Bonjour à tous, nous revoilà pour la deuxième partie de l'épisode sur la mondialisation basé sur la lettre d'Henri REGNAULT du mois d'avril 2017. La première partie parlait de l'évolution du pouvoir d'achat sur 20 ans entre 1988 et 2008 dans le monde. Aujourd'hui on va se poser la question s'il est possibles de démondialiser le monde ou du moins de comprendre à quel stade en est la mondialisation dans notre économie moderne.
Et bien sûr à la fin tu ne pourras pas t'empêcher de nous donner ton avis. Pour cela je vous avais promis que nous parlerons aujourd'hui de la compétition sectorielle. Euh .
. . Vite fait, c'est quoi cette histoire de compétition sectorielle ?
Un secteur c'est un regroupement d'activités économiques assez semblable. On peut parler du secteur des téléphones portables ou du secteur de la boucherie. Et pour comprendre qui gagne et qui perd dans la mondialisation il ne faut pas penser en termes de pays mais en termes de secteurs.
Mais on va y arriver. Bon Ok . .
. Sectorisons alors ! C'est parti !
Bah attends, c'est à moi normalement de . . .
Bon c'est pas grave. L'idée principale c'est que la mondialisation a changé de forme. Au 19e siècle la mondialisation consistait à s'échanger des productions locales.
De la laine d'Écosse contre du vin du beaujolais. Cet échange été rendue possible par l'évolution de la technologie et notamment des transports. Moteur à vapeur, chemin de fer, etc .
. . Donc là, chaque pays a sa production, son industrie et on fait des échanges.
Donc si jamais on veut fermer les frontières chacun recommence à chercher des clients chez soi et basta ! Oui ! Toutes les productions économiques étaient nationales et réalisées avec des ressources nationales.
Donc dans l'absolu on pouvait toujours claquer la porte. Fallait juste accepter de ne plus avoir de laine d'Écosse sur le dos et de se replonger dans le Beaujolais. Donc c'est pas top parce que ça met le bouzin dans les entreprises mais on peut.
Ben c'est pas optimale mais ça pouvait fonctionner. De la soie lyonnaise contre du bois d’Italie, c'est ce que l'on appelle des échanges intersectoriels. Mais à partir des années 60 la mondialisation s'est transformée.
On a commencé à s'échanger des biens des mêmes secteurs. Par exemple de la bière allemande contre de la bière irlandaise, des Renault contre des Volkswagen. Etc .
. . C'est ce que l'on appelle la concurrence un intra sectorielle.
Du coup la mondialisation ne peut plus se résumer à une espèce de troc. Je te donne une voiture, je te donne 150 caisses de beaujolais. Non !
On a commencé à s'échanger des biens intermédiaires. C'est-à-dire des biens qui rentrent dans la composition d'autres biens. Bah le Beaujolais, c'est bien une consommation intermédiaire pour les ouvriers qui fabriquent des voitures.
Faudrait quand même pas prendre le risque de rouiller au travail. On a pas le droit de picoler au boulot. Germinal c'est terminé.
Aujourd'hui pour construire quelque chose en Europe c'est grosso modo 40% à 50% de ce qui est nécessaire pour le fabriquer qui vient d'autres pays. On appelle ça de la concurrence Intra branche. Et ça !
C'est un très très très très très gros changement. Donc les entreprises sont dépendantes d'entreprises dans d'autres pays ? Oui !
Et même plus ! Car une même entreprise peut avoir des filiales dans d'autres pays et produire pour elle même ailleurs. Par exemple : Airbus a fabrique des pièces pour l'A380 dans plein de pays européens et fait l'assemblage à toulouse.
Ça c'est du commerce intra-groupe et cela représente plus d'un tiers du commerce mondial. Quoi ? Un tiers du commerce mondial c'est des entreprises qui transportent des morceaux de bidule d'un pays à l'autre pour fabriquer leurs propres produits ?
Mais c'est énorme ! Oui comme ma . .
. STOOOP ! T'as craqué là !
Pour faire une voiture comme une Volvo par exemple. Il y a des pièces qui viennent de fournisseurs étrangers et des pièces qui viennent de filiale de Volvo à l'étranger. Et au final de la Volvo est vendu dans pleins de pays dont les pays qui ont participé à sa fabrication.
Du coup, se poser la question du pays de fabrication de cette voiture c'est un peu compliqué pour ne pas dire que ça n'a pas de sens. Donc si on remet des frontières et que l'on démondialise qui va poséder la Volvo au final ? C'est un peu ça le problème si on décidait de démondialiser plus personne n'aurait cette voiture plus qu'aucun pays n'est plus capable de produire l'intégralité des pièces qui composent cette voiture.
Bon après pas d'affolement d'ici 20 ans on aurait recréé les filières industrielles qui permettront de fabriquer des voitures à nouveau. 20 ans ! Mais c'est énorme, c'est beaucoup !
Oui mais une filière industrielle ça ne se structure pas pas en cinq ans. C'est pour ça que c'est un peu compliqué cette histoire. Bon en fait le message dans cette vidéo c'est que les gagnants et les perdants sont un peu partout car toutes les filières sont considérablement brassées.
Mais quand même il n'y a pas que des multinationales il ya aussi des entreprises locales mon pain il est bien français. Ben, . .
. non plus Pour faire ton pain il faut de l'eau et de la farine et à Lyon pour avoir de l'eau il faut une station de captage et une station d'épuration. Et pour ces équipements industriels il faut très probablement des pièces qui ont été fabriqués à l'étranger et puis pour ta farine la farine ça vient du blé et le blé, l'agriculture.
L'agriculture -> les engrais, les tracteurs et tout plein d'équipements donc une grosse partie viennent encore de l'étranger Bah ça va ça va j'ai compris. Mais quand même on peut pas conclure que la mondialisation c'est le paradis on va attirer tous les rageux d'internet avec ça. mon avis le voilà : la mondialisation n'est pas parfaite du tout.
Le pouvoir politique nationale s'est considérablement affaibli. Les inégalités de pouvoir d'achat font des ravages, dans certains coins du monde, effroyables. et en plus les inégalités à l'intérieur des pays riches créer des fractures entre les gens béantes.
Et je ne parle pas des dégâts sur l'environnement car faire voyager des tonnes de matériel d'un bout à l'autre du monde à des résultats catastrophiques sur le réchauffement climatique ou sur les déchets pour ne parler que de ça. Par contre il est important de comprendre que l'on est mondialisé jusqu'au cou et que cela ne s'arrêtera pas. Toutes nos technologies modernes facilitent les échanges entre les peuples quelle que soit la distance vouloir faire machine arrière n'est pas possible.
Même Mélenchon ne propose pas un retour à des frontières françaises ermétiques. Par contre va falloir se battre. Dans la deuxième moitié du 20e siècle on était les gagnants mais aujourd'hui plus aucune position n'est acquise.
Et on a des avantages à faire valoir, il n'y a pas de problèmes. mais on ne peut pas se permettre de se reposer dessus et de stagner. Maintenant reste à nous d'inventer l'avenir.
Plus responsable plus écologique plus citoyen et plus coopératif. Mais il faut être conscient que ce n'est pas à nous de jouer et qu'on ne peut pas laisser les perdants sur le bord de la route. Tout un programme.
Voilà c'est tout pour aujourd'hui si cette vidéo vous a plu alors abonnez-vous pour que je vous fait découvrir des idées d'entreprises des initiatives citoyennes qui feront bouger le monde. Je dis un grand merci à Henri REGNAULT pour ces lettres gratuites. Et à bientôt !