Bienvenue dans l’Essentiel du Dessous Des Cartes. Aujourd’hui, deux points sur le globe: Bakou en Azerbaïdjan et Busan en Corée du Sud: soit la ville où vient de s’achever la COP 29 et celle où se tient ces jours-ci une autre conférence onusienne cette fois-ci sur le Plastique. Point commun entre les deux sommets: les signaux d’alerte sur l’état de la planète ont beau être tonitruants, certains pays bloquent toujours, même si des avancées existent: Ainsi à Bakou: la sortie des énergies fossiles n’aura pas été mentionnée dans l’accord final de la COP.
Et l’on s’oriente vers un scénario comparable à Busan : Depuis hier et jusqu’à dimanche, les délégués de 175 pays sont réunis pour limiter un fléau : la pollution plastique. Mais vous allez voir, de nombreux pays sont loin d’être prêts à y renoncer : sortons nos cartes ! Meubles, vêtements, fenêtres, pneus, jouets ou cartes de crédit, nous consommons du plastique sous toutes ses formes, partout sur la planète.
C’est désormais la Chine, avec près d’un milliard et demi d’habitants, qui tire la demande mondiale. Le pays représente à lui seul 30% du plastique fabriqué dans le monde. En une décennie, la Chine a triplé ses capacités de production pour rattraper puis dépasser les régions qui dominaient jusqu’alors : l’Amérique du Nord et l’Europe.
Et puis il y a la demande croissante des pays émergents: Prenons l’exemple de l’Arabie saoudite : elle développe justement son secteur pétrochimique pour alimenter le marché asiatique en plein essor. À Jubail, sur la côte du golfe persique, la compagnie nationale Saudi Aramco et son partenaire français Total ont construit l’une des plus grandes usines pétrochimiques au monde. En 2050, selon l’Agence internationale de l’énergie, on utilisera plus de pétrole pour fabriquer du plastique que pour faire rouler les voitures et voler les avions.
Alors intéressons nous maintenant à la problématique spécifique des déchets-plastique: La poubelle Terre contient plus de 9,2 milliards de tonnes de plastiques usagés, qui ont été produits depuis 1950. ● Les pays à hauts revenus en produisent près de la moitié ● Les pays émergents les plus avancés, la Chine en tête, un tiers ● les pays à bas revenus seulement 18% Résultat : certains pays riches exportent une partie de leurs déchets vers des pays d’Asie du Sud-Est : la Malaisie, le Vietnam, la Thaïlande, l’Indonésie et les Philippines. Voici à présent la carte des pays côtiers qui rejettent le plus de plastiques dans les océans.
Regardez, plus la couleur est foncée, plus ces rejets sont importants. Conséquence, au large des côtes, d’immenses îles de débris de plastique s'amassent dans chacun des océans du globe. Et malgré cela, à Busan, il n’y aura pas consensus, comme le pressent la Fondation Tara Océan, interrogée par nos confrères d’Alternatives Economiques : sans surprise, les pays du Golfe, l’Inde et beaucoup de pays du sud freineront les négociations.
L'Europe, elle, misera tout sur le recyclage mais restera isolée. Et les Etats-Unis vont bientôt voir revenir Donald Trump, grand défenseur de l’industrie pétrolière. Voilà l’Essentiel du Dessous des cartes, c'est fini pour aujourd’hui.
À bientôt.