Ce graphique correspond au taux d’emprunt Français à 10 ans auquel on soustrait le taux d’emprunt allemand à 10 ans également. Et ce que l’on constate est sans appel, la dette française comparée à la dette Allemande est attaquée. Depuis Juin 2024 les marchés ont commencé à prendre peur avec la dissolution de Macron et la nomination du gouvernement Barnier n’a strictement rien changé bien au contraire puisque l’écart grandit un peu plus !
De plus, j’attire votre attention sur un point. Le taux d’intérêt allemand qui a toujours servi de référence est également chahuté car l’Allemagne ne va pas bien du tout. Donc, la sanction affichée est moins forte qu’elle ne l’est réellement puisque le thermomètre de référence allemand faiblit également.
Et un petit mot, excusez ma voix grave, je ne vous fais pas une Tom Benoit mais je suis complètement malade. Alors reprenons tout de même dans la bonne humeur ! Pour bien se rendre compte des dégâts, entendez que le taux d’intérêt de la France pour des dettes à 5 ans est supérieur à celui de la Grèce.
Oui, oui. Si vous achetez une obligation de l’État Grecque, ce que je ne recommande pas et ça, c’est bien une recommandation d’investissement, vous allez recevoir 2,35% de taux d’intérêt. Mais si achetez de la dette française à 5 ans, ce que je ne recommande pas non plus, vous allez touchez 2,38% Donc, vous avez bien compris, la stabilité financière de la France est jugée plus précaire par les marchés que la dette Grecque.
Et pourtant, je peux assurer que la situation n’est pas folle du tout. Pour rappel, la Grèce à connu une grave crise monétaire de 2009 à 2012 qui s’est soldé par une baisse du niveau de vie stratosphérique. Son PIB a chuté de plus de 40% entre 2009 et 2020 et depuis, il ne remonte pour ainsi dire pas.
Leur dette publique était 360 mrd en 2010, au plus haut, et aujourd’hui en 2023, elle est de … ben 360 mrd aussi mais avec un PIB près de 40% plus bas. Enfin, pour finir de brosser le tableau très rapidement, un quart des grecs sont à la limite de la misère. Et bien, ce pays emprunte de l’argent pour moins cher que la France.
Mais ce n’est pas tout. La Grèce à un déficit prévisionnel de 5,5% sur son budget national tandis que la France prend le bon chemin pour dépasser allègrement les 6% de déficit. Alors, dans ce contexte, fait-on vraiment face à une attaque des marchés ?
En réalité, les marchés et les acteurs de la finance qui gravitent autour sont excessivement cool avec la France. On peut même parler de bienveillance pour plusieurs raisons : 1/ La note de crédit de la France n’a toujours pas été dégradé au rang de la Grèce ou du Portugal alors que franchement, même si on est pas encore à 180% d’endettement, les déficits de la France ainsi que la médiocrité du gouvernement à transmettre des informations financières claires ne sont clairement pas à la hauteur 2/ Les taux d’intérêts sur la dette française sont outrageusement bas pour quiconque veut se lancer dans une évaluation sérieuse du risque de crédit français. Veuillez considérer que la Grèce a ce que l’on appelle un excédent budgétaire primaire positif.
En clair, cela signifie que si vous retirez la charge de la dette aux comptes grecs, l’État Grec dépense aujourd’hui moins que ce qu’il rentre comme impôt. Donc, si demain, la Grèce annonce publiquement qu’elle dénonce toutes ses dettes extérieures, au-delà des menaces géopolitique, économiquement, ça tient. La Grèce fonctionne.
Ce n’est pas du tout le cas de la France. Aujourd’hui on peut s’attendre à 6% à 7% de déficit soit 162 mrd € disons alors que la charge de la dette est d’environ 50 mrd. Donc, si la France venait à dénoncer toute sa dette extérieur, environ 50%, cela signifie que l’État français serait court d’environ 100 mrd pour rentrer dans ses dépenses.
C’est quand même près de 3 500 € par foyer par an. Ce n’est pas une paille. En Grèce, ce serait 0.
Tout cela pour vous dire que la dette française est terriblement sur-cotée sur les marchés. Alors pourquoi tant de bienveillance de la part des marchés ? Mon avis c’est que l’Union Européenne veille au grain afin de tenir les taux à ce niveau.
Sachant que je ne connais aucun investisseur privé qui veut volontairement de la dette française à 10 ans à 3%, cela signifie que les acheteurs privés sont soit contraint de le faire, c’est le rôle de la réglementation, soit qu’il y a un acheteur en dernier ressort qui joue le rôle de poubelle obligataire sur les marchés. En ce qui concerne les acheteurs forcées par la loi, nous les connaissons, il s’agit essentiellement des banques et des compagnies d’assurances au travers des loi Sapin, Bales, Solvency et consors. Le principe est simple.
Lorsque vous êtes un assureur par exemple, vous avez l’obligation de constituer des réserves pour être en capacité d’assurer ce que vous avez promis par contrat pour être en capacité de payer son indemnisation à Madame Michu, qui est assurée chez vous, le jour où sa maison brûle. Les assureurs et banquiers se retrouvent donc à devoir gérer de l’argent. Or, comme cet argent est une réserve qui doit être disponible, il y a tout un tas de lois que je viens de nommer qui réglementent la façon dont ces institutions financières doivent s’en occuper pour, en principe, s’assurer qu’ils ne fassent pas n’importe quoi avec ses réserves.
Et oui, dans le principe, si un assureur fait des plus-values car il gère bien ces réserves, cette plus value est pour lui. Il ne la doit pas à son client. Par contre, s’il fait des pertes, elles sont aussi pour sa pomme et il faut s’assurer qu’il sera en capacité de les encaisser sans mettre à mal son niveau de réserve.
Ça c’est le principe. Partant de là, il y a 2 solutions. La première, la plus simple que j’appelle la méthode à Papa, c’est d’énoncer que les dirigeants de ces institutions financières sont responsables de façon illimitée sur leurs biens personnels et que s’ils font trop les glands, ils pourront finir en prison pour mauvaise gestion.
Ce n’est pas révolutionnaire, ça s’appelle la gestion en commandite simple. Par contre, ça marche très bien car les ardeurs sont calmées et en termes de lois à écrire, ça prend une petite feuille A4. Et puis, il y a la 2e solution, plus moderne, plus cool, qui consiste à débarrasser les gentils dirigeants de leur responsabilité personnelle illimité en imposant tout une série de critères de bonne gestion à respecter.
Si vous respectez les critères en faisant n’importe quoi, alors là, c’est bon, ça passe. Du coup, pour prendre un exemple. Si notre assureur constitue pour 1 000 000 € de réserve et qu’il choisit de les placer à 100% en or, il devra assumer un facteur de risque de 25% donc il devra mettre 1 million 350 en réserve.
Par contre, s’il met tout en obligation française qui sont réputées sans risques, alors là, ça passe, un seul million suffit. Alors que bon, entre nous … si on part du principe que la définition du risque c’est de perdre son argent, faire “all in” sur la dette française ne me semble pas très très prudent. Ajoutez à cela tout un tas de consignes à la bonne diversification, les distorsions de notation et autres contraintes politiques et vous comprenez pourquoi aucun assureur ou presque ne possède d’obligation chinoises dans ses réserves.
Et pourtant, jusqu’à ce jour, les obligations chinoises ont très largement surperformé la dette française. Mais vraiment très largement. Voilà, vous avez compris, c’est de cette façon que vous forcez la demande en dette française en interne.
Ensuite, ajoutez la BCE qui se charge de contrôler les taux de la dette française en jouant le rôle d’acheteur en dernier ressort et vous comprenez pourquoi les marchés ne sont absolument pas bienveillants mais qu’il s’agit bien d’une manipulation éhonté de la comptabilité publique. Mais allons plus loin. Si l’on veut rétablir les comptes de la France, de quoi parle-t-on exactement ?
Aujourd’hui on entend parler de 60 mrd à financer comme si c’était le bout du monde mais en réalité, est-ce que ça colle ? Alors déjà, les 60 mrd dont on entend parler ne permettent pas de retourner à l’équilibre mais plutôt de maintenir un déficit à 5% du PIB. Donc, une fois que M.
Barnier aura trouvé 60 mrd sur votre dos, cela signifiera qu’il manquera toujours 280 mrd pour être à l’équilibre. Donc, là, on sent bien que ce n’est pas la fin de l’histoire. Il n’y a pas 36 solutions quand on est surendetté, il faut réduire la dette.
Et pour réduire la dette, il faut réduire les dépenses. Or le plus hardi des figures politiques actuelles que j’ai entendu en la matière c’est Jacques de la Rosière. Ancien directeur général du FMI et ancien .
*extrait* Mais si on y réfléchit bien, ça ne sera pas suffisant car lorsque vous regardez la santé financière moyenne dans l’Union Européenne, et bien ce n’est pas fifou non plus. Alors, quand on regarde les pays avec des finances saines, donc en excédent budgétaire structurel, on se rend compte que la Norvège, la Suède et le Danemark tiennent le haut du panier avec une dépense maximale d’environ 50% du poids de la dépense publique. Ce que Jacques de la Rosière montre comme la moyenne de l’Union Européenne à atteindre est seulement, et à la rigueur, une ligne de flottaison minimale.
Si on regarde la Suisse, Hong Kong, la Corée du Sud, ou encore l’Estonie. On se balade plutôt entre 20% et 40% du poids de l’État. Donc, si on veut une situation financière saine, il faudrait que la France vise un poids de la dépense publique proche de quelque chose comme 30% soit moitié moins qu’aujourd’hui.
Et là, à 30% cela signifie que l’on élimine tout ce qui n’est pas productif. Il ne s’agit pas de survoler les sujets mais bien de remettre l’État à sa juste place à savoir les services régaliens et les services qui contribuent réellement à la société. Et nous avons un exemple de ce que cela peut donner en Argentine avec le Président Javier Mileil qui est arrivé au pouvoir avec une inflation qui culminait à 25% par mois plus de 300% par an.
A ce stade, votre monnaie ne vaut plus un kopek, vous êtes en hyper inflation. Au mois de Mai 2024, suite à ses réformes, l’inflation était déjà tombé à son plus bas depuis bien longtemps à 4% mensuel et cela s’est conformé à 3,9% au mois d’août. C’est juste un miracle.
Côté déficit budgétaire, Mileil a fait repasser l’Argentine dans le camp des pays en excédent budgétaire en expliquant sa démarche très simplement : “Si l’État ne dépense pas plus qu’il ne perçoit et pas recours aux émission de monnaie, alors il n’y a plus d’inflation. ” Un trimestre en excédent budgétaire c’est une première depuis 15 ans en Argentine. Comment a t -il fait ?
De façon très simple, il a réduit les dépenses publiques de 35%. Comment a t -il fait ? Il a abrogé un paquet de loi et il a supprimé bon nombre d’agences publiques et de ministères.
Il a suspendu tous les chantiers publics en attendant de savoir combien l’Argentine avait dans les caisses à dépenser avant d’en reprendre les plus utiles. Bref, il a réellement coupé dans les dépenses. Et vous savez quoi ?
55% de la population le soutient encore ! Sa popularité n’a pas bougé depuis son élection. Pour comparer, voici la popularité d’Emmanuel Macron au début de son premier mandat.
C’est pas tout à fait la même pente. Donc quand vous entendez un politicien français dire : Ah oui, c’est vrai mais la France est une démocratie et les peuples ne supportent pas les politiques drastiques de remise sur les rails, nous savons maintenant que c’est faux. Ce que les gens n’aiment pas ce sont les faux prophètes.
Ensuite concernant la santé de l’économie, c’est proprement incroyable car les coupes qu’il impose au pays sont objectivement redoutables. Tout le monde s’attendait à ce que le pays plonge économiquement parlant au moins à court terme le temps que tout le monde retrouve sa place. Et bien en réalité, on se rend compte que le tissu économique libre du coup car l’autre partie a été tué sur place en 3 mois, est beaucoup plus résiliente qu’attendu.
Pour 2024 le FMI attend une récession de 3,5% seulement. Alors je vais vous la refaire à l’envers pour que vous compreniez bien. En France, nous avons une croissance de 1% et 6% qui vont peut être devenir 7% de déficit soit une récession de 5 à 6%.
Et en Argentine où la purge à été faite, ils perdent seulement 3,5% l’année même où 35% de la dépense publique disparaît du jour au lendemain. Ils sont donc, au pire des effets secondaires du remède, en bien meilleur état que la France qui ne fait face à aucune crise économique. C’est juste prodigieux.
Alors quand vous lisez dans la presse qu’un argentin sur deux vit dans la pauvreté, 53% alors qu’en 2023 c’était 42%, vous devez comprendre que tous ces gens faisaient partie d’une partie malade et parasitique de l’économie. Mais que cela ne concerne que 11% de la population est bien en dessous de ce que l’on aurait pu redouter. Et puis, ces gens vont progressivement trouver un boulot dans l’économie privée qui, elle, gagne beaucoup d’argent puisque tous les fonctionnaires qui les en empêchaient ont largement disparu.
Et puis, effectivement, dans ces personnes, il y a tous les entrepreneurs privés qui vendaient leurs produits aux fonctionnaires qui ont disparu. Mon fameux boulanger qui vendait son pain aux fonctionnaires du ministère de l’éducation nationale … Typiquement, en Suisse, il n’y a pas de ministère de l’éducation nationale et ça ne manque à personne. Bref, c’est assez incroyable car avec le Salvador, Nayib Bukele nous montre une façon magistrale de passer du pays le plus dangereux au monde au pays le plus sûr au monde.
Quand même … Au passage, Bukele a l’air beaucoup moins bête avec les réserves en bitcoins qu’il a constitué pour son pays depuis qu’il fait environ X2 sur la mise initiale. Étrangement, on entend plus le FMI la ramener … mais c’est une autre histoire. Et en Argentine, Javier Mileil est en train de nous montrer comment redresser économiquement un pays en moins de 3 ans.
On ne pourra pas dire que l’on ne savait pas. C’est pour cela que je ne comprends pas une seule minute comment on peut trouver un Barnier sympathique sachant que cet homme incarne la corruption de notre système. Quand on ose se la péter comme lui sous des faux airs d’humilité alors que sa seule ambition c’est de trouver 60 petits milliards grappiller essentiellement avec des hausses d’impôts et du rabotage à droite à gauche, ça m’énerve au plus haut point.
D’autant plus que ne soyez pas naïf, ce qui se négocie à partir de maintenant entre la France et l’Union Européenne, ce n’est en rien un sauvetage ou une aide mais un transfert de souveraineté contre la volonté du peuple français qui est tout de même souverain dans la constitution. Si ça, c’est pas du paternalisme infantilisant qui mérite le goudron et les plumes je ne sais pas ce qu’il vous faut. Et puis après il s’en ira et tout comme Bruno le maire qui a bidouillé les comptes du pays au dernier degré, personne ne lui demandera de compte.
Et le pire dans tout ça, vous savez ce que c’est ? C’est qu’on se les récupère en Suisse ces tocards … Bref, si vous voulez comprendre à quel point Barnier, aussi bon chic bon gendre soit-il est un traître structurel, allez voir cette vidéo sur sa seigneurie Môssieur Michel BARNIER qui flamboie à l’assemblée nationale par ses joutes rhétoriques avec les présidents de groupe. Mais n’oubliez pas.
Les jeux de mots laids, c’est fait par les gens bêtes.