Combien de temps ça vous prendrait de lire 20 LIVRES ? C’est pas l’affaire de cinq minutes… En plus, des références de culture générale INCONTOURNABLES ce ne sont pas des livres de cent pages, et puis si vous lisez pour RETENIR des choses, alors vous devez prendres des notes, ce qui prend ENCORE PLUS DE TEMPS… Vous m’avez compris : lire les vingt ouvrages dont je vais vous parler, ça serait très long — ça vous prendrait un an, je pense, SI vous êtes très sérieux… Donc abandonnez l’idée : n’achetez pas ces livres, ne les ouvrez pas. Regardez simplement cette vidéo jusqu’au bout en prenant des notes : vous allez gagner ÉNORMÉMENT de temps.
Regarder cette vidéo suffira pour vous faire une BONNE IDÉE de ce qu’il y a dans les livres de la liste parce que j’ai lu, et même parfois résumé, la plupart de ces livres — donc j’en comprends bien les idées essentielles. Et puis surtout, le but, ce n’est pas de vous cultiver, mais de réussir un exercice précis : LA DISSERTATION. Bah oui, c’est à ÇA que vont vous servir les vingt références.
Je les ai sélectionnées POUR ÇA : elles servent à défendre des idées IMPORTANTES dans les grands thèmes de culture générale des concours administratifs. C’est pour ça que ce sont des références TRÈS RENTABLES : elles pourront vous servir dans beaucoup de dissertations. Alors, les références, c’est bien, mais c’est LA MÉTHODOLOGIE qui fait la différence en dissertation.
Ça tombe bien, j’ai ce qu’il vous faut : un cours GRATUIT de méthodologie de la dissertation. Vous pouvez le recevoir soit en cliquant sur le lien qui s’affiche en haut à droite, soit en utilisant celui qui est dans la description de cette vidéo. Inscrivez-vous, et vous m’en direz des nouvelles.
Mon introduction est déjà longue, donc j’abrège. Je vais bien sûr vous donner la liste des références, mais je vais aussi préciser l’UTILITÉ de chaque référence pour une dissertation aux concours administratifs — c’est-à-dire CE QUE la référence sert à montrer dans une argumentation — et puis je résumerai aussi très rapidement les idées essentielles de chaque livre. Si vous estimez que D’AUTRES références méritent de figurer dans ma liste, ou si vous avez D’AUTRES IDÉES de listes, n’hésitez pas à me le dire dans les commentaires.
Voilà voilà, je vous enfin ai dit tout ce que je voulais vous dire. Regardez bien la vidéo jusqu’au bout, et vous allez gagner ÉNORMÉMENT de temps. 1ère référence : La République, Platon C’est peut-être le livre le plus célèbre de la philosophie occidentale, et c’est en tout cas la référence la plus importante de la philosophie POLITIQUE.
Platon imagine une cité utopique dont le but est de réaliser la justice, qu’il définit comme l’harmonie des parties dans le tout. Sa cité atteint l’harmonie sociale grâce à deux facteurs. Elle divise tout d’abord les citoyens en 3 catégories : les gardiens (les gouvernants), les auxiliaires (les guerriers) et les producteurs (tous les autres).
Ensuite, elle donne le pouvoir à une élite de philosophes qui vivent ensemble selon des principes communistes. Si vous voulez en savoir plus, allez lire mon résumé détaillé sur 1000 idées de culture générale. 2ème référence : Le Prince, Machiavel Cet ouvrage est à l’origine de ce qu’on appelle le « machiavélisme », l’idée qu’il faut exercer le pouvoir politique en excluant les considérations morales.
En effet, Machiavel désenchante la politique en la débarrassant des scrupules juridiques et moraux qui restreignaient, voire paralysaient l’action de l’État au Moyen Âge. Il rejette tout idéalisme parce qu’il pense que les hommes sont des tyrans en puissance. Il ne veut pas faire régner la justice, mais seulement canaliser les intérêts conflictuels pour qu’ils s’entre-détruisent sans avoir pu ébranler le pouvoir.
Cependant, le machiavélisme dégénère en amoralisme : le philosophe propose même un système généralisé d’immoralité et d’illégalité. 3ème référence : Les Six livres de la République, Jean Bodin La théorie de l’État de Jean Bodin est une des principales sources de la tradition constitutionnelle française, et Les Six Livres de la République sont un des premiers ouvrages de philosophie politique des Temps modernes. Le concept le plus important du livre est la souveraineté de l’État.
Comment caractériser la souveraineté de l’État ? Par les droits régaliens et par la reconnaissance internationale. Pour Jean Bodin, qui défendait l’absolutisme royal, la souveraineté de l’État doit être absolue : elle n’est soumise à aucune règle, ni à aucun contrat avec le corps social.
Mais en pratique, l’État doit être hiérarchisé pour la bonne transmission verticale de l’autorité. 4ème référence : Léviathan, Thomas Hobbes Cet ouvrage sert à justifier l’octroi d’une puissance exceptionnelle à l’État. Hobbes fait référence au Léviathan, un monstre marin colossal capable d’anéantir le monde, parce qu’il veut que l’État ait les moyens d’éteindre l’extrême instabilité de l’état de nature.
Cet état de nature est une « guerre de tous contre tous », où « l’homme est un loup pour l’homme » DONC les hommes doivent passer un contrat pour sortir de cette impasse. Ils créent ce faisant un État illimité qui préserve la civilisation de la violence originelle. 5ème référence : Du contrat social, Rousseau C’est l’ouvrage de référence pour justifier le principe de souveraineté du peuple.
Rousseau y refonde la société politique sur de toutes nouvelles bases dans le but d’édifier un système de pouvoir démocratique qui réussisse à garantir à la fois l’égalité et la liberté des citoyens. Son contrat social crée un corps moral et politique, c’est-à-dire qu’en s’associant, les citoyens forment un tout qui possède, à l’image d’un individu, un « moi », une « vie » et une « volonté », la volonté générale. En pratique, c’est grâce à la loi que le peuple a le pouvoir.
Chacun décide en contribuant à élaborer la loi, et chacun reste libre parce qu’il est soumis à une règle qu’il a lui-même contribué à élaborer. 6ème référence : De l'esprit des lois, Montesquieu Comme le précédent, cet ouvrage a jeté les bases philosophiques de la démocratie moderne. Ce qu’il a d’original, c’est son pragmatisme : Montesquieu réfléchit à l’efficacité des lois en dehors de l’idéologie ou de la religion.
À ses yeux, il faut adapter les lois au régime politique, au pays et au peuple auxquels elles s’appliqueront. L’idée la plus célèbre et la plus influente du livre est la séparation des pouvoirs. Pour empêcher l’arbitraire et les abus liés à l’exercice de missions souveraines, il faut séparer et équilibrer le législatif, l’exécutif, et le judiciaire — MAIS ces pouvoirs peuvent tout de même interagir.
7ème référence : De la liberté des Anciens comparée à celle des Modernes, Benjamin Constant Cette mémorable conférence donnée en 1819 est une bonne référence pour justifier la protection des libertés individuelles. Benjamin Constant explique qu’il existe deux sortes de liberté. La « liberté des Anciens » est la liberté politique dont jouit l’individu lorsqu’il participe à la vie publique.
La « liberté des Modernes », en revanche, c’est la liberté civile qu’a l’individu de jouir de ses droits et de développer ses facultés comme bon lui semble, tant qu’il ne nuit pas à autrui. Ces deux conceptions sont en tension, notamment lors de la Révolution française, où les révolutionnaires ont voulu substituer la liberté des Anciens à celle des Modernes. 8ème référence : De la démocratie en Amérique, Alexis de Tocqueville C’est l’ouvrage de référence pour parler des caractéristiques de la société démocratique, que Tocqueville a mises en lumière après un voyage de presque un an aux États-Unis.
La première chose qui l’a frappé, c’est à quel point l’égalité des conditions imprègne les mentalités. Il note aussi que la démocratie américaine donne le pouvoir à l’opinion publique. La France et les États-Unis ont là un point commun : l’opinion publique y est le pouvoir dominant, en vertu de quoi la souveraineté du peuple est une réalité de chaque jour.
Cela engendre cependant un grand conformisme, une certaine « tyrannie de la majorité ». 9ème référence : Qu'est-ce qu'une nation ? , Ernest Renan Cette conférence de 1882 fixe les termes de la conception française de la nation.
Renan montre que la nation est une innovation historique qui repose en partie sur l’oubli. « France » est par exemple devenu le nom du pays alors même qu’il n’y était entré qu’une imperceptible minorité de Francs. L’idée de la race ne permet pas de déterminer les frontières d’une nation, car il n’existe pas de race pure.
Les bons critères, ce sont l’appropriation de la mémoire collective et le désir de vivre ensemble. 10ème référence : Le savant et le politique, Max Weber C’est l’ouvrage de référence pour définir ce qu’est l’action politique. Max Weber pose d’abord que l’État est le détenteur du pouvoir politique dans les sociétés modernes.
Dans celles-ci, l’autorité politique est rationnelle, parce qu’elle est fondée sur la croyance à la légalité des ordonnances et à la légalité des titres de ceux qui exercent la domination. Le sociologue explique également dans cet ouvrage qu’il existe deux états d’esprit différents en politique : soit on agit pour atteindre un certain résultat — c’est « l’éthique de responsabilité » ; soit on agit pour préserver ses valeurs — c’est « l’éthique de conviction ». Enfin, il explique aussi que le professionnel de la politique vit DE la politique, tandis que le militant vit POUR la politique.
11ème référence : L'étrange défaite, Marc Bloch Ce livre est l’analyse de référence sur la débâcle française de 1940. Pour Marc Bloch, c’est le pays tout entier qui était « malade » d’un immobilisme généralisé. Les élites militaires étaient les premiers responsables, parce qu’elles ont manqué d’autorité, d’organisation, et de capacité d’adaptation à la guerre moderne.
Mais c’est plus globalement l’esprit français, cette intelligence nationale dont le pays est si fier, qui est responsable de la débâcle de 1940. L’historien voit dans les élites françaises, engoncées dans leur esprit de caste, formées dès l’enfance au bachotage, au formalisme, à la bureaucratie, à la fidélité aux doctrines apprises, et à la révérence envers les puissants — il voit dans ces élites françaises l’incarnation de la paralysie intellectuelle responsable de l’étrange défaite. 12ème référence : Mémoires de guerre, Charles de Gaulle Cette référence est importante parce qu’elle révèle la conception de la France du fondateur de la Cinquième République.
Il y a d’abord, dans cette conception, une dose de messianisme : Charles de Gaulle est persuadé que la providence voue la France à la grandeur, à un destin hors du commun, dans le succès comme dans l’échec. Sur le plan politique, il veut que la nation française soit unie, c’est pourquoi il se méfie des intérêts particuliers, des partis, et des idéologies. Sur le plan géopolitique, il veut que la France soit indépendante, ce qui justifie qu’elle soit flexible pour défendre ses intérêts.
13ème référence : Les Deux Corps du Roi, Ernst Kantorowicz Cette référence sert à justifier la nécessaire continuité du pouvoir politique et le consentement à l’existence de l’État. Avec l’image des deux corps du roi, l’historien Ernst Kantorowicz distingue, d’une part, le corps naturel et mortel du roi ; et d’autre part, le corps mystique et immortel qui incarne le royaume tout entier et en garantit la continuité politique et spirituelle. La métaphore a évolué jusqu’au XIIIe siècle, où le pouvoir de l’État s’est institutionnalisé dans une administration.
L’État devient alors une personne fictive, un corps mystique et universel, et il revendique ce faisant une permanence jusque-là réservée à l’Église et à l’Empire romain. 14ème référence : La Crise de la culture, Hannah Arendt Cet ouvrage est la référence pour expliquer le fait que la tradition n’a plus pour nous l’autorité qu’elle avait par le passé. Quelles sont les causes de cette mutation ?
Hannah Arendt souligne tout d’abord que les sociétés de consommation de masse transforment la culture en biens de consommation forcément éphémères — alors que la culture traditionnelle est par définition DURABLE. Elle met aussi en évidence la priorité donnée au divertissement, qui désacralise l’objet culturel. À ses yeux, nous devons retrouver un rapport approprié à la culture pour sortir de l’impasse où nous sommes coincés, entre le passé et l’avenir.