Dans la leçon d'aujourd'hui nous allons parler des stoïciens de des grandes écoles stoïciennes et puis dans un deuxième temps des épicuriens c'est-à-dire des piqû lui-même et de lucrè un mot peut-être sur l'origine de du terme stoïtien comme dans la plupart des écoles grecques dans l'athène du 4e siècle avant Jésus-Christ les noms des écoles étaient liés au lieu dans lequel l'enseignement se tenait l'Académie de Platon elle s'appelle académie parce que l'école de Platon elle se situe à côté d'un sanctuaire qui était le sanctuaire d'un très grand héros grec qui s'appelait academmos le lycée d'Aristote c'est pareil
c'est parce que l'école d'Aristote se tenait là aussi à côté d'un sanctuaire qui était un lieu de promenade dans l'athène du 4e siècle et et c'est vrai que ce sanctuaire s'appelait le sanctuaire d'Apolon de l'cos et donc de là vient l'expression LCÉE alors la stoa en grec ça veut dire simplement des arcades un portique et le père fondateur de l'école stoïtienne qui s'appelle Zénon de sition ou Zénon de sitiom ou de kit peu importe la pronon anonciation en tout cas c'est Zénon à pas confondre avec un autre Zénon qui s'appelle Zénon D qui est connu
pour ses paradoxes sophistiques et bien Zénon de con va installer son école sous des portiques Stoa d'où le nom de stoïtien c'est simplement le lieu dans lequel L'école se tenait et l'enseignement se tenait l'école stoïtienne elle a trois grands âges on distingue habituellement je le dis très rapidement parce que c'est pas l'essentiel on va rentrer très vite dans le fond de l'affaire mais cette école stoï elle va s'étendre sur trois grandes périodes il y a ce qu'on appelle le stoïisme ancien le stoïisme ancien il est représenté par trois auteurs dont malheureusement nous n'avons Pratiquement rien
conservé dont nous n'avons plus les œuvres nous n'avons plus les textes il y a le père fondateur Zénon il y a le deuxème directeur de l'école celui qui a la mort de Zénon va prendre la suite de l'enseignement stoïtien il s'appelle crisip et puis il y a un troisième directeur de l'école à Athène qui s'appelle Cléante on a gardé très peu de textes on les connaît surtout par ceux qu'on on appelle les doxographes c'est-à-dire ceux qui Rapportent les opinions des philosophes un doxographe ça veut dire ceux qui écrivent les opinions et notamment par Diogène laers
qui écrira au 3e siècle après Jésus-Christ c'est beaucoup beaucoup plus tard et puis on les connaît par des auteurs comme Cicéron mais on les connaît pour l'essentiel de 2è il y a une seconde période stoïcienne ce qu'on appelle le moyen stoïcisme alors là ce sont des auteurs qui sont dans la culture générale il faut bien le Dire totalement inconnu ce sont des gens comme Diogène le Babylonien comme antipatère de Tars comme p de rode alors là si j'écrivais une contre contreculture ou une contre contre histoire de la philosophie je vous en parlerai mais il faut
là aussi reconnaî qu'on a pas de texte donc c'est très difficile de cerner véritablement leur pensées alors en revanche heureusement on a une troisème période de l'école stoïcienne qui est ce qu'on appelle le Stoïcisme impérial impérial parce que il se développe dans l'Empire romain et singulièrement à Rome pour l'essentiel et là on a des auteurs qui sont très connus et on a des auteurs qui nous ont laissé c'est des œuvres très abondantes ce qui fait qu'on peut véritablement encore aujourd'hui les lire alors évidemment il y a sec sec c'est le 1er siècle après Jésus-Christ c'est
quelqu'un qui a été le précepteur de Néron le terrifiante empereur il a été Ministre de Néron il écrit des quantités d'œuvres ceux qui ont fait du latin à l'école se souviendront d'avoir traduit les Lettres à Lucilius j'y reviendrai tout à l'heure et puis il y a un esclave grec éepictè éepictè c'est à cheval entre le 1er et le 2e siècle après Jésus-Christ épictthè on connaît bien ses œuvres essentiellement les entretiens d'épiicthè et puis le manuel d'épique-tête par des élèves d'épique-etête notamment par arien qui a Retranscrit ses cours et il est l'auteur du premier manuel dans
toute l'histoire de la philosophie manuel parce que on considérait que pour vivre avec la pensée pour vivre dans la méditation stoïtienne il était important d'avoir toujours les pensées du maître sous la main comme un soldat disait-on doit avoir son poignard ou son pai apporté de la main et bien on doit avoir les pensées des pique-tête apporté de la main d'où l'expression manuelle c'est Simplement ce qui est apporté de la main et puis il y a un troè auteur Marc Orel qui est peut-être le plus connu d'entre tous Marc Orel c'est le 2e siècle après Jésus-Christ
il est empereur il est empereur de Rome et il a écrit lui aussi de nombreux ouvrages notamment les pensées sur lesqueles je reviendrai tout à l'heure et c'est assez symbolique c'est pourquoi j'évoque cette histoire de l'école de l'idée que la pensée stoïtienne vaut pour tout le monde c'est Une pensée très univ elle puisqu'elle vaut aussi bien pour un ministre comme sec pour un esclave comme épiqueê ou pour un empereur comme Marc Orel c'est dire que c'est une pensée qui s'adresse à l'humanité entière c'est une pensée qui traverse les classes sociales et les frontières et c'est
pourquoi je rappelais même brièvement cette histoire de l'école et la pluralité de ces personnages je voudrais reprendre pour présenter la pensée stoïtienne qui est Une pensée tout à fait passionnante je voudrais reprendre la tripartition qui me paraît caractériser toutes les grandes philosophies depuis Platon et aristo jusqu'à Nietzsche et même Heeger à savoir la tripartition entre une partie théorique la partie théorique c'est la connaissance du monde qui nous entoure pour les Grecs c'est essentiellement la connaissance de la nature la connaissance du cosmos et on va revenir tout à l'heure sur L'étymologie du mot thoria qui est
une étymologie très intéressante mais pour reprendre une métaphore que j'aime bien c'est la connaissance du terrain de jeu au sens où ce monde qui nous entoure cette nature qui nous entoure cet ordre cosmique dans lequel nous sommes plongés et bien c'est le terrain de jeu de l'existence humaine en quelque sorte et il s'agit de savoir si ce terrain de jeu est favorable ou pas s'il est beau ou pas s'il est harmonieux ou chaotique S'il est compréhensible ou pas s'il est rationnel ou pas voilà le type de question que se pose les philosophes grecs et notamment
les stoïciens et puis a une deuxième partie de la philosophie un deuxième grand axe c'est non plus la philosophie théorique mais la philosophie pratique c'est-à-dire l'éthique ou la morale pour continuer à affiler cette métaphore il ne s'agit plus de connaître le terrain de jeu mais de comprendre les règles du jeu les Règles du jeu de l'existence humaine c'est pas un petit jeu parmi d'autres c'est le jeu de la vie humaine et puis il y a une troisème partie ce que on pourrait appeler en grec la satériologie c'est la doctrine du salut c'est-à-dire la doctrine de
la vie bonne qu'est-ce qu'une vie bonne qu'est-ce qu'une vie réussie qu'est-ce que la sagesse qu'est-ce que la finalité de l'existence et là on a une réflexion sur le but du jeu sur le sens de la vie ou sur le sens Dans la vie qu'est-ce que nous cherchons comme uliss cherche la vie bonne àitac et bien quel est le but de cette quête de la sagesse de cette philosophia quête de la sagesse bien évidemment c'est la vie bonne mais comment se définit-elle c'est la grande question de la philosophie antique et notamment la grande question des stoïcien
donc je reprends ces trois grands axes théoria donc contemplation ou connaissance du monde comme terrain de jeu moral ou Éthique je ne ferait pas de différence entre les deux termes l'un est latin l'autre grec il n'y a aucune raison à priori de les distinguer et puis saériologie doctrine du salut ou doctrine de la sagesse doctrine de la vie bonne qui couronne en quelque sorte cet édifice philosophique et je disais qu'il est intéressant de s'attacher un petit instant à l'étymologie du mot théoria en tout cas à une des étymologies qui est probablement juste C'est pas absolument
certain mais en tout cas cette étymologie elle a l'avantage d'être déjà attesté dans la philosophie grecque d'être déjà présente dans la philosophie grecque thoria est liquement ça voudrait dire Teon orao orao ça veut dire simplement je vois et Teon c'est le divin donc la théorie consiste à voir le divin la théorie c'est la contemplation du divin et a priori ça peut sembler paradoxal parce que j'ai toujours défini et j'ai proposé De définir dans les premières leçons la philosophie comme une doctrine du salut sans Dieu comme une réflexion sur la vie bonne qui ne passe ni
par la foi ni par Dieu donc comme une doctrine non religieuse ou laïque de la vie bonne et de la sagesse et là on a l'impression que au cœur même du mot théoria on a affaire à quelque chose de religieux puisque c'est la contemplation du divin est-ce qu'il y a là une contradiction est-ce qu'il y a là en tout cas un Paradoxe ça mérite bien sûr réflexion thoria theonorao je vois le divin qu'est-ce que ça veut dire pour les stoïciens qu'est-ce que ça veut dire d'une manière plus générale dans la philosophie grec mais en particulier
pour les stoïciens et bien l'idée en vérité est tout à fait laïque elle n'est pas relig en tout cas au sens des grands monothéismes l'idée est la suivante et là on rentre dans la théoria stoïtienne mais elle est très proche de celle D'Aristote et même à bien des égards de celle de Platon la théorie astoïtienne donc la connaissance du monde elle repose tout entière sur l'idée que le monde le cosmos comme l'appelle les stoïciens et bien ce monde qui nous entoure est semblable ou en tout cas analogue à un gigantesque organisme vivant il est magnifique
il est harmonieux il est ordonné il est merveilleusement bien fait 1000 fois mieux fait que toutes les machines Humaines même les plus perfectionnées il est semblable à ce que un un médecin un biologiste un scientifique qui s'intéresse au vivant va découvrir lorsqu'il ouvre le ventre d'un lapin ou d'une souris ou d'une grenouille et bien que voit le médecin que voit le biologiste il voit un organisme un système organisé on pourrait dire un organisme merveilleusement bien fait tout est en place non seulement le système lui-même est bien fait le Système de la vie organisé est bien
fait il est merveilleusement agencé mais en plus à l'intérieur de ce système qui est le vivant qui est l'organisme vivant chaque chose si je puis dire chaque organe est à sa place le cœur est à sa place les poumons les yeux la rate tous les organes sont parfaitement à leur place et les Grecs notamment les stoïciens avaient cette idée que le monde était semblable à un gros organisme vivant c'est ce qu'on Appellera dans le jargon philosophique l'illosoïsme osoïsme en grec ça veut dire il est c'est la matière zoone c'est l'animal ça a donné par exemple
le mot zo l'endroit où on met les animaux et bien c'est l'idée que la matière la matière qui nous entoure la nature pour parler simplement l'univers tout entier est comme un gros animal c'est d' une formule qu'emploie les stoïciens et constamment il compare l'ordre du monde l'ordre cosmique à un gros être vivant Cet ordre du monde il a une âme ce qu'on appelle une âme du monde et évidemment c'est ce qu'on va appeler plus tard l'animisme c'est l'idée que l'univers matériel la nature tout entière est comme un gros animal vivant doté d'une âme animé et
qu'il est encore une fois merveilleusement bien fait c'est-à-dire harmonieux juste beau c'est très important il est beau et bon quel rapport avec le Teon orao je vois le divin quel rapport avec l'idée de Divinité en quoi la connaissance de ce gros organisme vivant qui est le cosmos tout entier qui est l'ordre cosmique tout entier a quelque chose à voir voir avec l'idée de thoria avec l'idée de voir le divin là encore on peut je crois expliquer les choses assez simplement ce qui domine la théoria stoïtienne cette connaissance du monde qu'il s'agisse de l'être vivant qu'il
s'agisse du cosmos tout entier qu'il s'agisse de l'astronomie et des mouvements des Planètes et bien c'est que cet ordre harmonieux juste beau et bon il est divin en ce sens qu'il n'a pas été créé par les humains nous les humains nous ne l'inventons pas nous le découvrons les mots ont un sens découvrir ça n'est pas inventé découvrir c'est lever le voile voilà l'activité intellectuel par excellence lever le voile sur un ordre du monde qui va plus nous le connaissons plus nous le connaîtrons nous apparaître comme de plus en plus harmonieux de plus En plus divin
au sens où il n'a pas été créé par les humains et voilà pourquoi dans la philosophie stoïenne trois mots grecs qui sont assez compréhensibles en français trois mots grecs vont être considérés comme équivalents le cosmos le ton c'est-à-dire le divin et puis le Logos le Logos on entend l'idée de logique c'est pas simplement le langage c'est l'idée d'un ordre logique d'un ordre rationnel et bien l'idée qui va dominer toute la philosophie Scientifique et théorique des stoïtiens c'est que cet ordre cosmique tout entier est divin parce que la perfection qui le caractérise encore une fois n'est
pas créée produite par les humains les humains la découvrent ils ne l'inventent pas ils en ont une petite partie ils n'en sont pas les auteurs mais en même temps et bien la science va nous montrer par exemple l'astronomie que cet ordre du monde est rationnel il est logique si je puis dire il est logos et donc logos Cosmos Teon sont trois mots qui se renvoient les uns aux autres qui sont pratiquement équivalents dans cette philosophie théorique du stoïcisme on a là quelque chose qui est très bien exprimé par Marc Orel par exemple dans les pensées
il veut montrer je vous dis tout de suite l'idée qui est dans le petit texte que je vais vous lire que évidemment si on regarde de tout près si on a le nez dans le guidon comme on dirait aujourd'hui si on a L'œil rivé à la vitre on ne voit pas la beauté de l'ordre du monde on ne voit pas la logique de l'ordre du monde on ne voit pas la divinité si je puis dire de l'ordre du monde mais dès qu'on prend un peu de champ et c'est ça l'activité théorique dès qu'on regarde les
choses d'un peu loin dès qu'on prend une distance qui est celle de la réflexion qui est celle de l'INT ence et bien on s'aperçoit que cet ensemble cosmique est merveilleusement harmonieux voilà ce que Dit Marc Orel à ce propos dans les pensées la crinière du lion l'écume qui coule de la gueule du sanglier et bien d'autres choses si on les observe en détail sont sans doute loin d'être belles et pourtant parce qu'elles dérivent du fait qu'elles sont engendrées par la nature elles sont un ornement et elles possèdent leur charme et si l'on se passionnait pour
les êtres de l'univers si l'on avait une intelligence plus profonde il n'est send Le doute aucun d'entre eux qui ne paraîtrait une agréable créature même chez les vieux et les vieilles on pourra avoir une certaine perfection une beauté comme on verra la grâce enfantine si on a les yeux du sage qu'est-ce que ça veut dire et bien c'est que pour le sage même la bave du sanglier même la vieillesse est belle parce qu'elle fait partie d'un ordre qui est magnifiquement agané et c'est ça qui s'agit de comprendre par la théorie par la connaissance en utilisant
Évidemment toutes les sciences qui sont disponibles à l'époque l'astronomie la biologie la physique les mathématiques la logique les grands philosophes se voudront de bons scientifiques évidemment par rapport aux sciences de l'époque mais voyez bien l'idée il ne s'agit pas de se borner à une science particulière à une connaissance particulière il s'agit de se faire une image globale du monde c'est-à-dire j'y reviens à cette métaphore une image Globale du terrain de jeu pourquoi pourquoi une image globale pourquoi pas une vraie science positive particulière comme le sont les sciences modernes les sciences d'aujourd'hui et bien bien parce
que évidemment dans la perspective qui est celle de la philosophie antique il s'agit de préparer par la théoria par la connaissance de l'univers le deuxième niveau de la philosophie qui est le niveau moral le niveau de l'éthique le niveau de la philosophie pratique Pourquoi et bien ou comment plutôt ça va se mettre en place et bien si on considère j'y reviendrai dans un instant que l'essentiel de la morale stoïcienne et ça vaut quand même pour la plupart des grands philosophes grecs l'essentiel de la morale stoïcienne vise à nous inviter à trouver notre place dans cet
ordre cosmique on verra dans un instant pourquoi et bien évidemment la morale suppose au préalable pour que nous trouvions notre place dans l'ordre Cosmique comme un organe doit être à sa place dans un organisme et bien cela suppose qu'au préalable on est une vue de l'ensemble qu'on est d'abord acquis la connaissance la théoria sans quoi la morale n'est pas possible on ne peut pas trouver sa place dans l'univers si on n' pas d'abord une idée de la totalité de cet univers une idée qui ne soit pas trop approximative et qui nous permette de savoir où
nous sommes en quelque sorte dans ce monde trouver sa place Dans le monde voilà un des grands impératifs éthiques de la morale stoïtienne j'y reviendrai tout à l'heure mais il y a peut-être avant d'entrer dans la morale stoïcienne deux traits sur lesquels il faut encore insister sur le plan strictement théorique deux caractéristiques de l'ordre cosmique j'ai dit qu'il était divin et logique qu'il était harmonieux juste beau et aux yeux des stoïciens qu'il était comme un organisme vivant mais il a encore deux Caractéristiques très importantes qui vont permettre de faire le passage vers le niveau supérieur
qui est le niveau de l'éthique de la philosophie pratique la première caractéristique c'est que c'est un ordre qui est totalement déterminé au sens du déterminisme rien n'arrive sans cause dans le monde selon les stoïciens nous avons l'illusion parfois qu'il y a du hasard dans le monde que comme quand on on dit qu'une pièce est sur la tranche Elle peut tomber aussi bien à côté de l'autre et on dit voilà c'est le hasard qui fait qu'elle va tomber pile ou face non pour les stoïciens il n'y a pas de hasard pour les stoïciens il y a
toujours des petites causes qui expliquent tout les événements du monde de telle sorte que les choses arrivent de manière intégralement déterminée il n'y a pas de place pour ce qu'on appelle dans la philosophie moderne le libre arbitre il n'y a pas de place pour une Philosophie des possibles on est déjà si je peis dire dans Spinoza c'est-à-dire dans une vision intégralement déterministe de l'univers et on verra que ça a des conséquences sur le plan éthique qui sont évidemment très importantes on va le voir dans un instant mais en tout cas lorsque les stoïciens disent que
le monde est logique qu'il est logos qu'il relève de cet ordre du Logos ça veut dire notamment que rien n'est sans raison il Ne formule pas encore le principe de raison il faudra attendre l'bnitz le 17e siècle pour qu'il soit formulé en ces termes mais l'idée est déjà là rien n'arrive dans l'univers sans qu'il y ait une raison et même une bonne Rais raison pour que ça arrive tout est explicable il n'y a pas de mystère dans l'univers d'ailleurs c'est amusant parce que c'est une des raisons pour lesquelles les stoïciens étaient superstitieux au sens où
nous l'entendons aujourd'hui il Croyaient au destin il pensaient qu'on pouvait prévoir en fait c'est pas du tout parce qu'ils étaient supersticieux au contraire c'est parce qu'ils étaient hyper logiques ils imaginaient qu'étant donné que tout est déterminé par les causes qui précèdent qui sont installé dans le passé et bien on doit pouvoir en analysant ces causes prévoir l'avenir et donc ça n'est pas en vérité de la superstition c'est plutôt une espèce d'hyperraationalisme qui faisait penser Au aux Romains notamment au stoïciens romain que l'avenir pouvait être prévisible et qu'on pouvait en lisant dans les entrailles des animaux
essayer de comprendre ce qui allait advevenir dans un combat ou dans des jeux ou dans une guerre alors évidemment pour nous ça semble superstitieux mais pour les stoïciens c'était pas de la superstition c'était plutôt une forme de rationalisme qui ne trouvait pas évidemment à à s'illustrer de manière scientifique au Sens où nous entendons les sciences aujourd'hui et puis là deuxième caractéristique avant de passer à l'ordre de la morale ou à l'ordre de l'éthique c'est que du coup et ça ça fait la transition avec la morale du coup les stoïciens vont introduire une distinction absolument cardinale
c'est peut-être celle qui est la plus connue dans la philosophie stoïtienne entre les choses qui dépendent de nous et celles qui n'en dépendent pas il y a des choses Qui dépendent de nous en gros c'est les jugements de valeur c'est les jugements que nous prononçons sur le monde c'est nos aversions nos goûts et nos dégoûts ça ça relève de la vie intérieure et pour les stoïcien ça appartient quand même à quelque chose comme la liberté on peut choisir d'aimer le monde ou de le détester on peut choisir de se révolter ou d'accepter voilà cette liberté
qui nous est accordée par la philosophie stoïtienne encore faut-il ajouter que ça N'est une liberté qu'intérieure ça n'est pas une liberté qui peut vraiment transformer le monde puisque ce monde extérieur est complètement déterminé est-ce que c'est pensable ou pas est-ce que c'est contradictoire ou pas il y aura dè l'époque stoïtienne par exemple chez plutar des quantité de critiques touchant cette question est-ce que une liberté purement intérieure est vraiment une liberté une liberté qui n'a pas d'effet dans le monde est-elle encore Une liberté je laisse de côté ce débat mais en tout cas il faut avoir
cette idée en tête que chez les stoïciens il y a des choses qui dépendent de nous ce sont les jugements de valeur et puis tout le reste n'en dépend pas la santé la maladie les honneurs la richesse la naissance et la mort c'est l'essentiel nous ne sommes pas maîtrre de notre naissance nous ne sommes pas non plus maître de notre mort même le suicide est discutable pour les stoïciens en terme De liberté mais en tout cas toutes ces choses qui forment la vie sociale les vanités les honneurs les richesses la maladie la santé aussi la
naissance et la mort tout cela ne dépend pas de nous et voyez ce qui se profile derrière cette conviction qu'il y a des choses qui dépendent de nous c'est la vie intérieure la citadelle intérieure comme dira un des grands commentateurs de la pensée grecque pierreado lui-même philosophe du reste philosophe de L'Antiquité et bien il y a la citadelle intérieure ça c'est le forum intérieur on pourrait dire c'est notre vie intérieure nos pensées dépendent de nous et là même un esclave peut être parfaitement libre et pique tête et puis il y a le reste il y
a la vie réelle ce qui se passe dans l'histoire dans la nature dans le cours du monde ça ça n'en dépend pas voyez ce qui se profile derrière disais-je et là c'est la transition vers la morale CEC a une Métaphore qui est très très parlante il dit ceci je cite SC les destins conduisent ceux qui les acceptent et traînent ceux qui les refusent métaphore qui l'explicite de la manière suivante avec une image qui était très connue dans le monde stoïcien nous sommes comme des petits chiens attachés à un traîneau et si nous refusons le monde
si nous refusons le déterminisme qui régit le monde et bien nous serons traînés que nous le voulions ou non par ce traîneau On aura les pattes qui traînent par terre et qui s'habîeront dans les graviers et qui seront douloureuses on souffrira c'est ça que ça veut dire si en revanche nous acceptons le destin nous acceptons l'ordre du monde parce que nous l'avons compris alors nous serons comme le petit chien qui trottine gentiment derrière le chariot et qui ne souffre pas qui au contraire dans une espèce de liberté intérieure parce qu'il a accepté l'ordre du monde
on retrouvera C philosophie stoïtienne dans un passage célèbre des méditations de descart du Discours de la méthode lorsque Descartes reprend à titre de morale provisoire la morale stoïtienne et qu'il dit mieux vaut changer ses désirs que l'ordre du monde on a là une philosophie qui est hostile à l'idée même de révolte c'est une philosophie de l'acceptation du monde ça lui sera d'ailleurs très rapidement reproché et notamment par les épicuriens on le verra tout à l'heure Mais ça nous permet de voir comment de la thé théorie on passe à la morale on passe à l'éthique la
théorie va nous permettre de comprendre l'ordre du monde de comprendre l'ordre cosmique et du coup elle va nous permettre de comprendre que la morale pour l'essentiel elle consiste comme je vous le disais tout à l'heure à essayer de trouver sa place dans cet ordre cosmique comme un organe doit avoir sa place sa juste place dans un organisme sinon L'organisme fonctionne mal et l'organe lui-même dépérit et donc on a là une philosophie dans laquelle la théorie est en quelque sorte tout entière dirigée vers un deuxième niveau de la réflexion philosophique qui est le niveau moral je
voudrais citer un petit texte de Cicéron qui sur ce point est particulièrement clair et particulièrement pertinent intelligent voilà ce qu'écrit Cicéron dans un commentaire célèbre de la pensée stoïtienne qui s'appelle desfs des biens Et des mots il écrit ceci celui qui veut vivre en accord avec la nature doit partir de la vision d'ensemble du monde et de la Providence celui qui veut vivre en accord avec la nature ça va être le but même de la morale s'ajuster s'ajointer à l'ordre du monde voilà la finalité tout entière de l'éthique et bien celui qui veut vivre en
accord avec la nature il doit d'abord partir de la théoria c'est-à-dire d'une vision globale du Monde pour savoir comment y trouver sa place et de la Providence la Providence c'est simplement le destin c'est cette espèce de déterminisme qui régit cet ordre du monde on ne peut porter des jugements vrais sur les biens et sur les mots sans connaître le système entier de la nature voilà ce quiécrit sieron à propos des stoïciens donc sans connaître le système entier de la nature et de la vie des dieux ni savoir si la nature humaine est ou non en
accord avec la Nature universelle et l'on ne peut voir sans la physique quelle importance et elle est immense ont les anciennes maximes des sages obéit aux circonstances suit Dieu suit Dieu au sens de le suivre évidemment connais-toi toi-même et rien de trop connais-toi toi-même et rien de trop ce sont les formules qui figurent au temple de delP figure très très importantes dans la mythologie grecque il faut bien comprendre ce qu'elles veulent dire Connais-toi toi-même ça n'a rien à voir avec la psychanalyse c'est pas une philosophie de l'introspection ça n'a aucun rapport connais-toi toi-même ça veut
dire sache qui tu es et où tu es dans le monde la formule est complétée par l'autre formule rien de trop quel est le plus grand péché pour les Grecs notamment dans toute la mythologie grecque mais aussi dans cette tradition qui remonte à Parménide Platon les stoïciens cette tradition cosmologique On voit pourquoi on l'a appelé comme ça et bien le péché par excellence c'est ce que les Grecs appelaient lubriis luubrice c'est l'arrogance c'est la démesure c'est le fait de ne pas être à sa place de se prendre pour quelqu'un d'autre hein pour qui il se
prend on dit bah voilà c'est ça le type qui se prend pour un Dieu il est puni il est pas à sa place et donc connais-toi toi-même ça veut dire sache qui tu es pour pouvoir trouver ta juste place dans le monde et Pas une place supérieure ou inférieure d'ailleurs à celle qui te revient et donc connais-toi toi-même pour ne pas être trop si je puis dire pour accomplir l'autre formule obéir à l'autre formule rien de trop autrement dit ne pêche pas par ubriss par arrogance encore une fois j'avais évoqué cette histoire quand Tantal se
prend pour un Dieu quand il croit qu'il est légal des dieux et qu'il invite les dieux à déjeuner chez lui et qu'il leur offre son fils à dîner il Fait cuire son fils c'est péope c'est bien tantas les puni parce qu'il s'est pris pour un Dieu il a péché par par orgueil par ubris il n'est pas à sa place il est trop si je peux dire il est tout muchch on dirait aujourd'hui en bon français et bien la théorie est donc le préalable à la morale il faut s'ajuster à l'ordre du monde alors là c'est
une idée qui est très intéressante c'est l'idée que le juste le juste au sens de la justice c'est la justesse la justice C'est la justesse ce qui est juste c'est ce qui est ajusté à l'ordre cosmique que la théoria a dévoilé comme un lutier ajuste les petites pièces de bois les 120 pièces de bois qui forment un violon ou un violon selle et bien comme un lutier ajuste ces pièces de bois pour que le violon sonne ça veut dire quoi pour qu'il soit en harmonie il ne sonne que s'il est harmonieux s'il est en phase
avec lui-même si je puis dire et bien de la même manière la morale va Nous inviter la morale stoïtienne à nous ajuster à l'ordre du monde après avoir compris quelle est notre juste place à l'intérieur de cet ordre cosmique d'où le fait que dans l'école enne on va développer ça c'est un point extrêmement intéressant que pierado avait bien vu dans son livre qui s'appelle qu'est-ce que la philosophie antique et puis dans ces livres consacrés notamment à Marc Orel la citadelle intérieure et bien dans les écoles grecques contrairement à Ce qui se passe aujourd'hui dans nos
lycées ou dans nos universités on va avoir tout un volet de l'enseignement qui est un enseignement pratique ça veut dire quoi et bien ça veut dire que cet enseignement ne sera pas simplement un enseignement transmis aux élèves sous la forme d'un discours comme je fais là dans un CD mais ce sera un enseignement pratique il y aura des exercices de morale des exercices d'éthique qui sont des exercices pratiques exercices qui Peuvent nous faire sourire aujourd'hui mais dont la signification est extraordinairement profonde Zénon avait été l'élève donc le père fondateur de l'école stoïtienne avait été l'élève
des cyniques les cyniques et notamment de krates qui était son maître qui a été un des grands philosophes cyniques très intéressant de voir ce que veut dire le mot cynique cynique en grec c'est les chiens on comparait les cyniques qui étaient Donc les maîtres des premiers stoïciens on comparait les cyniques à des chiens pour deux raisons deux raisons que nous allons retrouver dans ces exercices pratiques de morale appliqués que je vais évoquer dans un instant et bien les les cyniques on les appelait les chiens pour deux raisons d'abord parce que sur les places des marchés
à Athènes ils s'amusaient à asticoter les gens à leur poser des question pour les sortir de leur certitude bourgeoise on leur dirait Aujourd'hui pour les inciter à la réflexion philosophique et donc il titillait les gens comme des roquets qui viennent vous mordiller les molets ou qui viennent vous mordiller les chaussures et donc on les comparait à des chiens à cause de cela pu il y a une deuxième raison qui est plus profonde on les comparait à des chiens parce qu'ils étaient très sales et qui se comportaient comme des chiens comme des chiens qui vont mettre
le museau là où Il faut pas comme des chiens qui font pipi devant tout le monde et qui se conduisent en effet comme des chiens comme des sales chiens on dirait pourquoi il faisaent ça et bien parce que les cyniques Grecs avaient déjà cette idée que les stoïciens vont reprendre que la morale la vraie morale qui comme dira Pascal se moque de la morale c'est des conventions artificielle la vraie morale ça consiste à s'ajuster à l'ordre cosmique donc donc À vivre en harmonie en accord avec la nature vivre en accord avec la nature ça veut
dire quoi si on va un petit peu plus loin et bien ça veut dire se moquer du quandiraton se moquer des conventions bourgeoises on dirait aujourd'hui se moquer des conventions artificielles se moquer des artifices de la civilité bourgeoise construite par les humains il s'agit de vivre en accord avec la nature pas en accord avec la civilité des riches des bourgeois de de ces citoyens De Rome ou d'Athène qui ne vivent plus en accord avec la nature parce qu'ils sont rentrés dans une civilisation aux yeux des cyniques comme aux yeux des stoïciens déjà dégradé déjà on
retrouvera cette idée chez Rousseau et par conséquent le vrai sage c'est celui qui se moque des conventions mais qui en revanche respecte la nature comme LE CHIEN Le chien est sale aux yeux du bourgeois mais aux yeux du cynique ou aux yeux du stoïcien il est naturel Simplement d'où les exercices de sagesse ou en tout cas les exercices d'éthique que les stoïciens comme les cynique recommandé à leurs élèves par exemple ils obligeaient leurs élèves dans cette école stoïtienne à tirer un har en mort ou un mulet peu importe enfin un poisson mort en tout cas
sur la place du marché le jour du marché à Athènes ou à ome du reste et alors évidemment le malheureux élève qui tirait comme un petit chien au bout d'une laisse son poisson mort se Faisait insulter en tout cas il était victime de tous les colibet possibles à imaginaablees on se moquait de lui et quel était le but de l'exercice c'est qu'il apprenne justement lui à se moquer du candiraton pour être dans la conversion au sens étymologique du terme c'est détourner le regard des conventions artificielles pour le jeter vers la nature ce regard c'est vers
l'ordre cosmique et le comprendre théoria et donc il faut d'abord premier Pas du disciple stoïcien se déprendre du poids du candiraton du poids des conventions sociales pour être capable de vivre enfin en accord avec la nature d'où ce type d'exercice qui encore une fois peut paraître amusant mais prouve aussi c'est très important à quel point l'enseignement était un enseignement pratique à quel point il s'agissait d'apprendre à vivre et pas simplement d'apprendre à parler ou d'apprendre à penser la sagesse cétait une sagesse Pratique et puis un deuxième exercice on raconte ces Diogène laers qui raconte ça
toujours ce doxographe du 3e siècle après Jésus-Christ qui raconte que kratès donc le maître de Zénon toujours ce grand penseur cynique ce grand chien si je puis dire et bien kratès était marié avec une femme dont on dit qu'elle était très belle qui s'appelait hiparkia et lorsque grratès faisait l'amour avec sa femme il habitait dans une grotte assez infâme à Athène il prenait soin il Était en effet très sale paraî-il en tout cas c'est l'image évidemment toutes ces biographies sont mythiques elles ont une signification philosophique bien sûr il faut pas les prendre au pied de
la lettre mais il prenait soin dit-on de lever le rideau qui fermait sa caverne si je puis dire et il faisait l'amour en public devant tout le monde ce qui choquait le bourgeois on dirait aujourd'hui ce qui choquait le bourgeois c'était évidemment exprès et il disait Au bourgeois et bien allez vous faire voir moi je vis selon la nature vivez si vous voulez selon les conventions artificielles moi je vis selon la nature et faire l'amour avec sa femme n'a rien de scandaleux n'a rien d'antinaturel c'est est au contraire parfaitement conforme à l'ordre du monde il
y avait là donc à la fois une stratégie de choquer le bourgeois si je puis dire et en même temps une stratégie de se déprendre soi-même du regard des autres Pour vivre vraiment dans la sagesse on a là une conception de la morale qui est assez intéressante assez amusante d'ailleurs aussi en un sens mais d'une certaine manière très profonde très très profonde y compris historiquement pas seulement philosophiquement parce qu'elle va dominer l'histoire européenne Prati jusqu'à la Révolution française en vérité parce que dans tout le droit romain qui va dominer l'Europe du Moyen-Âge le droit romain
reposera sur la formule à chacun le sien ça veut dire mettre chacun à sa place rendre à chacun ce qui lui appartient et pas plus pas du Briss et au fond la justice sera pendant très très longtemps considérée comme une activité qui consiste à donner à chacun ce qui lui revient et pas plus pas moins non plus évidemment c'est l'idée de partage mais c'est l'idée que le monde étant bien partagé il est un cosmos et bien ce qui est juste c'est ce qui est En accord avec cette harmonie cette beauté de l'ordre de l'univers tout
entier donc vivre selon la nature et non pas selon la convention il y a évidemment troisème niveau de la réflexion philosophique là aussi quelque chose qui prépare la doctrine de la vie bonne c'est-à-dire la doctrine de la sagesse pourquoi et on peut même dire la doctrine du salut la soteréiologie soterios en grec ça veut simplement dire le salut Le salut étymologiquement c'est ce qui sauve c'est le fait d'être sauvé plus exactement sauvé de quoi des peurs évidemment notamment de la peur de la mort quel rapport entre ce que nous venons de voir la thoria la
contemplation de l'ordre cosmique et puis cette volonté de s'ajusté à l'ordre du monde et puis la question de la mort la question du salut la question de la victoire sur les peurs la question de la sagesse la question de la vie bonne et Bien les Grecs avaient cette idée qu'on trouve déjà dans l'histoire du LCE c'est tout l'enjeu du retour à ITAC que lorsque on est enfin ajusté à l'ordre du monde lorsqu'on est enfin comme les petites pièce du violon que j'évoquais tout à l'heure en phase avec l'univers en harmonie avec l'harmonie de l'univers lorsqu'on
est en accord avec l'accord dominant de l'univers et bien comme le cosmos est éternel comme il est immortel si je puis dire on devient soi-même un Fragment d'éternité et dans ces conditions la mort n'est plus qu'un sage la mort n'est plus qu'une transition d'un état à un autre ce que les stoïciens je ne vais pas citer parce que ce serait trop long mais ne cessent de dire de répéter de reerépéter dans leurs œuvres la mort n'est qu'un passage la mort n'est pas effrayante c'est que un passage d'un état à un autre l'état de vivant à
l'état de matière inanimée mais ça n'est pas une perte ça n'est pas un Néant la mort c'est une transition lorsqu'on est un fragment d'éternité on est soi-même éternel on est un atome de cosmos d'où l' enjeu de cet ajustement de cet ajointement à l'ordre du monde il y a derrière un enjeu métaphysique extrêmement profond c'est la victoire sur la mort les Grecs pensaient qu'il y avait trois manières de vaincre la mort avoir des enfants une descendance comme on dit on voit que les petits enfants ont une aile du nez du grand-père il y a Quelque
chose qui est resté dans la descendance et donc tout n'est pas perdu mais c'est triché parce que quand on a des enfants souvent on est encore plus inquiet pour eux c'est pas comme ça qu'on se rassure vraiment alors il y avait un autre moyen c'est toute la philosophie grecque de l'héroïsme qu'on voit notamment euh dans tout la mythologie dans toutes les histoires qui touchent à des héros commechil la gloire nous permet d'échapper à l'éphémère Parce que la gloire nous transforme en héros de romans en héros de livres historique et grâce à l'écriture Anna Haren a
très bien analysé ça dans la crise de la culture grâce à l'écriture le héros devient un être quasi éternel parce que l'écriture à la différence du langage reste elle subsiste si vous réussissez par vos faits et gestes comme achile à être inscrit dans un livre d'histoire alors vous durerez très longtemps mais là encore c'est triché si Je peux dire ça n'empêche pas de mourir d'où le troisième niveau de lutte contre la mort qui est ce niveau de l'ajustement de soi à l'ordre du monde par lequel à justement nous devenons des fragments d'éternité et comme chez
uliss comme chez Ulis comme dans l'histoire d'Ulis à ce moment-là le sage est enfin celui qui peut vivre au présent ajusté à l'ordre du monde comme Cratès ou comme Diogène un autre cynique ou comme Zénon enfin ajusté à l'ordre du monde il peut Se débarrasser du poids du passé des regrets des remords des culpabilités il peut enfin se débarrasser des illusions de l'avenir de l'espérance ça ira mieux après hein c'est tout le thème des Lettres à Lucilius de sénec il peut enfin vivre au présent et accomplir cette formule qui définit le sage et que je
reprends à nouveau à mon ami André conponville le sage est celui qui parvient à regretter un peu moins à espérer un peu moins à aimer un peu plus Amorpati dit Radnic amour du Fatou ça colle parfaitement avec la philosophie stoïtienne amour de ce qui est la réconciliation avec le monde voilà la satériologie la doctrine du salut stoïienne voilà la vie bonne la doctrine de la vie bonne et là encore vous voyez que cette définition de la vie bonne comme mise en harmonie de soi avec l'harmonie du monde victoire sur la mort d'une certaine manière et
bien cette philosophie de la vie est une Philosophie laïque elle ne passe ni par la foi ni par Dieu on est dans la philosophie on n'est pas dans la religion alors j'ajoute une dernière chose sur les stoïciens un dernier élément de réflexion mais qui est très très important et qu'il faut avoir présent à l'esprit les stoïciens je le disais vont développer des exercices de morale le har en mort faire l'amour en public avec sa femme curieusement c'est un exercice de morale on a compris Pourquoi maintenant mais ils vont développer aussi des exercices de sagesse c'est-à-dire
à ce niveau supérieur des exercices par lesquels le disciple est appelé à se débarrasser des peurs à se débarrasser du poids du passé à se débarrasser de l'espérance je ne développe pas ces exercices on peut les trouver aisément dans les grands texte stoïcien lorsque le sage stoïcien est ajusté à l'ordre du monde lorsqu'il a trouvé sa place dans l'ordre cosmique Lorsque par conséquent il comprend qu'il est un fragment d'éternité un atome de cosmos que la mort n'est qu'un passage et bien il est en quelque sorte en position de vaincre sinon la mort elle-même la mort
individuelle la mort de la conscience individuelle en tout cas une grande partie de la peur de la mort c'est c'est du moins l'idée qui anime les stoïciens on n'est pas obligé d'être stoïcien moi je ne suis pas stoïcien mais voici ce qu'écrit par Exemple un grand stoïcien épqueetète voici comment il s'adresse à à son disciple à propos de la mort à propos de la manière dont on doit voir la mort quand on a ce stade suprême de la sagesse qui consiste à savoir qu'on est un fragment d'éternité donc voici ce que éepictè dit à son
disciple les feuilles tombent la figue sèche remplace la figue fraîche le raisin sec la grappe mû voilà selon toi des paroles de mauvaise augure voilà pourquoi il dit à Son disciple selon toi ça fait peur ça parce que devenir une fi sèche ça veut dire mourir donc toi tu as peur et bien voilà ce qu'il ajoute en fait il n'y a là que la transformation d'État antérieur en d'autres États il n'y a pas de destruction mais un aménagement et une disposition bien réglée hein on retrouve toujours cette idée de déterminisme cette idée d'ordre du monde
cette idée que le destin est bon et qu'il faut l'accepter sinon on sera Comme le petit chien qui est traîné par le chariot et qui voit ses PES suusés sur les graviers qui souffrent l'émigration n'est qu'un petit changement l'émigration il faut évidemment savoir que le bannissement il fait allusion au bannissement qui est la punition suprême pour les Grecs c'est pire que la mort puisque on est renvoyé hors de ce cosmos qui est la cité donc on ne peut plus atteindre la sagesse on ne peut plus atteindre la vie bonne L'émigration c'est le banissement n'est qu'un
petit changement la mort en est un plus grand mais il ne va pas de l'être actuel au non-être de l'être actuel c'est de ce qu'on est actuellement comme être vivant au né en absolu mais au non être de l'être actuel c'est-à-dire que c'est seulement ce que nous sommes actuellement qui va mourir mais c'est pas la totalité de nous qui va mourir alors je ne serai plus demande le disciple mais tu ne seruras pas ce que Tu tu es mais tu seras autre chose dont le monde aura tout autant besoin voilà ce que lui répond épiicetête
et là on voit que cette idée de la mort comme passage est évidemment une stratégie destinée à faire en sorte que le sage surmonte la peur de la mort le sage c'est celui qui a vaincu les peurs il n'est pas dans le bonheur au sens d'un bonheur repu d'une satisfaction complète de tous les désirs mais il est dans le bonheur au sens de la sérénité au sens Où il n'est plus tiraillé par les peurs il est comme uliss à la fin de l'Odyssée lorsque Ulis a rejoint ITAC qu'il est réconcilié avec l'ordre du monde il
est donc lui aussi ajusté ajointé si je puis dire à l'ordre du monde et alors souvenez-vous les dieux distendent l'instant que vit Ulis au moment où il retrouve Pénélope où il se retrouve dans le linupsal il distende l'instant cette métaphore de l'instant distendu c'est la métaphore on pourrait dire de l'instant Comme atome d'éternité comme fragment d'éternité c'est-à-dire comme instant qui n'est plus angoissant parce qu'il n'est plus relativisé par la nostalgie du passé ou par l'espérance du futur espérance et nostalgie qui tenaille le fou et qui disparaissent chez le sage Ulis est fou si je puis
dire au sens où il est non sage tant qu'il est en voyage tant qu'il est en guerre tant qu'il n'est pas AAC mais quand il est àitac il est réconcilié avec le temps il habite Le présent carpédiem dirait Horace il faut vivre le présent amorphati diriranic et bien évidemment si nous en étions restés là dans la philosophie stoïtienne ça n'aurait sans doute pas marché il va y avoir un étage de plus dans la philosophie stoïtienne il va y avoir au-delà de la théoria qui nous donne une représentation complète de l'ordre cosmique au-delà de la morale
qui nous invite à nous ajuster à notre place et pas ailleurs dans cet ordre du Monde au-delà même de cette sagesse qui consiste à s'ajuster à cet ordre pour comprendre doctrine du salut que nous sommes sauvés de la peur de la mort il y a tout toute une série d'exercices pratiques que les stoïciens vont développer dans leurs écoles j'évoquais tout à l'heure des exercices de morale se débarrasser du candiraton et de l'opinion des autres à partir d'exercice du type tirer un poisson bord sur la place du marché ou faire l'amour en Public avec sa femme
et bien d'autres exercices vont dominer la pensée stoïtienne d'autres exercices qui vont comment dire donner de la chair si je puis dire à cette pensée elle ne va pas rester désincarnée elle ne va pas rester une pensée abstraite mais elle va s'incarner dans la vie de tous les jours c'est du moins l'idée grâce à ces exercices et pierreado donc l'un des grands philosophes de la pensée ancienne un Philosophe contemporain il vient malheureusement de mourir mais c'était un des plus grands spécialiste de la pensée antique et notamment de la pensée stoïtienne et bien pierado a développé
cette idée que dans la philosophie grecque dans toutes les grandes écoles grecques la philosophie je commençais à l'indiquer tout à l'heure mais j'y reviens la philosophie n'avait pas pour but de développer un discours une réflexion pas même une réflexion Critique c'est pas l'essentiel mais elle avait pour but la philosophie de nous conduire vraiment à la sagesse de manière pratique de manière concrète c'était un apprentissage de la vie il y a aujourd'hui des philosophes qui se dis disciplle de Schopenhauer qui se moquent de cette idée-là ça c'est paradoxal parce qu'on retrouvera justement chez Schopenhauer et en
partie chez Nietzsche cette idée ancienne cette idée grecque que la philosophie est apprentissage de La vie Schopenhauer a écrit apprendre à vivre un apprendre à vivre il a écrit un art du bonheur c'est assez intéressant de voir que on va retrouver dans la philosophie contemporaine notamment à partir de Schopenhauer cette idée grec mais c'est intéressant aussi et même très intéressant de voir que cette idée qui domine la pensée grecque et notamment les écoles greces c'est la pratique des écoles grec elle va être abandonnée à partir du moment où le Christianisme va l'emporter sur la philosophie
grecque lorsque le christianisme va l'emporter sur la philosophie grec et bien le christianisme va s'arroger le monopole légitime de la définition de la vie bonne et du salut et du coup la philosophie sera renvoyée à une tâche inférieure la philosophie deviendra selon le mot d'un grand théologien du Moyen-Âge Saint-Pierre Damien elle deviendra servante de la religion ça Veut dire quoi ça veut dire que la philosophie n'aura plus pour tâche de définir la vie bonne comme chez les stoïciens comme chez les Grecs d'une manière générale elle aura seulement pour tâche d'analyser les concepts c'est ce qu'on
appellera la Scholastique analyse de concept la substance l'accident l'être le néant et cetera et elle deviendra une analyse critique une discussion sur le sens des mots ce que Kant appellera la philosophia généralis La philosophie qui se contente on pourrait presque dire de couper les cheveux en quatre et bien c'est cet exercice philosophique que malheureusement nous allons très largement conserver sous la forme de la dissertation est-ce que le beau c'est ceci ou cela est-ce que le vrai c'est ceci ou cela qu'est-ce que le juste est-ce que la science c'est ceci ou cela et on va inciter
nos élèves à discuter sur des grands concepts de poursuivre Une analyse critique une argumentation une réflexion critique ça n'est pas ça la philosophie pour les Grecs et je pense qu'ils ont profondément raison c'est un apprentissage pratique de la sagesse philosophia c'est toujours la même idée il s'agit de parvenir à la vie bonne c'est-à-dire à la sagesse évidemment quand on est sage on a cette vie bonne et bien les stoïciens donc vont développer des exercices de sagesse et c'est très frappant de voir comment Ces exercices vont disparaître de la philosophie dès que le christianisme l'emportera et
qu'elle Devi viendra une scolastique une analyse de concept dans nos classes on fait pas tirer des arant euh par les élèves ça serait complètement ridicule on serait probablement renvoyé d'urgence par l'Inspection générale dans un foyer de la mgenen dans un hôpital psychiatrique et bien c'est parce que nous avons pris l'habitude c'est un héritage de la Victoire du christianisme sur la philosophie grecque de considérer que la philosophie c'est purement de la pensée c'est de la théoria c'est de l'analyse de concept pour les Grecs ça n'est pas ça et voilà pourquoi au tr tris étages de la
philosophie théoria morale satériologie doctrine du salut ils vont ajouter et c'est de cela que je voudrais parler pour terminer des exercices non plus simplement des exercices de morale mais en l'occurrence des exercices de Sagesse il y en a au moins trois grands types qui sont très intéressants le premier c'est s'exercer à vivre au présent le fameux carpédiem le fameux amorphati amour de ce qui est là il faut disent les sages sooïciens s'exercer à vivre au présent s'exercer à à ne pas regretter en permanence ne pas être dans la nostalgie ne pas être dans les remords
dans les regrets dans les culpabilités dans ce que Spinoza appellera joliment les passions tristes Donc il faut apprendre à vivre au présent il faut par exemple se dire quand je ne sais pas prenons un petit exemple tout simple quand il vous arrive un pépin anecdotique dans la vie lorsque vous êtes en retard à un rendez-vous et que ça vous paraît une montagne sur le coup parce que c'est un rendez-vous très important il faut par exemple se dire mais euh dans 3 moi je n'y penserai plus même pas dans 3 mois dans dans 2 jours je
n'y penserai plus sur le moment on Est tétanisé d'angoisse on transpire on cour c'est toute une affaire non c'est absurde il faut apprendre à habiter le présent quel qu'il soit d'une d'où l'image du stoicicien bien sûr qui qui ne crie pas sous la torture on raconte qu'epiic tê disait qu'il pouvait supporter toutes les tortures j'ai dit qu'epiicetê était un esclave et son maître pour vérifier la la justesse de la philosophie stoïtienne s'était amusé à casser la jambe du malheur heureus Esclave épqueetête et é piqueetête avait supporté merveilleusement la douleur enfin c'est l'anecdote qu'on raconte bien
sûr toutes ces anecdotes sont plus ou moins légendaires elles sont philosophiques probablement plus que historique et factuel mais en tout cas c'est l'anecdote de la biographie despqueetête et on voit bien que cette image du stoïcien qui supporte la souffrance c'est l'image de quelqu'un qui s'exerce quoi qu'il arrive à habiter Joyeusement le présent à dire oui au présent la formule on la retrouvera chez Nietzsche à dire oui à ce qui est quel que soit si je puis dire la nature de ce présent même si c'est un présent de souffrance en tout cas ne pas se faire
une montagne des petites choses de la vie c'est évidemment toute une série de préceptes dans la vie quotidienne ne jamais par exemple prendre toujours du temps ne pas être en retard des précepts très simples de vie quotidienne qu'on va Retrouver dans cette philosophie stoïtienne mais qui ont un sens très profond c'est de se débarrasser de la tyrannie de l'avenir et du passé pour être capable de vivre vivere dans cet instant qui est un fragment d'éternité c'est l'idée en tout cas et ça suppose qu'on s'efforce de l'atteindre la deuxième idée le deuxième type d'exercices pratique et
bien ce sont ces exercices qui consistent à à se débarrasser non plus seulement du passé Ou des tyrannies même des petites choses du présent qui qui nous tyranisent et qui nous empêche d'habiter le vrai présent qui est un présent plus large que le présent anecdotiqu de nos vies quotidiennes mais il y a aussi cette série d'exercices qui consiste à à se déprendre des illusion de l'espérance l'espérance est la pire des choses pour les stoïciens l'espérance est la pire des choses là encore je reprends volontiers une formule à mon ami André Consponville parce qu'elle est parfaite
André consponville dit en commentant la pensée stoïtienne espérer c'est désirer sans jouir sans savoir et sans pouvoir reprenons les trois termes espérer s désirer sans jouir sans savoir sans pouvoir imaginons vous êtes malade et vous espérez la santé et bien espérer la santé c'est désirer quelque chose sans en jouir si j'espère la santé c'est que je n'en jouis pas donc c'est un malheur c'est pas un bonheur c'est pas une joie Donc désirer la santé c'est par définition une négativité si je puis dire c'est être dans l'espérance de quelque chose qui est enviable et dont je
ne jouis pas c'est donc désirer sans jouer c'est désirer sans savoir je ne sais pas quand la santé arrivera sinon je pourrais supporter aisément mais je ne sais pas si elle arrivera je ne sais pas quand on m'annonce que j'ai une maladie très grave si je vais en mourir ou pas et donc je ne sais pas si la Santé va m'adevenir je l'attends je l'espère mais je ne sais pas je suis donc dans l'ignorance je ne suis pas dans la joie et la jouissance et je suis dans l'ignorance mais je suis aussi dans l'impuissance puisque
je ne peux pas faire adevenir la santé si je le pouvais je le ferai tout de suite mais ça ne dépend pas ou en tout cas c'est très loin de dépendre entièrement de moi et quand la maladie est grave ça ne dépend pas du tout de moi et donc je suis dans La nonjoie dans la nonjouissance je suis dans l'ignorance et je suis dans l'impuissance l'espérance et la pire des choses on est là dans une philosophie par avance tout à fait anti-chrétienne n'entrez pas dans l'espérance dit le sage stoïcien par opposition au pape à Jean-Paul
II qui écrit une encyclique entrer dans l'espérance surtout pas dit le stoïcien et il va évidemment développer toutes sortes d'exercices pratiques pour éviter d'entrer dans L'espérance ne pas espérer et guérir quand on est malade euh essayer de profiter de la vie comme elle est même si elle est une vie abîmée une vie défectueuse mais la vivre quand même tant qu'elle est vivable et tant qu'elle peut avoir quelques charme un troisème type d'exercice on le retrouvera d'ailleurs dans le bouddhisme lorsque nous parlerons du bouddhisme le bouddhisme c'est vraiment l'équivalent oriental du stoïcisme c'est c'est très Très
proche de la morale stoïcienne jamais deux visions du mondes se sont rapprochés autant que la vision bouddhiste et la vision stoïtienne et bien là aussi troisème exercice des exercices qui visent au non attachement à ce que les bouddhistes comme les stoïciens d'ailleurs appellent le non d'attachement il ne faut surtout pas s'attacher disent les stoïciens ni aux êtres ni aux choses ne vous attachez ni à l'argent ni à des objets objet d'art Ou que sais-je mais ne vous attachez pas non plus à ce que vous aimez ne vous attachez pas à vos filles à vos fils
à vos maris à vos femmes à vos parents à vos frères à vos sœurs pourquoi et le raisonnement est exactement le même que celui qu'on retrouvera ou qu'on trouve déjà dans le bouddhisme et bien si l'on s'attache à quelque chose c'est la folie c'est le contraire de la sagesse parce que la réalité du monde pantareay disait déjà hraacit tout passe tout cooule la Réalité du monde c'est l'impermanence la non permanence des choses donc si je m'attache à quelque chose ou à quelqu'un je suis fou parce que cet attachement un jour ou l'autre me fera terriblement
souffrir le jour où il mourra le jour où il se brisera le jour où il s'anéantira je serai dans un malheur total ne pas s'attacher est une précaution fondamentale du stoïisme là aussi beaucoup d'exercices un petit texte d'épique-etête que je cite dans ce sens C'est que les maîtres tibétains auraient pu signer et même signer des deux mains le premier principal exercice celui qui mène d'emblé aux portes du bien là épiè s'adresse à son disciple c'est un conseil qu'il lui donne hein le premier principal exercice c'est lorsqu'une chose nous attache de considérer qu'elle n'est pas de
celle qu'on ne peut pas nous enlever qu'elle est du même genre qu'une marmite ou une coupe de cristal dont on ne se trouble pas lorsqu'elle se Brise parce qu'on se rappelle ce qu'elle est c'est-à-dire quelque chose de fragile qui peut disparaître d'une seconde à l'autre il en est de même ici si tu embrasses ton enfant ton frère ou ton ami ne t'abandonne pas sans réserve à ton imagination rappelle-toi que tu aimes un mortel un être qui n'est aucunement toi-même il t'a été accordé pour le moment mais pas pour toujours ni sans qu'il puisse t'être enlevé
quel mal y a-t-il à murmurer entre ses dents tout En embrassant son enfant demain il mourra voilà un exercice de sagesse se dire quand on embrasse son fils ou sa fille fille qu'on adore par ailleurs mais il peut mourir demain dès qu'un être est né il est assez vieux pour mourir ne nous attachons pas ça ne veut pas dire soyons indifférent pratiquons la compassion il y a toute une philosophie très belle de l'amitié chez les stoïciens et il recommandait vivement l'amitié et la compassion la Pitié la générosité le souci des autres mais pas l'attachement très
difficile évidemment là aussi on retrouvera cette idée dans le bouddhisme le véritable sage pour ne pas s'attacher à haute intérêt à vivre seul monos moine monastère le sage a tout intérêt à vivre seul s'il ne veut pas céder aux inévitables attachements qu'engendre la vie familiale on ne peut pas avoir des enfants ou c'est très difficile d'avoir des enfants sans s'attacher et donc il y A là une pratique du non attachement qui doit se mettre en place grâce à des exercices de sagesse pour conclure un mot ou deux de conclusion sur cette pensée stoïtienne elle va
traverser toute l'histoire de la philosophie Descartes reprendra certains aspects du stoïcisme Montaigne avant Descartes reprendra bien des aspects du stoïcisme la la philosophie de Nietzsche même si elle est souvent très critique à l'égard des stoïciens reprendra presque Intégralement une idée fondamental des stoïciens l'idée d'amorpati c'est l'amour du Fatou l'amour de ce qui est là Fatou c'est le destin mais le destin au sens de ce qui est devant nous ce qui est là autour de nous et devant nous et donc on aura une très longue postérité de la pensée stoïcienne il y aura évid ment beaucoup
de critiques adressé au stoïciens notamment l'accusation de quiétisme c'est-àdire l'accusation d'être une philosophie d'esclave une Philosophie qui n'accepte pas la révolte qui refuse la révolte qui accepte au contraire l'ordre du monde quel qu'il soit alors évidemment on objectera au stoïciens un argument célèbre qu'on appelle l'argument du bourreau s'il faut aimer le monde tout entier am morphati s'il faut dire oui au destin être un petit chien qui suit le chariot et qui ne se révolte pas alors comme il y a dans le monde des bourreaux des tortionnaires des assassins des méchants Des nazis on dirait aujourd'hui
puisque c'est le repoussoir absolu alors ça veut dire qu'il faut aimer aussi les bourreaux qu'il faut aussi aimerclaire qu'il faut aussi aimer le maître qui brise la jambe des pique-etêtees ce célèbre argument du bourreau est évidemment un argument qui embêtera beaucoup les stoïciens dès l'époque stoïcienne un certain nombre de d'auteurs font cette objection au stoïcien je ne suis pas stoïcien Notamment parce que je pense que l'argument du bourreau est un argument en vérité assez bon il est banal mais il est assez bon mais néanmoins il y a là une une tentative grandiose et passionnante à
cet égard de définir la vie bonne de définir la sagesse de définir le sens de la vie euh au sens précis du terme c'est-à-dire le sens de la vie c'est cette vie bonne ce qu'on doit chercher dans la vie ça veut pas dire quelque chose de religieux il y a Donc une tentative grandios de définir la sagesse de définir la vie bonne sans passer par la religion sans passer par Dieu sans passer par la foi en se souvenant toujours comme dit éepctê que nous sommes des mortels et que bien que mortels la vie bonne ne
nous est pas la vie bien heureuse la vie dans la sérénité la vie qui a vaincu les peurs et notamment la peur de la mort ne nous est pas inaccessible et c'est de ce point de vue-là je crois que la pensée Stoïcienne même si on peut et je le répète ne pas être stoïcien encore une fois je ne suis pas moi-même stoïtien mais de ce point de vue-là cette philosophie marquera définitivement histoire de la pensée parce que elle sera d'une certaine manière l'aboutissement d'une grande tradition grecque la tradition des sagesses du monde la tradition des
sagesses cosmologiques qui parvient à définir ou en tout cas de son point de vue elle y Parvient la vie bonne sans passer par Dieu et sans passer par la foi et donc nous livre nous lèue une philosophie laïque une spiritualité laïque une sagesse laïque et c'est ça qui est probablement le plus important le plus intéressant dans la philosophie histoïtienne en dehors du fait qu'un certain nombre d'exer exercice de sagesse me semble-t-il reste tout à fait pertinent dans la vie de tous les jours on peut prendre des bribes d'une pensée Philosophique sans être obligé d'accepter la
totalité de cette pensée je reviens pour conclure à cette métaphore les grands systèmes philosophiques ou les grandes vision du monde philosophique si on ne veut pas employer le terme de système qui est très connoté métaphysiquement les grandes visions du monde philosophique sont comme des palais magnifiques comme des châteaux magnifiques il faut prendre le temps de les visiter de toute façon Avant de les critiquer et là j'espère vous avoir donné quelques clés pour vous repérer dans cette pensée stoïtienne dans cette grande spiritualité laïque quelques mots sur l'épicurisme sur Épicure et lucrè qui sont les deux représentants
de cette philosophie épicurienne alors d'abord pour dire je ne m'y étends pas qu'on sait très très très peu de choses de leur vie on sait qu'épicur est né en 342 avant Jésus-Christ on sait qu'il a fondé une École qui s'appelle le jardin à nouveau c'est le lieu qui est désigné euh on sait que lucrè lui est né au 1er siècle avant Jésus-Christ mais on ne sait même pas s'il s'est suicidé ou pas on dit que certains disent qu'il s'est suicidé en fait c'est probablement là encore une biographie mythique et légendaire on dit qu'il s'est suicidé
parce qu'il était plus pessimiste que son maître épicû il est un grand disciple d'épicû mais la vérité c'est qu'on n'en sait absolument Rien à nouveau nous ne connaissons que des bribes de biographie par les doxographes et en particulier par diugè laers 3 siècles après Jésus-Christ donc pratiquement 6 ou 7 siècles après la vie d'épicû donc je laisse cela de côté mais c'était juste pour situer ces deux auteurs quand même un tout petit peu dans le temps donc 4e siècle avant Jésus-Christ et et 1emier siècle avant pour lucres mais ce qui est très intéressant dans la
philosophie Épicurienne qui est une philosophie qui sur le plan théorique le plan de la théoria s'inspire de l'atomisme c'est que c'est véritablement la contreculture par rapport à la philosophie stoïtienne ils se détestent entre eux on va voir qu'il y a quand même quelques thèmes communs mais sur le plan théorique sur sur le plan de la philosophie de la connaissance ce qui va caractériser l'épicurisme en général c'est l'idée que le monde est tout sauf un cosmos c'est Un tissu d'atome totalement incohérent qui n'a rien d'harmonieux qui n'a rien de juste qui n'a rien de beau qui
n'a rien de bon et donc on a une philosophie théorique une philosophie de la connaissance une physique qui est totalement à l'opposé de la philosophie stoïtienne encore une fois l'atomisme c'est l'idée que nous avons à faire lorsque nous ouvrons le monde un agrégat à une série d'atomes qui s'agrège les uns aux autres mais de manière Intégralement contingente intégralement hasardeuse il n'y a aucun ordre dans tout cela il n'y a aucune logique dans tout cela il n'y a rien de divin dans tout cela on est dans la contreculture et c'est important de voir qu'à toutes les
époques de l'histoire de la philosophie il y aura des des contrephilosophies des déconstructions on dirait aujourd'hui du système dominant de la cosmologie grecque euh c'est l'essentiel sur le plan théorique Avec un enjeu évidemment très important un enjeu morale comme toujours dans la philosophieque la théorie ne fait pratiquement que préparer la vision morale du monde c'est l'idée de liberté comme le monde est un hasard un tissu de hasard si je puis dire comme le monde est complètement contingent la liberté ce qui n'était pas possible chez les stoïcien la liberté est possible chez les épicuriens il y
a une place pour quelque chose comme le libre arbitre Chez Épicure et lucr mais venons-en tout de suite à la morale la morale épicurienne elle repose sur une une série de trois grandes sentences de trois grandes pléades de principes je les prends tous les trois les trois séries la première série de principe si on veut résumer la morale épicurienne c'est ce qu'on appelait le cadruple remède l'idée que la philosophie est une thérapeutique elle est comme la médecine et le cadruple Romain le voici il faut Partir de là pour comprendre la morale épicurienne les dieux ne
sont pas à craindre alors ils sont pas à craindre épicur va développer ça parce que ils ne s'occupe pas des humains il ne s'occupe pas des hommes ils sont parfait fait ils vivent là-haut chez eux contrairement à ce qu'on dit parfois Épicure n'est pas du tout até ils pensent que les dieux existent comme tous les Grecs mais les dieux existent chez eux pas chez nous il ne s'occupe absolument pas des humains Nous n'avons pas du tout avoir peur d'eux parce que ils ne s'abaissent pas à s'occuper des mortels la mort n'est pas à redouter on
verra dans un instant pourquoi c'est une philosophie selon laquelle la mort ne doit pas effrayer les humains en tout cas dès qu'on est sage on na plus peur de la mort victoire totale sur la peur de la mort et euh deux autres préceptes dans cette première série de préceptes le bien est facile à acquérir le mal est facile à Supporter parce qu'il ne dure pas longtemps les deux premiers principes dans cette première série visent la victoire sur les peurs on n'a pas à craindre ni les dieux ni la mort on va voir pourquoi dans un
instant et le deuxième volet c'est l'idée que le bien étant facile à acquérir et le Mal facile à éviter on doit pouvoir parvenir au bonheur assez simplement ça n'est pas trèsile difficile d'être heureux ou en tout cas de vivre dans la sérénité ça C'est la première série de principe ce sont donc ces quatre fameux remède il y a une deuxième série qui s'ajoute à la première et qui permet justement de la compléter de la comprendre et qui touche à la question du plaisir on sait que épicurien dans le vocabulaire contemporain ça renvoie à une philosophie
du plaisir on va voir que c'est à peu près l'opposé c'est une philosophie de la frugalité c'est une philosophie du plaisir certainement mais Pas au sens où nous l'entend dont nous contrairement à ce qu'on dit dès l'époque les épigurines sont toutous SAF des pourceau ce sont au contraire des philosophes qui vont faire l'apologie des plaisirs les plus simples il y a trois types de plaisirs il y a les plaisirs naturels et nécessaires c'est la fin et la soif par exemple il y a des plaisirs naturels mais pas tout à fait nécessaires c'est la sexualité le
sexe c'est naturel mais pas absolument Nécessaire quoique tout même très utile à la reproduction de l'espèce donc ça fait partie de l'acceptable et puis il y a a des désirs non naturels et non nécessaires là on est dans l'artifice on est dans ce qu'on appellerait aujourd'hui la consommation le consumérisme on est dans l'artificiel alors c'est très important cette philosophie du plaisir on va voir pourquoi dans un instant c'est lié à la philosophie de la mort c'est le troisème Volet la la troisème série de préceptes c'est cette idée que la mort est très facile à supporter
ou plutôt la peur de la mort est facile à vaincre elle ne doit pas nous habiter et alors là dans la lettre aménessé d'picû un des rares textes que nous ayons conservé de lui il y a une argumentation célébrissime je cite le texte d'épicû lui-même la mort n'est rien pour nous parce que tant que nous sommes la mort n'est pas là et quand elle est là c'est nous qui n'y Sommes plus voilà l'argument je ne dois pas avoir peur de la mort parce que quand je suis vivant la mort n'est pas là et quand je
suis mort et bien la mort est là mais moi je n'y suis plus et donc il n'y a pas avoir peur alors évidemment quand on prend ces trois séries de principes les quatre remèdes les trois plaisirs et PU puis cette philosophie de la victoire sur la mort résumé comme ça on se dit mon dieu c'est quand même un peu banal c'est pas très puissant Qu'est-ce qui a pu donner du charme à cette philosophie qu'est-ce qui a pu faire que il y ait eu des des épicuriens si fanatiques si admirateur du maître que ils écrivaient ils
gravaient sur les murs des maisons bourgeoises les lettres d'épicûes les maximes d'épicûes c'est d'ailleurs comme ça qu'on a retrouvé des textes entiers d'épicqûes c'est grâce à ces maisons bourgeoises qu'on a pu retrouver ces textes et les lire encore aujourd'hui alors il y a derrière Quelque chose en vérité de très profond la philosophie épicurienne est très profonde derrière ces préceptes en apparence très simple il y a quelque chose de très profond et c'est surtout chez lucrè dans son poème magnifique le derérum Natura de la nature des choses qu'on va trouver une un développement très profond des
arguments des principes qui sont derrière l'énoncer des préceptes sèchement formulés comme je l'ai fait tout à l'heure il y a trois TR Idées qui sont d'une extrême profondeur et qui sont développé tout au long de ce poème de lucrè de ce magnifique poème merveilleusement écrit extrêmement touchant c'est vraiment une merveille et je conseille d'ailleurs de le lire dans la traduction qui est magnifique qu'en donne André consponville dans un très beau livre qui est un commentaire de lucr qui s'appelle le miel et l'absinte on mettait du miel autour du verre pour faire avaler les potions pour
faire Avaler les remèdes aux enfants et pour que ce soit pas trop amère le miel et l'absinte et bien la vie ressemble à cela euh selon lucrè et bien il y a trois idées qui vont être derrière ces principes secs la première idée c'est que pourquoi accorder une telle importance à cette classification des plaisirs et des désirs les naturels nécessaires les naturels et non nécessaires et les non naturels non nécessaires pourquoi ce trisè ordre des Plaisirs artificiels c'est la catastrophe absolue pour les épicuriens c'est rentrer dans une spirale de la consommation euh qui nous mène
véritablement à la folie et bien il y a la première grande critique dans l'histoire de l'humanité à ma connaissance de l'univers de la consommation l'idée que lu va développer merveilleusement on la retrouvera chez Pascal on la retrouvera chez Schopenhauer c'est l'idée que le monde De la consommation artificielle de ces plaisir qui sont ni naturels ni nécessaires et bien ce monde de la consommation euh artificielle nous entraîne vers la mort pourquoi parce que d'abord lucrè observe que c'est chez les riches que cette consommation se développe et même ils acquièrent la richesse pour pouvoir consommer pourquoi parce
que c'est quand on a peur de la mort que on essaie de se rassurer en éliminant tout ce qui dans la vie Ressemble déjà à la mort la misère la pauvreté la souffrance la maladie et on s'imagine que grâce à la richesse on pourra mettre en quelque sorte de côté cette mort qui nous menace dans la vie plus on est pauvre et miséreux voilà comment pense le riche et donc la peur de la mort est ce qui nous pousse vers le divertissement pour parler comme Pascal vers la consommation artificielle et en même temps cette consommation
artificielle nous rend encore plus Mortelle selon lucres que jamais pourquoi et bien parce que la logique de la consommation ressemble à l'addiction qu'est-ce que c'est qu'un drogué un drogué c'est quelqu'un qui passer un certain seuil ne peut pas s'empêcher d'augmenter les doses et de rapprocher les prises lucres le dit presque comme ça les textes sont magnifiques et alors celui qui est drogué à la consommation et bien qui va comme les enfants à Noël prendre un jouet le regard 10 minutes et Le jeter dans un coin prendre un autre jouet et le jeter dans un autre
coin et puis un 3è et puis un 4e et qui passe d'objet en objet comme donjan passe de femme en femme et bien celui qui est dans la logique de la consommation ne peut pas habiter le présent et malgré toute la distance qu'il y a par ailleurs entre les épicuriens et les stoïciens ils vont quand même communier dans cette idée que le sage est celui qui parvient à vaincre ces deux mots m X qui pèsent Sur la vie humaine que sont le passé et le futur le sage c'est celui qui parvient à habiter le présent
qui parvient à habiter l'instant qui n'est plus relativisé par le passé par le futur et qui du coup est comme un fragment d'éternité et pour pouvoir habiter le présent pour pouvoir vivre commulis dans l'instant présent qui est distendu par les dieux et bien il faut justement ne pas entrer dans la logique de ces troisiè plaisirs artificiels qui Nous font entrer dans une temporalité qui est celle de la fuite en avant pour dire les choses très simplement première critique de la société de consommation première critique du divertissement extraordinairement profonde chez lucrè la deuxème idée qui va
dominer cette vision du monde et bien c'est justement l'idée que lorsque on est dans l'addiction la vie ressemble dit lucrè au tonneau des Danaïdes on ne peut jamais être satisfait on n'est pas Satisfait de ce qu'on a et on cherche ce qu'on n'a pas et donc on est toujours dans l'insatisfaction comme les danaïd les na ce sont les 50 filles de Danae alors 49 d'entre elles ont cédé à l'injonction de leur père de tuer leurs cousins qu'elles doivent épouser elles tuent la nuit de Noos les cousins et elles sont punies comme vous savez aux enfers
dans l'adè punition terrible elles doivent remplir en permanence un vase une jar qui est Troué et on peut pas la remplir évidemment c'est ça le tonneau des Danaïdes et bien le riche qui est dans la logique de la consommation il est évidemment dans l'insatisfaction permanente même du point de vue du simple plaisir non seulement il est animé par la peur de la mort non seulement la consommation renforce la peur de la mort mais en plus il est insatisfait illusion totale vanité des vanités de la richesse et puis la Troisième grande idée qui va dominer le
stoïcisme c'est que évidemment cette peur de la mort elle doit être vaincue par le raisonnement bien sûr hein lorsque la mort est là je ne suis plus là lorsque je suis là elle n'est plus là mais elle doit être vaincue comme chez les stoïciens voyez malgré les grandes oppositions qui a entre stoïciens et épicuriens sur le côté théorique il y a quand même ce point d'accord elle doit être vaincue la peur de la mort par des Exercices de sagesse là aussi on est dans une école le jardin d'épicû dans laquelle on on pratique la sagesse
et je voudrais quand même lire un tout petit texte de de lucrè pour vous donner une idée de la manière dont lucrè critique ce que on pourrait déjà appeler par avance la société de consommation ou la société du divertissement telle s'est précipité hors sa vaste demeure lassé d'être chez lui puis soudain il retourne ne sentant aucun mieux à s'ennuyer Dehors il presse le pas court harcèle sa monture comme allant au secours de sa maison en flamme le seuil à peine atteint il se met à bailler tombe en un lourd sommeil pour y chercher l'oubli à
moins qu'il ne se hâte à nouveau vers la ville chacun cherche à se fuir personne n'y parvient et puis l'on tourne en rond dans le cercle de vivre où nul plaisir nouveau ne peut plus nous surprendre tant que nous n'avons pas l'objet tant convoité le manque fait son prix L'avons-nous obtenu c'est un autre aussitôt que visent nos désirs on a là je crois la première critique d'une profondeur abysale non seulement oui de la société de consommation mais du caractère addictif de la consommation voyez à quel point l'image de l'épicurien poursau l'épicurien qui cultive les désirs
les plus raffinés et loin de la réalité comme souvent comme pour maquiavel quand on parle du machiavelisme Machiavel était Probablement t au maiavellique et bien de la même manière les épicuriens sont de vrais sages et on retrouve cette idée qu'il faut savoir habiter le présent qu'il faut savoir se débarrasser de ces deux illusions qui pèsent sur la vie humaine que sont les passion triste qui habit le passé qui habite le futur et peut-être un dernier point qui est évidemment un point qui a susciter les les commentaires nombreux des spécialistes de la pensée épicurienne C'est que
chacun en lisant les texte d'épicû et les textes de lucrè peut noter une différence très étonnante entre les deux très étonnante parce que lucrè ne cesse de dire qu'il étaitpicurien qu'il est un disciple absolu et fidèle d'épicû il compare sans cesse Épicure à un Dieu il l'appelle le Sauveur très intéressant qu'il l'appelle le Sauveur ça veut dire qu'il considère que la philosophie d'épicû nous sauve de la mort de la peur de la mort c'est Toujours la même idée la philosophie c'est la victoire sur les peurs et notamment sur la peur de la mort donc c'est
bien une sautériologieque une doctrine du salut et encore une fois je crois que c'est très important de noter que lucrè parle en permanence d'épicû comme un sauveur et il ne cesse de dire ce sont ses propres mots Épicure est semblable à un Dieu il est un sauveur et là on voit que la philosophie est bien une doctrine du salut évidemment sans Dieu puisque ça n'est pas un vrai Dieu c'est quand même un humain lucres n'est pas fou il sait qu'Épicure est un humain mais ce qui a frappé beaucoup justement dans cette apologie dans cette agéographie
dans cet amour d'Épicure dans ce respect insensé pour quelqu'un qu'on compare à un dieu bien qu'il soit un humain ce qui a frappé les commentateurs d'épicur et de lucrè c'est le fait que malgré tout lucrè semble sinon en théorie du moins Dans la tonalité de son poème infiniment loin de l'optimisme d'épicû cette fameuse phrase quand la mort est là je ne suis pas là quand je suis là elle n'est pas là euh qui devrait nous rassurer qui nvrait nous nous permettre par le raisonnement de parvenir à la sérénité face à la question de la mort
et bien sans cesse lucrè aimet pratiquement dans son écriture même dans la tonalité de son poème un doute gigantesque par rapport aux capacités de L'épicurisme à nous rassurer face à la mort et André consponville dans ce livre dans ce très beau commentaire et cette belle traduction du poème de lucrè dans le miel et l'absinte écrit une très belle page sur la différence entre lucrè et Épicure et notamment sur cet appel qui est le cœur du cœur de la doctrine du salut épicurienne cet appel à vivre comme un Dieu c'est-à-dire à vivre dans la sérénité totale
débarrasser de la peur De la mort vivre comme un dieu ça veut dire ne plus vivre comme un mortel comme quelqu'un qui est tétanisé d'angoisse face à la mort grâce à la sagesse nous pouvons vivre comme des dieux voilà le message d'épicû et bien voici comment André conponville commente la différence entre Épicure et lucr et je pense que c'est très juste et très bien vu c'est pourquoi je cite ce texte en guise de conclusion vivre comme un Dieu parmi les hommes hein c'est entre guillemets c'est La formule d'épicû vivre comme un Dieu parmi les hommes
c'est la formule de lucrè c'est la sagesse même débarrasser de la peur de la mort vivre comme un Dieu parmi les hommes point d'interrogation c'est l'idéal de la sagesse ou la sagesse comme idéal et lucrè sans doute y a cru s'agissant despqûes mais sans prétendre l'avoir lui-même vécu au reste qui parmi nous peut y atteindre qui peut s'y installer durablement cette sagesse n'est qu'une Exception si tantit qu'elle soit possible ou qu'un leure laissons les dieux à leurs Intermondes ou à nos rêveries vivre comme un homme parmi les hommes c'est le seul objectif qui ne mente
pas l'humanité n'est pas une maladie dont il faudrait se guérir ni un salut qu'il faudrait atteindre elle est le point de départ et le point d'arriver le chemin et le but il ne s'agit pas d'échapper à l'humanité il s'agit d'échapper à l'angoisse au malheur à la Superstition à la maladie non d'être homme ou mortel mais de ne pouvoir point l'accepter autrement dit il ne s'agit pas de er le statut de mortel mais d'accepter le statut de mortel ce qui n'est pas la même chose au fond la différence entre lucrè et épicur c'est peut-être cela Épicure
pense vraiment qu'on peut vivre comme un dieu lucrest nous invite seulement à accepter le statut de mortel ce qui n'est pas tout à fait la même chose et voilà pourquoi je Crois on dit dans ces biographies légendaires des doxographes que lucrè peut-être bien se serait suicidé ce qui serait comme une manière de dire que chez lui la philosophie d'Épicure cette philosophie de la victoire sur la mort avec cette phrase célébrissime qu'on cite toujours à propos de la philosophie épicurienne la mort n'est rien pour nous et bien ça n'aurait pas marché pour lucr et il se
serait évidemment suicidé par incapacité à parvenir à cette sagesse Divine à cette sagesse troppe excessive pour les humains petite remarque un des grands commentateurs de lucrèe et d'épicû Marcel conch un des philosophe contemporain professeur à la Sorbonne qui est mort il y a quelques mois et bien Marcel conch raconte te lui qui était un épicurien convaincu lui qui était un disciple et d'épicur et de Lucrèce mais plus encore d'épicur que de Lucrèce lui qui pensait avoir vraiment réussi à à vaincre la peur de la mort Grâce à la philosophie et bien il raconte que le
jour où le médecin lui appris qu'il était atteint à cancer et bien toute cette philosophie ne lui a pas servi beaucoup elle ne lui a pas servi à grand-chose et qu'il a découvert qu'il était d'une certaine manière beaucoup plus proche de lucrè que despicûes et que cette victoire sur la mort cette idée que la mort n'est rien pour nous et bien malgré le caractère apparemment rationnel de l'argumentation N'avait guerre des faits par rapport à la parole du médecin voilà aussi une petite réflexion critique mais il n'empêche évidemment qu'on a à faire comme toujours avec ces