[Musique] bien donc l'objectif de cette présentation c'est d'essayer d'expliquer en quoi le l'arrivée des technologies numérique a changé le regard des autorités de concurrence mais plus généralement l'analyse concurrentielle que l'on peut porter euh sur le domaine des activités culturelles alors ce qui est vrai d'une manière générale c'est que le monde numérique occupe une part croissante en fait de l'activité des des autorités de concurrence qu'elle soit nationale ou européenne euh avec des des inflexions au cours du temps si on se souvient de la période 2004-2006 le numérique était déjà présent mais il a été à ce
moment-là principalement par le biais de l'essort du commerce électronique et en fait l'essort du commerce électronique a aussi touché un domaine culturel puisque ça a été l'arrivée de la distribution de la musique en ligne avec toute une série de contentieux déjà à l'époque qui ont opposé notamment Virgin Mega à Apple à l'époque Virgin Mega avait saisi le Conseil de la concurrence parce que il voulait pouvoir permettre aux internautes qui achetaient de la musique sur le site de Virgin Mega de pouvoir transférer cette musique directement sur le baladeur de de d'Apple l'iPod qui venait de sortir
et inversement il voulait rendre possible le transfert de musique acheté sur iTunes le site de vente en ligne de Apple sur d'autres matériels que sur les iPods donc on avait déjà finalement en germe quelquesunes des problématiques qu'on va retrouver par la suite alors depuis la période 2004 200006 que j'évoquais de nouvelles questions sont sont arrivées que je regrouperai peut-être sous trois rubriques et c'est sous ces trois rubriques que je vais successivement les les développer premièrement toutes les questions qui sont liées à l'intégration verticale et qui touch bon au domaine de la musique comme je viens
d'en donner l'exemple mais aussi et surtout à la télévision et aux médias avec des problèmes d'intégration verticale particulièrement forts entre les contenus l'édition de chaînne et la distribution de programmes de télévision ces problèmes d'intégration verticale peuvent provenir soit du fait de mouvement de concentration donc de intégration verticale au sens structurel du terme ou bien euh par l'arrivée de contrat d'exclusivité qui lie en fait les différents maillons de d'une chaîne verticale entre eux alors on pourrait ranger dans cette catégorie par exemple l'économie d'Apple je donnais l'exemple de la musique tout à l'heure mais on pourra reparler
probablement de la plateforme iPad qui touche cette fois les éditeurs de presse et puis plus généralement les contenus les livres et cetera première donc série de question liée à l'intégration verticale deuxième série de questions celle qui est liée à à l'émergence de plateformes de très grand grand taille qui sont vraiment lié à l'économie numérique parce que l'économie numérique bah d'abord nécessite pour les internautes l'existence de moteurs de recherche qui permettent d'avoir accès et de qui permettent de trier de très nombreux contenus et donc il faut des plateformes qui soient de taille importante comme c'est le
cas de Google donc à l'économie verticale d'Apple on pourrait au fond non pas opposé mais juosé l'économie horizontale de Google et des plateformes de très grande taille que le numérique suscite et puis troème type de problématique qui ont été renouvelé par l'apparition des technologie numérique le fonctionnement du domaine culturel est très souvent soumis à des très fortes interventions publiques et là encore le numérique remet beaucoup en question les fondements traditionnels sur lesquels s'appuie généralement cette intervention publique alors je vais commencer par les problématiques liées à l' à l'intégration verticale alors un peu emblématique de ces
problèmes tique d'intégration verticale donc le secteur par exemple de la télévision payante à propos duquel l'autorité française de concurrence a beaucoup été saisi à la fois sur des demandes d'avis sur le modèle d'exclusivité qui commence à être un modèle assez dominant en matière de télévision payante mais qui avait déjà été en fait sous l'œil des autorités de concurrence au moment de la fusion Canal+ TPS qui en fait sous ces dehors de fusion horizontale comportait essentiellement des effets verticaux qui ont été analysé à ce moment-là alors pourquoi est-ce qu'il y a des problèmes d'intégration verticale et
quel problème de concurrence ça pose si on parcourt toute la chaîne qui permet de mettre à la disposition de téléspectateurs un programme de télévision payante essentiellement hein c'est essentiellement dans le domaine du payant que ce problème se se manifeste et bien tout en haut on a des producteurs de contenu qui peuvent être soit des producteurs de film d'émissions de télévision de documentairirees mais aussi des organisateurs de de compétitions sportives qui ont des droits de retrans mission à à proposer sur le marché les producteurs de contenu proposent ces contenus à des gens qu'on appelle des éditeurs
qui en fait compose assemble ses contenus pour former des chaînes thématiques le plus souvent dans les offres de télévision payante ensuite on a encore un étage en aval qui est l'étage de la distribution où les distributeurs achètent et rassemblent des programme de des chaînes pour en faire des bouquets qui seront ensuite mis à la disposition des spectateurs et puis on a encore un étage supplémentaire depuis peu qui est le fait que avec la télévision sur ADSL et bien bien souvent ces programmes sont accessible via l'offre d'un fournisseur d'accès à internet et toute la question qui
se pose c'est euh quel degré d'intégration verticale entre cet étage vraiment àont de la production de contenu et l'étage tout à fait aval de la de du fournisseur d'accès Internet accepte-t-on accepte-t-on d'avoir des modèles totalement verrouillés alors je vais en donner des exemples euh par exemple si vous voulez voir le match du samedi soir du championnat de la Ligue 1 et bien vous devez avoir un abonnement euh à Canal plus par exemple ou à Orange Sport je ne sais plus exactement lequel des deux enfin sur le match de samedi soir je crois que c'est d'Orange
Sport qui s'agit mais vous voyez que pour être abonné à Orange Sport et bien il faut jusqu'à maintenant avoir souscrit un abonnement à l'offre triple play proposé par Orange vous ne pouvez pas recevoir votre télévision euh sur ADSL par SFR et avoir accès à un contenu particulier qui est le match du samedi soir mettons alors vous aurez compris que je suis pas une grande spécialiste du football par le biais de d'orange donc voilà un type de d'exclusivité et de verrouillage vertical dont évidemment les autorités de concurrence se posent la question de savoir s'il est légitime
ou non il est possible que ce soit au fond le seul la seule manière de développer des contenus intéressants et enrichis pour les spectateurs mais il est possible aussi que ça verrouille excessivement euh le le pour les pour les consommateurs l'accès à ces programmes alors vous voyez que dans le le modèle Apple ces verrouillages sont eux aussi présents initialement si vous vous souvenez du modèle musical des débuts comme je l'ai mentionné euh donc quand vous achetiez de la musique à partir de la plateforme iTunes et bien cette musique n'était transférable directement que sur le maté
le matériel iPod lui aussi fourni par Apple parce qu'entre les deux il y avait un DRM c'est c'est-à-dire un logiciel de protection des contenus qui interdisait le transfert vers un autre type de matériel alors ce modèle a été abandonné mais on voit que le modèle iPhone a été lui aussi soumis à des exclusivités puisque au moment où l'iPhone a été lancé il n'était accessible qu'avec des services de téléphonie fournis par Orange parce qu'il y avait un contrat d'exclusivité entre Apple et orange que les autorités de concurrence ont brisé en réalité et puis le modèle iPad
qui est en train de se faire jour c'est un modèle dans lequel Apple est en train de couper l'accès direct des consommateurs au contenu fournis par les éditeurs de presse en contraignant les éditeurs de presse à mettre leur contenu à les vendre par l'intermédiaire de la plateforme d'Apple c'est-à-dire la plateforme App Store sur laquelle les contenus pour iPad vont être disponibles donc vous voyez que dans ces exemples télévision ou autres types de secteur et bien l'intégration peut résulter soit d'une vraie intégration verticale structurelle et dans ce cas-là pour les autorités de concurrence elle relève du
du contrôle des concentrations tout simplement c'est celle qui a été mise en œuvre lors de la fusion canal plus TPS et puis elle peut résulter aussi de contrat d'exclusivité qui peuvent être passés à différents niveaux éventuellement de de du degré à l'extrême àont jusqu'à au degré à l'extrême aval c'est l'exemple orange que je donnais tout à l'heure mais il peut y avoir seulement certains morceaux de cette chaîne verticale qui sont concernés par ces contrats d'ex exclusivité et dans ce cas-là éventuellement ce type de verrouillage relève des pratiques des de l'analyse en terme de pratique anticoncurrentielle
alors évidemment il y a dans tous ces aspects des des aspects comme toujours et c'est ça qui fait à la fois le charme et la difficulté de l'analyse concurrentielle il y a toujours des aspects proc concurrentiels et antioncurrentiel dans le développement de ces modèles si vous prenez le cas d'une fusion verticale et bien très souvent une fusion entre deux étages qui sont verticalement reliés dans un secteur quelconque conduit à des gains d'efficacité tout simplement parce que au lieu que chaque opérateur prélève sa marge et bien cette marge est en fait prélevé une seule fois et
il y a des résultats assez bien connus et bien établis de la littérature économique qui montrent que finalement les fusions verticales ont plutôt des effets proconcurrentiels et puis par ailleurs si il plusieurs structures verticalement intégrées sont susceptibles de se concurrencer et bien la concurrence qu'elle se livre peut être très intense et donc donc ça c'est évidemment au bénéfice du consommateur donc on pourrait imaginer que si une structure verticale de type canal plus par exemple avec des intégrations assez fortes verticalement de contenu de chaînes de bouquet et finalement offert au consommateur faisait concurrence à une autre
structure verticale qui elle aussi offrirait ses propres contenus en exclusivité et bien le consommateur pourrait y trouver son compte le malheur c'est qu'évidemment ces modèles d'intégration vertical comporte aussi beaucoup d'effets anticoncurrentiels qui peuvent l'emporter et c'est là évidemment les craintes que ces modèles d'intégration suscitent pourquoi et bien parce que si vous êtes un nouvel entrant ou si vous êtes candidat à être nouvel entrant sur le secteur de la télévision payante par exemple il va falloir trouver des contenus et si tous les contenus intéressants sont déjà liés par des contrats d'exclusivité avec des opérateurs déjà en
place sur le marché et bien vous n'allez pas trouver de contenu intéressant parce que ces contenus vont être déjà tous réservés si on peut dire et donc vous n'allez pas pouvoir rentrer et puis le même raisonnement est évidemment applicable si vous voulez distribuer de la télévision payante vous auriez par exemple volontiers intégrer dans votre bouquet telle et telle chaîne mais pas de chance cette chaîne est déjà sous contrat d'exclusivité avec un autre distributeur et donc si vous cherchez en rentrer sur le secteur sur l'étage de la distribution et bien vous allez avoir beaucoup de mal
à trouver le moyen d'éditer votre propre bouquet de chaîne thématique par exemple parce que toutes les chaînes vont déjà être sous contrat avec d'autres opérateurs et si c'est finalement ce ce ces craintes qui sont celles des autorités de concurrence de ce qu'on appelle de la forclusion alors sous ce terme un peu jargonnant on désigne simplement le fait que quand on a cette intégration verticale entre plusieurs étages d'une structure verticale et bien il devient très difficile à un nouvel entrant de se faire une place sur le marché alors vis-à-vis de ces modèles où on aurait de
la concurrence entre des chaînes verticales beaucoup d'autres modèles sont en envisageable et c'est évidemment ces autres modèles que souvent les autorités de concurrence voudraient promouvoir par exemple des modèles dans lequels on aurait un marché de gros des chaînes thématiques par exemple hein donc c'est un un peu un modèle de la grande distribution si vous voulez l'idée c'est de dire Coca-Cola n'est pas relié verticalement par un contrat d'exclusivité qui le lit à auchchamp il est disponible sur un marché de gros et puis il passe des contrats avec Auchan avec Carrefour avec casino avec qui il veut
et puis finalement chaque distributeur chois quel produit mettre sur ces étalages et et Coca-Cola fait évidemment souvent partie de ces produits ça on est d'accord donc vous voyez que le le modèle grande distribution dirait bah il faudrait qu'il y ait des contenus qui soient disponibles sur un marché de gros et puis finalement chaque distributeur pourrait assembler ses contenus comme il le souhaite pour proposer une offre un peu calibrée en fonction des des des désirs de différenciation des spectateurs bien entendu les dangers de verrouillage apparaissent aussi dans le modèle Apple euh on sait que les les
éditeurs le Syndicat de la presse nationale quotidienne notamment se demande s'il ne va pas saisir là où les autorités de concurrence européennes de la constitution de ce modèle dans lequel finalement on les force à verrouiller leur contenu à la plateforme Apple Store alors c'est évidemment je m'avancerai pas du tout sur ce terrain parce que ça nécessiterait une instruction mais enfin vous voyez que ce type de danger n'est pas du tout exclu dans le cas de d'autres types type de verrouillage vertical que dans le modèle de la télévision alors le deuxième point comme je l'ai annoncé
que je voudrais développer peut-être un peu plus brièvement c'est celui qui a trait à la constitution de ces grandes plateformes liées vraiment au développement du numérique et qui sont à l'origine de ce qu'on appelle l'économie des marchés bifac ou des marchés multifac et qui pose vraiment des problèmes de concurrence tout à fait nouveaux assez fascinant du point de vue intellectuel alors ces structurations en plateforme on en a mis000 exemples j'ai cité Google en introduction mais évidemment Facebook est une autre plateforme d'interconnexion entre plusieurs catégories de de de gens pas seulement des internautes comme on va
le voir et puis Apple aussi hein quand Apple au fond développe une plateforme du type Apple storeou App Store et bien Apple met en contact des développeurs d'applications d'un côté des internautes qui vont les utiliser des offreurs de contenus et cetera et cette économie est réalisée par une un intermédiaire qui est la plateforme alors ces plateformes forme pourquoi est-ce que les autorités de concurrence y intéressent bah tout simplement parce qu'elles n n'ont d'intérêt pour les internautes par exemple que si elles atteille une taille suffisante pourquoi Google nous intéresse comme modèle de comme moteur de recherche
et bien parce que Google googleise tout il googlise tous les contenus tous les sites Web et que on sait comme internaute que on a fortement intérêt à aller chercher des contenus sur Google tout simplement parce que c'est un moteur de recherche intelligent performant alors au départ il y a évidemment une innovation technologique mais ensuite au au surplu de cette innovation technologique il y a aussi un effet de taille et de masse donc vous voyez que ces plateformes ont en commun d'attirer en fait plusieurs types de d'utilisateurs les internautes que nous sommes ou que sont les
ceux qui sont membres de Facebook par exemple donc ça peut être des lecteurs des spectateurs des gens qui ont envie de regarder de la vidéo sur internet des auditeurs qui ont envie d'écouter certains types de contenu il y a une deuxième catégorie d'utilisateur et c'est évidemment là-dessus que repose le modèle payant de Google qui sont les annonceurs publicitaires qui ne sont là que parce qu'il y a des internautes et puis il y a évidemment ce qui fait l'intérêt des internautes à aller sur ces plateformes c'est les fournisseurs de contenu donc fournisseurs de vidéo bibliothèque article
universitaires par exemple il y a un site spécialisé pour les universit s'appelle Google Scholar et bien Google Scholar n'est attractif que si les universitaires en question sont assurés dans leur domaine de recherche de d'y voir les principales publications ou un grand nombre de publications qui les intéressent alors c'est cette structuration en plateforme en fait elle génère deux types de de ce qu'on appelle des effets de réseau il y a d'abord des effets de réseau direct les effets de réseau direct c'est ceux qui sont liés au fait que je ne vais sur une plateforme que si
je suis sûr d'y trouver beaucoup d'internautes du même type que moi alors ça c'est typiquement les réseaux sociaux type Facebook je ne vais sur Facebook que s'il y a des gens avec qui j'ai envie d'interagir et donc il faut que ces gens aent un certain nombre de similarités avec moi de manière à ma'atirer vers la plateforme Facebook donc ça c'est les effets de réseau direct et là on voit bien que ce qui compte c'est qu'il y ait beaucoup d'internautes sur Facebook c'est ça qui rend finalement le site attractif pour les utilisateurs suivants et puis il
y a les effets de réseau dit croisé où là ce qui fait l'intérêt d'un type d'utilisateur c'est la présence d'un très grand nombre de d' autrees types d'utilisateur ce qui fait l'intérêt de Google par exemple pour un annonceur publicitaire c'est le fait qu'il y a non pas beaucoup d'autres annonceurs publicitaire mais beaucoup d'internautes et donc on voit que qu'il s'agisse d'effet de réseau direct ou d'effet de réseau croisé à chaque fois on on est placé devant ce constat que plus une plateforme est de grande taille et donc plus elle est concentrée plus ce marché des
plateformes est concentré plus il est intéressant pour les utilisateurs alors évidemment la la la réponse à est-ce que ça pose un problème de de concurrence c'est évidemment dans la question et dans le constat d'un côté mais alors on va retrouver cet arbitrage d'un côté il est efficace économiquement et il est intéressant pour les internautes d'avoir des plateformes de grande taille mais d'un autre côté évidemment cette concentration des plateformes bah fait que si une plateforme concurrente veut venir concurrencer la première sur le marché le travail va être extrêmement difficile pour elle parce que bah c'est l'effet
de masse et l'effet de réseau qui qui rend la première attractive évidemment alors il y a un problème très intéressant qui qui est absolument au cœur de cette problématique d'ffet de réseau croisé c'est le problème lié à Google News donc dans Google News c'est Google News c'est quoi bah c'est une rubrique particulière du moteur de recherche Google qui ne fait que rassembler sur une même page les principaux contenus des sites internet de la presse magazine ou quotidienne donc en réalité ce que fait Google bah c'est de faire dans Google News ce qu'il fait dans tous
les autres domaines c'est-à-dire simplement de donner accès finalement à l'internaute qui recherche des actualité relativement fraîche et bien Google rassemble sur une même page l'accès avec trois lignes de résumé au plateforme des éditeurs alors qu'est-ce qui se passe et ben c'est que les éditeurs disent Google est intéressant en particulier parce qu'il a développé Google News or Google News c'est nous nous les éditeurs de presse sans nos sites internet il n'y a pas de rubrique Google News et donc nous réclamons une part du gâteau publicitaire alors dans un certain nombre de pays et c'est là que
c'est très intéressant du point de vue concurrentiel Google a donné l'option aux éditeurs de sortir c'est-à-dire de ne pas être référencé par Google News en d'autres termes quand vous allez dans ces pays-là sur Google News vous ne trouverz que les éditeurs de presse qui ont accepté de figurer sur la la page Google News or que se passe-t-il et bien on constate évidemment que part du gâteau publicitaire ou pas les éditeurs de presse ne se sont pas retirés de Google News dans les pays où l'option leur a été offerte et pourquoi et bien exactement à cause
de l'effet de réseau lié à la plateforme Google en réalité c'est Google News qui attirent ensuite vers la plateforme des sites de presse en question à peu près 40 % de leur trafic et donc évidemment Google est un incroyable pourvoyeur de trafic pour ses éditeurs alors la question c'est euh comment partager au fond le surplu sur ces marchés biface ou multiface puisqu'ici il s'agit vraiment d'un marché en fait un peu tripartite les annonceurs d'un côté les internautes de l'autre les éditeurs enfin alors on n'est pas du tout au bout de la question mais ce qu'on
voit clairement c'est que clairement ça tout ça ça suscite des nouveaux problèmes de concurrence je les mentionne ici mais en l'occurrence nous n'avons jamais été saisis de ces questions comme on le sait il y a aujourd'hui en février 2011 un certain nombre de plaintes qui ont été déposées auprès de la Commission européenne on va voir ce que ces plaintes deviennent une fois qu'elles seront instruites dernier point que je voudrais aborder rapidement euh le monde numérique change complètement la donne de la régulation dans ce secteur particulier qui est le secteur culturel et je vais en prendre
deux exemples d'illustration rapidement le premier c'est celui du cinéma ou l'éruption du numérique qui est évidemment un enjeu extrêmement important pour la diffusion notamment de la 3D mais pas seulement comme je vais essayer d'expliquer et puis d'autre part le développement encore embryonnaire du livre numérique avec une question qui remue beaucoup le monde de l'édition et qui est actuellement partiellement tranché et qui est faut-il étendre la loi langue c'est-à-dire celle qui permet au fond aux éditeurs de fixer le prix du livre faut-il étendre la loi langue au Fichi numérique alors le problème du cinéma il est
très simple l'équipement des salles en numérique c'est un investissement qui a priori doit être consenti par les exploitants de salle de cinéma or qui en fait trouve un intérêt économique à l'équipement en numérique des salles de cinéma pas les exploitants mais les distributeurs pourquoi parce que les distributeur au lieu de consentir des coups de copies des coups de transport des copies et cetera ce qui coûte vraiment cher pour un distributeur qui veut faire par exemple une sortie nationale de de son film et bien dans un monde numérique une copie c'est un la copie d'un fichier
numérique c'est-à-dire que ça coûte zéro et le transport c'est zéro aussi et donc on est dans une situation dans laquelle les investissements doivent être faits par des acteurs qui ne sont pas les bénéficiaires des économies de coût donc évidemment ce problème n'a pas échappé à la filière du cinéma et des tiers investisseurs c'est-à-dire en fait des intermédiaires financiers se sont engouffrés dans cette brèche pour et et c'est une très bonne chose parce que finalement euh ces investisseurs qu'on appelle dans ce secteur des tiers investisseurs on dit bah on va aller chercher l'argent là où les
économies de cût sont faites c'est-à-dire auprès des distributeurs et on va les transférer auprès des exploitants de salle qui sont eux les investisseurs alors euh ça a très bien fonctionné des investisseurs se sont mis sur le marché si ce n'est que évidemment les grands réseaux de de distributeurs que tout le monde a bien en tête hein se sont évidemment précipit alors disons aventurer les premiers dans l'équipement de leur salle en numérique laissant évidemment sur le côté de la route les plus petites salles or évidemment l'une des préoccupations de la régulation culturelle en France est justement
d'éviter cette espèce de monde à deux vitesse dans lequel on aurait des grands réseaux équipés en numérique et puis des petites salles plutôt en province plutôt non intégré à des réseaux qui ne le seraient pas et donc le CNC l'organe de régulation du cinéma a décidé bah finalement de remplir le rôle des tiers investisseurs là où l'initiative de marché était défaillante parce que les salles bah sont petites non'ont pas vraiment de moyens de s'équiper et cetera et le CNC a proposé de jouer le rôle de tiers investisseur alors le malheur de tout ça part d'un
très bon sentiment et au-delà du sentiment cette politique culturelle est évidemment légitime à partir du moment où le le CNC a pour objectif de favoriser l'accès à la culture et en particulier à la la culture cinématographique donc cet objectif d'intérêt général n'est évidemment pas contesté mais le problème c'est que en se mettant sur ce marché le CNC qui est régulateur se met aussi sur un marché qui a été investi par des opérateurs privés et introduit clairement des très très fortes distorsions de concurrence d'abord le CNC bénéficie de la garantie de l'État ce qui lui confère
évidemment un avantage gigantesque sur les tiers investisseurs privés qui eux ne bénéficient pas de de cette garantie puisqu'il répond à la même demande finalement que celle des des opérateurs privés et puis il y avait un autre sujet qui nous a mobilisé c'est que au fond la régulation du CNC prévoyait une collecte des coûts des économies de coûts réalisé par les les distributeurs totalement dont on pouvait craindre qu'elle soit totalement déconnecté des réalités du marché c'est-à-dire combien effectivement les les distributeurs économist style du fait du passage au numérique et combien nécessitent les investissements des salles de
cinéma donc euh là l'autorité de concurrence a a a demandé que ce projet soit mis en retrait ou en tout cas soit modifié de manière à trouver des solutions tout simplement moins distorsives de concurrence même si encore une fois sur le fond évidemment l'objectif du CNC est tout à fait légitime alors sur le livre enfin et ce sera vraiment mes propos conclusifs la question c'est faut-il étendre la loi langue qui permet aux éditeurs de fixer le prix en librairie de leurs ouvrages faut peut-il étendre la loi Landre au au livre numérique alors la question en
fait est très intéressante parce que elle elle se elle pose au fond la question de savoir quand est-ce qu'on peut sortir de l'économie de marché un pan entier de de l'économie dans une économie dont le mode de fonctionnement général est normalement l'économie de marché donc pour pouvoir faire ça il faut que on mette en évidence une défaillance de marché qui requiert donc le le passage par d'autres voies de régulation les motivations de la loi langue en 81 lorsque cette loi a été adoptée sur le livre papier donc c'était l'idée que si on voulait que les
éditeurs et les libraires puissent continuer à produire des livres dit à rotation lente c'est-à-dire en gros je pour pour employer des images un peu rapides c'est évidemment la réalité est plus complexe mais pas des bestsellerers hein des des livres plus difficiles d'accès moins lu à plus petit tirage et cetera et bien il fallait que les uns et les autres puissent continuer à vendre des livres à rotation rapide au contraire donc des bestsellerers et cetera et qu'il y avait un risque que les grands distributeurs parce qu'à l'époque c'était ça la question c'était est-ce que le rayon
auchuchamp le rayon livre de chez auchamp ou de chez Carrefour ou des grands distributeurs va finalement monopoliser la vente s'il y a de la concurrence en prix il va vendre les bestsellers à très bas prix et donc il va priver de ce business les libraires de quartiers les éditeurs et cetera qui ne vont plus pouvoir vendre ces bestsellers dans des conditions qui leur permettent par ailleurs de financer un autre type de livre les livres à rotation langue don première raison de soustraire finalement le livre à la concurrence en prix parce que vous voyez que si
vous anilez la concurrence en prix et bien évidemment auchamp ne pouvant pas vendre plus cher ni moins cher que le libraire de quartier le libraire de quartier peut concourir avec auchamp sur la même base alors j'ai l'air de Stig de stigmatiser au champ mais c'est simplement parce que dans les attendus de tout tout ce qui a entouré les décisions sur la loi langue il y avait l'idée que auchamp était en train de devenir le deuxème libraire de France et donc on brandissait cette menace auch champ qui était effectivement importante alors la deuxième raison qui avait
conduit à l'adoption de la loi langue c'était le fait que pour garantir l'accès au livres il fallait favoriser le maintien d'un réseau décentralisé de librairie physique donc on avait toujours la même idée qu'il fallait protéger les libraires et puis ensuite il fallait d'après la loi longue garantir l'accès des citoyens au livres sur tout le territoire et donc favoriser une égalité une uniformité du prix sur tout le territoire alors la question quand on se pose la question d'étendre la loi langue au livre numérique première idée qui vient à l'esprit c'est de reprendre ces trois objectifs et
de se poser la question de savoir si ces trois objectifs peuvent être valablement transposés au livre numérique et on voit que euh bah sur beaucoup de ces objectifs le livre numérique est dans une situation très différente d'abord la librairie n'est plus probablement le point d'acès CS du lecteur au livre en matière de livre numérique c'est probablement pas chez le libraire que les internautes vont aller acheter des fichiers numériques pour les lire sur leur tablette de lecture donc ce problème disparaît d'une certaine manière et donc on voit que du même coup l'accès au livres numérique est
probablement mieux garanti et mieux assuré par le livre numérique et l'accès quand même beaucoup plus facile des des lecteurs potentiels à Internet que l'accès par exemple en secteur rural euh à la librairie de quartier la deuxème la deuxème brèche dans le raisonnement de la loi langue c'est que le problème du stockage et de la rotation qui rend difficile le fait de garder en librairie des tas de livres plus rares et qui sont moins demandé ne se pose évidemment plus non plus quand il s'agit de stocker des fichiers numériques sur une plateforme on voit bien que
ce problème disparaît complètement le numérique en gros il il permet l'émergence de ce qu'on appelle des phénomènes de longues traain c'est-à-dire le fait que euh on peut continuer à avoir en rayon toute une série alors en rayon en rayon numérique toute une série de livres qui font finalement l'objet d'une demande très faible mais ça ne coûte rien de garder de quoi satisfaire cette demande alors évidemment la grosse terreur des éditeurs c'était de subir c'est de subir le même sort que les industries du disque mais euh tout donne à penser pour le moment que la substituabilité
entre euh le livre numérique et le livre papier est à l'heure actuelle en tout cas plus faible que celle qui prévaut entre le fichier musical et le CD et que probablement la filière du livre papier est beaucoup moins menacé que ne l'était la filière la filière du du de la musique mais ceci dit on retrouve dans dans cette matière euh les problèmes de verrouillage vertical dont je parlais au début et il est fort possible que du fait de la compatibilité des formats de fichiers avec des formats de tablettes de lecture on ne se trouve face
néanmoins dans en matière de livre numérique devant les mêmes problèmes de concurrence que ce que je ce que je mentionnais au tout début mais là on est dans une problématique tout à fait différente de la problématique qui prévaut en matière de loi langue pour conclure je dirais donc au final vous voyez que ces trois catégories de problèmes sont vraiment spécifiques à l'économie numérique ce ne sont pas des problèmes de concurrence qui en soi sont inconnus hein le problème d'un verrouillage vertical est un problème qui apparaît dans beaucoup d'autres secteurs de l'économie mais il est apparu
dans le domaine culturel télévision musique livres édition du fait de l'éruption du du numérique et donc ce qu'on voit c'est que la technologie n'est pas si neutre que cela en matière de culture la deuxième chose c'est que les les verrouillages qui apparaissent dans ces domaines sont très souvent liés aux effets de réseau croisé ou direct c'est-à-dire à l'émergence de ces plateformes qui nécessitent la grande taille pour être attractif pour les consommateurs mais évidemment il porte en germe des problèmes de concurrence du fait précisément de cette grande taille alors l'espoir réside dans le fait que euh
tout tourne très très vite dans en matière de de numérique et que par exemple si on se pose la question de savoir si Google est en train de devenir un opérateur dominant sur le marché de la publicité sur Internet bah on voit qu'il a très très vite des concurrents hein Facebook par exemple peut très bien devenir un concurrent de Google très important sur les le marché de la publicité sur Internet en proposant des cibles beaucoup plus affinées que ne le permet Google et puis par ailleurs si on voit bien que la presse se fait écho
d'une d'un début de concurrence entre Google et Apple par exemple dans la en matière de kiosque de kiosque d'édition de kiosque de presse et puis en matière de télévision hein puisqu'on entend parler aujourd'hui de Google TV ou d'Apple TV et donc il n'est pas impossible que les acteurs de ce monde numérique là soient tout à fait différents dans les années qui viennent de ceux que nous connaissons aujourd'hui [Musique]