bonjour à tous chers abonnés deerta aujourd'hui j'ai le plaisir de recevoir Éric denessé président du Centre français de recherche sur le renseignement pour un entretien géopolitique géostratégique d'actualité et avant de démarrer je vous rappelle notre projet commun avec Eric et le centre de recherche sur le renseignement le dernier magazine de Merta c'est un hors série Ukraine la vérité du terrain et c'est un bien un un magazine spécial qui couvre qui fait le le bilan de 2 ans de guerre en Ukraine à la fois par les reportage d'erta de Régis saomier d'ichami et d'autres mais aussi
par l'expertise apportée par et bien les analystes les spécialistes du CF2R Éric denessé bonjour Merci de d'avoir accepté C entretien de d'actualité euh l'actualité la plus chaude dirons-nous c'est et bien le la mort du président iranien dans un crash d'hélicoptère à la frontière avec l'Azerbaïdjan euh est-ce qu'il faut en tirer une conclusion particulière d'abord du crash en lui-même qu'est-ce qu'on qu'est-ce qu'on qu'est-ce qu'on peut en dire et puis quelles conséquences politique peut-être régional cela peut-il avoir alors oui c'est un événement important on a aujourd'hui pas encore tout à fait assz d'information est-ce que c'est un
crash on sait que les conditions météo étaient assez assez épouvantables mais il y a des tas de questions qui se posent est-ce que c'est uniquement un accident ou est-ce que un État étranger peut avoir eu un intérêt à cela pour l'instant ce ne sont que des conjectures premier élément est-ce que ça va changer quelque chose sur l'Iran je ne crois pas parce que le système iranien est un système qui est très verrouillé pour l'instant que les généralement la sélection des candidats aux élections présidentielles qui sont annoncées dans 50 jours se fait en amont et donc
le système va produire probablement quelqu'un qui peut facilement remplacer le le président décédé et son ministre d'affaires étrangères c'est toujours le le guide Ali khameney qui dirige qui dirige le pays j'ai envie de dire le le rôle du président en Iran est presque plus un rôle comparable chez nous à un premier ministre le guide étant un peu le le le le chef de l'État donc le système ne va pas être ébranlé en tant que tel puis on le voit avec la vitesse à laquelle ils ont d'ors et déjà envisager de de nouvelles élections euh alors
c'est vrai que d'un côté le président décéd était c'est un ancien procureur qui est comment dire qui était très dur parmi les plus conservateurs il a été notamment particulièrement dur au moment de de de la répression des des manifestations qui ont eu lieu en tout cas d'après d'après ce que l'on ce que l'on en sait donc il y a une certaine satisfaction de la part de de on va dire d'une opposition je ne sais pas si on peut l'appeler modérée ou démocratique on sait même que des feux d'artifice ont été tirés dans certains quartiers de
théran suite à cet accident mais je pense que pour l'instant ça ne va pas changer grand-chose sur la situation intérieure iranienne la question qui se pose c'est qu'effectivement s'agit-il d'un accident euh on sait qu'il était dans le nord de l'azerbaïdjans les relations sont très tendus entre téran et Bakou alors pour deux raisons la première elle est assez conjoncturelle c'est que les Azéris veulent créer le corridor qui relie leur territoire à la province du nakitchevan qui est séparé donc c'est une esclave qui est géographiquement séparé du pays et pour se faire il voudrait créer un corridor
en territoire arménien ce qui couperait le territoire iranien du territoire arménien donc les Iraniens se sont très très farouchement opposés à cela et en tout cas jusqu'à l'automne dernier ils avaient massé des troupe près de du nakitchevan et ils avaient menacé Baku d'envahir le nakitchevan si les les les Azéris avec le soutien des turqu voulent continuer leur opération donc a priori cet aspect des choses est calmé notamment à cause des événements du 7 octobre qui ont quand même pas mal modifié les géopolitique régionale le deuxème aspect c'est que les Azéris qui sont un un petit
un petit pays 9 millions d'habitants euh revendique euh et même ont fait quelques tentatives de déstabilisation sur l'Azerbaïdjan iranien parce que la majorité de du de ce qu'on appelle l'Azerbaïdjan se trouve en territoire iranien et une partie se trouve en territoire de l'Azerbaïdjan don dont l'état porte le nom et donc à plusieurs reprises il y a eu des revendications il y a eu par une forme de folie des grandeurs qui caractérise Ilam alief le le le le le dictateur qui est aujourd'hui à la tête de de l'Azerbaïdjan il y a eu des une volonté de
déstabilisation et qui a beaucoup déplu aux Iraniens donc on a en droit de se poser la question est-ce qu'il y a pas quelque chose de trouble autour de ça j'ajouterai en plus que le principal soutien en tout cas le pays qui vend le plus d'armes à l'Azerbaïdjan ces dernières années c'est l'État d'Israël les Israéliens ont fourni énormément de de d'armes et de munitions notamment dans le conflit de 2020 pour autour du hakarabakh et les Israéliens ont mis un certain nombre de stations d'écoute et de bases opérationnelles sur la frontière entre l'Azerbaïdjan et l'Iran pour mener
leurs opérations en Iran euh d'ailleurs le la révélation qui avait été faite il y a quelques années par netanahou sur tous les documents nucléaires iraniens où je crois que la somme de documents tenait dans un camion de 38 tonnes c'est une opération qui avait qui s'était effectuée via l'Azerbaïdjan et qui était sortie par par la frontière entre l'Iran et l'Azerbaïdjan donc si on ajoute à ça la Rost israélienne suite à à l'attaque iranienne qui a été relativement softe on est en droit de se poser la question est-ce qu'il y a pas là quelque chose on
na pas d'élément là-dessus je suis très prudent mais en tant qu'analyste on ne peut pas pas se poser la question on reste sur l'Azerbaïdjan mais on part cette fois-ci en Nouvelle-Calédonie il y a une on sait une grave crise sécuritaire dans l'île et dans la presse on a pu lire que bien le en partie elle était du à une opération d'influence de l'Azerbaïdjan qui qui en punirait en quelque sorte la France pour son soutien à l'Arménie qu'est-ce que vous pouvez en dire oui alors les les les Airis ont créé ce qu'ils appellent le groupe de
Bakou qui est un groupe anti colonialiste euh et qui publie comme il l'a fait ces derniers jours toute une série de de de de communiqués en soutien au peuple qui lutent contre le colonialisme dans le monde alors bien sûr tous les DomTom français sont sont sont couverts par cela euh alors d'abord c'est très drôle parce que il faut rappeler que la les Azéris l'Azerbaïdjan est un peuple qui n'est arrivé qu'à la fin du Moyen-Âge euh dans le dans le dans le sud de caucas et qui n'a lui-même fait que coloniser les territoires et qui continue
à le faire en chassant les Arméniens de leur terre ancestrale donc avoir le soutien du groupe de Bacou dans la lutte anticolonialiste c'est c'est un pied Denez extraordinaire c'est un paradoxe total euh effectivement les les les azérriis aujourd'hui sont très remontés contre la France en raison du soutien que nous apportons euh à l'Arménie on l'a vu il y a quelques euh il y a quelques mois déjà où un certain nombre de d'éléments donnés par la DGSI et et lany laissé entendre une déstabilisation de l'Azerbaïjan euh sur les réseaux sociaux pour provoquer euh une décrédibilisation de
la france au des Jeux Olympiques il y a eu ensuite l'arrestation d'un d'un Français à Bacou pour espionnage puis l'expulsion du chef de poste de la DGSE et de son adjoint ce qui nous a amené en rétorsion à aussi à à expulser des des des officiers deenseignement azéri qui étaient en poste en France et puis une première fois lorsque le corps du ministre de la Défense s'est rendu en Nouvelle-Calédonie on sait qu'il y a eu des tentatives de déstabilisation a zérie et là ça reprend alors c'est un petit peu amusant parce que c'est un état
de 9 millions d'habitants qui n'a pas de gros moyens mais finalement qui à part l'Arménie n'a pas pas non plus de gros ennemis c'est un état qui est très très massivement soutenu par les par les Turcs hein les Turcs les Aéris se considère comme un même peuple entre deux états donc est-ce qu'il y a une main d'ancara derrière cela ça fait partie des choses à regarder mais en tout cas ce ce ce petit État dirigé par un dictateur qui n'hésite pas d'ailleurs à éliminer ses opposants physiquement y compris en France ça s'est encore produit il
y a quelques temps des tentatives et est très très remonté contre la France et là la Nouvelle-Calédonie est un une petite pierre de plus dans les actions qu'il mène contre nous j'ose espérer que nos services quand même commencent à prendre ça en considération et que une ripos s'organise contre cet état qui n'a rien de sérieux et qui se comporte d'une manière tout à fait anormale vis-à-vis de vis-à-vis de l'Arménie aujourd'hui dont il ne ne cesse de revendiquer à chaque fois davantage un peu plus de territoire comme s'il voulait le grignoter et faire disparaître les Arméniens
de de la région dans l'actualité on a aussi l'incontournable visite de Vladimir Poutine en Chine euh elle se elle intervient just juste après la visite du président chinois en France euh et on a l'impression qu'il y a une espèce de il y a une alliance qui dit pas son nom mais euh factuellement matériellement financièrement on a l'impression que les deux pays sont en train de sont en train de se rapprocher ils étaient déjà très proche mais là on a l'impression que la guerre en Ukraine prenant un nouveau tournant pour les Russes il y a le
nouveau gouvernement Vladimir Poutine souhaite monter en puissance sur un certain nombre de choses notamment sur l'économie de guerre l'impression que les chinois sont vraiment là en soutien euh HM euh économique industriel quasiment indéfectible h ah oui le le rapprochement est de plus en plus fort euh alors côté chinois ça montre une première chose c'est qu'ils n'ont rien à faire des menaces américaines parce que les menaces américaines à répétition de ces derniers temps les sanctions oui les sanctions mais il y a même au-delà de ça des des menaces sur les banques sur euh les les les
comment dire les Chinois montre par là que on ne leur imposera pas euh que Washington ne leur imposera pas leur politique alors bien sûr il faut aussi lier ça je dirais ce qui se passe aujourd'hui en mer de Chine méridionale et dans l'étroit de Taiwan autour de comment dire autour de la de la enfin de de l'île mais en même temps c'est pas nécessairement une aussi bonne nouvelle que ça pour les Russes puisque Poutine se retrouve vraiment maintenant entre les mains chinoises de plus en plus et je crois qu'on le met souvent en Occident ce
n'est pas quelque chose qu'il a qu'il a jamais souhaité il a toujours d'abord il était beaucoup plus orienté vers l'Europe de enfin vers l'Europe de l'Ouest en particulier que vers la Chine et il sait aujourd'hui qu'il n'a plus le choix il a besoin de toute façon d'un soutien pour comment dire pour continuer à avancer efficacement pour redévelopper son son son son autonomie mais je ne pense pas qu'il le fasse de guêé de cœur parce qu'il sait à un moment donné qu'ent un pays de 140 million d'habitants et un pays qui en fait 1 milliard 2
avec notamment des ressources extraordinaires comme ils peuvent l'avoir en Sibérie il prend des risques pour pour le pays mais je crois qu'à très court terme il n'y a pas beaucoup d'autres solutions et que la politique occidentale à l'égard de ces deux pays les les amène naturellement à se rapprocher euh ils ont aussi pour ambition de créer un nouveau système international et mais je pense que ça n'a pas que des aspects positifs pour la Russie est-ce que le le soutien industriel technologique chinois permet-il aux Russes a-t-il permis aux Russes de de s'adapter et de de de
progresser dans la guerre en Ukraine alors les les Russes ont fait preuve de beaucoup de facultés d'adaptation depuis le début du conflit seulement et ils ne sont pas menacé en tant que tel aujourd'hui seulement plus le conflit va durer plus ils vont avoir besoin malgré tout de de de comment dire de de d'améliorer leurs approvisionnements leur relation alors on sait en même temps que les exportations de de d'hydrocarbures à les de russse vis-à-vis de enfin vers Pékin sont sont massive aujourd'hui donc les les les interconnexions entre les les deux économies sont de plus en plus
fortes mais c'est vrai que enfin Poutine et le gouvernement russe maintenant on fait totalement le je dirais l'impasse sur les approvisionnements qui peuvent venir de d'Occident en matière technologi autres qu'il leur faut trouver une une solution pour comment dire pour vivre euh dans le dans le Nouveau Monde qu'ils ont créé dans lequel les relations avec l'Ouest vont être réduites à leur plus simple expression et donc il n'a pas autre choix que de travailler avec les Chinois lesquels continuent à dire qu'il n'exporte pas de matériel de guerre hein ce qui est probablement vrai même si on
n pas suffisamment d'éléments sur les les composants qui leur sont vendus mais ça permet aussi à à l'industrie russe de se polariser sur le développement de son industrie d'armement en continuant à avoir des des ressources autres qui qui n'ont pas la possibilité de développer en ce moment sur sur les domaines non militaires et en politique étrangère parce que le le président chinois était après avoir rencontré Emmanuel Macron était en Serbie et puis en Hongrie euh deux pays proche de Moscou on a l'impression quand même C euh la la politique étrangère chinoise est quand même assez
proche de la politique étrangère russe il y a quand même des on voit bien qu'il y a il y a des intérêts communs il y a des pays euh amis qui sont aussi communs on pourrait parler aussi de l'Iran de pays d'Afrique on voit qu'ils sont quand même au diapason en politique étrangère une sorte de solidarité face à l'ouest qui qu'on peut voir sur un certain nombre de domaines al elle elle est pas nouvelle elle existait déjà elle se dessinait déjà avant le début de la guerre en Ukraine elle s'est accéléré avec la avec la
guerre avec la guerre d'Ukraine et les Chinois en plus jouent un rôle de leader on l'avait vu au moment de la crise enfin de pas de la crise mais des du rôle qu'ils avaient joué dans le rapprochement entre l'Iran et l'Arabie Saoudite en extrême pardon au Moyen-Orient pour pour approcher ces deux pays le voyage de de de Xinping en Europe et je dirais surtout en Serbie et et en Hongrie a été beaucoup plus important qu' qu' n'a eu lieu en France quand on voit la petite visite au tourmalé pour le chef pour le chef de
l'État chinois ça a quelque chose de pathétique par rapport à l'accueil qu'il a reçu aussi bien à Belgrade qu' qu'à Budapest mais effectivement il y a cette vraie conjonction aujourd'hui de de on va dire des deux leaders des bricks que sont la la Chine et la Russie pour créer ce nouveau monde et en dehors de tous ces pays du Sud global qui les suivent bien assez volontiers on voit commenc apparaître des dissensions dans le bloc européen où les gens comprennent que économiquement ils ont besoin d'être d'être liés à ces à ces deux étatlà et puis
tout le monde ne partage pas nécessairement cette vision occidentaliste qui essaie de de de s'imposer je dirais parfois de manière un peu désespérée depuis depuis quelques années et ce voyage de de du leader chinois en Europe de l'Est était très important d'ailleurs pour parler des Balcans en particulier de la République serbe de de Bosnie donc on a reçu le président dodiic ici il y a il y a quelques semaines où la Serbie euh ces deux ces deux entités bah le peuple serbe euh prix globalement peuvent compter maintenant on a l'impression vraiment sur le soutien actif
à la fois de Moscou mais aussi de Pékin ce qui n'était pas le cas ou de manière beaucoup plus timorée avec je dirais les mains les mains entravées euh dans les années 90 au moment de la guerre du Kosovo c'est quelque chose a si c'est un changement aussi géopolitique régional vous constatez non non c'est vrai mais ça ça pour moi ça veut dire aussi une chose ça veut dire que contrairement à ce qui se passe en Occident les autres acteurs internationaux n'oublient pas l'histoire les Serbes n'oublient pas ce qui s'est passé à partir de 99
c'est extrêmement clair les Chinois n'oublient pas non plus ce qui s'est passé lors de la frappe sur leur sur leur ambassade à Belgrad et ils sont ravis de de renvoyer la monnaie de la pièce aujourd'hui aux Américains qui étaient qui étaient derrière tout ça donc on on a on voit progressivement mais ça va un petit peu plus vite à chaque fois je veis dire ce nouveau monde c nouvelle internationale se mettre en place avec le rôle prépondérant qui joue la la Chine à l'international et la Russie aussi il faut continuer à le dire parce que
on le voit en Afrique comme on le comme on le voit en Extrême Orient et puis surtout ces deux pays pour l'instant avec autour il faut quand même rajouter l'Iran la Corée du Nord et quelques autres États c'est c'est la la Russie ces deux pays ne font pas d'ingérence dans leurs affaires respectives c'estàd qu'on AA jamais vu Poutine aller critiquer Pékin pour les affaires d'ouigour comme on n' jamais vu les Chinois se plaindre vis-à-vis de Moscou pour ce qui s'est passé en tchini il y a quelques années donc là il y a quelque chose qu'on
peut critiquer en tant que système démocratique je mets démocratique entre guillemets euh où effectivement il y a une entente qui est très forte parce que les uns et les autres euh ont des intérêts communs et surtout se garde bien d' de s'ingérer dans les affaires de hor partenaire al on part maintenant en Ukraine il y a une offensive russe en ce moment sur au moins de point d'abord la la poursuite de l'offensive à dans le donbas euh après avdivka où les Russes exploite exploite cette cette victoire on voit qu'ils sont il y a des il
y a des gains territoriaux modestes mais euh je dirais constants et puis surtout il y a l'offensive dans le nord du pays près de kkov euh pour ce qui est de kkov qu'est-ce qu'on peut dire de de je dirais de la la stratégie russe qui est peut-être le l'objectif dans cette poussée pour l'instant c'est encore à mon sens difficile à lire puisqu'on parle de 20 à 30000 hommes et c'est pas avec 20 à 30000 hommes qu'on Mme une offensive massive surtout en direction d'une ville et de zonees urbanisée qui est qui qui compte plus de
plus d'un million d'habitants donc je crois beaucoup plus à une stratégie de grignotage des des Russes face à une armée ukrainienne qui est en train de de s'écrouler euh progressivement qui à mon avis va s'écrouler de de de plus en plus vite d'abord je pense que faut rappeler que kkov est quand même une région qui est majoritairement russophone qui a été pendant longtemps dans comment dire dans la Russie que c'est à partir de là que les Ukrainiens avec des missiles américains français et maintenant et britannique tirent sur la ville de de belgorot donc il y
a aussi un ralbol de ce côté-là et je pense que les les les russe qui maintenant une supériorité très nette essaie de voir un peu partout sur le front depuis depuis Kerson jusqu'à comment dire jusqu'à la région de carkof les endroits où c'est fragile pour avancer sans aller trop vite soit parce qu'ils ne veulent pas et parce qu'il ils avancent à pas à pas calculer qu' qu'ils économisent les hommes et les pertes soit tout simplement parce qu'ils n'ont pas la volonté ni les moyens de percer d'avantage le leur intérêt n'est pas de comment dire n
n'est pas d'envahir on l'a toujours dit l'Ukraine mais ce que je trouve qui est intéressant autour de ça ce sont les réactions médiatique et politique parce queil y a d'abord une une à mon sens une surcouverture médiatique de cette offensive comme comme on l'a à chaque fois que les Russes mènent des actions comme si on jouait se faire peur avec ce paradoxe que d'un côté les gens de l'OTAN ont déclaré il y a quelques jours que les Russes n'avaient pas les moyens de percer en même temps ils nous disent quasiment sans discontin continuer qu'il y
a une menace russe sur pour envahir l'Ukraine et le reste de l'Europe donc on est dans les contradictions les plus les plus stupides on a vu ces derniers jours aussi bien blinken que le président de la commission des affaires étrangères à l'Assemblée nationale Jean-Louis bourlange dire qu'il n'était plus opposé à des frappes ukra sur le territoire russe alors que quand il est venu en France il y a à peine une je crois une quinzaine de jours blinken à la sortie d'une réunion avec Macron a dit qu'ils étaient absolument opposé qui n'étaient pas d'accord avec le
fait que les les Ukrainiens tapent en territoire russe donc c'est une nouvelle fois la preuve de l'absence de stratégie et de cohérence totale côté côté occidental et puis côté médiatique c'est effectivement cette cette couverture excessive ù je pense que le le l'importance qu'on y accorde pour l'instant est beaucoup plus importante que qui se passe sur le terrain c'est vrai qu'on nous montre des gens en train d'être évacués mais les les ruses avancent pas à pas et et on se rend bien compte de toute façon qu'and 2 ans et demi de conflit pour l'instant ils sont
jamais vraiment allés plus loin que 200 km de leur propre frontière donc voilà donc derrière ça je ne pense pas qu'il y a un échec de l'offensive russe on est on est sur un front qui bouge mais surtout c'est aussi pour mettre en lumière ce ce discours incohérent de l'Occident qui grossit en permanence cette cette menace euh et ce qui est aujourd'hui inquiétant c'est effectivement c'est de de voir ce changement de position de la part des Américains qui depuis très longtemps s'opposent aux actions que ce soit des actions de commando des opérations clandestines ou des
tir de missile sur le territoire russe parce que là je pense que les Russes à un moment donné vont comment dire vont être amenés à réagir alors qu'ils ont fait plutôt preuve de mesure dans leur réaction depuis le début du conflit ce que vous disiez sur blinken est intéressant parce que effectivement on a l'impression que les les Américains qui sont les premiers pourvoyeurs d'armes et de et de et de financement à l'Ukraine sont plus pragmatique et plus prudent que les Européens qui ont a l'impression sont pris dans une espèce de d'hystérie qui les amène chaque
semaine quasiment sous l'effet de la peur du stress à de l'émotion à monter systématiquement beaucoup plus que les Américains dans l'agressivité oui mais avec des différen c'est que les anglais sont les pires de tous he c'est que même les anglais sont plus excessifs que les comment dire que que les Polonais d'ailleurs on l'a vu puisqu'il est il est sorti dans le dans le dans un grand quotidien national il y a je crois une semaine le le la présentation de du texte de l'accord secret qui aurait dû être signé fin avril 2022 entre les Russes et
les Ukrainiens je fais une digression il est sorti donc miimai en France alors que le Wall Street Journal et la presse américaine en parle depuis fin février que les les journaux belges et suisses en parlent depuis depuis avril et que divalt l'a publié début mai donc là il aussi il y a il y a un décalage mais effectivement on voit euh il y a eu cette réaction très amusante de Salvini qui a vertement critiqué notre président en disant qu'Emmanuel Macron devait se faire soigner les autres Européens principalement les Allemands aussi était contre les déclarations de
Macron pour l'envoi de troupe au sol mais paradoxalement les les Allemands vont envoyer une brigade de 5000 hommes dans les pays Balt donc là aussi on se dit mais quel quels sont les quels sont les quelle est la corréance de C de cette action SCHS s'oppose toujours à ce que les missiles t rus puisse être util livré parce qu'il craint qu'il soit utilisé en territoire en territoire russe alors que nous Français comme les britannique avant donné l'autorisation que nos missiles euh Storm Shadow ou triivalent puissent être tirés alors qu'on sait qu'ils ont une portée de
300 km et qu'ils peuvent depuis les territoires que contrôlent les les Ukrainiens toucher aussi bien la Crimée que l'intérieur du territoire russe donc finalement on ne sait pas trop qui veut quoi les Polonais aujourd'hui sont un peu plus attentistes ils protègent leurs frontières ils sont mais on voit que les Estoniens sont prêts à envoyer des troupe en Ukraine tout ça est un espèce de de magma dans lequel on on se demande soit si les gens NT pas d'idée soit ce qui se passe aussi c'est qu'il y a plusieurs centres de décision derrière ça qui s'affrontent
sur la la conduite de la politique euh globalement un certain nombre de néoconservateurs américains ont très peur de l'arrivée de Trump au pouvoir et de de la fin de ce conflit et donc n'hésite pas à utiliser certains des acteurs européens pour essayer de le prolonger le plus longtemps possible et c'est c'est probablement l'une des raisons pour lesquelles on a l'impression d'être devant cette c'est même pas une stratégie mais cette situation est cohérente d'une hystérie absolument d'autant que les 61 milliards de dollars ne sont bien sûr toujours pas arrivés il faut d'abord les les décomposer pour
la majorité c'est de la logistique je crois que c'est de l'ordre de 25 à 30 % qui sont la la fourniture de véritable matériel nouveau et a le reste sont sont des munitions mais entre un moment où un texte est voté le moment où l'argent est comment dire libéré et le moment où les munitions sont produites et arrivent en Ukraine il va se passer plusieurs mois donc aujourd'hui la décision a été prise les Ukrainiens considèrent que c'est une bonne chose mais on n voit pas et à mon avis on va pas en voir dans les
de mois qui viennent les effets directs sur le terrain al on a vu le président Macron essaie de essaie d'être un peu le le le leader de de l'opposition à Vladimir Poutine et du soutien à l'Ukraine en Europe il parlait il y a quelques quelques semaines d'envoyer des je cite des mecs à des gars à Odessa euh il a parlé d'envoie de de troupes au sol sans préciser exactement si c'était des troupes combattantes ou des formateurs qui sont déjà d'ailleurs en Ukraine euh il est 7 tenir la la dragéot à Poutine mais est-ce que il
est crédible de penser que l'armée française puisse aller un jour se se battre en Ukraine est-ce qu'on en a les moyens ou est-ce que on peut se le dire entre nous avec les auditeurs est-ce que c'est ça relève plutôt de la de la posture et de la communication politique non c'est c'est du bluff c'est c'est du bluff total mais je crois qu'avec le problème ave que Macron et son imprévisibilité c'est que tout est possible mais dans ce cas-là il faut voir les choses différemment si on devait engager des forces sur place euh d'abord la question
se poserait quelle serait l'attitude du Parlement euh ensuite quelle serait l'attitude des militaires et des anciens militaires mais de toute façon un ça n'impressionne pas les Russes parce que dans le meilleur des cas euh nous pourrions engager 7 8 peut-être 15000 hommes c'est l'équivalent de la division d'agé qui a fait la guerre du golf en 1991 avec des munitions pour un mois euh c'est ça ça ne changera en rien euh le le le visage du conflit quelle que soit la qualité de nos soldats parce qu'on a quand même une armée d'une grande qualité euh elle
elle est habituée au combat en Afrique qui est un combat antierrien un combat antiterroriste euh elle n'est absolument pas aujourd'hui à la hauteur des combattants Ukrainiens auou russes qui se font la guerre depuis 2 ans et demi dans un conflit de haute intensité donc il y aurait un temps d'adaptation et puis je pense que là très clairement les Russes considérent que ce sont des adversaires au même titre que l'armée ukrainienne ou les mercenaires qui sont à ses côtés et ciblerai cibleraient nos troupe donc et à ce moment-là nous serions qu'est-ce qui se passerait euh nous
serions démunis parce qu'on on peut pas bien sûr activer la dissuasion nucléaire sur un comment dire un théâtre d'opération qui n'est pas la France qu'est-ce qu'on ferait on enverrait peut-être des avions de combat pour roster pour frapper des des cibles en Russie et à ce moment-là rentrer dans une escalade donc ça n' ça n'a pas de sens d'abord je pense que beaucoup de gens en France le considèrent ainsi et que il laisse Macron faire faire sa comédie mais pour les Russes c'est c'est quelque chose qui ne les impressionne pas mais qui trouent totalement irresponsable vous
parliez à l'instant de l'aide américaine de 61 milliards qui pour l'essentiel permet aux Ukrainiens d'acheter du matériel américain neuf ou d'occasion est-ce que il y a aussi la fourniture des FCS qui devrait arriver d'ici d'ici d'ici quelques mois est-ce que d'un point de vue technologique cette cette aide va permettre à l'Ukraine de faire la différence sur les Russes ou est-ce que ça va être je dirais une ça va permettre de limiter les dégâts non je pense pas que ça va changer grand-chose parce que on rêve tellement d'un game changer sur ce conflit depuis le début
depuis depuis février 2022 qui ne s'est absolument rien passé ni ni l'artillerie ni l' missile ni alors la présence de F16 aujourd'hui enfin l'arrivée des F16 d'abord qui est quand même un serpent de mer on les attend depuis longtemps ça va être un petit peu la même chose que les Léopards les Abrams qui ont été qui ont tenaient l'armée ukrainienne euh à partir du moment où ils prennent l'air je pense qu'on où ils prendrait l'air on verrait de toute façon les forces aérienne russes les engager et ça il y aurait sûrement une nouvelle dimension du
conflit mais sincèrement je ne pense pas que ça va ça va changer grand-chose surtout que ça va poser des problèmes de logistique ça pose des problèmes de de pistes de de de décollage et d'atterrissage et aujourd'hui elle vont être très facilement ciblés en Ukraine est-ce que ces appareils décolleraient des pays voisins auquel cas les Russes ont toujours dit qu'ils se réservaient le droit de frapper sur les bases de départ de d'aéronef qui viennent qui viennent pilonner leur force donc je pense qu'on à limite on seée presque plus de problèmes en engageant les F16 surtout vu
l'état du conflit actuel que euh que l'on va aider les les Ukrainiens dans une dans une guerre qui est il faut être absolument lucide une guerre qui est dorsé déjà perdue donc la question qui se pose c'est pourquoi est-ce que les les les les négociations ne sont toujours pas engagé euh des des des Ukrainiens ayant participé aux négociations d'avril 2022 ont déclaré parce que c'est eux qui ont rendu public le document les Russes ont toujours refusé de de le rendre public on dit c'est la meilleure négociation que nous aurions pu avoir avec les Russes donc
aujourd'hui ils n'en sont pas au point de de d'avoir de la part de Moscou des concessions comme celles qu'il qui ils auraient pu avoir en en 2022 alors ça explique aussi peut-être les rumeurs qui courent sur les tentatives de renversement autour de Zelinski en ce moment sur voilà sur la déstabilisation de de du président et de de ses mentors et de son entourage et d'ailleurs on voit que il continue y avoir des des des licenciements des réformes des des histoires de corruption en Ukraine qui sont assez importantes on en a également en Russie he ces
derniers jours on l'a vu mais ça montre qu'en plus le le le le régime ukrainien est très très déstabilisé en ce moment pour vous le moment de bascule ça peut-être l'élection américaine oui c'est ce qu'on dit depuis longtemps mais si c'est Biden qui est élu ça ne changera peut-être pas grand-chose si c'est Trump c'est l'élection américaine mais c'est après la prise de pouvoir au moment de donc de janvier 2025 et puis les décisions qui viennent donc ça pourrait aussi nous rallonger de de de 3 4 5 mois euh c'est c'est difficile à dire parce que
on voit on voit bien que les les Russes ne ne ne cherchent pas à percer semble-t-il le le front pour obtenir une victoire euh une victoire massive qu'il se prépare à enfin il y a longtemps qu'ils le font mais dans un conflit qui va durer encore plus longtemps parce qu'il voit que systématiquement de l'aide occidentale et et est de nouveau fourni euh certains disent il faudra attendre les élections iraniennes peut-être après c'est ce qui nous semblait on va dire assez évident il y a quelques mois ne l'est plus aujourd'hui Éric denessé merci d'être venu répondre
à nos questions et je rappelle à nos auditeurs le fruit de la collaboration entre omerta et le CF2R ce hors série qui est indispensable pour comprendre 2 ans de guerre en Ukraine et les perspectives des prochains mois je vous dis à très bientôt