Bonjour à tous les amis. Aujourd'hui, vidéo psycho pour répondre à cette interrogation que beaucoup de gens ont : je sais qu'il y a une corrélation entre l'intelligence et l'hypersensibilité. Est-ce que si je suis hypersensible, je suis surdouée ?
C'est une question qui est vachement à la mode, qu'on retrouve à la télé, dans beaucoup de bouquins, dans beaucoup de vidéos pour identifier ce que certaines personnes appellent les "zèbres". Moi, je n'aime absolument pas ce terme-là ; je vous l'expliquais dans une autre vidéo. Aujourd'hui, on va essayer de répondre à cette question.
Mais avant toute chose, on va reformuler cette question : on ne va pas parler d'hypersensible, parce que moi je ne connais pas "hypersensible", je n'ai pas vu ça dans la littérature scientifique, il n'y a pas vraiment de définition de cette chose-là. On va parler d'anxiété surdouée. On va plutôt le remplacer par "haut potentiel".
Voilà, c'est un terme qui est utilisé par les chercheurs français, donc on va l'utiliser. On va donc se poser la question : est-ce que les hauts potentiels sont plus anxieux que la moyenne ? On peut aussi formuler la question : existe-t-il une corrélation positive entre l'anxiété et l'intelligence, telle qu'elle est estimée par le test de QI, c'est-à-dire le WISC, l'échelle pour mesurer l'intelligence chez les adultes ?
Le test de QI est aujourd'hui, à ce jour, la meilleure estimation que l'on ait de l'intelligence. Pour répondre à cette question, on va d'abord se pencher sur ce que disent les psychologues cliniciens. Les psychologues de cabinet, qu'on entend beaucoup aujourd'hui à la télé et dans les livres, disent que les hauts potentiels sont plus sujets à l'anxiété et à l'hypersensibilité.
Donc, c'est un colloque qu'on retrouve à la télé et qui écrivent des bouquins ; ils ont une légitimité empirique. Le problème, c'est qu'ils ont un biais d'échantillonnage, étant donné que tous les hauts potentiels ne vont pas rendre visite à des psychologues. Donc, le psychologue se retrouve confronté non pas à un échantillon représentatif de la population des hauts potentiels, mais à une population de potentiels qui sont plutôt plus en souffrance que la population générale des hauts potentiels.
Est-ce que vous voyez ce que je veux dire ? La population de hauts potentiels qui va consulter un psychologue n'est pas représentative de la population générale des hauts potentiels. Et donc, les connaissances qu'on va avoir sur ces hauts potentiels, en provenance des psychologues, vont être biaisées.
Parce qu'on va avoir tendance, du coup, automatiquement, à associer souffrance et hauts potentiels. Le problème, c'est que ces psychologues qu'on retrouve à la télé pour parler des surdoués qui souffrent n'ont, pour la plupart, quasiment jamais ouvert un article scientifique de leur vie. Ils ont un point de vue qui oriente leurs pratiques à eux, mais qui n'est absolument pas appuyé scientifiquement.
Ce qui fait que, dans la tête des gens, on va créer une confusion, une corrélation biaisée entre la souffrance et les surdoués. On va imaginer que le haut potentiel est forcément corrélé à la souffrance. Alors justement, qu'est-ce qu'on observe dans la littérature scientifique ?
Déjà, on observe que, première chose, il y a un consensus qui montre que le trait de personnalité "neuroticisme" est corrélé négativement à l'intelligence, telle qu'elle est mesurée par le test de QI. Le trait de neuroticisme est un des cinq traits de personnalité du Big Five, qui mesure, si vous voulez, en gros, vos émotions négatives. Les personnes qui ont un score élevé sur le neuroticisme ont plutôt tendance à avoir une intelligence légèrement plus basse que la moyenne.
Et ensuite, c'est sans prendre en compte une troisième variable. Cette variable-là, qui n'a pas été prise en compte, c'est le test de l'anxiété. Donc ce qu'on sait, c'est que les personnalités avec des scores élevés sur le neuroticisme ce sont des personnes qui ont tendance à se mettre la pression quand elles passent un examen.
Donc avoir un score de QI élevé pourrait être sous-estimé. Ce qu'on sait aussi à travers d'autres études, c'est que l'anxiété au moment de passer un examen va entraver les performances cognitives et faire diminuer le score au test de QI. Cela vient plus particulièrement entraver votre vitesse de traitement et votre mémoire de travail.
En somme, quand vous êtes anxieux au moment de passer un examen, à court terme, vous devenez moins performant, à court terme je dis bien, parce que vous réfléchissez moins vite et vous retenez moins bien les informations dans votre tête. Donc, les conclusions de ces études c'étaient de dire que finalement, les personnes qui ont des scores élevés en neuroticisme ont une intelligence qui est sous-estimée par ces tests du fait de leur anxiété de performance lors de la passation du test. Ensuite, je suis tombé sur une étude qui a été menée par Penny en 2014 au Canada, qui a repris cette variable de l'anxiété en la maintenant constante, et qui a remarqué une chose : c'est que l'indice verbal de l'intelligence était corrélé positivement à l'anxiété au quotidien.
Je m'explique : lorsque vous passez un test de QI, il y a quatre variables qui sont mesurées, quatre indices. Le premier, c'est l'indice de compréhension verbale ; le deuxième, c'est l'indice de vitesse de traitement ; ensuite, on a l'indice de mémoire de travail ; et l'indice de raisonnement perceptif. La compréhension verbale, donc l'indice verbal, on pourra aussi dire intelligence verbale si vous voulez, ça va mesurer votre capacité d'analyser verbalement, votre capacité de raisonnement, la richesse de votre vocabulaire.
Globalement, pour le faire simple, quand vous avez l'impression que quelqu'un est intelligent, c'est très souvent qu'il a un score élevé sur l'intelligence verbale. L'intelligence verbale a plutôt tendance à augmenter les ruminations, c'est-à-dire le fait d'imaginer l'avenir. .
. Ça pourrait être plein de scénarios, etc. Et ça, ça a tendance à être corrélé à l'anxiété, à l'inquiétude.
Cette corrélation entre intelligence verbale et anxiété cognitive ou inquiétude a été validée, également, dans les neurosciences par l'équipe de Co Plane en 2012 dans une revue qui s'appelle "Frontières", ce qui est très connu. Dans cette revue "Frontières", ils ont montré par IRM qu'on observait des similitudes entre les cerveaux de personnes qui se décrivaient elles-mêmes comme étant inquiètes et les cerveaux de personnes qui avaient des scores élevés sur l'indice verbal du test de QI. Ces similitudes, pour être plus précis, il s'agit de la diminution de métabolites comme la choline dans la substance blanche du cerveau.
Et alors là, vous, probablement, comment arriver à ce stade-là de cette revue de littérature, vous dites : "C'est cool, c'est clair, inquiétude égale intelligence ! " Sauf que ce n'est pas aussi simple que ça. Comme très souvent dans la littérature scientifique, ce n'est jamais aussi simple que ça en a l'air, et il faut trouver de la contradiction.
Toujours des contradictions. Ce que cette même équipe montre, c'est que les hauts potentiels sont à la fois les plus inquiets, mais ce sont aussi eux qu'on retrouve parmi les gens les moins inquiets. On me dit : "Mais comment c'est possible ?
" Donc on va essayer de répondre à cette contradiction entre, d'un côté, les inquiétudes élevées et, de l'autre, les inquiétudes basses. On va parler du rôle protecteur de l'indice verbal de l'intelligence. Déjà, la première chose à noter, c'est que la même équipe de Francis, en 2015, a fait une synthèse sur les hauts potentiels, enfants et adolescents, et le lien avec certaines psychopathologies.
Ils ont montré que le consensus dans la littérature, c'était de dire qu'il y avait une corrélation négative entre l'intelligence verbale et les troubles internalisés. Donc, plus vous aviez un score élevé en intelligence verbale, moins vous aviez d'anxiété sociale, moins vous aviez de stress post-traumatique, par exemple. Les enfants et ados à haut potentiel avaient de meilleures aptitudes émotionnelles.
Ils avaient une meilleure capacité à réguler leurs propres émotions. Donc, là, on voit bien qu'il y a un rôle protecteur de l'intelligence verbale sur les émotions, et c'est ça qui va nous permettre de comprendre justement cette contradiction entre les deux formes d'inquiétude. Donc, dans l'étude de l'équipe de Francis en 2018, ils montrent qu'effectivement, il existe un lien entre le fait d'être à haut potentiel et l'inquiétude plus élevée qu'à la moyenne.
Mais cette relation est médiée par d'excellents processus cognitifs qui viennent amortir l'impact de l'inquiétude. Vous prenez un potentiel élevé, il va avoir tendance à plus s'inquiéter, mais il va aussi avoir tendance à avoir une plus grande tolérance face à l'incertitude et l'ambiguïté, à avoir une attitude plus positive face à l'inquiétude et une attitude plus positive face à la menace. L'intelligence verbale, elle maintient l'inquiétude sur le plan cognitif, sous forme de pensées verbales, sous forme de phrases de discours qui s'enchaînent les unes aux autres, et empêche de basculer vers quelque chose de beaucoup plus envahissant, vers une émotion envahissante, vers des images.
C'est-à-dire que l'intelligence verbale permet de canaliser l'anxiété et l'inquiétude vers des pensées qui sont orientées vers la résolution du problème, vers une recherche d'explications, vers l'inférence, vers l'anticipation, vers la construction d'histoires cohérentes pour essayer de mettre de l'ordre dans quelque chose de complexe. Oui, ce que cette inquiétude, elle est canalisée vers quelque chose qui pousse à résoudre le problème. Ce que je vous décris là, c'est ce qu'on appelle la théorie de l'évitement cognitif.
On intellectualise la menace, ce qui permet de garder une distance mentale avec cette menace et d'éviter de basculer donc dans l'envahissement émotionnel. Les hauts potentiels, donc, face à une menace, déjà, ils sont plus doués que la moyenne pour déterminer si cette menace est une réelle menace ou non. Ils sont plus à l'aise dans l'ambiguïté, dans l'incertitude.
Ce qu'on appelle la tolérance à l'ambiguïté, ça, c'est corrélé à l'intelligence verbale. De plus, les situations nouvelles et complexes chez les hauts potentiels sont moins considérées comme des menaces que comme des challenges. Ça permet quand même de vachement amortir l'inquiétude, et ces processus cognitifs, ils ne sont pas l'essence même de l'intelligence verbale, mais ils sont corrélés à l'intelligence verbale.
Les gens qui ont une bonne intelligence verbale, en général, ont une plus grande tolérance à l'ambiguïté. Ils ont une plus grande capacité à percevoir des menaces de manière positive et à considérer l'inquiétude de manière positive, c'est-à-dire en se disant que finalement, cette inquiétude va me permettre de résoudre le problème. Elle va guider mon attention vers la résolution du problème.
Et donc, indirectement, ce qu'on observe, c'est qu'effectivement, les gens qui ont une haute intelligence verbale et qui sont à haut potentiel, ils ont une plus grande inquiétude. Mais cette inquiétude, elle est amortie par cette même intelligence verbale et par ces processus cognitifs que je viens d'écrire. On peut en conclure que, bah, finalement, ce qu'on a l'habitude de lire dans les bouquins et à la télé comme quoi les surdoués, les hauts potentiels, seraient plus enclins à être hyper dépressifs, ce n'est pas vrai.
En fait, ce n'est pas vrai. Au contraire, on l'a vu, les hauts potentiels auraient plutôt tendance à être protégés des troubles internalisés, et même de leur propre inquiétude. Néanmoins, attention, quand on dit que les hauts potentiels ont tendance à être plus inquiets ou moins inquiets, ça ne veut pas dire que c'est le cas de tous les hauts potentiels.
Ça veut dire que c'est une moyenne. On parle toujours de moyenne en psychologie. On ne dit jamais que tout le monde est comme ça, tout le monde est comme si.
Et je donne à chaque fois cet exemple-là : dire que les Allemands sont plus grands que les Français, ça ne signifie pas que tous les Allemands sont. . .
Plus grands que tous les Français, donc toutes ces vidéos sur les zèbres, ces bouquins comme "Trop intelligent pour être heureux" écrit par Jean Fachin n'ont absolument aucun fondement scientifique. Ils sont bien plus proches de l'horoscope que de la psychologie, et je suis désolé de constater que des psychologues passent une mauvaise image. Je trouve une image absolument pas rigoureuse et sérieuse de la psychologie qui, pourtant, a un potentiel énorme en fait.
Des mecs passent des années à essayer de définir un concept, et vous avez soudain une psychologue qui arrive et qui balance un concept comme ça : il n'est pas scientifique, qui, qui, qui est un concept d'horoscope, qui permet de faire en sorte que tout le monde se retrouve dedans, et qui vient, [ __ ] un coup de pied au nez à des dizaines d'années de travail chez des chercheurs en psychologie. Donc ces voix-là, je trouve ça assez frustrant, et j'espère, en tout cas, au travers de cette vidéo, arriver un petit peu à rendre une certaine gloire à la psychologie que j'apprécie tant. Je suis moi-même un psychologue, un psychologue qui essaie au maximum d'appuyer ses propos sur la littérature scientifique, ce qui n'empêche en aucun cas d'appuyer également mes propos sur mes connaissances empiriques de base, et donc sur les centaines d'hommes et de femmes que j'ai rencontrés en séance.
Si vous voulez faire une séance avec moi, vous pouvez aller sur mon site internet et réserver le créneau qui vous arrange sur le calendrier. Je fais ça au téléphone. Enfin, si vous souhaitez continuer à discuter d'intelligence avec nous, avec les filles, origines, voire même d'intelligence au service de la séduction, vous pouvez rejoindre le club "Défi l'origine", et c'est également sur le site internet qui se trouve en barre de descriptions.
Voilà, les amis, c'est fini pour cette vidéo. J'espère que ça vous a plu et je vous dis à très bientôt. Au revoir !