La demande que l'on va faire à l'autre elle va être concrète. Par rapport au besoin qui est assez général : "j'ai besoin d'ordre dans la maison, j'ai besoin de partage dans les tâches, j'ai besoin de réciprocité. .
. " Tout cela oui ce sont de belles valeurs, mais ça veut dire quoi concrètement ? Et bien pour moi concrètement, dans l'instant, si je suis papa ou maman : "Est-ce que toi tu veux bien descendre ton linge sale à la machine à laver et peut-être refermer ton lit et remettre tes BD dans l'armoire ?
". Ça c'est concret, c'est précis. Combien de mamans n'appellent-elles pas un peu à l'aide le soir pour le repas du soir ?
"Les enfants à l'aide ! " Il n'y a personne qui descend. Il y a formulation d'un besoin, mais il n'y a pas de demande.
Et donc les enfants se disent : "si jamais je descends le 1er ou la 1ère je vais devoir tout faire, j'ai pas envie de ça donc je reste, je fais semblant que je n'ai pas entendu. " Précision, demande concrète. "Est-ce que Jacques t'es d'accord de mettre le couvert ?
Est-ce que Marie tu veux bien vider le lave-vaisselle ? Et toi Jean-Marc est-ce que tu veux bien m'aider à peler les légumes ? " Des demandes concrètes.
Ça permet aux interlocuteurs de se dire : "tiens ça va me prendre 5 ou 10 minutes, ok je veux bien faire ça. " Précis. Beaucoup de mécompréhensions sont nées du fait que nous ne sommes pas assez concret.
La demande est concrète, elle est positive. On encourage la personne dans son geste, dans son action. Plutôt que de dire : "est-ce que tu veux pas arrêter de.
. . ", "est-ce que tu serais d'accord de faire ceci plutôt comme ça ?
" Si vous êtes en train de travailler sur un dossier, sur une étude. . .
dans une pièce et votre conjoint, votre conjointe, met de la musique parce qu'elle a envie d'écouter de la musique en faisant d'autres choses, si vous lui dites : "tu veux pas arrêter ta musique qui m'empêche de. . .
! " il y a moins de chance que la personne vous écoute, vous écoute en tout cas avec bienveillance. Il y a plus de chance, pas toutes les chances si vous dites : "j'aimerais me concentrer sur ce travail pendant encore une demi-heure ou trois-quarts d'heure.
Est-ce que toi tu serais d'accord d'écouter ta musique un peu moins fort ? Ou de l'écouter un peu plus tard dans la journée ? Ou peut-être même dans une autre pièce ?
J'encourage le mouvement. Ça demande de la vigilance, voir comment je vais pouvoir encourager le mouvement plutôt que d'utiliser ce vieux langage de : "Stop, arrête, tu m'emmerdes, c'est fini ! " qui sont des habitudes de violence subtile de la vie quotidienne mais qui bloquent, qui freinent, qui agacent.
J'ai pu voir ça avec mes filles, quand je suis dans une pièce et que j'ai besoin de calme, si je leur dit : "arrêtez de jouer, arrêtez de faire du bruit ! " Il y a toute leur énergie qui est là. Mais si je leur dis : "est-ce que vous êtes d'accord de profiter de ce merveilleux temps de belle pluie belge pour aller jouer dans le jardin !
" Et bien, il y a des chances qu'effectivement, si je les encourage à continuer à jouer, et que je leur fais une proposition de jeu, elles veuillent bien suivre même si le temps n'est pas forcément favorable. Encourager. Concrète, positive, réaliste !
Si je demande à mon enfant de 9 ans : "est-ce que tu es d'accord de ranger ta chambre tous les matins systématiquement pendant le restant de tes jours ? ", ce n'est pas une demande réaliste ! Et je m'organise la misère, parce que j'ai mis la barre beaucoup trop haute.
On ne demande pas une promesse à vie à un gamin de 10 ans. On ne se le demanderait même pas à soi comme adulte. Si après un stage de connaissance de soi vous vous dites : "ah mais moi je vais passer une bonne demi-heure tous les matins à m'écouter pour me comprendre", vous n'allez jamais le faire.
Vous ne passez pas de rien à une demi-heure du jour au lendemain. Faites-vous une demande réaliste, dites-vous : "je vais essayer de prendre deux ou trois minutes, 3 fois par jour. " Ça, ça paraît réaliste.
Faites-vous des étapes. Nous sommes maîtres en auto-sabotage. En nous faisant à nous-même et aux autres des demandes qui ne sont pas réalistes, qui ne tiennent pas compte de la réalité.
Tant de difficultés dans les vies de couple parce qu'on attend de l'autre des choses qui ne sont pas réalistes. Dans les vies familiales également et dans les équipes. Être réaliste.
Et enfin énorme bénéfice de la demande en Communication Non Violente c'est qu'elle va être négociable ! Négociable ou bien ouverte si vous voulez : "est-ce que tu serais d'accord de. .
. ? " ou "peux-tu me dire ce que tu sens par rapport à ce besoin ou à cette proposition ?
" Ouverture ! Ce qui veut donc dire que je suis disponible à l'idée que l'autre ne pense pas de la même façon. Et c'est la moindre des choses !
Si je souhaite être écouté dans ma proposition et reconnu dans mes besoins, le minimum c'est que je reconnaisse l'autre dans les siens. Et c'est bien-là que nous avons besoin d'abandonner l'habitude des rapports de force, des rapports de pouvoir, des rapports de contrainte. Et ce que je vois c'est que cette souplesse, où je suis ouvert à me remettre en question parce que l'autre me fais peut-être une autre proposition, cette souplesse crée du nous, crée du lien, crée du plaisir d'être ensemble et du goût à contribuer au bien-être des uns des autres.
Parce que parmi nos besoins fondamentaux, et vous les rencontreraient souvent dans notre atelier et dans le reste de votre vie, il y a vraiment le besoin de prendre soin. Nous adorons prendre soin. Regardez la jubilation qu'il y a à faire une fête surprise pour un enfant, un anniversaire ou un ami.
Organiser une attention, organiser un soin, aller visiter par surprise quelqu'un qui ne s'y attend pas et qui se réjouira. Nous aimons prendre soin, nous adorons ça. Et la Communication Non Violente compte beaucoup sur cette beauté qu'il y a en nous et que l'on voit fleurir lorsqu'on lâche la contrainte.