La devise "Liberté, Égalité, Fraternité" dessinée sur une toile blanche, mais également du chant, de la musique, de la danse, autrement dit l'art convoqué ce matin pour rendre hommage à Dominique Bernard, ce professeur assassiné il y a un an, jour pour jour, par l'un de ses anciens élèves radicalisés. Il était 11h quand les sirènes de la ville d'Arras ont retenti. Sophie de Vessière, Vincent Lamoau et T.
[Musique] Guigeois, 11h, l'heure à laquelle il y a un an, jour pour jour, Dominique Bernard était assassiné. Les habitants d'Arras, en un nombre saluant la mémoire d'un professeur aimé, accompagnent une famille dévastée. Il y a un an, Isabelle, vous perdiez Dominique, Dominique que vous aimiez tant, Dominique avec qui vous partagiez votre vie, vos rêves, vos voyages, vos espoirs, Dominique avec qui vous aimiez tant lire, lire des romans, lire des pièces de théâtre, lire de la poésie, écouter de la [Musique] musique, parce qu'il croyait à la culture, au savoir, à la transmission.
La famille et les amis de Dominique Bernard ont voulu donner la parole aux artistes. Moment fort : cette chanson de Damien Saez écrite suite aux attentats du Bataclan. Ils étaient amoureux, se blottissant l'un contre l'autre, à deux contre la tyrannie.
Très émouvant. Difficile de ne pas pleurer, de se dire que quelqu'un qui défendait les valeurs de la République et qui était dans l'éducation puisse être touché et être assassiné. Beaucoup de tristesse, beaucoup de colère encore, contre toutes ces formes d'intolérance.
On a du mal à comprendre quoi, en fait. Un an après les faits, la ville panse encore ses plaies, mais veut faire vivre les valeurs de Dominique Bernard. Un square devrait bientôt être baptisé à son nom.
Dominique Bernard, tu es parti trois ans après un autre professeur, Samuel Paty, lui décapité par un terroriste islamiste près de son collège. Un hommage lui a aussi été rendu ce matin à Erani-sur-Wise, là où il habitait. Depuis son assassinat, sa sœur, Michel Paty, se bat pour faire vivre sa mémoire.
Je l'ai rencontrée, elle témoigne en exclusivité ce soir dans le portrait de la semaine de l'émission 7 à 8. Un peu après 20h, je reçois un SMS de ma mère : "Samuel vient peut-être de se faire tuer devant son collège. Rappelle-moi sur le fixe.
" On nous a conviés à aller voir son corps, puis je n'avais pas envie de le reconnaître, en fait, parce qu'à ce moment-là, j'ai quand même vraiment embrayé à faire un quart de tour avec les talons, en disant "ce n'est pas lui". Et puis on s'en va, c'est bon, c'est une erreur, jusqu'au bout. Je crois que j'ai essayé de pousser la dernière chance pour que ça ne soit pas lui.
Mais pourtant, quand ma mère a hurlé "si, c'est lui", il a bien fallu que je l'admette. Et c'est vrai qu'elle a hurlé, ils l'ont massacré.