je l'ai déjà dit mais je le répète volontiers au regard du grand silence antérieur le seul résultat auquel on conduit toutes les recherches menées par tous les criminologues ont conduit à la constatation de cette absence de lien entre la peine de mort et l'évolution de la criminalité sanglante dans ce grand discours de l'histoire de la 5e République qui va conduire à l'abolition de la peine de mort Robert Badinter va utiliser un argument que l'on va analyser qui est l'argument d'autorité pour autant évidemment l'avocat que je suis ne peut pas ne pas évoquer Robert Badinter l'avocat
l'avocat iconique qui a transformé ses combat d'avocat en victoire politique et qui nous a permis à toute la génération qui a suivi de plaider sans qu'existe la menace de la peine de mort dans ce discours de 1981 Robert baninter utilise donc un argument d'autorité qu'est-ce qu'un argument d'autorité bien c'est un argument par lequel l'orateur s'abrite convoque une autorité tierce pour venir étayer sa propre argumentation si je dis moi que la peine de mort n'a pas d'effet dissuasifs vous pouvez me croire mais si j'apporte au soutien de ma thèse des études scientifiques tierces et bien ma
parole se trouve renforcé d'autant puisque celui qui voudrait combattre la thèse que je soutiens devra non seulement me contredire moi ce qui n'est pas très difficile mais il devra aussi contredire tous ceux que j'ai convoqué au soutien de ma thèse et ça c'est beaucoup plus difficile et c'est très exactement ce que fait ici Robert Badinter on Forni raison de le dire c'est une longue marche qui s'achève aujourd'hui il se trouve que la France aura été en dépit de tant d'efforts courageux un des derniers presque le dernier et je baisse la voix pour le dire en
Europe occidentale dont nous avons été le foyer et le pôle si à abolir la peine de mort Robert Badinter doit utiliser cet argument d'autorité parce que l'opinion publique est majoritairement favorable à la peine de mort même si en 1981 les Français ont voté pour François mitteran qui avait institué l'abolition comme l'une de ses 110 propositions et bien indépendamment de l'émicycle dans lequel s'exprimait Robert badater qui était favorable à l'abolition et bien il ne parle pas que pour les députés mais il parle aussi pour l'opinion publique au dehors qui elle considère que la peine de mort
a un effet dissuasif et donc Robert Badinter va mobiliser ces fameuses études criminologiques notamment réalisées dans des pays étrangers qui montre scientifiquement qu'il n'y a pas de corrélation entre la peine de mort et le niveau de criminalité il s'agit en quelque sorte de d'opposer le bon sens de la population à un argument scientifique technique qui apparaît irréfutable le bon sens peut se réfuter c'est simplement une opinion alors que lorsque une opinion est étayée sur une référence scientifique elle devient beaucoup plus difficile à combattre c'est la raison pour laquelle derrière lui Robert badater convoque l'ensemble des
études criminologique qui ont été réalisé sur la question du lien possible ou non entre l'existence de la peine de mort et le niveau de criminalité je l'ai déjà dit mais je le répète volontiers au regard du grand silence antérieur le seul résultat auquel on conduit toutes les recherches menées par tous les criminologues ont conduit à la constatation de cette absence de lien entre la peine de mort et l'évolution de la criminalité sanglante voilà vous venez de le réentendre et donc clairement Robert banatter convoque ses criminologues ses études scientifiques universitaires pour venir au soutien de sa
thèse bien évidemment quand vous utilisez un argument d'autorité choisissez bien votre autorité parce que il faut qu'elle soit véritablement incontestable si vous choisissez une autorité friable une autorité marginale une autorité à contre-courant de la doxage général des scientifiques et bien votre argument d'autorité va tomber tout seul donc choisissez bien votre autorité pour qu'elle soutienne vraiment votre propos mais n'en abusez pas non plus et d'ailleurs Robert Badinter qui est un fin tacticien du discours et un fin rur va lui-même utiliser une autre figure de style dont je vous dirai juste un mot après l'extrait celle de
la prétérition je ne ferai pas usage de l'argument d'autorité ce serait malvenu au Parlement et j'ajoute qu'ici ce serait trop facile mais quand même on ne peut pas ne pas relever que dans les dernières années se sont prononcés hautement contre la peine de mort dans les sociétés occidentales et dans la nôtre la voix de l'Église catholique la voix du conseil de l'Église réformée le Rabin que de la même façon les grandes associ internationale qui milite à travers le monde pour ce qui est notre force la plus grande et notre fois commune la défense des libertés
des droits de l'homme amnistie internationale comme l'Association Internationale des Droits de l'Homme comme la Ligue des droits de l'Homme toutes se sont prononcé solennellement contre la peine de mort tout donc vous l'aurez entendu érition c'est faire quelque chose en disant qu'on ne le fait pas et donc Robert Badinter conscient du fait que l'argument d'autorité est aussi une façon d'imposer à son auditoire une conviction dont il ne veut pas nécessairement en jouant de l'apport d'un élément extérieur en l'occurrence les études criminologiques dit au Parlement je ne vous ferai pas le coup de l'argument d'autorité ce qu'il
vient en réalité de faire et ce qu'il va faire de nouveau en utilisant les prises de position des grandes autorités religieuses et morales du pays qui elles-mêmes se sont prononcées à cette époque-là en défaveur de la peine de mort et donc Robert badater choisit soigneusement les autorités qu'il convoque parce qu'elles sont à la fois spirituelle à la fois scientifique à la fois associative et elles sont toutes incontestables dans la réputation qu'elles ont dans l'oreille générale de l'opinion publique et ça lui permet ainsi de renforcer son propos de façon absolument décisive en mettant en avant que
ça n'est pas son combat mais c'est finalement le combat de toute une nation je vous dirai pourquoi est-ce que plus qu'aucun autre je sais qu'il n'y a pas dans la peine de mort de valeur dissuasive sachez bien que dans la foule qui a trois créit au passage de buffet et de bon temps autour du palais de justice à mort BUFF fait à mort bon tempemps se trouvait un jeune homme qui s'appelait Patrick Henry croyez-moi à ma stupéfaction quand je l'ai appris j'ai compris ce que ce jour-là pouvait signifier la valeur dissuasive de la peine de
mort avec l'invocation de l'affaire buffet bonemps on quitte un peu l'argument d'autorité au sens de l'autorité extérieure puisque Robert Badinter va jouer de son autorité mais de son autorité personnelle c'est-à-dire qu'il va convoquer ses souvenirs son expérience d'avocat au profit de sa démonstration politique lui-même a défendu buffet et bon temps devant la Cour d'Assise et il n'a pas pu éviter l'exécution de bon temps alors qu'il n'avait pas tué ça reste pour lui un traumatisme durable et Robert Badinter va expliquer que il a éprouvé trouv lui-même dans sa carrière l'absence desffits dissuasifs de la peine de
mort lors que il a entendu que sur le trajet du convoi de buffet et Bontemps criant am mort buffet àortt Bontemps il y avait Patrick Henry qui allait lui-même quelques années plus tard tuer le jeune Philippe Bertrand et encourir à son tour la peine de mort il y a là une autorité personnel qui vient au soutien du discours ça n'est plus une autorité scientifique mais c'est l'autorité que donne l'expérience et ça aussi c'est important dans vos prises de parole du quotidien est-ce que vous pouvez mobiliser au soutien de votre thèse ce que vous savez par
votre vie et non pas simplement ce que vous avez appris dans des livres et donc ici Robert Badinter c'est bien par l'expérience presque charnelle qu'il en a eu à travers l'épisode buffet Bontemps puis Patrick Henry que la peine de mort n'a aucun effet dissuasif on entend à quel point dans cet extrait l'avocat et le PO sont indissociables les mémoires de l'avocat nourrissent le discours du politique et c'est donc à travers cet exemple vécu de buffet Bontemps et de Patrick Henry que Robert Badinter va plaider contre la peine de mort à l'Assemblée nationale et nous allons
donc essayer de faire un petit à refaire chez vous je vous propose donc comme à chaque fin d'épisode de ce podcast un thème que vous pouvez utiliser pour vous familiariser avec l'utilisation de l'argument d'autorité encore une fois je vous rappelle la contrainte il s'agit de sélectionner scrupuleusement et soigneusement l'autorité que vous choisissez de faire venir à votre soutien pour que ça ne se retourne pas contre vous je vous propose deux sujets premier sujet pour ou contre la légalisation du cannabis et vous pourrez chercher de part et d'autre des études qui montre la dangerosité ou non
dans quelle mesure à quelle quantité du cannabis et donc les effets positifs négatifs tels qu'ils ont été décrits tels qu'ils ont été également vécus dans d'autres pays que le nôtre premier sujet et deuxième sujet pour ou contre je ne sais plus du tout ce que j'avais en tête oui et deuxième sujet y y a-t-il un lien entre les activités humaines et le réchauffement climatique et avec cela vous aurez des études dans un sens peut-être des études dans l'autre peut-être ne se valent pas l'une l'autre mais cela vous apprendra aussi à choisir vos sources c'est à
vous maintenant que l'argument d'autorité n'a plus aucun secret pour vous nous allons pouvoir passer à l'épisode 3 avec une autre immense figure de l'avocature Gisel Alimi qui nous apprend à dire je pour soutenir nos causes