Ukraine, Gaza, Soudan, Iran, Yémen, Taïwan… Ces dernières années, vraiment j’ai l’impression que la planète ressemble de plus en plus à une poudrière, qui est prête à exploser. Et comme si ça suffisait pas, on a un autre front qui s’est brutalement rallumé en avril 2025 : l’Inde et le Pakistan, deux puissances nucléaires aux relations assez explosives depuis leur fondation. Alors pourquoi est-ce qu'ils se tapent dessus ?
La réponse, c’est le Cachemire : un territoire montagneux de l’Himalaya à cheval entre l'Inde, le Pakistan, et la Chine. Disputé depuis plus de 75 ans, il est devenu le symbole de toutes les tensions : religieuses, politiques, géographiques, et parfois même écologiques. Le 22 avril 2025, dans la partie du Cachemire sous administration indienne, un attentat sanglant tuant 26 civils a lieu dans la ville de Pahalgam et relance les hostilités.
Les événements vont ensuite s’accélérer : frappes militaires des deux camps, bombardements, drones, représailles économiques, menaces, etc. Même un certain Donald Trump s’invite dans la partie pour annoncer qu’il a participé au cessez-le-feu et résolu “un conflit vieux de 1 000 ans” ! Pour comprendre ce qui se joue aujourd’hui, eh bien je vous propose de revenir aux racines de ce conflit.
Et non, c’était pas il y a 1 000 ans comme le prétend Trump. En fait, même pas besoin de retourner plus loin que le début du 20e siècle. À cette époque, le sous-continent indien est dominé principalement par le Royaume-Uni.
Le Raj britannique, comme on l’appelle, c'est en fait un patchwork de nombreux territoires avec des histoires et des peuples très différents : deux tiers hindous, un quart de musulmans, et des tas de minorités - sikhes, chrétiennes et bien d’autres. Et ça, c’est la version courte. L’Empire britannique exerce sa domination de deux manières différentes.
Certaines régions font partie intégrante de l’Inde britannique : ce sont des territoires soumis à l’administration directe des Anglais sous forme de provinces. D’autres régions sont eux des États qui ont accepté la souveraineté de l’Empire. Ils deviennent donc des États princiers, administrés par un dirigeant indien allié à la couronne.
En 1947, le Raj britannique comprend pas moins de 656 États princiers dirigés par des Rajas, des Nawabs, et des Thakurs. Théoriquement, ces États ne font pas partie de l’Inde britannique, mais dans les faits, les Anglais contrôlent presque tout. Dans les années 1930, les revendications pour une Inde indépendante deviennent de plus en plus difficiles à ignorer pour le gouvernement britannique qui, en soi, n’est pas du tout contre se barrer de là.
En Inde, on a deux grands fronts politiques qui s’affrontent sur le sujet : Parmi les figures de proue de la lutte pour l’indépendance, on trouve évidemment Jawaharlal Nehru et le Mahatma Gandhi. Le projet de leur parti politique laïc, le parti du Congrès, c'est de rassembler toutes les communautés du sous-continent à travers une Inde fondée sur “l’unité dans la diversité”. En parallèle va se créer la Ligue musulmane.
Au départ, elle souhaite surtout défendre les intérêts des musulmans face à ce qu’ils perçoivent comme une domination croissante des hindous dans l’administration et la politique, notamment via le parti du Congrès. Mais dès 1940, la Ligne musulmane réclame un État proprement musulman, le Pakistan. Une volonté qui va devenir de plus en plus intransigeante avec les années.
Évidemment, les tensions politiques débordent sur la population, et les émeutes entre hindous et musulmans deviennent monnaies courantes. Par exemple, le 16 août 1946, on a le président de la Ligne musulmane, Muhammad Ali Jinnah, qui va lancer une journée d’action directe. En gros, une très, très grosse grève générale.
Malheureusement, la journée part complètement en cacahuètes et des émeutes à très grande échelle éclatent entre musulmans et hindous à Calcutta. On a des milliers de personnes qui vont y trouver la mort. À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, le Royaume Uni n’a plus les moyens de gérer tout ça et décide donc de quitter définitivement le navire.
En février 1947, Lord Mountbatten est nommé vice-roi des Indes avec une mission : organiser l’indépendance, au plus vite. Le 18 juillet 1947 est ainsi adopté par le Parlement du Royaume Uni "l’Indian Independence Act", qui détaille la partition des Indes en deux nouveaux États : l’Inde et le Pakistan. Sur le papier les choses sont assez simples : les territoires majoritairement musulmans rejoignent le Pakistan, tandis que les autres rejoignent l'Inde.
Les dirigeants des États Princiers peuvent choisir leur sort, à quelques conditions. En réalité… c’est plus compliqué que ça… Premier problème : le Pakistan en 1947, c'est un pays séparé en deux par 1 600 km de territoire indien. En gros, le Pakistan occidental, l’actuel Pakistan, et le Pakistan oriental, qui fera sécession en 1971 pour devenir le Bangladesh.
Une configuration bizarre due à la répartition géographique des communautés musulmanes. Le second problème, c'est la manière dont les territoires sont divisés. Le gouvernement anglais va mandater l’avocat Cyril Radcliffe pour tracer les nouvelles frontières en 5 semaines.
Et si ce type est choisi, c'est parce qu’il n’a jamais mis les pieds en Inde, et donc, dans l’idée, il sera totalement impartial. Bien qu’il soit assisté par une commission d’hindous, de musulmans et de sikhs, la frontière finale ne réussit pas à prendre en compte des complexités communautaires locales. Le résultat, c'est que des millions de personnes se retrouvent “du mauvais côté” entre parenthèses.
À l’annonce de la nouvelle frontière, de nombreux hindous et sikhs du nouveau Pakistan fuient rapidement pour rejoindre l’Union indienne ; et ils sont imités en sens inverse par de nombreux musulmans. Ces migrations massives, elles ont pas du tout été anticipées, ce qui va mener à de nombreux incidents et massacres. Ça serait près de 15 millions de personnes qui vont devoir se relocaliser dans les mois suivants la partition.
Et ceux qui restent, eh bah ils risquent beaucoup : massacre, pillage, viol… Les tensions sont au maximum… À tout ça s’ajoute un troisième “problème” de la partition, qui nous intéresse particulièrement ici : c’est le Jammu-et-Cachemire. À l’époque, le Jammu-et-Cachemire, c'est un État princier. Lors de la partition, il a donc le choix de rejoindre soit l’Inde, soit le Pakistan.
Rappelez vous un petit peu de sa position privilégiée, mais compliquée, à cheval entre les deux nouveaux pays et la Chine. Si la majorité de la population du Cachemire est musulmane, son dirigeant, le Maharaja Hari Singh, est hindou. Pris entre plusieurs étaux, il aimerait être indépendant, mais ce statut n’est pas prévu par les règles de la partition.
Les choses se compliquent quand des troubles ont lieu dans le Poonch, un des districts du Cachemire, parce que sa population musulmane souhaite rejoindre le Pakistan. En plus de ça, le nouveau Pakistan décide de passer à l’action. En octobre 1947, c’est l’assaut : des milices pachtounes venues des zones tribales proches de l’Afghanistan entrent au Cachemire et marchent sur Srinagar.
Ils sont encadrés par quelques officiers en civil de la nouvelle armée pakistanaise. Le maharajah appelle à l’aide. L’Inde accepte uniquement en échange d’un rattachement officiel, que Hari Singh n’a d’autre choix que d’accepter.
Et c’est comme ça que commence la première guerre indo-pakistanaise, qu'on connait aussi sous le nom de première guerre du Cachemire. Parce que oui, vous vous en doutez, il y en aura plusieurs. Il faudra attendre le 1er janvier 1949 pour qu’un cessez-le-feu soit signé sous l’égide de l’ONU.
Une ligne de cessez-le-feu est alors tracée : le Cachemire est coupé en deux. Elle mesure environ 740 km, et encore aujourd’hui une partie est gardée par 350 000 soldats indiens, avec barbelés, mines et compagnie. L’ONU propose un référendum d’autodétermination pour le Cachemire, en gros qu’un vote de la population décide du sort des territoires.
Mais ce dernier n’aura jamais lieu. L’Inde fait adopter une constitution en 1950, dotant le Jammu-et-Cachemire d’une grande autonomie : constitution propre, drapeau, et même le droit de refuser certaines lois. Mais avec les années, ces marges d’autonomies se réduisent.
De son côté, le Pakistan continue de réclamer ce référendum, mais ne retire pas entièrement ses troupes des territoires, alors qu’il s’agit d’une des conditions nécessaire pour qu’il ait lieu. Et tout le problème est là : un référendum aurait peut-être donné le Cachemire au Pakistan, mais les conditions pour le tenir n’ont jamais été réunies. Et depuis, cette question empoisonne les relations entre les deux pays.
L’autre solution pour régler le conflit… c’est la guerre ! En 1965, le Pakistan lance l’opération Gibraltar : l’idée, c'est d’envoyer des soldats déguisés en civils au Cachemire indien pour déclencher une révolte et faire du sabotage. Et là, l’échec est cuisant : les infiltrés sont rapidement repérés par les autorités indiennes.
Le Pakistan décide alors d’aider les guérillas pro-pakistanaises déjà présentes sur le terrain. L’Inde réplique avec une grande offensive militaire. Ce deuxième conflit tourne donc rapidement à la guerre, avec la plus grosse bataille de chars depuis 1945.
On a alors la Chine qui menace d’intervenir. Parce que oui, la Chine est aussi impliquée dans ce conflit… Depuis 1962 et la guerre sino-indienne, elle contrôle la région d’Aksai Chin dans le nord-est de l’ancien royaume de Cachemire, et s’est donc alliée au Pakistan. Un cessez-le-feu est finalement obtenu grâce à l’intervention de l’URSS et des États-Unis, et en janvier 1966, la Déclaration de Tachkent met un terme à la guerre.
Et pourtant, rien n’est résolu. Cinq ans plus tard, un nouvel affrontement a lieu, mais cette fois-ci dans un contexte totalement différent. Tout se joue à l’est de l’Inde, dans la partie orientale du Pakistan, qui, je vous le rappelle, est encore séparé en deux à ce moment-là.
Les Bengalis du Pakistan oriental se soulèvent pour leur indépendance, et l’Inde intervient militairement pour soutenir les insurgés. [Extrait vidéo de l'époque] Résultat : le Pakistan perd sa moitié orientale, qui devient le Bangladesh. Clairement, le Pakistan en sort évidemment affaibli.
En 1972, l’Inde et le Pakistan décident de mettre les choses à plat pour enfin apaiser les tensions qui entachent les relations entre les deux pays. Ils signent l’accord de Shimla, un traité de paix où chacun proclame que désormais, on réglera tout par la diplomatie. Bon, pas vraiment, mais vous avez l’idée.
La ligne de cessez-le-feu de 1949 devient la Ligne de Contrôle, et l’Inde rend même les 15 000 km² de territoire pakistanais conquis pendant la guerre. Et c’est à partir de ce moment que l’espoir renaîtra, la paix règnera, et les petits oiseaux chanteront fort les chants pacifiques de l’amour et de la diplomatie. Fin de l’histoire ?
Non ! Car en 1998, les deux pays se déclarent nucléarisés. L’Inde d’abord, le Pakistan ensuite.
En février 1999, ils signent la déclaration de Lahore, qui prévoit, entre autres, d’éviter toute utilisation accidentelle ou non autorisée de l’arme nucléaire. Sauf que… quelques mois plus tard, le général pakistanais Musharraf tente une infiltration de soldats pakistanais et de combattants islamistes dans le district de Kargil, en plein dans les montagnes du Cachemire indien. L’Inde réagit, la communauté internationale intervient, et le Pakistan retire finalement ses troupes fin juillet 1999.
Depuis les années 2000, le conflit a changé de visage. Les guerres ouvertes entre deux nations possédant l’arme nucléaire sont trop risquées. Alors les tensions se manifestent différemment : incidents, attentats, et difficultés diplomatiques… En 2001, il y a l’attaque du Parlement indien qui mène à des confrontations à la frontière.
En 2005, un attentat à New Delhi. En 2008, les attaques de Bombay qui durent trois jours, menées par un commando venu du Pakistan. En 2010, c’est Delhi qui est touchée.
Et puis viennent les attentats directement liés au Cachemire : celui d’Uri en 2016, et celui de Pulwama en février 2019. Ce dernier coûte la vie à 40 membres de la police centrale de réserve indienne, et il est revendiqué par un groupe militant basé au Pakistan. Une nouvelle confrontation armée entre l’Inde et le Pakistan a lieu dès la semaine suivant l’attaque.
L’Inde lance notamment plusieurs raids de représailles et des frappes aériennes contre le Pakistan. En mars 2019, le premier ministre pakistanais Imran Khan et le premier ministre indien Narendra Modi conviennent d’une offre de paix pour mettre fin aux hostilités, en promettant tout deux de lutter ensemble contre le terrorisme. Mais dans les faits, cette dernière confrontation a eu comme conséquence la révocation du statut spécial accordé au Jammu-et-Cachemire.
Le motif avancé par le gouvernement indien étant que l'autonomie de la région freine l’intégration nationale, et favorise les contestations. Une décision gouvernementale, qui a d’ailleurs fait partie des raisons avancées par les terroristes de l’attentat de Pahalgam survenu le 22 avril 2025. Ce jour-là, cinq hommes armés interceptent un groupe de touristes et procèdent à un tri méthodique.
Les femmes sont écartées, et les hommes interrogés sur leur religion. Ceux qui se déclarent musulmans doivent en apporter la preuve immédiate, soit en récitant la profession de foi islamique, soit — dans une scène d’humiliation assez glaçante — en baissant leur sous-vêtement pour prouver leur circoncision. Et ceux qui échouent sont tout simplement abattus sur place.
Le bilan est terrible : 26 morts, dont une majorité d’hindous, mais aussi un chrétien et un musulman local qui avait tenté de s’interposer. L’attaque est rapidement revendiquée par un groupe armé appelé le Front de la Résistance, une façade du Lashkar-e-Taiba, organisation islamiste basée au Pakistan. Quelques heures plus tard, dans une manœuvre confuse, le groupe se rétracte, en parlant d’une "erreur d’identification", sans jamais remettre en cause la légitimité de l’attaque elle-même.
L’attentat va provoquer un électrochoc en Inde. Dès le 24 avril, les tensions montent en flèche : échanges de tirs transfrontaliers, rappel des diplomates, suspension des visas, fermeture des frontières… Le 7 mai, l’Inde lance une série de frappes ciblées contre 9 camps d'entraînement et bases supposées de groupes terroristes, à la fois dans le Cachemire administré par Islamabad, et dans la province pakistanaise du Punjab. Un développement particulièrement préoccupant, car il s’agit de la province la plus peuplée et stratégique du Pakistan.
L’opération, baptisée Sindoor, est officiellement présentée comme une riposte directe à l’attentat de Pahalgam. Islamabad réagit immédiatement par des bombardements de représailles sur plusieurs points de la frontière, et affirme avoir abattu plusieurs avions indiens. Des drones et des missiles sont lancés sur plusieurs cibles en Inde.
Et l’Inde, à son tour, réplique en bombardant des positions militaires en profondeur sur le territoire pakistanais. À ce stade, on parle plus de simples escarmouches : là, c'est deux puissances nucléaires qui vont échanger des coups… avec le risque qu’on imagine. Et là, le conflit va se déplacer vers d’autres sphères.
Par exemple, dans les médias et les informations. Ce qu'on a pu voir de plus ahurissant, c'est probablement l’annonce de Donald Trump le 10 mai, qui prétend avoir joué un rôle de médiateur dans l’obtention d’un cessez-le-feu entre les deux pays. Le Pakistan remercie publiquement Trump, mais aussi la Turquie, l’Azerbaïdjan et la Chine pour leur rôle présumé.
L’Inde, de son côté, affirme qu’il n’y a eu aucune médiation internationale, et que c’est le chef des opérations militaires pakistanais qui a contacté son homologue indien pour obtenir un arrêt des frappes. Islamabad va rétorquer que l’initiative du cessez-le-feu est venue des Indiens, et très vite, les récits divergent, et il devient difficile de démêler le vrai du faux. Un deuxième moyen de pression, c’est l’eau.
Justement, une des rares initiatives de coopération qui s’est révélée stable entre les deux pays, c'est le traité de l’Indus, signé en 1960. Un traité qui garantit une distribution équitable des eaux du fleuve Indus et de ses affluents entre les deux nations. L’Indus prend sa source au Tibet, en Chine, puis traverse le Cachemire.
Là, il est alimenté par deux affluents qui traversent justement le Cachemire sous administration indienne. Dans cette zone, l’Inde a commencé à construire des barrages, officiellement pour un usage hydroélectrique, comme le traité l’autorise. Mais après les attentats d’avril 2025, l’Inde annonce qu’elle suspend sa participation au traité de l’Indus en avançant qu’il est devenu inéquitable.
Sauf que pour le Pakistan, c’est un énorme problème, puisque son agriculture, sa production de coton et son approvisionnement urbain dépendent entièrement de l’Indus. Les barrages indiens sont donc un levier de pression énorme contre le Pakistan, parce que l’Inde pourrait réguler voire même restreindre le débit de l’eau, en fragilisant la sécurité alimentaire et l’économie du pays. Cette guerre de l’eau, elle révèle à quel point le conflit indo-pakistanais est désormais multidimensionnel : là, il s’agit plus seulement de questions religieuses ou territoriales, c'est aussi des questions de contrôle des ressources, de climat, de démographie, d’alignements stratégiques.
Et dans ce contexte, eh bien le jeu des alliances ajoute une nouvelle complexité. L’Inde multiplie les partenaires militaires et participe au dialogue quadrilatéral (le QUAD) aux côtés des États-Unis, du Japon et de l’Australie, visant à contenir l’influence chinoise dans l’Indo-Pacifique. Elle signe également plusieurs accords de défense avec Washington.
Le Pakistan, lui, met en avant son alliance traditionnelle avec la Chine, qui lui fournit une partie de son armement de haute technologie, tout en participant, comme l’Inde, à l’Organisation de Coopération de Shanghai, fondée par Pékin et Moscou. L’année 2025 a ainsi marqué le retour brutal de la question du Cachemire sur la scène internationale. Malgré les traités, les cessez-le-feu, les mécanismes bilatéraux, les engagements de dialogue pacifique, il y a rien qui semble en mesure de résoudre ce conflit qui encore une fois semble s’engager dans une impasse… enfin, jusqu’à la prochaine confrontation !
J’espère en tout cas que cet épisode vous a plu ! Je remercie Bastien Verdier et Hélène Pollet pour leur écriture sur la problématique de l’Inde et du Pakistan ! Merci également à Jean-Luc Racine de l’EHESS d’avoir accepté de répondre à toutes nos questions !
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