Les ravages de la fast fashion Bienvenue dans l’Essentiel du Dessous des Cartes. En ce premier mai, fête internationale du Travail, on a voulu se pencher sur un secteur justement souvent peu respectueux des droits sociaux qui embauche à tour de bras et à bas coût notamment dans ces pays d’Asie. On parle de la mode.
Et en particulier de la fast fashion. Cette nouvelle tendance des grandes enseignes à produire toujours plus et plus vite. Des marques qui ont parfois 36 collections par an et poussent à la surconsommation.
Récemment certaines d’entre elles, comme Zara et H&M ont voulu redorer leur image en se lançant dans la vente de seconde main. Mais, comme on va le voir, les délocalisations s’étendent à de nouveaux pays, l’Éthiopie par exemple, et la fast fashion met en péril notre environnement. Sortons nos cartes.
Les délocalisations qui ont frappé durement le Royaume-Uni et la France dans la seconde moitié du XXe, ont profité à la Chine, laquelle produisait les deux tiers des habits portés dans le monde dans les années 1980. Avec l’augmentation des salaires minimum en Chine dans les années 2000, les industriels se sont redéployés vers l’Asie du Sud-Est et du Sud où les salaires minimums restaient faibles. Le Bangladesh est ainsi devenu le deuxième exportateur mondial de vêtements, derrière la Chine.
Ces pays connaissant une légère augmentation des salaires minimum, les grandes enseignes se tournent désormais vers l’Afrique, notamment vers l’Ethiopie, qui avec ses 26 $ de salaire mensuel est en bas de l’échelle mondiale. Cette course au moindre coût n’est pas la seule raison qui pousse l’industrie de la mode à se délocaliser. Ces mêmes pays où elle installe ses usines ont souvent des réglementations moins strictes en matière de protection de l’environnement.
Or, la mode est l’une des industries les plus polluantes au monde. Regardons ça en chiffres : le secteur émet 4 milliards de tonnes de CO2 par an. Ce qui représente plus que les émissions de CO2 de tous les vols internationaux et du transport maritime combinés.
Les montagnes de vieux vêtements polluent également. Plus de la moitié des habits à recycler atterrissent en Afrique, principalement au Ghana. Le pays reçoit chaque jour 160 tonnes de déchets textiles.
Faisant de sa capitale Accra la poubelle de nos garde-robe. Voilà l’essentiel du Dessous Des Cartes c’est fini pour aujourd’hui. À bientôt.