l'étatmajor allemand la volonté de Guillaume I également mais aussi du chancellier betmanolveg qui avait été plutôt épargné
par l'historiographie précédente betman olveg qu'il euh présente comme poussé justement par une opinion violemment nationaliste d'élite panermaniste et cetera et qu'il présente comme quelqu'un qui a d'emblé des objectifs des buts de guerre annexionistes expansionniste alors le problème c'est queil s'appuie en grande partie pour justifier ces thèses sur un document que betmanolveg le chancellier allemand effectivement rédigé mais après coup une fois la guerre déclarée et précisément le 9 septembre 1914 c'est-à-dire au moment de la bataille de la Marne mais au moment où l'issue de cette bataille n'était pas encore décidé puisque c'est le lendemain seulement qui
va apprendre la déroute des troupes allemandes donc il rédige ce programme très expansionniste et très annexioniste ce programme maximum en quelque sorte il le rédige à un moment où un peu l'euphorie des l'avancée des troupes allemandes il est encore persuadé que l'Allemagne va remporter un succès très rapide sur la France donc on peut pas à partir de ce texte euh supposer si vous voulez que le chancellier allemand avait des idées identiques avant euh août 1914 en tout cas ce serait extrapolé en fait l'étude de de Fritz Fischer elle porte plus sur les ambitions de l'Allemagne
impériale sur une période longue finalement que sur la crise à proprement parlé 2 juillet 1914 c'est une un ouvrage qui est finalement comme le souligne Gard kromich qui est finalement révélateur surtout des interrogations que cette génération d'historiens Allemands dans les années 1960 pouvait se poser sur le nazisme et et sur une certaine continuité de la politique allemande de Bismark à Hitler et c'est un un ouvrage finalement et une thèse qui procède plus de d'une analyse du nazisme que Fiser refuse de considérer comme un accident de l'histoire allemande que un livre qui proposerait une véritable analyse
de la crise de l'été 1914 c'est plutôt comme cela si vous voulez qu'il faut comprendre ce livre et qu'il faut l'interpréter donc les enjeux de la controverse fichè elle dépasse voyez très largement l'étude de la crise de 1914 et plus à replacer dans un contexte propre à l'Allemagne et à une réflexion de la génération des Allemands des années 60 sur leur passé et sur le long terme alors il y a une autre tradition historiographique qui va privilégier les forces profondes disons alors je termine là-dessus assez rapidement puisque l'URE tourne qui va privilégier les forces profondes
les origines à long terme du conflit sans que cela d'ailleurs soit incompatible avec l'action de décideur évidemment et des causes plus immédiates hein bien entendu pierre renouvi Renouvin a bien montré cela voilà en relation intern national il y a les causes immédiates et puis il y a les causes profondes alors on a pu mettre en avant effectivement et notamment l'historiographie marxiste la fête le poids des rivalités coloniales notamment entre la France et l'Allemagne qui s'était affronté dans un passé proche à deux reprises sur les questions marocaines en 1905 et en 1911 on peut mettre l'accent
aussi sur le poids des rivalités commerciale entre l'Allemagne et la Grande-Bretagne par exemple il y a une véritable guerre commerciale qui euh ce s'est mise en place depuis la fin du 19e siècle au moins entre ces deux puissances dans la conquête des marchés on peut mettre en avant aussi le poids de la course aux armements euh peut-être dans la vision marxiste des choses encouragé par des milieux industriels qui y trouveraient leur compte et de fait hein il y a au début du 20e siècle une course aux armements notamment dans le domaine naval entre la Grande-Bretagne
et l'Allemagne hein des 1900 euh la marine allemande qui décide de se doter d'une flotte de guerre égale à celle de la Grande-Bretagne et les Britanniques en effet qui veulent conserver leur suprématie et donc qui euh se mettent à fabriquer de nouveaux modèles de cuiracé bon donc voilà là par exemple vous avez un un modèle de cuiracé britannique le dreadn donc qui est euh lancé en 1906 hein et qui euh inaugure une nouvelle génération hein de bâtiments de guerre euh on peut mettre en avant aussi le poids des opinions publiques et du sentiment nationaliste le
poids de représentation aussi à caractère racial qui crée des solidarités nouvelles dans cette Europe de l'avant-guerre le pangermanisme par exemple d'un côté le panslavisme de l'autre bon l'idée d'une veillée d'armes en quelque sorte hein que les sociétés européennes tout entières se serait finalement prête à en découdre et d'ailleurs dans son livre les somnambules Christopher Clark insiste et à juste titre sur ce plan là sur le nationalisme de la société serbe durant la crise de l'été 14 qui aurait poussé justement le gouvernement serbe à la fermeté dans la crise de avec l'autrich enerie bon tous ces
facteurs jouent in contontestablement à des degrés divers mais ils ne sont pas décisifs dans le déclenchement de la guerre c'est pas pour des raisons colonial que la guerre éclate les affaires marocaines ont été réglées en 1911 il y a eu un accord entre la France et l'Allemagne sur le Maroc sur le Congo le Cameroun également bon et depuis 1911 les tensions coloniales sont retombées et puis la guerre éclate dans les Balcans hein c'est pas pour des raisons coloniales la course armement elle a eu lieu certes mais l'Allemagne a renoncé déjà euh à peu près vers
1910 à euh ses projets dégaler la flotte britannique et puis la course aux armements ne mène pas automatiquement à la guerre elle peut aussi avoir un effet dissuasif on a pu aussi calculer que en France avant 1914 c'était 2,5 % de l'acier et du fer consommé qui servait effectivement à fabriquer des armes donc c'est finalement une proportion assez faible et on peut pas dire que toute l'industrie sidérurgique française travaille à la fabrication d'armement avant 1914 et puis sur le nationalisme c'est la la la montée du nationalisme est indéignable en France ou en Allemagne notamment depuis
1905 justement lié à ces questions marocaines les affaires de Tanger notamment mais euh cette poussée nationaliste a été était largement surestimé et les travaux de Jean-Jacques Becker notamment ont bien montré que ce nationalisme il touchait surtout les grandes villees il sur touchait surtout certaines catégories de la population qui justement faisait beaucoup parler d'elle des étudiants par exemple he qui voilà bon publié manifesté et cetera mais que les sociétés européennes globalement étaient plutôt pacifiques et en tout cas ne souhaitait pas la guerre on peut rappeler qu'en 1912 il y a des élection en Allemagne au Reichstag
et que le parti politique qui gagne ses élections et qui s'impose comme la plus grande force politique en Allemagne c'est la socialdémocratie alors évidemment le rtag n'a aucun pouvoir dans l'Allemagne impériale ou quasiment aucun pouvoir mais il n'empêche que il est quand même l'expression du vote de la population il y a des élections législatives en France en juin 1914 qui voit la victoire plutôt du centre gauche dirons-nous et en tout cas la la nouvelle chambre est une chambre où il y a une majorité de députés hostille ou qui s'était prononcé contre la loi des 3
ans adopté l'année précédente Viviani d'ailleurs qui est le président du conseil et qui est le ministre des Affaires étrangèr s'était opposé en 1913 à la loi des 3 ans par exemple bon vous avez deux représentations de l'entrée en guerre une première c'est une photographie qui illustre c'estez bien la manière dont la propagande française souhaitait euh représenter ses entrées en guerre donc des femmes qui on encourage ici des soldats qui partent la flore au fusie dirions-nous et puis une gravure de Max Beckman donc un artiste allemand qui est beaucoup plus tragique et qui illustre peut-être mieux
la réalité des sentiments qui ont animé les population au moment où ils apprennent la déclaration de guerre la surprise peut-être l'incrédulité et puis une certaine angoisse évidemment face à l'avenir l'autre facteur qu'on peut invoquer je vais arrêter là-dessus c'est j'ai déjà fait allusion tout à l'heure en en parlant de Jul Isaac la faillite du concert européen c'est-à-dire un système fondé sur l'équilibre fondé sur la souplesse aussi des alliances puisque dans le cadre du concert européen le principe fondamental c'est de voir se grouper contre un état qui manifesterait des ambitions hégémoniques de voir se grouper l'ensemble
des autres grandes puissances pour le ramener à la raison et rétablir l'équilibre bon les systèmes d'alliances qui se mettent en place dans les années 1880 pervertissent profondément ce mécanisme même du concert en lui faisant perdre la souplesse qui lui était inhérente en quelque sorte à partir du moment où on a des systèmes d'allian même si en fait dans ces systèmes il n'y a que deux alliances militaires réellement solides avec des conventions d'étatmajor et cetera c'est l'alliance qui unit l'Allemagne à l'Autriche-Hongrie et puis c'est l'alliance qui unit la France à la Russie les autres ne sont
pas réellement des alliances militaires avec obligation d'intervention et cetera à proprement parler mais on a quand même des alliances en temps de paix qui figent le système et qui vont conduire effectivement à cette impression d'engrenage qui se réalise dans la dernière semaine de juillet bon chaque déclaration de guerre entraînant forcément une autre déclaration de guerre par le biais des des des de de de ces alliances ces systèmes d'alliances ils vont développer aussi en Allemagne une véritable psychose de l'encerclement notamment l'alliance franco-russe bien sûr mais aussi l'entente cordiale de 1904 mais aussi le rapprochement entre le
Royaume-Uni et l'Empire russe en 1907 euh une véritable psychose de l'encerclement qui gagne le gouvernement l'étatmajor mais aussi une grande partie de la société et qui vont persuader justement les dirigeants allemands civils et militaires de leur bons droit si vous voulez et la nécessité d'une certaine façon de se lancer dans une sorte de guerre préventive hein bon de façon à rompre cette menace et puis le système d'alliance il introduit aussi des considérations en terme de mobilisation de planans d'attaque qui vont précipiter les événement en 1914 en août 1914 le plan schliffen qui est le plan
allemand justement pour éviter que l'Allemagne ait à combattre sur deux fronts en même temps prévoyait une attaque brusque sur la France comme vous le savez bien une attaque brusque sur la France tablant sur les lenteurs de la mobilisation russe les Allemands estimaient qu'il fallait 3 semaines un mois pour que l'armée russe puisse mobiliser et donc ça impliquait qu'en 3 semaines un mois il fallait en finir avec la France de façon à ce que les troupes allemandes engagées à l'ouest puissent se reporter sur le front orientale lorsque l'armée russe aurait été en état d'entrer en jeu
donc un plan qui est fondé sur la la rapidité d'exécution évidemment euh le les plans français et russes prenaient un peu le contrepied évidemment du plan schliffen c'est-à-dire que l'objectif des français c'était que les Russes mobilisent le plus vite possible de façon à ce que il y ait un deuxième front qui puisse s'ouvrir le plus rapidement et donc justement les Français font tout pour que des voies de chemin de fer soit construite mise en place de il donne des capitaux pour ça aux Russes de façon à ce que les les Russes puissent très rapidement masser
leurs troupes aux frontières allemandes bon donc ça signifie voyez que en fait dès que la situation devient un peu grave les Russes sont poussés à mobiliser parce qu'ils savent que ça va leur prendre du temps donc ils vont le faire le plus vite possible et dès que la Russie commence à mobiliser l'Allemagne se dit il faut qu'on se dépêche nous d'agir contre la France parce que chaque journée euh que qui passe finalement va remettre en cause la validité de la stratégie du plan schliffon donc tout ça ça va effectivement et c'est lié au système d'alliance
tout ça ça va effectivement hter le mécanisme de l'engrenage alors pour conclure rapidement on a durant cet été 14 une succession d'événements qui sont autant de surprise en fait pour les les populations européennes et aussi pour les diplomates et aussi pour les dirigeants finalement qui ne sont pas véritablement plus informés que les autres ou en tout cas s'ils sont plus informés il n'en tirent pas forcément des conséquences plus plus plus plus réaliste sarahevo c'est une première surprise incontestablement mais ça ne provoque pas encore d'angoisse trop forte l'ultimatum autrichien et les termes de l'ultimatum sont aussi
une certaine surprise et puis la rapidité avec lesquelles les événements vont se précipiter dans la semaine qui suit l'ultimatum autrichien après le 23 juillet ça aussi c'est une surprise pour beaucoup de contemporains surprise parce que enfin on s'en rend compte hein justement à postori parce que rien n'est prêt finalement euh pour euh réellement entrer immédiatement en action et pour en tout cas mener une guerre qui euh euh pouvait être longue c'est aussi peut-être la preuve que personne ne voulait si ce n'est la guerre au moins cette guerre-là hein cette guerre qui qui allait se se
déclencher alors la complexité des débats sur euh ses origines montre bien le caractère multicausal de cette guerre le caractère multidimensionnel aussi de cette guerre et puis son caractère multiscalaire hein comment on passe d'un conflit localisé à un conflit généralisé comment on passe d'un conflit austro-serbe à une guerre franco-allemande hein ce qui paru totalement euh pour de façon euh euh euh bon en allant un petit peu vite hein évidemment mais c'est un peu la manière dont on peut résumer euh ces ces événements de de la fin du mois de juillet euh tout ça c'est ce sont
des choses évidemment qui vont frapper beaucoup les contemporains mais ces caractères-là multicausal multidimensionnel multiscalairire montrent bien que euh sur ce point aussi la première guerre mondiale peut apparaître comme l'archétype des guerres contemporaines celles qui ouvreent finalement l'histoire du 20e siècle voilà je vous remercie