on se retrouve aujourd'hui pour l'explication en linéaire du poème de Rainbow issu des cahiers de Douai Vénus Ana diomen Sylvain Tesson déclare à propos des textes d'Arthur Rimbaud ses poèmes sont des projectiles 150 ans plus tard il nous atteignent encore cahier de Douai est un recueil de jeunesse en 1870 Rimbaud à 16 ans l'homme aux semelles de vent comme le surnomme RA Paul Verlaine plus tard fugue à plusieurs reprises durant ces vagabondages il écrit 22 poèmes il les recopié à Douai sur deux liasses de feuilles d'écolier une première comporte en 15 poèmes une seconde avec
7 sonnées alors qu'il s'est réfugié chez son professeur de rhétorique George Isambart c'est à Paul de meunier poète et éditeur qui confie ses poèmes qui seront publiés 18 ans plus tard sans que Rainbow le sache dans la mythologie la déesse de l'amour Vénus est décrite comme annadiumen autrement dit surgit des eaux nés dans la mer la peinture mais très fréquemment en scène cette naissance comme c'est le cas dans la toile de Sandro Botticelli au 15e siècle Rimbaud à son tour s'intéresse à cet épisode mythologique mais le détourne en décrivant Vénus comme une femme hideuse sortant
de sa baignoire il propose de la sorte un contre blason un blason étant un poème qui fait l'éloge d'une partie du corps féminin le corps de la femme est décrit de haut en bas de la tête à l'anus ainsi nous verrons en quoi cette réécriture parodique et signe d'émancipation créatrice alors que Rimbaud débute sa description par la tête des vers 1 à 4 il continue par le tout des vers 5 à 6 les chiner l'ensemble du corps des verres 9 à 11 et termine par la chute du poème des verres 12 à 14 débutant notre
analyse par le premier mouvement la tête des verres 1 à 4 le temps parodie utilisé par rimbo est audible dès le premier vers dans la mythologie la naissance de Vénus a lieu au milieu de l'eau nous l'avons dit dans l'introduction et le plus souvent la déesse est posée sur un coquillage ainsi lorsque le lecteur découvre le titre du poème Vénus Ana diomène il s'attend à un texte célébrant la naissance de cette incroyable divinité pourtant si le poète reste fidèle à une venue au monde dans l'eau la Vénus de Rimbaud émerge une baignoire cet objet bien
moins poétique qu'un coquillage et de plus comparé à un cercueil comme d'un cercueil vert en fer blanc vers un métal utilisé pour concevoir cette baignoire et d'une grande banalité faire blanche et s'éloigne des représentations sublimes que l'on peut observer de Vénus plus encore l'apparition de la femme est quelque peu effrayante effectivement le verre 1 se close sur le groupe nominal une tête et le contre rejet du verdeux deux femmes un cheveu brun fortement pommadés suggère une apparition lente une tête qui émerge peu à peu la description des cheveux participe à la dimension parodique du texte
l'adjectif brun vers 2 et surprenant dans la mesure où la déesse de l'amour est fréquemment peinte avec les cheveux blonds mais c'est également leur aspect qui détonne pommader il est vrai que nous sommes loin des cheveux flottants au vent peint par Botticelli puisque pommade laisse entendre qui sont gras le rythme binaire lente est bête ovaire 3 continue de détourner l'image traditionnelle de Vénus qui est présenté comme intellectuellement limité cette idée d'ailleurs accentuée par la rime entre tête et bêtes l'adjectif bête est intéressant à observer dans la mesure où il est polysémique ce qui sous-entend parce
qu'il signifie qu'il a plusieurs sens il rencontre de la bêtise de la femme mais aussi de son côté animal qui sera développé un peu plus loin dans le sommet enfin le vert 4 suggère la laideur de Vénus grâce à un euphémisme avec des déficits assez mal ravaudés mais aussi à l'aide de sonorité brutale en r en V et en D présentent dans l'adjectif ravoté le lecteur comprend ainsi que la fan que la femme peine à dissimuler ses rides ces imperfections derrière son maquillage continuons notre analyse de la description de Vénus en passant notre deuxième mouvement
qui s'intéressera au dos des vers 5 à 8 dans la deuxième strophe le poète se concentre sur le dos de Vénus 4 adjectifs péjoratifs sont utilisés gras et gris large vers 5 cours vers 6 la paronomase entre gras et gris au verset sur le manque d'harmonie du coup de Vénus disproportionné et terne de plus l'antithèse entre large et court rend visible la difformité du corps sur lequel Rainbow va insister plus encore via les trois propositions subordonnées relatives qui saillent qui rentrent et qui ressort vers 6 le rejet qui saille en outre met en valeur le
verbe saillir qui rencontre de l'anomalie dans les proportions du corps de la femme les sonorités qui rittent cette strophe à nouveau son brutale et suggère le mouvement peu gracieux de Vénus nous pouvons noter des allitérations en K en G et en r colle gras et gris large court rentre ressort elles accentuent la laideur de Vénus enfin l'accent est porté sur les rondeurs peu harmonieuse et presque la personnification les rondeurs des reins semblent prendre les sort vers 7 donne vie au bas du dos et renforce la dimension effrayante de ce corps enfin le champ lexical de
l'embonpoint rondeur graisse vers 7 et 8 termine laisse qui se donne d'eau répugnant nous allons nous intéresser à présent au troisième mouvement les Chine et l'ensemble du corps des vers 9 anges dans le premier tercet Rimbaud décrit les Chine c'est la colonne vertébrale de l'homme et de certains animaux néanmoins l'utilisation de ce terme plus communément employée pour les animaux animalise la femme le caractère repoussant de Vénus est mis en exergue par la synesthésie alors synesthésie c'est la confusion des sens du verbe neuf les Chine est un peu rouge et le tout sang un goût il
est vrai que le poète sollicite les sens de la vue du goût de l'odorat afin de créer les cœurs man du lecteur qui a presque la sensation de sentir l'odeur répugnante de cette femme de horrible étrangement place en tête de verre le terme horrible dans le but d'accentuer cette laideur le substantif singularité qui est utilisé au pluriel insiste sur ses nombreux défauts physiques la proposition relative qu'il faut voir à la loupe ainsi que les points de suspension vers 11 suggère que la difformité est telle qu'elle nécessiterait une observation minutieuse et annonce la chute du poème
présente dans le dernier tercet nous allons à présent terminer notre analyse du poème avec la chute des vers 12 à 14 le tatouage que l'on découvre au vert 12 révèle que la femme est en fait une prostituée seuls les prostituées avaient des tatouages à cette époque l'inscription Clara Vénus justifie le titre du sonnet mes témoignes surtout de la grande ironie de Rimbaud puisqu'il s'agit là d'une antiphrase Clara signifie la brillante Clara vient du latin clarus qui signifie claire illustre brillant et la Vénus que vient de nous décrire Rimbaud et tout sauf clair illustre et brillante
la périphrase ce corps montre une forme de déshumanisation de Vénus qui n'est réduite qu'à être un corps disgracieux en outre son animalité est encore mise en évidence grâce au substantifs groupe le dernier verre est à observé avec la tension en premier lieu l'oxymore bélideusement dévoile la dimension à la fois repoussante et fascinante de Vénus c'est un être qui allie la laideur et la beauté Rimbaud admire Baudelaire et nous pouvons percevoir ici une influence baudelaireienne effectivement l'auteur des Fleurs du Mal transforme la boue en or autrement dit le lait en beau Rimbaud qui a mis en
évidence laideur de Vénus durant trois strophes suggère dans ce dernier verre qu'il y a de la beauté dans cette femme hideuse la description se close sur un détail très intime celui d'un ulcère à l'anus la rime finale entre Vénus symbole d'amour et de beauté et anus appartenant à un vocab scatologique vocabulaire très rare en poésie mais également vocabulaire assez osé qui montre une fois encore l'audace de Rimbaud porte à son paroxysme la parodie proposée proposée de Vénus dans ce contre blason Rimbaud parodie la naissance de Vénus et fait le portrait d'une femme vieille difforme détournant
l'image mythique de la déesse de l'amour et de la beauté grâce à ce poème il dévoile l'émancipation créatrice qui est la sienne et son goût pour la parodie Marcel Duchamp en 1919 s'amusera à son tour à parodier la Joconde de Léonard de Vinci en la dessinant avec une moustache et en inscrivant l'Aloe lhoq sous son portrait