ce qui m'a toujours euh poursuivi si vous voulez c'est c'était la mort à àos les choses comme elles sont on vous laisser euh sans nourriture sans rien nous étions des malades nous étions des squelettes vivants c'est tout ce que nous étions si nous qui avons été déportés nous ne parlons pas nous ne racontons pas ce qui s'est passé exactement qui va le raconter marie veslich en juillet 1944 vous êtes arrêté dans le centre de Toulouse alors que vos parents qui vivaient à la campagne vous envoi faire quelques courses pouvez-vous nous raconter un jour papa me
dit tu vas c'était un samedi euh demain tu vas partir lundi tu partiras tu iras à Toulouse tu iras me chercher ça et puis tu reviens c'était c'était normal si vous voulez ça n'avait rien d'inhabituel donc euh le lundi matin le lundi 24 juillet 1944 je pars je prends il y avait le le le car je suis arrivée à Toulouse et à Toulouse bon je suis venue 4 r Sainte-Catherine euh là comme enfin j'ai rencontré Roland le meilleur camarade de mon frère ils étaient toujours avant ensemble donc moi j'étais aussi quand même là avec et
puis on a commencé à parler il m'a accompagné il m'a accompagné à la maison il y a deux personnes qui sont rentré dans la cour euh il y en a un c'est enfin je suis après c'était un milicien et l'autre était un Allemand mais l'allemand n'a pas broché il a pas dit un mot et le le médicien s'est adressé à moi comme s'il me connaissait on me disait mademoiselle rafalovic et moi c'est là où j'ai vraiment été en dessous de tout on m'interpelle comme ça mais oui et ce oui m'a a été fatal pour moi
vous racontez le trajet en train jusqu'à ravensbru qui est le premier camp dans lequel vous avez été déporté et les passagers sont entassé vous faites un malaise et il faut faire ses besoins devant tout le monde on était en fermé dans dans dans dans il y avait pas de place euh il y avait rien on pouvait pas bouger on pouvait rien faire euh et là d'ailleurs c était la première fois où de ma de ma vie où je me suis évanouie certainement de bon vous parlez de la Trine moi je pouvais pas c'était pas possible
que devant tout le monde comme comme ça c'était dans un coi mais enfin quand même mais il y a une chose quand même bon je parle pas de de l'environnement qui était très mauvais très euh mais il y avait pas une ambiance de tristesse pourquoi parce que tout le monde savait que les Alliés avaient déjà débarqué donc l'ambiance était oh mais les Alliés ils sont là nous on va nous amener à drany c'est là on savait qu'il y avait c'est c'est un camp de transit donc avant qu'il bouge les alliés vont nous vont nous libérer
ce n'est qu' moment alors enfin vous devez pas connaître moi non plus je connaissais pas les wagons à bestiaux il y a deux fente de chaque côté de chaque côté il y a la porte au milieu et puis de chaque côté il y a deux fantes et là les hommes enfin à tour de rôle il regardaient où on va ou à quel à quelle gare euh n nous passons jusqu'au moment où ils se sont aperçus que les noms des gares que l'on traversa n'était plus écrit en français c'est là où ça a commencé à être
inquiet inquiétant on s'est arrêté une fois le dans la nuit parce que c'est toujours dans la nuit pour pour impressionner les les gens le train s'est arrêté il s'est arrêté à enfin on on l'a su après où c'était c'était la gare veillemar là euh tous les tout le monde est descendu il y avait des capots qui ont dit euh ceux qui sont fatigués il y a des cararts vous allez monter dedans et vous allez après vous vous vous allez à pied et vous vous rejoindrait euh là où nous allons heureusement qu'on était qu'on éétait pas
auwi parce que oswiic quand il montait dans les dans les camions on les revoyait plus il partait directement à la chamb magas là tandis que on le savait pas ça alors ceux qui étaient fatigués ceux qui avaient des enfants en basage sont monté sont montés dans les camions moi j'ai pas voulu il y avait je sais pas je j'allais toujours avec les les plus âgés avec des jeunes les jeunes filles de de 18 ans 20 ans enfin bon et là on a marché et et puis on est allé on est arrivé à rbruc vous racontez
l'horreur des camps le travail forcé et une chose vous terrifie ce sont les les femmes rasées vous dites perdre mes cheveux est devenu ma hantise ah oui je pense que si on m'avait rasé j'aurais pas lutté voyez c'est après je me disais mais pourquoi tu tu es bête mais ça je l'ai vu par la suite mais je me disais il faut que même pour après pour même dans les pires moments j'ai toujours tenu à être euh si vous voulez me me me tenir le plus propre possible de ne pas me laisser aller parce que j'ai
regarder autour de moi mais c'était affreux des personnes qui étaient dans dans avec nous dans le camp dans le dans le transport des personnes bien alors est-ce que c'est elles qui avait raison qui se sont laissé tout de suite abandonné parce qu'elles elles étaient peut-être plus lucides que je n' été moi je voyais peut-être les choses différemment et peu de temps après disparaissait et ça je ne voulais pas et la première des choses il fallait être impeccable et et pour moi de raser quelqu'un bon après ici en France on faisait plus attention à ça mais
quand quand je en 40 ou en 45 ça n'existait en 44 ça n'existait pas et euh la première fois que j'ai vu une je savais pas si c'était un homme une femme je savais pas je me disais mais c'est pas possible on rase pas on enlève la toute la féminité à la personne on enlève qu'est-ce qui reste il reste plus rien ça ça c'est c'est quelque chose que que je même même encore aujourd'hui mais bon maintenant je fais plus attention à ces choseslà mais je me disais mais c'est pas possible alors que les alliés progresse
vers l'Allemagne vous êtes transféré au camp de Bergen Belsen et vous dites qu'à côté ravensbru vous êtes apparu comme une sorte de paradis mais oui mais mais moi aussi j'ai mis j'ai mis du je me disais est-ce que je mets ça ou est-ce que je mets pas je mets mais c'est vrai euh si vous voulez pour moi ravensbr était un camp de déportation mais berenells était un camp d'extermination il y avait peut-être pas de chambre à gaz commewich on allit pas mais c'était pire c'était pire parce que on vous laissait euh sans nourriture sans rien
et on vous laissait euh vous étiez entouré de cadavres moi j'ai eu moi ce qui me ce qui m'a toujours poursuivi si vous voulez c'est c'était la mort à les choses comme elles sont c'était ça parce qu'on savait il fallait qu'on marche il fallait qu'on marche et on marchait on marchait à travers les à travers les cadavres on ne voyait que ça pour moi c'était l'expir c'était c'était je connaissais pas enfin si je connaissais oswitch mais c'était différent et je me rappelle toujours euh berels quand je sortais de des baraques j'allais voir ça m'est toujours
resté en tête les arbres de bergels parce que il poussait c'était des arbres qui poussai en hauteur il y avait rien il y avait que le Tron et je me disais il il il pousse pour pour ne pas sentir cette odeur pour ne pas rester dans la dans la puante de la il fallait qu'ils ai qu'ils veulent qu'il veulent vivre et il poussaient en hauteur et moi je je m'appuyais sur ces arbres et il me semblait qu'il me donnait de la force et c'est comme ça qu'après que j'avançais vous étiez seul vous étiez seul vous
n'aviez ni et même si vous vous approchiez de de la cuisine on vous tirait dessus et puis quand vous rentriez le soir dans la dans la baraque parce que dans la nuit tout le monde il y avait le Tyfus il y avait la la disysenterie il y avait tout ce que vous voulez mais surtout moi ce qui me qui me prenait c'est les les râes des des des femmes et puis les personnes n'importe qui quand vous êtes vraiment au plus mal qui c'est que vous appelez vous appelez votre maman et vous entendiez toujours maman maman
maman et le matin quand je me levais je me disais est-ce que je serai là encore ce soir c'est pas du tout la même chose là je suis sûre que si j'étais resté encore je me donnais 3 qu jours et j'aurais pas résisté à perel quand les Anglais découvrent les camp ils se disent effarés horrifiés et vous dites qu'ils n'ont d'abord pas su vous soigner correctement absolument pas je pense que je veux écoutez les tr/4s je pense des personnes qui étaient encore vivant quand les anglais sont venus sont décédés de ce qui de la nourriture
ils nous ont donn une nourriture comme si nous étions des personnes normales nous étions des malades nous je sais même pas si si nous étions des squelettes vivants c'est tout ce que nous étions et là je je vais vous dire parce que ça m'est arrivé il nous donne la première la première des choses bon c'est vrai ils ont été ils ont été effarés quand ils sont rentrés dans dans le camp ils ont fait venir des Allemands pour qu'il nous regardent pour que mais c'est pas ça qu'il fallait faire il fallait nous soigner nous prendre et
euh il nous envoie des grands la soupe des grands tonneau avec des des soupes normales euh de je sais pas ça devait être gras ou je sais pas quoi il y avait il y avait de la viande il y avait tout ce que vous voulez mais c'était au fond moi j'avais faim comme tout je me précipite pour pour avoir à manger on me donne dans mon écuelle et et là j'ai manger mais alors après je n'étais pas je n'avais pas été malade pendant tout le temps et là je je tombe malade après la guerre vous
dites notre histoire à nous les Juifs personne ne voulait l'entendre vous racontez que les exploits de de Gaul et des résistants le grand récit de la Résistance ont pris le dessus on devait certainement croire qu'on était là pour faire la figuration voilà parce que euh si vous voulez de GA c'était la politique de de l'époque il fallait il fallait remonter le moral des Français bon je vais je vais pas parler politique c'est c'est pas le but mais euh je ne pense pas et encore aujourd'hui qu'il a eu beaucoup à la Libération euh les 90 %
des Parisiens av étai étai résistants euh je pense pas moi je c je enfin bon ça ça c'est comme ça donc il fallait continuer sur cette lancée les Juifs personne personne ça n'intéressait personne vous n'avez pas parlé de votre histoire pendant des années et puis au début des années 2000 vous et et votre Marie Jean qui a été déporté à Auschwitz vous avez commencer à à témoigner notamment dans les collèges pourquoi avoir attendu toutes ces années peut-être j'ai pris conscience que les gens ne savaient pas ce que ce que ce que c'était que la que
la choix dirons-nous que la déportation il ne le savait pas donc si nous qui avons été déportés nous ne parlons pas nous ne racontons pas ce qui s'est passé exactement qui va le raconter d'ailleurs mon mari au départ était très rétiscent et quand il chaque fois quand on on témoigné il était malade toute la nuit après parce que tout ça ça lui revenait surtout parce que lui il a dû lutter tout seul il s'est retrouvé tout seul pendant 4 ans [Musique] et et c'est les élèves est-ce que vous les sentiez réceptifs non euh les élèves
pas tellement euh il y en a moi après j'ai fini de de dire que de quand je parlais avec les professeurs d'histoire je disais écoutez vous vous faites le vous vous leur vous faites le votre leçon vous dites vous le vous vous expliquez tout ça mais moi ce bon une fois qu'on se présente mais ce que j'aime et ce que je réponds c'est quand eux me posent des questions s'il me posent des questions c'est que c'est ça qui les intéresse c'est pas ce que je moi je vais raconter ce que je ce qui m'intéresse moi
ne peut peut-être pas les intéresser à eux et et finalement c'est ce que j'arrivais à faire est-ce qu'ils vont se rappeler est-ce qu'ils vont pas se rappeler j'en sais rien mais le jour où ils seront peut-être responsable quand ils auront quand ils auront 20 ans quand ils seruront quand ils entreront dans l'âge adulte peut-être qu'à ce moment-là ils se rappelleront et et que ça les ça les empêchera de faire des bêtises peut-être parce que c'est ça le le but qu'il sacheent ce que quand on on on regarde du mauvais côté ce qu'on peut faire ce
que des ce que des des des des hommes et des femmes peuvent faire le nombre d'acte antisémite recensés en France a bondit en en 2023 notamment après le massacre du 7 octobre et c'était une crainte de votre mari Jean qui ne souhaitait d'ailleurs pas d'enfant il disait je ne veux pas transmettre à à mes enfants ce que moi j'ai souffert et quand mon mon premier fils est né il voulait même pas le circoncire il voulait pas du tout d'ailleurs il y avait des des des discussions avec papa que papa ne était totalement até et sur
dis disit non il faut le faire et lui disait ça reviendra c'est pas possible ils était trop fort et il y a eu il y a eu des racines et ça reviendra progressivement et voyez finalement c'est lui qui avait raison parce que ce qui s'est passé bon on va pas on va pas en parler c'est affreux euh vous vous croyez revenu à l'époque barbare c'est pas possible et si c'est possible pourquoi je vous dis c'est pas possible si on est revenu quoi on est on est des êtres civilisé ou pas mais à quoi ça servit
tout ça s'il y a pas si personne ne prend des leçons s'il y a pas une continuité mais dans le bien pourquoi toujours dans le mal