Les institutions de la Vème République. Les institutions politiques ont pour vocation d'exercer les missions essentielles dévolues à l'Etat. Par leur action elles permettent de concrétiser le pouvoir politique et juridique à travers l'exercice de trois grandes fonctions : exécutive, législative et judiciaire.
Les institutions actuelles reposent sur la constitution du 4 octobre 1958, date qui marque l'avènement de la Vème République. L'organisation et le fonctionnement de nos institutions reflètent l'esprit de ce texte fondamental qui instaure un régime démocratique fondé sur l'Etat de droit une certaine conception de la séparation des pouvoirs. Commençons par l'organisation des institutions françaises.
L'ordre dans lequel le texte constitutionnel fait apparaître les institutions de la Vème République trahit l'importance qui est accordée à chacune d'elles. La constitution institue donc d'abord le Président de la République puis le Gouvernement suivies du Parlement du Conseil constitutionnel et enfin de l'autorité judiciaire. Tout d'abord le pouvoir exécutif sous la Vème République est dit bicéphale, on a d'un côté le Président de la République de l'autre le Gouvernement.
Le Président de la République figure emblématique de l'exécutif en France est élu au suffrage universel direct en mandat de cinq ans. Il préside aux destinées de l'état jusqu'il veille au respect de la constitution et au fonctionnement régulier des pouvoirs publics. Il est par ailleurs garant de l'indépendance nationale.
Il a en outre un pouvoir de nomination important et désigne notamment le Premier Ministre et les membres du gouvernement. La Constitution lui reconnaître d'autres prérogatives considérables, il peut prononcer la dissolution de l'Assemblée nationale, exercer les pleins pouvoirs en cas de crise exceptionnelle. Le gouvernement est un organe collégial à la tête duquel est placé le Premier Ministre.
La Constitution de la Vème République charge le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation. Il est assisté en cela par l'administration déployée sur l'ensemble du territoire français principalement par les préfets. Passons maintenant au Parlement.
Le Parlement français est bicaméral cela signifie qu'il est formé de deux chambres l'Assemblée nationale est composé de 577 députés qui sont directement élus par les électeurs français en mandat de cinq ans. Tandis que les 348 membres du sénat sont élus au suffrage universel indirect par un collège de grands électeurs en mandat de six ans. Les deux grandes attributions du parlement sont l'adoption de la loi d'une part, et le contrôle de l'exécutif d'autre part.
Ensuite le Conseil Constitutionnel est composé de neuf membres ordinaires nommés en nombre égal par le Président de la République, le Président du Sénat et le Président de l'Assemblée nationale. Leur mandat s'étale sur 9 ans. Les anciens Présidents la République en sont par ailleurs membres de droit.
Il exerce un rôle important pour l'Etat de droit en France dans la mesure où il est le garant de la constitutionnalité des lois, c'est là sa mission principale. Enfin l'autorité judiciaire est chargée de faire appliquer la loi en tranchant les litiges qui lui sont soumis. Ainsi l'ensemble des institutions doit exercer de concerts le pouvoir en France essentiellement à travers l'adoption, le contrôle et l'application de la loi.
Illustrons le fonctionnement des institutions en prenant pour exemple la loi du 24 juin 2020, visant à lutter contre les contenus haineux sur internet dite Loi Avia. L'initiative de la loi appartient concurremment au Gouvernement et au Parlement. Dans notre cas cette proposition de loi a été portée par la députée Laetitia Avia devant l'assemblée nationale le 20 mars 2010.
A l'origine le texte prévoyait 2 grandes mesures. L'obligation pour les opérateurs des plateformes internet comme les réseaux sociaux et les forums de retirer dans un délai très court les contenus manifestement haineux et l'octroie au CSA des compétences nécessaires pour superviser l'activité desdits opérateurs. Le texte a d'abord été débattu par les députés.
C'est ce qu'on appelle la discussion en première lecture, celle-ci permet de débattre le texte en y apportant des modifications, suppression ou ajouts. C'est ce qu'on appelle les amendements. A ce stade 365 y ont été déposés, par exemple un amendement présenté par le Gouvernement et plusieurs députés demandant la mise en place d'un observatoire de la haine en ligne a été adopté.
Le texte est ensuite transmis à l'autre Chambre du Parlement français : le sénat, afin qu'il le discute, c'est ce qu'on appelle la navette parlementaire. Pour qu'une loi soit adoptée par le Parlement les deux chambres doivent adopter le texte dans les mêmes termes or lors de la première lecture du Sénat les membres ont adopté une version différente de celle des députés le 17 décembre 2019. C'est pourquoi le Gouvernement a décidé de convoquer une commission mixte paritaire composée d'autant de députés que de sénateurs.
Elle avait pour mission d'adopter une position commune sur les dispositions du texte récent en discussion. Les membres n'étaient toutefois pas en mesure de se mettre d'accord le 8 janvier 2020. La navette parlementaire a donc repris entre les deux chambres et les désaccords persistants, la proposition de loi était soumise en lecture définitive à l'Assemblée nationale.
Cela signifie que ce sont les députés qui ont le dernier mot sur la teneur de la loi. La proposition de loi dans sa forme définitive est adoptée par une majorité de 355 voix, 150 voix contre et 47 abstentions le 13 mai 2020. Toutefois la loi une fois adoptée a été soumise au Conseil constitutionnel par des sénateurs de l'opposition.
Par sa décision en date du 13 mai 2020 le Conseil constitutionnel censure de larges pans de la loi cela signifie qu'il déclare certaines dispositions comme contraires à la Constitution. C'est le cas de la mesure-phare qui obligeait les opérateurs des plateformes à retirer rapidement sans le contrôle du juge, les contenus jugés haineux. Les dispositions en question portaient en effet une atteinte disproportionnée à la liberté d'expression.
Les dispositions de la Loi Avia conforme à la Constitution ont finalement été promulguées par le Président de la République le 24 juin 2020. Elles sont à la même occasion entrée en vigueur et s'appliquent désormais à tous. C'est au Gouvernement appuyant cela par l'administration qu'il incombe de mettre en application la loi et de veiller à son exécution.
Le CSA par exemple en vertu de cette loi à installer l'observatoire de la haine en ligne le 8 juillet 2020. L'autorité judiciaire elle est en charge du contrôle de l'application de cette loi et connaîtra notamment des infractions qu'elle vise.