Les heures passent lentement, mais les semaines et les années passent très rapidement. Ça, c'est un phénomène qu'on retrouve chez les personnes dépressives. On va essayer de le comprendre dans cette vidéo, et je vous donnerai à la fin quelques pistes pour essayer de gérer ça et de mieux gérer sa relation au temps.
Si on demande à une personne en dépression d’estimer le nombre de secondes qui viennent de se passer là, à l'instant T, elle va estimer beaucoup plus de secondes. Elle va surestimer le nombre de blocs d'une seconde qui viennent de se produire. Mais ça, c'est en ce qui concerne la perception qu'on a du temps à l'instant T : le tic-tac.
Le tic-tac, il est beaucoup plus lent chez une personne dépressive. Mais si cette fois on lui demande d'estimer le temps qui s'est passé dans les dix dernières minutes, dans les dernières heures, là, elle va avoir tendance soudain à sous-estimer le temps. Là, il vient de se passer une heure, mais la personne dépressive a l'impression qu'il s'est passé que vingt minutes.
Le temps est passé beaucoup plus vite que la perception qu'elle en avait. Plus on avance dans les intervalles de temps comme ça, plus le temps va accélérer. Les semaines vont passer très rapidement, les années comme un claquement de doigts.
Ça, c'est parce que ça fait appel à la mémoire. La perception qu'on a du temps qui s'est passé, elle se fait sur la mémoire, sur le nombre d'informations et de souvenirs qui ont été encodés en mémoire à long terme. Alors, le problème, c'est que chez les personnes dépressives, il y a un déficit de l'activité de la mémoire de travail.
La mémoire de travail, c'est cette mémoire qui utilise les informations à court terme. À cet instant, elle va reprendre toutes les informations sensorielles qui arrivent autour de vous : les images, les sons, les phrases. Elle va les associer à des connaissances, à d'autres souvenirs, à des émotions, et elle va ensuite aller les encoder dans la mémoire à long terme.
C'est comme ça qu'on crée un souvenir, mais c'est aussi comme ça qu'on perçoit le temps qui passe. Pourquoi ? Parce que si vous prenez un bloc de temps et que vous le blindez de souvenirs, alors vous aurez l'impression, a posteriori, que ce bloc de temps était beaucoup plus lent.
Il s'est passé tellement plus de choses, donc on a l'impression que c'est passé beaucoup plus lentement. Je vous donne un exemple tout de suite pour que vous compreniez : une semaine de vacances, quand on y repense après coup, a posteriori, on a l'impression que ça a duré beaucoup plus longtemps qu'une semaine de travail. Donc, quand on s'ennuie, la mémoire de travail ne va rien traiter du tout.
Il y a réellement une corrélation forte, une comorbidité forte, entre la dépression et l'ennui. Parce qu'en fait, ce qui est autour de nous ne stimule pas, ça n'excite pas notre cerveau. À défaut d'être centré sur quelque chose qui vous captive et qui stimule votre cerveau, vous êtes centré sur vous : votre attention est centrée sur vous, avec les ruminations, particulièrement pour les personnes dépressives.
On est dans sa tête à penser aux ruminations. Et donc, le problème c'est qu’en plus du fait que les personnes dépressives vivent probablement moins d'expériences et de nouveautés dans leur vie, il faut rajouter le fait que la mémoire de travail est défaillante. Elle fonctionne moins bien, elle est plus lente, elle traite moins bien les informations.
Donc même si une personne dépressive a vécu, imaginons, autant d'événements qu'une personne normale, sa mémoire de travail voit moins bien encoder ses informations sensorielles et va moins les envoyer par mémoire à long terme pour en faire des souvenirs. Et donc, on a des blocs de temps qui sont moins remplis de souvenirs et moins remplis d'événements dont on pourrait se souvenir. Ainsi, on a l'impression, a posteriori, que le temps passe plus lentement.
Dans le cinéma, on peut prendre l'idée de slow motion : vous prenez Matrix, par exemple. Pour faire cela, il faut blinder de frames par seconde, il faut blinder d'images par seconde. Il y a plein, plein d'images par seconde pour arriver à garder une image fluide.
C'est comme ça qu'on crée le ralenti. Donc, on passe probablement de 40 frames par seconde à 120 frames par seconde (FPS). Même chose avec le souvenir.
C'est un peu la métaphore : ça serait des longues semaines de travail où, en fait, tu ne te souviens de rien. Tu vois une semaine qui défile de manière saccadée : une semaine, deux semaines, trois semaines, mais oui, en rétrospective, c'est passé très rapidement. C'est quelque chose qui peut même devenir obsessionnel parce qu’on voit le temps passer tellement rapidement que ça crée une forme de désespoir.
On se dit : « mais j'ai aucun contrôle sur le temps qui passe ! J'ai l'impression que ça se barre à 100 à l'heure. J'ai l'impression que le monde va à une vitesse et moi, je n'arrive pas à suivre la cadence.
» En fait, cette idée de manque de contrôle, c'est quelque chose dont je voulais parler dans la dernière vidéo sur la dépression, mais je n'avais pas eu le temps. À la place, c'est pour ça que j'avais donné l'exemple du sport et j'avais dit qu'il fallait déjà reprendre le contrôle sur son propre corps. Plutôt que de chercher à contrôler le temps ou l'univers, on peut le faire, mais de manière indirecte, en commençant déjà par se contrôler soi-même et essayer de reprendre le contrôle sur sa concentration.
Parce que, du coup, moi, je traite les informations plus vite, je vais plus rapidement, je travaille plus rapidement, et donc le temps passe également plus vite. Il se dilate alors que, quand vous êtes dans votre tête et que vous partez dans des ruminations, il ne se passe rien du tout. Le monde continue à accélérer, mais vous, vous êtes en arrêt.
Vous êtes sur pause. Boum ! Vous êtes sur pause, et dans d'autres cerveaux, c'est en train de tourner.
Ça tourne, ça tourne, ça tourne, ça tourne, et ça ralentit. Bien, l'impression que le temps se ralentit, mais en fait, il va super vite, le temps. Mais c'est quand vous allez vous réveiller, vous allez vous retourner en arrière, vous allez dire : « Ah ouais, là, j'ai ruminé pendant 3 heures.
J'avais même pas remarqué. » Après, c'est facile à dire, vous allez me dire, Léo, parce que comment tu vas être concentré sur une tâche si t'as pas la dopamine ? La dopamine, c'est justement ce qui vous permet de susciter une pulsion en vous, qui vous donne envie d'atteindre un objectif et qui va recruter toutes vos ressources cognitives et physiques vers l'obtention de cette récompense, vers l'atteinte de cet objectif.
Et dans ces ressources-là, il y a la tension. C'est pour ça qu'avant de dire à quelqu'un « sois concentré », il faut d'abord lui dire aussi qu'est-ce qui te fait bander. La motivation est nécessaire à la concentration, ça, c'est important à comprendre.
Cet aspect-là, on en reparlera dans les emails psychologiques. Je vous mets un lien en bas de cette vidéo si ça vous intéresse, c'est gratuit. La deuxième chose que je dirais, c'est de nourrir sa mémoire de travail avec des stimuli sensoriels, évidemment, et c'est dû à offrir de la nouveauté.
Plus vous offrez de la nouveauté à votre cerveau, plus votre mémoire de travail va encoder des informations et va les envoyer, comme on l'a dit, vers la mémoire à long terme, pour créer du souvenir. Et pour ça, il faut lui offrir de la nouveauté. Il faut lui offrir des choses qui sortent de l'ordinaire.
Il faut se sortir de la zone de confort, et cette zone de confort qui tue progressivement. Parce que, généralement, chez une personne dépressive, c'est un cercle vicieux : moins on se sent bien, moins on a envie de sortir, plus on va se renfermer dans sa bulle, on va s'enfoncer dans son canapé. Mais progressivement, ça va nous tuer, ça va nous fatiguer.
On a encore moins envie de sortir, et on est encore plus malheureux, parce qu'il ne se passe rien dans notre vie, etc. Donc ça crée un cercle vicieux assez effrayant. Le problème, c'est que beaucoup de gens ont cette vision binaire où ils se disent « ouais, il faut que tu sortes, il faut que tu fasses plein de trucs », et ça, ça fait peur.
Une personne est posée ; il n'y a pas besoin d'avoir une vision binaire des choses. En fait, on peut avoir une vision graduelle aussi des choses. On n'est pas obligé de passer d'un coup du canapé au saut en parachute.
Il y a plein, plein d'états : c'est graduel. Donc cette exposition progressive à la nouveauté, je pense que c'est une des clés pour blinder à nouveau les blocs de temps de souvenirs, augmenter les données en mémoire, et donc donner l'illusion que le temps est passé plus lentement, en postérieure, et qu'il s'est passé beaucoup plus de choses. Donc voilà, bah écoutez, on en reparlera dans les mails pépites de psycho, où je vous envoie chaque semaine des emails sur la dépression, sur l'anxiété, sur le TDAH, et plus généralement sur la performance cognitive et toutes ces choses-là.
Et pour ceux qui veulent vraiment changer les choses dans cette même logique progressive, sereine, mais dans leur vie amoureuse, cette fois, j'ai fait un programme qui vous permet de rencontrer des femmes et de trouver une copine, sans passer par la drague de rue et sans passer, encore moins, à s'humilier sur les sites de rencontres, de manière simple, naturelle, authentique, en utilisant votre quotidien. Donc si ça vous intéresse, j'ai ouvert les inscriptions, comme je le fais chaque année en septembre. Donc c'est vraiment une méthode qui est adaptée à des gens introvertis qui n'ont pas envie de faire des choses spectaculaires, de changer complètement leur personnalité.
Pour moi, c'est ma meilleure formation sur le sujet, clairement. Voilà, c'était ma petite vidéo psycho de la semaine. On alternera psycho-séduction, vous connaissez la recette.
Allez, ciao les gars !