pourquoi les couvertures de romans sont si sobres en France du blanc du monochrome peu d'illustration la littérature privilégie en général la sobriété sur ses premières de couverture au contraire d'autres pays la couverture française elle passe aux yeux des lecteurs électriques américains et anglais pour une couverture très pauvre qui serait le signe de l'édition à compte d'auteur [Musique] rouge sur blanc crème chez Flammarion ou Gallimard bleu sur blanc aux éditions minuit John chez Grasset bleu marine chez Stock les codes couleurs sont immuables et discrets et l'illustration semble réserver à certains genres le polar la SF le
roman de gare les best-sellers en Angleterre ou aux États-Unis l'effort graphique est ancré de plus longue date avec parfois même une logique de couverture unique propre à chaque livre un principe qui est longtemps resté une exception en France à l'instar du travail de Pierre Faucheux qui a conçu des couvertures des livres de poche les Américains et les Anglais quand ils viennent dans une librairie française et qu'on leur montre notre dernier prix littéraire il tombe des nuisent en impression qu'on leur proposait un livre à conte d'auteur l'édition raconte d'auteur c'est lorsqu'un auteur paye lui-même les frais
d'impression pour éviter le processus de sélection par une maison d'édition classique avec généralement des couvertures neutres derrière cette longue tradition française de l'édition il y a une question de goût et de goût l'emblématique collection blanche de Gallimard voit le jour en 1911 avec un fond crème un lettrage rouge et noir et deux léger filets un style qui inspirera bien d'autres maisons le design épuré et gage de sérieux dans un pays où élégance et bon goûts rimes souvent avec sobriété on fait confiance au texte pour ne pas tomber dans des compromissions mercantiles une sorte d'élitisme à
la française qui distingue les lettres d'autres styles considérés comme plus populaires où il faut attirer le chaland et paradoxalement ce minimalisme est devenu une image de marque ces couvert française même si elles ont l'air extrêmement simple extrêmement dépouillés très peu marketing ou très peu vendeuse elle correspondent quand même à une stratégie publicitaire qui est de mettre en avant le nom de l'auteur et le titre et de les faire briller un peu en majesté quoi Gérard Genette un théoricien de la littérature parlent de puissance symbolique de ce degré zéro le blanc faisant office de signes par
absence de signifiant machin disait que les couvertures blanches de chez Gallimard elles font un trou dans la vitrine on dit blanc mais on parle plutôt d'un blanc crème parmi les premiers bouquins blancs il y a Le Silence de la mer d'une pureté totale parue en 1942 c'est un livre qui a une couverture blanche dans sa première édition vraiment blanche ce qui était étonnant pour l'époque ce que le blanc jaunit le blanc vieillit mal s'explique cette couverture par les pénuries de la guerre et c'est ce qui va expliquer le parti pris graphique très très sobre c'est
une autre explication les frais d'impression coûtent cher surtout la quadrichromie l'impression à partir de 4 couleurs et puis un graphiste ça se rémunère tout comme les droits d'auteur d'une photo attention la couverture tout texte n'est pas uniquement française il y a une tradition anglo-saxonne de ce type mais avec des lettres stylisées c'est ce qu'on appelle le Big book look l'aspect grand livre et souvent ça passe par un gros titre en fait le titre occupe toute la page et il va être composé dans un caracateur qui est très choisi voire dessiner à la main avec éventuellement
des jeux presque artistiques autour de la composition de ce titre le message c'est que la sobriété peut aussi être inventive comme ici aussi avec les monochromes de la Piccola bibliothèque d'adelfi en Italie pendant longtemps les cultures graphiques sont restées différentes entre pays mais de plus en plus le classicisme marque le pas ces couvertures là elles sont en train de céder un peu du terrain d'abord elles sont de plus en plus souvent habillées si on regarde bien d'un bandeau ou d'une demi jaquette sur lesquelles il va y avoir de l'image et puis les petites maisons d'édition
qui apparaissent aujourd'hui elles ont de plus en plus intérêt à ce que leur livre soit remarqué et donc ces jeunes maisons d'édition font souvent appel à des graphistes ou à des illustrateurs en leur laissant relatif carte blanche pour proposer des vis qui vont être très très inventifs l'incarnation de cette tendance c'est David personne un illustrateur britannique qui a collaboré avec westanderson le spécialiste de la typographie officier chez les Anglais de bengwin books puis a été débauché par la maison française Zulma celle-ci dit avoir triplé ses ventes en le recrutant et en créant un univers vu
que les ventes en ligne se développent la couleur permet de mieux apparaître dans les petites vignettes qui quadrillent vos pages Internet et elle permet aussi de renforcer le sens matériel de l'objet livre pour se couvrir de la menace de leurs alter ego numérique [Musique]