Bonjour. Nous connaissons Saint-Exupéry comme un écrivain, un aviateur et même un dessinateur mais nous parlons rarement de lui comme d'un philosophe. Pourtant sa philosophie nous convoque et nous provoque.
Elle nous convoque car elle pose la question du sens de la vie, et elle nous provoque car elle nous invite à renoncer à tout un système de valeurs, celui de la modernité, le notre. A la fin de cette vidéo, vous connaîtrez la philosophie de Saint-Exupéry. Parole de philosophe.
Le 31 juillet 1944, Antoine de Saint-Exupéry fait son dernier vol. Depuis des années, il travaille à une œuvre monumentale, une somme philosophique, une bible nouvelle qui se présente comme le monologue d'un roi berbère et qui aborde tous les grands thèmes de la philosophie morale. "Auprès de cet écrit, tous mes autres bouquins ne sont que des exercices" déclare-t-il à ses amis.
Il n'aura pas le temps de terminer ce livre et c'est un brouillon d'un millier de pages qui sera édité après sa mort sous le titre de "Citadelle". Saint-Exupéry commence à écrire "Citadelle" en 1936. 1936, bien sûr, c'est l'année qui voit l'avènement du Front populaire en France.
Mais c'est aussi la colonisation de l'Éthiopie par l'Italie fasciste, c'est la terreur stalinienne en URSS avec les procès de Moscou, c'est le début de la guerre civile en Espagne et bien sûr l'Allemagne a basculé dans le régime nazi depuis 3 ans. Et de l'autre côté de l'Atlantique, le mode de vie américain semble offrir pour seul horizon la consommation de masse. Si Saint-Exupéry commence, cette année-là, l'écriture de ce testament philosophique, c'est parce qu'il refuse radicalement chacune des options que propose le monde contemporain.
La première question que se pose Saint-Exupéry est : pourquoi fait-on la guerre ? pourquoi doit-on se battre ? qu'est-ce qui mérite notre sacrifice ?
Pour répondre à cette question, Saint-Exupéry évoque un souvenir d'enfance qui l'a marqué à vie. Quand il avait 12 ans, il fut témoin d'une scène révoltante dans la classe de son collège. Un camarade de classe échangeait des lettres naïves et intimes avec ses sœurs et son paquet de lettres fut volé par un garçon de la classe, qui monta sur l'estrade pour lire ces lettres à voix haute, tandis que quelques complices maintenaient le jeune adolescent sur sa chaise et l'obligeaient à écouter la lecture de ses secrets de famille devant toute la classe.
Saint-Exupéry raconte qu'il a ressenti devant cette scène une seule émotion : l'envie de tuer. "On accepte où l'on accepte pas le viol d'un certain empire, l'empire intérieur" écrit-il. "Il y a des frontières qu'il est monstrueux de violer, et nous avons appris, alors, nous petits gamins de 11 ans qui n'étions pas d'accord, ce qu'est le sentiment de honte.
Tout mais pas ça. Nous avons pris les armes. C'était des règles plates, des encriers et nos petits poings de 11 ans et nous avons vengé le copain torturé.
Nous l'avons porté en triomphe. Et il s'est mis à rire, rétabli dans sa dignité. Et là est l'essentiel.
Nous n'avons pas été bouleversés par la pitié. Nous avons défendu ce gosse-là. Mais déjà, bien mieux que ce gosse, c'est l'homme que nous avons en lui respecté.
" Saint-Exupéry pense que c'est exactement à cette frontière là que s'attaquent les nazis : la frontière de l'empire intérieur de l'homme. C'est toujours pour sauver cette frontière, cette frontière sacrée, que l'on accepte le sacrifice de soi, et que l'on accepte la guerre. Dans une guerre ce ne sont pas seulement nos lois, nos mœurs, notre patrie que nous défendons.
Ce que nous défendons d'abord, c'est notre citadelle intérieure. Ce qui est sacré en chacun de nous. Chaque être humain est une énigme.
Une énigme indéchiffrable. Le droit de ne pas être soumis à la masse, c'est le droit de rester une énigme. Le droit de ne pas avoir à révéler son secret.
il y a un proverbe berbère qui dit : "Ton secret, c'est ton sang. Si tu le donnes entièrement, tu meurs. " Pour Saint-Exupéry, ce qui fait l'énigme de chaque être, ce ne sont pas les choses qui composent sa vie, mais c'est la façon dont il noue ces choses entre elles.
Ce lien invisible qui noue les choses entre elles, nos goûts, nos amours nos victoires et nos échecs, de telle façon plutôt que d'une autre c'est notre secret, la source de notre intériorité. C'est cela notre empire intérieur. Si nous ne défendons pas notre citadelle intérieure, si nous perdons la guerre qui veut nous soumettre à la masse, nous perdons aussi la possibilité de devenir des créateurs.
Faire de l'homme un créateur, cela devrait être le sens de toute civilisation digne de ce nom. Car le créateur et la civilisation dépendent l'un de l'autre. Il faut des créateurs pour fonder une civilisation.
Et il faut une civilisation puissante pour donner naissance à des êtres humains réellement créateurs. mais d'abord, comment définir précisément ce qu'est un créateur ? Et comment définir ce qu'est une civilisation vigoureuse ?
Pour Saint-Exupéry les deux notions sont intimement liées. Une civilisation, c'est un espace dans lequel chacun est seul responsable de tous, et tous sont responsables de chacun. Prenons un exemple : si un ouvrier qui fabrique des clous ne sait pas pourquoi il fabrique des clous, alors il vit dans une civilisation condamnée, agonisante.
En revanche, si je fabrique des clous et que je sais que ces clous serviront à participer à la construction d'un navire, d'un navire qui prendra le large, alors même en fabriquant modestement des clous, je prends le large avec le navire, car je sais que le navire a besoin des clous que je fabrique. J'ai besoin du navire comme le navire a besoin de moi. Je vis dans une civilisation parce que j'ai conscience d'y participer.
J'ai conscience du lien sacré qui relie entre elles toutes les choses de la société dans laquelle je vis. Ce lien sacré c'est précisément l'essentiel. L'essentiel qu'on ne voit bien qu'avec le cœur.
L'essentiel qui est invisible pour les yeux. Pour Saint-Exupéry, la modernité nous empoisonne de politique. Les idéologies modernes nous ont fait croire que les questions essentielles étaient des questions politiques.
Et cette illusion nous a privé de notre ferveur et de notre aspiration à une vie spirituelle intense. Le problème fondamental en politique, c'est toujours le problème du pouvoir. La philosophie politique cherche avant tout à répondre à la question : qui doit détenir le pouvoir ?
et comment ce pouvoir doit être exercé dans une société donnée. Or, dans une civilisation puissante, la question du pouvoir est secondaire. Si toute la société contribue à la création d'une civilisation, le pouvoir n'est plus ce qui divise mais ce qui cimente une civilisation.
Par exemple, si je suis joaillier ou orfèvre, et que le roi a besoin de ma contribution pour orner sa couronne, alors en vérité ce n'est pas moi qui suis au service du roi, c'est le roi qui me sert. Il me sert à créer la civilisation dans laquelle je vis. Le pouvoir du roi n'est qu'un ciment à la conscience collective d'appartenir à la même civilisation.
Et ce ciment pourrait tout aussi bien être une république. C'est pourquoi la question du pouvoir est secondaire. Et le problème de la mort aussi est secondaire.
Parce que dans une civilisation telle que la conçoit Saint-Exupéry, vivre et mourir c'est d'abord échanger sa vie. Ce contre quoi nous échangeons notre vie, c'est précisément cette civilisation que nous créons. Ainsi ce qui donne un sens à notre vie donne aussi un sens à notre mort.
Mais nous n'échangeons pas notre vie seulement au moment de mourir. En réalité, si nous vivons une vie digne de ce nom, alors nous passons notre temps à nous échanger contre ce que nous créons. Un peintre ne vit pas, il échange sa vie contre sa peinture.
Un musicien ne vit pas, il échange sa vie contre la musique qu'il est en train de jouer. Et de même un ingénieur échange sa vie contre l'invention qu'il crée. Être réellement vivant, c'est en permanence échanger sa vie échanger sa vie contre quelque chose qui a plus de valeur à nos yeux que le simple plaisir d'exister, que le simple fait de "profiter de la vie", comme on dit.
"Une civilisation un siècle de peinture par exemple, ce n'est pas," écrit Saint-Exupéry, "un siècle où des caravanes de population défilent chaque jour devant des chefs-d’œuvre dans les musées. La civilisation, c'est là où l'on peint, là où se multiplie l'invention en peinture. On peut bien, ensuite, brûler les toiles chaque soir, peu importe.
C'est un grand siècle : les hommes y sont des hommes. " Attention, le fait d'échanger sa vie n'est pas réservé à quelques rares artistes géniaux. Tous autant que nous sommes, nous nous échangeons en permanence avec ce que nous créons.
Celui qui éduque ses enfants s'échange contre ses enfants. Celui qui cultive son jardin s'échange contre son jardin. Et bien sûr nous nous échangeons contre le travail que nous faisons.
Et c'est pourquoi nous avons besoin que ce travail ait un sens. Un sens pour notre civilisation. Ce que Saint-Exupéry redoute, c'est l'avènement d'un monde dans lequel l'acte d'échanger sa vie contre sa création sera devenu impossible.
Cela sera devenu impossible parce que la société ne sera plus créée, mais simplement organisée. Lorsque une civilisation se transforme en une simple organisation rationnelle, cette civilisation disparaît et la création humaine cède la place au règne machinal. Saint-Exupéry pressent avec lucidité que l'homme à venir sera privé de son pouvoir créateur.
Et c'est pour cela qu'il écrit, à la fin de sa vie, des lettres parfois désespérées, et affirme qu'il n'y a plus qu'une seule question qui mérite d'être posée : que faut-il dire aux hommes ? que faut-il leur dire pour qu'ils redeviennent des créateurs ? Saint-Exupéry réalise que le nazisme est une manifestation extrême d'une guerre plus vaste, plus souterraine, mais qui est menée partout contre le pouvoir créateur de l'être humain, une guerre pour donner naissance à l'homme de masse, habitant une termitière géante.
Quelle doit être alors la plus grande mission de l'homme moderne ? C'est de gagner cette guerre profonde, pour rendre à nouveau l'homme créateur. Mais cette guerre, comment la gagner ?
Eh bien, on pourra être très surpris de la réponse que donne Saint-Exupéry à cette question. Il nous dit de nous méfier de l'intelligence. Pour Saint-Exupéry nous sommes prisonniers de notre logique.
Pour affronter une situation donnée, nous n'agissons pas. Nous commençons par analyser la situation. Or, en analysant une situation, nous la comparons à d'autres situations similaires qui se sont déjà produites et nous essayons de mettre notre expérience à profit pour nous tirer d'affaire.
Nous nous concentrons sur les probabilités et nous n'entreprenons que ce qui a une chance probable de réussir. En agissant ainsi, nous cessons de fonder l'avenir et nous ne faisons que reproduire des enchaînements de faits qui se sont déjà produits. Nous sommes devenus des stratèges permanents, et cela étouffe notre ferveur et notre force créatrice.
Le piège que nous tend notre intelligence, c'est qu'elle nous fait croire à un lien de causalité logique entre le passé et l'avenir. Alors qu'au contraire, ce qui relie le passé et l'avenir n'est pas un lien causal logique mais une série d'actes créateurs qui infléchissent sans arrêt le cours des événements. "L'intelligence et la logique," dit Saint-Exupéry, "ne peuvent comprendre que le passé, car on ne peut pas déduire l'avenir à partir du passé.
L'avenir ne se calcule pas. L'avenir se crée. " Autrement dit, les événements d'hier et d'aujourd'hui ne contiennent pas les événements de demain.
Seul l'acte créateur engendre les événements à venir. Mais comment créer l'avenir ? Saint-Exupéry fait appel à deux images simples : l'eau et la pente.
L'eau qui déborde de votre baignoire, et qui pèse sur le plancher, se débrouille toujours pour passer chez votre voisin d'en dessous. Elle trouve toujours la faille. Elle profite de toutes les occasions pour passer.
Autrement dit : l'eau agit. Et elle ne fait que ça : agir. Au contraire, l'intelligence n'a pas une connaissance directe des situations.
Elle n'en a qu'une connaissance abstraite. L'intelligence est effrayée devant l'incohérence des événements, elle ne sait pas profiter de l'occasion. Pire : l'intelligence attend souvent que l'occasion se présente.
"Or," écrit Saint-Exupéry, "l'occasion ne se présente jamais. Celui qui attend un jour, un seul, n'a rien compris. L'escrimeur ne peut pas réfléchir ses coups.
Il ne peut jamais attendre, parce que la vie est irréversible. " De même, si le boxeur avait besoin de résoudre des équations pour asséner son coup de poing, il serait KO dès le premier round. Il faut avoir envie d'agir.
Alors on trouvera bien le défaut de l'adversaire. Reculer, avancer, gagner du terrain, tout cela ne peut pas se calculer, parce que la vie n'obéit pas à la logique. Être vivant, c'est saisir toutes les occasions, comme l'eau qui filtre et n'en manque pas une seule.
L'autre image utilisée par Saint-Exupéry est l'image de la pente. Cette image de la pente est complémentaire de celle de l'eau. L'eau va toujours dans la direction de la pente.
La pente, c'est ce qui nous fait tendre dans une direction. La volonté humaine, qui est à l'image de l'eau et de la pente, trouve toujours son chemin. Elle finit toujours par trouver une faille dans chaque système.
Au contraire, une machine administrative, qui est une production de l'intelligence, ne trouvera jamais de faille à exploiter car elle ne tend vers rien. Or, nous le voyons bien, plus nos sociétés deviennent intelligentes, technologiquement avancées, moins elles sont gouvernées et plus elles sont gérées. Les chefs ont laissé la place aux gestionnaires.
Ces gestionnaires raisonnent toujours en logiciens, mais jamais en créateurs, jamais en sauveurs. Par exemple, une pandémie arrive et on constitue un conseil scientifique pour nous dicter quels sont les bonnes décisions à prendre. Et dans ce conseil scientifique, on trouvera des spécialistes en modélisation.
Et la modélisation c'est justement l'utilisation de la logique pour prévoir l'avenir. Ainsi les gestionnaires, au lieu d'agir, essayent de prévoir. "Or," écrit Saint-Exupéry, "toute notre intelligence analytique n'est que l'énorme caricature d'une action.
" L'acte, ce n'est pas ce qui devait logiquement arriver. L'acte, c'est ce que nous faisons advenir, c'est ce que nous déclenchons. L'occasion qui nous permet un acte ne se produit que si elle est attirée par une pente, exactement comme l'eau.
Saint-Exupéry nous dit que nous pouvons redevenir des créateurs si nous remettons l'instinct au cœur de nos actions. L'instinct ou tout simplement, la vie. Dans notre existence, nous sommes confrontés à deux types de situations et nous devons apprendre à les distinguer.
Il y a les situations où nous devons gérer un problème, et les situations où nous devons créer. L'ennui c'est que nous avons appris, notamment à travers notre éducation et nos habitudes, à affronter ces deux types de situations dans le même état d'esprit. Bien sûr, les situations où nous devons simplement gérer un problème sont nombreuses.
Mais lorsque nous sommes face à une situation décisive pour notre avenir, face à une situation qui requiert toutes nos capacités de création, nous continuons en général à gérer plutôt qu'à créer. Souvenez-vous du Petit Prince : l'aviateur, à la suite d'une panne de moteur, a dû se poser en catastrophe dans le désert et il tente de réparer son avion pour survivre. Que fait-il ?
Il tente de gérer la situation. Mais une petite voix lui dit : "S'il vous plaît, dessine-moi un mouton. " Cette petite voix le dérange car elle l'empêche de gérer la situation : elle lui demande d'arrêter de gérer et de commencer à créer.
Le pilote finit par s'agacer des questions du Petit Prince et lui dit : "je m'occupe, moi, de choses sérieuses ! " Alors le petit prince lui répond : "Des choses sérieuses ? Tu confonds tout, tu mélanges tout.
" Tu confonds tout, cela veut dire : tu confonds le fait de gérer une situation avec le fait de créer une situation. On peut gérer une situation avec des codes, de l'intelligence et de la logique, mais on ne peut pas codifier la création. "La logique," écrit Saint-Exupéry, "n'a pas le pouvoir de créer la vie à l'avance.
" Prenons un exemple très simple : il est logique que telle personne se soit trouvée à tel endroit puisqu'elle a suivi tel chemin. On pourrait même trouver une équation qui rendrait compte de tous ses changements d'orientation et dirait que si telle personne se trouve à tel endroit cela s'explique en fonction de telle loi logique. Et cela n'est pas faux tant que nos raisonnements logiques démontrent ce qui sait déjà produit.
Mais cela devient absurde dès qu'il s'agit de comprendre le chemin que cette personne prendra ensuite. Le passé se laisse réduire en équation, l'avenir jamais. Une civilisation, c'est d'abord un espace dans lequel les humains ne laissent pas les raisonnements décider de ce qu'ils vont devenir.
Une civilisation est donc peuplée d'humains créateurs, qui engagent leur instinct et leur vie pour créer leur avenir, aussi bien individuel que collectif. Alors les liens qui nouent les choses entre elles redeviennent des liens vivants, alors nous cessons d'habiter un décor et nous habitons de nouveau un monde. Souvenez-vous : le 15 avril 2019, nous avons tous été les témoins sidérés d'un drame dans lequel nous aurions pu voir la fin symbolique de notre civilisation.
Je parle bien sûr de l'incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris. La question que nous devons nous poser est : pourquoi Notre-Dame a pris feu ? Plusieurs réponses ont été avancées : l'incendie a peut-être été provoqué par les travaux de rénovation, ou bien par un court-circuit électrique ou encore par une cigarette mal éteinte.
Eh bien, toutes ces réponses sont mauvaises, parce que ce sont des réponses logiques, des réponses techniques. En réalité, si Notre-Dame a brûlée, c'est d'abord parce que notre civilisation n'a plus la ferveur des bâtisseurs de cathédrales. C'est parce que notre civilisation s'est détendue au point de transformer un lieu sacré en simple escale touristique.
Il est normal que les cathédrales brûlent dans une civilisation qui ne construit plus de cathédrales. Saint-Exupéry écrit : "Nous avons bâti une cathédrale et puis elle a été livrée aux chaisières et au sacristain, et non à l'architecte géant. La cathédrale a été bâtie pour qu'on y loue des chaises.
Le monde de Pascal a été bâti pour qu'on y joue au bridge. Et moi je me refuse à confondre l'activité de la chaisière avec le sens de la cathédrale, la liberté de l'homme avec la paresse du bridge, et l'économie libérale avec la combine. Il faut réinventer le dieu qui remplirait la cathédrale à sa mesure.
" Et la voici, la philosophie de Saint-Exupéry, résumée en une phrase : l'homme véritablement créateur, c'est celui qui est capable de créer un dieu. En 1995, l'épitaphe inscrite sur la tombe d'Emmanuel Kant a été restaurée. On peut y lire cette citation : "Deux choses remplissent mon âme avec émerveillement : le ciel étoilé au-dessus de moi et la loi morale en moi.
" Voilà une épitaphe que n'aurait pas renié le petit prince. Parole de philosophe.