Sur le grand paquebot qui a minuit devait quitter New York à destination de Buenos Aires régnait le va et vient habituel du dernier moment les passagers embarquaient escortés d'une foule d'amis des porteurs de télégramme la casquette sur l'oreille je t'ai dit non à travers les salons on a mené des mâles et des fleurs des enfants curieux couraient du haut en bas du navire pendant que l'orchestre Accompagné un perturbablement ce grand spectacle sur le pont un peu à l'écart du mouvement je m'entretenais avec un ami sur le pont promenade lorsque deux ou trois éclairs jaillir tout
près de nous apparemment un personnage de marque que les reporters interviewés et photographie encore juste avant le départ mon compagnon regarda dans cette direction et sourit vous avez à bord un oiseau rare sentovic Et comme je n'avais pas vraiment l'air de comprendre ce qu'il voulait dire il ajouta en guise d'explication Mirco santovic le champion mondial des échecs il a traversé les États-Unis d'est en ouest sortant vainqueur de tous les tournois et maintenant il s'en va accueillir de nouveaux lauriers en Argentine je me souviens alors de ce jeune champion et de quelques particularités de sa fulgurante
carrière mon ami qui lisait les journaux mieux Que moi compléta mes souvenirs d'une quantité d'anecdotes il y avait environ un an c'est Ludovic était devenu tout d'un coup légal des maîtres les plus célèbres de l'échiquier comme Algérie Kaba Blanca en 1922 reeveski le jeune prodige de 7 ans c'était distingué au tournoi de New York on avait vu personne d'aussi obscur attirer avec autant d'éclats l'attention du monde sur l'illustre confrérie des joueurs d'échecs car les facultés Intellectuelles de sentovic ne se permit en aucune façon de lui prédire un brillant à venir d'abord tenu secret le bruit
courut bientôt que ce champion était incapable en privé d'écrire une phrase même dans sa propre langue sans faire des fautes d'orthographe et que selon la raillerie d'un partenaire rageur son inculture dans tous les domaines était universel santovic était le fils d'un misérable batelier slave du Danube dont la toute Petite embarcation fut coulée une nuit par un vapeur chargé de blé son père mourut l'enfant qui avait alors 12 ans fut recueilli par le charitable curé de son village et l'excellent prêtre s'efforça honnêtement de faire répéter à ce garçon au large front apathique et taciturne les leçons
qu'il n'arrivaient pas à retenir à l'école mais ces tentatives de murèrent veine Mirco fixé d'un œil vide les caractères d'écriture qu'on lui avait déjà expliqué 100 fois son cerveau fonctionne avec effort était impuissant à assimiler même les notions les plus élémentaires à 14 ans il s'est dit encore de ses doigts pour compter et quelques années après il ne lisait encore un livre ou un journal qu'au prix des plus grands efforts on y pu dire cependant qu'il y mettait de la mauvaise volonté ou de l'entêtement il faisait avec docilité ce qu'on lui ordonnait porter l'eau vendez
le bois travailler au chant nettoyer la cuisine Bref il rendait consciencieusement bien qu'avec une lenteur exaspérante tous les services qu'on lui demandait mais ce qui chagrinait sur tout le bon curé c'était l'indifférence totale de son bizarre protégé il n’entreprenait rien de son propre chef ne posez jamais une question ne jouez pas avec les garçons de son âge et ne s'occupait jamais spontanément si on ne lui demandait rien si tôt ça a besoin de finir on voyait Mirco s'asseoir Quelque part dans la chambre avec cet air absent et vague des moutons en pâturage sans prendre le
moindre intérêt et à ce qui se passait autour de lui le soir le curé allumant sa longue pipe rustique faisait avec le maréchal des logis ces trois parties d'échecs quotidienne l'adolescent approchait alors de la table sa tignasse blonde et fixée en silence l'échiquier avec des yeux qu'on croyait tant dormir et indifférence ou Leur lourdes de paupières un soir d'hiver tandis que les deux partenaires étaient plongés dans leur jeu on entendit d'un thé de plus en plus près les clochettes d'un traîneau qui glissaient à fond de train dans la rue un paysan la casquette blanche de
neige entre a précipitamment demandant au prêtre s'il pouvait venir sur le champ administrer l'extrême-onction à sa vieille mère qui se mourait le curé le suivi sans tarder le maréchal des logis Qui n'avait pas encore vidé son verre de bière ralluma encore une dernière pipe et se mitant de voir de renfiler ses lourdes bottes pour s'en aller lorsqu'il s'aperçut tout à coup que le regard de Mirco s'était obstinément fixé sur l'échiquier et la partie commençait et bien veux-tu la finir dit-il en plaisantant car il était persuadé que le jeune endormi ne saurait pas déplacé à un
seul puits correctement sur l'échiquier le garçon levait timidement La tête fils signe que oui et celle-ci à la place du curé en 14 coups voilà le maréchal des logis battu et en plus obligé de reconnaître qu'il ne devait pas sa défaite à une exigence de sa part la seconde partie tourna de même mais c'est l'âne de Balaam c'est qu'il y a les astiques stupéfait lorsqu'il rentra et il expliqua au maréchal des logis moins versées que lui dans les Écritures comment 2000 ans auparavant semblable miracle s'était produit une créature Muette ayant soudain prononcé des paroles pleine
de sagesse malgré l'heure avancée le curé ne plus réprimer son envie de se mesurer avec son protégé Mirco le bâtit lui aussi aisément il avait un jeu lent tenace imperturbable et ne relevez jamais son large front penché sur l'échiquier mais la sûreté de sa tactique était indiscutable ni le maréchal des logis ni le curé ne parvint les jours suivants à Gagner une seule partie contre lui quand le curé entra poussant devant lui ce garçon de 15 ans aux cheveux blonds au jour rouge les épaules couvertes d'une peau de mouton retournée et chaussée de grosses bottes
lourdes les habitués offrir de grands yeux le jeune gars resta planté là le regard timidement baissé jusqu'à ce qu'on appela à l'une des tables d'échecs ils perdit la première partie n'ayant jamais vu son excellent protecteur Pratiqué ce qu'on appelle l'ouverture sicilienne la seconde fois il faisait déjà partie nulle contre le meilleur joueur de la société et dès la troisième et la quatrième il les battait tous l'un après l'autre c'est ainsi qu'une petite ville de province yougoslave fut le théâtre d'un événement des plus palpitants et que c'est notable au grand complet assistèrent au début sensationnel de
ce champion villageois à l'unanimité on Décida de retenir en ville le jeune prodige jusqu'au lendemain pour pouvoir informer de sa présence les autres membres du club et surtout pour prévenir dans son château le vieux conte sinzic un fanatique du jeu d'échec le curé qui regardait son pupille avec une fierté toute nouvelle ne pouvait cependant pas malgré la joie de cette découverte négliger ses devoirs Dominico il se déclara prêt à laisser Mirco à ses messieurs pour qu'il fit mieux encore Ses preuves le jeune sentovic fut alors installé à l'hôtel au frais des joueurs et il vit
ce soir-là pour la première fois de sa vie un cabinet muni d'une chasse d'eau le dimanche après-midi suivant dans une salle comble Mirco de menera à 600 bougée 4h durant devant l'échiquier et sans prononcer une parole ni même lever les yeux il vainquit tous ses adversaires quelqu'un proposa une partie simultanée On eu mille peine à expliquer aux Russo qu'on entendait par là le faire jouer seul contre plusieurs partenaires mais si tout que Mirco ait compris le principe il s'exécuta sans retard à la lentement d'une table à l'autre en faisant craquer ses gros souliers et pour
finir Ghania cette partie sur les 8 alors commencèrent de longues délibérations bien que le nouveau champion ne fut pas un ressortissant de la ville au sens étroit du mot l'esprit De clocher se réveilla très fort qui sait si la petite localité dont l'existence était à peine relevée sur la carte n'allez pas s'illustrer pour la première fois en donnant au monde un homme célèbre un aprisario nommé Keller qui s'occupait d'habitude seulement de fournir des chansons et des chanteuses au Cabaret de la garnison s'offrite à conduire le jeune phénomène à Vienne chez un maître remarquable disait-il qui
achèverait de l'initié à son art il Fallait seulement que l'on voulut bien pour voir au frais d'un an de séjour dans la capitale le compte simcit qui en 60 ans de pratique quotidiennes n'avait jamais rencontré d'adversaires aussi étonnant signa un chèque sur le champ ainsi comment ça l'extraordinaire carrière de ce fils de batelier en six mois Mirco a pris tous les secrets de la technique du jeu d'échec ses connaissances étaient étroitement limitées il est vrai et l'on devait en Rire souvent dans les cercles qu'il fréquenta par la suite car santovic ne parvint jamais à jouer
une seule partie dans l'abstrait ou comme on dit à l'aveugle il était absolument incapable de se représenter les chéquiers en imagination dans l'espace il avait toujours besoin de voir devant lui réel et palpable les 64 cases noires et blanches et les 32 figures du jeu même lorsqu'il fut célèbre dans le monde entier il prenait avec lui et un Échiquier de poche pour mieux se mettre dans l'oeil la position des pièces s'il voulait résoudre un problème ou reconstituer une partie de maître ce défaut négligeable en lui-même des seulettes assez sont manque d'imagination et on le commentait
vivement dans le milieu qui l'entourait comme on y fait parmi les musiciens d'un virtuose ou d'un chef d'orchestre distingué qui se fut montré incapable de jouer ou de diriger sans avoir la Partition ouverte devant lui mais cette particularité ne retarde annulerions progrès ne Mirco à 17 ans il avait déjà remporté une douzaine de prix à 18 ans il était champion de Hongrie et enfin à 20 ans champion du monde les plus Hardy joueurs ceux qui par l'intelligence l'imagination et l'audace dépassait infiniment c'est une tovic ne plus résister à son implacable et froide logique pas plus
que Napoléon devant le lourd kutuso ou Hannibal devant Fabius Kuntator dont petite livre rapporte qu'il présentait lui aussi dans son jeune âge des signes frappants d'indifférence et d'imbécilité l'illustre galerie des maîtres de l'échiquier comprenait jusqu'à leur les types de haute intelligence les plus divers des philosophes des mathématiciens cerveaux imaginatifs et souvent créateur pour la première fois un personnage étranger au monde de l'esprit il figuiera désormais sous les Traits de ce rustre lourdaud et taciturne auquel les plus habiles journalistes ne parvint jamais à soutirer le moindre mot qui puisse servir à leurs articles il est vrai
qu’on se rattraper largement en anecdote sur son compte car si la maîtrise de santovic était incontestable devant les chéquier il devenait était l'instant qu'il le quittait un individu comique et presque grotesque en dépit de son cérémonieux à billes noires et de Ses cravates pompeusement ornées d'une perle un peu voyante malgré ses mains soignées aux ongles laborieusement polis ils gardaient les manières et le maintien du jeune paysan borné et qui balayait autrefois la chambre du curé de son village avec un maladroit et imprudence cynisme qui faisait tour à tour la joie et le scandale de ses
collègues ils ne sont jamais qui attirés tout l'argent possible de son talent et de son renom Sa cupidité ne reculait devant aucune mesquinerie fusse la plus ordinaire il voyageait beaucoup mais descendaient toujours dans les hôtels de troisième ordre et accepter de jouer dans les clubs les plus ignorés pourvu qu'ils touchas on le vit sur une affiche vers la réclame d'un savon et sans se soucier des moqueries de ses concurrents qui le savaient incapable d'écrire trois phases correctement il vendit sa signature à un Éditeur qui publiait et une philosophie du jeu d'échec en réalité l'ouvrage était
écrit par un obscur étudiant de Galicie pour cet éditeur habilhomme d'affaires comme tous les têtusent du ridicule depuis qu'il était champion du monde il se croyait le personnage le plus important de l'humanité et la conscience qu'il avait de ses victoires sur des hommes intelligents brillants causeurs et grand clair en écriture le Fait étangible surtout qui gagnait plus gros que dans leur propre domaine transformèrent sa timidité native en une froide présomption qu'il est allé souvent grossièrement mais comment ainsi prompte de succès n'est-il pas grisé une cervelle aussi vide conclu mon ami après m'avoir compté quelques très
caractéristiques de la puérile suffisance de sentovic comment voulez-vous qu'un petit paysan du Bana âgé de 21 ans ne soit pas ivre de vanité En voyant qui lui suffit de déplacer des pièces sur une planche à carreau pour gagner en une semaine plus d'argent que tous les habitants de son hameau n'en gagneraient en une année de bûcheronnage et autres travaux éreintants et puis n'est-il pas diablement aisé en fait de se prendre pour un grand homme quand on ne soupçonne pas le moins du monde qu'un rembrand ou un Beethoven un Dante ou un napoléon ont jamais existé
ce gaillard ne sait qu'une chose derrière son front Barré c'est que depuis des mois il n'a pas perdu une seule partie d'échec et comme précisément une soupçonne pas qu'il y a d'autres valeurs en ce monde que les échecs et l'argent il a toutes les raisons d'être enchanté de lui-même ces propos de mon ami ne manquèrent pas d'exciter ma curiosité les monomaniaques de tout poil les gens qui sont possédés par une seule idée m'ont toujours spécialement intrigués car plus un esprit se limite plus il touche par Ailleurs à l'infini ces gens-là qui vivent solitaires en apparence
construisent avec leur matériaux particuliers et à la manière des termites des mondes en raccourci d'un caractère tout à fait remarquable aussi déclarais-je mon intention d'observer de près ce singulier spécimens de développement intellectuel unilatéral et de bien employer à cet effet les 12 jours de voyage qui nous séparait de Rio vous avez peu de chances pourtant de Parvenir à vos fins me prévient mon ami personne que je sache n'a encore réussi à tirer de sentovic le moindre indice d'ordre psychologique derrière son insondable bêtise se rustre est assez malin pour ne jamais se compromettre c'est bien simple
il évite toute conversation hormis celles des compatriotes de sa région qu'il rencontre dans les petites auberges où il fréquente sitôt qu'il fait un homme instruit il Rentre dans sa coquille ainsi personne ne peut se vanter de l'avoir entendu dire une sottise ou d'avoir mesuré l'étendue de son ignorance que l'on dit universelle dans les divers salons on ne le voyait jamais ni au bar ni aux fumoir le steward me confie à discrètement qu'il passait le plus clair de son temps dans sa cabine à s'entraîner ou à répéter une partie devant un grand échiquier trois jours suffire
à me convaincre que cette Tactique défensive était plus habile que ma volonté de l'aborder j'enfus très contrariée je n'avais encore jamais eu l'occasion de connaître personnellement un champion d'échec et plus je m'efforçais de m'en représenter un moins j'y parvenais comment se figurer l'activité d'un cerveau exclusivement occupée sa vie durant d'une surface composée de 64 cases noires et blanches assurément je connaissais par expérience le mystérieux attrait de ce jeu Royal le Seul entre tous les jeux inventé par les hommes qui échappent souverainement à la tyrannie du hasard le seul où l'on ne doivent sa victoire qu'à
son intelligence ou plutôt à une certaine forme d'intelligence mais n'est-ce pas déjà le limiter un jurieusement que d'appeler les échecs un jeu n'est-ce pas aussi une science un art ou quelque chose qui comme le cercueil de Mahomet entre ciel et terre et suspendu entre l'un et l'autre et qui Réunit un nombre incroyable de contraire de son père dont la nuit des temps et cependant il est toujours nouveau ça marchait mécanique mais elle n'a de résultat que grâce à l'imagination il était étroitement limité dans un espace géométrique fixe et pourtant ces combinaisons sont-ils limitées il poursuit
un développement continuel mais il reste stérile c'est une pensée qui ne mène à rien une mathématique qui n'établit rien un art qui ne laisse pas D'oeuvre une architecture sans matière et il a prouvé néanmoins qu'il était plus durable à sa manière que les livres ou que tout autre monument ce jeu unique qui appartient à tous les peuples et à tous les temps et dont personne ne sait qu'elle Dieu en Fidon à la terre pour tuer l'ennui pour aiguiser l'esprit et stimuler l'âme ou commence-t-il ou finit-il un enfant peut en apprendre les premières règles un ignorant
si essayer et acquérir dans le carré limité de L'échiquier une maîtrise d'un genre unique si la reçu ce don spécial la patience l'idée subite et la technique s'y joignent dans une certaine proportion très précise à une vue pénétrante des choses pour faire des trouvailles comme on en fait dans les mathématiques la poésie ou la musique en se conjuguant simplement peut-être d'une autre façon jadis la passion de la physionomonie eu peut-être poussé un gale à disséquer les Cerveaux des champions d'échec et d'une telle espèce pour voir si la matière grise de pareil génie ne représentait pas
à une circonvolution particulière qu'il a distingua des autres une sorte de muscle ou de poste des échecs combien lutin intéressé se cas d'un sentovic en qui ce don spécifique s'alliette à une paresse intellectuelle totale comme un seul filon d'or qui court dans une énorme roche brute certes je comprenais dans le principe Qu'un jeu si particulier c'est génial puis susciter une sorte de matador mais comment concevoir la vie d'une intelligence toute entière réduite à cet étroit parcours uniquement occupé à faire avancer et reculer 32 pièces sur des carreaux noirs et blanc engageant dans ce va-et-vient toute
la gloire de sa vie comment s'imaginer un homme qui considère déjà comme un exploit le fait d'ouvrir le jeu avec le cavalier plutôt qu'avec un simple pion et qui inscrit sa Pauvre petite part d'immortalité au coin d'un livre consacré aux échecs un homme donc un homme doué l'intelligence qui puisse sans devenir fou et pendant 10 20 30 40 ans tendre de toute la force de sa pensée vers ce but ridicule acculer un roi de bois dans l'angle d'une planchette et maintenant aucun pareil phénomène un aussi singulier génie ou si l'on préfère un fou aussi énigmatique
se trouvait pour la première fois tout près de moi Sur le même bateau à 6 cabines de la mienne je me voyais refuser la possibilité de l'approcher moi qui pour mon malheur et toujours une curiosité passionnée pour les choses de l'esprit je me mise à inventer les stratagèmes les plus absurdes et si je lui demandais une interview pour un prétendu Grand Journal histoire de chatouiller sa vanité ou bien si je lui proposais un lucratif tournoi en Écosse en misant sur l'appât du gain finalement je me Souviens de la méthode la plus éprouvée pour le chasseur
qui attire le coq de bruyère en imitant son cri à la saison des amours n'étaient pas en jouant aux échecs qu'assurément on a tiré le mieux l'attention d'un joueur d'échec à vrai dire je n'ai jamais été un sérieux artiste dans ce domaine car je ne joue à ce jeu que pour mon plaisir je ne m'assied et ne passe une heure devant un échiquier que pour me détendre l'esprit en refusant tout effort je joue Au sens strict du mot tandis que les autres les vrais joueurs d'échec le pratique sérieux qu'on me permet de se néologisme audacieux
en outre aux échecs comme en amour il faut un partenaire et à ce moment-là je ne savais s'il y avait d'abord d'autres amateurs que nous pour les attirer au grand jour je conçus un piège des plus simples tel un oiseau l'heure je m'installais au fumoir devant un échiki avec ma femme qui jouent encore moins bien que moi nous n'avions Pas fait six coups qu'en effet un promeneur puis un autre s'arrêter là et nous demander la permission de regarder jusqu'au moment où quelqu'un me pria comme je le désirais de faire une partie avec lui c'était un
ingénieur écossais qui s'appelait MC Connor et qui me dit-on avait amassé une grosse fortune en creusant des puits de pétrole en Californie trapu la mâchoire carrée les dents solides il devait sans doute en partie La riche coloration de son teint à un goût prononcé pour le whisky sa surprenante largeur d'épaule qui lui donnait l'allure d'un athlète ne laissez pas de se faire sentir jusque dans son jeu car monsieur MC Connor était de cette espèce d'homme qui ont réussi et sont si plein de même qu'il ressentent comme une humiliation personnelle de perdre fusse une inoffensive partie
d'échec habitué à s'imposer brutalement et gâté Par ses réels succès ce self mindmen massif est ainsi pénétré de sa supériorité qu'il regardait tout opposition comme un désordre et presque comme une injure il perdit la première partie de fort mauvaise grâce et se mit à expliquer avec une volubile autorité que ça défaite ne pouvait venir que d'un instant de distraction à la troisième il s'en prenait au bruit qu'on faisait dans la chambre voisine il ne perdit jamais Sans réclamer la revanche cet acharnement d'amour propre m'amusa d'abord puis je n'y vis plus qu'une circonstance secondaire qui me
gênait en rien mon projet d'attirer à notre table le champion du monde le troisième jour mon stratagème réussit mais à moitié seulement sentofik nous avait-il aperçu par un hublot en se promenant sur le pont ou bien honorait-il par hasard le fumoir de sa présence ce jour-là toujours est-il que Nous le Vime faire malgré lui quelques pas dans notre direction et jeter à bonne distance un œil de connaisseur sur l'échiquier et nous nous mêlions de pratiquer son art MC Connor était justement en train de déplacer mon pion et là ce seul coup suffit à montrer à
sentovic combien nos efforts de dilettante étaient peu dignes de son royal intérêt avec le geste dont on repousse sans même le feuilleté un mauvais roman policier à l'étalage d'une Librairie sentovic s'écarta de notre table et quitta le fumoir mais ces paroles prononcées avec détachement eurent sur MC Connor un effet surprenant il se montra aussitôt fortexité et en oubliant la partie commencer la vanité lui gonfler les tempes il déclara qu'il n'avait pas eu la moindre idée que sentovic fut d'abord et qu'il voulait absolument jouer avec lui qu'il n'avait encore jamais joué contre un Paris Champion sauf
une fois Avec 40 autres lors d'une partie simultanée qui avait été passionnante et qu'il avait du reste presque gagné il me demanda si je connaissais l'illustre personnage comme je répondais que non il suggéra que je pourrais l'aborder et le prier de se joindre à nous je refuse et allégant que sentovic n'était pas à ma connaissance très désireux de se faire de nouvelles relations d'ailleurs où serait le plaisir d'une partie engagée entre un champion du monde et les Joueurs de 3e classe que nous étions j'avoue que je n'aurais pas dû employer cette expression de joueurs de
troisième classe devant un homme aussi vaniteux que MC Connor il se rejeta en arrière déclara sèchement que pour sa part il ne croyait pas senti capable de décliner l'invitation courtoise d'un jeune Clubman et qu'il allait s'en occuper si tôt que je lui eut à sa requête brièvement décrit la personne du champion il sait lança un pétueusement à Sa recherche sur le pont abandonnant avec une parfaite indifférence notre échiquier je m'aperçu une fois de plus qu'on ne pouvait guère retenir le propriétaire de ces remarquables épaules quand il avait un projet en tête j'attendis avec un peu
d'anxiété au bout de 10 minutes mcconor revint et il ne me parut pas beaucoup plus calme et bien demandais-je vous aviez raison me répondit-il l'air un peu vexé ce monsieur n'est pas très aimable je me Suis présenté j'ai décliné mes qualités et il ne m'a même pas tendu la main je me suis forcée alors de lui expliquer combien nous tous à bord serions heureux qu'il accepta de jouer une partie simultanée contre nous il demeura raide comme un piqué et me répondit qu'il regrettait mais qu'il s'était expressément engagé par contrat vis-à-vis de son agent à ne
jamais jouer durant toute sa tournée sans toucher d'honoraires il se voyait donc obligé de Demander au minimum 250 dollars par partie je me mis à rire je l'aurais jamais pensé que pousser des pions d'un carreau noir sur un carreau blanc fut une affaire aussi lucrative j'espère que vous lui avez poliment tiré Votre Révérence mais ma Connor garda tout son sérieux la partie aura lieu demain après-midi à 3h dans ce fumoir j'espère que nous ne nous laisserons pas si facilement battre à plat de couture Quoi vous avez accepté ces conditions mais criais-je consternés pourquoi pas c'est
son métier si j'avais mal aux dents et qu'il se trouva un dentiste à bord je ne lui demanderai pas de m'arracher une dent gratuitement c'est une tovic a bien raison d'y aller carrément dans tous les domaines les gens vraiment capables ont toujours su faire leurs affaires et quant à moi j'estime que plus un marché est clair mieux cela vaut je préfère payer cash Plutôt que de compter sur les faveurs de surentovic et d'être obligé de le remercier pour finir après tout à mon club et il m'est arrivé déjà de perdre plus de 250 dollars en
un soir et cela sans avoir le plaisir de jouer contre un champion du monde pour un joueur de troisième classe il n'y a pas de honte à être battu par un sentovic je suis amusé de voir combien l'amour propre de mcconor avait été profondément blessé par cette innocente expression de Joueurs de troisième classe mais puisqu'il était résolu à faire les frais de ce coup de plaisir je n'avais rien à objecter contre sa ridicule vanité puisqu'elle allait enfin me permettre de voir de plus près le singulier personnage qui excitait ma curiosité nounou à table d'informer de
l'événement les quatre ou cinq joueurs d'échec que nous connaissions à bord et pour être aussi peu gêné que possible par le flot des badauds pendant le match prévu nos Films réservés toutes les tables voisines de la nôtre le jour suivant à leur convenu notre petit groupe était au complet bien entendu on donnait un MC Connor la place qui faisait face à celle du maître nerveux l'écossais allumé six gares sur cigare en consultant sans cesse la pendule mais l'autre illustre champion se fit attendre 10 bonnes minutes ce qui ne m'étonne à guère après les récits de
mon ami et il fit ensuite son apparition Avec un insolent à plomb il se dirigea vers la table d'un pas tranquille et mesuré sans se présenter vous savez qui je suis et cela ne m'intéresse pas de savoir qui vous êtes semble-t-il nous signifier par cette impolitesse il se mit à organiser le jeu avec une sécheresse toute professionnelle comme une partie simultanée ordinaire était impossible faute d'un nombre suffisant d'échiquier il proposa que nous jouions tous Ensemble contre lui après chaque coup il s’en irait à l'autre bout de la chambre pour ne pas troubler nos délibérations aussitôt
que nous aurions joué nous frapperions sur un verre avec une cuillère pour l'avertir puisque malheureusement il n'y avait pas ici de sonnette si nous étions d'accord en fixerait à 10 minutes le temps d'intervalle entre deux coups nous acceptables naturellement toutes ces Propositions comme de timides écoliers le sort donna les Noirs c'est une tovic en réplique à notre ouverture il est joies son premier coup sans même s'asseoir et s'enfuitent aussitôt dans le fond de la pièce à la place qu'il avait choisi pour attendre et là il fut à négligemment un journal illustré le récit détaillé de
cette partie offrirait peu d'intérêt elle se termina bien sûr comme elle devait se terminer en 24 coups nous étions déjà Complètement battus quoi d'étonnant à ce qu'un champion mondial et aisément raison en un tournement d'une demi-douzaine de joueurs moyens ou à peine moyen ce qui nous était désagréable c'était seulement la suffisance avec laquelle centovic nous faisait sentir de façon trop évidente sa supériorité à chaque coup il ne jetait sur l'échiquier qu'un regard en apparence distrait nous considérer une négligemment en passant Comme si nous n'étions nous-mêmes que dinerte pièces de bois et cette attitude désinvoltes faisait
un volontairement songer au geste avec lequel on lance un os un chien galeux en se détournant s'il avait un peu délicatesse me dis-je il pourrait attirer notre attention sur les fautes que nous faisons ou bien nous encourager d'un mot aimable mais non la partie terminée cette machine à jouer aux échecs prononça maths sans plus puis resta là immobilier muet attendant de Savoir si nous désirions recommencer on est toujours des pourvu de moyens devant des épiderme aussi épais et je m'étais déjà levé signifiant par là que pour ma part du moins j'estimais terminer ce divertissement lorsqu’à
mon grand dépit j'entendis MC Connor dire à côté de moi d'une voix tout enrouée revanche je fus presque épouvanté de son ton provocateur en ce moment mcconor faisait en effet plutôt penser à un boxeur qui va signer un coup qu'un Gentleman bien élevé était-ce la manière peut agréable dont nous avions traité centovic ou simplement son ambition maladive et irritable toujours est-il comme mcconor paraissait avoir changé de nature rouge jusqu'à la racine des cheveux les narines dilatées il transpirait visiblement il se mordait les lèvres un pli profond se creusé de sa bouche à son menton tendu
en avant les agressif dans ses yeux je reconnus avec Inquiétude cette flamme de folle passion qui ne saisit d'ordinaire que les joueurs de roulettes quand pour la sixième ou 7e fois ils ont misé double sur une couleur qui ne sort pas à cet instant je fus certain que cet amour-propre forcené allait lui coûter toute sa fortune qu'il allait jouer et rejouer sans cesse en simple ou en doubler contre sentovic jusqu'à ce qu'il ait gagné au moins une fois et si le champion persévéré ma Connor serait pour Lui une mine d'or dont il tirerait bien quelques
milliers de dollars avant que nous ne soyons à Buenos Aires impassible comme il vous plaira répondit-il poliment c'est assez messieurs de prendre les noirs la deuxième partie débuta comme la première à la seule différence que notre cercle s'était élargi et animé de quelques curieux maconor regardait fixement les chéquier on nous dit qu'il voulait magnétiser les pièces pour les Mener à la victoire je sentais qu'il lui volontiers donnait 1000 dollars pour avoir le plaisir de crier mat à son peu galant adversaire bizarrement il nous communiquait malgré nous quelque chose de sa ténacité acharnée nous discutions chaque
coup avec plus de passion qu'auparavant et nous ne nous mettions d'accord qu'au dernier moment pour donner à sentovic le signal qui le rappelait à notre table nous étions parvenus ainsi peu à peu au XVIIème coup Et à notre propre allurissement la situation se présentait à notre avantage car chose incroyable nous avions réussi à amener le pion de la ligne C jusqu'à l'avant-dernière case C2 et ne restez qu'à l'avancée en C1 pour faire une nouvelle table nous n'étions où il est vrai pas tout à fait rassuré devant une chance aussi apparente à l'unanimité nous soupçonnions centovic
qui devant cet avantage que nous paraissions avoir Conquis voyait évidemment beaucoup plus loin que nous de nous tendre cet appât avec d'autres intentions mais nous une bouche cherché et discuter nous ne plumes découvrir le traquenard finalement le délai de réflexion réglementaire touchant à sa fin nous nous décida à risquer le coup déjà MC Connor poussait le pion lorsque quelqu'un le saisit brusquement par le bras à lui chuchota avec véhément pour l'amour du ciel pas cela Involontairement chacun se retourna nous vim un homme d'environ 45 ans au visage étroit et anguleux que j'avais déjà rencontré sur
le pont et qui m'avait frappé par sa pâleur étrange son teint presque crayeux il avait dû s'approcher de nous durant ces dernières minutes pendant que nous étions absorbés tout entier par le problème à résoudre son temps nos regards posés sur lui il ajoute à très vite si vous faites dames maintenant il vous Attaque immédiatement avec le four en C1 et vous riz postez avec le cavalier mais entre temps il ira menacer votre tour en 17 avec son pion libre et même si vous faites échec avec le cavalier vous êtes perdus et battus en neuf ou
10 coups ce sont à peu près des positions qui avaient Alger Chine et beaucoup le plus beau lors du Grand Tournoi des pistiants en 1922 surpris MC Connor l'achat la pièce qui me tenait dans la main et regarda Émerveillé comme nous tous cet homme qui semblait tomber du ciel tel un ange Sauveur pour prévoir 9 coups d'avance qui feraient Matt ceux devaient être un professionnel distingué peut-être même un champion concurrent de sentovic se rendant au même tournoi son arrivée et sa soudaine intervention à un moment aussi critique tenait presque du miracle ce fut ma Connor
qui se ressaisit le premier que me conseillez-vous murmura-t-il Forte excité n'avancez pas maintenant évitez l'adversaire avant tout éloignez le roi de la dangereuse ligne G8 H7 votre partenaire attaquera probablement sur l'autre flanc mais vous y paraît avec la tour C8 C4 cela lui coûtera deux coups un pion et sa supériorité vous lutterez alors pion libre contre pion libre et si vous vous défendez bien vous ferez partie nul vous ne pouvez pas tirer mieux de la situation Nous étions de plus en plus étonné la précision autant que la rapidité de ces calculs était déconcertante on nous
dit que cet homme lisait ses coups dans un livre la chance inespérée que nous avions maintenant de faire grâce à lui partie nu le contre un champion du monde tenait de la magie donc comme un accord nous nous écartables pour mieux lui laisser voir les chéquiers MC Connor lui demanda encore une fois déplacer le roi de G8 en H7 Certainement il faut éviter l'adversaire MC Connor obéit et nous frappâmes sur le verre c'est une tovic s'avança vers notre table de son pas tranquille et apprécia la riposte d'un coup d’œil puis il poussa un pion de
H2O H4 sur l'autre flanc du roi comme l'avait prévu notre sauveteur inconnu qui aussitôt ne chuchotes vivement la tour avancée la tour de séduites en C4 pour qu'il soit obligé d'abord de protéger son pion cela nous servira d'ailleurs à rien vous Attaquerez alors avec le cavalier ces trois dessins sans vous soucier de son pion libre et voilà la situation rétablie cette fois en avant toute il n'est plus nécessaire de vous défendre nous ne comprenions pas ce qu'il voulait dire pas plus que si lui parlait chinois cependant MC Connor déjà entièrement subjugué fit ce qu'on lui
a ordonnait sans réfléchir davantage le verte un tas de nouveau rappelant scène tovic pour la première fois il ne Joie pas aussitôt il regardait d'abord l'échiquier avec une attention soutenue puis il fuit exactement le coup que l'étranger nous avait annoncé et s'apprêta à s'éloigner cependant avant de se détourner se produisit d'un fait nouveau inattendu sendovic leva les yeux et l'examina nos rangs il cherchait manifestement à savoir qui lui opposait tout à coup une scie énergie résistance dès ce moment notre excitation ne connut plus de bornes si nous avions été jusque Là sans espoir la pensée
de briser la froide arrogance de sentovic nous brûlait maintenant le sang déjà notre nouvelle amie avait décidé du coup suivant mes doigts tremblaient quand je saisis la cuillère pour frapper sur le verre nous connu mal alors notre premier triomphe le champion qui avait toujours joué debout hésita hésita et finit par s'asseoir il se laissa tomber à regret et pesamment sur son siège qu'importe il Cessait ainsi de marquer physiquement sa supériorité sur nous nous l'avions obligé à se mettre sur le même plan que nous tout au moins dans l'espace il réfléchit longtemps penché sur l'échiquier si
bien qu'on ne voyait presque plus ses yeux sous les sombres paupières et il faisait un tel effort de réflexion qu'il en ouvrait insensiblement la bouche ce qui donnait à sa figure ronde une expression un peu niaise au bout de quelques minutes il Joua et se leva notre ami murmura aussitôt bien joué il ne se compromet pas mais ne vous y laissez pas prendre obligez-le à choisir il le faut pour obtenir partie nulle et alors rien ne pourra plus le sauver MC Connor obéit dans les coups suivants les deux adversaires se livrèrent sur l'échiquier à un
manège auquel nous autres réduit depuis longtemps au rôle de compares inutile ne comprenions rien du tout apprécient sous cette coupent à Longtemps songeur puis il déclara partie nulle il y eut un instant de silence complet dans le fumoir on entendit tout à coup le bruit des vagues la radio du salon nous envoyer un jazz chaque pas résonna distinctement sur le pont on perçu jusqu'aux léger sifflement du vent passant par les interstices des fenêtres le souffle coupé par la rapidité de l'événement nous étions véritablement effrayés de la vraisemblance de cette Aventure comment cette inconnu avait-il eu
le pouvoir de faire perdre à moitié une partie un champion du monde MC Connor se renverse à brusquement en arrière et poussin joyeux de mon côté j'observé ce nouveau un peu pendant les derniers coups mais il savait ce contenir toujours raide et l'air indifférent il demanda d'une voie neutre en repoussant de la main les pièces de l'échiquier c'est Monsieur désirent-ils faire une troisième partie Il posait la question de manière purement objective en homme d'affaires mais en prononçant ses mots il ne s'adressait pas à MC Connor car il jeta un regard perçant et direct dans la
direction de notre sauveteur comme un cheval s'est distinguer et reconnaître un meilleur cavalier à son assiette centovic devait avoir reconnu son véritable adversaire au dernier coup de la partie un volontairement nous avions suivi son regard et un peu tendu nous Tournâmes les yeux vers l'étranger pourtant sans lui laisser le temps de réfléchir ou seulement de répondre MC Connor lui cria débordant d'orgueil triomphant naturellement mais vous allez jouer seul contre lui vous seul contre zentovic un fait surprenant se produit alors l'étranger qui était resté bizarrement absorbé par l'échiquier déjà débarrassé sur southa en s'entend tous les
yeux fixés sur lui et en s'entendant Interpellé avec un tel enthousiasme son visage paru troublé j'aime jamais de la vie messieurs les Gaya t-il visiblement confus c'est tout à fait impossible je ne saurais entré en considération il y avait un ou 25 ans que je n'ai pas vu des chéquiers je suis intervenu dans autre jeu sans votre permission et je m'aperçois maintenant seulement combien c'était déplacé de ma part veuillez excuser un important qui ne recommencera pas je vous assure et Avant que nous fusions remis de notre surprise il avait quitté la pièce cela ne se
passera pas ainsi tonna le bouillant MC Connor en frappant du point sur la table 25 ans que cet homme n'a pas joué aux échecs c'est tout à fait impossible il combinait chaque coup chaque riposte au moins 5 ou 6 coups à l'avance personne ne peut jouer ainsi tout dego c'est absolument impossible n'est-ce pas ils étaient tournés sans le vouloir versentovic en disant ces Derniers mots mais le Champion du Monde resta un passible je ne puis en juger il est certain que monsieur a joué de manière un peu étonnante et non sans intérêt c'est pourquoi je
lui ai intentionnellement laissé une chance tout en parlant il se leva et ajouta négligemment de sa voix neutre si l'un ou l'autre de ces messieurs disaient faire une autre partie de main je suis à leur disposition des trois heures de l'après-midi Nous ne plumes réprimer un léger sourire nous savions tous que sentovie qui n'avait pas eu à se montrer généreux envers notre sauveteur inconnu et que ça remarque n'était qu'un naïf subterfuge servant à cacher sa mésaventure notre désir d'abaisser un orgueil aussi invétéré sans accru paisible et indolents passager que nous étions jusque là nous fume
saisissent soudain d'une humeur sauvage et batailleuse à la pensée que sur ce bateau en pleine océan Santovic pourrait se voir arraché ses pales ce serait un record immédiatement annoncé par radio au monde entier à cela s'ajouter encore la trait du mystère dans lequel était apparu notre héros jusqu'à l'instant critique et le contraste de sa modestie presque excessive avec l'imperturbable arrogance du professionnel qui était cet inconnu le hasard nous avait-il fait découvrir un nouveau génie de l'échiquier ou bien était un maître déjà célèbre qui nous Cachait son nom pour un motif impénétrable nous débattu en ces
questions avec la plus grande animation et les hypothèses les plus hardines les témoins encore assez pour concilier la timidité de l'étranger et sa surprenante confession avec son évidente connaissance du jeu d'échec sur un point cependant nous étions unanime nous ne voulions à aucun prix renoncé au spectacle d'un nouvel affrontement nous convaincre de tout Tenter pour décider l'inconnu à jouer une partie contre centovic le lendemain et MC Connor s'engagea à couvrir les risques financiers de la faire sur ces entrefêtes on a pris en interrogeant le steward que l'étranger était autrichien et je fut chargé puisque j'étais
son compatriote de lui présenter notre requête Jux vite fait de le retrouver sur le pont où il s'était réfugié sans tarder il lisait étendu sur sa chaise longue avant de l'aborder je Le considérais longuement sa tête anguleuse s'appuyait au coussin dans une pause un peu lasse et les tenant de pâleur de ce visage relativement jeune me fera pas de nouveau ses cheveux étaient tout blancs j'avais je ne sais pourquoi l'impression que cet homme avait vieilli prématurément il se leva avec courtoisie lorsque je m'approchais de lui et se présenta son nom qui me fut aussitôt familier
était celui d'une vieille famille autrichienne Très considérée je me souviens qu'un très proche ami de Schubert l'avait porté ainsi qu'un des médecins du vieil empereur lorsque je fais part au docteur B de notre désir qui l'accepta le défi de sentovic il sembla très déconcerté je découvris qu'il n'avait pas eu la moindre idée qu'il jouait contre un champion et même contre le champion le plus célèbre de l'époque ce fait parut l’impressionner beaucoup car il me demanda plusieurs fois et avec Insistance si j'étais sûr de ce que j'avançais et si son adversaire était vraiment à mettre aussi
connu cela facilita ma tâche comme je le vis bientôt cependant je sentais en lui tente de délicatesse que je jugeais plus à propos de ne rien dire des risques matériels que mcconor prenait à sa charge en cas de défaite après un long moment d'hésitation Monsieur B se déclara après à disputer une partie mais non ça m'avoir exprès c'est ma prière D'avertir encore une fois ses messieurs qui ne devaient pas fonder de trop grands espoirs sur ses talents car ajoute a-t-il avec un sourire pensif j'ignore en vérité si je suis capable ou non de jouer une
partie d'échecs selon toutes les règles croyez-moi c'était sans aucune fausse modestie que j'ai affirmé n'avoir pas touché à un échiquier depuis le temps où j'étais lycéens c'est-à-dire depuis plus de 20 ans et je n'étais même alors qu'un Joueur insignifiant il disait cela avec tant de simplicité que je ne pouvais douter le moins du monde de sa sincérité néanmoins je ne pu m'empêcher d'exprimer mon étonnement de ce qu'il puisse se rappeler si exactement les tactiques des différents maîtres qu'il avait cité il devait être beaucoup intéressé aux échecs théoriquement du moins à ces mots Monsieur B eu
de nouveau son étrange sourire songeur Si je m'en suis occupée dieu seul sait à quel point ce que vous venez de dire est vrai mais la chose se produisit dans des circonstances tout à fait particulières voire unique c'est une histoire assez compliquée qui pourrait tout au plus servir d'illustration à la charmante et grandiose époque où nous vivons si vous avez la patience de m'écouter une demi-heure d'un geste il m’avait invité à m'asseoir sur la chaise longue à côté de la sienne J'ai accepté de bon cœur nous étions seuls Monsieur B où ta ses lunettes les
posa et commencer vous avez eu l'amabilité de me dire que vous étiez vide noir et que vous vous souveniez du nom de ma famille cependant je suppose que vous n'avez guère entendu parler de l'étude d'avocat que je dirigé avec mon père d'abord puis tout seul car nous ne défendions pas de cause éclatantes celle dont on parle dans les journaux et nous ne cherchons pas à Augmenter notre clientèle en réalité nous ne plaidons plus à proprement parler nous nous bornions à être déconseillés juridiques et administrer les biens des grands couvents avec lesquels mon père ancien député
du parti clérical avait des relations étroites en outre je puis vous le dire sans indiscrétion puisque aujourd'hui la monarchie relève de l'histoire ancienne quelques membres de la famille impériale nous avaient confié la gérance de leur Fortune ces liens avec la cour et le clergé datait de deux générations déjà un de mes oncles les thés médecins de l'empereur un autre AB et à certaines stéthen nous n'avions qu'à les maintenir c'était là une activité tranquille et je dirais discrète vu la confiance qu'il nous était échue par voie d'héritage et qui ne demandait pour nous être conservés qu'une
extrême réserve et une honnêteté éprouvée de qualité que feu Mon père possédait au plus haut degré il réussit en effet à garder à ses clients une partie considérable de leur fortune malgré l'inflation et la révolution lorsqu’ensuite Hitler arriva au pouvoir en Allemagne et qu'il se mit à dépouiller l'église et les couvents diverses transactions et négociations se firent par notre moyen de l'autre côté de la frontière pour éviter au moins la saisie des biens mobiliers de nos clients et à ce moment-là nous en Savions plus mon père et moi sur certaines négociations politiques secrètes de Rome
et de la maison impériale que le public n'en apprendra jamais mais précisément le caractère discret de notre bureau il n'y avait même pas de plaque à notre porte et la prudence avec laquelle nous évitions ostensiblement tous deux les milieux monarchistes paraissaient nous mettre le plus à l'abri possible des enquêtes importantes Le fait est qu'aucune autorité en Autriche ne se douta jamais que durant toutes ces années de très importants documents et le courrier secret de la Maison impériale passée presque sans exception par l'insignifiante étude que nous avions au quatrième étage d'une maison or les Nationales socialistes
bien avant de mettre sur pied leurs armées et de les lancer contre le monde avaient organisé dans tous les pays voisins une Autre légion aussi dangereuse et bien entraînée celle des laissées pour compte des aigris et des mécontents ils étaient insinué en installant leur cellules comme ils disaient dans chaque bureau dans chaque entreprise et avait leur poste d'espionnage et leur mouchard jusque dans le cabinet particulier de dolphussée de chouchnik j'ai appris hélas trop tard qu'elles avaient leurs hommes aussi dans notre petite étude ce n'était à vrai dire qu'un pitoyage Commis très peu capable que nous
avions engagé sur la recommandation d'un curé et simplement pour donner à notre bureau l'aspect d'une affaire ordinaire nous ne lui confions rien d'autre que des courses inoffensives le soin de répondre au téléphone et de ranger des documents mais seulement ceux qui étaient insignifiants et sans aucune importance il n'était jamais autorisé à ouvrir le courrier j'écrivais moi-même à la machine toutes les lettres importantes Sans en laisser copier au bureau j'ai apporté chez moi les documents de valeur et donner mes consultations secrètes exclusivement aux priori du couvent ou dans le cabinet de mon oncle grâce à ses
précautions se mouchard n'avait rien d'intéressant à épier au bureau il fallut un hasard malheureux pour que l'ambitieuse individu s'aperçut qu'on se méfie de lui et que toutes sortes d'affaires sérieuses se passaient derrière son dos peut-être en mon Absence un messager imprudent a-t-il parlé de sa Majesté au lieu de l'appeler le baron Berne comme il était convenu ou bien le gredin a-t-il ouvert des lettres contrairement aux ordres reçus toujours est-il que Munich ou Berlin le chargea de nous surveiller avant que j'en aise le moindre soupçon ce n'est que beaucoup plus tard et longtemps après avoir été
arrêté que je me rappelais le zèle subit donc il avait fait preuve dans les derniers temps de Son service chez nous contrairement à sa nonchalance du début et l'insistance avec laquelle il m'avait offert à plusieurs reprises de mettre mon courrier à la poste donc de ma part une certaine imprévoyance je l'avoue mais combien de diplomates et d'officiers n'ont-ils pas été trompés par la perfidie de la clé hitlérienne j'ai bientôt une preuve tangible de l'attention que me vouer depuis longtemps la Gestapo le soir même Ou chouchnique annonçait sa démission la veille du jour où Hitler rentrer
à Vienne j'étais déjà arrêté par des hommes de la SS j'avais par bonheur pu brûler les papiers les plus importants si toi après avoir entendu le discours d'adieu de chouchnik et à la dernière minute juste avant que les sbires n'enfoncent la porte expédient à mon oncle dans une corbeille de linge par l'intermédiaire de ma vieille et fidèle converdante tous les papiers nécessaires À la reconnaissance des titres que les couvents et deux archives possédaient à l'étranger Monsieur B interrompit son récit pour allumer un cigare à la vive lueur de la flamme je remarquais qu'un type nerveux
qui m'avait déjà frappé auparavant entendait le coin droit et revenez toutes les quelques minutes ce n'était qu'un mouvement fugitif à peine perceptible mais il donnait à tout son visage une expression étrangement Inquiète vous vous figurez sans doute que je vais maintenant vous parler d'un de ces camps de concentration au fur conduite en autrichien rester fidèle à notre vieux pays et que je vais vous décrire toutes les humiliations et les tortures que j'ai soufflé mais il ne marient de pareil je fus classé dans une autre catégorie on ne me mit pas avec ces malheureux sur lesquels
on se vengeait d'un long ressentiment par des Humiliations physiques et psychiques mais dans cette autre groupe beaucoup moins nombreux dont les Nationales socialistes et spiritués de l'argent ou des renseignements importants ma modeste personne bien sûr ne présentait en elle-même aucun intérêt pour la Gestapo mais on devait avoir appris que nous avions été les hommes de paille les administrateurs et les hommes de confiance de leurs adversaires les plus acharnés et c'est que l'on espérait Obtenir de moi c'était des renseignements des documents contournerait en preuve accablantes des transferts de fonds réalisés par les couvents des documents aussi
contre la maison impériale et contre tous les Autrichiens fidèles et dévoués à la monarchie on se disait et non sans raison en effet que les fortunes passaient entre nos mains avaient dû laisser de respectable reste dans quel endroit inaccessible à leur cupidité Aussi on Marita dès le premier jour pour tenter de m'extorquer ses secrets au moyen de méthodes dont on connaissait les excellents résultats les gens de cette catégorie dont on voulait tirer des renseignements ou de l'argent n'était donc pas mis en camp de concentration en leur réservé un sort spécial vous vous souvenez peut-être que
ni notre chancelier ni le baron Rothschild dont ils espéraient que les familles Livreraient des millions ne furent enfermés derrière des fils de fer barbelés mais qu'on leur fit la parente faveur de les installer dans un hôtel où ils eurent chacun leur chambre particulière c'était l'hôtel Métropole celui-là même où la Gestapo avait établi son quartier général l'obscur personnage que je suis eut aussi cette honneur une chambre particulière dans un hôtel Peut-on rêver traitement plus humain n'est-ce pas et pourtant croyez-moi c'était pour nous appliquer une méthode plus raffinée mais non pas plus humaine qu'on nous logeait en
personnalité importante dans des chambres d'hôtel particulier et convenablement chauffé plutôt que dans des baraques glacées et avec 20 personnes car la pression qu'on voulait exercer sur nous pour nous arracher les renseignements recherchés étaient d'une Espèce plus subtile que celle des coups de bâton et des tortures corporelles c'était l'isolement le plus raffiné qui se puisse imaginer on ne nous faisait rien on nous laissait seulement en face du néant car il est notoire qu'aucune chose au monde n'empresse davantage l'âme humaine en créant autour de chacun de nous invite complet en nous confinant dans une chambre hermétiquement fermée
au monde extérieur on usé d'un moyen de pression Qui devait nous desserrer les lèvres de l'Intérieur plus sûrement que les coups et le froid au premier abord la chambre qu'on m'a signal n'avait rien à confortable elle possédait une porte un lit une chaise une cuvette une fenêtre grillagée mais la porte de me réveiller jour et nuit il m'était interdit d'avoir un livre un journal du papier ou un crayon et la fenêtre s'ouvrait sur un mur coupe-feu autour de moi c'était le néant j'étais Tout entier on avait pris ma montre afin que je ne mesure plus
le temps mon crayon afin que je ne puisse plus écrire mon couteau afin que je ne m'ouvre pas les veines on me refuse à même la légère griserie d'une cigarette je ne voyais jamais aucune figure humaine sauf celle du gardien qui avait Tordre de ne pas m'adresser la parole et de ne répondre à aucune question je n'entendais jamais une voix humaine Jour et nuit les yeux les oreilles tous les sens ne trouvaient pas le moindre aliment on restait seul désespérément seul en face de soi-même avec son corps et quatre ou cinq objets muets la table
le lit la fenêtre la cuvette on vivait comme le plongeur sous sa cloche de verre dans ce noir océan de silence mais un plongeur qui pressant déjà que la corde qu'il reliait au monde c'est rompu et qu'on ne le remontera jamais de ses profondeurs muettes on n'avait rien à Faire rien à entendre rien à voir autour de soi régné le néant vertigineux invite son dimension dans l'espace et dans le temps on allait et venez dans sa chambre avec des pensées qui vous trottaient qui vous venez dans la tête s'entraide suivant le même mouvement mais si
dépourvu de matière qu'elle paraissent les pensées aussi ont besoin d'un point d'appui faute de quoi elle se mette à tourner sur elle-même dans une ronde folle elle ne supporte pas le néant elle Non plus on attendait quelque chose du matin au soir mais il n'arrivait rien on attendait recommencer à attendre il n'arrive rien à attendre attendre et attendre les pensées tourner tourner dans votre tête jusqu'à ce que les temps bouffent mal ils n'arrivait toujours rien on restait seul seul seul seul cela durera 15 jours pendant lesquels je vécu hors du temps hors du monde la
guerre fut éclatée que je n'en aurais rien su le monde ne se composait plus Pour moi que d'une table d'une porte d'un lit d'une chaise d'une cuvette d'une fenêtre et de 4 murs sur lesquels je regardais fixement le même papier chaque ligne de son dessin mouvementé c'est gravé comme au burin dans les replis de mon cerveau tant je les regardais enfin commencèrent les interrogatoires on était appelé brusquement sans bien savoir si c'était la nuit ou le jour on vous conduisait à travers des corridors on ne savait pas Où on attendait ensuite quelque part sans savoir
où on était et puis on se trouvait tout à coup devant une table autour de laquelle était assis quelques personnages en uniforme sur la table il y avait une liasse de papier un dossier dont on ne savait ce qu'il contenait et aussitôt commencé les questions les franges et les perfides celles qui encachent d'autres celles qui cherchent à vous prendre piège pendant que vous répondiez des mains Étrangères et hostiles feuilleter ses papiers dont vous ne saviez ce qu'il contenait des doigts étrangers et au style griffonnés un procès-verbal sans que vous sachiez ce qu'ils écrivaient mais le
plus redoutable pour moi dans ces interrogatoires c'était de ne jamais pouvoir deviner ce que grâce à son espionnage la Gestapo connaissait réellement de la marche de mes affaires et ce qu'elle voulait t'apprendre une moi comme je vous l'ai dit j'avais Expédié à mon oncle à la dernière minute et par l'intermédiaire de ma gouvernante les documents les plus compromettants mais les habitudes reçues ne les avaient-ils pas reçu et jusqu'à quel point mon employé m'avait-il trahi qu'avait-on pu saisir de mes lettres qu'avait-on tiré peut-être déjà d'un pauvre prêtre habilement d'interroger dans l'un des couvents que nous représentions
on me questionnait on me questionnait Quel titre avez-je déjà acheté pour ce couvent avec quelle banque était-je en correspondance connaissais je me suis Intel recevait je des lettres de Suisse et de sténokersil et comme je ne pouvais me faire une idée exacte de ce qu'on savait déjà chacune de mes réponses comportait une écrasante responsabilité si je reconnaissais quelque chose qu'on ne savait pas j'ai envoyé peut-être quelqu'un à la mort si j'en taisais trop je me nuisais à moi-même L'interrogatoire n'était pourtant pas le pire le pire c'était le retour à ce néant juste après dans cette
même chambre devant cette même table ce même lit cette même cuvette ce même papier au mur car à peine était seul avec mes pensées que je me mettais à refaire l'interrogatoire à songer à ce que j'aurais dû répondre de plus habile à ce que je devais dire la prochaine fois pour écarter le soupçon que j'avais peut-être éveillé par une remarque Inconsidérée j'ai examiné je creusais je sondais je contrôlais chacune de mes dépositions je repassais chaque question posée chaque réponse donnée j'essayais d'apprécier ce que leur procès-verbal pouvait avoir enregistré tout en sachant bien que je n'y
parviendrai jamais mais ces pensées une fois mise en branle dans cet espace vide elle tournait elle tournait dans ma tête faisant sans cesse entre elles de nouvelles combinaisons et me poursuivant jusque dans mon sommeil Ainsi une fois fini l'interrogatoire de la Gestapo mon propre esprit prolonger une exorablement son tourment avec autant ou peut-être même plus de cruauté que les juges qui levaient l'audience au bout d'une heure tandis que dans ma chambre cette Affre solitude rendait ma torture interminable autour de moi jamais rien d'autre que la table l'armoire le lit le papier peint la fenêtre aucune
distraction pas de livre pas de journal pas d'autres Visages que le mien pas de crayon qui lui permit de prendre des notes pas une allumette pour jouer rien rien à rien oui il fallait un génie diabolique un tueur d'âme pour inventer ce système de la chambre d'hôtel dans un camp de concentration il me fallut sans doute charrier des cailloux ou jusqu'à ce que mes mains saignes et que mes pieds gels dans mes chaussures je s'était parquée avec 25 autres dans le froid et il a puanteur mais du moins J'aurais vu des visages j'aurais pu regarder
un champ une brouette un arbre une étoile quelque chose enfin qui change au lieu de cette chambre immuable si horriblement semblable à elle-même dans son immobile fixité là rien qui puisse me distraire de mes pensées de mes folles imaginations de mes récapitulations malades et c'était justement ce qu'il voulait me faire ressasser mes pensées jusqu'à ce qu'elle m'étouffe et que je ne puisse faire Autrement que de les cracher pour ainsi dire d'avouer d'avouer tout ce qu'il voulait vivre en ainsi mes amis et les renseignements désirés je sentais que mes nerfs peu à peu commencé à se
relâcher sous cette atroce pression du néant et je me rédisais jusqu'à la limite de mes forces pour trouver ou pour inventer une diversion en guise d'occupation je récitais ou reconstituer tant bien que mal tout ce que j'avais appris par coeur autrefois Champ populaire et rime enfantine passage domaine a pris au lycée paragraphe du Code civil puis j'essayais de faire des calculs d'additionner de diviser des nombres quelconque mais dans ce vide ma mémoire ne retenait rien je ne pouvais me concentrer sur rien la même pensée se glisser partout que savent-ils que je dis hier que dois-je
dire la prochaine fois je vécu 4 mois dans ces conditions indescriptives 4 mois c'est vite écrit et c'est vite dit un quart de seconde suffit à articuler ces trois syllabes 4 mois quelques caractères suffisent à les noter mais comment peindre comment exprimer fut pour soi-même une vie qui s'écoule hors de l'espace et du temps personne ne dira jamais comment vous ranger vous détruit ce vide inexorable de quelle manière agit sur vous la vue de cette perpétuelle table et de ce lit de cette perpétuelle cuvette et de ce Papier au mur ce silence auquel on vous
réduit l'attitude de ce gardien toujours le même et qui pose la nourriture devant son prisonnier et sans lui jeter un regard des pensées toujours les mêmes tournent dans le vide autour de ce solitaire jusqu'à ce qu'ils deviennent fous à de petits signes inquiétants je connus que mon cerveau se détaquait au début j'avais la tête claire durant les audiences et je faisais des dépositions Calmes et réfléchis je triais parfaitement dans mon esprit et ce qu'il fallait dire et ce qu'il ne fallait pas dire maintenant je n'articulé plus même une phrase toute simple sans bégayer car tout
en la prononçant je fixais hypnotisé la plume du griffier qui courait sur le papier comme si je voulais courir après mes propres paroles je sentais que mes forces diminuaient et qu'approchait le moment où dans l'espoir de me sauver je dirais tout ce que je Savais et peut-être davantage encore ou pour échapper à l'emprise mortelle de ce néant je trahirai 12 hommes et leurs secrets du siège ni gagné qu'un instant de répit j'en étais là un certain soir le gardien m'apporta justement alors à manger et je lui criais en suffoquant au moment où il s'en allait
conduisez moi à l'interrogatoire je dirais tout je dirais où sont les papiers où est l'argent je dirais tout tout par bonheur Il n'entendit pas peut-être aussi ne voulut-il pas entendre j'en étais réduit à cette extrémité quand se produisit un événement inattendu qui devait être mon salut du moins pour un certain temps c'était un jour sombre et maussade de la fin juillet je me souviens très bien de ce détail parce que la pluie est en bourrinée sur les vitres le long du couloir par lequel on m'emmenait à l'interrogatoire on me fit attendre dans L'antichambre du juge
d'instruction il fallait toujours attendre avant de comparaître cela faisait partie de la méthode on commençait par ébranler les nerfs de l'inculpé en l'envoyant chercher brusquement au milieu de la nuit puis lorsque c'était ressaisi pendant toutes ces énergies en vue de l'audience on le faisait attendre attendre absurdement une heure deux heures trois heures avant de l'interroger pour le mater corps et âme Je restais debout dans cette salle d'attente de bonnes heures durant ce jeudi 27 juillet et voici pourquoi je me rappelle si précisément de cette date il y avait un calendrier suspendu au mur et tandis
que les gens de me rentrer dans le corps à force d'être debout il était bien entendu interdit de s'asseoir je dévorais des yeux dans une soif de lecture que je ne peux pas vous décrire ce chiffre est ce petit mot 27 juillet Qui se détachait contre la paroi car je les incorporer quasiment à ma matière grise puis je me remise à attendre à regarder la porte à me demander quand elle souffrirait enfin à réfléchir à ce que les inquisiteurs me demanderaient cette fois tout en sachant bien qu'il ne me poserait pas les questions auxquelles je
me préparais malgré l'anxiété de cette attente malgré la fatigue qu'elle me causait c'était encore un soulagement d'être ainsi dans une autre chambre que La mienne une chambre un peu plus grande éclairée de deux fenêtres au lieu d'une sans lier sans cuvette ou l'appui de fenêtre ne présentait pas certaines fentes que j'avais remarqué des millions de fois dans la mienne la porte avait un vernis différent la chaise aussi est devant le mur était autre à gauche il y avait une armoire pleine de dossiers et investir avec des patères auxquels pendaient trois ou quatre manteaux militaires mouillés
les Manteaux de mes bourreaux ainsi j'avais des objets nouveaux à regarder à examiner enfin du nouveau et mes yeux frustrés se cramponner ta vie de ment au moindre détail je considérais chaque pli de ces manteaux et je remarquai par exemple une goutte de pluie au bord d'un col mouillé j'attendis avec une émotion insensée cela va vous paraît très ridicule de voir si elle allait couler le long du pli ou se défendre encore entre la Pesanteur et s'accrocher plus longtemps oui je fixais haltan cette goutte pendant plusieurs minutes comme si ma vie en dépendait et lorsqu'elle
fut enfin tombée je me mis à compter les boutons sur chaque manteau 8 au premier 8 au second et 10 au 3e puis je comparer les parements entre eux mes yeux buvaient tous ces détails stupides et insignifiants il s'en repaissait et sans délecter avec une passion que je ne puis exprimer par des mots Et soudain il s'arrêtèrent net j'avais découvert quelque chose qui gonflait sur le côté la poche de l'un des manteaux je m'approchais et cru reconnaître à travers l'étoffe tendue le format rectangulaire d'un livre un livre mais je nous Semira trembler un livre il
y avait quatre mois que je n'en avais pas tenu dans ma main et sa simple représentation m'éblouissait un livre dans lequel je verrai des mots alignés les uns à côté des autres des lignes des Pages des feuillets que je pourrais tourner un livre je pourrais suivre d'autres pensées des pensées neuves qui me détourneraient de la mienne et que je pourrais garder dans ma tête qu'elle trouvaille enivrant et calmante à la fois mais regarde se fixer hypnotiser sur cette poche gonflée ou se dessiner la forme du livre ils étaient aussi brûlants en regardant cet endroit banal
que s'il voulait faire un trou dans le Manteau je n'y teint plus et sans le vouloir je m'approchais encore à la seule idée de palper un livre fut à travers une étoffe les doigts me brûlaient jusqu'au bout des ongles presque sans le savoir je me rapprochais toujours davantage le gardien ne prêtait heureusement aucune attention à mon étrange conduite peut-être trouvait-il simplement naturel qu'un homme veuille s'appuyer un peu à la paroi après être resté deux heures debout Je finis par arriver près du manteau et je mis mes mains derrière mon dos pour pouvoir le toucher subrepticement
je tâtais l'étoffe et y sentit en effet un objet rectangulaire qui était souple et craquer un peu un livre c'était bien un livre comme l'éclair la pensée jaillit dans mon cerveau et c'est de le voler peut-être réussiras-tu et alors tu pourras le cacher dans ta cellule et lire lire enfin lire de nouveau à peine cette pensée mais t'es-elle venue Qu'elle agit sur moi comme un violent poison mes oreilles subir ta bourdonner le cœur me bâtit mes mains glacées ne m'obéir plus cependant la première stupeur passée je me serais astucieusement contre le manteau et tout en
gardant les yeux fixés sur le gardien je fie peu à peu remonter le livre hors de la poche hop je le saisis avec adresse et précaution et je te soudain dans ma main un petit volume à ses mains alors Seulement je fus effrayé de ce que je venais de faire mais je ne pouvais plus reculer ou le maître maintenant toujours derrière mon dos je glissais le livre dans mon pantalon sous la ceinture et de là tout doucement jusque sur la hanche de manière à pouvoir le tenir en marchant la main sur la couture du pantalon
comme il se doit militairement il s'agissait à présent de mettre ma ruse à l'épreuve je m'écartais du vestiaire je suis un pas de pas trois Pas cela allait je parvenais à maintenir le livre à sa place en marchant si je gardais le bras bien collé au corps à l'endroit de la ceinture vint alors l'interrogatoire il exigea de moi un plus gros effort que jamais car toute mon attention se concentrait sur le livre et sur la façon dont je le tenais plutôt que sur ma déposition par bonheur l'audience fut courte ce jour-là et je rapportais le
livre sain et sauf dans ma chambre Je vous fais grâce des détails et les glissa bien une fois à Fort dangereusement à l'intérieur de mon pantalon pendant que je longeais le couloir et il me fallut simuler un violent taxé de tout pour me courber en deux et le repousser discrètement sous ma ceinture mais quel instant inoubliable que celui où je me retrouvais dans mon enfer enfin seul et cependant en cette précieuse compagnie Vous vous imaginez sans doute que j'ai immédiatement tiré le livre de sa cachette pour le contempler et le lire je n'en suis rien
je voulais d'abord savourer toute la joie que me donner la seule présence de ce livre et je regardais à dessin le moment de le voir pour le plaisir excitant de rêver en me demandant qu'elle sorte de livre je voulais que ce fut surtout imprimez très serré avec le plus de textes possible des feuillets très très fins afin que J'ai plus longtemps à lire j'espérais aussi que ce serait une oeuvre difficile qui demanderait un gros effort intellectuel rien de médiocre quelque chose qui puisse apprendre qui se puisse apprendre par cœur de la poésie et de préférence
qu'elle rêve téméraire Goeth ou Homère enfin je ne contemple plus mon désir et ma curiosité étendue sur mon lit de façon que le gardien s'il entrait tout à coup ne puisse me surprendre je tirais en tremblant le livre de sous ma Ceinture au premier coup d'oeil je fus dépité et amèrement déçu ce livre que j'avais escamoté au prix des plus grands dangers ce livre qui avait éveillé en moi de ses brûlants espoirs n'étaient qu'un manuel d'échec une collection de 150 parties jouées par des maîtres du sèche pas été enfermé verrouillé j'aurai dans ma colère jeter
le livre par la fenêtre car au nom du ciel que pouvait-je tirer de cette absurdité Autant que j'étais au lycée j'avais essayé comme la plupart de mes camarades de déplacer des pions sur un échiquier les jours où je m'ennuyais mais comment me servir de cet ouvrage théorique on ne peut jouer aux échecs sans partenaire encore bien moins sans échiquier et sans pièces je failliais le volume avec mauvaise humeur dans l'espoir d'y découvrir tout de même quelque chose à lire un avant-propos des instructions mais il ne contenaient que les Diagrammes tous secs dans des encadrer de
partie célèbre avec au-dessous des signes qui me furent d'abord incompréhensible à deux à trois F1 G3 et ainsi de suite c'était me semble-t-il une sorte d'algèbre dont je n'avais pas la clé mais peu à peu je compris que les lettres ABC désigner les lignes longitudinales les chiffres de 1 à 8 les transversales et que ses coordonnées permettaient d'établir la position de Chaque pièce au cours de la partie ces représentations purement graphiques étaient donc une manière de langage je pourrais peut-être me dis-je fabriquer ici dans ma cellule une espèce d'échiquier et essayez ensuite de jouer ses
parties grâce au ciel je m'amusais que mon drap de lit était grossièrement quadrillé plié avec soin et il finit par faire un damier de 64 cases je cachais alors le livre sous le matelas après en avoir arracher la première page puis je Prélevé un peu de mini sur ma ration de pain et gimodeler des pièces un roi une reine un fou et tous les autres elles étaient bien informe mais je pars vins nos centaines à reproduire sur mandra de licadrier les positions que présentaient le manuel néanmoins lorsque je tentais de jouer une partie entière j'ai
échouais d'abord les premiers jours à cause de mes ridicules pièces en mites pain que j'embrouillais continuellement parce que je n'avais pu mettre sur les Noirs que de la poussière en guise de peinture cinq fois dix fois 20 fois je lui recommencer cette première partie mais qui au monde disposé de plus de temps que moi dans cet esclavage ou me tenait le néant qui donc aurait pu être plus avis des plus patient au bout de six jours je jouais déjà correctement cette partie huit jours après je n'avais plus besoin des pièces en mi-pain pour me représenter
les positions respectives Des adversaires sur l'échiquier huit jours encore et je supprimais le dracadrier les signaux A1 A2 c'est 7 C8 qui m'avait paru c'est abstrait au début se concrétiser à présent automatiquement dans ma tête en images visuelle la transposition était complète l'échiquier ses pièces se projetaient dans mon esprit et les formules du livre il figurait immédiatement des positions j'étais comme un musicien exercer qui n'a qu'un coup d'oeil à jeter sur une Partition pour entendre aussitôt les thèmes et les harmoniques qu'elle contient il me fallut encore 15 jours pour être en état de jouer de
mémoire ou selon la formule consacrée à l'aveugle toutes les parties d'échecs exposées dans le traité je comprise alors qu'elle inappréciable bien fait ce vol audacieux m'avait valu car j'avais maintenant une activité absurde ou stérile si vous voulez mais une activité tout de même qui détruisait l'empire du néant sur mon Âme je possédais avec ses 150 parties d'échecs une arme merveilleuse contre l'étouffante monotonie de l'espace et du temps pour conserver son charme à ma nouvelle occupation je partageais désormais méthodiquement ma journée de parties le matin deux parties l'après-midi et le soir une brève révision des quatre
ainsi mon temps était rempli au lieu de se traîner avec l'inconsistance de la gélatine et j'étais occupée sans excès Car le jeu d'échec possède cette remarquable propriété de ne pas fatiguer l'esprit et d'augmenter bien plus tôt sa souplesse et sa vivacité cela vient de ce qu'en y jouant au concentre toutes ces énergies intellectuelles sur un champ très étroit même quand les problèmes sont tus j'avais d'abord suivi mécaniquement les indications du livre ont reproduisant les parties célèbres mais peu à peu cela devint pour moi un jeu de l'intelligence auquel je me Plaisais beaucoup appris les finesse
les Russes subtiles de l'attaque et de la défense je saisis la technique de l'anticipation de la combinaison et de la riposte bientôt je fus capable de reconnaître la manière caractéristique de chacun des joueurs célèbres aussi clairement qu'on reconnaît un poète à quelques vers d'une de ses œuvres ce qui n'avait été d'abord qu'une manière de tuer le temps devint un véritable amusement et les figures Des grands joueurs d'échec algeki Var tel de chair camarades peuplés ma cellule muette et la régularité de ses exercices rendit leur assurance à mes facultés intellectuelles cette discipline d'esprit très exacte lors
de la même une acuité nouvelle dont les interrogatoires bénéficiaires les premiers sans savoir j'avais sur l'échiquier améliorer ma défense contre les menaces feintes et les détours perfides dès lors je n'ai plus aucune Défaillance devant mes juges et il me sembla que les hommes de la Gestapo commencaient à me regarder avec un certain respect peut-être se demander-t-il par de vers eux ou je puisais la force de résister c'est fermement quand il voyait tous les autres s'effondrer ce temps heureux où je refuse systématiquement les 150 parties du manuel durant environ 3 mois là parvenu au point mort
je me retrouvais Brusquement à nouveau devant le néant car une partie jouée 20 ou 30 fois n'avait plus la trait de la nouveauté sa vertu était épuisée pour moi quel sens cela avait-il de répéter sans cesse les parties quand je savais chaque coup par cœur l'ouverture déclenchée automatiquement les suivants il n'y avait plus de surprises plus d'émotions plus de problèmes pour m'occuper pour me rendre cet effort et se divertissement dont je Ne pouvais plus me passer il lui fallut un second volume avec d'autres modèles comme c'était tout à fait exclu et ne restait qu'une issue
dans cette direction aberrante je devais inventer d'autres parties que j'essaierai de jouer avec moi-même ou plutôt contre moi-même et bien je ne sais pas jusqu'à quel point vous avez réfléchi à l'état d'esprit ou vous plonge ce roi des jeux mais il suffit d'une seconde pour faire comprendre que le hasard n'y donc une Part c'est une absurdité de vouloir jouer contre soi-même la TRI du jeu d'échec réside tout entier en ceci que deux cerveaux s'y affrontent chacun avec sa tactique l'intérêt de cette bataille intellectuelle vient de ce que les Noirs ne savent pas comment vous manœuvrez
les blancs et qu'ils cherchent sans cesse à deviner leurs intentions pour les contrecarrer tandis que de leur côté les blancs essaient de percer à jour les secrets des intentions des noirs et de Les déjouer si donc les deux camps sont représentés par la même personne la situation devient contradictoire comment un seul et même cerveau pourrait-il à la fois savoir et ne pas savoir quel but il se propose et en jouant avec les Blancs oublier sur commande son intention et ses plans fait la minute précédente avec les Noirs un pareil dédoublement de la pensée suppose un
dédoublement complet de la conscience une capacité d'isoler à volonté certaines fonctions du cerveau Comme s'il s'agissait d'un appareil mécanique vouloir jouer aux échecs contre soi-même et donc aussi paradoxal que vouloir marcher sur son ombre et bien pour me résumer pendant des semaines c'est à cette absurdité à cette chose impossible que le désespoir me fit tendre pendant des mois mais je n'avais pas le choix pour échapper à la folie et à la totale décrépitude de mon esprit mon atrocité à tenter se dédoublement de Mon esprit entre un mois blanc et un mois noir si je ne
voulais pas être écrasé par le néant horrible qui me cernait de toutes parts Monsieur B se renversa sur sa chaise longue et ferma les yeux un instant on lui dit qu'il chassait avec effort un souvenir important de nouveau au coin gauche de sa bouche reparu l'étrange crispation qu'il ne pouvait réprimer puis il se redressa et poursuivit voilà jusqu'ici j'espère que mon récit a Été assez clair je ne sais malheureusement si la suite pour aller au temps car ma nouvelle occupation demandait une telle tension d'esprit qu'elle rendait tout contrôle sur moi-même impossible je vous ai déjà
dit qu'à mon avis vouloir jouer aux échecs contre soi-même et déjà une idée absurde mais je résume peut-être une chance minime de m'en sortir si je m'étais trouvé devant un véritable échiquier qui lui permit en quelque sorte de prendre Une certaine distance de projeter les choses dans l'espace devant un vrai échiquier avec de vrais pièces à déplacer on peut donner un rythme assez réflexions se transporter physiquement d'un côté de la table à l'autre et considérer ainsi la situation au tantôt du point de vue des Noirs tantôt de celui des blancs mais contraint que j'étais de
livrer des combats contre moi-même ou si vous préférez contre un mois que je projetais dans un espace Imaginaire il fallait que je me représente mentalement et que je retienne les positions successives des pièces les possibilités de chacun des partenaires et on s'y absurde que cela paraisse que je vois toujours distinctement en esprit deux ou trois non plutôt 6 8 12 positions différentes afin de calculer 4 ou 5 coups d'avance pour les blancs et les noirs que j'étais seule à représenter pour ce jeu mené dans un espace abstrait Imaginaire pardonnez-moi de vous entraîner dans ses aberrations
mon cerveau se partager si je puis dire en cerveau blanc et cerveau noir pour y combiner à l'avance les quatre ou cinq coups qui exigés dans les deux camps la tactique et le plus dangereux dans cette expérience abstuse n'était pas encore cette division de ma pensée à l'intérieur de moi-même mais le fait que tout se passait en imagination je risquais ainsi de perdre pied Brusquement et de glisser dans l'abîme lorsque auparavant les semaines précédentes je refaisais les parties célèbres du manuel je n'exécutais qu'une copie pure répétition d'un modèle donné et l'exercice ne demandait pas plus
de force que la mémorisation d'une pièce de verre ou d'un paragraphe du code c'était une activité limitée disciplinée une gymnastique mentale remarquable deux parties le matin de l'après-midi je m'a quitté de cette sorte de pensum sans Aucune excitation elle me tenait lieu d'occupation normale et si je me trompais si j'hésitais au cours d'une partie le traité me prêtait son appui si cette activité m'avait été salutaire et plutôt apaisante c'est que je n'y étais pas moi-même en jeu il m'était indifférent que la victoire revint au noir plutôt que blanc c'était l'affaire d'algerin ou de bogos qui
briguait l'honneur d'être champion et le plaisir que j'ai prouvé par l'intelligence et la Sensibilité était celui du spectateur du connaisseur qui apprécie les péripéties du combat et sa beauté dès le moment où je cherchais à jouer contre moi-même je me mis inconsciemment au défi le noir que j'étais rivalisé avec le blanc que j'étais aussi et chacun d'eux devenait ta vie des impatient en voulant gagner la pensée de ce que je ferai en jouant avec les Blancs me donnait la fièvre quand je jouais avec les Noirs l'un des deux Adversaires qui était en moi triomphait irrité
à la fois quand l'autre commettait une erreur ou manquait d'astuces tout cela paraît dépourvu de sens et le serait en effet s'il s'agissait d'un homme normal vivant dans des conditions normales inimaginable que nous schizophrénie aussi artificielle quelle inconcevable dédoublement de la personnalité mais n'oubliez pas que j'avais été violemment arrachée à mon cadre habituel que J'étais un captif innocent tourmenté avec raffinement depuis des mois par la solitude un homme en qui la colère s'était accumulé et sans qu'il pue la décharger sur rien ni sur personne aucune diversion ne souffrent exceptée ce jeu absurde contre moi-même ma
rage et mon désir de vengeance il déversaire furieusement il y avait un homme en moi qui voulait à tout prix avoir raison mais il ne pouvait s'en prendre qu'à cet autre moi contre qui je jouais aussi Fait partie des chèques me causait-elle une excitation presque maniaque au début j'étais encore capable de jouer avec calme et réflexions je faisais une pause entre les parties pour me détendre un peu mais bientôt mes nerfs irrités ne me laissèrent plus de répit à peine avait joué avec les Blancs que les Noirs se dressaient devant moi frémissant à peine une
partie était-elle finie qu'une moitié de moi-même recommencer à défier l'autre car je portais toujours en moi Un vaincu qui réclamait sa revanche jamais je ne pourrai dire même à peu près combien de parties j'ai joué ainsi pendant les derniers mois dans ma cellule poussée par mon insatiable etrement peut-être 1000 peut-être davantage j'étais obsédée et je ne pouvais m'en défendre du matin au soir je ne voyais que pion tout roi est fou je n'avais en tête que A B et C que mat et rock tout mon être toute ma sensibilité se concentrer sur les cases D'un
échiquier imaginaire la joie que j'avais à jouer était devenue un désir violent le désir une contrainte une manie une fureur frénétique qui envahissait mes jours et mes nuits je ne pensais plus qu’échec problème d'échec déplacement des pièces souvent mais veillant le front en sueur je m'apercevais que j'avais continué à jouer en dormant si des figures humaines paraissaient dans mes rêves elle se mouvait Uniquement à la manière de la tour du cavalier du Fou à l'audience aussi je ne parvenais plus à me concentrer sur ce qui engageait ma responsabilité j'ai l'impression de m'être exprimé assez obscurément
les dernières fois que je comparus car les juges se jetaient des regards étonnés en réalité est tandis qu'il menait leur enquête et leur délibération je n'attendais dans ma passion à vide que le moment d'être reconduit dans ma Cellule pour y reprendre mon jeu mon jeu de fou une autre partie et encore une tout interruption me tourmentait dans mon impatience fébrile jusqu'au quart d'heure pendant lequel le gardien balayait la chambre jusqu'au 2 minutes qui lui fallait pour m'apporter à manger parfois à mon repas a été encore intact le soir dans son écuelle car j'en oubliais de
manger je n'avais qu'une soif effroyable du Sans doute à ce jeu fébrile et à ses perpétuels réflexions je vidais ma bouteille d'un trait et supplier le gardien ne me rapporter de l'eau mais l'instant d'après ma bouche était déjà sèche pour finir mon excitation atteignit un tel degré en jouant je ne faisais absolument rien d'autre du matin au soir que je ne pouvais plus rester assis une minute harpendant ma chambre sans arrêt en réfléchissant à mes parties toujours plus vite d'un pas Toujours plus pressé de plus en plus excité à mesure que la fin de la
partie approchée la passion de gagner de vaincre de me vaincre moi-même devenait peu à peu une sorte de fureur je tremblais d'un patience car l'un des deux adversaires que j'abrité était toujours trop lent au gré de l'autre il se harcelait et si ridicule que cela vous paraît peut-être je me houspiller moi-même plus vite plus vite à moins long quand la riposte N'était pas assez prompte je sais aujourd'hui bien entendu que cet état d'esprit était déjà tout à fait pathologique je ne lui trouve pas d'autres noms que celui d'intoxication par le jeu d'échec qui n'est pas
encore dans le vocabulaire médical cette monomanie finit par m'empoisonner le corps autant que l'esprit je maigris mon sommeil devint agité intermittent au réveil mes paupières étaient de plomb je les ouvrais à grand peine j'étais Devenue si faible mes mains tremblaient tellement que je ne portais un verre à mes lèvres qu'au prix d'un gros effort mais si tôt une partie commençait j'étais galvanisée par une force sauvage j'allais et venais les points fermés et j'entendais souvent comme à travers un brouillard rojâtre ma propre voix me criait sur un ton Roque et méchant échec ou mat je ne
puis moi-même vous dire comment dans cet état affreux indescriptible se Produisit la crise je sais seulement que je me réveillais un beau matin d'une autre manière que d'habitude mon corps était comme délivré de moi-même il se prélassait mollement étendu dans un agréable confort une bonne grosse fatigue telle que je n'en avais pas connu depuis des mois apesantissait mes paupières me donnant ainsi grand sentiment de bien-être que je ne pu me décider à ouvrir les yeux tout de suite Pendant quelques minutes je demeurai ainsi jouissant de ma torpeur de la tiédeur de mon lit avec une
voluptueuse longueur tout à coup il me sembla entendre des voix derrière moi des voies humaines chaudes et vivantes qui prononçait des mots tranquilles et vous ne pouvez vous imaginer mon ravissement à moi qui n'avait depuis presque un an rien entendu d'autre que les durs et méchantes paroles de mes juges Tu rêves me dis-je tu rêves surtout n'ouvre pas les yeux prolonge ton rêve plutôt que de voir encore cette cellule maudite la chaise la cuvette la table et l'éternel dessin du papier au mur tu rêves continues à rêver mais la curiosité l'emporta lentement prudemment j'ouvris les
yeux aux merveilles je me trouvais dans un autre chambre une chambre plus spacieuse que ma cellule de l'hôtel la lumière entrée librement par une fenêtre sans barreau Au delà je voyais des arbres des arbres verts ou couraient le vent au lieu de mon sinistre mur coupe-feu les parois de la chambre étaient blanches et brillantes blancs aussi le plafond qui s'est levait au-dessus de moi oui vraiment j'étais dans un autre lit un lit que je ne connaissais pas ce n'était pas un rêve des voies humaines parlaient doucement derrière moi ma découverte du Majesté violemment quand j'étais
stupéfait car j'entendis Des pas s'approcher aussitôt une femme venait vers moi la démarche légère une femme qui portait une coiffe blanche une infirmière je frissonnais ravi je n'avais pas vu de femmes depuis un an sans doute regardait-je cette gracieuse apparition avec des yeux extasié et brûlants car elle me dit avec force et douceur rester tranquille bien tranquille je n'écoutais que le son de sa voix dit espaces celle d'une créature humaine il Y avait donc encore sur la terre des gens qui n'étaient pas des juges des tortionnaires il y avait au miracle cette femme à la
voix moelleuse et chaude presque tant je fixais avidement la bouche qui venait de me parler avec bonté car cette année infernale m'avait fait oublier que la bonté exister entre les hommes elle me sourit oui elle souriait il y avait donc encore des gens qui souriaient en ce monde puis elle mit un doigt sur ses Lèvres et s'éloigna sans bruit mais comment u sais-je pu lui obéir je n'avais pas encore rassasié mes yeux de ce prodige je FISE au contraire des efforts énergiques pour m'asseoir dans mon lit et pour la suivre des yeux pour contempler encore
cette créature miraculeuse et bienveillante je voulais m'aider de mes mains je n'ai parvint pas ce qui était la droite avait disparu tout entier jusqu'au poignet dans une sorte de gros paquet bizarre Blanc un pansement apparemment je le considérais d'abord à Uri puis je commençais lentement à comprendre où j'étais et à réfléchir à ce qui vous veut bien m'est arrivé on m'avait blessé sans doute ou bien je m'étais blessé moi-même à la main et je me trouvais dans un hôpital la visite du docteur c'était un aimable vieux monsieur mon nom ne lui était pas inconnu et
il parla avec tant de respect de mon oncle le médecin de l'empereur Que je sentis tout de suite qu'il me voulait du bien au cours de la conversation il me posa à toutes sortes de questions dont l'une entre autres me surpris il me demanda si j'étais mathématicien ou chimiste je lui dis que non curieux mur a-t-il vous prononciez de s'y étrange formule dans votre délire ces trois C4 personne de nous n'y comprenait rien je m'enquis de ce qui m'est arrivé il Sourit bizarrement rien de grave une violente crise de nerfs et il ajoute à tout
bas après avoir jeté un regard circonspect autour de lui très compréhensible d'ailleurs depuis le 13 mars n'est-ce pas je fis oui de la tête pas étonnant avec cette méthode comme latine vous n'êtes pas le premier mais ne vous inquiétez pas à la manière apaisante dont il me Glissait ses mots et dont il me regardait je su que j'étais en bonne main deux jours plus tard l'excellent docteur me raconta franchement ce qui m'était arrivé le gardien m'avait entendu crier très fort dans ma cellule et il avait cru d'abord que quelqu'un s'y était introduit avec qui je
me querais mais à peine avait-il paru à la porte que je m'étais précipitée sur lui en poussant des cris sauvages alors on joue gredin Paul tronc j'avais essayé de Le saisir à la gorge avec tant de violence qu'il avait dû appeler au secours tandis qu’on m’emmenait chez le médecin j'avais réussi à me dégager et pris d'une rage frénétique je m'étais jetée contre la fenêtre du couloir en brisant la vitre et me faisant une profonde blessure à la main vous envoyez encore ici la cicatrice j'avais passé les premières nuits à l'hôpital avec une sorte de fièvre
cérébrale mais j'avais maintenant Recouvrer le complet d'usage de mes sens bien entendu je ne dirais pas à ces messieurs que vous allez mieux ajouter-il doucement il serait capable de vous y renvoyer remettez-vous-en à moi je fais de mon mieux pour vous tirer d'affaire j'ignore quel rapport ce précieux ami pubien faire à mes bourreaux le fait est qu'il obtint ce qu'il voulait ma libération peut-être mieux fait-il passer pour un Irresponsable peut-être aussi ma personne ne présentait-elle déjà plus aucun intérêt pour la Gestapo car Hitler venait d'occuper la bohème et le cas de l'Autriche c'était liquidé à
ses yeux je dis seulement m'engager par écrit à quitter ma patrie dans les 15 jours et ses 15 jours furent si remplis par les mille formalités que doit accomplir aujourd'hui si devant ce citoyen du monde pour un voyage à l'étranger papier militaire papier de police attestation Fiscale passeport visa certificat médical qu'il ne me reste à guère de temps pour son géropassé il semble d'ailleurs qu'il y ait dans notre cerveau de mystérieuse forces régulatrice qui écarte spontanément ce qui pourrait nuire à l'âme ou la menacer car chaque fois que j'essayais de penser à mon temps de
captivité ma mémoire s'obscurcissait c'est une vue que de nombreuses semaines plus tard lorsque je me trouvais sur ce paquebot que j'ai eu Enfin le courage de repasser ces événements dans mon esprit vous comprenez maintenant pourquoi je me suis comporté de façon si incongru et sans doute incompréhensible envers vos amis je flânais par le plus grand des hasards dans le fumoir quand je vis ces messieurs assis devant un échiquier l'étonnement et des froid me clouèrent sur place malgré moi car j'avais complètement oublié qu'on peut jouer aux échecs devant un véritable échiquier Avec des pièces palpable j'avais
oublié que c'est un jeu ou deux personnes tout à fait différentes s'installe en chair et en os l'une en face de l'autre et en vérité il me fallut quelques minutes pour me rappeler que ces joueurs que je voyais là jouaient au même jeu que moi dans ma cellule pendant des mois quand je m'acharnais désespérément contre moi-même les chiffres dont je m'étais accommoder à cette époque d'exercices farouche N'était donc que les symboles de ces pièces d'Ivoire la surprise que j'ai prouvée a constaté que le mouvement des pièces sur l'échiquier correspondait à celui de mes pions imaginaires
ressemblait sans doute à celle de l'astronome qui a déterminé sur le papier l'existence d'une planète grâce à de savants calculs et qui aperçoit soudain cette planète dans le ciel sous la forme d'une substantielle et brillante étoile Comme hypnotisé je fixais les chéquiers ou je contemplais mes diagrammes concrétisés par les figurines sculptées d'un cavalier d'une tour d'un roi d'une reine et de pions véritable pour bien saisir les positions respectives des adversaires je fuse obligé de transposer le monde abstrait de mes chiffres dans celui des pièces qu'on maniait sous mes yeux peu à peu la curiosité me
va assister à une partie réelle disputée par deux Adversaires oubliant alors toute politesse j'intervins malheureusement dans votre jeu mais l'erreur qu'elle est commettre votre ami m'a tenir comme un cours au cœur d'un geste instinctif sans réfléchir je le retins comme on retient un enfant qui se penche par dessus une balustrade plus tard seulement je me rendis compte de la grossière inconvenance de mon intrusion Je me hatais de rassurer Monsieur B en lui disant que nous nous félicitions de ce hasard qui nous avait permis de faire sa connaissance et j'ajoutais que pour ma part j'étais doublement
impatient d'assister au tournoi improviser du lendemain après avoir écouté son récit Monsieur B Hut un mouvement inquiet non non vraiment ne vous faites pas d'illusion il ne s'agira pour moi que de me mettre à l'épreuve oui je voudrais je voudrais savoir si je suis capable de Jouer une partie d'échec ordinaire sur un vrai échiquier avec de vrais pièces contre un adversaire réel car il me reste toujours un doute à ce sujet c'est sans peut-être c'est mille parties que j'ai joué étaient-elles réglementaires où n’était ce qu'un jeu de rêve comme on en fait quand on a
la fièvre un de ses rêves fantastiques où l'on saute souvent des échelons indispensables à la réalité car vous ne prétendez pas sérieusement J'espère que je me mesures avec un champion du monde et que je le mette hors de combat la seule chose qui m'intrigue et qui m'intéresse c'est de savoir une fois pour toutes si je jouais vraiment aux échecs dans ma cellule ou si j'étais devenu fou en un mot CGT en deçà ou au-delà de la zone dangereuse c'est le but unique de cette partie à mes yeux au même moment de l'autre extrémité du navire
le gong nous appela dîner notre entretien avait Sans doute duré presque deux heures j'ai beaucoup abrégé ici le récit circonstancié que me fit Monsieur B je le remercie et chaleureusement et pris congé mais je n'avais pas quitté le pont qu'il me courait après et ajouter avec tant de nervosité qu'il en bégayait encore un mot je ne voudrais pas ensuite paraître impoli une seconde fois voulez-vous bien prévenir ces messieurs que je ne jouerai qu'une seule partie ce sera le point final à une vieille Histoire c'est tout une conclusion définitive pas un recommencement je ne désire pas
être repris par cette passion fiévreuse par cette rage de jouer à laquelle je ne pense qu'en tremblant et d'ailleurs d'ailleurs le médecin alors m'avait averti expressément averti un homme qui a été atteint d'une manie peut retomber malade même si elle est complètement guéri il vaut mieux ne plus s'approcher d'un échiquier quand on a été intoxiqué comme Je le fus donc vous comprenez je jouerai cette tunique partie pour être fixé là-dessus et ce sera tout le lendemain à 3h très précise nous étions comme prévu réunis au fumoir deux officiers du bord amateurs de ce roi des
jeux c'était joint à nous ayant obtenu une permission spéciale pour assister autour noire sentovic ne se fit pas d'attendre comme la veille cette fois et après la répartition des couleurs une partie mémorable s'engagea qui mettait Aux prises mon très obscur compatriotes avec l'illustre champion je regrette qu'elle se soit déroulée seulement devant aussi incompétents spectateurs que nous et qu'elle soit perdue pour les annales du jeu d'échec comme le son pour l'histoire de la musique les improvisations de Beethoven au piano nous essayons il est vrai de reconstituer tous ensemble la partie de mémoire le lendemain après-midi mais
sans y réussir les joueurs nous avaient Sans doute intéressé plus que le jeu dont nous ne retrouvions plus les péripéties en effet le contraste intellectuel conformé les deux partenaires s'exprima de plus en plus physiquement dans leurs attitudes perspectives au cours de la partie raide et immobile comme une souche sentovic très bien rodée ne quittez pas l'échiquier des yeux réfléchis et arrêtez pour lui une sorte d'effort physique qui demandait une concentration Extrême de tout son corps Monsieur B au contraire est resté parfaitement dégagé et libre dans ses mouvements véritable dit les tentes au plus beau sens
du mot il ne voyait dans le jeu que le plaisir qu'il lui causait nous devait être avec des involusures des explications entre les coûts allumer une cigarette d'une main légère et ne regardez l'échiquier qu'une minute avant que ce soit à lui de jouer il semblait toujours avoir prévu les intentions de l'adversaire Au début pour les ouvertures obligées tout à la assez vite ce Nico 7ème ou 8e coup que la bataille parue s'est dessinée selon un plan précis c'est une tovic réfléchissait plus longuement nous compris mais ce signe que la véritable lutte pour la supprimer mais
je dois à la vérité de dire que pour nous autres nos vies l'évolution progressive de la situation comme dans tout réel tournoi était plutôt décevante car plus les pièces composées sur L'échiquier leurs étranges d'arabesques moins nous en pénétrions le sens caché nous ne saisissions ni les intentions des deux adversaires ni dans quel camp se trouvait l'avantage nous voyons seulement qu'il déplaçaient leur pièce telle des leviers ou comme des généraux ou font marcher leurs troupes pour tâcher de faire une brèche dans les lignes ennemies mais nous ne pouvions comprendre les buts stratégiques de ces mouvements car
des joueurs aussi avertis Combinent leur affaires plusieurs coups d'avance et à notre ignorance ajoutée peu à peu une fatigue qui venait surtout des interminables minutes de réflexion nécessaire à sentovic cette lenteur irritée visiblement notre ami je remarquais avec inquiétude qu'il s'agitait de plus en plus sur son siège au fur et à mesure que la partie durée il allumait nerveusement cigarette sur cigarette ou prenait une note d'une main à pied puis il se fit servir une Bouteille d'eau minérale et avale la précipitamment un verre après l'autre il était évident qu'il calculait ses coûts 100 fois plus
vite que c'est une tovic quand ce dernier se décidait enfin après des réflexions infinies à pousser une pièce de sa lourde main notre ami souriait simplement de l'air de quelqu'un qui a prévu la manœuvre depuis longtemps et il riposter aussitôt son cerveau travaillait si vite qu'il avait sans doute déjà calculé toutes les Possibilités de son adversaire aussi plus entovic tarde-t-il à se décider plus l'impatience de l'autre augmentait telle et pendant qu'il attendait ainsi ses lèvres prenaient une expression de contrariété presque hostile mais c'est mauvais pas pour si peu à mesure que les pièces se faisaient
plus rares sur les chéquiers ses réflexions s'allongeaient morne et muettes au 42e coup la partie avait duré deux bonnes heures trois quarts et nous ne la suivions plus que D'un regard et betté de fatigue un des officiers du bord était parti l'autre lisait un livre et ne jeter un coup d'oeil sur l'échiquier qu'au moment où l'un des partenaires avait joué mais soudain c'était au tour de sentovic se produisit quelque chose d'imprévu le champion avait le doigt sur le cavalier pour le faire avancer et Monsieur B en le voyant se ramassa sur lui-même comme un chat
qui va sauter il se mit à trembler de tout son corps pousse à sa Dame d'un geste sûre et s'écrit à triomphant ça y est c'est réglé il se rejeta en arrière se croisent à les bras sur la poitrine et jetase ettovic un regard de défi ou fulguré soudain une lueur brûlante nous nous penchaînent tous sans le vouloir vers l'échiquier pour comprendre cette manœuvre aussi victorieusement annoncée au premier abord on ne voyait rien de menaçant l'exclamation de notre ami Devait donc se rapporter à un développement ultérieur de la situation que nous autres dilettantes à courtes
vue ne savions pas prévoir sentovix seul n'avait pas bronché à l'annonce provocatrice de son partenaire il était resté aussi imperturbable que s'il n'avait pas entendu cette offensant ça y est il ne se passe à rien la montre posée sur la table pour mesurer l'intervalle entre deux coups faisaient Entendre son tic-tac dans le silence général 3 minutes s'écoulèrent puissaient puis 8 centovic ne bougeait toujours pas mais il me semble que l'effort qu'il s'imposait élargissait encore ses narines épaisses la tente devenait intolérable pour notre ami Monsieur B comme pour nous il se leva d'un bon et se
mit à marcher dans le fumoir de long en large lentement d'abord puis de plus en plus vite tout le monde le regardait Un peu surpris et moi j'étais plein d'inquiétudes car je venais de m'apercevoir que malgré son agacement il arpenté toujours le même espace on nous dit qu'une barrière invisible l'arrêtait dans le vide au milieu de la pièce et l'objet à revenir sur ses pas je comprise un frissonnant qu'il refaisait sans le vouloir le même nombre de pas que jadis dans sa cellule oui c'était exactement ainsi qu'il devait s'être promené des mois durant comme un
Fauvantage comme cela mille fois de suite il avait dû aller et venir les mains crispées et les épaules rentrées tandis que s'allumer dans son regard fixe et fiévreux la rouge lueur de la folie en ce moment il avait apparemment encore toute sa présence d'esprit car il se tournait de temps en temps avec impatience du côté de la table pour voir si cette Ovide s'était décidé mais neuf 10 minutes s'écoulèrent encore Ce qui se passa ensuite aucun de nous ne s'y attendait sentovic le Valente mange à lourdement chacun regarda anxieusement ce qu'il allait faire mais sentovic
ne joue pas du revers de la main il repoussa les pièces de l'échiquier nous ne compriment pas tout de suite qu'il abandonnait la partie qui capitulait avant que tout le monde vit qu'il était battu l'invraisemblable s'était produit un champion du monde le vainqueur D'innombrables tournois venait de baisser pavillon devant un inconnu devant un homme qui n'avait pas touché un échiquier depuis 20 ou 25 ans notre ami cet anonyme avait battu le plus fort joueur du monde entier dans un tournoi public sans nous en apercevoir dans notre émotion nous nous étions tous levés chacun de nous
avait le sentiment de devoir faire ou dire quelque chose pour donner libre cours à son joyeux froid le Seul qui ne bouge pas très calme flux scène tovic au bout d'un assez long moment il leva la tête et regarda notre ami d'un œil de pierre encore une partie demande-t-il mais certainement répondit Monsieur B avec un enthousiasme qui me fit une fâcheuse impression et avant même que j'ai pu lui rappeler son intention de s'en tenir à une seule partie il sera si avec une hâte fiévreuse il est remis les pièces sur des chéquiers et ses doigts
Trembler tellement que par deux fois un pion s'en échappa et roula sur le plancher le malaise que me causait son excitation forcée devint de l'angoisse indéniablement cet homme calme et paisible cet échangé en exalté le tique faisait tressaillir toujours plus souvent le coin de sa bouche et tout son corps tremblait comme secoué par une fièvre subite fille lui soufflait doucement ne jouez pas maintenant c'est assez pour Aujourd'hui c'est trop éprouvant pour vous et prouvant hahaha il riait fort d'un air méchant j'aurais pu faire 17 parties si nous ne traînassions pas tant ce qui me fatigue
à ce rythme c'est de rester éveillé allons c'est à vous de commencer ces derniers mots prononcés sur un ton violent presque grossier il les avait adressés à sentovic qui jeta sur lui un regard calme et mesuré mais dur comme un point fermé entre les deux joueurs était Né soudain une dangereuse tension une haine passionnée ce n'était plus de partenaires qui voulaient éprouver leur force en s'amusant c'était deux ennemis qui avaient juré de sanéantir réciproquement c'est Ludovic tarda longtemps avant de jouer son premier coup et je vais nettement le sentiment qu'il le faisait exprès il devait
avoir compris que sa lenteur fatigait et irritait l'autre et il s'en servait en tacticien bien entraîné Au bout de quatre grandes minutes donc il ouvrit le jeu de la manière la plus simple et la plus ordinaire en faisant avancer de deux cases le pion qui couvre le roi Monsieur B riposta aussitôt avec le même pion puis sentovic refit une pause démesurée à peine supportable nous attendions le coeur battant comme on attend le tonnerre a pris un éclair éblouissant et que le tonnerre tarde encore sentovic ne bougez pas Lent calme il réfléchissait je me sentais de
plus en plus certains que sa lenteur était voulue et méchante du moins me laisser-elle tout le loisir d'observer Monsieur B il avait déjà avalé 3 verres d'eau et je me rappelais malgré moi son récit la soif ardente qu'il avait tu pendant sa captivité le malheureux présenté tous les symptômes d'une excitation anormale son front se mouiller et la cicatrice sur sa main devenait plus rouge et plus Marquée jusque là il restait maître de lui pourtant lorsque au quatrième coupent se replongea dans des méditations interminables il perdit contenance et l'apostrophobe brutalement et bien joué donc voyons sentovic
leva son œil froid nous avons si je ne me trompe fixé à 10 minutes le temps d'intervalle entre les coups par principe je ne joue pas plus rapidement Monsieur B se mordille les lèvres je Remarquais que son pied sous la table se mit à se balancer vite toujours plus vite il allait perdre la tête j'en ai lis résistible pressentiment au huitième coup de fait se produisit un nouvel incident Monsieur B qui avait une peine croissante à supporter ses attentes ne pu se contenir davantage il se pencha en avant en arrière et se mit un volontairement
à tambourini du doigt sur la table c'est une tovic releva sa grosse tête de paysans puis-je vous Priez de ne pas tambouriner cela me dérange je ne puis pas jouer ainsi Monsieur B eut un rire bref je m'en aperçois c'est une tovic rougit que voulez-vous dire demande a-t-il la voix dure est mauvaise monsieur Berry ton corps d'un rire sec et méchant en rien simplement que vous êtes très nerveux c'est la tête et se tue il attendit 7 minutes pour jouer le coup suivant et la partie continua en se traînant à ce rythme mortel c'est une
Tovic semblait de plus en plus pétrifiée il mettait maintenant le maximum de temps prévu à prendre sa décision et d'un coup à l'autre la conduite de notre ami devenait de plus en plus étrange il semblait avoir oublié la partie en cours et s'occuper de tout autre chose il avait cessé d'aller venir et rester assis immobile sur sa chaise regardons le vide d'un oeil fixe et agar il marmotait sans arrêt des mots incompréhensibles Se perdait-il dans déterminable combinaison ou réfléchissait-il déjà à d'autres parties comme je l'en soupçonnais quant à moi en tout cas chaque fois que
son tour était enfin venu de jouer il fallait que nous le rappelions à la réalité une minute lui suffisait pour s'orienter pourtant j'étais de plus en plus persuadé qu'il nous avait tous oublié y compris sentovic et qu'il était en proie à une crise de démence froide qui Pouvait éclater tout à coup avec violence et la chose se produise et effectivement au 19e coups à peine sentovic avait-il joué que Monsieur B poussait son fou trois cases plus loin sans même regarder l'échiquier et en criant si fort que nous sursautame échec échec au roi nous ne penchâmes
tous sur l'échiquier pour voir cette manœuvre sans pareil mais ce qui se passe à au bout d'une minute aucun de nous ne s'y attendait lentement très lentement Sentovic leva la tête et nous regarda l'un après l'autre ce qu'il n'avait encore jamais fait on vit naître sur ses lèvres un sourire moqueur et satisfait il paraissait éprouver un plaisir sans borne lorsqu'il lui pleinement jouit de ce triomphe encore incompréhensible pour nous il dit à la ronde avec une politesse affectée je regrette mais je ne vois pas comment mon roi pourrait être en échec un de ses messieurs
le boîtier Nous examinons la situation puis nous regardent inquiets se tournèrent vers Monsieur B le roi de sentovic était entièrement couvert par un piou un enfant aurait pu s'en rendre compte il n'y avait donc pas d'échec au roi nous devons nous inquiets notre fougueuse amis avait-il poussé sans le vouloir une pièce de travers une case de trop ou une en moins le silence général le rendit à lui-même il examine alchimie à son tour et se mit à dire en bégayant violemment Mais le roi doit être en F7 il n'est pas à sa place pas du
tout vous êtes trompé tout est faux sur cette échiquier ce pion là étant G5 par an G4 c'est une toute autre partie c'est il s'arrête à brusquement je l'avais empoigné par le bras et même pincer si fort qu'il l'avait senti malgré son égarement fiévreux il se retourna et me regarda avec des yeux de somnambule qu'y a-t-il que voulez-vous rêve seulement et je passais le doigt Sur la cicatrice qu'il portait à la main il suivit malgré lui mon geste ses yeux se ternir et se fixèrent sur la trace rouge puis tout à coup il se mit
à trembler un frisson lui secoua tout le corps l'amour du ciel chouchoue a-t-il les lèvres blanches et je dis ou fait quelque chose d'insensé suis-je de nouveau non fiche doucement mais cessez immédiatement de jouer les grands temps souvenez-vous de ce que le médecin vous A dit veuillez excuser ma saute méprise dit-il en s'inclinant devant sentovic avec toute son ancienne politique ce que je viens de dire est une absurdité bien entendu c'est vous qui l'avez emporté puis il se tourna vers nous je m'excuse aussi auprès de vous messieurs mais je vous avais prévenu qu'il ne fallait
pas trop attendre de moi pardonner cet incident ridicule c'est la dernière fois de ma vie que je m'essais aux échecs il S'inclina encore une fois et sans fut de la même manière mystérieuse et discrète qu'il nous était apparu la première fois j'étais seule à savoir pourquoi cet homme ne toucherait plus jamais à un échiquier tandis que les autres demeuraient là vaguement conscient d'avoir échappé à je ne sais quelle désagrément ou même un danger damnet full grognam MC Connor déçu sendovic fut le dernier a quitté son siège et jeta encore un coup d'oeil sur la partie
Commencé dommage dit-il magnanime l'offensive n'allait pas si mal pour un dilettant en ce monsieur est un fait très remarquablement doué