[Musique] 6h30 9h les matins de France Culture Guillaume Herner Marguerite Caton bonjour bonjour Guillaume et bonjour à tous ce matin vous nous parlez d'adaptation au changement climatique vous le savez la réponse au changement climatique marche sur deux jambes d'une part l'atténuation c'est-à-dire la limitation des émissions de gaz à effet de serre et donc de la hausse des températures d'autre part l'adaptation il s'agit de prendre acte de l'inéluctabilité du changement qui a déjà commencé et de s'y acclimater bonjour Marie BR bonjour mariecaton Vous venez de publier pour le groupe de réflexion Terranova un rapport sur la
politique d'adaptation au changement climatique de la France à la lumière des expériences étrangères vous y proposez une véritable méthode en identifiant les grandes étapes pour mener à bien l'adaptation commençons par la première la définition d'une trajectoire climatique de référence 4 degrés de plus d'ici la fin du siècle dit Christophe bessu d'où vient ce chiffre c'est le scénario le plus vraissemblable alors peut-être pour commencer l'adaptation si on repart c'est les clim les climatologues disent beaucoup il faut d'abord éviter l'ingérable puis gérer l'inévitable éviter l'ingérable c'est vous l'avez dit diminuer au maximum nos émissions de gaz à
effet de serre pour avoir le moins de réchauffement possible et ensuite gérer l'inévitable c'est quoi qu'on fasse on est la planète est en train de se réchauffer on est déjà à + 1,5 par rapport à l'air préindustrielle et donc il faut gérer ce changement climatique inéluctable pour ça les les scientifiques font plusieurs scénar en fonction de à quel point est-ce que les pays s'emparent de la question mettent véritablement en œuvre des politiques qui vont limiter les les émissions ou au contraire à quel point est-ce qu'on laisse totalement exploser le changement climatique les le plus 4
degrés en France il équivaut peu ou prou à un + 2,8 + 3°gr au niveau mondial pourquoi parce que les continents se réchauffent plus vite que les océan donc la moyenne mondiale est plus basse donc le scénario sur lequel la France est en train de se positionner c'est celui-ci vous me demandez si c'est un scénario optimiste pessimiste en fait c'est un scénario assez réaliste c'est la trajectoire sur laquelle on est aujourd'hui si tous les pays font ce qu'ils sont engagés à faire d'ici 2030 mais qu'il se passe rien d'autre et qu'on continue bien à mettre
en œuvre ces ces politiques donc c'est-à-dire non seulement ça ne s'améliore pas on en fait pas plus il y a pas de rupture technologique mais il y a pas de recul non plus est-ce que no voisant européens ont fait le même choix alors ce qui est intéressant dans le dans le parangonage donc dans le benchmark des autres politique c'est qu'en fait les pays ont globalement surtout choisi de pas choisir de trajectoire de réchauffement euh je pense probablement parce qu'on est encore à un niveau assez assez frais de l'adaptation au changement climatique on commence à sentir
les effets l'Allemagne la Belgique ont été très choqués par les inondations qu'ils ont eu il y a quelques il y a quelques années nous il y a eu la canicule de 2003 il y a eu encore une canicule et une sécheresse très forte en 2022 qui marque les esprits et qui commence à faire avancer le sujet si on regarde en fait il y a que le Royaume-Uni qui annonce une trajectoire de réchauffement eux annoncent s'adapter à plus de degrés mais un plus de degrés au niveau mondial donc il est un peu plus élevé que juste
2 degrés au niveau du Royaume-Uni et après la plupart des pays ont des scénarios climatiques s'appuie sur des scénarios faits par les les météorologues mais ces scénarios ils les utilisent pas comme un discours politique comme le fait aujourd'hui Christophe Béchu en France vous qui avez été conseillre écologie à l'Élysée à matigon auprès des abeth borne quelle interprétation politique vous faites de ce choix de Christophe Béchu alors l'interprétation de ce choix déjà c'est donner une vision l'intérêt de de l'adaptation c'est que tout le monde va devoir s'adapter vous moi mais aussi les les collectivités et l'État
et pour savoir ce qu'il faut qu'on fasse c'est très utile d'avoir une vision à long terme et de se dire voilà globalement c'est ça à priorie le scénario le plus probable est celui sur lequel il faut s'adapter donc c'est ça la position qu' qu'a posé Christophe avec la France à + 4 degrés une position qui d'ailleurs avait été très très saluée par les militants écologistes au moment où où Christophe Béchu était sorti sur ce chiffre après c'est aussi une vision qui dit que il y aura pas de recul et que on a plutôt foi dans
le fait qu'on fasse déjà ce qu'on s'est ce qu'on s'est engagé à faire je pense que quand on regarde les élections ce qui se passe au niveau des élections américaines même ce qui se passe au niveau des élections européennes on peut quand même avoir une forme de crainte sur la poursuite des politiques climatiques et donc qu' c'est presque optimiste c'est presque optimiste j'espère pas euh mais en tout cas il y a des scénarios plus pessimistes et il y a probablement des infrastructures ou des services qui sont suffisamment essentiels pour qu'on se dise il faut se
se préparer au scénario du pire et ce scénario du pire il faut aussi l'évaluer vous le dites l'objectif après c'est de préparer les infrastructures et certains services essentiels c'est ça la seconde étape la déclinaison ensuite à l'échelle territoriale de cette trajectoire et d'identification des des risques concrets et tout à fait si on est sérieux sur la la façon de s'adapter donc on peut faire plein de petites mesures mais si on est véritablement sérieux et qu'on se dit on veut véritablement se préparer à une France à + 4°gr ça veut dire qu'il faut derrière décliner cette
France à + 4°gr territoire par territoire ça c'est Météo France c'est Météo France qui décline les aléas climatiques donc Météo France va dire sur telle telle surface et c'est des petits carrés hein de quelques kilomètres de de de côté sur cette surface là il va y avoir tant de jours de précipitation extrême en plus tant de vagu de chaleur en plus tant de risque de sécheresse Météo France va donner ses grandes alléa climatique mais un aléa climatique ça vous dit rien du risque pour les populations et les infrastructures parce qu'à partir du moment où on
a cette carte des aléas climatique il faut aussi voir comment sont installé les populations où sont les infrastructures et c'est là qu'on commence à déterminer quel est le risque qu'on a derrière une canicule qui arrive en plein milieu d'une zone extrêmement rurale avec beaucoup de végétation qui va absorber un peu le surplus et et dégager de la fraîcheur aura moins d'impact qu'une canicule en plein cœur de Paris avec le phénomène des îlesos de chaleur et donc cette bascule de l'aléa au risque est-ce qu'on l'a fait est-ce qu'on est en train de le faire mais c'est
là où tous les pays sont encore un petit peu timides sur la véritable caractérisation du risque c'està-dire que tous les pays vont avoir des politiques en faveur de l'agriculture des bâtiments des grands secteurs mais en fait très peu vont véritablement faire un un stress test un peu global de comment réagissent nos infrastructures lesquelles on considère les plus essentiels parce que typiquement je sais pas si on se parle des des hôpitaux un hôpital pendant une vague de chaleur potentiellement peut ne plus fonctionner parce que les chambres sont trop chaudes pour avoir des malades si on se
dit cette vague de chaleur à horizon à + 4°gr elles arrivent tous les 2 3 ans est-ce qu'on se dit qu'on peut se passer de cet hôpital pendant je sais pas 5 10 jours dans l'année tous les 2 3 ans probablement pas par contre dans le dans le scénario du pire si on se dit en fait ça arrive tous les ans est-ce qu'on peut se passer de notre hôpital tous les ans encore moins donc est-ce qu'il faut pas protéger notre hôpital à un plus haut niveau de de risque et donc tout ce ce niveau cartographique
est encore aujourd'hui très peu fait que ce soit en France ou ou dans le monde alors une dernière question marine BR qu'est-ce qu'on trouve dans les deux plans nationau d'adaptation au changement climatique et dans le troème en cours d'élaboration si on trouve pas ces stress tests pour les infrastructures et activités alors il y a il y a beaucoup de mesures qui vont dans le bon sens je pense que jusqu'à présent on a beaucoup pris l'adaptation comme une politique où déjà si on fait ça c'est pas mal mais déjà si on fait ça c'est pas mal
on sait pas si on est au bon niveau par rapport au réchauffement qu'on anticipe surtout maintenant avec les les la véritable vision d'une trajectoire de réchauffement je vais vous prendre un seul exemple ce qu'il y avait dans le précédent PNAC euh le plan national d'adaptation au changement climatique il y avait l'évolution de toutes les normes et référentiels techniques pour se dire que toutes les habitation par exemple qu'on va construire toutes les routes qu'on va construire sont adaptées et vont pouvoir durer dans euh dans la durée et vont pouvoir résister au changement climatique qui va arriver
et ben en fait ce référ cette ce référencement de toutes les normes et de celles qu'il fallait adapter il a pas encore eu lieu donc typiquement ça fait partie des choses qui devront être dans le prochain et mise en œuvre merci beaucoup marine BR mesure donc l'ampleur du chantier on retrouve le lien votre de votre vers votre rapport pardon sur la page de l'émission merci