Bienvenue dans l’Essentiel du Dessous Des Cartes. Aujourd’hui on prend encore la direction de la Syrie, et de Damas, la capitale, voici dans sa périphérie, l’ambassade d’Iran, saccagée et pillée après la chute de Bachar El Assad. Les diplomates de Téhéran avaient eu le temps de quitter les lieux.
La fin de l’ère Assad marque aussi la fin d’un partenariat stratégique pour l’Iran, qui avait fait de la Syrie une pièce maîtresse de son “axe de la Résistance” contre l’Occident en général et Israël en particulier. Hamas palestinien, Hezbollah libanais, Régime Assad : tel un effet domino, depuis le 7 octobre 2023 (l’attaque contre Israël et la guerre de représailles sans limites qui a suivi), la République islamique d’Iran semble perdre un à un ses partenaires régionaux : sortons nos cartes: Voici Bachar El Assad. Ici avec le guide suprême iranien Ali Khamenei en 2019.
Le clan Assad désormais chassé de Syrie après 54 ans au pouvoir. Il avait bénéficié pendant des années de l’envoi de conseillers militaires et factions armées de la part de Téhéran. L’axe Iran-Syrie était stratégique pour la république Islamique : la Syrie lui servant d’accès à la Méditerranée, lui offrant un accès direct au Liban, notamment pour alimenter en armes les miliciens du Hezbollah.
Autre visage précisément: celui d’Hassan Nasrallah ici en photo lui aussi avec l’iranien Khamenei, Nasrallah, le leader historique du Hezbollah parti-milice libanais mis en place par l’Iran en 1982 notamment pour lui déléguer la guerre contre Israël. Nasrallah, tué par une frappe israélienne le 27 septembre 2024, ici à Beyrouth: la fin d’une époque. Avec des conséquences pour la Syrie de Bachar el Assad: une protection du Hezbollah moins puissante.
Autre photo: Voici Yahya Sinouar l’un des grands chefs du Hamas palestinien, lui aussi aux côtés de l’iranien Khamenei: Sinouar tué, à Gaza, le 16 octobre 2024, de nouveau par une frappe israélienne. Le Hamas, à distinguer du Hezbollah et des autres milices pro Iran: car le Hamas palestinien, créé en 1987 et qui contrôle seul la bande de Gaza depuis 2007 a certes en commun avec Téhéran la haine d’Israël et de l’Occident, mais avec une différence : le Hamas est sunnite tandis que le régime iranien est chiite. Le Hamas et Téhéran dont la relation a connu des hauts et des bas, notamment lorsque le Hamas a refusé de soutenir Bachar pendant la guerre civile syrienne.
Mais ces dernières années, Téhéran avait repris ses aides à l’organisation palestinienne, souhaitant la renforcer, au moment où une partie du monde arabe normalisait ses relations avec Israël. Mais désormais, Téhéran ne pourra donc plus compter comme avant sur le Hamas palestinien, le Hezbollah libanais et sur l’allié syrien. Selon le spécialiste de l’Iran, Bernard Hourcade, interrogé par La Croix “L’Iran va maintenant se concentrer sur sa survie, ne cherchant plus à sauver ni Bachar, ni le Hezbollah ni les Houthis du Yémen” Voilà l’Essentiel du Dessous Des Cartes c’est fini pour aujourd’hui.
À bientôt.