Wuhan. Chine. Juillet 1966.
Mao Zedong, alors âgé de de 73 ans, se baigne dans le tumultueux fleuve Yangtsé devant une foule enthousiaste. Pendant plus d’une heure, accompagné de ses gardes du corps, il nage sur une quinzaine de kilomètres, et prouve à tous ses détracteurs qu’il est encore en bonne santé. Cette opération de communication maitrisée est le prélude à son grand retour.
Mis à l’écart suite à l’échec de sa politique économique désastreuse qui a provoqué une terrible famine en Chine, Mao Zedong prépare la reprise en main du pouvoir. Il va jouer sur sa figure quasi-divine de leader révolutionnaire, que la propagande a savamment entretenu, pour mobiliser l’ensemble de la jeunesse, afin d’écarter ses adversaires politiques : cet épisode est connu sous le nom de Révolution culturelle prolétarienne. Ces jeunes hystériques aux ordres de Mao, qui vont se regrouper en factions, les Gardes rouges, vont semer le chaos dans tout le pays et mener la Chine au bord de la guerre civile.
Revenons sur les grandes étapes de la politique intérieure menée par Mao Zedong, et demandons-nous pourquoi cette stratégie du chaos a été privilégiée pour reprendre politiquement et idéologiquement le contrôle du pays. Durant le Grand Bond en Avant,, la politique économique lancée en Chine entre 1958 et 1960, Mao Zedong a l’idée lumineuse de s’attaquer aux soi-disant 4 nuisibles qui détruisent les récoltes : moustiques, mouches, moineaux et rats. Afin d’exterminer les moineaux, une technique originale est utilisée : la population est sommée de faire le maximum de bruit, notamment avec des casseroles, afin que les petits volatiles ne puissent pas se poser, et s’écrasent au sol par manque de sommeil.
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Vous trouverez le lien en description et en commentaire épinglé. Après la proclamation de la République de Chine en 1912, le pouvoir se concentre peu à peu dans les mains du parti nationaliste : le Kuomintang. Face aux seigneurs de guerre, des nostalgiques de l’impérialisme, qui contrôlent encore la majorité du pays, le Kuomintang s’allie avec les membres du Parti communiste chinois, crée en 1921.
Tchang-Kaï chek, dirigeant militaire du Kuomintang lance une grande expédition vers le nord pour unifier le pays. Parallèlement, des ouvriers communistes de Shangaï se révoltent et parviennent à chasser les seigneurs de guerre avant même l’arrivée des troupes nationalistes. Effrayé par le pouvoir grandissant des communistes, Tchan Kaï-chek rompt l’alliance, arrête et massacre les ouvriers révoltés.
La guerre civile entre nationalistes et communistes débute. En 1927, Mao Zedong, un jeune commissaire politique du Parti communiste de 34 ans, est envoyé dans la province de Hunan et du Jiangxi afin de soulever une armée de paysans contre les propriétaires fonciers. Le soulèvement de la « récolte d’automne » est brutalement réprimé par les forces nationalistes.
Mao se réfugie dans une zone dépeuplée du Jiangxi. Il commence à développer une stratégie propre pour conquérir le pouvoir. Il renverse la théorie marxiste-léniniste classique, qui consiste à s’appuyer sur les masses prolétaires urbaines pour mener la révolution.
Mao considère qu’il faut plutôt compter sur les 95% de paysans du pays. Il engage les prémices d’une réforme agraire : les propriétaires sont expropriés et les terres redistribuées aux paysans. Il commence à former l’embryon d’une Armée populaire de Libération, qui deviendra l’Armée rouge chinoise et prône des tactiques de guérilla.
En 1931, Mao fonde l’éphémère République soviétique chinoise, qui regroupe de nombreuses bases dans des régions montagneuses, et qui se préparent à une longue lutte armée contre les nationalistes. Les membres du Parti communistes, traqués dans les grandes villes par le Kuomintang, finissent par se réfugier dans les campagnes pour suivre la ligne maoiste. En 1934, Tchang Kaï-chek encercle les bases du Jiangxi.
Mao et ses troupes forcent le blocus. C’est l’épisode de la Longue Marche, qui conduit les troupes communistes vers le Shanxii, au prix de pertes terribles. Durant cette épreuve, Mao s’impose comme un leader incontestable au sein du mouvement, par ses choix tactiques et son leadership naturel.
Une fois sur place, les communistes engagent une nouvelle mise en application des idées de Mao, principalement au niveau agraire et dans la réorganisation de l’armée. De 1942 à 1944, Mao lance une campagne de rectification sur les esprits, qui doit imposer l’esprit communiste à toute la population. De nombreux intellectuels sont ainsi terrorisés, humiliés ou exécutés, prélude à une pratique qui s’étendra après sa prise de pouvoir.
Après l’invasion japonaise de la Chine en 1937, nationalistes et communistes s’unissent face à l’envahisseur étranger. Les troupes communistes limitent leurs pertes en pratiquant la guérilla et en profite pour implanter de nouvelles bases sur le territoire aux dépens des nationalistes. A la fin de la seconde guerre mondiale, ce front uni éclate rapidement.
La guerre civile reprend. Malgré le soutien des Etats-Unis et une armée plus conséquente, Tchang Kaï-chek essuie de nombreux revers face à une armée communiste mobile, qui parvient à gagner le soutien des paysans, des étudiants, des ouvriers et des intellectuels qui rejoignent spontanément le mouvement. A partir de 1947, les communistes remportent des victoires décisives, et saisissent l'armement lourd des nationalistes.
Tchang Kaï-chek multiplie les erreurs stratégiques, et perd le soutien des Etats-Unis et des milieux d'affaires. L’avancée communiste est inexorable. Pékin est prise en janvier 1949.
Nankin, capitale du Kuomintang tombe en avril. Tchang Kaï-chek, ses partisans et tous ceux effrayés par l’arrivée des communistes fuient. 2 millions de personnes débarquent à Taiwan.
Le 1er octobre 1949, du balcon de la cité interdite de Pékin, Mao Zedong proclame l’avènement de la République Populaire de Chine. Une phase de transition s’ouvre, que le parti nomme « Nouvelle démocratie ». Il s’agit d’abattre les 3 grandes montagnes de la Chine : l’impérialisme, le féodalisme et le capitalisme.
Dans un premier temps, l’armée populaire écrase les dernières poches de résistance nationalistes. Les soldats et anciens fonctionnaires du Kuomintang sont invités à se rallier au parti, et beaucoup sont maintenus à leurs postes. L’armée, particulièrement disciplinée, est omniprésente dans tout le pays.
Prostitués, vagabonds et délinquants disparaissent des villes, envoyés dans des centres de redressement. La consommation d’opium, grand mal du XIXe. siècle en Chine, est réprimée.
L’inflation est jugulée : le système bancaire est nationalisé ; les salaires sont versés en produits de base, sous forme de paniers de marchés ; et l’état contrôle la circulation des produits, par le biais d’associations commerçantes. L’ordre économique et social rétabli, de nombreux notables et petits bourgeois se rallient à Mao. Mao, Président de la République et chef du bureau politique, le Politburo, s’appuie sur les comités locaux des partis, qui exercent un pouvoir direct sur les institutions locales, à chaque niveau administratif : province, ville ou district… les premières grandes réformes démarrent aussitôt.
Une grande campagne d’alphabétisation est lancée et de nombreuses écoles primaires créées, qui enseignent les bienfaits du marxisme-léninisme et exalte le patriotisme et la loyauté envers le parti. En 1950, une loi d’apparence émancipatrice sur le mariage est promulguée, permettant le divorce et faisant de l’épouse l’égale du mari. En réalité, les femmes rejoignent le rang d’une main d’œuvre corvéable, souvent mal payés, tout en assumant les charges domestiques.
La même année, Mao lance sa grande réforme agraire : « la terre à celui qui la cultive ». Les terres des propriétaires fonciers sont partagées entres les paysans. 46 millions d’hectares sur 107 millions changent de mains.
300 millions de paysans accèdent à la propriété. Le Parti tient ses promesses, et couple son projet à une grande mobilisation des masses à travers des organisations populaires. Il s’agit pour tous les éléments de la société de faire corps avec la ligne du parti et d’épouser son idéologie dans une stricte obéissance.
Réalisé de manière autoritaire en s’appuyant sur la propagande et l’éducation, les grandes mobilisations de masse permettent au passage d’épurer la société de ses éléments contestataires, par les nombreuses dénonciations qui sont encouragées. Le parti promeut les personnes les plus zélés au sein des groupes locaux. Toute une nouvelle génération de cadres assurera le contrôle et la mobilisation des campagnes.
Pour nombre de paysans, Mao devient un véritable Dieu vivant. Plusieurs campagnes afin de purger le pays et s’assurer d’une adhésion sans faille de la population au régime sont lancées. Les intellectuels sont soit éliminés, soit terrorisés.
Les anciens fonctionnaires du Kuomintang ainsi que la petite bourgeoise industrielle et marchande, qui s’était ralliés à Mao, sont désormais visés. La campagne des Trois Antis s’attaque au gaspillage, à la corruption et au bureaucratisme ; celle des Cinq Antis vise la corruption, l’évasion fiscale ou la fraude. Environ 5 millions de personnes sont envoyées dans des camps de redressement.
Beaucoup travaillent de force sur les nombreux chantiers de modernisation lancé par le Parti, comme la construction de voies de chemins de fer, de barrages et d’usines. La première phase du régime est encourageante : la production céréalière augmente, le spectre de la famine s’éloigne tandis que la production industrielle – charbon et ciment notamment – double, stimulé par la politique des grands travaux. La Chine, isolée sur le plan international, se tourne vers l’Union Soviétique.
Un traité d’alliance et d’assistance mutuelle est signé en 1950 tandis que de nombreuses aides financières et technique sont envoyées par Moscou pour le développement des infrastructures et la formation d’ingénieurs. Mao, qui rêve d’autarcie, se fait violence. Parallèlement, il envoi des troupes défendre le régime nord-coréen qui fait face aux Etats-Unis lors de la Guerre de Corée.
Les objectifs de Mao sont de consolider son pouvoir par une union nationale face à l’ogre impérialiste, renforcer le prestige international du régime et protéger ses frontières. Finissant sur un statu quo, la Guerre de Corée permet de sécuriser la frontière grâce à l’établissement de la République Populaire démocratique de Corée, état tampon communiste. Le pays se ferme peu à peu au monde extérieur tandis que le Parti passe à la 2ème grande phase de son programme : la transition vers le socialisme.
Mao décide de s’affranchir peu à peu du modèle soviétique et de s’engager sur une nouvelle voie qui s’appuie sur la paysannerie. Le premier plan quinquennal de 1953-1957 est marqué par la collectivisation agricole. 120 millions de foyers paysans sont regroupés dans des coopératives agricoles, divisés en unités de production, et rémunérés exclusivement en fonction de leur rendement.
Pour parvenir à ce résultat, Mao s’appuie sur les cadres locaux du parti et de grandes mobilisations, combinant propagande, grandes activités collectives – comme des réunions ou des manifestations- et terreur. Les éléments contre-révolutionnaires sont traqués ; la délation, encouragée. L’état contrôle désormais la moindre parcelle de vie des paysans.
Mais ce premier plan est un échec : la pression exercée sur la paysannerie pour atteindre des quotas de production bien trop ambitieux, sont misent en application par des cadres locaux, mal formés et zélés, qui obligent les paysans à toujours travailler plus. Les stocks sont mal gérés et provoquent d’importantes pertes. La récolte d’avril 1955 est mauvaise, ce qui affecte l’approvisionnement des villes, qui vivent le même mouvement collectiviste que la campagne, mais au niveau industriel.
Le malaise social s’étend. Pour la première fois depuis sa prise de pouvoir, la crédibilité du régime est questionnée. La ligne de Mao est désavouée lors du VIIIe Congrès du Parti.
L’expérience est réorientée afin de restaurer la confiance : plus de pouvoirs aux unités de production, meilleure répartition des revenus ou objectifs de production modérés permettent de redresser la barre. Mais ces concessions, vue comme un aveu d’échec, ouvre la voie à de nombreuses critiques. Mao lance alors la campagne des Cent Fleurs : « Que Cent fleurs s’épanouissent, que Cent écoles rivalisent ».
L’idée est de réconcilier la population avec la voie socialiste prise par le régime. Il demande aux intellectuels de formuler leurs critiques afin d’améliorer le système. Il s’agit d’un piège qui va permettre d’éliminer les réfractaires.
En 1957, une vaste campagne de rectification – comme celle lancée en 1942, vise à réprimer cette contestation naissante. De nombreux intellectuels, enseignants et étudiants se soumettent à des séances d’autocritiques publiques humiliantes. Certains sont fusillés, d’autres envoyés dans les camps de rééducation qui fleurissent dans tout le pays depuis 1951 : les Laogai.
Mao en profite pour éliminer des rivaux trop encombrant au sein même du parti et reprendre l’initiative. Il lance le deuxième plan quinquennal en 1958 : le Grand Bond en Avant. Pour Mao, les difficultés qui ont éclatés à la fin du premier plan quinquennal sont liés à une mobilisation des masses insuffisantes.
Il faut aller plus loin. Agriculture et industrie doivent se développer conjointement. L’objectif final est industriel : le niveau de production de l’acier doit atteindre celui de l’Angleterre en 15 ans.
L’enthousiasme des populations, encouragé par les cadres locaux, est au cœur de son programme. Des grands travaux sont aussitôt lancés : construction de digues, de canaux ou de barrages. Les grandes coopératives réapparaissent et prennent le nom de communes populaires.
Elles abritent jusqu’à 5000 familles qui vivent ensemble : travail, dortoirs, crèche, cantine ou écoles sont gérés de manière quasi-militaire. On tente d’importe l’industrie dans les campagnes. Des fourneaux sont construits dans toutes les communes et la population est sommée de livrer ses instruments de cuisine pour les fondre.
Les objectifs, aussi bien agricoles qu’industriels sont délirants, et les cadres locaux n’hésitent pas à trafiquer les chiffres pour contenter le parti. En 1958 est lancée la campagne des 4 nuisibles : dans de grands mouvement populaire, les paysans sont appelés à éliminer 4 espèces nuisibles qui détruisent les récoltes : moustiques, mouches, moineaux et rats. Pour tuer les oiseaux, consigne est donnée de faire du bruit afin qu’ils ne puissent pas se poser, pour s’écraser du ciel de fatigue.
Un concours de chasse des rats est lancé dans les écoles. L’écosystème en est profondément bouleversé. Ces prédateurs naturels éliminés, les parasites détruisent les récoltes.
La surexploitation des sols s’ajoute au désastre, tandis que le bétail est touché par les maladies et un abattage non raisonné pour nourrir les communes. Des catastrophes naturelles frappent le pays : sécheresse, inondations et typhons sinistrent les campagnes. Mais la propagande bat son plein et vante des succès grandioses.
En réalité les récoltes sont catastrophiques. La famine s’abat sur la Chine. Des cas de cannibalisme sont rapportés.
La situation est critique. La récolte de 1959 est encore plus désastreuse que l’année précédente. En 3 ans, on estime entre 15 et 30 millions le nombre de victimes du Grand Bond en Avant.
Le pouvoir ne peut plus fermer les yeux devant l’ampleur du désastre. On accuse les soviétiques, avec qui les relations deviennent de plus en plus tendues, ainsi que les calamités naturelles. Au sein du parti, Mao Zedong est vivement critiqué.
Prudemment, il démission de la Présidence de la République en 1959, mais conserve la direction du Politburo. Liu Shaoqi devient Président. Il applique un programme plus modéré, redistribue des lopins de terres et assure l’approvisionnement des campagnes touchées par la famine.
La situation économique se redresse. Mao Zedong est plus isolé que jamais. La Chine se trouve alors à la croisée des chemins.
D’un côté, une voie relativement libérale, avec un état centralisé et hiérarchisé, menée par Liu Shaoqi, autorisant le libre marché et une plus grande liberté d’expression. De l’autre côté, une voie socialiste, prônée par Mao, avec un état plus décentralisé, laissant une grande autonomie aux communes agricoles, et visant la poursuite de la voie révolutionnaire par de grandes mobilisations de masse. Celui que l’on nomme désormais le « Grand Timonier » - le grand guide qui tient le gouvernail du navire chinois – observe avec effroi la situation en URSS : selon lui, après la mort de Staline, les préoccupations égalitaires et collectivistes ont été peu à peu abandonnés, et le pouvoir est passé définitivement aux mains d’une classe dirigeante – la nomenklatura- qui contrôle la population grâce à sa police.
Mao, dont la rupture avec l’URSS est déjà consommée, soutient que le courant de Liu Shiaoqi est droitier et révisionniste, et va, avec sa lourde bureaucratie, créer une nouvelle classe dominante qui exploitera les classes populaires. Mao réaffirme les principes de la lutte des classes dans l’établissement d’un état socialiste. Affaibli politiquement mais jouissant d’un véritable culte, il parvient à imposer ses vues : un grand mouvement d’éducation socialiste est lancé en 1962.
Concrétement, des purges et des épurations au sein du parti. 1 million de cadres, soit disant trop libéraux, sont dénoncés, rééduqués et parfois exécutés. Liu Shaoqi et de hauts dignitaires du Parti, comme Deng Xiaping ou Zhou Enlain, pourtant fidèles à Mao, refusent de suivre le Grand Timonier dans cette voie, et le critique de plus en plus ouvertement.
Pour reprendre le contrôle absolu du parti et du pays, Mao lance alors une grande mobilisation de masse, qui va rapidement dégénérer. Le plan de Mao vise à éliminer les intellectuels et ses adversaires politiques en les accusant de révisionnisme. Autrement dit, de trahir les idéaux socialistes en s’éloignant des masses populaires, en flirtant avec le capitalisme ou en niant la lutte des classes.
Le culte de la personnalité, savamment construit dont jouit Mao, lui permet de mobiliser l’armée, les classes paysannes, mais aussi toute une nouvelle génération née après sa prise de pouvoir, et qui lui voue un culte sans faille. Le ministre de la défense, Lin Bao, compile les pensées et citations de Mao dans un petit livre rouge, distribué à la jeunesse dans l’ensemble du pays, et qui achève de conditionner les esprits. Mao tire sa première salve sur le maire de Pékin : Peng Zhen, qui jouit d’une grande popularité.
Il est accusé de défendre les satiristes et d’avoir autorisé une pièce de théâtre critiquant, de manière détournée, Mao Zedong. Peng Zhen est rapidement écarté du pouvoir. En mai 1966, un groupe de la Révolution culturelle est créé.
Ce groupe, officiellement rattaché au Comité central, publie une circulaire qui dénonce les révisionnistes présents dans l’armée, l’administration et le monde culturel. Des affiches murales sont placardées dans l’université de Pékin et appellent les étudiants à se rebeller contre leurs professeurs, soi-disant des bourgeois antirévolutionnaires. Des factions, qui arbore un brassard rouge autour du bras, se forment : les gardes rouges.
Collégiens et étudiants, souvent issus des classes populaires et qui voient leur accès à l’administration verrouillé par un appareil bureaucratique vieillissant, voient l’occasion d’accomplir « leur » révolution. Mao encourage les soulèvements dans tout le pays. Après la mise en scène de son retour dans le fleuve Yangtsé, il revient à Pékin et réussi à faire promulguer une loi sur « la révolution culturelle prolétarienne ».
Elle vise à une régénérescence intellectuelle par la liquidation de toute pensée capitaliste ou bourgeoise. Selon les termes utilisés : « Purger la terre de toute la vermine ». Il s’agit de détruite les 4 vieilleries : vieilles cultures, vieilles idées, vieilles habitudes, vieilles coutumes.
Cette vision implique la purge des personnes, mais également des biens. L’impunité est accordée à la jeunesse qui participe au mouvement. Entre aout et novembre, Mao fait venir des millions de gardes rouges à Pékin : transport, gîte et couverts sont offerts à cette jeunesse exaltée.
Sur la place Tian An Men, les démonstrations de force sont impressionnantes. Mao Zedong et Lin Bao apparaissent régulièrement devant ces foules en délire, qui agitent le petit livre rouge devant leur guide. Les massacres d’intellectuels et d’ennemis supposés du régime débutent et prendra le nom d’Aout rouge.
Agé de 9 à 18 ans, parcourant le territoire avec leur brassard rouge autour du bras, les gardes rouges font régner la terreur. Ils pénètrent dans les maisons et les saccagent. Ils humilient, brutalisent et exécutent fonctionnaires et intellectuels, souvent sur dénonciation ou sur simple présomption.
Les traitres sont contraints à des confessions publiques lors de « sessions de lutte » où ils sont torturés et insultés. Leurs biens sont réquisitionnés ou détruits. Beaucoup sont envoyés dans les centres de rééducation ; un grand nombre se suicident.
A la fin de l’année, Mao encourage les gardes rouges à aller plus loin, et extirper les capitalistes qui se cachent dans le gouvernement : Liu Shaoqi et Deng Xiaoping, ces 2 principaux rivaux au sein du parti, sont accusés d’être capitalistes et de droite. Ils sont arrêtés, battus, publiquement humiliés et emprisonnés. Monuments et lieux de cultes sont visés, notamment des temples bouddhistes.
Même une partie de la muraille de Chine, représentant l’ancien ordre impérial, est vandalisée. Des factions de défenses se constituent dans les grandes villes face à cette jeunesse hystérique, comme à Shangaï, où de nombreux combats de rues éclatent avant que les gardes rouges s’emparent de la ville. Fin 1967, le pays est totalement désorganisé, la production industrielle baisse et la guerre civile parait inévitable.
Pour restaurer un semblant d’ordre, Mao adjoint aux gardes rouges l’Armée populaire de Libération, qui lui est restée fidèle. L’objectif est de protéger les sites industriels et les voies de communication, mais aussi d’aider les factions les plus radicales des gardes rouges à prendre le pouvoir dans les villes. Mais ces factions commencent à se fragmenter : les jeunes révolutionnaires se regroupent par origines géographiques, sociales, ou affinités idéologiques.
Chaque faction cherche à imposer son pouvoir localement, au prix de combats violents avec les autres factions. Les massacres se multiplient et de nombreuses atrocités sont commises : dans certaines régions, des cas de cannibalismes sur des ennemis politiques sont rapportés. En juillet 1967, Mao fait volte-face et encourage les gardes rouges à s’en prendre à l’armée.
Des combats meurtriers éclatent à Wuhan puis Canton. Les cadres de l’armée, également divisés entre le choix des factions à soutenir, et dont certains ne partagent pas les idées de la révolution culturelle, se battent dans l’un ou l’autre camps. La situation échappe totalement à Mao, qui décide de reprendre la main.
A l’automne 1967, Mao change de stratégie. Il ordonne aux jeunes qui sont montés en ville pour la révolution culturelle de retourner dans leur campagne et se concentrer sur les moissons. L’Armée populaire devient centrale dans la sécurisation du territoire.
Mao s’appuie également sur les ouvriers qui sont envoyés dans les universités pour désarmer les gardes rouges. En juillet 1968, 5 ouvriers sont tués par les gardes rouges à Pékin. Les chefs des factions sont convoqués par Mao Zedong.
Il leur annonce la fin des Gardes rouges. L’Armée populaire est envoyée pour les disperser. 5 millions d’anciens gardes rouges sont déportés dans les campagnes pour être rééduqués par le travail agricole.
Les comités révolutionnaires, formés par les gardes rouges dans toutes les villes, se retrouvent alors sous domination militaire. La même année, le Comité central proclame la victoire contre le « quartier général bourgeois » de Liu Shaoqi. Mao a réussi à reprendre les rênes du pays.
1- Fin du mouvement et Bande des 4 Le 9eme Congrès du Parti marque le retour à l’ordre, tout en poursuivant l’élan révolutionnaire par la rééducation des cadres et le renforcement des comités locaux. Le Parti jure sa fidélité à la pensée maoïste, qui s’affranchit de toutes critiques. Lin Biao, Ministre de la défense qui a rétabli l’ordre, est désigné successeur de Mao.
Mais au sein du Politburo, 3 grands groupes s’affrontent : celui de Lin Biao ; celui du modéré Zhou Enlai et enfin un groupe plus radical à l’origine de la Révolution culturelle, mené par la femme de Mao, Jiang Qing, et connu sous le nom de bande des 4. Mao se rapproche de chaque tendance et les manipule au grès des circonstances. En 1971, Lin Biao est accusé de comploter contre Mao.
Soit disant démasqué, il fuit. Son avion s’écrase en direction de la Mongolie dans des circonstances troubles. Après une phase modérée entre 1971 et 1973 ou Zhou Enlai mène une politique de stabilisation et d’ouverture vers l’occident, la bande des 4 est promu au sein du parti lors du Xe.
Congrès. La Révolution culturelle n’est pas officiellement terminée pour eux. De nouvelles campagnes sont lancées contre les valeurs traditionnelles mais aussi pour imposer l’étude de la dictature du prolétariat.
Lorsque Zhou Enlai meurt d’un cancer en 1976, de nombreux habitants se réunissent dans les grandes villes pour lui rendre hommage et en profite pour dénoncer « l’impératrice rouge », Jiang Qing, qui détient le pouvoir. La troupe est envoyée contre les manifestants. Mao, atteint de la maladie de Charcot, s’éteint le 9 septembre 1976.
Pendant le deuil national qui suit, les membres de la bande des 4 tentent d’organiser un coup d’état. Ils sont arrêtés, et vont devenir les boucs-émissaires des errances et des exactions du maoïsme. Le procès s’ouvre en 1980 : Jiang Qing est condamnée à la peine de mort – commué en emprisonnement à vie, pour avoir persécuter des ennemis politiques, orchestrer des campagnes de violence contre des individus, et inciter au chaos pendant la Révolution culturelle.
Elle se suicidera en prison en 1991. Les 3 autres membres sont également emprisonnés, pour 20 ans ou à perpétuité. Après des luttes de pouvoir entre cadres du Parti, c’est finalement Deng Xiaoping, de retour après avoir été purgé pendant la Révolution culturelle, qui parviendra à se hisser au sommet de l’état.
Sa politique de reconstruction et de modernisation marque un nouveau tournant dans l’histoire de la Chine moderne. On estime aujourd’hui que les victimes de la Révolution culturelle varient entre 500. 000 et 2 millions de mort.
Une « littérature des cicatrices » émerge peu à peu dans les années qui suivent, et portent à la connaissance du public les exactions commises durant cette période. La volonté de Mao de réaffirmer son autorité après l'échec du Grand Bond en Avant en purgeant le Parti communiste a viré à la folie collective. Usant de la tactique stalinienne instaurant un climat de paranoïa visant de possibles traitres et ennemis intérieurs, Mao, en s’appuyant sur sa figure quasi-divine de leader suprême, a réussi à mobiliser des foules hystériques, qui se soumises par une obéissance aveugle au pouvoir.
Malgré quelques progrès dans le domaine de la santé, de l’éducation, des transports et de l’agriculture, la politique menée par Mao fut une alternance constante de mobilisation des masses, de répression sécuritaire et de relative détente libérale, afin de juguler les catastrophes qu’il a lui-même engendré. Ce cycle de contradiction a ébranlé la cohérence de sa pensée et de son action, provoquant l’effondrement progressif d’une idéologie communiste, qui avait pourtant était adaptée à la société chinoise. J’espère que cette vidéo vous a plu !
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