[Musique] bonjour et bienvenue dans l'entretien de l'intelligence économique l'émission consacré aux coulisses de la mondialisation difficile de le nier la guerre économique s'installe sur les marchés pour y faire face les États et les entreprises ont besoin de recueillir et d'analyser les meilleurs renseignements économiques le sujet est devenue cruciale dans une compétition économique mondiale qui se durcit c'est pourquoi la revue internationale d'intelligence économie qui consacre un numéro sobrement intitulé le renseignement dans la guerre économique pour en parler je reçois l'un de ses auteurs Nicolas moineet est professeur d'université en intelligence économique à l'université de Poitier bonjour
Nicolas moanet bonjour al un mot sur cette revue oui donc c'est une revue La Revue internationale d'intelligence écomique qu'on appelle souent r2ie c'est une revue qui existe depuis 2009 ouis euh et qui est pluridisciplinaire et qui pour la première fois donc pour une revue académique propose de traiter le sujet de de la guerre économique et du renseignement c'est l'une des rares revues sur l'intelligence économique en France ah alors c'est la seule revue c'est la seule la France et le monde francophone très important beaucoup de de numéros on portés sur le Maroc sur l'Afrique subsaharienne donc
elle est à effectivement apportter sur la francophonie et c'est effectivement la première revue qui parle ouvertement dans monde académie de guerre économique et de renseignement pluridisciplinaire ça veut dire al on a à la fois des gestionnaires des juristes des sciences de l'information de la communication des historiens les historiens voilà pour nous c'est l'objet qui compte c'est pas la c'est pas la discipline vous savez le disciplinaire souvent est un enfermement bon c'est déjà une belle réussite d'avoir réuni toutes ces disciplines autour de ce concept d'intelligence on est content parce que c'est pas évident d'inciter les collègues
à écrire dans dans une revue pluridisciplinaire ce qui est pas toujours très valorisé suivant les domaines et je précise que je l'ai donc que pe diriger ce numéro avec thryimer et puis Gérald Darbois ouais alors j'ai regardé moi l'historique des des de cette revue là qui remonte à 2009 comme vous l'avez dit c'est la première fois qu'elle utilise le le concept de guerre économique il était tend quand même oui il était temps al évidemment c'est toujours en filigrane c'est c'est un peu comme dans la tiance économique mais c'est vrai que il y a toujours eu
cette comment dire cette autoimitation à à parler de ce concept qui qui dérange un peu part des universitaires donc des de la part des universitaires à quelques exceptions près ce qui fait qu'effectivement ceux qui en en parlit le plus c'était pas des universitaires C des intellectuels mais pas des universitaires voilà donc ces choses maintenant faites et il faut continuer je sais que les juristes s'y intéressent les historiens bien sûr donc on est en bonne VO ça avance à bonne vitesse d'après vous pas non ça avance lentement mais sûrement donc ce qui est rassurant c'est le
sûement ouais ce qui est un peu embêtant c'est le lentement parce que faut pas être trop lent parce que que les autres ils avancent aussi ils avancent beaucoup plus vite donc effectivement mais faut quand même voir aussi le côté positif voil petite parenthèse vous êtes le seul professeur des universités sur l'intelligence économique on est d'accord non moi j'en ai pas vu d'autres il y en a un autre qui est d'ailleurs le directeur de la revue d'intelligence économique qui est Christian Marcon d'accord mais qui est aussi allié de Poitier c'est vrai qu'à Poitier on a un
master on a on a une école doctorale enfin une école doctorale on a une formation doctorale et on donc on on est assez complet dans ce domaine là donc il y en a quand même d'autres maintenant oui oui d'une seule main il y en a pas beaucoup c'est vrai mais on est d'accord euh c'est quoi la spécificité du renseignement économique alors d'abord peut-être qu'on peut parler du contexte le renseignement économique ça s'inscrit dans la guerre économique voilà donc la guerre économique c'est quoi c'est en fait une confrontation entre partis les partis ça peut être des
entreprises ça peut être des états bien sûr ça peut être les deux ensemble ça peut être des des ONG bon qui visent en fait à à capter à maîtriser des ressources à s'accaparer des richesses dont l'objectif c'est l'accroissement de la puissance par l'économie ouais et l'accroissement de la puissance par l'économie je vais répondre à votre question mais c'est pour bien situer c'est plusieurs choses c'est bien sûr la limitation des dépendances c'est la localisation des activités économiques et surtout industrielles c'est la compétition informationnelle c'est la projection sur les marchés extérieurs et c'est la prédation économique et
donc le renseignement économique il va intervenir sur ces cinq thématiques mais évidemment il va intervenir de manière différente avec des acteurs différents donc c'est espèce de nébuleuse le le renseignement économique qui d'ailleurs lorsquon regarde les ouvrages sur renseignement et très peu traité ou alors en figran et jusqu'à très récemment c'était des personnalités un peu hors du commun qui qui par de ce domaine là c'était c un peu écarté de l'étude sur sur le renseignement aujourd'hui ça revient et donc faut le prendre par rapport à ces cinq thématiques et la France a avancé dans le renseignement
économique récemment sur les deux dernières c'estàd la compétition informationnelle et puis la prédation économique par contre sur les trois premières il y a encore pas mal de travail on va peut-être revenir alors dites-moi est-ce que est- que le renseignement économique est plus dans du côté du public c'estàdire les services de renseignement ou est-ce que c'est un concept qui a été beaucoup plus travaillé qui a beaucoup plus mûri du côté au contraire du privé donc de l'entreprise alors si on regarde effectivement à court terme on voit surtout les services de renseignement via le prix de la
sécurité économique mais lorsqu'on regarde à long terme notamment les historiens c'est un des articles assez fabuleux dans c'est extraordinaire moi j'ai découvert ça pour le dire effectivement la France à part partir du début du 19e siècle donc sous le Premier Empire développe des centaines d'agences commerciales de renseignements commerciaux dont une est d'ailleurs appartient au à vidoc ou et je peux me permettrai juste en fait une une citation parce qu'elle est assez extraordinaire c'est un en fait une jurisprudence de la Cour de cassation à la fin du 19e siècle qui dit quand même la chose suivante
ça mérite de s'y arrêter elle dit que l'activité donc exercée par les entreprises de renseignement est licite et estimable ouais et qu'en recueillant les renseignements et en les communiquant l'agence donc privée exerce un métier qui non seulement n'est pas condamnable mais qui est nécessaire au commerce dont elle garantit la sécurité appelle la protection de la loi et celle de la justice ça c'est la Cour de cassation sur des sociétés privées de r siècle siècle et donc vous voulez dire qu'aujourd'hui 21e siècle c'est pas la même image l'auteur qui est un historien dit à la fin
est-ce que l'intelligence écomique française n'aurait pas considérablement régressé en un siècle alors c'est vrai votre avis alors oui euh c'est vrai jusqu'à on va dire la parenthèse Golo pompidolienne effectivement où là ça va revenir mais effectivement ça va régresser il faut attendre 1994 donc il y a 30 ans pour que via le concept d'intelligence économique parce qu'on pouvait pas parler de renseignement économique à l'époque ça revienne sur le devant de la scène mais il faut vraiment attendre 2017 et en fait le rapport de la délégation parlementaire au renseignement pour remettre le renseignement d'intérêt économique en
fait au cœur des services de l'État alors ils on faisait un peu mais c'était pas euh il y avait pas suffisamment de moyens était pas suffisamment structuré mais là on est dans les services de l'État comparons avec l'entreprise alors l'entreprise il y a deux possibilités soit elleinnalyse le renseignement économique donc il a des bien sûr les grands groupes ont des ont des services d'intelligence économique il pu d'autres terminologies et mais beaucoup aujourd'hui il y a une externalisation sur des cabinets donc il a il y a alors ça c'est une des réussites françaises il y a
un marché privé de l'information qui s'est développé depuis les années 90 et d'ailleurs le leader français est aussi le leader européen c'est la du rapport Mart en 94 donc là c'est exé voilà ouis là c'est exaué alors c'est exaucé quand on compare avec les chiffres de nos compétiteurs notamment anglo-américain il y a encore un peu de travail mais mais non c'est quand même très très positif même méthodologie publi privé sur l'approche du renseignement chcho ou pas alors les méthodologies oui avec la limite quand même de la couleur de ce qu'on appelle la couleur de l'information
le blanc le gris le noir c'est qu'effectivement c'est les mêmes mthologies pour le blanc et le gris c'est l'information ce qu'on appelle ouverte ouanation fermé qu'on va recueillir par des témoignages des entretiens des conversations évidemment sur le noir là on est dans des domaines totalement différents les services spéciaux ont le droit d'utiliser des moyens spéciaux donc d'aller vers l'information noire c'est par exemple par interception ou autre euh ils peuvent le faire les sociétés privées normalement n'ont pas le droit de le faire donc là il y a quand même une grande différence et si ell le
font on est plus dans laance économique on est dans la barbouserie come on l'appelle mais ça reste quand même infime he la plupart des sociétés font de l'information blanche et grise donc renseignement économique concept habituel dans l'entreprise pour vous mature ou pas ah ça dépend des entreprises et et et ça se voit pas comme ça en fait il faut regarder et pour répondre aussi à votre question précédente c'estd qu'en fait c'est souvent le transfert des personnes des services de l'État vers les entreprises qui qui fait la différence vous avez beaucoup d'anciens des GSI des GSE
des RSD qui font une deuxième carrière dans l'entreprise et qui là euh finalement apporte les méthodologies la culture surtout parce que ça c'est important la culture du renseignement dans ces organisations donc il faut voir entreprise par entreprise mais on a des entreprises qui historiquement maisme depuis plus d'un siècle sont extrêmement bien outillé ou il y a un papier sur il a un article sur la défense l'afluence etre de la tout en tout cas les grandes entreprises la base industrielle de technologie de défensent en général sont plutôt bien outillés ouais mais retard sur les autres ah
bah ça dépend queles autres mais alors retard sur les autres c'est une chose et aussi retard on va dire dans la coordination entre le public et le privéou quand on a face à nous les Américains ou les Chinois c'est pas simplement une question d'acteur c'est une question de coordination c'est-à-dire de de synergie public privé de masse critique et là c'est vrai que de ce point de vue là on est encore un peu en retard ouais c'est ce que pointe le rapport de route bieux au président de la République sur la sécurité économique exactement jeoff l'ancien
patron du MLF qui d'ailleurs lorsqu'il est parti a dit publiquement qu' regrettait de pas avoir assez développé l'influence là aussi et on en parle dans la revue on est en retard c'est un continuum renseignement influence faire du renseignement seul ça ça sert pas à grandchose si derrière il y a pas une capacité d'action et aujourd'hui une capacité d'influence le renseignement vous collectez que vous donnez en fait au aux politiques ou aux décideurs ne sert pas à grand-chose donc c'est là encore que on est limité en France c'est sur la culture on va dire des dirigeants
pass entre votre monde académique et et le monde de l'entreprise bah la passerelle elle est permanente on forme des étudiants par dans le master de Poitier ils sont en apprentissage donc on est en permanence au contact des entreprises beaucoup de test se font maintenant en partenariat avec les entreprises nous-même on voilà donc le problème aujourd'hui c'est plus la triangulation entreprise université et état c'est là où il y a encore en France on aime bien entre soi donc et puis il manque toujours un chef d'orchestre c'est que même si beaucoup a été fait on n pas
retrouver le haut responsableance économique qu'on avait eu dans les années 2004 d'in juillet alin juillet notamment voilà merci beaucoup Nicolas moet pour vos réponses l'entretien de l'intelligence économique est terminée évidemment vous pouvez retrouver cette émission sur France24.com sur nos réseaux sociaux et sur nos podcast au revoir [Musique]